VOUI
carnage continua jusqu'au soirj les vainqueurs, furieux , massacraient indistinctement Goths et Romains. Il mourut en ce lieu une grande multitude d'Arvernes, qui étaient venus avec Apollinaris, fils du fameux Sidonius, et les principaux d'entre les sénateurs tombèrent... Les cadavres étaient amoncelés en tel nombre, qu'on eût dit des montagnes de morts. • (Grégoire de Tours.)
« L'armée victorieuse se répandit, comme un torrent dévastateur, des bords de la Vienne jusqu'à ceux de la Garonne; sans doute, les cités qui ouvrirent leurs portes, & l'instigation des évêoues, ne furent point saccagées; mais tout le plat pays, les bourgades, les villas furent livrés k des ravages que ces contrées n'avaient point eu k subir depuis la grande invasion de 407. » (Henri Martin.)
Les Gallo - Romains du Midi expièrent cruellement les vœux par lesquels ils avuient appelé celui qu'ils considéraient comme un • nouveau Constantin. Ils appliquèrent k la venue des Francs un terrible prodige, qui était, dit-on, jadis apparu k Toulouse. « L an 11 du règne d'Anthémius, raconteut les chroniques, on vit au milieu de la cité de Toulouse un flot de saug jaillir du sein de la terre et couler pendant tout un jour, présageant la ruine du royaume des Goihs et l'approche du règne des Francs. »
VOULOU s. m. (vou-lou). Bot. Espèce de bambou de la Guyane : Les sauvages peignent le voui.ou et le vernissent. (V. de Botnare.)
— Encycl. Le voulou est une espèce de bambou ou de grand roseau qui croît k la Guyane, au bord des marécages. Ses touffes se composent de brins longs de 3 mètres et plus, sur environ om,l de diamètre. 11 convient beaucoup, k cause de sa légèreté, pour faire des hamacs. Les naturels s'en servent en guise de cor ou de porte-voix; ils l'emploient sur lesr.vières pour annoncer de loin leur approche ou leur arrivée. Ils croient aussi qu'en sonnant de cette espèce de cor ils forceront le vent qui leur manque k venir enfler leurs voiles; c'est ainsi, disent-ils, qu'ils • appellent le vent. • Les nègres en font des sifflets destinés au même usage. On fuit encore avec le voulou de petits meubles qu'on peint et qu'on vernit.
VOULOUGOSA s. f. (vou-lou-go-sa). Bot.
Espèce de cardamome de l'Ile de Madagascar.
VOULT s. m. (voultt — lat. vulltis, même sens). Visage. Il Image, portrait, l| Vieux mot.
— Hit. relig. Saint-Voult, figure du Christ en croix, revêtu de riches habits : Le Saint- Voult de Lacques. Il y a un SaINT-Voult imité de pelui de Lucques dans l'église du Saint-Sépulcre, A Paris; le peuple, par corruption, t'appela Saint- Vaudelu, puis Saint- Godelu. (Comptera, de l'Acad.)
VOULTK (la), ville de France (Ardèche), V. La Voultk.
VOULTK (Jean), dit Vulteiu* ou Vautler
poète français, né k Reims vers le commencement du xvi" siècle, mort en 1542, Il professa les belles-lettres k Toulouse et fut 1 ami d'Etienne Dolet. Il fut lié également avec Clément Marot, Rabelais et avec les plus beaux esprits de son temps ; il était, en outre, bien vu ft la cour, et plusieurs de ses poésies font connaître des anecdotes curieuses relatives k François Ier. Il mourut assassiné par un homme qui avait perdu un procès contre lui. On a de lui : Epigrammatum libri III (Lyon, 1537, in-8»); Inscriptionum libri II; Xeniorum libellus (Paris, 1538, in- 16).
VOULU, UE (vou-lu, û) p:irt. passé du v. Vouloir. Ordonné ou demandé comme nécessaire : Les formalités voulues par la loi. J'ai du courage et de la santé, et ce que je veux est diantrement bien voulu. (G. Sund.)
— Vu, considéré, aimé, estimé : Etre bien voulu, mal voulu. Il faut être buse pour aller en Angleterre, mal voulu du peuple anglais. (J.-J. Rouss.) Il Sens vieilli; on dit aujourd'hui ; Etre bien ou mal vu.
— Littér. et^B.-arts. Apprêté, recherché, laissant trop voir l'intention de l'auteur : Un effet voulu est un effet souvent manqué. Quand la grandeur est voulue, elle est théâtrale.
— Gramm. Précédé d'un complément direct, le participe voulu s'accorde avec ce complément s'il lui appartient en propre, ce qui est assez rare : Ce sont bien là les conditions que j'ai voulues; je n'en ai pas voulu d'autres. Mais il arrive souvent que voulu est suivi d'un iniiniiif ou d une proposition complétive; il peut arriver aussi que l'on suuseutende après lui soit un infinitif, soit une proposition complétive, et, dans ces cas-là, le complément se rapporte presque toujours à l'inliiiilif ou au verbe de la proposition, d'où il résulte que voutu reste invariable : Voilà les pensées que j'ai voutu exprimer; Ce ne sont pas là les précautions que j ai voulu que vous prissiez ; Il a fait toutes tes réserves qu'il a voulu, sous-entendu faire.
VOCLZ1E (la), petite rivière de France (Seine- et-Muriie). Elle prend sa source près de Plessis-la-Tonr , commune de Beauchery, passe k Provins, fait mouvoir une grande quantité d'usines et se jette dans la Seine, près de Brey, après un cours de 41 kiium. La Voulzte a été chantée par Hègesippe Moreau.
VOUS'
VOUNEl s. m. (vou-nèï). Espèce de. petite harpe, en usage dans l'Inde, il On dit aussi
VOUNA.
VOUNE1JIL-SUR-V1ENKE, bourg deFrance (Vienne), ch.-l. de cant., arrond. et a 12 kilom. S. de Chàtelleiaiill; pop. nggl., 281 hab. — pop. tôt., 1,351 hab. Fabriques de toiles et de chaux hydraulique. Ruines d'un vieux château.
VOUBDA, rivière de l'fndoustan anglais, présidence du Bengale. Elle prend sa source dans la province de Gandwanu, coule au S-i arrose la province de Bérar, se dirige au S.-E., sépare la province de Bérar de celle de Beder et se jette dans le Godavery, près de la frontière septentrionale de la province d'Haiderabudj a l'O. de Sonianour, uprès un cours de 450 kilom.
VOUR1NE s. f. (vou-ri-ne). Comm. Sole de Perse très-fine, appelée aussi soin légis.
VOURLA, l'antique Clasomènes, ville de la Turquie d'Asie, dans l'Anatolie, vilayet d'A?din, sur le golfe et k 35 kilom. S.-O. de Smyrne; 5,000 hab. Petit port de commerce.
VOUROUDRIQU s. m. (vou-rou-dri-ou).
