‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 821 sur 1042 · V. Vladimir · texte numérisé non relu

V. Vladimir

VOLOGDA, petite rivière de la Russie d'Europe, dans le gouvernement de Vologda. Elle prend sa source dans un marais, à 112 kilom. au-dessus de la ville de son nom et se jette à 27 kilom. au-dessous dans la Soukhona, après un cours de 139 kilom., dont 27 sont navigables. Elle est très-poissonneuse.

VOLOGDA, ville de la Russie d'Europe, ch.-l. du gouvernement de son nom, à 710 kilom. S.-E. de Saint-Pétersbourg, sur la rivière de son nom, par 59° 13' de latit. N. et 37« 31 de longit. E.j 14,200 hab. Siège de l'évêehé de Vologda et Oustiang; résidence du gouverneur de la province ; cour criminelle et cour d'appel. Gymnase avec bibliothèque. Importante fabrication de cuirs etmaroquins ; fabriques de chandelles, de savons, de toiles, tanneries; commerce actif avec Saint-Pétersbourg et Arkhangel, consistant en chanvre, suif, peaux, toiles, soies de porc, poisson séché, pelleterie, etc. Vologda. est bâtie au fond d'une vallée et entourée de massifs de verdure, ce qui lui donne pendant l'été l'aspect le plus riant.

Nous mentionnerons parmi ses églises l'antique cathédrale de Sainte-Sophie, assise sur un parallélogramme de 30 mètres de longueur sur 38 mètres de largeur. L'élévation de l'édifice estde 32 mètres, sans compter la hauteur des coupoles, qui sont au nombre de cinq. Pour peu qu'on soit versé dans l'art architeetonique, on y reconnaît sans peine le caractère du style byzantin vénitien. On montre à l'intérieur douze tombeaux contenant les restes de douze archevêques. On ignore l'époque|précise de sa fondation ; toutefois, on est presque certain qu'elle a été bâtie vers le xe siècle par les Novgorodiens. Au xtiic, Vologda était déjà une ville considérable. Toutefois, les Polonais l'ayaut prise et pillée

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plusieurs fois, mais surtout de fréquents incendies y ayant causé de grands ravages, sa prospérité, au lieu d'augmenter successivement, est restée stationnaire.

VOLOGDA (gouvernement de), division administrative de la région septentrionale de la Russie d'Europe, comprise entre le gouvernement d'Arkhangel au N., les monts Ourals à l'E., qui la séparent du gouvernement asiatique de Tobolsk, des gouvernements de Perm et de Viatka, de Kostroraa et d'Iaroslav au S., ceux do Novgorod et d'Olonets à l'O. Ce gouvernement, un des plus vastes de la Russie d'Europe, mesure 1,237 kilom. du N.-E. au S.-0.,et sa plus grande largeur est de 585 kilom.; superficie, 395,550 kilom. carrés; 825,000 hab. russes, finnois e t Samoyèdes. Ch.-l., Vologda. Le sol de cette contrée est sillonné dans sa partie N.-E. par quelques montagnes, ramifications occidentales des monts Ourals; les autres reliefs du sol, qui séparent le bassin de l'océan Glacial de celui de la mer Caspienne, ne sont que des collines de peu d'élévation. On y trouve de vastes plaines, de belles vallées arrosées par plusieurs cours d'eau, dont les plus importants sont :1a Dwina du Nord, la Soukhona, la Louza, l'Ioug, la Véga, la Petchora, la Pinéga, la Sisola, toutes tributaires de l'océan Glacial; dans la partie méridionale de la province, on rencontre la Maloma, qui dépend du bassin du Volga. On y trouve aussi plusieurs lacs, dont le plus considérable est le Konbinskoé. De vastes marais couvrent une partie du sol, garni sur d'autres points par d'immenses forêts. L'étendue de terres arables .n'est pas très-grande, à cause de la rigueur du climat, qui ne permet pas la culture des céréales dans les districts septentrionaux. Mais on y trouve de beaux pâturages qui nourrissent un nombreux bétail. La race chevaline y compte 185,000 têtes, la race bovine 4 25,000, la race porcine 50,500 et la race ovine 33G, 000. L'industrie manufacturière y est représentée par de nombreuses fabriques de cuirs, maroquins, suif, eau-de-vie de grains, huile, gros draps, térébenthine, cordes et papiers. On y trouve aussi plusieurs . forges. C'est surtout avec Arkhangel que se fait le commerce des produits de Vologda. Ce gouvernement est subdivisé administrativement en dix districts, qui portent les noms de leurs chefs-lieux.

VOLOGÈSE 1er, roi des Parthes, qui régna de l'an 50 à 80 ou 90 de notre ère. Il céda à ses frères la Médie et l'Arménie, défendit ce dernier paya contre les Romains, et, après avoir été vaincu une première fois par Corbulon (55), le battit à son tour. Sans profiter de sa victoire, il conclut une nouvelle trêve avec les Romains, fit sa soumission k Néron et obtint de ce prince le titre de roi d'Arménie pour son frère (66). Il vécut dépuis en bonne intelligence avec les Romains et se préparait à repousser i'invasion des Alains quand il mourut.

VOLOGÈSE II, roi des Parthes, de 122 à 149. Il acheta à prix d'or la retraite des Alains et envoya une ambassade à l'empereur Antonin pour le féliciter de son avènement. Plus tard, il réclama le rétablissement du trône d'or des Arsacides, renversé par Trajan, et entra en Arménie pour commencer les hostilités; mats il céda aux représentations d'Antonin et licencia ses troupes.

VOLOGÈSE III, roi des Parthes, fils du précédent. 11 commença à régner vers 149- A la mort d'Antonin, il envahit l'Arménie, battit tour a tour les généraux romains Severianus et Cornelianus. L'empereur Verus marcha contre lui, et Ses lieutenants Cassius et Statius Priscus, après s'être emparés de Sôleucie, de Ctésiphon et d'Artnxate, qu'ils livrèrent aux flammes, battirent, dans une grande bataille sur les bords de i'Euphrate, Vologèse, qui fut contraint de céder la Mésopotamie aux Romains.

VOLOGÈSE IV, roi des Parthes, mort en 207 ou 208. Il était probablement le fils de Vologèse III, auquel il succéda vers l'an 190. Il embrassa le parti de Pesfennius Niger, qui disputait l'empire à Septime-Sévère,et,après la défaite et la mort de son allié, il accueillit ses soldats fugitifs. En 193, Septime-Sévère envahit les Etats de Vologèse, s'empara de Babylone et de Séleucie, que ce dernier avait fiiit évacuer, et enfin vint assiéger le roi des Parthes dans Ctésiphon, sa capitale, qui dut ouvrir ses portes aux Romains. Vologèse réussit à s'enfuir avec quelques cavaliers. On ne sait plus rien de lui, sinon qu'il régna encore une dizaine d'années.

VOLOGÈSE V, roi des Parthes, mort vers 220. Il disputa la couronne à son frère, Artaban V, et n'obtint que les débris des anciennes capitales sur le Tigre, la Susiane, la Perse et les contrées méridionales (212). Le Perse Artaxerca I«r, fondateur de la dynas-" tie des Sassanides, souleva ses compatriotes contre Vologèse, qui fut vaincu et tué. Son frère Artabau succomba en 226 et fut le dernier Arsacide qui ait, régné sur les Parthes,

VOLOGNE, petite rivière de France. Elle prend sa source sur l'arête des Vosges, dans le département de ce nom, à une petite distance de la source de la Meurthe, traverse le lac de Retourueiner, puis celui de Longeiuer, 'forme la belle cascade du Saut-des-Cuves, reçoit les eaux du lac de Gérardtner par le

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ruisseau de la Jamagne, s'enfonce dans ur.9 gorge étroite et profonde que dominent des rochers et des sapins, forme, au-dessus ci village de Tendon, le Saut-du-Scouet, la plus belle cascade des Vosges, et va se jeter dans la Moselle, à Jarmenir, après un cours do 60 kilom., pendant lequel elle sert de force motrice à de nombreuses usines, scieries et papeteries.

VOLOKOLAMSK, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 100 kilom. N.-O. do Moscou, ch.-l. du district de son nom, sur la Lama; 3,000 hab. Au milieu de la ville s'élève une éminence couronnée par mi fort en terre. On y compte huit églises. Magasins de se!.

VOLON s. m. (vo-lon — mot lat. dérivé de volo, je veux). Antiq. rom. Esclave qui, exceptionnellement, prenait du service dans l'armée.

