‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 820 sur 1042 · VOLK · texte numérisé non relu

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Volkamer, botan. allem.). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des verbénacées, tribu des vilieées, comprenant trois ou quatre espèces, qui croissent dans les régions chaudes de l'Amérique et aux Antilles.

tl On dit aussi volkamkria et volkamikr s. m. : L'oiseau volait de branche en branche parmi les roses d'un immense yoi.kambria toujours fleuri. (Balz.)

— Encycl. Les volkaméries sont des arbres ou des arbrisseaux, à feuilles opposées ou verticillées, la base des pétioles étant souvent persistante et épineuse; les fleurs, groupées en cymes axillaires ou terminales, présentent un calice turbiné à cinq divisions plus ou moins profondes ; une corolle plus longue, à limbe divisé en cinq lobes presque égaux, étalés; un stigmate à deux divisions inégales; le fruit est un drupe, renfermant deux noyaux à deux loges, ou quatre noyaux Uniloculaires, toutes les loges étant monospermes. Les espèces assez nombreuses de ce genre croissent dans les régions chaudes des deux continents, et plusieurs sont cultivées dans nos serres. La volkamérie aiguillonnée ou épineuse présente aux insertions des feuilles des aiguillons courts ou des épines rudimentaires; elle croit à la Barbade; son écorce jaunâtre sert quelquefois à sophistiquer celle des quinquinas. La volkamérie odorante a des rameaux étalés, chargés de grandes feuilles d'une odeur désagréable, tandis que ses belles fleurs blanches , k calices rouges, exhalent un parfum suave; originaire de laCbine et du Japon , elle a été, vers la Un du siècle dernier, introduite dans nos jardins, où on la multiplie aisément de boutures, de marcottes et de rejetons; elle fleurit deux fois dans l'année. La volkamérie écarlate a de grandes feuilles d'un vert foncé et de belles fleurs d'un rouge écarlate vif; cette espèce habite la Chine,.et on la cultive dans nos serres chaudes.- La volkamérie du Japon n'est pas épineuse; ses feuilles sont cordiforroes, ovales, aiguës, et ses fleurs sont pourprées en dehors, blanches en dedans; on la tient aussi en serre chaude. On peut citer encore les volkaméries inerme, grimpante, k feuilles dentées, etc.

VOLKEL1US (Jean), soeinien polonais, né k Oriiiima, dans la Saxe , mort en 1618. Il arriva, en 1585, en Pologne, y embrassa les doctrines des sociniens et fut nommé directeur de l'école de Wengrow, d'où il passa successivement, en la même qualité, aux écoles de Filipowski, de Rejowk-ki et de Smigiel. 11 prit une part des plus actives aux controverses religieuses de son époque et publia, entre autres ouvrages : Refutatio vans dissolutions nodi Gord.it de vocations ministrorum (Cracovie, 1614, in-4"); Jlesponsio ad vanam refulationem dissolutionis nodi Gordii (Cracovie, 1018, in-4°); De vera religione libri quinque (Rakow, 1630, in-4°). Cet ouvrage, réimprime à Amsterdam en 1642, fut saiti la même année par les autorités de cette ville et bi ûlé publiquement, et l'éditeur fut condamné k une forte amende; ce qui n'empêcha pas qu'il fut traduit en hollandais et réimprimé secrètement en 1649. C'est un exposé complet de lu doctrine des sociniens.

VOLKHAKDT (Guillaume), peintre allemand, ne à Herdeeke, sur lu Roer, en 1815. Ce maître, qui passe aujourd'hui pour un des portraitistes les plus distingués de l'Allemagne, aborda différents genres avant de trouver sa voie véritable. Après avoir achevé ses études à l'Académie de Dusseldorf, il exposa un Bon pasteur, qui passa inaperçu, et peignit deux ou trois tableaux d'observation qui ne furent pas remarqués davantage, lin 1840, il attira l'attention par son Fritldof et Jngeborg, petite composition intéressante au point de vue du sentiment et dont l'arrangement est pittoresque. 11 en faut dire autant de Berminie pansant Tancrède blessé, de la Vierge de la roche aux Dragons,àe la Promenade de Faust et Wagner, qui figurent parmi les meilleures inspirations de l'artiste.

M. Volkhardt, moins imitateur que la plupart de ses confrères de l'école de Dusseldorf, prouvait dans ces morceaux une sorte d'originalité. Sa couleur , quoique peu brillante, était harmonieuse, sans rappeler cependant les tons cuits de la vieille peinture. On pouvait croire" que 11. Yolkhaidt éviterait de tomber dans ces errements trop communs à l'école allemande. Il en fut autrement. Le Meurtre du chanteur Iiizzio,lo. Mort de Marie Stuart , l'Abdication de la reine au château de Lochleven ne sont autre chose, k certains points de vue , qu'un trèspâle pastiche de la peinture du xvio siècle. O'esti'histoire'aéoorative et conventionnelle, avec des costumes chatoyants et des personnages trop mouvementés. Il manquait à l'artiste, pour compenser cette tendance lâcheuse, d'avoir une forme savante: l'érudition lui faisait défaut. Il essaya de l acquérir en Italie par l'étude des maîtres, et ne réussit au contraire qu'à accentuer davantage son penchant à l'archaïsme. Durant ce voyage , il exécuta la Scène des Macchabées; Charles IX et Catherine de Médicis s'enquérant de Coligny; Marie Stuart et Jean Knox ; le Duc d'Albe et la comtesse de Hudolstadt ; Wallenstein ; la Comtesse de Helfenstein demandant la grâce de son mari, etc. La critique se montra sévère pour ces dernières œuvres, et depuis M. Volkhardt ne peint plus que des portraits.

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VOLKHOV, rivière de la Russie d'Europe.

Elle sort du lac llraen,dans le gouvernement de Novgorod, un peu au-dessous de la ville de ce nom, coule au N.-E,, baigne Novgorod, entre dans le gouvernement de Saint- Pétersbourg et se jette dans le lac Ladoga, par la rive' méridionale, près de Novaïa-Ladoga, après un cours de 225 kilom.; navigable pendant les hautes eaux.

