‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 848 sur 1042 · V. PoLYCLÈTE · texte numérisé non relu

V. PoLYCLÈTE

Voynge «I au Slave autour de la chambre,

par M. Tanski. V. Slavb.

Voyage autour de mou jardin, par A. Karr. Y. JARDIN.

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Voyage interrompu (le), comédie en trois actes et en prose, de Picard; représentée à Paris en 1798. Deux artis'es gagnent à la loterie une somme de 24,000 francs; ils partent pour faire le tour du monde et s'arrêtent a Montaigis, car des fenêtres de son auberge Dorlis aperçoit l'adorable Sophie Dercour, en devient amoureux et prie son ami Klorimont de favoriser sa passion. Celui-ci s'ingénie à trouver le moyen de mettre Dorlis en rapport avec l'objet de son amour. Aidé de sou valet, il se déguise en musicien italien, ainsi que ce dernier, et feint d'insulter la jeune tille et sa mère, pour que Dorlis prenne leur défense. Ces dames, reconnaissantes du service que leur a rendu le jeune étranger, l'invitent à les visiter; voilà le loup dans la bergerie, c'est tout ce que voulait Floriinont. Est-il besoin d'ajouter que Dorlis et Sophie se marient, grâce à Florimont qui s'est chargé d'évincer La Mortillière, grotesque prétendant, après l'avoir mystifié de la façon la plus plaisante ï « Cette pièce est plu> bouffonne que comique, a dit Picard lui-même; il y a des scènes qui tiennent de la farce ; mais plùlau ciel qu'on pût encore faire des farces comme celles de Molière 1 i Picard avait raison, et, de plus, il avait réussi à faire rire par le comique des situations et le plaisant des caractères ; c'est ce qui explique la vogue de cette comédie lors de son apparition.

Voyage a Dieppe (l-E), comédie en trois actes, eu prose, par MM. Wafrlard et Fulgence ; représentée à l'Odéon le îer mars 1821. Le Voyage à Dieppe est d'une gaieté devenue proverbiale, et avec raison, car on entasserait difficilement, dans trois actes, plus de traits piquants, de saillies ingénieuses, de folles plaisanteries, du verve et de véritable enjouement. Trois jeunes gens , Monbray, d'Hèrigny et Lambert, un jour de jeudi gras, se sont échappés d'une partie gastronomique pour venir un instant respirer le frais à la porte du restaurant où ils ont laisse leurs convives. Le plus étourdi des trois, Monbray, pour achever dignement la journée, fait 1k pari qu'il mystifiera pendant vingt-quatre heures le pivmier bourgeois qui se présentera. Le pan est accepté, et l'occasion ne se fait pasattendre.M.d'Herbelin, un bon buurgeois de la rue de Butfon, sort de chez lui, et, tout rempli de ses projets de voyage, il fait confidence aux échos du bonheur qu'il se promet et de celui qu'il a ménagé à Mme et à Mlle d'Herbelin. Ils doivent partir tous dans la journée pour Dieppe; mais ce n'est pas tout. M. d'Herbelin a appris qu'un négociant, M. de Suint- Vallery, qu'il ne connaît pas de vue. mais avec lequel il a eu des relations d'affaires, partira le même jour pour la même destination, dans une berline à lui appartenant. C'est sur ces Confidences indiscrètes que Monbray fonde l'espoir de gagner son pari. Il se présente à M. d'Herbelin sous le nom de M. de Saint-Vallery et offre à sa famille trois places dans sa voiture. Il est agréable de voyager en poste; M. d'Herbelin accepte avec recuu naissance l'offre qui lui est faite. Un carrosse de remise arrive ; un domestique déguisé eu postillon, et qui a reçu le mot d'ordre, est chargé de conduire les voyageurs. On s'embarque; la nuit est obscure; mais le voyage n'est qu'une affaire de douze ou quinze heures, et cela est b.en vite passé. On court toute la nuit, et enfin, à la pointe du jour, on arrive.., à la rue Chariot, eu face du Café Turc, dans la maison d.'Hériguy, qui, depuis longtemps, a des vues sur Mfle d'Herbelin, et qui compte bien profiter de la circonstance pour avancer ses affaires et déterminer les parents en sa faveur. Fatigué de la route, M. d'Herbelin se met au lit. Mais à peine a-t-il reposé quelques heures, "que l'impatience de voir la mer l'arrache aux- douceurs du sommeil. Comme l'air de Dieppe est bien plus vif que celui de Paris! Comme il ouvre l'appétit 1 M. d'Herbelin ne peut consentira laire sa promenade sur la jetée sans avoir mangé de ces bonnes huîtres parquées, si supérieures à celles qu'on trouve dans les restaurants de Paris. Le déjeuner ne se fait point attendre, et les huîtres de I'écaillère du coin ue sont point épargnées. Dès que la première faim est apaisée , M. d'Herbelin s'échappe seul pour avoir les prémices du spectacle de la mer; un instant après, il rentre furieux, il a reconnu la rue Chariot, le Café Turc et le boulevard du Temple ! Heureusement, un ami commun, homme sage et raisonnable, se charge d'apaiser le courroux de M. d'Herbelin, et M"» d'Herbelin épouse d'Hérigny, qui est trop heureux, à ce prix, de payer a, Monbray le montant de la gageure. Le Voyage à Dieppe n'est pas une comédie, c'est une farce, une scène de carnaval du plus franc comique, dont le succès n'a pu être épuise, lors de son apparition, pur des centaines de représentations.