— Encycl. Le mot volon ou volontaire fut appliqué aux esclaves qui s'enrôlèrent de leur propre mouvement ou à ceux qui, dans certaines circonstances d'une nécessité pressante, furent appelés à prendre les armes pour la défense de Rome. Ainsi, durant la seconde guerre Punique, après la bataille de Cannes, le nombre des hommes libres n'étant pas suffisant pour compléter l'armée, des esclaves jeunes et vigoureux , au nombre de huit mille , proposèrent de servir, Ils furent acceptés et formèrent deu^ légions. On les acheta de leurs maîtres et on leur donna des armes aux frais du trésor public. Comme ils se comportèrent avec bravoure, on les affranchit après deux années de service. Ces esclaves, soldats volontaires, avaient reçu la dénomination de votons; la même dénomination fut donnée par la suite à tous les esclaves qu'on admit dans l'armée. On nomma également volons les esclaves qui étaient appelés à prendre les armes pour la défense de leur maître ; ce qu'ils faisaient, eu général, d'autant plus volontiers, qu'ils en étaient presque toujours récompensés par l'affranchissement.

VOLONNE, bourg de France (Basses-Alpes), ch.-l. de canton, arrond. et à 12 kilom. S.-E. de Sisteron, sur la rive gauche de la Durance, au pied d'une colline escarpée; pop. aggl., 852 hab. — pop. tôt., 988 hab. Commerce de bois de construction. On y voit les ruines d'une forteresse et un beau pont suspendu sur la Durance.

VOLONTAIRE adj. {vo-lon-tè-re— lat. volunlarius; de voluntas, volonté). Que l'on fait sans contrainte, par un acte de sa volonté : Action volontaire. Accord, traité volontaire. Contribution volontairb. Enrôlement volontaire. Liberté, c'est choix, c'est détermination volontaire au bien ou au mat. (La Bruy.) La politesse est un échange secret de sacrifices volontaires, (De Cusiiue.) Il Qui agit de sa propre volonté, sans y être contraint : Un esclave volontaire. Des soldats volontaires. Il Qui est doué de volonté ou réglé par la volonté : L'homme n'est pas seulement une. force volontaire et libre; il est encore doué de sensibitité et d'intelligence. (Artaud.) L'imagination est une puissance active, volontaire et libre, fondée sur le sentiment, l'amour pur et ta raison. (Mesnard.)

— Qui a de l'entêtement, une volonté obstinée et déraisonnable : Des enfants volontaires. Quand j'avançai en âge, je devins volontaire, adonné aux plus étranges caprices. (tJaudelaire.)

— Physiol. Nerfs volontaires, Ceux qui se distribuent dans certains muscles et y transmettent l'aciion de la volonté, u Muscles volontaires, Ceux qui sont soumis, par l'intermédiaire des nerfs, à l'action de la volonté.

— Substantiv. Personne volontaire, opiniâtre : Vous ne ferez jamais rien de cet enfant, c'est un petit volontaire. (Acad.)

— Soldat qui est entré au service par un engagement contracté librement : Un corps de volontaires. Un batailton de volontaires. Servir en qualité de volontaire, il Soldat qui prend part librement à une campagne ou à une affaire, sans faire partie des troupes engagées en cette occasion : Cet ofcier n'était pas commandé; il alla à cetU action comme volontaire, il y alla volontaire. (Acad.)

— Hist. Nom donné aux esclaves romains qui demandaient à servir dans l'armée. Syn. de volon. Il Nom donné a. des soldats de différents corps formés par des enrôlements libres, pendant les premiers temps de la Révolution française : Les volontaires de la Bastille. Les volontaires de la Meuse.

Il Volontaires royaux, Corps do volontaires formé en 1815.

— Manège. Cheval de tirage.

— Encycl. Hist. milit. A toutes les époques et chez tous les peuples, on a vu des hommes servir librement leur pays ou un pays étranger; la plupart des héros grecs furent d'illustres volontaires, tantôt marchant seuls à leur but, tantôt entraînant à leur suite une armée de volontaires comme eux. Chez les Romains, le voluntarius miles n'était pas autre chose quo l'engagé volontaire de nos jours, servant non dans un corps exclusivement composé de soldats comme lui, mais mêlé au reste des citoyens.

En France, c'est Louis XI qui parait avoir organisé le premier corps de volontaires français. Sous François 1er, l'usage d'enrôler les

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soldats fa prix d'argent étant devenu général, le mot volontaire ne servit plus qu'à désigner un homme île qualité qui n'avuit ni emploi, ni grade, ni solde fixes et qui s'associait aux expéditions périlleuses soit pour acquérir de la gloire, soit pour perfectionner son instruction dans l'art militaire. Ainsi voyons-nous se rendre en poste, à la bataille de Cérisolles, quantité de gentilshommes qui avaient appris à la cour le jour du combat, connu d'avance. C'est comme volontaires que Turenne, Coudé, Vendôme et Villars firent leur apprentissage de la guerre.

Louis XIV créa plusieurs corps de volontaires, qui prirent aussi le nom de partisans; toutefois, les volontaires proprement dits ne commencent à jouer un véritable rôle qu'à l'époque de la guerre de l'Indépendance américaine. Alors La Fayette entraîne a sa suite une foule dé jeunes et brillants officiers servant à la manière de la noblesse d'autrefois.

Mais ce sont les volontaires nationaux, les volontaires de la Révolution française qui ont surtout créé l'illustration de leur rôle et de leur nom; illustration d'autant plus pure, que ce n'était pas un vain amour de la gloire qui poussait toute une génération sur les champs de bataille, mais le sentiment le plus lioroïque qui puisse soulever tout un grand peuple, l'amour de la patrie. On suit les prodiges exécutés par ces hommes k peine inities au métier des armes; ils vainquirent les vieilles bandes de l'Europe coalisée contre nous.

La Restauration eut aussi ses volontaires, levés en vertu de l'ordonnance du 16 mars 1815. Des élèves des Ecoles de droit et de médecine, qui suivirent le roi à Gund et furent licenciés h Viuccnues le 13 septembre 1815, composèrent les quatre premiers bataillons, organi-és k Vineeniies. Vers la tin de juin 1815, nombre d'autres corps, ceux de Normandie, de Bretagne, de l'Est.du Midi, etc., prirent le titre de volontaires royaux. « On distinguait parmi eux : les deux légions de Marie-Thérèse , formées k Bordeaux et k Toulouse ; le régiment Royal-Louis, formé à Marseille; celui de lu Couronne, organisé à Cambrai ; les miquelets royaux du Uard ; la légion royale de Seine et-Oise ou de Champeaux et les chasseurs royaux.de Henri IV. » (Qnl Bardiu.) L'ordonnance du S août 1815 licencia tous les corps de volontaires, et leurs débris , qu'on appela veidets , troublèrent quelque temps les régions méridionales de la

Nous ne nous occupons pas ici des volontaires qui se sont fait connaître sous des noms particuliers, tels que la garde mobile en 1848, les francs-tireurs dans la malheureuse guerre de 1870; on trouvera k ces mots mêmes les détails qui les concernent.

— Volontaires anglais. L'Angleterre a eu aussi ses volontaires. On sait de quelle tarentule belliqueuse elle fut piquée en 1859; Nadaud en a fait une de ses meilleures chansons. On se réunit en meetings, on fit appel au sentiment patriotique, et l'utilité de créer une libre armée fut démontrée. Une liste d'enrôlements fut aussitôt ouverte et couverte d'aiihesions par trois classes de volontaires : l° les membres effectifs, qui s'engageaient a payer leurs armes et leur uniforme; 2° le corps de réserve, dont les membres promettaient de servir en cas d'invasion; 3° les non-etf'ectifs ou membres honoraires, qui encourageaient l'idée par une souscription annuelle, sans payer de leur personne. L'Etat n'apparaît dans cette organisation que pour donner une autorisation qu'il ne refuse jamais.

Au reste, l'Angleterre avait déjà eu ses volontaires , eu nfl8, lorsque le général Humbert (celui que Ponsard a mis en scène dans le Lion amoureux) descendit sur les côtés d'Irlande à la tête de 1,100 soldats seulement, et en 1805, lorsque le patriotisme anglais se trouva si vivement surexcite par les menaces de descente de Napoléon. Alors, tous les rangs de la société se mêlèrent et se confondirent dans le mouvement de la défense nationale. Le duc da Clarence, fils du roi, servait comme simple soldat dans un régiment de volontaires. A un banquet, l'aldcrman Sliaw proposa cette saute : « Au plus grand homme d'Angleterre, William Pilt, colonel des Cingue ports volunteerst » On applaudit. Alors, Sberidau se leva et dit : « Gentlemen, permettez-moi aussi de vous proposer un toast. Je fais un appel aux verres pour bnire k la santé de Charles Fox, simple soldat dans les Chertsey oolunieers, la plus honnête homme d'Angleterre 1 ■ Piu et Fox, tour à tour premiers ministres, représentaient, ou le sait, les deux grands partis de l'Etat, les tories et les whigs. Walter Scott servait comme adjudant dans un régiment de cavaliers volontaires, le Itoyal-Mtd- Lothian. Ou l'avait mis dans lu cavalerie purce qu'il était boiteux. Sou zèle et sa bonne humeur le rendirent bientôt populaire dans le régiment. Il composa même un chant de guerre; mais, comme il n'était pas encore célèbre, sa poésie fit rire au lieu d'enthousiasmer. Parmi les souvenirs de ce temps-là qu'il nous a laissés, on retrouve celui-ci :

Deux volontaires se trouvaient pour affaires à Edimbourg et un peu en retard sur leurs camarades en marche. La femme d'un de ces gentlemen et la mère de l'autre, une veuve, envoyèreat les armes, l'uniforme et les che-

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vaux des deux volontaires pour qu'ils pussent rejoindre leur corps. Comme Walter Scott plaignait la plus vieille d'être ainsi séparée de son fils : « Monsieur, s'écria-t-elle avec ardeur, nul mieux que vous ne peut savoir que mon fils est le seul soutien sur lequel s'appuie notre famille depuis la mort de son père; mais j'aimerais mieux le voir étendu mort et sans vie sur le plancher de cette chambre que d'entendre dire qu'il a été delà longueur d'un cheval en arrière de ses camarades dans la défense de son pays. » Ceci se disait k Edimbourg, et non à Sparte ou à Rome.

