‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 839 sur 1042 · VEUX- TU? EN VOILA · texte numérisé non relu

VEUX- TU? EN VOILA

— Vouloir de, Accepter, agréer, consentir à prendre ou à garder : Ne t'impose pas à ceux qui ne veulent pas dk toi. Je ne veux pas UE ce drap, sa couleur ne me plaît pas. On VEUT bien Dune femme à deux, pourvu qu'on soit te suborneur. (Hou.-eart.) Vuux-iu DE moi pour esclave, pour chien, pour gnome ? (Th. Guut.) Il Demander, attendre, désirer de :

Que VOULEZ-BOUJ DE MOI?

— Ne savoir ce qu'on veut, Etre irrésolu, ne savoir prendre un parti.

— Vouloir ce qu'on veut, Le demander impérieusement; le poursuivre avec constance et fermeté : On a beau parler avec dédain du caractère français , il veut énergiquemeïtt eu qu'il veut. (Mmo de Staël.)

— Vouloir dire, Avoir intention de dire, de faire entendre; avoir certaines prétentions : Que voulez- vous dire? Je ne sais ce qu'il veut dire. Il Avoir un certain sens : Que veut dire ce mot? Vertu veut dire force. Il Etre le signe de queique chose : il vante son dévouement ; on sait ce que cela veut dire. Que veut dire un pareil procédé?

— Savoir ce que parler veut dire, Comprendre le sens cache ce certaines paroles.

— Faire de quelqu'un ce qu'on veut, tout ce qu'on veut, Avoir grand empire sur son esprit, sur sa volonté : Les hommes disent des femmes tout ce qu'il leur plait, et les femmes

FONT DES HOMMES TOUT CE QUELLES VEU- LENT. (De Segur.)

A nul fâcheux débat jamais vous n'en viendrez, Et vous ferez de lui tout ce que vous voudrez.

— Dieu veuille l Souhait que l'on forme la plus souvent en doutant qu'il se réalise :

VOUL

Dieu veuille que nous arrivions à temps t J'espère que cela finira. — Dieu le veuillk 1

. , . Quond je songe à la femme Dont j'étais le mari [Dieu veuille avoir son âme !) Je la crois bien défunte* . .

Reonard.

— Se faire bien vouloir, mal vouloir de quelqu'un, Gagner son affection, s'attirer son inimitié.

— A bouche que veux-tu? Jusqu'à satiété : Boire, manger À bouche qui! veux-tu?

— Siveul, Ancienne abréviation pour Ainsi le veut : Si viiUT la loi, si veut le roi. En fin de compte, si veut la nation, si veut la Chambre, si veut le roi. (Coimen.)

— Le malheur a voulu que, Il est arrivé par malheur que : Lu malheur a voulu que je le rencontrasse,

— Sans le vouloir, Involontairement, par mégarde, sans intention : Je l'ai fait sans le vouloir. Le prince de Mettrrnich, feignant dêlre russe en détestant la Hussie, /tablait sur la guerre sans le vouloir. IChateaub.)

— Tu l'as voulu, Vous l'avez voulu, C'est par ta faute, par votre faute que vous vous trouvez dans lu situation dont vous -Vous plaignez : Vous l'avez voulu, George Dandin, vous l'avez voulu.

— Si vous vnulez, Si cela vous plaît : Faudra-t-il vous utteudre? — Si vous voulez. Il Si vous voulez, Si l'on veut, Se «lit par, forme d'aveu, de concession, qu'on rectifie" aussitôt après: La campagne, si vous voulez, a ses agréments ; mais elle a des inconvénients aussi. Le tableau, si l'on viiUT, est assez bien conçu; mais quelle pitoyable exécution!

— Que le mal que je lui veux m'arrivel Je ne lui souhaite pas de mal.

— Prov. Vouloir, c'est pouvoir, On réussit toujours lorsqu'on a une terme volonté de réussir, il Ce que femme veut, Dieu le veut, Les femmes veulent ardemment ce qu'elles veulent et viennent toujours k bout de leurs désirs. Il Qui veut la fin veut les moyens, Quand on a résolu une chose, il faut prendre les moyens propres à la faire réussir : Laissons de cote les phrases déclamatoires :

QUI VEUT LA FIN VBUT LES MOYENS. (Scribe.)