Ornith. Syn. de courol, genre d'oiseaux de Madagascar : Le vouroudiuou a, ainsi que sa femelle, le bee d'un brun foncé et lespiedsrougeâtres. (V. de Bouture.) Il On dit aussi vou-
DROU-DRIOU.
VOURSTE s. m. (vour-ste). Char k bancs dont on se servait pour suivre la chasse, et qui pouvait recevoir un grand nombre de personnes. Il On disait aussi wunsT.
VOUS pron. pi. de la deuxième pers. (vou — lat. vos, même sens). Votre personne. S'em ploie comme sujet, comme attribut, comme régime direct et comme régime indirect.
— 1» Comme sujet, vous se place ordinairement avant le verbe : Vous l'avez vu. Vous nous aiderez, il Cependant, il se place après le verbe dans les phrase* interrogatives, a moins que le verbe de l'interrogation ne soit précédé de lu locution est-ce que : Viendrezvousî Que demandez-vous! Est-ce que vous l'avez vu? il Quand on veut insister on répète vous sujet, et le second bous se place avant ou après le verbe : Vous, vous l'auriez accepté; nous avons refusé. Vous l'auriez accepté, vous. La seconde forme a plus d'énergie que la première.
— 20 Comme attribut, vous netJonne lieu à aucune remarque particulière.
— 3" Comme régime dirent, vous se place ordinairement avant le verbe : Nous vous aiderons. Tel événement qui vous désespère peut vous conduire au bonheur. (Mme de Puisieux.) H Toutefois, si le verbe est k l'impératif, vous régime se place après ce verbe : Ecartez-vous.
Armez-cous de vertu, vous en avez besoin.
ItOTKOU.
Il Si cependant le verbe k l'impératif est accompagné.d'une négation, vous se met encore avant le verbe : Ne vous dérangez pas.
— 40 Comme régime indirect, vous, s'il est précédé d'une préposition, se place toujours après le verbe : On a parlé de vous. J'aime mieux m'adresser à vous. Je veux me confier à vous. La peine est pour vous, tl Sans préposition, vous s'emploie fréquemment pour à vous. Dans ce cas, il suit la même règle que s'il était régime direct, c'est-k-dire qu'il se place ordinairement avant le verbe ; après, cependant, si le verbe est k l'impératif; avant encore, si l'impératif est accompagné d'une négation t On vous répondra. Donnez-vous du bon temps. Ne vous donnez pas cette peine.
Monsieur le mort, laissez-nom faire, On vous en donnera de toutes les façons ; Il ne s'agit que du salaire.
La Fontaine.
— Vous se dit en parlant k une seule personne, par politesse, et quelquefois pour donner k des reproches un certain ton de solennité ; Je vous crois, madame, Otez-vovs de là, petit polisson.
— S'emploie comme une sorte de pronom indéfini : Ce monument a un air de grandeur qui VOUS ravit,
— S'emploie souvent, comme complément direct ou indirect, d'une manière expléùve, pour donner une tournure familière et énergique k la phrase :
11 «oui eut arrêté le carrosse d'un prince. -
Bacini On lui lia les pieds, on voxu le suspendit.
La Fontaine.
— Vous autres, Locution qui ne diffère en rien de vous, si ce. n'est qu'elle isole," qu'elle classe d'une manière plus précise une catégorie de personnes k l'exclusion des autres personnes : Vous le pourriez, vous autres; pour nous, la chose est impossible.
— A vous, Qui vous appartient : C'est un ami k vous.
— De vous à moi, Entre nous, sans que la chose s'ébruite ou se propage ailleurs : Bu vous A moi on peut se dire ces choses-là.
— Substantiv. Personne distincte de celle k qui l'on parle, mais qui lui est intimement unie par la communauté îles sentiments ou des intérêts : Vous avez tous une dme qui vous Cherche, une pensée qui vous comprend, un au ire vous qui est associé de souvenir, ou d'inté-
VOUS
rityOU d'espérance à votre passé, A votre présent, et à votre avenir. (Ch. Nod.) il Action de dire vous; mot bous employé par politesse pour désigner une seule personne : Le vous est une invention des Romains de la décadence ; il équivalait, dans l'origine, à un long Compliment ainsi conçu .• n Homme, tu as tnnl de vertu, de puissance et de gloire, que tu n'es pas un seul homme, mais dix ou douze hommes réunis en faisceau ; agréez mon respectueux nommngp'. > Tous les peuples qui pensent qu'un homme en vaut un autre, et que le maitre n'est pas à son domestique comme la dizaine à l'unité, ont gnrdé le tu. (E. Abput.)
— Gramm. Par politesse, et quelquefois pour marquer le mécontentement, on emploie assez souvent bous pour tu. Alors on met au singulier les adjectifs et les participes en nipportavecce pronom; mais les temps simples des verbes qui ont vous pour sujet et les auxiliaires, dans les temps composés, se mettent toujours à la deuxième personne du pluriel : Monsieur, vous êtes libre d'agir comme il vous plaira; Mademoiselle, vous paraissez souffrante. V. ta note sur les pronoms personnels.
Voua o< les tu (les). On désigne ainsi une des plus jolies épîtres de Voltaire, adressée à Mme r|e Gouvernet (Mlle de Livry). Nous l'avons donnée au mot poésie (t. XII, p. 1348).
Vous et le loi (le), opéra-comique en un acte, d'Aristide Valcour; théâtre de la Cité (Variétés), 9 frimaire an II Cet ouvrage, inspiré par le décret qui invitait tous les citoyens à se tutoyer, fut accueilli avec enthousiasme. Nous n'en ferons pas l'analyse, cela étant à peu près impossible. Disons seulement que le public ordinaire du théâtre de la Cité ht répéter la plupart des couplets de circonstance et d'ailleurs assez joliment tournés, lesquels réunissaient « esprit, gaieté, patriotisme. » L'auteur de cette bagatelle sans prétention, Aristide Viilcour, était connu déjà par son drame de Charles et Victoire, joué précédemment sur la scène, et dans lequel il avait exprimé avec énergie les sentiments républicains chers à la foule. Annonçant la réussite de ce petit acte, le Moniteur universel disait, dans un style qui porte bien sa date, « que Valcour savait écrire avec l'aimable facilité qui était autrefois le seul mérite de la plupart de nos pièces de théâtre. Nous in- . vitoits, poursuivait-il, les citoyens qui ont
Quelque répugnance à prononcer ce toi, qui oit être le lien de la fraternité universelle, à aller au théâtre de la Cité applaudir le Vous et le toi. Sans doute, comme le firent tous ceux qui assistèrent à la première représentation, ils sortiront en tutoyant leurs voisins. • A quelque temps de là, le théâtre National donnait une pièce de Dorvi^ny, dont le point de départ était aussi le tutoiement. On a aussi de Barré et Léger tes Vous et les tu, à-propos joué au Vaudeville.
VOOSAlLLEpron, pers. (vou-zalle ; Il mil.). Argot. Vous.