VOLONTAIREMENT adv. (vo-lon-tè-reman — rud. volontaire). De bonne volonté, sans contrainte : La patience s'exerce à souffrir volontairement et longtemps pour remplir des devoirs pénibles. (Marinante!.) La liberté consiste à obéir volontairement à ce qui est ordonné par la raison. (Colins.) La liberté vent être conquise; jamais elle n'est concédée volontairement. (Lamenn.)

— Syn. Volontairement, de bon cosur, de bonne grûco, etc. V. CŒUR (DE BON).

VOLONTARIAT s. m, (vo-lon-ta-ri-a — du lat. voluntarius, volontaire). Art niilit. Engagement, service des volontaires.

— Encycl. Lorsque, après la terrible guerre de 1870-1871, il devint évident pour tous que notre armée avait besoin d'une réorganisation radicale, on reconnut la nécessité d'établir le service militaire personnel et obligatoire pour tous ; on comprit que le seul moyen d'élever le niveau moral, singulièrement amoindri, de l'armée, c'était d'appliquer strictement le principe d'égalité qui domine toutes nos lois civiles, de confondre dans l'armée nouvelle toutes les classes de la société et d'amener leur rapprochement en les faisant vivre d'une vie commune pendant les années de service. En conséquence, dans la loi de recrutement du 27 juillet 1872, le législateur s'empressa, dans l'article l", de formuler ce principe : « Tout Français doit le service militaire personnel; ■ puis i! ajouta, dans l'article 37 : • Tout Français qui n'est pas déclaré impropre atout service militaire fait partie de l'armée active pendant cinq ans. • Ces règles générales étant admises, le législateur ne songea, plus qu'à les atténuer. On trouva que la durée de cinq années de service actif était beaucoup trop longue, qu'elle apporterait une entrave sérieuse à la carrière des jeunes gens qui suivaient des professions libérales, et, au lieu de diminuer la durée du service en 1 abaissant de einq à trois ans, au lieu, ce qui eut été beaucoup plus simple, de décider que le service actif cesserait pour tout soldat qui, à la suite d'un examen, aurait montré qu'il possédait les connaissances requises, le législateur préféra instituer, sous le nom de volontariat d'un an, une sorte de privilège qui a été vivement et justement critiqué. D'après l'article 53 de la loi du 27 juillet 1872, modifié par la loi du 31 décembre 1875, les jeunes gens qui ont obtenu des diplômes de bachelier es lettres OU de bachelier es sciences, des diplômes de fin d'études ou des brevets de capacité, institués par les articles 4 et 6 de la loi du 21 juin 1865, ceux qui font partie de -l'Ecole centrale

■ des arts et manufactures, des Ecoles nationales des arts et métiers, des Ecoles nationales des beaux-arts, du Conservatoire de musique; les élèves des Ecoles nationales vétérinaires, des Ecoles nationales d'agriculture et de l'École des haras du Pin ; les élèves externes de l'Ecole des mines, de l'Ecole des ponts et chaussées, de l'Ecole du génie maritime et les élèves de l'Ecole des mineurs de Saint-Etienne sont admis, avant le tirage au sort, lorsqu'ils présentent les certificats d'études émanés des autorités désignées par un règlement, à contracter dans rarinée de terre des engagements conditionnels d'un an, selon le mode déterminé par ledit règlement. D'après les articles 54-58, indépendamment des jeunes gens indiqués en l'article précédent, sont admis, avant le tirage au sort, à contracter un semblable engagement ceux qui satisfont à un des examens exigés par les différents programmes préparés par le ministre de la guerre et approuvés par décrets rendus dans la forme des règlements d'administration publique. Le nombre des engagements conditionnels d'un an sera fixé chaque année par département et en proportion du contingent. Le nombre de ces admissions est fixé chaque année par le ministre. Si (d'après la loi du 31 décembre 1875) un jeune homme, s'étani présenté pour l'engagement conditionnel d'un an, a été reconnu impropre au service, et qu'ensuite, au moment de la révision de sa classe, il soit déclaré bon, il est admis à remplir dans l'armée les conditions requises pour le volontariat. L'engagé volontaire d'un un est habillé, monté, équipé et entretenu à ses frais. Toutefois, le ministre de la guerre peut exempter de tout ou. partie de ces obligations les jeunes gens qui ont donné dans leur examen des preuves de capacité et qui justifient être dans l'impossibilité de subvenir aux frais résultant de ces obligations. L'engagé volontaire d'un an est incorporé et soumis k toutes les obligations de service imposées aux hommes présents sousles drapeaux. Il est astreint aux examens prescrits par le ministre de la guerre. Si, après un an de service, l'engagé

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volontaire d'im an no satisfait pas k ces examens, il est obligé de rester une seconde année au service, aux conditions déterminées par ledit règlement. Si, après cette seconde année, l'engagé ne satisfait pas à ses examens, il est déclaré déchu des avantages réservés aux volontaires d'un an et reste soumis aux obligations qui sont imposées aux hommes de la première partie de la classe à laquelle il appartient par son engagement. Il en sera de même pour les volontaires qui, pendant la première ou la seconde année, auront commis des fautes graves et répétées contre la discipline. En temps de guerre, le volontaire d'un an est maintenu au service. En cas de mobilisation, il marche avec la première partie de lu classe à laquelle il appartient par son engagement.

Dans l'année qui précède l'appel de leur classe, les jeunes gens mentionnés dans l'article 53 qui n'auraient pas termine les études de la Faculté ou des Ecoles auxquelles ils appartiennent, mais qui voudraient les achever dans un laps de temps déterminé, peuvent, tout en contractant un engagement d'un an, obtenir de l'autorité militaire un sursis avant de se rendre au corps pour lequel ils se sont engagés. Le sursis peut leur être accordé jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans accomplis. D'après la loi du 31 décembre 1875, jouiront du même privilège, sous la condition d'avoir contracté un engagement conditionnel d'un an : i» lesélèvesdes Ecoles supérieures d'agriculture subventionnées par l'Etat; 2° les élèves des Ecoles supérieures du commerce subventionnées par les chambres de commerce. Enfin, après que les engagés volontaires d'un an ont satisfait à tous les examens exigés, ils peuvent obtenir des brevets de sous-ol'lîcier ou des commissions au moins équivalentes.

Ces prescriptions générales de la loi du 27 juillet 1872 sur le volontariat d'un an ont été complétées par des décrets et règlements du ministre de la guerre. Le décret du 31 octobre 1872 porte que les jeunes gens qui demandent à contracter un engagement conditionnel d'un an, en vertu de l'article 54 de la loi du 27 juillet 1872, ont k subir deux épreuves successives devant des examinateurs nommés par le ministre de !a guerre et choisis parmi les agriculteurs, industriels et commerçants, ou des citoyens ayant exercé l'une de ces professions. La première épreuve consiste en une dictée écrite en français. La seconda épreuve est un examen oral public. Les candidats sont rangés à l'avance en trois séries correspondant respectivement k l'agriculture, au commerce, k l'industrie. Chacune de ces séries passe devant un examinateur différent. Cet examen se compose de deux parties : la première roule sur les matières composant l'enseignement que le candidat a dû recevoir à l'école primaire ; la seconde sur les notions élémentaires et pratiques relatives k l'exercice de la profession spéciale. Après l'achèvement des examens oraux, les examinateurs des trois séries se réunissent sous la présidence du général commandant le département ou d'un officier supérieur délégué par lui, auquel est adjoint un membre du conseil général désigné par ce conseil ou, à son défaut, par la commission permanente, et constituent ainsi une commission qui arrête la liste générale des candidats admissibles.

Voici le programme des examens :

Agriculture. Natures diverses des terrains au point de vue de la culture. — Engrais et amendements. — Climats, saisons, leurs rapports avec la culture. — Moyens d'utiliser les eaux ou de s'en préserver. — instruments et machines agricoles. — Méthodes et procédés de culture. — Conservation des récoltes. — Bestiaux et animaux domestiques.