Il Clwcun veut uvoir le bon bout de son càté, Chacun niet son intérêt avant celui des autres. Il Le roi dit : Nous voulons, ou bien Le roi ne dit pas : Je veux, Se dit, par allusion k la formule des ordonnances royales, à une personne qui se sert du mot Je veux, pour lui faire entendre que cette expression est tellement outrecuidante, que le roi même évite de s'en servir. Toutefois, le pluriel, dans les actes royaux, n'était pas une formule de modestie.

— Grnmm. Régir : Celte préposition veut l'ablatif. Afin que, pourvu que veulent le verbe suivant au subjonctif.

— Manège. Vouloir l'étalon, Se dit d'une jument qui est en chaleur.

— Turf. Comme il veut! Exclamation usitée, dans les courses, pour dire qu'un des chevaux lancés sur lu piste est sur le point de vaincre sans peine ses concurrents.

Se vouloir v. pr. Vouloir k soi , désirer pour soi : il est naturel de se vouloir du bien.

— Se vouloir du mal, Se vouloir mal. S'en vouloir, Se reprocher : Je me veux beaucoup de mal d'être si. loin de vous. (Volt.)

— Réciproq. Avoir de la haine , de la rancune l'un contre l'autre : Ces deux hommes s'en veulent o mort.

— Ailus. hist. Dieu le veutt Cri de ralliement des croisés.

— Allus. hlst. SI je n'vinia Alexandre, Je voudrais être Diogène. Alexandre, passant par Conntlie avant son expédition d'Asie, alla rendre visite à Diogène, auquel il demanda s'il désirait quelque chose : < Que tu t'ôtes de mon soleil, » lui répondit lièieinent le cynique. Alexandre, frappé de ce désintéressement, s'écria s • Si je n'étais Alexandre, je voudrais être Diogène. » Cette réponsa est, de la part des écrivains, l'objet de fréquentes applications :

« Si Rothschild le" Grand entrait avec tout son cortège de courtisans, d'escompteurs, d'expéditeurs, d'agents de change'et de chefs de comptoir, avec lesquels il fait la conquête du monde, et qu'il lui dît : • Moïse Loque, » demande-moi une faveur, et ce que tu vou- > drus sera fait... ; > je suis convaincu que Moïse Loque répondrait tout tranquillement : « Mouche-tuo. mes chandelles! » Et Rothschild le Grand dirait avec admiration : Si je n'étais Ilothschild, je voudrais être Loque. • Henri Heine.

• Vive un mé*decin de faubourg! Ses fautes sont moins en vue, et ses assassinats ne font pas de bruit. Oui, mon enfant, ajoutat-il, ton sort me parait digue d'envie, et, pour parler connue Alexandre : Si je n'étais pas Fabrice, je voudrais être Gil Blus. »

Le Sage.

— Allus. littér. Tu l'as voulu, George» Duucllu, tu 1 a» «oulu. V. GEORGES DANDIN.

vouloir s. m. (vou-loir. — V. le mot

VOUL

précédent). Acte de la volonté, action de vouloir : Je n'ai point d'autre vouloir que le vôtre. L'apôtre dit que c'est Dieu qui nous donne le vouloir et le faire. (Acad.) Les bêtes ont des idées et des vouloirs qu'elles ne se donnent pas. (H. Cros.) Le vouloir, dans l'homme, es! la puissance morale par excellence. (Reveillé-Parise.) C'est par son vouloir que l'homme décide sa destinée. (Le P. Félix.)

Les chrétiens n'ont qu'un Dieu, maître absolu de tout, De qui le seul vouloir fait tout ce qu'il résout.

Corneille

— Bon vouloir, Bonne volonté, intention droite : Le crédit public n'existe en réalité que là où le bon vouloir du roi a fait place au voie d'une représentation nationale. (E. de Gir.)

— Mauvais vouloir, Malin vouloir, Mauvaise volonté; intention méchante ou coupable : Dès que nous remuons le bourbier du mauvais vouloir , nous piaffons dans l'absurde. (Raspail.)

Ce chat, au minois hypocrite,

Contre toute ta parenté

D'un mauvais vouloir est porté.

La Foutaise.