Voyage de M. Perriehon (LE), comédie en quatre actes, en prose, par MAI. Labiche et Edouard Martin; représentée au Gymnase le 10 octobre 1860. M. Perriehon est un proche parent de Frudhomme. Marié à une honnête bourgeoise qui l'a rendu père d'une charmante fille, et récemment retiré du commerce de la carrosserie avec une quarantaine de mille livres de rente, il s'avise un beau matin de proposer à sa femme et à sa fille un voyage en Suisse, pays qu'il appelle la pittoresque

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Helvétie ; car, pour avoir été carrossier, il n'en a pas moins, à un très-haut degré, le sentiment poétique. La* proposition est acceptée; on boucle les malles, on monte en voiture et on arrive S la gare du chemin de fer de Lyon. Ici se place une scène d'excellente comédie. Il faut voir Perriehon son sac de voyage dans une main, ses cannes et parapluies dans l'autre, une sacoche en sautoir et courant, se démenant, interrogeant, rebondiasant du bureau des places au guichet des bagages, haletant, soufflant, ahuri. C'est que ce n'est point une petite affaire, quand on n'en a pas l'habitude, qu'un départ pour • de lointains paysl • Néanmoins, le brave carrossier arrive à remplir toutes les petites formalités nécessaires, et en attendant l'heure du départ, il remet a sa fille un album sur lequel elle devra inscrire d'un côté les dépenses de route, de l'autre les impressions de voyage de la famille. Pour commencer, il lui dicte ces nobles paroles : « Adieu, France, reine des nations 1 > Mais il n'a pas le temps d'en dire plus; la cloche sonne, le sifflet retentit, il faut partir. A leur suite se glissent deux jeunes gens, Armand et Daniel-, que les beaux yeux de Mlle Perriehon ont séduits et qui se sont entendus pour entrer dans le compartiment que choisirait la famille. Tous deux sont également épris de la jeune fille; mais ils se sont engagés mutuellement à se céder la place dès qu'il serait avéré que l'un est préféré à l'autre. Nous retrouvons donc les cinq voyageurs en Suisse, et là les auteurs nous fout assister à des péripéties trèsvariées et du meilleur comique. En outre, à partir de ce moment, l'idée sur laquelle repose la pièce se degagr-, fine et spirituelle autant que juste etsagace. Elle est d'ailleurs empruntée ù la sagesse des nations, qui dit ï qu'à obliger un vilain on ne recueille que chagrin. • En effet, Armand a eu le malheur de rendre un service signalé à Perriehon ; il lui a sauvé la vie au moment où il allait être lancé dans 'un précipice par un cheval qu'il avait eu l'imprudence de monter, et Perriehon, honteux de son impéritie, ne peut pardonner à son sauveur. Armand, qui a été le témoin et le réparateur de sa maladresse, devient sa bête noire, son cauchemar, tandis que Daniel est son Benjamin, celui qu'il serait heureux d'avoir pour gendre. Or, la raison de cette préférence est fort simple : Daniel s'est arrangé de manière à se faire sauver la vie par Perriehon ; il est donc son obligé, et s'il a usé de ce stratagème, c'est qu'il sait fort bien que les petits esprits supportent difficilement le fardeau de la reconnaissance, tandis qu'ils sont tiers de pouvoir à tout instant rappeler un service qu'ils ont eu occasion de rendre, pourvu toutefois que cela ne leur ait rien coûte. Les affaires d'Armand vont ■donc fort mal, et il serait obligé ne se retirer devant Daniel si une heureuse circonstance ne venait enfin ouvrir les yeux au bonhomme Perriehon, en lui apprenant qu'il a été le jouet d'une ruse de lu part de Daniel. Entre l'humiliation d'avoir été sauvé et celle d'avoir été berné, le carrossier choisit la moindre, et il accepte Armand pour gendre. Inutile de dire que nous avons dû passer sous silence une foule ue détails tresintéressants et habilement liés à l'action. Contentons-nous de constater le succès de fou rire qu'a mérité et obtenu cette comédie, dans laquelle l'humour et la verve ne tarissent pas et sont joints aux plus fines observations.