VOUS
VOUS1EU s. m. (von-zieu). V. vodssibo.
VOtISSEAU s. m. (vou-sô). Syn. de voussom.
VOUSSIEU s. m. (vou-sieu). Mamm. Nom vulgaire du lérot, en Bourgogne. Il On dit aussi voissieu et vocsieo.
VOUSSOIR s, m. (vou-soir. — Ce mot et les formes analogues vousseau, voussure, prosupposent un verbe vonsser, qui, à son tour, accuse un type latin voliiare pour volutiare, de volutus, qui est le participe de volvere, rouler, tourner, courber, et dont le féminin voluta est aussi le type du français volute et voûte). Arcbit. Chacune des pièces qui forment le cintre d'une voûte ou d'une arcade : VocssoiRS sculptés. Poser des voussoirs. il Voussoirà crosselte, Celui dont la partie supérieure fait un angle pour se raccorder avec une assise de niveau, il Voussoir à branches, Celui qui, étant fourchu, fait liaison avec le pendentif d'une voûte d'arête. Il On dit aussi
VOUSSEAU.
— Encycl. Dans les constructions en maçonnerie, les voussoirs sont en pierre de taille, en moellon, en brique ou en meulière, suivant qu'ils sont placés aux côtés extérieurs de la voûte ou dans son intérieur; ils prennent les noms de voussoirs de tête ou de voussoirs de douelle. Les premiers ont trois faces, qui demandent à être exécutées avec soin ; ce sont : l<> la partie qui fait parement, et que l'on voit à l'extérieur; ?o les faces de coté, qui doivent servir à former les joints des voussoirs entre eux; 3<> la partie inférieure, qui appartient à la douelle. Les seconds ont cinq faces travaillées ; ce sont celles des joints transversaux et longitudinaux, ainsi que la partie visible à la douelle. Quand les voûtes sont construites en pierre de taille, les voussoirs sont généralement d'un seul morceau ; dans celles qui sont exécutées en petits matériaux, moellon, brique, etc., ces pièces sont composées d'une, de deux, trois, etc., parties, suivant l'épaisseur que doit avoir le corps delà voûte. Les voussoirs sont généralement en nombre impair et placés symétriquement de chaque côté de celui du milieu, auquel on donne le nom de clef. Ils ont leurs surfaces de joints normales à l'intrados; on les raccordait autrefois avec les tympans par des faces horizontales et verticales; mais ce système de construction est complètement abandonné aujourd'hui, et l'on établit sa courbe d'extrados d'une façon continue, comme celle d'intrados. Ce nouveau mode exi^e que les voussoirs de tête soient travaillés à 1 extrados et qu'ils épousent la forme de la courbe. Dans les voûtes en métal, telles que celles en fonte, les voussoirs sont des portions d'arc que l'on relie ensemble par des boulons; leur intrados est raboté, pour éviter les jarrets et faire en sorte que l'arc soit exact sur toute la longueur de la voûte.
— Conditions de l'équilibre d'un assemblage de voussoirs. Soit un assemblage de voussoirs
ABNM, formant une portion de voûte en berceau, appuyé en AB contre un plan fixe, et maintenu à l'antre extrémité par une force dont les composantes horizontale et verticale sont Q, P. Pour se former use idée nette de la nature de l'équilibre de oe système, on peut imaginer d'abord, pour plus de simplicité, que les voussoirs sont simplement soumis à l'action de la pesanteur, et supposer que l'on met en place successivement ces voussoirs, en commençant par celui ijui s'appuie sur le plan fixe AB. Les premiers voussoirs pourront se soutenir par le seul effet du frottement, si l'inclinaison des joints sur l'horizon n'est pas trop grande; mais bientôt il sera nécessaire, pour les maintenir en place, d'appliquer contre le joint supérieur du dernier voussoir une certaine force, dont les composantes horizontale et verticale sont Q et P. 1° Cette force devra être assez grande pour empêcher la totalité ou une portion quelconque des voussoirs mis en place de tomber, soit en glissant sur les joints, soit en tournant sur les arêtes inférieures des joints. ïo Elle ne devra pas être assez grande pour causer le soulèvement de la totalité ou u'une portion quelconque des voussoirs mis eu place, soit par un glissement sur les joints, soit par uu mouvement de rotation sur les arêtes supérieures des joints. On voit donc, eu général, que, considérant un joint quelconque mn, le système des forces appliquées à la portion
! de voûte ABNM, y compris Ifetforces P, Q appliquées contre le joint supérieur du dernier voussoir, doit être tel que l'action des forces appliquées à la partie supérieure mnNM
I ne puisse faire glisser dans un sens ou dans Tautre cette partie sur le plan nui, supposé fixe, ni la faire tourner autour des arêtes m ou n. Soient ; x, y les coordonnées horizontale et verticale du point m; a\, y, celles du point n; 9 l'angle que la direction nth forme avec la verticale ; z la surface de ce joint; a, b les coordonnées du point extrême M de la courbe d'intrados; a,, A, celles du point extrême N de la courbe d'extrados; G, H les sommes des composantes verticale et horizontale des forces appliquées aux voussoirs compris dans la portion de voûte mnNM ; o, B les coordonnées du point d'application G de la résultante des forces G, H ; T la pression normale exercée contre le joint mn ; f le rapport du frottement à la pression, lorsque les parties de la voûte glissent sur le plan de joint; y la valeur de la force de cohésion, rapportée à l'unité de surface, qui doit être vaincue pour que le glissement ait lieu ; R la valeur de la force de cohésion, rapportée à l'unité de surface, qui est vaincue lorsque deux voussoirs se séparent, en s'écartant perpendiculairement au plan de joint. Pour exprimer les conditions d'équilibre relatives au glissement possible sur le joint nui, on remarque : l» que la force qui tend a faire glisser la portion de voûte
VOUS
mnNM dans le sens nm est : (P+G) cos 9, et que la force qui s'oppose à ce glissement est
(Q + H) sin l + f(P + G) sin 9 + f(Q + H)cost + yz;
d'où il suit que, pour qu'il y ait équilibre, le mouvement tendant a naître dans le sens de nm, on doit avoir
P (1 — f tang 9) — Q (tang 9 -f f)
= - G (1 — /'tang 9) + H (tang& + f) +
et par suite, pour que le glissement n'ait pas lieu, il faut que le premier membre de cette égalité soit plus petit que le second; 2° que la force qui tend à faire glisser la même portion de voûte dans le sens mn est
(Q + H)sin9, et que celle qui s'oppose à ce glissement est (P-r-G)cos6 + /,(P4-G)sm9 '+f(Q + H)cos9 + îfz;
d'où, pour l'équilibre dans le sens mn, on doit avoir
— P (1 + f tang 9) + Q (tang 9 — f)
= G (l + /tang 9) - H (tang 9 - f) + ^;
d'où il suit que, pour que ce glissement n'ait pas lieu, le premier membre de cette égalité doit avoir une valeur plus petite que le second. Pour exprimer les conditions relatives au mouvement de rotation nutour des arêtes supérieure ou inférieure du joint mn, on suppose : 1° que la portion de voûte ibiiJIN tend à tourner de haut en bas sur l'arête m, et que les forces P et Q sont appliquées en N, point où elles ont moins de tendance à favoriser ce mouvement. Le moment des forces qui tendent à faire tourner la portion de voûte est
PK- X) + G(a-I), et celui des forces qui s'opposent à ce mouvement est
Q(41-.») + H(f-jf) + jRA
Ainsi, pour que le mouvement de rotation n'ait pas lieu, il est nécessaire que-la somme des premiers moments soit plus petite c^ue celle des seconds; 2" que la portion de voûte nmNM tend à tourner de bas en haut sur l'arête n, et que les forces P et Q sont appliquées en M. Le moment des forces qui tend à produire la rotation est
Qfi + yJ + Htft-yJ, et celui des forces qui s'opposent à ce mouvement est
"P(a-*,) + G («-*») + 5 Rss.