— Comptabilité agricole. — Débouchés des principaux produits agricoles de la région.

Commerce. Marchandises qui font l'objet de la spécialité du candidat; leur provenance, leur emploi et leur prix de revient.

— Comptabilité et tenue de livres. — Dénomination des livres de commerce. — Principales opérations de commerce ou de banque.

— Formules usuelles du billet à ordre, de la lettre de change, du mandat, du chèque, etc.

— Signification des principaux termes de commerce ou de banque.

Industrie. Caractères et propriétés des matières premières ou matériaux ; leur extraction, leur préparation, leur transformation ou leur emploi. — Moteurs, machines, instruments et outils dont le candidat fait habituellement usage. — Procédés au moyen desquels il obtient les produits de son industrie spéciale. — Nature de ces produits.

Un second décret du i« décembre 1872 a réglé les conditions exigées pour l'engagement volontaire d'un au et a été suivi da longues instructions explicatives publiées dans le Journal officiel du 9 janvier 1873. La somme exigée des volontaires d'un an fut fixée k l,50O francs. Ce taux si élevé, qui permet seulement aux jeunes gens dont la famille est dans l'aisance de profiter du volontariat, a soulevé de nombreuses et justes réclamations. Pour atténuer ce que cette mesure a d'excessif, la toi de 1872, ainsi que nous l'avons indiqué plus 'haut, a permis de dispenser de tout ou partie de cette indemnité de 1,500 francs les jeunes gens qui ont donné des preuves de capacité dans leur

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examen ou qui sont dans l'impossibilité de faire le versement. D'après une .circulaire ministérielle du 4 janvier 1873, Jes jeunes gens qui contractent un engagement d'un an dans les conditions da l'article 54 de la loi du 27 juillet 1872 peuvent seuls être exemptés du versement, a l'exclusion ée ceux qui s'engagent dans les conditions de l'article 53. Le nombre des engagés qui sert de base k là fixation des exemptions de versement est celui des jeunes gens admis k l'engagement dans les conditions de l'article 54. Les exemptions peuvent être réparties sur deux, trois ou quatre candidats ; mais il n'est pas accordé plus d'une exemption totale sur cent alignées, ce qui rend à peu près illusoire le bénéfice de l'exemption.

Les engagements des volontaires d'un an doivent être souscrits du 24 octobre au 4 novembre, au chef-lieu du département ou au chef-lieu de la subdivision de région, et la mise en route a lieu le 8 novembre. Le versement de la somme de 1,500 francs doit être effectué du 15 octobre au 4 novembre. Les demandes d'exemption du versement de la prestation à la suite d'examen ne sont reçues qu'autant que les postulants ont obtenu dans ces examens de 51 à 60 points, ce qui équivaut k la mention très-bien. Jusqu'en 1870, les jeunes gens engagés étaient admis à faire choix d'un corps, suivant l'ordre d'inscription de leur demande sur le registre de la préfecture. A cette époque, le ministre de lu guerre a décidé que les jeunes gens susceptibles de contracter l'engagement conditionnel seront appelés à faire choix du corps dans lequel ils désirent servir suivant un ordre déterminé par voie du tirage au sort.

Le,»o Ion tariat d'un an est loin d'avoirdonné les résultats satisfaisants que s'en promettaient d'avance ses partisans. Les aspirants au volontariat ont donné jusqu'ici des preuves trop flagrantes de leur ignorance pour ne pas prêter largement le flanc k la raillerie. Au corps, les volontaires d'un an sont embarrassants pour leurs supérieurs et assez mal vus de leurs camarades, forcés de servir cinq ans. Ceux-ci, les accusant de devoir la faveur dont ils jouissent à leur état de fortune plus qu'à leur savoir réel, et de ne passer une année dans l'armée que pour se débarrasser au meilleur marché possible des véritables charges du service, leur ont donné le sobriquet de quinze cents francs et dejréfractaires d'un an.

VOLONTARIÉTÉ s. f. (vo-lon-ta-ri-é-té — rad. volontaire). Physiol. Puissance de la volonté sur le système organique; action de la faculté volontaire du seusortura.

VOLONTÉ s. f. (vo-lou-té — lat. voluntas. V. pour plus de détails le mot vouloir). Faculté de se porter librement vers certains objets, do se déterminer k certains actes : La volonté est souvent déterminée par la passion. (Acad.) La VOLONTÉ n'est autre chose que l'âme, en tant qu'elle veut et quelle choisit. (Boss.) Il n'y a point de véritable volonté sans liberté. (J.-J. Rouss.) Le plus puissant de tous les leviers, c'est la volonté. (De Jussieu.) Le devoir oblige la volonté et n'est pus soumis à la volonté. (Lamenn.) Notre volonté est une force gui commande à toutes les autres, lorsque nous la dirigeons avec intelligence. (Bulf.)

la. volonté de l'homme est bien ambulatoire.

Reonaicd,

La volonté nous détermine, Non l'objet ni l'instinct; je parle et je chemine,

3e sens en moi certain agent.

Là FCNTAINB.

Il Energie, fermeté de l'âme qui veut : Avoir beaucoup de volonté. Manquer de volonté. C'est la fixité qui produit tes miracles de la volonté et de la passion, (Mme de Staël.) Une volonté inflexible surmonte tout et l'emporte même sur le temps. (Chateaub.) Il n'existe pas de grund talent sans une grande volonté. (B.ilz.) C'est la volonté qui fait tes grands hommes : parvenir, c'est persévérer; (Mme o. Fée.)

— Acte de la faculté de vouloir, détermination de l'âme; intention arrêtée; ordre, décret ; Manifester, dicter, imposer, expliquer ses volontés. Les hommes ont la volonté de rendre service, jusqu'à ce qu'ils en aient le pouvoir. (Vauvaa.) L'homme doit avoir plus de volontés, et l'enfant plus de fantaisies. (J.-J. Rouss.) L'enfer éternel par la volonté divine est le plus horrible btusphème qui ail jamais été prononcé contre Dieu, (A. Guyaril.) L'autorité souveraine est fondée sur la volonté des peuples. (Duinarsais.) Les nations que les rois assemblent et consultent commencent par des vœux et finissent par des volontés. (Carnot.) Tout despotisme est illégal; rien ne peut te sanctionner, pas même la ■ volonté populaire qu'it allègue. (B. Const.) Toute société vraiment politique repose sur le consentement des volontés libres. { Vneherot.) Il Caprice, fantaisie opiniâtre ; s'emploie surtout au pluriel : Il aime à faire ses volontés. Il voudrait soumettre tout le monde à ses volontés. Jl semble que ses volontés soient de» lois. (AcaU.) Ce n'est que par les femmes que les médecins acquièrent leur reputution, c est pur les médecins que les femmes font leurs volontés. (J.-J. Rouss.) S'accoutumer à faire toutes ses volontés, c'est préparer pour son impuissante vieillesse un affreux esclavage. (Ch. Nod.)

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— Bonne volonté, Bon sentiment, bienveillance : II a montré beaucoup de BOîs'NB volonté pour nous. Je vous remercie de votre bonne volonté. Il Intention réelle, effective ; désir prononcé ; ardeur véritable : Ce n'est pas la bonne volonté gui nous manque. Ce jeune homme est plein de bonne volonté. (Âcad.) Il ne faut pas se montrer trop difficile avec tes hommes de bonne volonté. (J. de Maistre.) Il n'y a rien de plus rare en France que des contribuables de bonne volonté. (Cormen.) Il Homme de bonne volonté, Officier ou soldat prêt à exécuter tous les ordres qu'on lui donne, à s'exposer volontairement dans les occasions périlleuses : Il nous faut pour cette expédition des hommes

DE-BO^S'NE VOLONTÉ. (Acad,)

— Mauvaise volonté, Défaut de désir réel, intention réelle contraire au but que l'on semble ou qu'on devrait poursuivre : S'il n'a pas réussi, c'est qu'il y a mis de la mauvaise volonté. Il est dans la nature de l'hnmme d'endurer patiemment la nécessité des choses, mais non la mauvaise volonté d'autrui. (J.-J. Rouss.)

— Dernières volontés, Volonté dernière, Intentions que l'on manifeste avant de mourir, et que l'on veut être accomplies après qu'on sera mort : Manifester, dicter, écrire ses dernières volontés. Exécuter religieusement les dernières volontés d'un ami. Les dernières volontés des hommes sont presque toujours leurs dernières faiblesses. (Ch. Nod.) Elle m'a déclaré sa volonté dernière.

Racine,

— N'en faire qu'à sa volonté, Ne pas écouter les ordres, les avis, les conseils d'autrui : Il est impossible que celui qui n'en veut faire qu'à sa volonté jie fasse jamais d'autre mal que celui-là même. (Vitet.)

— Prov. La bonne volonté est réputée pour le fait, On tient compte des bonnes intentions autant que des actes, il Les volontés sçnt libres, On ne peut forcer les gens à faire ce qu'ils ne veulent pas.