Voyage* de l'amour (les), ballet en quatre actes, avec un prologue, paroles de Labruère, musique de Boismortier; représenté par l'Académie royale de musique le 3 mai 1736. Cet ouvrage fut monté avec un grand luxe et interprété par des artistes célèbres. Le rôle de l'Amour était rempli par Jelyotte, celui de Daphué par «I"e Pelissier ; les autres étaient répartis entre Chassé, Dun, Cuviliier, Tribou et Mlles Lamaire, Fel, Antier. Mite tjullé parut dans lu dernière entrée.

Voyage à Reims (Le) OU l'Auberge du Lia

d'or ( Viugyio a Heinis (il) ossiu l'alheryo del Giglio d'oro), opéra italien en un acte, livret de lialocchi, musique de Rossini ; représenté a Paris sur le ThéàLre-Italien le 19 juin 1S25. Hossini, alors engagé avec le ministère de la maison du roi, composa cet opéra de circonstance à l'occasion du sacre de Charles X. La disposition des esprits était favorable et la musique charmante; aussi,// Viaygio a lieims fut très-applaudi. L'élue des chanteurs contribuait à la beauté de l'exécution ; c'étaient Mtaea Pasta, Cinti, Scbiasseui, Mombelli, Ainigo, Doiti, Rossi, MM. Levasseur, Zueeheili, Pellegrini, Gruziain, Auletta, Donzelli, Burdogui et Scudo. Les richesses de cet ouvrage auraient peut-être été perdues pour la postérité si elles n'avaient passe de la scène italienne à 1 Académie royale de musique. Trois ans plus tard, en 1828, la musique de II Viuggio a Heims reparaissait dans le Comte Ory, escortée de nouvelles et remarquables compositions.

Voyage autour de ma chambre (le), Opéracomiquo en un acte, paroles de Duvert et Lausanne, musique d'Albert Grisar : représenté à l'Opera-Comique le 12 août 1859. Cette pièce, dont le sujet n'a aucun rapport avec la délicieuse fantaisie littéraire de Xavier de Maistre, convient mieux au genre du Palais-Royal qu'à celui de l'Opéra-Coinique. La musique est toujours élégante et ha-

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Vilement écrite. Joué par Couderc, Berthelier, Lemaire, Troy, M"" Henrion et Prost.

Voyage de MM. Diirmnmi père el AU (LE), opéra-bouti'on en deux actes et quatre tableaux, paroles de MM. Siraudin et Jules Moineaux, musique de M. JacquesOffenbueh ; représenté aux Bouffes-Parisiens le 22 mars 1862. La barcarolle : A Venezia la belta, a laissé quelques souvenirs.