Ainsi, pour que ce second mouvement de rotation n'ait pas lieu, il faut que l'on ait -P(a-x,)-r Q(ê — y,) <G(a — xt)
-Hfi-yJ + jRîS.
La valeur de la pression exercée perpendiculairement au point mil est
T = (P + G) sin 9 + (Q + H) cos 0. En résumé, on voit que, pour que l'équilibre existe dans un système de voussoirs, il est nécessaire, en général, que les deux composantes P et Q saiisfassent a quatre inégalités, qui doivent être vérifiées pour tous les joiVts de la voûte. 11 en résulte qu'il existe cérames limites au-dessus et au-dessous desquelles les valeurs P et Q doivent se trouver. i>i les conditions dont il s'agit ne se contredisent pas, et s'il existe des valeurs de P et Q au moyen desquelles on puisse y satisfaire, l'équilibre pourra subsister dans le système de voussoirs proposés. De plus, si l'on conçoit le deruier joint MN appuyé contre un plan fixe, comme l'est le premier joint AB, et le système soumis à l'action des forces qui sont appliquées aux voussoirs, on est assuré qu'il ne surviendra aucun mouvement. '-•^ •
fr VOUSSOYER V. a. ou tr. (vou-soi-ié ou vou-so-ie — rad. vous. Change y en i devant un e muet : Je voussoie; qu'ils txoussoient). Désigner par le mot vous, et non par lu et toi : Voussoykr ses parents. Il On dit aussi
VOUSOYKR.
— Absol. : Il a l'habitude de voussoYrsR.
VOUSSOYEUR, EUSE S. (vou-soi-ieur OU vou-so-ieur, eu-ze — rad. voussoyer). Personne qui a l'habitude de voussoyer. Il Ou dit aussi vousoykur.
VOUSSURE s. f. (vou-su-re — V. voussoir). Archii. Surface courbe d'une voûle ou d'une arcade. Il Arrière-voussure, Surface engendrée par une droite assujettie a glisser sur une horizontale et sur deux arcs de cercle verticaux parallèles.
— Par ext. Courbure d'un objet fait en forme de voûte : C'est à peine si ta blanche étendue du désert, tout à l'heure si visible, se distingue de la noire voussurb du fit 'marnent . (E. Sue.)
— Pathol. Voussure précordiale, Excès d'élévation du côté gauche de la poitrine, qu'on remarque dans certaines affections <lu cœur.
Il Voussure de la poitrine, Dilatation de la poitrine, produite par certaines affections du poumon.
— Encycl. Pathol. Voussure précordiale.
On appelle ainsi un des signes des maladies du cœur fournis par l'inspection. Chez
VOUS
un homme bien fait, les deux côtés de la poitrine sont égaux et parfaitement symétriques, en avant et en arrière, et la région du cœur ne se fait remarquer par aueune modification particulière de forme; mais il n en est plus de même dans l'état pathologique; cette région peut s'élever d'une manière visible ce qui constitue alurs la voussure précoidialc.
Cette voussure, qui lient aux affections cardiaques, est située .1 gauche du sternum et en dédans du mamelon. Elle est formée, toutà la fois, par la projection en avant des i-arlilages des côtes et par l'effacement des espaces intercostaux, qui sont moins déprimés, moins creux que ceux du côté opposé. Elle s'étend généralement de la troisième à la cinquième ou sixième côte; souvent elle n'est bien prononcée que vers la base, tandis qu'à la pointe il y a une sorte de dépression, ou inversement. Son étendue varie donc de quelques centimètres à un décimètre; elle est généralement plus longue que large. Sa forme est celle d'une convexité fort légère, peu saillante au centre , à bords plus ou moins nettement arrêtés; chez quelques individus, elle se confond avec la saillie du bord inférieur du grand pectoral, quelquefois' facile, le plus ordinairement difficile à apprécier; aussi le médecin devra-t-il se placer successivement à droite et à gaïu.'he du malade pour comparer le volume des deux parties du thorax. Il est cependant préferab.e, dit Rade, de faire coucher très-symétriquement lejnalade, de se mettre au pied de son fit et d'examiner comparativement les deux côtés de la poitrine. Un a conseille, pour constater la voussure précordiale, de mesurer la poitrine avec un ruban métrique (v. mensuration) ; mais c'est là un moyen très-souvent infidèle, et, de plus, la voussure n'est jamais assez prononcée, à moins de cas tout à fait exceptionnels, pour donner une différence en faveur du côté gauche de la poitiine, de plus de 0">,015 à om,o2. Or, les différences normales entre les côtés de la pniinne peuvent aller jusque-là, et, de plus, les erreurs d'observation peuvent donner aussi le même chiffre ; il s'ensuit que , *si dans un cas de voussure réelle du cœur on trouvait, en faveur du côté gauche delà poitrine, une augmentation de Qm,02, on serait tente de ne l'attribuer qu'à une erreur d'observation ou à une conformation particulière du thorax, de sorte que, loin d'être uu auxiliaire utile, la mensuration deviendrait alors une source d'erreur.
Avant d'établir la valeur de la voussure, il est bon de mentionner les circonstances où elle peut être produite par d'autres causes que les maladies du cœur. Il y en a quatre, principales : une conformation naturellement vicieuse de la poitrine, l'emphysème pulmonaire, la pleurésie , la saillie des muscles pectoraux; un examen attentif et portant sur tous les signes conromitatits de ces affections permettra de ne pas faire d'erreur.