VOULON, village et commune de France (Vienne), au confluent de 1» Dive, de la Bouleur et du Clain, ennt. de Couché, urromi, do Civray et à 28 kiloin. de Poitiers ; 330 hab. Ce fut sur le territoire de Voulon et non sur celui de Vouillé, comme la plupart des historiens l'ont écrit, que fut livrée la célèbre bataille où Clovis et Ses Francs vainquirent, en 507, Alaric et les Wisigoths (v. ci-après). On y voit le camp de Sichar, que l'on croit avoir été le camp même de Clovis. C'est une vaste étendue de terrain qui pourrait contenir une armée de 100,000 hommes. Aux environs, on remarque des tombelles couvertes de bois, des tombes en pierre sèche et en maçonnerie, indices probables de sépultures élevées aux Francs tués dans la mêlée. Un monastère fut bâti dès l'origine sur le lieu du combat par les premiers disciples de saint Maixeut.

Voulon (bataille dk), improprement appelée par les historiens modernes bataille de Vouillé , gagnée par Clovis 1er, l'an 507, sur Alaric II, toi des Wisigoths. Le fondateur de lu monarchie française voyait avec regret les WiMgoihs occuper les belles provinces méridionales de la liaule. Pour colorer ses projets de conquête d'un prétexte plausible, il appela la religion k son aide, motif d'autant plus avouable et naturel que les èvêques catholiques du Midi le suppliaient de les délivrer de la domination des ariens. Au mois de mars 507, il convoqua tous ses guerriers francs à Paris. «Je supporte avec grand chagrin, leur dit- il, que ces Goths ariens possèdent une excellente partie des Gaules ; allons, avec l'aide de Dieu, nous les vaincrons et nous réduirons leur terre en noire puissance. » Celte proposition ne pouvait être qu'applaudie par des hommes toujours affamés Ue guerre et de pillage, et l'armée se mit en marche. Après avoir franchi la Loire, Clovis s'avança sur Poitiers, ville aux environs de laquelle Alaric s'était établi, en attendant les renforts qu'il avait mandés du fond de l'Espagne et ceux que devait lui amener son beau - père Théodoric. Clovis avait habilement choisi une position qui lui permettait de couper à son adversaire ses communications avec le Midi et de le tenir comme bloqué, tandis qu'il ravageait le pays sous ses yeux. Ces dévastations soulevèrent les murmures des Wisigoths contre leur roi ; ils se disaient entre eux qu'ils sauraient bien vaincre les Francs sans le secours de personne et qu'ils les valaient bien en force et en courage. Alaric se vit donc contraint de quitter ses retranchements et d'offrir la bataille k un ennemi qui ne demandait qu'à combattre.

• Ou en vint aux mains dans la plaine de Voulon ( Vogladensis, Vocladensis campus). L'année gothique était formidable par le nombre ; la loi des Wisigoths ordonnait, en Cas de guerre nationale, la levée en masse de tous les hommes libres, barbares ou Romains, et du dixième des esclaves; mais il n'y avait point, dans cette multitude incohérente, l'unité de sentiment qui associait, pour un moment, les hommes de races et de croyances diverses assemblés sous la bannière de Chlodowig (Clovis) ; la plupart des Gailo-Romuins de l'armée d'Alaric ne souhaitaient que d'être vaincus. La fortune des armes ne fut pas longtemps eu balance : les Francs, sans réponure a la grêle de traits que les Wisigoths faisaient pit. uvoir sur eux, abordèrent brusquement l'ennemi, la hache et le glaive au poing; les lignes d'Alaric furent enfoncées du enoe ; les Wisigoths ne se rallièrent plus, et Alaric, tandis qu'il cherchait k arrêter la fuite ue ses guerriers, fut terrassé et blessé inortelleineut de la propre main ue (Jhlouuwig, qui faillit payer sa victoire de sa vie. Lieux soldats goths, se dévouant pour venger leur roi et leur nation, fondirent tout k coup avec rage sur Chlodowig, et le frappèrent k la fois de leurs lances dans les deux lianes; mais la bonne trempe de sa cuirasse et la légèreté de son cheval le sauvèrent de ce péril. Avant 1* troisième heure du jour (neuf heures du matin), le sort de celte grande iournee était décidé ; le

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