Voyage eu Cbiue, opéra-comique en trots actes, paroles de MM. Labiche et Delacour, musique de M. Bazin; représenté a l'Opéra- Comique le 9 décembre 1865. Le libreito est amusant et spirituel, comme toute pièce de Labiche. Nous allons le résumer eu quelques mots. M. Pompery a deux filles, dont l'une, pendant un voyage à Naples, a été fiancée par sa tante à un officier de marine. Or, Pompery, qui est Breton et entêté, refuse absolument de donner la main de sa fille à l'officier, Henri de Keruoisan, qui, en sa qualité de Breton, est aussi entête que lui. S'etant rencontrés sur une grande route sans se connaître, ni l'un ni l'autre n'a voulu se déranger d'une ligne, de sorte que leurs voitures se sont violemment heurtées. A la suite de cet incident, Pompery refuse plus que jamais de prendre pour gendre de Keriioisan, qui, mis à la porte à Bellevue, s'empresse de suivre la famille Pompery à Cherbourg. Là, Pompery provoque en duel Kernoisan et feint de recevoir une blessure; mais ce dernier évente la fraude et prend la résolution d'enlever MU» Pompery. En ce moment, il reçoit l'ordre de s'embarquer dans deux heures pour la Chine. Au troisième acte, on est en mer. Pompery u voulu faire visiter à sa famille un navire, dont le capitaine, ami de Keruoi^an, a consenti à céder pendant quelques heures le commandement a ce dernier. Tout à coup, Pompery voit apparaître Kernuisau, qui lui dit : • Prenez-moi pour gendre ou je vous emmène eu Chine. — Jamais,» répond Pompery, qui essaye de faire révolter l'équipage. Sur un mot du cap.taine, les matelots feignent de se révolter, liernoisan apparaît, comprime la pretemlue révolte et ordonne de pendre sur-le-champ l'instigateur de larèvolteet ses Complices. Amené la corde au cou, Pompery s'empresse de Consentir à donner sa fille à l'entêté capitaine, et le navi e, qui n'avait point quitté les côtes de Cherbourg, rentre au port. Pour cette pièce tresaiiiusunie et qui eut un vif succès, M. Bazin a composé une mu.-ique correcte , qui ne brille ni par l'invention ni par la hardiesse, mais qui renferme U agréables morceaux et d'heureuses mélodies, isïuus citerons notamment le joli duo des aveux, le morceau : Cinq cailloux, trois cailloux, un bon duo bouffe : Je suis Breton, un finale bien travaillé et bien écrit, au second acte; enfin, au troisième acte, le chœur des matelots et l'air avec écho, chanté sur le lillac. La pièce lut très-bien jouée par Couderc, Montaubry, Sainte-Foy, Prilleux et M'io Cico. Elle a été reprise en janvier 1876 a l'Opéra-Comique, où elle n'a pas été moins bien accueillie qu a son apparition.

Voyage daoa la lune (LE), opéra-féerie en quatre actes et vingt-trois tableaux, paroles de MM, Leterrier Vanloo et Mortier, musique de M. Otfeubach ; jouée au théâtre de lu Unité le 27 octobre 1875. Le roi Vlan, las du pouvoir, veut abdiquer en faveur de sou fils, le prince Caprice, jeune homme de dix-sept ans ; mais celui-ci, déjà blasé sur tout, n'a nulle hâte de prendre la couronne. U rêve de faire pour se désennuyer quelque entreprise extraordinaire, et l'idée lui vient de partir pour la lune. Vainement on essaye de le devoumer d'un projet dont lu réalisation est chimérique. U s'obstine. Un réunit à l'observatoire les plus grands astronomes du pays. A la suite d une longue et orageuse discussion, les savants arrivent à Cetie conclusion, qu'il n'est pas impossible que le voyage soit possible, mais qu il est possible qu il auit impossible. Sur cet te belle réponse, tous le» astronomes sont destiiues, et, en désespoir de cause, le prince Caprice s'adresse à sou précepteur, Microscope, mécanicien habile, à qui il oruoune sous les peines les plus sévères de lui fournir dans dix juurs un véhicule pour aller dans notre satellite. Microscope se met à fondre un canon immense, dans la culasse duquel on introduit un obus, disposé intérieurement en forme dj chambre. Au jour dit, le prince Caprice s'y installe, suivi par son père, le roi Vlan, qui n'a pas voulu le quitter, et par Microscope, qui reçoit l'ordre de les accompagner. Le coup part, et l'obus, lancé vers la lune, tombe sur le satellite en effondrant le palais de Cosmos, empereur de l'empire lunaire, au moment même où une commission de savants y démunirait que ta terre ne pouvait être habitée. Le rui Vian et l'empereur Cosmos sont bientôt au mieux, et les habitants terrestres étudient les mœurs du pays, qui différent essentiellement des nôtres. LU, les médecins sont eufei mes dans une tour, de peur qu'ils ue propagent les maladies qu'ils sont chargés de guénr; l'em-

fiereur vit dans un palais de verre, pour que a peuple puisse surveiller à toute heure ses actions, ce qui rend le métier très-gênant; le ministre des finances est condamné au bannissement pour avoir enrichi, aux dépens de sa fortune, les caisses publiques ; les lunariens reçoivent en naissant toutes les décorations du pays. Chaque fois qu'ils font une