Les maladies' du cœur dans lesquelles s'observe la voussure precordiale tont surtout : l'hypertrophie, la péricardite avec épanchenient, l'endocardite et les tumeurs anévrismales de l'aorte. Celle de l'hypertrophie, qui dépend du volume augmenté du cœur, est ordinairement assez élevée, quelquefois générale, quelquefois bornée à la base de I organe.; elle résiste beaucoup à la pression et offre une mutité qui n'est pas aussi absolue que celle d'un épanchetnent; enfin, elle est permanente. Celte de la péricardite avec épanchetnent ne se manifeste que quand il y a une grande quantité de liquide, 500 à 1,000 grammes; une quantité de 100 à 200 grammes ne la produit pas d'une manière sensible. Elle est plus étemlue, plus générale que dans le cas précédent, et jamais limitée à la base; elle est mate à la percussion, le cœur ne se sent plus; enfin la voussure se modifie facilement, et quelquefois avec une rapidité surprenante; une saignée copieuse la fait quelquefois disparu! re. Celle à laquelle donne lieu l'endocardite, selon M. Bouillaud, serait le résultat de la tuméfaction rluxionnaire du cœur et d'un épanchement extracardiaque dû à la péricardite qui accompagne si habituel enu-ut l'endocardite.
— VousHure de la poitrine. Cette voussure occupe fréquemment les régions sus et sousclaviculaire, les deux côtés du sternum dans toute la hauteur de la poitrine, la base du thorax eu arrière, ou la région intermédiaire à lu colonne vertébrale et au bord interne del'omoplate.Elle affecte la forme dune élévation plane, sans sommet marqué, sans limites nettement arrêtées; l'on voit et l'on sent qu'une ou plusieurs côtes sont, dans ce point, plus élevées, plus saillantes que les côtes inférieures et supérieures ou que celles du côte opposé; les espaces intercostaux sont moins creux ; les côtes ainsi élevées offrent quelquefois une résistance plus grande que les autres. Quand la voussure est peu prononcée, il faut faire coucher le malade horizontalement et dans une position très-sy métrique, et se placer au pied de son lit. En regardant très-obliquemeut la surface du thorax, on distingue facilement l'excès de saillie d'un côié sur l'autre; au niveau de cette voussure, on constate, par la percussion, une augmentation ou une diminution de ta sonorité, quelquefois un son normal. Quand la voussure occupe les régions sus et sous-claviculaire, on ne sent pas de saillies des côtes, mais il y a élévation des parties molles. A la
VOUT
VOUT
VOUT
VOUT
partie postérieure de la poitrine, la voussure ne peut être appréciée qu'en dedans de l'omoplate, où elle se traduit par une saillie exagérée de l'ang-le des côtes ; et comme celles-ci forment une série continue, la voussure est disposée comme une espèce de bande verticale entre l'épine et l'omoplate. Lorsque la voussure occupe un côté de ta poitrine, on remarque ce qui suit : le côté semble à !a vue plus fiios, plus. arrondi, plus plein ; les côes sont moins dessinées que du côté opposé, par suite de l'élévation des espaces intercostaux; les mouvements sont moins appréciables à la vue et h la main. Dans la grande majorité des cas, c'est k la base du thorax, en arrière et eu dehors, que la saillie est le plus prononcée; et quand elle se manifeste en aviint, c'est qu'elle est extrêmement développée en arrière. En faisant asseoir le malade et le regardant de profil, on voit la base de la poitrine dépasser en arriére et en avant le plan du côté sain ; si on le regarde dé face, on voit le côté dilaté porté en dehors et quelquefois plus relevé que l'autre; il arrive aussi que l'épaule est sensiblement soulevée. La mensuration ne fait pas toujours aussi bien apprécier que la vue les différences qui peuvent exister entre les deux côiés de la poitrine.
Un grand nombre de causes peuvent donner lieu à la voussure de la poitrine. Telles sont la tuméfaction simple des organes intrathoraeiques, des accumulations de gaz ou de liquides, des tumeurs solides, des abcès; mais les maladies dans lesquelles on remarque le plus fréquemment la voussure du thorax sont : la pleurésie, la pneumonie, la congestion et l'emphysème des poumons et le pneumothorax. La pleurésie donne lieu à une uotissure très-remarquable , niais variable. Quand l'épanchement est médiocre, c'est surtout la partie postérieure et inférieure du thorax qui se dilate, quelquefois la partie inférieure latérale ; les côtes s'écartent en s'élevant; les espaces intercostaux s'élargissent et s'effacent. Si l'épanchement occupe le côté droit, on constate de plus l'abaissement du foie; s'il siège à gauche, on reconnaît un abaissement de la rate et le refoulement du cœur du côté droit. La pneumonie donne lieu assez souvent à une voussure, mais celle-ci n'est pas constante. La bronchite, surtout chez les vieillards, donne aussi lieu à une voussure. L'emphysème pulmonaire est dans le même cas. Lorsqu'il est partiel, il occupe, dans la majorité des cas, le bord antérieur et le sommet des poumons; il n'y a pas alors de dilatation générale, mais seulement un ou plusieurs points de voussure qui siègent en dehors des bords du sternum, ou bien au dessus ou au-dessous des clavicules. Quelquefois le sternum est aussi soulevé et porte en avant; au niveau de ces points, la sonorité est exagérée, le bruit d'inspiration presque nul , etc. Kniin, dans le puetiiiiothurux , on observe une dilatation partielle ou voussure, lorsque l'existence de fausses membranes ou d'adhérences limite les espaces dans lesquels l'air peut se répandre. (Jette voussure occupe le plus souvent la partie latérale et inférieure de la poitrine.
VOÛTE s. f. (voû-te. — V. voussoir). Archit. Ouvrage de maçonnerie fait en arc, et dont les pièces se soutiennent les unes les autres : VoÔTii en plein cintre. Voûtk en anse de panier, en demi-globe, Voûtk surbaissée. "Voûtk en ogive. Cintre de la voûtes. Il est constant aujourd'hui que les Egyptiens connurent l'art de construire des voûtes. (Batissier.)
Oh! que j'aime, aux voûtes gothiques, Les vieux saints de pierre athlétiques!
A. j>k Musset.
Il Clef de voûte , Voussoir qui occupe la partie supérieure de la voûte, et qui maintient tous les autres voussoiis, et lig. Objet principal dont tous les autres dépendent : Quand la clef db Voûte d'un système est une hypothèse, te système lui-même n'est qu'un jeu d'esprit.
— Par anal. Objet disposé en forme de voûta : La voûte d'une caverne, d'un antre. UneyotTii de feuillage. Les anciens faisaient du ciel une voûtb de cristal, (A, Martin.) . . Des marronniers les hautes avenues S'arrondissent en voûte et nous cachent les nues.
Castel.
— Poétiq. Voûle du ciel ou des cieux, Voûte céleste, Vt>ûte azurée, Ciel, firmament : Quel est donc le puissant architecte qui a suspendu sur nos têtes la VOÛTE immense Bus cieux? (Kén.) La Vérité, chassée de la terre, a repuuUu son flambeau à la voûte dks cieux : le génie l'y aperçoit encore. (Ch. Kod.J
Aimable Paix, vierge sacrée, Descends de la voûte azurés.
J.-B. RouSSEADf
H Sous la voûte du ciel, Sur la terre, dans le monde :
..... Hélas ! nu! mortel Ne vit exempt de maux sous la voûte du ciel.
