‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 849 sur 1042 · VOYÉ · texte numérisé non relu

VOYÉ

nairement diphthongub. il Semi-voyelle. V. ce mot à son rang alphabétique. H Pointsvoyelles, Points ou petits signes destinés k représenter les voyelles, dans l'écriture hébraïque.

— Encycl. La voyelle, considérée en ellemême, est le cri spontané, l'écho de chaque impression qui frappe nos sens. Ces modula? tions, qui se combinent et se reflètent sous mille nuances, paraissent échapper, au premier coup d'œil, à toute analyse rigoureuse i; mais un examen plus attenlit démontre facilement le contraire, et, si l'on ne peut pas toujours saisir chaque transition mobile des voyelles, du moins peut-on déterminer la mode même de leur formation et par lk leurs espèces.

Le professeur Czermak, en introduisant une sonde à travers le nez dans la cavité du pharynx, sentit distinctement que la position du voile changeait k chaque voyelle prononcée, que c'était pour a qu il s'abaissait le plus, et qu'il s'élevait successivement avec e, o, a, i, atteignant avec cette dernière voyelle sa plus grande hauteur. Il prouva de même que la cavité du nez était plus ou moins ouverte suivant que l'on prononçait telle ou telle voyelle. En introduisant de l'eau dans le nez, il reconnut que, taudis qu'il prononçait i, u, o, l'eau restait dans le nez, mais qu elle passaitdans la gorge quand il arrivait k e, et que cet effet se produisait d'une manière encore plus marquée quand il prononçait a. Ces deux voyelles, a el e, étaient les seules voyelles que ue pût réussir k prononcer un jeune homme nomme Leblanc, dont le larvnx était complètement fermé. Si, au lieu d'émettre librement k travers la bouche le son-voyelle, nous laissons s'abaisser le voile du palais et que nous forcions ainsi l'air k vibrer à travers les cavités qui rattachent le nez au pharynx, nous entendons les voyelles nasales nu, on, tn, an, etc., si communes en français. Il n'est pas nécessaire que l'air passe réellement k travers le nez; au contraire, nous pouvons .fermer le nez, et nous ne ferons ainsi que rendre l'accent nasal encore plus' marqué. La seule condition nécessaire est le déplacement du voile qui, dans les voyelles ordinaires, couvre plus ou moins complètement l'orifice postérieur des fosses nasales. Les d ffereiits degrés de cette fermeture ont étédéterminés par l'expérience qu'à fuite le professeur Czermak, au moyen d'un miroir métallique qu'il appliquait aux narines pendant qu'étaient successivement prononcées les.

voyelles pures et les voyelles nasales.

Duges, dans sa Physiologie comparée des hommes et des animaux, considère les voyelles comme des timbres particuliers imprimés k la voix brute par l'élargissement de divers points du porte-voix formé par le gosier et la bouche. Un autre sa-vant médecin dit que ce qui constitue l'essence des vuyelles, ■ c'est d'être des so.is stables, c'est-k-dire susceptibles d'être prolongés indéfiniment.

Le président Debrosses, dans son Traité de la formation mécanique des langues, se contente, pour définir la voyelle, de dire que c'est le sou conduit dans le canal de la parole. Kerapeleu donne un peu plus de précision et d'exactitude k la définition du philologue français, en ajoutant que le canal dans lequel le son devient voyelle est formé par la langue el les lèvres.

La théorie que M. VaTsse a déduite de ses observations sur les sourds-muets mérite d'être citée ici, au moins en partie.

• Ce n'était pas, dit-il, dans la disposition de la partie antérieure de l'organe que pouvait consister la différence absolue qui devait se trouver entre la voyelle et la consonne; mais ce n'était pas non plus dans la partie la plus reculée; car, si le jeu du larynx eût été la partie essentielle de la voyelle, les voyelles n'eussent pas existé dans la parole k voix basse, tandis qu'eu parlant aussi bus qu'il était possible on pouvuit toujours faire entendre et distinguer entre eux les sons a, o, i, u, etc.

• La voyelle est un son essentiellement guttural. Elle est k proprement parler le Seul qui soit tel, et c'est k ce point de vue que l'on comprend la justesse de cette expression du poète latin :

Vox faucibus Imsit.

i II est bien constant pour nous, d'une part, que c'est le rétrécissement et non, comme l'ont cru Rush et Duges, l'élargissement du tuyau oral qui produit la voyelle^ et, d'autre part, que Cette uarlie du canal qui est formée par le palais, la langue el les lèvres sert, non pas comme le veut le premier, k constituer le son fuudamental de la voyelle, mais simplement k le modifier et k multiplier ses variétés. >

M. Vaïsse ajoute que l'orifice extérieur du tuyau vocal est susceptible d'une tension plus grande pour les consonnes que pour les voyelles, et que des diverses classes de lettres les voyelles ne sont cehes sur lesquelles on peut faire la plus longue tenue que parce que ce sont celles qui lussent le souffle s'écouler le moins rapidement. Il avance aussi que le secours de voyeltes n'est pas indispensable k la prononciation des consonnes.

« Le fait, dit-il, est tellement vrai qu'en pressant la question on pourrait en faire sortir la conclusion diamétralement opposée et trouver que l'émission d'une voyelle déter-

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