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action d'éclat, on leur en enlève une, de sorte que l'homme le plus honoré est celui ui n'a plus une seule décoration, etc. Pendant que le roi Vlan et Microscope étudient les mœurs du pays, le prince Caprice fait la cour k la belle princesse Faniasia, fille de Cosmos; mais celle-ci reste insensible. L'amour est inconnu dans la lune, par la raison qu'il n'y a point de pommiers et que, par conséquent, aucune femme n'a pu mordre au fruit défendu. Le prince Caprice, qui a précisément une pomme dans sa poche, la croque pour se consoler; les pépins tombent à terre, et, comme la lune est d'une fertilité prodigieuse, on voit des pommiers naître, grandir et se charger de fruits. Les femmes eu mangent, et aussitôt tout change de face. Fantasia lance de tendres regards au prince Caprice, l'impératrice poursuit de déclarations passionnées Microscope. C'est une véritable révolution qui vient de s'accomplir. Four les punir, il est décidé qu'on descendra au fond d un volcan éteint les trois étrangers qui ont causé tous ces désordres; mais le volcan entre en éruption et rejette les prisonniers. Tout finit par un embrassement général; Caprice épouse Fantasia, qui consent k raccompagner sur la terre. Cette pièce a beaucoup réussi. On y trouve de l'esprit, de l'invention et de la gaieté. Aux bonnes grosses malices de la vieille féerie, à ses procédés enfantins, les auteurs ont essuyé d« substituer les inventions subtiles d'un esprit raffiné et ont voulu faire de la satire de mœurs. M. Otfeubach y a joint une musique agréable, mais vei ii ablemeut exubérante. Quelques décors sont foi t beaux, notamment ceux qui reréseinent le canon de 20 lieues de longueur, es villes fantastiques de la lune, l'éruption volcanique et le lever de la terre. Le ballet de la neige est une vraie trouvuiile et du meilleur guût. La p'.èce a été fort bien jouée par M'Ie boutfar (le prince Caprice), Christian (le roi VUw) et Mlle Marcus (Fantasia).

VOYAGER v. n. ou intr. (voi-ia-jé ou voia-je — rad. voyage). Prend un e après le g devant a et o:Je voyageai; nous voyageons). Faire un voyage; auer en pays e.luigné : Voyager par toute l'Europe. Voyager en Italie, en Grèce, en Asie. Passer Sa vie à voyager. Voyagkr par terre, par mer. Quand on ne veut qu' arriver, on peut courir en chaise de poste; tuais quand on veut voyagkr, il faut aller à pied. (J.-J. Rouss.) Voyagkr est un des plus tristes plaisirs de la oie. (Mlne de Staël.) L'Anglais voyage pour voir, le Franfuispour être vu. (Rivai ul.) Voyagkr, ce n'est pas vivre, c'est chercher, c'est étudier, c'est promener son rêve. (M">s F. de Gir.) On voyage pour changer, non de lieu, mais d'idées. (H. Tnine.)

Amants, heureux amants, voulez-vous voyager? Que ce suit aux rivas prochaines.

— Par ext. Changer de lieu, se déplacer : Si nous ne pouvons voyager, la. terre voyage pour nous. (B. de M-P.).La tune voyage saus cesse amour de ta terre. iLibes.) Les saisons qui se reitouuellent sont tes climats qui voyagent et qui viennent nous trouour. (A. Karr.)

— Fig. Se trouver habituellement, être associé : Le contentement voyage rarement avec ta fortuite, mais il suit ta vertu jusque dans le malheur, (i'arie Lesezinska.) Il Progresser, se développer : Les idées ne marchent pas contme les divinités d'Homère, qui en trois pas traverse-il le ciel; la raison humaine voyage à petites journées. (Volt.)