A. Cuénjer.
— irr.-ma.couu. Voûte d'acier, Suite d'épées croisées au-dessus de la tète des hauts dignitaires de la maçonnerie, par des maçons formant la haie sur leur passage.
— Mar. Voûte d'arcasse , Prolongement du pont, à l'arrière d'un navire. Il Petite
voûte, Saillie située au-dessus de Ja voûte d'ar«asse.
— Techn. Partie antérieure de l'are d'un fer de cheval, opposée à la pince. Il Partie,, supérieure d'un fourneau à réverbère, qui est disposée en forme de dôme.
— Anat.Voûte du crâne, Partie supérieure de la boîte osseuse que forment les 03 du crâne, il Voûte du palais ou Voûte palatine, Cloison qui forme la paroi supérieure de la bouche et la paroi inférieure des cavités nasales. Il Voûte à trois piliers ou à quatre piliers, Partie du cerveau consistant en une lame molle , blanche , fibreuse , ayant la forme d'un triangle recourbé sur lui-même, et dont le sommet, tourné en avant et en bas, serait bifurqué.
— Encycl. Archit. Le mot voûte, pris dans son acception la plus générale , donne l'idée d'une pièce courbe, qui conserve une forme déterminée en vertu des actions et des résistances qui lui sont appliquées. Les voûtes Sont des constructions en pierre, en bois ou en métal, que l'art a imaginées pour remplacer les planchers et les combles, afin de les rendre plus durables et de les mettre à l'abri des incendies. C'est un assemblage de parties solides juxtaposées, auxquelles on a donné le nom de voussoirs. Ceux-ci sont séparés par des joints, le plus généralement normaux à la surface affectée par la voûte. Selon leur mode de génération , les voûtes sont en plein cintre, en arc de cercle, en anse de panier, en ogive; elles sont surhaussées ou surbaissées. Outre ces voûtes, que l'on peut appeler voûtes cylindriques ou en berceau, à cause du mode de génération de leur surface intérieure, et qui sont mises en usage le plus habituellement, on distingue : les voûtes paraboliques, elliptiques et en chaînette; ces trois dernières espèces sont, comme les premières, surhaussées ou surbaissées, suivant qu'elles sont construites sur le grand ou sur le petit axe. Il en existe encore de différentes formes, que l'on appelle : voûtes coniques, voûtes sphériques, conoïdes ou sphéroïdes. Ces voûtes, classées parmi les voûtes simples, sont formées par des lignes droites, allant d'une courbe à une autre ou d'un point à une courbe, ou bien par des courbes de même genre, posées les unes sur les autres et diminuant dans an rapport déterminé selon d'autres courbes qui se croisent sur l'axe ; ou bien encore par une courbe quelconque qui, en se mouvant autour de son axe, forme une surface composée d'autant de cercles que la courbe a de points. Les voûtes sont dites composées lorsqu'elles sont formées par la réunion de plusieurs parties de voûtes simples ; telles sont : les voûtes d'arête, à une, & deux ou à trois arêtes; les voûtes à nervures ; celles en éventail ; les voûtes en arc de cloître, etc. , ;
La surface intérieure d'une voûte se désigne spus le nom de douelle ou d'intrados, et la surface extérieure sous celui d'ex'trados. Les voûtes sont supportées par des piliers que l'on appelle pieds-droits, et las points où ellesse raccordent avec ces derniers sont ce que l'on nomme les naissances. La montée d'une voûte ou la flèche est la hauteur verticale du sommet de l'intrados au-dessus des naissances. Le voussoir placé au sommet de la voûte prend le nom de clef, et celui qui est situé immédiatement au-dessus des naissances le nom de voussoir de retombée. Les voûtes «ont droites ou biaises , selon que l'axe lougiAdinal coupe perpendiculairement ou obliquement l'axe transversal. Elles peuvent avoir leurs naissances de niveau ou inclinées, ce qui prouuit dans les voûtes simples beaucoup de variétés; de plus, elles peuvent être irrègulières, incomplètes ou composées de différentes parties combinées d une infinité de manières, susceptibles de plus ou moins de difficulté. Les voûtes pratiquées daus^ des ~murs Ou des massifs prennent le nom d'ares ou arcades; les joints de leurs voussoirs forment des angles ou crossettes pour se raccorder avec les assises horizontales de ces murs ou massifs. Ces arcs, qui peuvent être droits ou biais, se font dans des murs a, plomb, en talus, circulaires en plan ou en tour ronde. La rencontre d'une voûte cylindrique avec une auire forme, dans celle qui est pénétrée, une espèce d'évidement qu on appelle lunette. La forme de cette dernière varie avec le diamètre et la direction des voûtes qui se rencontrent; de là sont sorties : les lunettes droites, résultant de deux berceaux qui se pénètrent perpendiculairement et horizontalement; les lunettes biaises, lorsque la rencontre a lieu obliquement ethorizontalement, et les descentes, lorsque l'obliquité d'un berceau qui en pénètre un autre, est dans le sens de la hauteur. Ces dernières sont, comme les lunettes, droites ou biaises, selon que la direction de la projection sur le plan horizontal de l'axe de la descente est perpendiculaire ou inclinée à celle de lauoûie rencontrée. Les voûtes d'arête peuvent être formées par plusieurs berceaux espacés également ou inégalement, parallèles entre eux ou obliques , de niveau ou inclinés ; enfin, elles peuvent présenter une induite de combinaisons différentes, dont le nombre peut être encore augmente par la variété des courbes que l'on peut employer pour cintre primitif. Ces voûtes se projettent, soit sur un plan rectangulaire régulier ou irrégulier, soit sur un polygone régulier ou irrégulier, soit sur un plan circu-
laire ou elliptique. Elles sont de niveau ou surhaussées; dans le premier cas, les voûtes qui se croisent ont une montée constante dans toute leur longueur, de telle sorte que leur point de rencontre est placé an point de croisement des génératrices horizontales des berceaux; dans le second cas, ce point est placé à une hauteur plus grande des naissances des voûtes primitives que la clef de ces dernières. C'est parle recoupement de voûtes en arcs ogivaux que sont formées les voûtes gothiques ; on pourrait, avec n'importe quelle courbe, construire de même des nuilies d'arête surélevées. Ces sortes de voûtes ne sont, à proprement parler, qu'une combinaison d'ares droits qui se réunissent à une clef centrale ou à plusieurs clefs particulières, selon qu'elles Sont à une, à deux ou à trois arêtes. Les voûtes en arc de cloître, comme les précédentes, peuvent présenter une infinité de combinaisons différentes, Soit comme construction, soit comme projection. Elles s'exécutent sur des quadrilatères ou des polygones réguliers ou irtéguliers, ou sur des plans circulaires et