VOLKMANN (Alfred-Guillaume), physiologiste allemand, né k Leipzig en 1801. Il fit ses études à l'Ecole des princes «le Meissen, puis à l'université de Leipzig et s'adonna aux sciences médicales. En 1826, il se fit recevoir docteur, et vint successivement à Paris et à Londres pour faire des études pratiques dans les principaux hôpitaux. Admis à

1 agrégation en 182S à la faculté de Leipzig, il fut nommé, six ans plus tard , professeur adjoint. Vers la même époque, il publia d'importants articles dans les Archives de physiologie de Mùller et dans les Annales de Poggendorf, puis lit paraître une Anatomia animalium tabulis illustrata (Leipzig, 1831-1833) et Hecherches pour servir à l'étude de Ici physiologie de l'organe de la vue (Leipzig, 1836). L'année suivante , il fut nommé professeur de physiologie k l'université de Dorpat et occupa ce poste jusqu'en 1843. Durant ce temps, il continua ses recherches sur les nerfs optiques et sur la circulation du sang. Il lit paraître successivement la Science de ta vie corporelle (Leipzig, 1837); Y Indépendance du système nerveux sympathique (1842) ; il obtint ensuite une chaire de physiologie à Halle, où il devint aussi titulaire d'une chaire d'anatomie et conservateur du musée d'anatoniie de Meckel, qui appartient à l'université de Halle. M. Volkmann s'est depuis livre à d'intéressantes études sur l'irritabilité des muscles, a collaboré activement au Dictionnaire physiologique de Wagner et a encore publié un traité sur l'Bémodynamique (Leipzig , 1850) et des liecherches sur l'optique (Leipzig, 1863-1864, avec 34 gravures sur bois).

VOLKMANN (Jules), jurisconsulte allemand, frère du précédent, né à Leipzig en 1804. 11 étudia le droit à l'université de sa ville natale et y prit ses grades en 1830. H exerce depuis lors la profession d'avocat â Chemnitz. On a de lui deux ouvrages estimés : Manuel du droit crimin&l en vigueur dans le royaume de Saxe (Leipzig, 1831,

2 vol.); et Système de la procédure civile et administrative saxonne (1841-1845, 2 vol.).

VOLKMANN (Adalbert-Guillaume), jurisconsulte allemand, frère des précédents, né a Leipzig en 1815. 11 est attaché au barreau de sa ville natale et a le titre d'avocat de la Société des libraires. Outre un grand nombre d'articles sur les droits d'auteur et d'éditeur, insérés dans la Gazette de la presse, dans le Journal de jurisprudence et d'administration et dans les Annales du droit pénal saxon, on lui doit plusieurs brochures sur des questions d'actualité et un ouvrage intitulé : les Œuvres d'art dans la législation allemande pour la proteciiomdes droits d'auteur (Munich, 1856).

VOLH.MANNIE s. f. (vol-kma-nî — de Volkniunn, uatur. allem.). Bol. Genre de végétaux fossiles, voisin des astérophyllites.

VOLKMAltSEN, ville de Prusse, province de liesse, cercle et à il kilom. N.-O, de Wolt'hugen, sur la Twiste; 2,900 hab., presque tous catholiques. Importantes tourbières, fournissant annuellement près de 4 millions et demi de quintaux de tourbe. On y voit les ruines de l'ancien château fort de liûgeiburg.

VOLKOF ou VOLKOFF (Théodore), le créateur du théâtre russe, né en 1729, mort en Ï763. Fils d'un marchand de Kostroma, il fut envoyé k l'Académie ecclésiastique de Moscou pour se préparer à l'étude de la théologie. Les élèves de ce séminaire avaient, à cette époque, l'habitude de se livrer k des exercices d'art dramatique et de représenter tantôt des pièces religieuses et des mystères, tantôt des comédies traduites ou imitées de Molière. Nous ne savons pas les progrès que lit Volkof dans les différentes branches de l'enseignement; mais, dans l'art dramatique, il n'eut pas plus tôt été élève, qu'il montra tous les talents d'un maître ; il apprit aussi avec beaucoup de facilité la peinture, la musique et le chant. Ayant renoncé au projet de suivre la carrière ecclésiastique, il entra, en 1746, chez un banquier de Saint-Pétersbourg, uont il ne tarda pas k devenir le favori et avec lequel il alla, à diverses reprises, voir jouer les opéras italiens au théâtre de la cour. Volkof ne songea plus, dès lors, qu'à se lier avec les acteurs du théâtre de la cour, k se rendre la langue italienne familière et k pénétrer tous les secrets de la scène. De retour k laroslaw, où demeurait sa mère, il forma une petite troupe d'amateurs, composée de ses frères et de leurs amis, et donna des représentations auxquelles toute la ville fut invitée. Une grange avait été transformée en théâtre à cet effet. Tel fut l'enthousiasme que les jeunes acteurs excitèrent parmi leurs concitoyens, que les plus riches d'entre ceuxci ouvrirent immédiatement une souscription pour établir un théâtre permanent, et Volkof en fut à la fois l'architecte, le peintre de décors, le machiniste, le directeur, le pourvoyeur de nouveautés , le poëte et l'un des

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acteurs. Telle fut l'origine du premier théâtre public de la Russie, le précurseur des magnifiques et colossaux éditices dont cette contrée peut aujourd'hui s'enorgueillir. Il ne fallut pas longtemps pour que la réputation du théâtre d'iaroslaw parvint jusqu'à Saint- Pétersbourg, et l'impératrice Elisabeth voulut que Volkof et ses compagnons donnassent une représentation sur son théâtre particulier. Ils se rendirent donc à Saint-Pétersbourg et jouèrent devant elle la pièce de Soumarokof, intitulée Sinaf et Truvor. Le succès qu'ils obtinrent dépassa toute attente, et l'impératrice retint toute la troupe à Saint- Pétersbourg; quelques-uns de ceux qui la composaient furent placés à l'école des cadets pour y terminer leur éducation et d'autres turent envoyés dans les pays étrangers pour y étudier l'art dramatique et y perfectionner leur talent. En 1756, Volkof fut chargé d'établir un théâtre à Moscou, et il s'acquitta de cette mission avec tant de zèle et d'habileté qu'en moins de deux ans cette scène se trouva parfaiterneent organisée et pourvue d'acteurs de mérite. Jouissant de toute la faveur d'Elisabeth, Volkof ne fut pas moins biffn vu de Catherine II, qui succéda à cette princesse et qui voulut l'anoblir; mais il refusa cette distinction pour lui-même et pria l'impératrice de l'accorder à son frère, qui était marié et avait des enfants. Malheureusement, il ne devait pas jouir longtemps de la faveur de Catherine , car, chargé de présider k l'organisation des fêtes publiques qui devaient avoir lieu à Moscou k l'occasion du couronnement de cette princesse, il s'aventura a sortir, en simple uniforme, patun froid rigoureux, peur inspecter les travaux, et fut atteint d'un refroidissement, auquel succéda une fièvre inflammatoire qui leinporla le 4 avril 1763. 11 avait k peine trente-quatre ans. Volkof avait traduit un grand nombre de pièces étrangères et eu avait écrit quelques-unes originales; mais, comme elles ne furent pas imprimées , il ne nous en est parvenu aucune, et la postérité ne peut le juger comme auteur dramatique que d'après le succès que ses compositions obtinrent de son vivant. Il avait aussi formé un recueil manuscrit des drames bibliques de saint Déinétrius, métropolitain de Rostow, et en avait fait présent au prince Orlof; mais on ignore ce qu'est devenu ce manuscrit.

