VOYE
mine nécessairement celle d'une consonne préalable et préparatoire, consonne qu'en l'absence de tonte antre on peut encore reconnaître soit dans la légère aspiration, soit dans l'explosion gutturale ou pharyngienne dont il est aisé de constater 1 existence nécessaire pour la production du son vocal; ces deux phénomènes peuvent être regardés chacun comme le type le plus simple, lu plus rudimentaire d'une des deux classes d'articulations qui renferment toutes les consonnes possibles, la classe des explosives et celle des aspirées.
> Quelque essentielle que soit la différence que nous avons constatée entre la voyelle et la consonne, cependant, comme, en raison du poinÇ de l'organe sur lequel se passe le phénomène physiologique qui produit celte différence, elle peut échapper à une observation superficielle, on conçoit que chez certains peuples la distinction n'ait pas été faite avec netteté, et que, dans l'alphabet des plus importants rameaux de la famille sémitique, les Hébreux et les Arabes, certaines lettres, telles que l'alef, le vuv et le yod ou ye\ soient restées pour ainsi dire sur la ligne de démarcation des deux classes de lettres, et aient été attribuées par les grammairiens tantôt à l'une et tantôt à l'autre, étant prises par les uns pour le son vocal même, tandis que par les autres elles étaient confondues avec le degré d'aspiration que nous venons de voir accompagner régulièrement l'émission d'une voyelle isolée ou du moins initiale. C'est de cette manière que s'explique la confusion de l'i et du j, de l'u et du v, si longtemps fuite chez les Latins et léguée par ceux-ci à nos ancêtres. »
M. Vaïsse essaye aussi d'établir une division physiologique des voyelles et rappelle d'abord les opinions des physiologistes qui ont tenté le même travail. Debrosses ne connaissait qu'une voyelle, muis il admettait dans cette voyelle une infinie variété de formes. Le physiologiste Dugès, cherchant à soumettre les diverses voyelles à un essai de classification, place ensemble d'une part, comme gutturales, les voyelles a, e, i, et d'autre part, comme gutturo-buccales, o, eu, u. De leur côté, JIM. Savart et Deleau se sont efforcés d'éiablir que dans la formation de la voix c'est le palais qui est immédiatement frappé par le jet d'air pour les voyelles a, e, i, l'intervalle des dents légèrement écartées pour la voyelle o, et les lèvres diversement figurées pour les voyelles u et ou.
Wallis et Amman ont aussi dressé des tableaux complets pour la classification des voyelles. Le- premier voulait ramener ces lettres comme les consonnes aux trois classe» des gutturales, des palatales et des labiales; mais, malgré ses habitudes de précision malhémaiique, le professeur d'Oxford ne parvint pas à faire cadrer d'une manière satisfaisante les rapports naturels des sons avec ceux des cases de son tableau. 11 est juste de dire, observe M. Vaïsse, qu'il est difficile de classer d'une manière complètement rigoureuse les voyelles et surtout de donner avec justesse au tableau qu'on en dresse des formes symétriques. La variété des voyelles est produite par celle des dispositions du tuyau vocal. Les parties molles et mobiles des parois de ce tuyau, telles que lu langue et les lèvres, produisent, dans 1a bouche un travail modidcateur du son, travail' analogue jusqu'à un certain point à l'action de la main de l'exécutant dans le -pavillon du cor. Mais le docteur Segond a fait avec raison remarquer que, dans la production des voyelles, certaines parties de 1 organe peuvent se suppléer etque ce que nous pouvons considérer cuinme le pavillon de l'instrument vocal ne prend pas, pour la production d'un même sou, une configuration identique chez tous les individus. On observe notamment qu'il peut s'établir une sorte de compensation entre la partie antérieure de la cuvilé buccale et celle de la panie posté- ! rieure. C est là une circonstance de la pro- I nonciation des voyelles avec laquelle sont ' familières les personnes qui pratiquent la , ventriloquie, puisque ces personnes parviennent à dissimuler presque complètement à l'œil le jeu des organes extérieurs ou plutôt à substituer à ce jeu celui d'une autre partie de l'appareil vocal. En général, on a remarqué aussi que les lèvres, la partie la plus extérieure de cet appareil, prennent à la prononciation une part plus active dans le Midi, où les poumons s'ouvrentavec bien-être à l'air tiède de l'atmosphère, taudis que les organes moins directement eu contact avec l'air extérieur, sont de préférence mis en jeu dans le Nord, où, par 1 occlusion plus habituelle de la bouche, ou cherche à garantir les voies aériennes du contact trop fréquent d'une atmosphère glacés. Cette sorte de latitude dans le choix de la partie ce l'organe à mettre en jeu pour la prononciation des voyelles donne à cette classe de sons quelque chose de moins dértni qui explique le caractère secondaire du rôle qu'au pomtde vue de l'étymologie elle remplit dans certaines langues, dans toutes celles de la famille sémitique, par exemple... V. alphabet, diph-
THONGUë, NÉOQHAPHIB.
VOYBR v. a. ou tr. (voi-ié ouvo-ié— rad. ooi'e. Change y en i quand la terminaison commence par un e muet : Tu voies; nous voterions). Techn. Faire écouler. Il Voyer la
Voys
lessive. Verser la lessive chaude sur le linge. Il Voyet le papier, Secouer les feuilles de
fiapier pour en faire tomber la poussière, et es arranger de manière que l'une ne dépasse pas l'autre.
VOYER s. m. (voi-ié ou vo - ié — lat. viarius, inspecteur des chemins ; de via, voie). Admimstr. Officier, agent préposé à la police des chemins et à celle des rues : On ne saurait bâtir sur la rue sans la permission du VOYUR. (Aead.) || Grand voyer, Officier qui, sous l'ancienne monarchie, était chargé de l'administration générale des voies publiques.
— Adjectiv. : Agent voyer. Architecte