— Prov. Qui veut voyayer ou Qui veut aller loin ménage sa monture, 11 ne faut point faire d'excès ; il faut user avec ménagement de ses forces, de ses facultés, pour les conserver longtemps :

Je lui dirais parfais : • Monsieur Perrin Dandin, Tout fianc, vous vous levez tous les jours trop matin : Qui vut voyuyer loin ménaye sa monture. Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure.

Racine.

— Chorégr. Dévier de sa place en faisant une pirouette : Voyager, c'est une manœuvre des plus dangereuses pour te souffleur ; il n'est pas rare de voir te visage de ceiui-ei endommagé par un petit pied voyageur, et l'on cite des pirouettes qui ont mis en danger le chef d'orchestre lui-même. (***.)

— s. m. Action de voyager : Le voyager me semote un exercice profitable. (Montaigne. ) Il Vieux mot. Il Avec le latin, le ruussin et le florin, on peut voyager pur tout le monde, Oo-peut aller partout ou l'on veut, quand on possède la connaissance du latin, un cheval et de l'argent, il Vieux proverbe.

VOYAGEUR, EUSE s. (voi-ia-jeur ou voia-jeur, eu-ze — rad. voyager). Personne qui est actuellement en voyage; personne qui a exécuté des voyages ou qui a l'habitude de voyager ; J'attends nos voyageuses. Celle auberye est fort commode pour les voyageurs. Cette voilure peut contenir vingt voyageurs. La rêverie du VOYAGEUR est une. sorte de plénitude de cœur et dévide de tête, qui vous laisse jouir en repos de votre existence. (Chateàub.) Les voyages conservent généralement et fortifient ta santé; si les voyageurs sont atteints de maladie, c'est presque toujours quand ils sont restés pendant un certain temps dans un même tieu, (Chomel.)

Les voyageurs entre eux font bientôt connaissance. C. d'Hakleville.

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..,,,.. i La règle ordinaire Est qu'un voyageur mente ou du moins exagère.

Jauffket.

— Par ext. Objet qui change de lieu, qui se déplace : Si les fleurs n'ont pas la faculté de se mouvoir, elles peuvent envoyer des voyageurs jusqu'à d'asses grandes distances. (A. Martin.)

— Fig. Personne qui se livre à des actes successifs, qui avance dans la vie : Vous êtes un voyageur qui cherche la patrie. (Lamenn.) Il médite sans effort , il produit sans épuisement, il marche sans fatigue, et c'est te voyageur d'idées le plus rapide que ''e connaisse. (Connen.)

L'homme est un voyai)p,ur qui passe ou qui séjourne. Et revient au néant.

Ou. Marin.

— Argot. Compère qui , mêlé aux spectateurs, aide un escamoteur d;ms les tours qu'il exécute sur la place publique, il Vol au. voyageur, Genre de vol pratiqué sur des voyageurs par des tilous qui se lient avec eux en se donnant pour voyager aussi.

— Mar. Réflecteur placé sur une bouée, pour guider les navigateurs.

— Adjectiv. Qui voyage habituellement :

Des oiseaux voyageurs. L'hirondelle voyageuse. De tous les oiseavx voyageurs, c'est la grue qui entreprend les courses les plus lointaines. (Buff,) La plupart des merles sont éminemment voyageurs. (E. Chapus.)

— !■ Qui a rapport aux voyages ; qui se passe en voyages ; qui pousse k voyager : Habitudes voyageuses. Existence voyageuse. Humeur voyageuse.

— Fig. Qui erre, qui s'égare :

Mon rêve voyageur se perd dans le ciel bleu.

H. Cantel.

— Commis voyageur, Commis qui voyage pour les affaires d'une maison de commerce.

Voyngettrs ancien» et woderucs (LES), excellent ouvrage d'instruction positive, résumant et coordonnant une foule de relations diverses, par MM. Ed. Charion et G. Doin (1855-1857), livre couronné par l'Académie. Ces relations, classées suivant un ordre chronologique, commencent k une haute antiquité et descendent, de siècle en siècle, jusqu'à notre temps, de manière à dérouler successivement sous les yeux des lecteurs le tableau des grandes explorations qui ont notablement contribué à la découverte des diverses parties de notre globe.