— Théol. Volonté désigne, Intention divine révélée par quelque signe extérieur, tel que conseil, précepte, exemple, n Volonté de bon plaisir, Détermination intérieure, désir réel et formel. Il Volonté antécédente, Celle qui se rapporte à l'objet considéré en lui-même. Il Volonté conséquente, Celle qui considère l'objet par rapport aux conséquences. Il Volonté efficace, Celle qui est suivie d'effet, il Volonté inefficace, Celle qui est rendue inutile par la résistance de 1 homme. Il Volonté absolue, Celle qui ne dépend d'aucune condition.

— Jurispr. La volonté est ambulatoire jusqu'à la mort, Un testament est toujours révocable tant que vit le testateur.

— Manège. Volonté gagnée, Docilité d'un cheval obtenue méthodiquement,

— Loc. adv. A volonté, Comme on veut on Quand on veut : Un ressort qui joue À volonté. (Acail.) L'homme ne se souvient pas À volonté et de prime abord. (L'abbé Hautain.) Au milieu de ta multitude, comme dans un élément qu'il soulevait À volonté , Danton était l'homme le plus puissant de Paris. (Thiers.)

— Billet payable à volonté, Billet payable * quand celui à qui il est dû voudra être payé.

— Voiture à volonté, Voiture qui est à la disposition de tous ceux qui veulent la louer.

— Service à volonté, Service de domestiques qu'on loue pour une circonstance déterminée.

— De volonté, Par le fait seul de la volonté, volontairement : De cœur et de volonté je demeure chez loi. (P.-L. Courier.)

— Syn. Volonté, dcnaein, intention. V. DES- SEIN.

— Encycl. Philos. On peut dire que la volonté, considérée dans sa plus grande généralité, est un attribut essentiel de l'animalité; c'est, en effet, par la volonté que l'animal diffère du végétal. Tout acte de volonté est une volition; cet acte suppose nécessairement l'existence d'un cerveau, ou de quelque chose d'analogue au cerveau, et l'ablation des hémisphères cérébraux chez un animal fait immédiatement disparaître toute volition. Mais nous ne nous proposons point ici de considérer la volonté à ce point de vue tout physiologique ; nous voulons parler de la volonté chez l'homme considéré comme être pensant et doué de raison, et nous voulons surtout exposer à ce sujet les théories soutenues par les philosophes spiritualistes, pour qui l'homme n est un animal que par la partie la moins noble de sa personnalité, et qui, sans nier formellement l'existence d'une sorte de volonté chez les animaux, prétendent que chez l'homme elle est d'une tout autre nature.

Toute volition a pour objet une action et suppose un motif; mais elle se distingue et du motif qu'elle suppose et de l'action qu'elle a pour objet. La volition est un fait spécial, sui generis, irréductible à tout autre, et relève d'une faculté qu'il ne faut confondre ni avec l'intelligence, si avec la sensibilité, ni avec le pouvoir d'agir. Cette faculté est la »o/o»i(e". 11 est rare qu'on la confonde avec l'intelligence; il n est pas rare qu'on la confonde avec le pouvoir d'agir, ou avec le désir. Il est vrai qu'on est porté à vouloir ce qu'on désire ; cependant on ne le veut pas toujours, et il arrive plus d'une fois que l'on combat son propre désir ; ce n'est point le

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désir qui combat le désir, c'est la volonté, et l'action est la suite naturelle de la volition ; mais encore arrive-t-i! souvent qu'une action échappe à qui ne l'a pas voulue, ou que qui a voulu n'agisse pas. Vouloir et pouvoir sont deux. Ce qui appartient au vouloir , c'est l'effort pour agir, ce n'est point l'action, qui n'est que l'objet du vouloir. On veut agir : agir est donc le terme du vouloir, non le vouloir même.

La volition n'a point d'autre cause efficiente que le moi, l'àme, ou, de quelque nom qu'on le nomme, l'homme moral ; le moi peut toujours commencer ou cesser, continuer ou suspendre le vouloir, sur lequel nulle contrainte, nul empêchement n'ont de prise; il n'est point de puissance au monde qui soit capable ni de faire qu'il veuille, ni de faire qu'il ne veuille pas. 11 a son vouloir dans sa main et le tient dans la mesure précise où il se possède lui-même ; il en dispose souverainement.

Que se passe-t-il dans l'âme humaine, quand elle veut ? Que trouve-t-elle en ellemême? En premier lieu, la conception d'une action à faire, jointe à celle des moyens de la faire et du but en vue duquel on la tente ; à cette triple conception s'ajoute celle des motifs qu'on peut avoir de la faire ou de ne pas la faire, et celle-ci s'accompagne de mobiles qui affectent l'homme et le poussent dans un sens ou dans un autre. S'il y a dans son âme, au moment du vouloir, des mobiles qui influent sur lui par affection et des motifs qui influent sur lui soit par conseil, soit par ordre, alors il délibère : fera-t-il ouneferat-il pas l'action? Il donne en quelque sorte la parole aux divers motifs qui se disputent l'action future ; et quand chacun a parlé, il se fait comme un vote, qui est la conclusion de la délibération. Cette conclusion est suivie de la détermination qu'il prend, et qu'il faut d'autant moins confondre avec elle qu'elle peut lui être contraire ; combien de fois n'arrive-t-il pas que l'on conclut qu'il faut agir dans un sens, et que l'on n'agit point dans ce sens, mais dans un autre dans lequel on a conclu qu'il ne faut pas agirl La détermination enfin, ou la résolution, ou la volition (car c'est tout un), est suivie de l'action.

L'action voulue peut être un mouvement du corps, exécuté pour des fins bien diverses. Je veux remuer mon bras, je le remue ; et c'est pour me procurer la sensation du mouvement, ou pour me témoigner à moimême ma puissance de me mouvoir, ou pour toute autre fin qui n'a rien de commun avec la sensation. L'action voulue peut être une opération de l'intelligence : je veux connaître, je veux me rendre compte, je veux m'assurer d'une vérité, ou m'élever à quelque découverte, ou composer une œuvre ; je considère, je compare, et soit que je juge, ou que je raisonne, ou que j'imagine, je suis attentif ; l'attention est la condition de toute opération de l'esprit, et elle n'est autre que 1 intervention de la volonté dans l'intelligence. L'action voulue peut être un gouvernement de l'âme par elle-même, un commandement, un empire sur soi : je veux amoindrir en moi les tendances viles, intéressées, basses, l'égoîsine, l'envie, les appétits inférieurs, accroître les inclinations généreuses, les nobles sentiments ; et quoique je ne me sois pas donné ma propre nature seusible, j'agis sur elle à mon gré, et jusqu'à un certain point je la change par mon vouloir. L'action voulue peut être enfin un empire sur autrui : elle est alors un mouvement du corps exécuté dans ce but, car l'homme ne peut atteindre aucun de ses semblables, ni aucune chose, que par l'intermédiaire de son corps.

Ce qui ressort, avant toute autre conclusion, de cette analyse, c'est que la volition, expressément distincte et de la délibération qui la précède et de l'action qui la suit, est libre. La liberté, tel est donc le caractère propre de la volonté; la liberté, c'est-à-dire le pouvoir de se déterminera une action avec la conscience qu'on pourrait se déterminer à une autre.

Si la volonté seule est libre, elle seule donc est responsable. Qui a voulu bien faire, qui a eu le bon vouloir, alors même qu'il n'a pas eu le pouvoir, du bien qu'il a voulu, a bien agi; à moins qu'il ne se fût mis lui-même, par suite d'un fait antérieur dont il se serait rendu coupable, dans l'impossibilité de bien agir. Qu'il réponde de l'habitude contractée par la pratique du mal ! Mais, que ce soit dans le prêtent ou dans le passé, la volonté peut seule être mauvaise, seule être bonne. 11 suffit qu'elle soit réelle, c'est-à-dire qu'elle ne se contente pas de n'être qu'une intention, mais qu'elle aille jusqu'à être l'effort.

Peut-être l'école ne dit-elle pas assez quand elle dit que vouloir c'est se déterminer, se résoudre. Il est vrai que vouloir n'est pas agir, mais c'est faire effort pour agir ; la volition, distincte de l'action, n est pas seulement l'intention, mais déjà le mouvement initial. Elle en est le principe. Aussi n'est-ce point sans raison que l'on transporte à l'action le caractère de la volition même, et qu'on parle de bonnes ou de mauvaises actions, quoiqu'il n'y ait et qu'il ne puisse y avoir que le vouloir seul qui comporte le bien ou le mal moral, puisqu'il n'y a que le seul vouloir qui soit libre.

