‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 851 sur 1042 · VOYER · texte numérisé non relu

VOYER

— Encycl. Le titre de voyer a été emprunté à. l'antiquité romaine,

Dans notre histoire, il est parlé de voyers et de sons-voyers dès le règne de Henri I". Le voyer était alors un juge de la moyenne justice appelée voirie, et il était aussi préposé à la police de la voirie proprement dite.

Dès le temps de saiut Louis, il y avait un voyer à Paris.

A l'époque de Henri IV, la police de la voirie était confiée à des officiers locaux ayant le titre de voyer. Au milieu de l'anarchie générale, rien ne stimulait l'apathie, rien ne mettait obstacle à la volonté de ces voyers, qui n'étaient soumis à aucune direction centrale. L'institution de la charge de grand voyer de France, par édit de mai 1599, vint donc pourvoir à d'urgentes nécessités. Ce fut Sully qui obtint cette nouvelle charge. Il existait alors un voyer de Paris, dont la charge fut réunie à celle du grand voyer.

Les principales fonctions de ce dernier étaient de nommer tous les voyers de province et de surveiller leurs travaux. En 1826, l'office de grand voyer fut uni au bureau des finances, et bientôt après le voyer de Paris fut rétabli.

Aujourd'hui, dans chaque département, un agent voyer en chef dirige le service sous l'autorité immédiate du préfet, et centralise au chef-lieu toutes les opérations. Chaque agent voyer en chef a sous ses ordres les agents voyers d'arrondissement, qui sont préposés aux travaux des chemins de grande communication, et les agents voyers cantonaux, chargés de surveiller les chemins de petite communication.

Le traitement de chacun de ces agents voyers est déterminé par le conseil général du département. Les agents voyers sont admis après examen.

VOYER D'ARGENSON, nom de plusieurs personnages français qui ont rempli des fonctions importantes. V. Argenson.

VOYETTE s. f. (voi-iè-te ou vo-iè-te — rad. voyer). Techn. Grande écuelle a manche, dont on se sert pour voyer la lessive.

VOYEOSE s. f. (voi-ieu-ze ou vo-ieu-ze). Espèce de tabouret.

VOYOUS, m. (voi-iou ou vo-iou.— M. Francisque Michel tire ce mot de voie. Voyou désignerait proprement, selon lui, l'homme de la voie publique, de la rue. M. Ch. Nisard croit que voyou vient de loup-garou, et voici comment : dans les villages do l'Artois, on entend dire souvent, en manière de juron ou d'apostrophe, à un homme qu'on croit rusé, malin et méchant : vainlaiwarou, c'est-à-dire vilain loup-garou. Laiwaroit est le même que loup-garou. On dit en Picardie louéroux, leuwarou. Leuwarou-démon y est également un juron. C'en est aussi un en Bourgogne, où l'on dit : sacré loup voirou ou voirlou. Toutes ces- formes sont les mêmes, ou peu s'en faut. On dit encore en Bourgogne crier comme un voirou ou voirlou, et l'on appelle de ce nom les mauvais sujets, les vagabonds, les hommes suspects, et généralement ceux dont la conduite et l'aspect sont un sujet de scandale et d'effroi). Jeune homme qui a pris des habitudes crapuleuses, et qui vit habituellement dans la ruo : Le gamin avait tourné au voyou, puis le voyou était devenu escarpe. (V. Hugo.) Le chiffonnier moderne, c'est le voyou insolent, sceptique, plus ignorant, plus crédule, aussi superstitieux, mais beaucoup plus méchant que te sauvage des grands lacs du nord de t' Amérique. (Privât d'Angleînont.)

La race de Paris, c'est le pile voyou Au corps chétif, au teint jaune comme un vieux sou-

A. Barbier.

VOYOUCRATE s. m. (voi-iou-kra-te ou vo-iou-kra-te — de voyou, et du gr. kratos, force). Fa m. Partisan de la voyoucratie-.

VOYOUORATIE s. f. (voi-iou-kra-sî ou vo-iou-kra-sî — rad. voyoucratie). Domination de la lie du peuple.

VOYOUTE s. f. (voi-iou-te ou vo-iou-te — fém. de voyou). Fille qui a les habitudes des voyous. Il Peu usité.

VOYOUTISME S. m. (voi-iou-ti-sme ou vo-iou- ti-sme — rad. voyou). Etat, condition du voyou.

VOYRA s. m. (voi-ra). Bot. Genre de plantes, de la famille des gentianées, comprenant une quinzaine d'espèces, qui croissent sur les troncs des vieux arbres, dans l'Amérique tropicale.