VOLKONSK1 (Pierre-Michailovitch, prince), général russe, né en 1776, mort en 1852. Entré au service à l'âge de quinze ans, il devint, en 1797, capitaine et aide de camp du césaréwitch Alexandre, et, k l'avènement de ce prince (1801), fut promu aide de camp général. A Austerlitz, il dégagea son souverain, qui était serré de près par les Français, et, après l'entrevue de Tilsitt, il fut envoyé en France, où il consacra deux années k étudier l'organisation de i'état-major de notre armée. Ce fut d'après les observations qu'il avait recueillies qu'il organisa l'état- major général russe , dont il peut être regardé comme le véritable créateur. Il établit en outre, en 1810, une école de guides de la garde, qui devint en quelque sorte la pépinière de cet état-major. Le prince VolkoiisKi prit une part importante aux opérations de 1812, et, l'année d'après, il fut nommé chef d'état-major général de l'empereur. 11 rendit d'éniiuents services lors de la bataille de Leipzig, ainsi que pendant la campagne de France, et, plus tard, accompagna l'empereur Alexandre à tous les congres qui se succédèrent jusqu'en 1823. Sous Nicolas, il devint ministre de la maison impériale, reçut le titre d'altesse sérénissiine et le grade de feld-iuarèehul, et jusqu'à sa mort lit preuve d'une activité presque juvénile. C'est incontestablement luu des hommes qui ont joué le plus grand rôle dans l'histoire politique de la Russie pendant- la première moitié du six.* siècle.

VOLKONSKI (Nicolas-Grigoriévitch), général russe. V. Repnin-Volkonski.

VOLKYRE, VOLKYR ou VOLCYRE (Nicole), seigneur dkSérOU ville, érudit français, né k Bar-le-Duc vers i486, mort vers 1542. Il fit ses études k Paris et prit le grade de docteur en théologie, sans embrasser toutefois l'état ecclésiastique. Sa réputation de savoir était assez solidement établie pour que, vers 1515, Antoine, duc de Lorraine, le choisît pour secrétaire. Après avoir suivi ce prince dans sou expédition contre les luthériens d'Alsace, il vint se fixer à Paris pour y faire imprimer quelques ouvrages. On cite de lui : Enchiridon musices de Gregoriana et figuraliva, etc. (sans date, in-4» goth., trèsrare); Traité nouveau de la dégradation et exécution actuelle de Jehan Castellan (1525, in-4<> goth., très-rare); Histoire et recueil de la triomphante et glorieuse victoire contre les abusés luthériens du pays d'Aulsuys (Paris, 1526, in-fol. goth.); Epitome abrégé en vers hititains des empereurs, rois et ducs d'Austrasie (Paris, 1530, in-4°).

VOLLENHOVE (Jean), théologien et poëte hollandais. Il vivait à la fin du xvue et au commencement du xvme siècle. On ignore les particularités de son existence, mais son nom a survécu comme poète , et l'uuteur du Triomphe de la croix (La Haye, 1750, in-4») est encore populaire dans son pays. On con-

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naît encore de Volleuhove des Sermon) (Leyde, 1713, in-4»).

VOLLENHOVEN, ville du royaume de Hollande, province dOver-Yssel, arrond. et k 28 kilom. N.-O. de Zwoll, sur le Zuyderzée; 2,500 hab. Fabrique de calicots; navigation active et pêche.

VOLLENHOVEN (Corneille) , jurisconsulte et publiciste hollandais, né k Amsterdam en J778, mort vers 1830. Il étudia le droit à Leyde, puis se fit inscrire au barreau de sa ville natale et devint successivement procureur impérial au tribunal de la même ville, avocat au conseil d'Etat et enfin référendaire au ministère de l'intérieur. On a de lui : Mémoire sur tes enfants trouvés du royaume des Pays-Bas et sur l'état des pauvres dans ce royaume (1815); plus des traductions du Traité des avaries, de Baldasseroni , et du Plan d'éducation des enfants pauvres, de Laborde.

VOLLON (Antoine), peintre français, né k Lyon en 1833. Après avoir fait ses études à l'Ecole des beaux-arts de sa ville natale et y avoir puisé le goût de la peinture de fruits et de nature morte , M. Vollon vint à Paris et ne tarda pas à s'y faire remarquer par la vigueur de son exécution et le réalisme énergique et savant de sa composition. Il débuta en envoyant deux tableaux au Salon do 1864; dans l'un, intitulé Art et gourmandise, il mit en scène un sinçe entouré de fruits et d'instruments de musique ; dans l'autre, Intérieur de cuisine, il représenta une brune tille, solidement posée et modelée, debout près d'une fontaine de grès d'où l'eau coule dans un seau et sur laquelle il y a un poulet plumé, à côté d'une table ou sont placés des fruits, un plat , un vase et d'autres objets. Ce dernier tableau attira l'attention d'un de nos premiers critiques, W. Lurger, qui en fit cet éloge : ■ C'est par de solides qualités de peinture que se recommande la Cuisine de M. Vollon... Tous les objets sont peints d'une pâte abondante et d'un ton profond dans la manière de Chardin. • M. About écrivit de son côté : « Parmi les noms nouveaux que le public a appris celte aimée, je vous recommande spécialement M. Vollon. Le livret du Salon ne nous dit pas sous quels maîtres il 11 travaillé, ni de quel atelier il sort armé de toutes pièces. Si le spiritisme n'était pas une pure ineptie, je croirais que Chardin s'est relevé la nuit pour donner des leçons k ce jeune hommelà. Ses deux tableaux sont traités avec une décision, une fermeté, une liberté déjà magistrales. Les tons sont justes et francs; ce jeune homme est vraiment fort.» M. Vollon soutint vaillamment sa réputation naissante en exposant au Salon de 1865 un nouvel Intérieur de cuisine qui lui valut une médaille. Deux autres médailles lui furent décernées en 1868 et en 1869, et il reçut, en 1870, la croix de chevalier de la Légion d'honneur. 11 lui a suffi ainsi de six années pour parvenir k prendre place parmi les premiers peintres de notre école, bien que ce soit k un genre essentiellement secondaire qu'appartiennent ses ouvrages. Dans la peiuture des poissons de mer, il égale les meilleurs maîtres flamands et hollandais , Frans Snyders, Jacob Gillig, Van lieyeren ; il rend à merveille l'humidité gluante et les formes à la fois lourdes et molles des bars, des rougets, des saumons . etc. ; on peut dire de ses tableaux de marée, de celui qui est au musée du Luxembourg par exemple, ce que Diderot écrivait de la Haie dépouillée de Chardin : « C'est la chair même du poisson , et l'aspect même de la chose n'affecterait pas autrement. » Le tableau du Luxembourg a figuré au Salon de 1870. M. Vo.lon a exposé d'autres Poissons de mer.au Salon de 1867, au Salon de 1872 (le Chaudron), au Salon de 1S74 (un Coin de halle). Dans le tableauintiluié le Chaudron, l'ustensile de cuivre n'est pas moins habilement peint que les poissons et les légumes qui sont k côte. M. Vollon tire des efl'ets d'une puissance étonnante du jeu de la lumière sur des objets métalliques; ses Curiosités, du Salon de 1868, et ses Armures, du Salon de 1875, sont en ce. genre des merveilles de vérité et de couleur. Son Itelour du marché, du Salon de 1866 ; ses Uaisins du midi, du Salon de 1867, montrent qu'il peint les légumes et les fruits avec une vigueur et une justesse peu communes. 11 a fait preuve de fantaisie et d'humour dans les tableaux qu'il a intitulés : Après te bal (Salon de 1869) ; un Coin de mon atelier (Salon de 1870); et le Jour de l'an (Salon de 1872); ce dernier morceau nous offre un entassement pittoresque d'oranges, de bonbons, de confiseries et de jouets, peint dans des tons clairs et brillants qu'on voudrait trouver plus souvent chez ce maître. M. Vollon n'a pas craint d'aborder plusieurs fois la figure humaine-, il a exposé, en 1863, le portrait d'un vieux pêcheur {Pierre Plachat, de Mers), traité dans une manière réaliste assez voisine de celle de Courbet, et, en 1876, une œuvre capitale représentant une Femme du Pollet,à Dieppe, M. Marius Chautneliu a dit de ce dernier ouvrage : > La Femme du Pollet ne cherche pas k rappeler l'antique et n'a aucune prétention k l'idéal; elle affecte, au contraire, le réalisme le plus cru; et pourtant, quelle tournure sculpturale 1 quelle grandeur d'allure 1 C'est une forte fille dé pêcheur, couverte de guenilles, qui marche d'un pa3 pressé , sut