La volonté est ce qu'il y a en nous de plus proprement nôtre, elle est nous-mème ; c'est elle qui constitue la personne humaine. Nous

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ne faisons pas nos pensées ni nos sentiments, nous faisons nos volitions ; l'intelligence et la sensibilité ne sont que nôtres, la volonté est nous. On peut vouloir l'impossible, l'absurde, le mal comme le bien ; on sera coupable de mal faire, on sera insensé de faire l'absurde, et l'on ne fera pas l'impossible, maison peut le vouloir ; vouloir est un, faire est un autre. Il n'est rien qu'on ne puisse vouloir ; dirons-nous qu'on ne peut vouloir ce dont on n'a nulle idée ? Mais on le pourrait vouloir à la condition d'en avoir l'idée ; la borne ici n'est donc pas dans la volonté, elle est dans l'intelligence.

S'il en est ainsi, si la volonté, parce qu'elle est libre, est en quelque sorte sans limites, peut-on dire qu'elle soit toute la personne humaine? Non; la personne humaine, individuelle, concrète, résulte d'un certain rapport entre cette volonté idéale et les puissances organiques qui déterminent, qui circonscrivent, qui mesurent son être. Elle n'est pas la volonté, niais la volonté mesurée dans sa réalité, déterminée et circonscrite dans sa manifestation actuelle par un organisme. Elle est moins une volonté qu'une activité. 11 ne faut pas confondre ces deux termes; l'activité n est pas la volonté, mais elle en dérive.

Le philosophe allemand Schopenhauer a créé un système dont nous devons dire ici quelques mots, parce qu'il attribue à la volonté un rôle immense dans le grand ensemble des -choses. liant avait enseigné que l'homme ne peut connaître que des phénomènes; quant à la substance, à la chose en soi, Kant le croyait condamné à l'ignorer toujours. Schopenhauer répond: < Oui, je ne vois que des phénomènes dans le monde qui m'environne, mais je puis m'étudier moimême, je puis descendre au fond de mon âme, et quand j'aurai atteint la substance de mon être, transportant ma découverte hors de moi et l'appliquant par analogie à l'ensemble des choses, j'aurai le secret du monde. » La psychologie, une psychologie circonspecte et féconde, voilà l'arme de la science contre ces objections effrayantes qui réduisent l'homme à n'être que le jouet d'une fantasmagorie. Cette substance que Kant appelait la choseen soi,Schopenhaueressaye de l'atteindre par le procédé psychologique, et, quand il croit être arrivé au but de ses efforts, il s'écrie triomphalement : « Quelle es^ donc cette chose en soi, ce principe, cette substance, cette réalité mystérieuse que Kant interdit à la connaissance ? Je réponds: la volonté/ et c'est là la grande découverte de ma vie. » Pour Schopeuhauer, la volonté est le fondement du moi, le principe de la personne humaine; or, transportant au non-moi ce priucipe intérieur attesté par la conscience, il conclut que le principe des êtres, la substance et le fondement du cosmos, c'est la volonté. Une volonté immense, éternelle, infinie préside à l'ensemble des choses. Les philosophes alexandrins font de l'intelligence la première hypostase ; Spinoza et Hegel ont répété le même principe en le modifiant selon leurs propres idées. Schopeuhauer place la volonté avant tout : la volonté est la substance de l'univers. On comprend la valeur d'une telle métaphysique à l'époque où. elle se produisit; on peut la discuter et la combattre, mais il est impossible de méconnaître l'inspiration d'où elle est née. Schopenhauer cherchait et croyait avoir trouvé un refuge contre les entraînements du panthéisme. Au moment où l'esprit fini, c'est-àdire l'esprit de l'homme, n'apparaissait plus à tous les philosophes que comme un phénomène, une modification de l'esprit infini; au moment où le panthéisme semblait dominer tous les penseurs, avec une puissance irrésistible, la revendication de la volonté semblait un moyen sûr de sauver la liberté humaine. Mais, par une étrange inconséquence, après avoir déduit de la volonté humaine l'existence d'une volonté suprême, il s'appuie sur celle-ci pour prouver que la volonté humaine est une chimère, et que la vraie sagesse consiste dans l'anéantissement de nos volontés particulières.

La théorie spiritualiste de la volonté, tells qu'elle vient d être exposée, donne lieu à de graves objections. Il y a quelque chose détrange dans cette distinction do l'âme qui voit en elle des motifs, et du moi qui est eu dehors de ces motifs et qui en choisit un pour le faire sien en rejetant les autres. D'après quelle règle ce choix peut-il être fait, puisque tous les motifs de choisir sont dans l'âme et non dans le moi qui choisit 1 Si on les pressait là-dessus, il est probable que les spiritualistes attribueraient ;iu moi la faculté de discerner le vrai et le juste, laissant à l'âme ce qu'ils appellent les motifs ou les mobiles; mais alors le moi devrait toujours faire un choix conforme à la vérité et a. la justice, ce qui est démenti par l'expérience. D'ailleurs, cette distinction de l'âme et du moi, ils ne la font que par une sorte de surprise, pressés par l'extrême difficulté de l'explication qu'ils veulent donner ; hors de là, ils font comme tout le monde, ils identifient complètement l'àme et le moi. Dès lors, s'il y a des mobiles dans l'àme, c'est dans le moi qu'ils résident, et, au Heu de dire que le moi se détermine, il serait plus simple de reconnaître que les mobiles agissent d'eux-mêmes, par leur force propre, entraînant le moi dont ils font partie, avec lequel ils se confondent.

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Les spiritualistes sont bien plus près de la vérité quand ils reconnaissent que vouloir dit plus que se déterminer, que la volition est le mouvement initial de l'action voulue ellemême, et, pour rendre cette définition de la volonté tout à fait exacte, il suffirait d'ajouter que ce mouvement initial doit être produit directement par un mobile, une idée, une disposition intérieure formant un des éléments constitutifs du moi pensant, de l'âme. Cependant, pour qu'il y ait volonté, il n'est pas nécessaire que la chose voulue soii nettement et distinctement perçue; c'est par là précisément que la simple volonté se distingue du désir et de la résolution, qui supposent nécessairement la perception de la chose désirée ou résolue. Supposons, par exemple, qu'un homme lève un doigt pour nous montrer un objet quelconque ; il pense à cet objet, il ne pense pas du tout au doigt qu'il lève, et pourtant nous avons le droit de dire qu'il lève son doigt volontairement, qu'il veut le lever, parce que l'impulsion initiale qui produit le mouvement du doigt vient de quelque chose qui fait partie de l'être pensant ou du moi. Pour que ce mouvement fût involontaire, il faudrait qu'il eût une cause extérieure, comme si, par exemple, un autre hotntno prenait le doigt par plaisanterie et le soulevait avec sa main ; ou bien il faudrait que le mouvement fût produit par un tic nerveux complètement étranger à la pensée.

Dans les cas mêmes où la pensée a conçu nettement un acte comme objet d'un désir ou d'une résolution prise, il y a dans cet acte un moment où l'on peut dire qu'il est simplement volontaire ; c'est précisément le moment où cet acte commence, par l'impulsion du désir, de la résolution qui sont dans l'âme, dans la pensée. Mais distinguer l'homme qui veut et l'homme qui commence les premiers mouvements de l'acte, c'est une pure chimère, à moins que l'on ne confonde la volonté simple avec un désir ou un projet bien arrêté.

Volonté (la), comédie en quatre actes, en vers, de M. Jean Du Boys (Théâtre-Français, septembre 1S64). Philippe Michon est un jeune clerc d'huissier de campagne.

Poussé, comme tant d'autres, par le désir de faire fortune, il vient à Paris et se présente chez le banquier Lacroix, dont le neveu. Marcel a été son camarade. Philippe n'a qu'une éducation fort médiocre et il se voit refusé, parce qu'il ne sait ni l'anglais, ni l'allemand, ni la tenue des livres. Il a beau dire : « J'apprendrai, j'apprendrai,! le banquier le repousse et lui conseille rudement de rester avec son ignorance dans son village :

Qui vivote en province a Paris meurt de faim.

Mais Philippe obéit à un puissant aiguillon; il est tombé amoureux de Laure, la fille du. banquier, et s'est juré de l'épouser. La belle Lame aime ou croit aimer son cousin Marcel, et elle l'épouserait tout de suite si ce jeune homme n'était éloigné du mariage par sa légèreté et sa dissipation. Un au s'est écoulé; le banquier sort de table et est en train de faire à son neveu un beau sermon sur le travail, quand se présente un jeune rouirais en nouveautés qui apporte une robe pour Laure: c'est Philippe ; il suit l'anglais, 1 allemand et la tenue des livres. Il a appris tout cela au milieu d'une vie de privation et de courage. Le banquier est émerveillé et le prend, séance tenante, pour caissier :

Ce garçon sait vouloir, ce garçon parviendra.