L'ouvrage se divise en quatre volumes; le premier comprend les Voyageurs anciens; Hininon le Carthaginois, Hérodote, Ctésias, Pytliéas le Marseillais, Néarque, amiral d'Alexandre le Grand, Jules César, P^usanias et Fo-hian, moine chinois uni, vers l'an 399 de notre ère, a visité le Thibet, l'Inde et l'île de Ceylan ; le second comprend Ie3 Voyageurs du moyen âge: Cosraas lndicopleustès, les pèlerins à Jérusalem, l'évoque français Arnulphe et saint Guillebaud, le juif Benjamin de Tudèle, Jean du Plan de Carpin , Marco Folo , l'Hérodote du moyen fige ; le troisième et le quatrième volume sont consacrés aux Voyageurs modems; troisième volume (xv« et xvie siècles) : Jean de béiheneourt, Chrisiophe Colomb, Amène Vespuce, Vasco de Gaina, Fernand de Magellan, Feruaud Cortez; quatrième volume txvie, xvii* et xvuie siècles) : Jacques Cartier, Drake, Bareniz et Heemskerk , Mendniiii, Pyrard de Laval, Buuguinvtlie, Cook, La Pérou»e.

» Les Voyageurs anciens et modernes, dit M. Villemaui, forment une collection ingénieuse, distribuée avec art, savaminenléelaircie et partout accompagnée de nouveaux détails. On a, pour ainsi dire, devant soi la découverte graduelle du monde, et à mesure qu'il se dévoile aux yeux de l'homme, on voit en. même temps se dégager et ressortir les principes essentiels de la nature humaine, les principes qui la dirigent, qui la soutiennent et qui la consolent. •

Lesgravuresexplicatives ajoutées au texte peuvent être considérées dans leur ensemble comme un essai à' Iconographie des voyages; aussi la valeur du texte aide son illustration mériie-t-elle la distinction dont l'a honorée l'Académie.

VOYANT, ANTE adj, (voi-ian ou vo-ian, on-te — rail. voir). Qui voit, qui jouit du sens de la vue : Vieiiturds aveugles et voyants.

. — Qui possède la vision des choses surnaturelles : Un prophète Voyant. Il Qui possède le don de clairvoyance : La femme est voyante à certains jours ; elle a l'aile infinie du désir'et du rêve. (Michelet.)

— Qui a un grand éclat, qui attire l'œil : Une couleur voyante. Dans la classe moyenne de la société anglaise, l'homme s'excède de travail pour donner à sa femme des robes trop voyantes et pour mettre dans sa maison les cent mille brimborions du demi-luxe. (H. Taine.)

— Frères voyants, Nom qu'on donne, aux Quinze-Vingts, aux hou. mes qui jouissent de la vue et qui sont mariés k des femmes aveugles, il Sœur voyantes , Dans le même établissement, Femmes qui jouissent de la vue et qui sont mariées k des aveugles,

— Art vetér. Se dit d'un cheval affecté de myopie : Les chevaux voyants ont les yeux bombés et sont généralement peureux. (Cardini.)

VOYfî

— Substantiv. Personne qui possède la vision des, choses surnaturelles : Samuel le voyant, Il y avait des voyants en Syrie, en Chaldée. (Volt.) La chasteté a été la vertu ou l'ambition des voyants les plus illustres. (Challemel-Lacour.)

— Par ext. Personne qui jouit d'une grande pénétration ; Il a la vue d'un lynx et la pénétration d'un voyant. (Balz.) On a répété à outrance que M. de Balzac était un observateur, un analyste; c'était mieux ou pis, c'était un voyant. (Pli. Cbasles.) I! Personne qui, sous l'influence du somnambulisme, prétend avoir la vision des choses surnaturelles.

— s. m. Mar. Instrument dont on se sert pour mettre en place les tins d'un bâtiment en construction, et pour juger de la courbure des ponts.

— Géod, Plaque de deux couleurs, mobile le long de la tige de la mire employée dans les opérations de nivellement.

— s. f. Hist. relig. Nom donné k des sortes d'illuminées des Etats-Unis.