VOYS (Ary), peintre hollandais, né à

VRAI

Leyde en 1641, mort on ne sait- à'qaelle époque. Elève de Knupfer et de Van Temple, il acquit fort jeune beaucoup de réputation ; mais, ayant fait un riche mariage, il cessa de travailler et ne songea qu'aux plaisirs. Au bont de treize ans, la fortune de sa femme étant entièrement dissipée, il fut forcé de revenir à la peinture et retrouva tout son talent d'autrefois. Il a peint des tableaux d'histoire et des paysages ornés de figures exécutées avec le plus grand soin. Par sa manière il se rapproche tantôt de Poelembourg, tantôt de Brauwar; il a cherché aussi a imiter Teniers, mais il est demeuré bien inférieur à ce maître. On cite parmi .ses compositions les plus remarquables : Didon et Enée surpris à la chasse par l'orage; Sainte Cécile jouant d'un instrument de musique; un Soldat, petite toile dont Houbraken fait un éloge enthousiaste. On voit de cet artiste, au musée du Louvre, le Portrait d'un négociant à son bureau et un Peintre à son chevalet.

VOYS1N (Daniel-François), chancelier de France, né a Paris en 1654, mort en ni7. U fut successivement conseiller au parlement, maître des requêtes, intendant du Hainaut, conseiller d'Etat, intendantdeSaint-Cyr.se crétaire d'Etat de la guerre après Chamillart (1707), enfin chancelier après la retraite de Pontchartrain (17M). Créature de Mme de Maintenon, il contribua aux dispositions testamentaires de Louis XIV en faveur des princes légitimés, les écrivit lui-même, en vendit ensuite avec Villeroi le secret au duo d'Orléans et, quelques jours après la mort du roi, en proposa l'annulation au parlement, sous la condition que le régent lui payerait comptant 400,000 livres et lui conserverait les sceaux (1715). Il entra au conseil de régence ; mais son avilissement l'empêcha d'y exercer aucune influence.

VOYVODE s. nu (voï-vo-de). V. vayvode.

VOYVODIE S. f. (voï-VO-di). V. VAYVODIB.

VRAC s. m. (vrak — corrupt. du mot varec, le varec ne demandant aucun arrimage dans les bateaux qui le transportent). Mar. Etat des marchandises que l'on jette pêlemêle dans le navire, sans donner aucun soin à leur arrimage : On charge les boulets en vrac, o On dit quelquefois vraqub ou> vragub.

— Pêche. Poissons en vrac, Poissons mis en barils sans y être rangés.

— Chem. de fer. Mode d'expédition des marchandises non emballées : Meubles expédiés en vrac.

— Econ. rur. Engranger en vrac, Engranger sans botteler.

— Ichthyol. Espèce de poisson du genre labre.

VRACEUE, ville de Belgique, province de la Flandre orientale, arrond. et à 25 kilom. N.-E. de Termonde ; 6,000 hab. Commerce de grains, bestiaux, toiles et bois.

VRAI, VRAIE adj. (vrè, vr-è — du vieux français verai, qui, comme le provençal verai, même sens, vient d'une forme latine veracus, dérivée de verus, vrai. Verus, qui existait dans la vieille langue sous les formes »e»\ d'où avérer et voir, appartient à la même famille que le germanique war, le kynirique gwyr, l'irlandais fir, firinne, etc. Ces divers termes désignent la vérité comme ce qui est excellent en soi et se rattachent à la racine sanscrite var, honorer, vénérer," choisir, préférer, désirer, etc.). Véritable , conforme à la vérité : Cette proposition est vraie. Cela n'est pas vrai. Cette nouvelle ti'est pas vraie. Le fait est vrai. Je veux savoir si les choses sont vraies avant que de les trouver belles. (Fén.) Rien ne vient de rien est aussi vrai que deux et deux font quatre. (Volt.) Rien de beau que le vrai, mais tout ce qui est vrai n'est pas beau. (Andrieux.) On est bien loin de reconnaître, pour vrai ce qu'on imagine avoir intérêt à trouver faux. (Lamenn.) Il n'y « d'utile que ce qui est juste, de bon que ce qui est vrai, de grand que cequi est simple. (E. de Gir.)

— Qui dit la vérité, qui a l'habitude de la dire; qui est franc, sincère : La comparaison ne fait que trop sentir le prix des personnes vraies, douces, sûres, raisonnables, sensibles à l'amitié et au-dessus de tout intérêt, (Kén.) La plupart des caractères vrais sont inconséquents. (M106 de Staël.) Il faut être vrai, car il n'y a de force que dans la vérité. (E. de Gir.)

Soyez vrai, mais discret; soyez ouvert, mais sage.

Etienne, Vrai dans tous Bes écrits, vrai dans tous ses discours.

Vrai dans sa pénitence à la flu de ses jours, Du maître qui s'approche il prévient la justice, Et l'auteur de Joconde est armé d'un cilice.

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