Il parvient en effet, et très-vite, non-seulement à la fortune, par la volonté, mais au bonheur, par l'amour. Marcel s'est laissé entraîner à toutes sortes de folies, et le jeu le ruine. Philippe le tire de l'abîme et, sacrifiant héroïijueraent l'amour à la reconnaissance, ramené à Laure son rival repentant et confus. Mais Laure n'aimait pas Marcel aussi profondément qu'elle l'avait pensé; elle s'est éprise pour Philippe, plus digne de son amour, et c'est lui qu elle épousera. Le banquier, lier de Philippe, lui expose sa théorie sur la volonté :

Est-ce la volonté, ces flammes d'un moment? Non, c'est de la folie ou bien de l'impuissance, Le courage n'est rien, il faut la persistance. Vis-tu jamais un cric soulever des fardeaux? L'ouvrier patient, sombre, courbant le dos, A peine a chaque tour hisse l'énorme masse; Mais le travail toujours sur le travail s'amasse! Au fronton .des palais le dur bloc est monté. Ce crie tenace et lent, voilà la volonté 1

Voilà la volonté !

M. LACBOII.

Prendre un parti bizarre.

Rechercher un danger brillant, un péril rare, Se camper en héros de drame, en incompris, Quand au milieu de tous on resterait sans prix, N'ayant point de valeur se créer une pose, Ce n'est rien. Mais vouloir toujours la même chose, Lutter de front avec une difficulté.

Fût-elle sans grandeur, voilà la volonté.

Cependant, il reste pour consoler Marcel et le fixer dans une voie meilleure la cousine de Laure, nommée Louise, parente pauvre adoptée par M. Lacroix,

La pièce de M. J. Du Boys tend à développer une pensée juste et morale; mais on y trouve des tirades qui sentent uu peu lu

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déclamation, et elle n'a obtenu qu'un succès d'estime.

VÛLONTIEKS ftdv. (vo-lon-tié — rad. tiolonté). De bonne volonté, de bon gré, de bon cœur, avec plaisir : // écoutera volontiers celte proposition* Ferez-vous cela? — Je le ferai volontiers, bien volontiers, frès-voloktiers. (Acad.) La chèore vient à l'homme volontiers ; elle se familiarise aisément. (Buff.) Le pauvre qui donne volontiers un peu fuit plus que le riche gui donne beuucùup à contre-cœur. (Ch. Nod.) tl Facilement, aisément, ordirmirementciiattirellement : Celte plante vient volontikrs de bouture. (Acad.) Ces places des frontières, où l'on vit et où l'on dort sur le qui-vioe, ont volontiers l'esprit de leur position et le privilège d'enfanter des âmes guerrières. (Sto-Beuve. ) L'homme croit volontiers au merveilleux.

(St-M. Girard.) Les hommes n'admirent vo- LONTiliBS que les choses qu'ils ne comprennent pas. (A. Karr.)

Fille se coiffe volontiers

D'amoureux a- longue crinière.

La Fontaine.

Volontiers on fait cas d'une terre étrangère. Volontiers gens boiteux haïssent le pays.

La Fontaine.

— 5yn. Volontiers, do boa cœur, de booue grâce. V. «euh (de bon).

VQLOTSCHOK, ville de l,i Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 130 kilom. N.-O. de Tver, ch.-l. du district de son nom, près de la Tzua; 0,500 hab. Elle donne son nom au grand système de navigation fluviale qui unit la Caspienne à la Baltique.

VOLPAGO, bourg du royaume d'Italie, province de Trévise, district de Montebellunn, mandement de Biadene; 4,200 hab.

VOI.PATO (Jean), habile graveur italien, né à Bwssano en 1733, mort à Rome en 1802. Dessinateur sur étoffes jusqu'il l'âge de vingt ans, il apprit sans maître à manier le burin et publia ses premières estampes sous le nom de Jeun Bernard. Il prit ensuite des leçons du célèbre Burtolozzi et devint l'un des premiers graveurs de son temps. C'est à lui que Rome est redevable de la brillante écolo qu'elle possède. Il a perfectionné les estampes peintes à l'aquarelle et a fait de nombreux dessins en miniature, également coloriés. On a, sous son nom : Principes du dessin, tirés des meilleures statues antiques (Rome (1786, in-fol,,avec 36 pi.). Raphaël Morghen était son élève et son gendre. On voit dans l'église des Saints-Apôtres , à Rome, un monument élevé à Volpato et dû au ciseau de Canova,

VOLP1 (Joseph), historien italien, né à Bitello en 1680, mort en 1750. 11 étudia à Rome la théologie et la jurisprudence et se destinait à l'état ecclésiastique, lorsqu'il se maria pour obéir à la volonté de son père. Sa vie presque tout entière s'écoula dans la petite ville de Capaccio, dont l'un de ses oncles était évèque. On a de lui : Généalogie de la famille des Volpi (Naples, 1718, in-4°); Chronologie des évêques de Capaccio (Naples, 1720, in-4°) ; Histoire des Visconli et des principaux événements d'Italie pendant leur domination (Naples, 1737- 1748, in-4<>).

VOLPI (Jean-Antoine), philologue italien, né a Padoue en 1686, mort en 17G6. Il lit ses études dans sa ville natale et acquit une profonde connaissance des langues latine et grecque. En 1717, il établit chez lui, avec le concours de son frère Gaétan Volpi, une imprimerie spécialement destinée k la publication d'éditions correctes des auteurs classiques. Parmi les éditions sorties de cette imprimerie, qui est connue sous le nom do Volpi'Comimana, il faut citer celles de Tibulle, de Properce et surtout celle de Catulle (Padoue, 1737, in-40), qUi est fort recherchée des philologues et pour laquelle il reçut de la ville de Vérone, patrie du posta latin, une médaille d'or. Volpi devint plus tard professeur de philosophie et de rhétorique à l'université de Padoue. On lui doit encore : Liber de satyrss latine natura et ratione, etc. (Padoue, 1744) ; une traduction du ■ Dialogue de Zacharias Scholasticus ; des éditions des poésies de Sannazaro et du Dante; entiti, trois livres de poésies latines originales, auxquelles il joignit celles d'un de ses ancêtres, Jean-Antoine Volpi, qui avait été évêque de Côme et l'un des Pères du concile de Trente.

VOLPI (Gaetano), érudit italien, frère du précédent, né à Padoue en 1689. Il entra dans les ordres, puis il prit une part active à la direction de 1 imprimerie et de la librairie fondées par son frère, et s'occupa particulièrement de corriger les éditions et de surveiller les tirages jusqu'en 1750. On ignore la date de sa mort. On lui doit une bonne édition de Salluste (1722) et un ouvrage intitulé : la Libreria dei Volpi et la stamperia cominiana (1756, in-8°), ouvrage devenu rare, dans lequel il rend compte de ses travaux et de ceux de son frère.

VOLPI (Joseph-Rocco), érudit italien, frère des précédents, né en 1692, mort en 1746. Il se fit admettre dans l'ordre des Jésuites, devint préfet des études au collège grec de Rome et remplit, en outre, les fouettons de censeur des (ivres et de membre du conseil de la congrégation des rites. Volpi

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termina le grand ouvrage du cardinal Corradini, intitulé : Vêtus Lalium profamnn (Padoue, 1726-1730, 9 vol. in-4<>). On lui doit, en outre : Tabula antiatina e ruinis veieris Anlii nuper effnssa (Rome, 1726, in -4°); Venetia sacra purpurala (Padoue, 1730-1734, 2 vol. in-fol.j, recueil des vies des cardinaux de Venise; les Vies de plusieurs saints et prélats, etc.

VOLPI (Thomas), chirurgien italien , né vers 1760, mort à Pavie en 1824. Disciple distingué de Scarpa, il fut, en 1790, nommé chirurgien du grand liôpiial de Pavie. Ses ouvrages se composent de : Saggio di osservazioni e di esperienze medico-cliirurgische faite nelto tpedule civico di Pavia (l'avie, 1816-1821 , 3 vol.) ; Quadro générale dellemalaltia curate nel anno scolastico (1817- 1818 et 181S-1S20).

VOLPIANO, ville du royaume d'Italie, province, district et à 17 kilom. N.-E. de Turin, ch,-l, de mandement; 4,000 hab.

VOLPICËLLA (Vincent), jurisconsulte italien, né à Molfetta (Pouille) en 1748, mort à Naples en 1833. Il étudia avec ardeur la jurisprudence et se fit inscrire au barreau, où son éloquence naturelle lui valut d'honorables succès. Pendant les diverses révolutions qui agitèrent le royaume de Naples, il ne craignit point de protester hautement de son antipathie pour la forme républicaine et pour la domination étrangère, et déclina la présidence de la cour d'appel d'Altamura. Cependant, il accepta les fonctions gratuites d'avocat au conseil d'Etat et de membre de la chambre de discipline des avocats. Quand Ferdinand fut réintégré en 1820 sur le trône de Nuples, Volpicella devint membre de la junte d'instruction publique, membre de la commission consultative temporaire et, enfin, juge à la cour suprême de Naples. On a de lui, entre autres ouvrages : Commentaire sutla coutume de Naples (Naples, 1780, in-4°); Du tribunal compétent au sujet des successions laissées par les militaires (1793, in-4°) ; Discours sur ta nécessité économique de fixer les payements qui devront être faits en espèces sonnantes (1799, in-4°).