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la plage grise, en regardant la mer assombrie et en ponant sur le dos une énorme corbeille d'osier. La fierté du mouvement relève ici la grossièreté du type. La puissance de lu couleur relève la pauvreté du costume. Au reste, le col solidement emmanché aux épaules, tes seins qui se font jour à travers les haillons, tes jambes que l'eau de mer ont rougies , prouvent que M. Vollon sait dessiner et modeler le nu mieux que beaucoup d'académiciens. • M. Vollon a peint aussi quelques portraits, notamment celui du docteur Magitot.

VOLLORE-VH.1.E, bourg et commune de France (Puy-de-Dôme), cant. de Courpiëre, arrond. et à 13 kilom. S. de Thiers ; pop. aggl., 780 hab. — pop. tôt., 2,450 hab. Ancienne église paroissiale en style roman. Sur un tertre, on a trouvé les restes d'une colonne milliaire, érigée l'an 45, en l'honneur de L'empereur Claude. Ruines d'un vieux château, qui fut assiégé et pris par Thierry, roi de Metz, en 532. Ce bourg est l'ancien Votolrense Castrum, dont parle Grégoire de Tours.

VOLB1AU (Jean), littérateur italien, né en 1779, mort en 1829. Il est connu par différents ouvrages en prose et en vers, tels que: le Suicide, Ta Cecilia , Adam et Eve sur le seuil de l'Eden, la Nuit de la naissance, la Passion, etc. Aucune de ces productions ne s'élève au-dessus d'une honnête médiocrité.

VOLMÙRANGES (Benoit Pkm.ktier), auteur dramatique français. V. Pellktikr.

VOLMUNSTER, ancien " bourg de France (Moselle), chef-lieu de cant., à 35 kilom. 15. de Sarregueinines, cédé à la Prusse par le traité de Francfort (io mai 1871) et compris depuis lors dans l'Alsace-Lorrnine; pop.

aggl., 528 hab. — pop. tôt., 1,125 hab. Fabrication d'alun, vitriol et rouge de Prusse. Ancienne église paroissiale, fondée au xiii<> siècle.

VOLNA1S (Mlle), actrice française, née en Amérique en 1787, morte à Paris en 1837. Sa f» mil le ayant subi des revers de fortune, elle étudia a la fois la peinture et l'art dramatique, et, sur lu recommandation de Joseph Bonaparte, débuta à la Comédie-Française, a l'âge do quinze ans, dans les rôles de Junie, de Dritannicus , et d'Azéma , de Sémiramis; puis elle aborda Andromaque et Zaïre, où ejle obtint un grand succès. M'ie Volnais dut à son talent réel, autant qu'à sa beauté, une vogue réelle dans les grands rôles du répertoire tragique , et les anciens habitués de l'orchestre des Français ont gardé le souvenir de ses éminentes qualités. Après avoir régné pendant vingt ans sur la scène de la rue de Richelieu, cette artiste quitta le théâtre en 1822 , et sa retraite ne lui fut accordée qu'à la condition expresse qu'elle ne reparaîtrait sur aucune autre scène. Estimée de tous ceuxqui l'approchaient, Mlle Volnais avait la sympathie de l'impératrice Joséphine, qui la recherchait avec empressement.

VOLNAY s. m. (vol-nè). Vin renommé, que l'on récolte aux environs de "Volnay : Une bouteille de volnay.

VOLNAY, village et commune de France (Côte-d'Or), cant., arrond. et à 6 kilom. S.-O. deBeaune; 600 liab. Eglise paroissiale gothique; ancien château féodal. Ce qui recommande ce village à notre attention, c'est un vignoble de 215 hectares qui couvre une partie du territoire de la commune et qui produit le plus léger, le plus délicat, le plus fin, le plus agréable des vins de lacôte de Beaune et peut-être de toute la France. Quelques propriétaires, croyant bonifier leurs vins, emploient des procédés de vinification qui, en augmentant leur couleur et leur corps, les privent des qualités qui faisaient autrefois leur principal mérite. En effet, ces opérations, bonnes en quelques lieux, sont toujours préjudiciables dans la Côte-d'Or. Les vins de ce pays ont un bouquet qui leur est propre et qui ne se développe souvent qu'au bout de trois ou quatre ans. On les altère chaque fois qu'on y introduit des substances aromatiques I ou d'autres vins, quelle qu'en soit la qualité. | Il ne convient même pas de les mélanger I entre eux, car la réunion de deux vins de la première clause ne produit plus qu'un vin de deuxième ou même de troisième classe.