— Encycl. Les voyantes des Etats-Unis d'Amérique sont les prêtresses d'un dogme nouveau. Elles ont pour fondatrice et pour pontife Elisabeth Denton. Les voyantes ont un but et l'avouent, c'est de remplacer la vaine science des anciens temps par une science nouvelle; elles voient a travers les pierres comme â travers les hommes; elles sont douées, voila tout; ce n'est pas leur fauta. Ces illuminées du nouveau monde admettent parmi elles quelques hommes, mais par pure complaisance; elles leur permettent quelquefois de venir partager leurs richesses et de propager leur Evangile. Elles se réservent le ■ don, lu grâce, l'influence,» c'est-à-dire « l'extase et la clairvoyance, » inaccessibles k leurs frères grossiers et k leurs rudes, maris. La première voyante se nommait Anne Bridge. Son frère, William Denton, géologue, médecin, collectionneur, mari d'Elisabeth Démon, la fondatrice, mérite d'èlie signalé parmi les caractères de l'Amérique moderne. Rabelais ou Molière auraient fait un bon chapitre de l'événement pharmaceutique qui donna l'impulsion au nouveau dogme. Ayant appris d'un de ses amis, médecin, nommé Buchanan, que certaines malades pouvaient être purgées par la seule imagination, c'est-à-dire en plaçant dans la paume de leur main les pilules purgatives, ' Denton, émerveille de cette délicatesse d'organes, pria sa sœur d'essayer; elle ne manqua pas de correspondre au vœu fraternel et de prouver l'exquise sensibilité de ses nerfs, non-seulement en se purgeant par la paume de la main, mais en lui annonçant qu'elle lisait à première vue k travers toutes les enveloppes de lettres. Vous placiez sur le front de la voyante une lettre cachetée; aussitôt dans les plis de son cerveau se dessinait la figure de l'homme qui l'avait écrite; elle reconnaissait la taille, la physionomie, la couleur des cheveux. Elle livrait à son frère une description détaillée du personnage. Après bien des recherches, le mari de l'illuminée Unit par déclarer que te soleil avait dû photographier, pendant qu'on écrivait la lettre, l'image, invisible à tous les yeux,' de la personne qui tenait la plume. Ni lui, Denton, ni sa femme n'apercevaient cette photographie, mais elle était claire et visible pour des sens plus aiguisés; la sœur Anne déchiffrait tout. Puis bientôt Elisabeth Denton, la femme du géologue, voulut avoir sa part de ia découverte, et avec un peu d'exercice elle y réussit parfaitement. La secte fut fondée et fit quelques progrès, sans toutefois faire parler d'elle outre mesure et sans expédier eu Europe un échantillon de -ses

voyantes.

VOYE s. f. (voi-ie ou vo-ie). Pèche. Bouée qui sert à retrouver les filets tendus par fond.

VOYEL, ELLE adj. (voi-ièl ou vo-iè-le.— V, VOYELLE). Vocal, qui est fait de vive voix : Que la philosophie condamne hardiment cette lâcheté voYi.lxE, si elle n'est ni cordiale ni stomacale. (Montaigne.) il Vieux mot.

VOYELLE s. f. (voi-iè-le ou vo-iè-le — lat. vocalis; de vox, voix. Ce mot latin est aussi le t) pe de l'adjectif français vocal). Grumm. Simple émission de voix, indépendants de toute articulation, et susceptible d'être modifiée par les diverses articulations appelées consonnes; lettre qui représente cette émission de voix : La diphlhongue se forme de deux voyelles prononcées ensemble, comme dans ciel, Dieu, oui. (Acad.) Les Anglais ont perverti toutes tes voyelles; ils les prononcent autrement que toutes les nations. (Volt.) L'a muet est ta seule voyelle douce que possèdent les Français. (Caslii-Blaze.) L'habitude de ne point écrire les voyelles réduit les textes sémitiques 'à une sorte de squelette. (Renan.) Gardes qu'une voyelle, à courir trop hâtée. Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée»

Boileau.

il Voyelle simple, Celle qui a un son simple, ou improprement Celle qui s'écrit avec un seul caractère : A, é, i, o, u, ou, ai sont des voyelles simples. -fl Voyelle double, Celle qui se compose de deux voyelles prononcées eu une seule émission de voix, et qui s'écrit ordinairement au moyen de deux caractères, comme l'a, ui, oi, etc. On dit plus ordi-

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