elliptiques. Ces sortes de voûtes sont appelées narlongiies lorsqu'elles sont projetées sur uti pian reciangulaire, c'est-à-dire lorsqu'elles ont deux rôtes opposés plus lon^s que les deux autres. Elles ont Sur les voûtes d'arête l'avantage de pouvoir soutenir un plafond, en leur milieu; ce mode de construction est fréquemment employé pour les grandes salles, dans les édifices importants. Les ooiites coni- j ques et conoïdes sont celles dont la surface intérieure est celle d'un cône, ou dont la j forme se rapproche de la figure de ce solide, j Ces viûtes sont droites, biaises ou inclinées, t à simple ou à double embrasement, selon j qu'elles sont percées perpendiculairement ou ; obliquement, horizontalement ou dans une | inclinaison avec l'horizon, dans un mur droit | ou eu talus. Les voûtes coniques, érigées sur | deux murs qui forment un angle, de manière que le cintre de face représente la base du cône, prennent le nom de trompes; dans ce cas, elles sont droites; dans l'angle rachetant un angle saillant, ou dans l'angle rachetant I une tour ronde, selon qu'elles sont construites pour supporter un mur droit en saillie sur un autre, ou deux murs se rencontrant suivant un angle saillant, ou un mur circulaire. Les voûtes conoïdes sont engendrées par une droite qui s'appuie sur une droite et une courbe et se meut parallèlement à un plan donné. La courbure de ces sortes de voûtes peut être quelconque: hyperbolique, parabolique, etc., et leur base, circulaire, ovale, ou elliptique. Les voûtes sphériques sont formées eu plan et en élévationpar une deinicirconféieuce de cercle de même rayon. Ces voûtes, qui peuvent être construites aussi sur plan carré, sont si avantageuses, qu'on peut les couper en deux ou plusieurs parties èga- . les par des plans verticaux passant par le centre. Ces parties de voûtes sphériques ou dômes prennent les noms de niches et de trompes en niche sur le coin. Les voûtes sphéroïdes peuvent être projetées sur des plans circulai! es ou elliptiques; les pr înieres, désignées aussi sous le nom de voûtes sphéri- ' ques surbaissées ou de voûtes en cul-de-four, et encore de uotîieî sphériques surhaussées, ne diffèrent' des vuûtes sphériques que par la courbe de leur cintre, formée par une ellipse ou imitation d'ellipse, au lieu d'une demi-cir- / conférence de cercle. Les voûtes sphéroïdes sur un plan elliptique ont leur surface iniérieure produite par l'ellipse du plan qui a tourné autour de son grand axe ou grand diamètre ; en sorte que toutes les coupes ou sections verticales qui sont faites dans le sens de la largeur, parallèlement au petit axe ou petit diamètre, sont des demi- circonférences de cercle. Les parties de voûtes sphériques ou sphéroïdes qui résultent du retranchement de plusieurs portions de ces voûtes par des plans verticaux et horizontaux prennent le nom de pendentifs. Ces sortes de uoûtes sont employées pour établir un plan circulaire ou elliptique sur un plan carre ou rectangulaire, ou sur un polygone quelconque dans lequel il paraît inscrit. Les dômes élevés au-dessus de la croisée des nefs d'une église sont érigés de cette manière. A ces différentes espèces de voûtes, qui représentent à peu près toutes celles qu'on a employées jusquà ce jour dans la construction des édifices, on peut ajouter les suivantes : la trompe en tour ronde sur un mur droit et les vis de Saint- Gilles rondes «t carrées, dont on fait usage pour soutenir un esealker tournant autour d'un noyau plein ou évidé, et qui ne sont qu'un composé de voûtes d'arête et d'arcs de cloître.
Rondelet, dans son Traité sur l'art de bâtir, admet que le point de départ de la construction des voûtes a été l'emploi des pierres plates pour recouvrir les espaces vides. Ce genre de couverture, auquel on ne peut donner le nom de voûtes puisqu'il ne se composait que d'une seule pièce, a d'abord été formé d'une pierre plate posée horizontalement sur deux appuis extrêmes, puis de trois ou plusieurs pierres ass ses en saillie les unes sur les autres, de manière à couvrir l'espace vide et à obtenir une surélévation du plafond. A ces constructions, qui ont l'avantage de se soutenir sans poussée, mais qui sont rarement possibles, a succédé l'emploi des pierres plates posées obliquement sur les appuis et se contre-butant au sommet, ou disposées en forme de polygone. 0e cette der-
nière forme Scelles qui sont adoptées aujourd'hui, il n'y avait qu'un pas à franchir, mais il ne le fut pas aussi rapidement qu'on pourrait le penser. Le mode de construction employé jusqu'alors ne permettait pas aux constructeurs anciens de se rendreun compte immédiat des effets que produirait l'emploi d'une courbe, principalement comme résistance;' en effet, dans le cas des couvertures horizontales, les pierres sont soutenues sur leurs lits dans toute leur étendue, tandis que, dans une voûte dont le cintre est un demi-cercle, par exemple, il ne paraît y avoir que les deux premières qui posent , toutes les autres ne sa soutenant que par leurs joints, eu vertu de leur forme en coin. Ces joints, qui sont plus ou moins obliques, doivent former, avec la surface courbe de la vmlte, des angles égaux et droits, afin de procurer à. chaque pierre mie résistance égale et, de plus, une espèca de renvoi régulier des efforts d'une pierre a l'autre, depms celle qui forme la clef jusqu'il celles qui portent sur les pieds-droits.
On aiimet, en général, qu*- lti première forme d'intrados fut la ligue circulaire, comme étant la plus facile a imiter. Après elle, et avec les progrès de la. S'ienee,- sont venues : les lignes paraboliques, ellipiiquus, hyperboliques, ainsi que la chaînette, la cissoïde et la cussinoïde.
L'appareil des voûtes, en général, varie avec la position qu'elles occupent dans l'espace et l^qr but. Le tracé et la coupe de chacune des pierres qui entrent dans leur construction sont du ressort de cette partie de la géométrie descriptive à laquelle on a donné le nom d>- stéréotomie. Nous n'entrerons pas dans le détail de ces tracés , qui varient avec la direction des efforts; nous nous contenterons de donner ici les croquis représentatifs des diverses formes de voûtes, avec le mode de génération propre & chacune d'elles.
Les voûtes en plate-bande sont de deux sortes : elles sont appareillées ou non appareillées. Ces dernières, employées par les anciens pour former les architraves des eutre-colonnetneiils pycnostyle, systyle et diastyle, étaient formées de pierres de grande dimension s'appuyant par leurs extrémités sur les colonnes et se touchant dans l'axe de celles-ci. La figure 1 fait voir la disposition adoptée pour ce genre île voûtes.