Volnay, très-ancien village, était autrefois un apanage des ducs de Bourgogne, qui y possédaient un vaste château fort et qui s'y plaisaient beaucoup en raison de la beauté uu site et de l'excellence de l'air, des eaux et des vins. Le site est, en effet, charmant j le village se présente comme en amphithéâtre dans un enfoncement k mi-côte.

Quelques écrivains ont cru voir dans renfoncement de la roche qui est au-dessus de Volnay un volcan éteint; ils ont donné pour raison de leur opinion, que cet enfoncement, appelé la Cave, avait la forme d'un ancien cratère .et que les vins blancs qui proviennent des vignes plantées en cet endroit ont un goût sulfureux; mais M. Morelot réfute ces allégations.

Voici les cantons les plus distingués de la côte au milieu de laquelle se trouve Volnay. Le premier que l'on rencontre en sortant de Meursault est Sautenot, qui fait partie du territoire de ce dernier village et dont le vin rivalise avec les meilleurs de la Côte-d'Or;

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puis les Caillerets, dont l'es vins jouissent d'une très-haute estime. En suivant, on trouve les Champans et au-dessus les Taille-près. Quand on sort de ces vignes, on trouve Pomard. Tous les vins récoltés aux environs de Volnay ont une finesse, une délicatesse, un goût suave qui ne se rencontrent en aucune espèce de vins; aussi, quand ils ne sont ni trop nouveaux ni trop vieux, on leur donne la préférence sur tous les autres crus.

On faisait autrefois à Volnay ce qu'on appelait du vin de primeur. On ne laissait 1rs raisins en cuve que quelques heures, et dès que la fermentation était établie, on mettait sur le pressoir. Alors la fermentation se continuait dans les tonneaux, qui se couvraient près de la bonde d'une écume épaisse nommée liage. Le vin fait de cette manière était prêt à boire dès la seconde année. Les inconvénients résultant de cette méthode ont fait admettre d'autres procédés plus sûrs et plus avantageux, sans diminuer les mérites du vin de Volnay.

Le noirien, cultivé à Voltiay, semble ne se plaire qu'en ce lieu: en vain a-t-on essayé de l'expatrier dans l'espoir d'obtenir ailleurs des produits équivalents à ceux que l'on recueille dans ce village; il se détériore et ne donne que de mauvais produits, et les exportateurs ont toujours été trompés dans leurs espérances. On pourrait leur adresser la réponse que M.Brunet, de Beaune, fit au prince de Condé, qui lui reprochait que les plants de Volnay apportés à Chantilly n'avaient pas prospéré : > Monseigneur, il fallait aussi yapporter la terre et l'exposition. • Ce plant n'a réussi qu'au Cap de Bonne-Espérance, oit il donne le fameux vin de Constance, vin qui n'a d'ailleurs rien de commun avec le bourgogne.

VOLNEY (Constantin-François de Chassebœuf, comte de), illustre savant et écrivain fiançais, né à Craoa en 1757, mort à Paris le 25 avril 1820. Son père, avocat à Angers, lui fit quitter le nom de Chassebœuf. qui lui avait valu à lui-même d'ennuyeuses plaisanteries, et lui lit prendre celui d'une terre patrimoniale, Boisjirais; ce fut sous ce nom que le jeune homme fit ses études à Ancenis et à. Angers; il ne prit qu'à vingt-cinq ans le nom de Volney, Venu à Paris pour étudier le droit (1774), il se dégoûta de cette science et commença à suivre les cours de l'Ecole de médecine, pour les abandonner également presque aussitôt. L'histoire et les langues anciennes étaient- ce qui lui agréait le plus. La mort de sa mère l'ayant mis en possession d'une petite rente, et une succession lui étant échue à peu près en même temps, il se mit à voyager. L'Egypto et la Syrie l'attiraient; il s'y rendit en assez mince équipage, le havre-sac sur le dos et quelques milliers de livres en or dans sa ceinture, s'enferma huit mois dans un couvent de Coptes pour apprendre l'arabe , parcourut ensuite l'Egypte et la Syrie et recueillit un grand nombre d'observations. A son retour ea France, il publia son Voyage en Egypte et en Syrie (17S7, in-8»), et telle était l'exactitude des renseignements qu'il y donnait que son livre put servir de guide lors de l'expédition de Bonaparte. C'était s'éloigner des chemins battus, car jusqu'alors les relations de voyage n'étaient guère que des impressions purement personnelles, agréables à lire, si l'auteur avait du talent, mais inutiles à la science. « Volney ne dit point, dit le comte Daru, par où il passe, ce qui lui est arrivé, quelles impressions il a éprouvées ; il évite avec soin de se mettre en scène. C'est un habitant des lieux, qui les a longtemps et bien observés, qui nous décrit l'éiat physique, politique et moral. L'illusion serait complète si on pouvait supposer dans un vieil Arabe toutes les connaissances, toute la philosophie d'un Européen qui se trouvent réunies à la maturité dans un voyageur de vingt-cinq ans. ■

Volney fit suivre cet ouvrage de la publication de Considérations sur la guerre des Turcs avec les Russes (1788, in-8<>); il y montrait les difficultés de cette guerre et se trouvait prédire, sans y songer, celles que rencontrerait l'expédition d'Egypte. « D'abord, dit-il , il faudra soutenir trois guerres : la première de la part de la Turquie, la seconde de la part des Anglais, la troisième enfin de la part des naturels de l'Egypte, et celle-là, quoiqu'en apparence la moins redoutable , serait, en etfet, la plus dangereuse. Si des Francs osaient y débarquer, Turcs, Arabes, paysans 's'armeraient contre eux; le fanatisme tiendrait lieu d'art et de courage. • C'est, en effet, ce qui arriva.