VOLPINI (Jeart- Baptiste) , médecin italien, né à Asti, dans le Montt'errat, mort dans la nièino ville vers 1714. Il n'est connu que par ses ouvragés, dont les principaux sont : ffxmophobise triumplius (Lyon, 1697, in-12) ; Spasmologia sive clinica contracta, etc. (Asti, 1710, in-40).

VOLPINI (Giuseppe), médecin italien, frère du précédent, né vers la fin du xvnc siècle. H est l'auteur d'un recueil intitulé : Opère medico-praiiche e filosofiche (Parme, 1726,

VOLPINI (Emilie), cantatrice italienne, née dans l'Andalousie vers 184t. Elle chunta fort jeune au Liceo de Barcelone et se maria avec un artiste italien qui était à la fois chanteur et imprésario. Elle débuta le 29 octobre 1861, à la salle Ventadour, dans Marta. « La Volpini, dit M. A. de Rovray, est une jolie personne, d'une figure et d'une tournure élégantes; les cheveux et les yeux noirs, le teint mat et uni, les traits délicats. Elle a une voix de soprano aigu, fort sympathique dans le médium et d'une grande pureté dans les notes hautes. Sa méthode laisse peu à désirer; son intonation est juste, son agilité suffisante; mais elle a surtout unu sensibilité vraie et eommunicative. » L'année suivante, elle se fit vivement applaudir dans le rôle d'Adalgisa. de Sa JVorrau. Engagée en 1863 au théâtre impérial italien de Saint-Pétersbourg, elle devint bientôt l'idole du public. Elle contracta ensuite un engagement avec l'imprésario Ferdinand Strackosch, en train do former une troupe d'élite pour aller jouer sur les théâtres de Stockholm et de Copenhague, puis vint chanter à Londres, avec un grand succès, Philine de Mignon, rôle pour lequel Ambroise Thomas composa exprès pour la diva une cavatine intercalée au troisième acte. Depuis, elle s'est fait entendre à Hombourg (1871), à Saint-Pétersbourg (1873), a Sêville, à Moscou (1874) dans / Puritani, où elle phrasa avec un goût parfait l'andante du premier acte ; a Barcelone (1875), a Moscou (1876) , eiiiin à Monte"- Carlo (Monaco), où elle a clmntè avec Zueohini les duos bouffes de i'Elisir d'amore et de Don Pusquale. Elle a été engagée pour l'automne 1876 au théâtre de Trieste.

Volpone ou te Renard, comédie de Ben Johnson ; représentée à Londres au théâtre du Globe en 1605. Cette pièce resta au répertoire jusqu'à la dispersion finale des comédiens et la fermeture des théâtres pendant la révolution, et fut une des premières que l'on reprit après la restauration des Stuarts. Elle eut pendant un siècle la faveur du public, et elle est encore populaire en Angleterre. C'est, de l'aveu de tous les critiques, la pièce la plus achevée de Ben Johnson. Volpone est un riche Vénitien dont le génie exploite la cupidité de l'espèce humaine. Il mène une existence double ; plein de vigueur et de santé, dans la force de l'âge, il s'est entouré, dans son palais, d'esclaves, de courtisanes, de danseurs et de musiciens, tous au service de ses passions et de ses caprices; voilà sa vie intime. Mais, pour le monde, il prend un masque ; c'est

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encore lui, mais il est vieux, presque mourant, dans une de ses chambres splendides; il n'a ni femme, ni enfants, ni parents. Heureux qui sera son héritier, car l'héritage ne semble pas devoir se faire attendre 1 II s'étend sur des coussins, et il attend la visite des dupes qui aspirent à être portées sur son testament et qui ne peuvent s'approcher de son lit sans lui apporter quelques cadeaux de prix. Dans cette œuvre de profonde dissimulation, il a pour auxiliaire un personnage très-spirituel et très-plaisant, dont Johnson a tracé le portrait avec beaucoup d'art, le parasite Mosea. Ces deux fourbes jouent chacun leur rôle en acteurs consommés. Mosca reçoit les visiteurs, encourage les espérances de tous, les assure à tour de rôle de ses bons offices et leur extorque leur or. Nous voyons défiler tous ces affamés de la mort. C'est d'abord l'avocat Voltore, puis Corbaccio, un vieux gentilhomme, puis le marchand Corvino et, enfin, lady Politickwould-be, femme de quarante ans, envieuse et avide. Volpone paraît si malade qu'il parle à peine, mais Mosca fait de longs apartés avee chacun d'eux; il dit à Voltore que son maître le préfère à tous, parce qu'il lui a toujours donné de bons conseils. Il persuade au vieux Corbaccio de déshériter son fils et de faire son testament eu faveur de Volpone; tout cela pour la forme, car celuici va mourir, et cette générosité le décidera en sa faveur. Quand arrive Corvino, Mosca lui apprend que son maître est devenu si sourd qu'il n'entend plus rien de ce qu'on dit, et tous deux font mille plaisanteries sur son état désespéré. Cependant, Corvino a une femme jeune et belle, dont Volpone devient amoureux et qu'il veut à tout prix posséder sur-le-champ. Le fidèle Mosca se met aussitôt en campagne, comptant pour réussir sur la bassesse et la cupidité de Corvino. Il lui annonce que Volpone va mieux et que les médecins ont déclaré qu'il n'y avait qu'un moyen de rendre un peu de santé au malade, c'était, de lui donner pour compagne une femme jeune et bien portante. Mosca signale le danger à l'avide marchand. Déjà ses concurrents à l'héritage prennent leurs mesures pour circonvenir Volpone et le docteur Lupus a l'ait otfrir sa propre fille. La confidence de Mosca produit l'effet qu'il en attendait. Corvino, tremblant qu'un rival ne vienne à le supplanter, proppse de conduire sa femme auprès du malade; il se charge même de vaincre lés scrupules de Célio et de décider sa vertu à ce sacrifice. La jeune femme est, en effet, conduite par son mari, malgré sa résistance, sous le toit de Volpone. Ce dernier n'est pas plus tôt seul avec M"io Corvino, qu'il se démasque, tombe h Ses genoux et veut la persuader de céder à son amour. Celle-ci s'indigne et le repoussa avec horreur. Volpone ne reculerait pas devant la violence, mais un défenseur inattendu se précipite, arrache la jeune femme des bras de l'infâme et sort avec elle. Le sauveur est le jeune Bonario, fils de Corbaccio. Mosca l'avait caché dans un cabinet, d'où il avait pu tout entendre. Le jeune homme et la jeune femme, unis dans un même malheur, tous deux menacés par les artifices de Volpone, portent plainte contre lui devant le tribunal de Venise. Mais l'habileté de Mosca déjoua tous leurs etibrts; il a pris les devauts , il a lui-même porté plainte le premier pour une blessure qu'il a reçue de Bonario, et il organisa en faveur de Volpone une ligue formidable de tous les aspirants à sa succession. L'éloquence de Voltore, soutenue par les artifices dé Mosca, l'emporte. Un verdict d'acquittement rend à Volpone la liberté et le pouvoir d« faire de nouvelles dupes. C'est alors que>Vol[y>ne se propose de mystifier cruellement tous ceux qui aspirent à sa succession. 11 fait répandre le bruit de sa mort, rédige un testament fictif dans lequel il institue Mosca son héritier, et se cache derrière une tapisserie pour observer les physionomies désappointées de Voltore, de Corbaccio et de Corvino, qui viendront certainement rôder autour du corps et flairer leur proie. Cette scène seule mériterait d'immortaliser le nom de Johnson, car nos plus grands comiques n'en ont pas conçu de meilleure. Le sang-froid et l'insolence de Mosca, l'ironie avec laquelle il persifle ceux qu'il a si longtemps leurrés de ses promesses, achèvent la peinture de ce caractère comique, qui ne le cède ni aux esclaves de la comédie antique, ni aux Scapins de la comédie moderne. La scène dans laquelle il mystifie les héritiers remplit de joie Volpone, qui a tout entendu, caché derrière une tapisserie. Mais l'avocat Voltore, furieux contre Mosca, prend un parti extrême. Lui aussi il est habile, dangereux, Bans scrupules. Volpone a eu tort de ne pas le ménager davantage. Il n'a plus d'intérêt à soutenir l'accusation portée contra Célia et Bonario, puisqu'il n'a plus l'espoir d'hériter; il calcule que l'apparence d'un bon sentiment, un semblant de repentir lui rapporteront peut-être plus que la dissimulation dont il a fait preuve jusque-là. 11 pense qu'une fois dans sa vio il peut lui être utile de dire la vérité, et il la-dit. Il va trouver les juges, il leur raconte le complot qui a été formé contre une jeune femme et un jeune homme innocents, et il dénonce Mosca, L'affaire alors change de face. On parle de confisquer, au profit de la République, les biens

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