Fis- »•
Les plates-bandes appareillées, représentées par la ligure 2, et dont on fait un trèsgrand usage aujourd'hui pour couvrir les baies des fenêtres et des portes, semblent avoir été appliquées pour la première fois dans l'émissarium du lac Albano. Elles sont formées de voussoirs taillés en coin, de nrnnière à empêcher le glissement d'une ou plusieurs d'entre elles. Ces voûtes plates, comme on le voit, sont établies sur des principes complètement opposés à ceux qu'on admet dans la construction des voûtes a surface courbe, pour lesquelles les joints des pierres qui se touchent doivent faire des angles droits et égaux avec les surfaces apparentes qu elles
Fig. 2.
forment. Il faudrait, d'après ce principe, que les joints d'une voûte plate fussent verticaux ; mais, comme il ne peut existardô cohésion suf lisante entre des pierres jointes ensemble par des plans verticaux, on n'a pu obtenir cet effet qu'en déterminant sur les pieds-droits, au moyen de plana inclinés, des efforts latéraux, d'où résulte
VOUT
une pression inclinée à l'horizon. Lorsque ces voûtes sont construites entre deux murs parallèles, la régularité de l'appareil exige que les voussoirs soient disposés selon la direction des faces de ces murs. Dans les voûtes plates établies sur un plan carré ou sur un plan circulaire, les rangs des claveaux forment des carrés ou des cercles concentriques, suivant le cas, et les clefs sont carrées ou rondes. Quant a celles que soutiennent des piliers isolés, leurs claveaux sont parallèles aux faces intérieures et se rencontrent à angle droit sur les diagonales. Ce genre de voûtes, qui peut varier Beaucoup par la forme de son plan, ne convient pas pour traverser les espaces d'une grande étendue. D'après Rondelet, on ne peut les employer qu'en donnant aux murs une épaisseur égale au quart ou au moins au cinquième de la portée. On les utilise encore quelquefois pour former des plafonds de peu d'étendue.
Les voûtes en plein cintre sont engendrées par une droite qui se meut en restant horizontale et en s'appuyant sur une demi-circonférence dont le diamètre est égal à la distance des pieds-droits. Les voûtes en arc de cercle sont engendrées par une droite qui se nient en restant horizontale, en s'appuyant sur un arc de cercle rencontrant les pieds-droits suivant un angle dont la valeur est moindre que 900, Dans ces voûtes, comme dans toutes
Fig. 3.
les autres en général, les joints sont perpendiculaires aux tangentes menées à l'intrados, aux points de rencontre de ces lignes avec la courbe. L'appareil de ces berceaux est excessivement simple et le plus facile a projeter; toutefois, lorsque les axes transversal et longitudinal se coupent suivant un angle moindre que 90", c'est-ii-dire lorsque les ootites sont de celles dites biaises, il existe certaines difficultés causées par la recherche des trajectoires donnant la direction des lignes de joinis, de façon que chacune d'elles soit perpendiculaire aux têtes.
Les ooûies en anse de panier sont engendrées par une droiie qui se meut en restant horizontale et en s'appuyant sur une courbe à plusieurs centres, dont les extrémités sont, comme dans le cas du plein cintre, tangentes
VOUT
méthodes connues et enseignées par la gêné-
aux pieds-droits. Ces voûtes, qui ne présentent de difficultés que dans leur tracé, s'appareillent comme les précédentes. On décrit ordinairement l'intrados par rayons de courbure successifs, et la courbe est spécifiée par le nombre des centres; on en trace à trois centres, à cinq centres, à sept et jusqu'à vingt et un centres. La figure 4 représente une voûte eu anse de panier à trois centres. Pour simplifier et même éviter les calculs assez compliqués que nécessite le tracé de l'intrados de ces voûtes, MM. Michul et Lerouge, ingénieurs des ponts et chaussées, ont dressé des tables qui renferment, pour diverses montées, les valeurs des rayons nécessaires pour effectuer le tracé.
Les voûtes en ellipse sont engendrées par une droite qui se meut en restant horizontale, et en s'appuyant sur une demi-ellipse dont l'axe, grand ou petit, suivant le cas, est égal à la distance des pieds-droits. L'appareillage s'exécute toujours en dirigeant les joints perpendiculairement à la courbe de l'intrados. Pour tracer cette dernière, on emploie les
Fig
ration même de l'ellipse, ou bien on fait usage
VOUT
d'an compas spécial établi sur la différence des demi-axes. Depuis quelques années, ces voûtes sont utilisées pour remplacer les voûtes en anse de panier, qui, malgré tout le soin apporté à leur construction, laissent toujours voir les points de raccord.
Lorsque les pieds-droits qui doivent soutenir la voûte ne sont pas d'aplomb, ou lorsqu'il n'y a pas d'inconvénient à ce que la voûte fasse un angle avec les pieds-droits, on peut y employer, outre le cercle et l'ellipse, une infinité d'autres courbes, telles que la parabole, l'hyperbole, la chaînette ; les figures 6 et 7 représentent, la première une voûte parabolique et la seconde une voûte en chaînette. On peut remarqueren passantque.dans les voûtes circulai res et elliptiques, la clef a une épaisseur moindre que celle des naissances; que, dans les voûtes en chaînette, l'épaisseur est constante du sommet aux naissances, et que, dans les voûtes paraboliques, l'épaisseur à la clef est plus forte qu'aux naissauces.
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Fig, 6 et 7.
Les voûtes en ogive ou gothiques sont engendrées par une droite qui se meut sur
deux arcs de cercle qui rencontrent les piedsdroits tangentiellement ou suivant un cer-
tain angle, et qui se réunissent sur la verticale -passant au milieu de l'intervalle des pieds-droits. Ces voûtes peuvent être surbaissées ou surhaussées, suivant qu'elles sont tracées avec des rayons plus petits ou plus grands que la distance qui sépare les piedsdroits. Celles qui sont décrites avec cette dernière pretinentle nom d'ogives tiers-point, parce que les lignes qui joignent les naissances entre elles et à la clef forment un triangle équilatéral, d'où il suit que, dans ce genre de voûtes, le plus généralement employé, la corde des arcs est égale au rayon, et, par suite, que la montée est environ les 0,866 du rayon.
Les voûtes sphériques ont leur surface intérieure engendrée par un quart de circonférence qui tourne autour de son rayon vertical pris comme axe. On donne le nom de dôme à la partie extérieure de ces voûtes, et celui de coupole a la partie intérieure. L'appareil qui convient le mieux aux voûtes sphériques, tant pour la solidité que pour la facilité de l'exécution, consiste à établir des rangs horizontaux formant des couronnes concentriques.
On a aussi employé la méthode des rangs ver-
Pig. ».
ticaux: 'mais les difficultés qu'occasionne ce genre d'appareil l'ont fait abandonner; toutefois, on l'utilise encore pour les niches ou pour les trompes dans l'angle qui rachètent
une tour, en en restreignant l'emploi aux constructions d'une très-faible étendue.
Les niches sontdes demi-voûtes sphériques ; elles peuvent s'appareiller de trois manières
VOUT
différentes : ou par rangs horizontaux inauc des demi-couronnes, ou ( ar rangs ticaux, ou en forme de trompe. Celle
forver-
Pis. 10.
représente la figure 10 est appareillée en trompe.
Lu ligure H fait voir la forme et la direction des joints d'une trompe en niche sur le
Ilij
fiii