Dans ses voyages, il avait conçu quelques projets d'améliorations agricoles; il résolut de les appliquer k la Corse, d'acheter un domaine dans ce pays et d'v essayer l'acclimatation de l'indigo, de la canne à sucre, du café, etc. Le ministère, auquel il communiqua ses plans, lui fit voir qu'il les appliquerait avec plus de facilité dans une situation officielle, pour le compte du gouvernement, et le nomma directeur de l'agriculture et du commerce en Corse. On était ea 1789, et les événements de la Révolution retinrent Volney en Fiance ; le tiers état de la sénéchaussée d'Anjou l'envoya siéger aux états généraux, et il donna immédiatement sa démission de la place qu'il tenait du gouvernement. A l'Assemblée constituante, Volney joua uu

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certain rôle comme défenseur résolu des libertés publiques et comme adversaire non moins résolu du clergé et , en général , de tous les cultes. Il fut nommé secrétaire de l'Assemblée en 1790. Parmi les mesures importantes qu'il provoqua ou auxquelles il prit une part active, il faut citer la résolution prise par l'Assemblée de ne pas se former en comité secret et qui fut adoptée sur sa proposition ; l'organisation des gardes nationales, la division de la France en départements et en communes; il vota contre le droit de paix ou de guerre que l'on voulait donner au roi, pour le réserver à l'Assemblée, et fit aussitôt voter la résolution suivante : > La nation française s'interdit dès à présent d'entreprendre aucune guerre tendant à accroître son territoire. » Dans le débat sur la vente des biens nationaux, il émit les considérations les plus justes sur les avantages de la division des propriétés, considérations qu'il reproduisit avec plus de détails dans le Moniteur,

S-es travaux législatifs ne l'empêchaient pas de continuer ses publications purement littéraires ou théoriques. Il concourut en 1790 pour un prix proposé par l'Académie des inscriptions sur cette question : Etablir la chronologie des douze siècles antérieurs au passage de Xerxès en Grèce. Son mémoire a été inséré par Naigeon dans le Dictionnaire d'antiquités de {'Encyclopédie méthodique. L'année suivante, il 'rit paraître un de ses plus importants ouvrages, les Ruines ou Méditations sur les révolutions des empires (1791, in-80), auquel nous avons consacré un article spécial (v. ruines). A la dissolution de l'Assemblée, il se rendit en Corse, acheta près d'Ajaccio le domaine de la Confina et essaya de réaliser ses anciens projets agricoles. Paoli ne lui en laissa pas le temps ; le domaine fut mis it l'encan par le dictateur et Volney forcé de rentrer en France. Le comité de défense lui demanda un rapport sur les moyens militaires du pays qu'il venait de quitter et sur les dispositions politiques de ses habitants. Volney entreprit à ce sujet un assez vaste travail, Précis de l'état de la Corse, dont une partie parut au Moniteur (mars 1793); la même année, il publia sa Loi naturelle ou Catéchisme du citoyen français (1793, br. in-16), petit manuel qui est resté un des meilleurs livres de l'époque et qui constitue un excellent traité de morale. 11 a été réédité dans ses Œuvres complètes sons le titre de Principes physiques de la morale, titre très-juste, car Volney montre précisément dans ce petit livre que la morale esc une science soumise aux règles et aux calculs des sciences exactes.

Volney était sincèrement attaché aux prin-, cipes républicains; il n'en fut pas moins incarcéré sous la Terreur comme suspect de royalisme ; son crime était d'avoir déploré la mutilation de la Convention uu 31 mai. Fort heureusement, on l'oublia en prison et, après une captivité de dix mois, il recouvra la liberté au 9 thermidor. Lors de la réorganisation de l'instruction publique, entreprise par la Convention presque au lendemain de ce grand événement, l'Ecole normale fut fondée (1794) et Volney y trouva place immédiatement. Il fut appelé k la chaire d'histoire, et ses cours, qui attirèrent un immense auditoire, sont restés un de ses meilleurs titres littéraires. Volney y inaugura ta critique de l'histoire, et on lui reprocha naturellement d'affaiblir toute certitude en posant les règles qui doivent servir de base à cette certitude même; il démontrait, en effet, que peu d'ouvrages, jusqu'alors estimés et recommandés, satisfaisaient à ces règles, et il en détruisait par conséquent l'autorité. Mais il sera considéré avec raison comme l'un des chefs do l'école historique moderne qui, par la profondeur de ses investigations et le sévère contrôle des documents, a su approcher de la certitude autant qu'il est humainement possible ; c'est Volney qui lui a montré la voie.

La suppression de l'Ecole normale (1795) le rendit prématurément au repos. 11 résolut d'aller visiter l'Amérique. « Je m'embarquai au Havre, dit-il, avec le dégoût et l'indifférence que donnent le spectucle et l'expérience de l'injustice et de la persécution. Triste du passé, soucieux de l'avenir, j'allais avec défiance chez un peuple libre voir si un ami sincère de cette liberté profanée trouverait pour sa vieillesse un asile de paix dont l'Europe ne lui offrait plus l'espérance. » C'est par anticipation que Volney parlait de sa vieillesse, car il n'avait alors que trentehuit ans. Aux Etats-Unis, il ne rencontra que des tribulations. Il y venait avec l'intention de s'y Axer; Washington le reçut cordialement et l'honora de son amitié; mais John Adams, qui fut élu en 1797 et dont il avait vivement critiqué la Défense des constitutions des Etats-Unis, le fit passer pour uu agent de la police française ; on l'accusa mémo d'avoir tramé une conspiration dont le but était de rendre la Louisiane à la France, et il se vit forcé de quitter l'Amérique au printemps de 1798. En son absence, il avait été nommé membre de l'Institut dès la fondation, et, après le 18 brumaire, Bonaparte lui proposa de l'associer au consulat, puis de le nommer ministre de l'intérieur. Volney refusa; il était personnellement ami de Bonaparte, et c'est à son intervention que culûi-ci avait dû, en 1794, d'être réintègre dans son grade, après une suspension de quelques mois motivée par

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ses attaches au parti qui avait succombé la » thermidor; mais, sincèrement républicain et très-clairvoyant, il ne voulait être ni le second ni l'instrument de celui qui allait achever de tuer la République. 11 fit néanmoins partie du Sénat, où sa vivo opposition aux mesures que Bonaparte prenait pour relever le clergé et au projet de concordat ne tarda pas à le faire voir d'un mauvais œil par le maître. Lorsque Bonaparte fit proposer un sénatus-consulte qui lui permettait d'échanger le titre de consul contre celui d'empereur, Volney vota contre et alla même jusqu'à dire : « Mieux vaudrait ramener les Bourbons; » il donna sa démission le jour même. Elle fut refusée, et même à cette occasion un nouveau sénatus-consulte fut porté par lequel le Sénat s'interdisait de recevoir la démission d'aucun de ses membres. Volney continua donc de siéger; mais il fit constamment partie de cette petite minorité composée de Cabanis, Lanjuinais, Destutt de Tracy, Garât et autres idéologues, comme les appelait Napoléon, qui essaya inutilement d'opposer quelque barrière au despotisme. Napoléon, qui affectait de l'estimer comme homme, tout en le dédaignant comme idéologue, le fit comte et commandeur de la Légion d'honneur. Volney vécut dans la retraite pendant presque toute la durée de l'Empire et profita de ce repos pour continuer ses études historiques. 11 publia successivement son Tableau du climat et du sol des Etats-Unis (1803, in-8°), ouvrage qui fait pendant, pour la vérité et l'exactitude des observations, à son Voyage en Egypte; son Supplément à /'Hérodote de Larcher, qui reiilenne des Tables chronologiques excellentes (1808, in-80) ; sa Chronologie d'Hérodote (1809, in-8°) et ses Jlecherches nouvelles sur l'histoire ancienne (1814, in-8°), excellent ouvrage de critique appliquée à l'histoire sainte. L'un des premiers, Volney eut l'idée d'appliquer à l'Ancien Testament les règles ordinaires de la critique historique; ce que Voltaire avait fait en badinant, il le refit à un point de vue plus sérieux et avec un égal succès. Notons encore, dans le même genre, une Histoire de Samuel, inventeur du sacre des rois (1819, in-16), composée k l'occasion du sacre projeté de Louis XVIII et qui est un modèle de fine critique et d'ironie.

Une autre série d'ouvrages de Volney est tout entière consacrée à des études de linguistique. Il avait conçu une idée d'alphabet unique, propre également aux langues européennes et aux langues orientales, et il employa à la réalisation de cette utopie une notable partie de son activité. Son système se trouve exposé dans quatre traités : Simplification des langues orientales ou Méthode nouvelle et facile d'apprendre les langues arabe, persane et turque avec des caractères européens' (1795, in-S°) ; Rapport sur tes Vocabulaires comparés des peuples de toute la terre, du professeur russe Pallas (1805, in-8°); l'Alphabet européen appliqué aux langues asiatiques (1819, in-8°); Y Hébreu simplifié (1820, in-8<>). Le système de Volney a été combattu par la majeure partie des orientalistes, entre autres par Langlès et Silvestre de Sacy; mais l'Académie de Calcutta ne le jugea pas aussi irréalisable, car, malgré la guerre acharnée que se faisaient alors la France et l'Angleterre, elle inscrivit aussitôt l'auteur au nombre de ses membres et lui fit parvenir ses félicitations. A cette même série peuvent se rattacher divers autres ouvrages de Volney : son Discours sur l'étude philosophique des langues, lu k l'Académie française en 1819, et dans lequel Volney entrevoit avec beaucoup de sagacité tout ce que la linguistique et la grammaire comparée peuvent fournir de renseignements précieux à l'histoire ; sa Lettre au comte Lanjuinais sur l'antiquité de l'alphabet phénicien (1819, in-S°) ; ses Vues nouvelles sur l'enseignement des langues orientales, ouvrage posthume (1826, in- 8°). La date de quelques-uns de ces ouvrages, imprimés en 1819 et 1820, montre que Volney travailla avec ardeur jusqu'à l'année même de sa mort. En 1814, il avait volé le décret de déchéance ; Napoléon ne le rétablit pas sur la lista du sénat, aux Cent- Jours, et Louis XV III, qui l'avait fuit pair de France lors de la première Restauration, lui conserva cette dignité k son retour. Il ne parut du reste jamais à la tribune.

En mourant, il légua à l'Institut le capital d'une rente de 1,200 francs destinée à être donnée annuellement en prix à l'auteur du meilleur mémoire sur le problème de linguistique qui l'avait occupé lui-même une partie de sa vie. Ce prix est décerné par les cinq Académies réunies. Jusqu'en 1832, l'Institut essaya de se conformer aux intentions du fondateur en proposant des questions relatives à la transcription des langues orientales eu alphabet romain ; mais les résultats médiocres de ces concours, pour lesquels le plus souvent il ne fut présenté aucun mémoire, lui fit abandonner celte voie. Depuis 1842, le prix Volney a été décerné aux plus remarquables ouvrages de linguistique et spécialement k des travaux de grammaire comparée. Parmi les ouvrages couronnés, il nous suffira de citer le Dictionnaire des racines de ta langue grecque de Benfey (1842) ; la Philologie comparée de langues indo-européennes de Max Muller (1849) ; les Etudes philologiques et historiques sur l'origine et la formation de ta langue française de M. de Chevallet (1850) j

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le Traité des synonymes de la langue latine de MM, Barrault et Grégoire (1S53) ; les Traités des langues africaines de M. Koelle (1855- 1856) ; la Grammaire comparée des tangues slaves de M. Miklosich (1857); YEssai sur lq langue chinoise de M. de Rosny (1861); les Leçons sur la science du langaye de Max Millier (1862); les Origines indo-européennes, par Pietet (1863); enfin l'immense ouvrage de M. Bopp, la Grammaire comparée des langues indo-européennes (1867).

Les Œuvres complètes de Volney ont été réunies (Paris, 1820-1826, 8 vol. in-8«).

VOLNVS (Charles Joly, dit), acteur français, né en 1802. Après avoir joué en province jusqu'en 1829, il entra aux Nouveautés où, dans l'emploi des premiers amoureux, il aborda plusieurs rôles importants, entre autres celui de Henri VIII dans les Trois Catherine. En 1831, il.se fit remarquer au Vaudeville dans Maria Mignol, puis créa successivement Mirabeau et Sophie, les Deux sœurs de charité; le Faoori ou- la Cour de Catherine II, les Jours gras sous Charles IX, Y Honneur d'une femme (1833); l'Ami Grandet (1834), etc. Il débuta avec succès au mois do septembre 1835 à la Comédie-Française par le rôle d'Alceste du Misanthrope; mais il fut mieux accueilli le même soir dans le rôle de Victor des Comédiens. Il interpréta avec plus de succès encore le personnage de Tom Jones, comédie de Desforges. Marié avec la célèbre Léontine Fay, qui fut engagée vers cette époque au Théâtre-Français, il cessa déjouer l'ancien répertoire, qui convenait moins à la nature de son talent et à son organe un pou voilé que la comédie ou le drame contemporain. Il réussit plus complètement à côté de Ml'o Mars, dans les rôles de Luigi d'Une famille au temps de Luther, de Néris de Julie ou une Séparation, du comte de Valérie, de Charles de Marie ou les Trois époques, du duc de Richelieu du Love lace français, du prétendant fugitif d'Edouard en Ecosse , d'Edgar des Indépendants (1837), etc. Lors du départ de Maie Yoluys pour Saint-Pétersbourg, il quitta en même temps la Comédie-Française. Quand sa femme, de retour une première fois à Paris, reprit sa place sur notre première scène, il ne put se faire admettre, comme pensionnaire ou du moins il ne voulut pas doubler Briodeau et Leroux, qui étaient sociétaires. Depuis, il a changé d'emploi et parcouru la province, puis il a joué à Paris sur Un théâtre, de genre avant de prendre sa retraite définitive vers 18G6. 11 est avec Bouffé le seul survivant de l'ancienne troupe des Nouveautés et du Vaudeville.

VOLNYS (Léontine Fat, dame Joly, dite), actrice française, femme du précédent, née en 1811 de patents comédiens. File débuta tout enfant, vers 1816, sur le théâtre de Francfort dans Adolphe et Clara ;-elle parcourut, à partir de ce moment, la Belgique et la France, saluée partout du nom de « petite merveille » et partout acclamée. En 1824, elle vint au Gymnase jouer au milieu d'un engouement qu'on a peine à. se représenter aujourd'hui la Petite sœur, le Mariage enfantin, Aiadin, le Vieux garçon, le Diplomate, assurant par la vivacité, la grâce et le charme de son jeu, la précocité de son intelligence, la vogue des petites pièces de Scribe et autres auteurs en renom de ce théâtre. Un de ses meilleurs succès fut le Mariage de raison (1827), pièce où elle figurait avec Jenny Vertpré. Après de nouveaux succès en province, où elle alla en représentation avec son père et sa famille, elle épousa, en 1829, l'acteur Charles Joly dit Volnys, dont elle prit désormais le nom ; elle reparut au Gymnaso jusqu'en 1834, joua quelque temps à la salle Bonne-Nouvelle et fut appelée en même temps que son mari à la Comédie-Française, où elle débuta le 17 octobre 1835 par le rôle de doua Florinde du Don Juan d'Autriche de Casimir Delavigne. Admise à figurer les amoureuses du drame moderne, elle justifia l'excellente opinion qu'on s'était faite de Son talent, mais se renferma bientôt dans la comédie de genre, qui convenait mieux à ses moyens. Parmi sea rôles de cette époque, nous rappellerons celui créé par Mme Dorvul à la Porte-Suint- Martin dans le Marino Fuliero de Cusimir Delavigne, repris aux Français en 183G; la Catariua û'Angelo de Victor Hugo, la Camaraderie, Marion Delorme dans la Marquise de Senneterre, Mme Michelin dans Looelace, Louise de Lignerolles, Y Abbé de l'Epée. Elle refusa déjouer le rôle de Messaline du Catigula d'Alexandre Dumas, sous prétexte qu'une honnête femme ne pouvait représenter ce personnage sans blesser les convenances. Eu butte aux intrigues de camarades jaloux de ses triomphes, elle se retira et revint au Gymnase, où nous la voyons créer successivement le Itoman intime , Cécily du Lion amoureux, les Honneurs et les mœurs (1840), le Docteur liobin et la plupart des rôles principaux dans les pièces où Bouffe figurait alors. En 1844, elle fut engagée de nouveau au Théâtre-Français et y reparut dans une de ses meilleures créations, celle de Louise de Ligneroltes. Mme Ue Silly dans la Femme de quarante ans, Ursule dans le Mari à la campagne lui valurent des applaudissements qui rappelèrent ses meilleurs jours; elle y parut moins minaudière, moins exagérée que de coutume. En IS45, a propos de la représentalion de Y Enseignement mutuel, où Maie Léontine Volnys avait un rôle de femme mûre,

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M. Théophile Gautier écrivait, parlant de cette artiste : « Mmo Volnys ne mérite pas encore l'affront de ces rôles infiniment trop chargés de lustres auxquels elle semble vouée maintenant. Sans doute elle ne serait plus vraisemblable dans les boutons de rose, mais elle pourrait encore très-bien jouer les jeunes femmes à un théâtre où M'|e Mars a représenté les Agnès jusqu'à soixante ans. Ses beaux yeux et ses grands sourcils noirs pourraient utiliser plus agréablement leurs éclairs et leurs contractions. • De taille moyenne, Mme Léontine Volnys était, en effet, une jolie brune; ses yeux, d'un noir profond, avaient une expression admirable qui cadrait parfaitement avec le lustre de jais de Sa chevelure. Douée d'une voix claire et mélodieuse, elle brillait par sa diction pleine de goût et de finesse ; on lui a quelquefois reproché de mettre dans son jeu un peu trop de vigueur et d'énergie et de se laisser trop entraîner par sa propre sensibilité. C'est, en effet, à ces défauts, d'autres disent à ces qualités, que Mme Léontine Volnys a dû sa réputation de comédienne. En 1845, M"8 Volnys quitta de nouveau le Théâtre-Français, où elle n'avait pu réussir à se faire admettre comme sociétaire. Elle se rendit en Russie et y devint première lectrice de l'impératrice douai- -rière, qu'elle accompagna dans ses voyages. De retour en France, elle joua de nouveau au Théâtre-Français en 1846 et 1847. Quelque temps après, elle retourna à Saint-Pétersbourg. En 1852, M™e Léontine Volnys fit, en vertu d'un congé, une courte apparition à Paris, où elle vint marier sa fille. Depuis, elle s'est retirée à Nice, où elle habite avec son mari.

VOLO, ville de la Turquie d'Europe (Janinaj, port de commerce sur le golfe de Volo (golfe Pélasgique ou Pagatétique des anciens), dans 1 Archipel, à 62 kilom. S.-S.-E, de Larisse; 4,000 hab., généralement juifs. Archevêché grec. Les maisons, toutes bâties en pierre, lui donnent de loin un aspect assez agréable. Principale échelle de la Thessalie, Volo approvisionne la contrée de denrées coloniales et des articles manufacturés de

ovenance anglaise et autrichienne. Les lés, les huiles d'olive, les sésames, les cotons, les laines, les cotons de soie, les tabacs, les moutons, les porcs, les bœufs, les peaux sèches de mouton et de chèvre constituent les articles les plus importants de son exportation. L'importation, qui se borne aux articles nécessaires à la consommation, s'effectue presque en entier par les soins du commerce autrichien et par la voie de terre, et elle a peu d'importance. Volo n'a pas de relations directes avec l'Europe occidentale. Le eabo- ,tage sous pavillons grec, ottoman, russe, sainien et valaque apporte des marchandises européennes avec les produits de l'Archipel etdela Turquie d'Asie. Cette ville est bâtie sur l'emplacement de l'ancienne Pagaie ou d'Iolcos.

VOLO (golfe (Te), autrefois golfe Pélasgique, vaste baie de la Turquie d'Europe, formée sur la côte de Thessalie par l'Archipel, au N.-O. de l'île de Négrepont. Il est formé à l'E. par la presqu'île de Zagora et au S.-E. par celle de Trikéii, qui n'est que le prolongement de la première. Ce golfe, de forme à peu près ovale, présente une longueur de 30 kilom. du N. au S., sur 28 de l'E. à l'O. On y remarqua au N. le port de Volo et an S. la peute lie de Trikéri, qui contribue à rétrécir son entrée déjà fort étroite.

VOLODJM1R, ville de la Russie d'Europe.

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