‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 860 sur 1042 · VULG · texte numérisé non relu

VULG

méritent d'être conservés, (D'Olivet.) La probité vulgaire est moins une règle de conscience qu'une règle de conduite. (Latena.)

— Se dit d'une langue parlée communément, par opposition a la langue écrite ou savante . Traduction de la Bible en langue vulgaire. On commença seulement au xvie siècle à sentir que te beau, pour è'.re en langue vulgaire, ne perdrait rien de ses avantages. (D'Aleiab.) La naissance de la langue vulgaire fut, en Italie, la naissance de l'esprit nouveau. (Lamenn.) De graves inductions amènent à regarder l'arabe vulgaire comme antérieur, dans l'usage, à l'arabe littérat, (Renan.)

— Trivial, bas, commun, sans noblesse, sans élévation, sans distinction : Pansées VULGAIRES. Sentiments vulgaires. Esprit vui.gaihë. Ame vulgaire. Les hommes vulgaires tombent et ne se relèvent plus sous le poids du malheur, (Chateaub.) La douleur aigrit les âmes vulgaires. (Latena.) La douleur ennoblit les personnes les plus vulgaires. (Balz.) Femme vulgaire, femme légère (Michelet.)

Oh s'ennuie aux exploit» d'un conquérant vulgaire.

Il n'est de vulgaire chagrin Que celui d|une âme vulgaire.

A., de Musset.

— Mythol. gr. Vénus vulgaire, Nom sous lequel Vénus était adorée à Athènes. •

— Substantiv. Antiq. roui. Nom donné à. tous les esclaves d'une maison qui, ne se distinguant de l'ensemble de la famille servile par aucune fonction plus relevée, étaient propres à tous les offices.

— s. m. Peuple, commun des hommes : Le vulgaire s'arrête à l'écorce et aux apparences, (Putru.) Ceux gui méprisent te plusy le vulgaire sont souvent obligés de parler et de paraître penser comme le vulgaire. (Volt.) Les succès emportés à coups de canon étourdissent le vulgaire. (Scribe.)

Je crois, quand une femme a !e don de 8e taire. Qu'elle a des qualités au-dessul Au vulgaire.

Corneille.

Ce n'est pas pour toi que j'écris, Indocte et Btupide vulgaire.

Desmabest.

Etendre son esprit, resserrer ses désirs, C'est là le grand secret ignoré du vulgaire.

Lamartine.

— Ce qui est vulgaire : On renonce au bon sens plutôt que de tomber dans le vulgaire. (Bougeait.) Le vulgaire est un vieux Narcisse gui s'adore lui-même et gui applaudit le vulgaire. (V. Hugo.)

— Prov. Il faut penser avec les habiles gens, mais parler avec le vulgaire, Il faut avoir des pensées élevées, mais il ne faut pan les exprimer devant tout le monde.

— Syû. Vulgaire, commun, ordinaire, etc. V. COMMUN. -

— Allas, Lttér. Je liais le profane vulgaire et le liens à l'écart. V. OM PROFAKUM

vulgus et arceo.

VULGAIREMENT adv. (vul-ghè-re-man— rad, vulgaire). Communément : Vulgairement parlant. Ou dit vulgairement que

Il Dune manière vulgaire, commune, peu distinguée : Apprenez à vous énoncer moins vulgairement. (Mole.)

VULGARISATEUR , TRICE s. m. (vul-gari-za-teur, tri-se — rad. vulgariser). Personne qui vulgarise, qui rend une chose vulgaire, qui en répand ['usage : Les vulgarisateurs sont en général des esprits féminisés. (Proud.) Le système d'enseignement du moyen âge, prolongé et modifié dans le xvme siècle, produisit les libres penseurs, tes vulgarisateurs, et finalement la Révolution française. (E. Littré.)

— acij. Qui vulgarise : C'est un esprit vulgarisateur et qui ne se paye pas de mots, (Proudh.)

VULGARISATION s.-f. (vul-ga-ri-za-si-on — rad. oulyariser). Action de vulgariser, résultat de celte action,: Employée d'abord exclusivement par l'Eglise à la vulgarisation des idées religieuses, l'imprimerie avait commencé bientôt à les saper. (Laniart.) Le théâtre, dernier organe de ta vulgarisation des idées, commence à se préoccuper des chemins de fer. (Th. Gaut.) •

VULGARISER v. a. ou tr. (vul-ga-ri-zé — rad. vulgaire). Faire connaître au grand nombre, rendre vulgaire : Il n'est dangereux de vulgariser les lumières et la vérité que chez un peuple corrompu. (Ch. Nod.)

Se vulgariser v. pr. Etre vulgarisé, devenir vulgaire ; Certaines idées trouvent beaucoup de peine à se vulgariser.

VULGARisme s. m. (vul-ga-ri-sme — rad.

vulgaire). Chose vulgaire ; pensée, expression vulgaire.

VULGARITÉ s. f. (vul-ga-ri-té — rad. tmZ- 0<hVs). Caractère, défaut de ce qui est vulgaire : La vulgarité d'une doctrine, d'une opinion. La vulgarité du ton, des manières. La vulgarité, en éteignant l'imagination , produit l'ennui. (H, Beyle.) 0 vulgarité 1 c'est elle qui perd la France, c'est elle qui la fait verser dans l'ornière profonde de toutes les idées fausses. (E. de Gir.)

YULL

— Rem. M»» de Staël croyait, H tort, avoir créé ce moi, peu u-,ité du reste avant elle.

VULGATE adj. (vul-ga-te — tat. vitlgatits, même sens. V. vulgaire). Philol. Qui estgé- néralement accepté ou répandu : Le texte vulgàtb d'Homère, Les éditions vulgates de Virgile, il Peu usité.

— ■ s. f.' Version laline de la Bible, qui est en usage dans l'Eglise catholique : ioVuL- Gatb a été déclarée authentique par le concile de Trente. (Acad.) On l'appelle aussi nouvelle V.ulgatb, par opposition à la suivante.

— Ancienne Vulgate, Traduction latine de la Bible, faite sur la version grecque des Septante.

— Encycl. V. Bible (tome II, page cso). VULGIENTES, peuple de la Gaule romaine,

dans la Narbounaise Ile, capitale Apta; aujourd'hui Apt.

VULGI VAGUE adj. (vul-ji-va-ghe — du lat. vulgus, vulgaire ; vayus, errant). Vagabond, qui erre d'objet en objet, qui ne se fixe pas : Le mariage est le plus grand frein de l'impudicitê vulgivague. (Volt.) Il Peu usité.

VULGO adv. (vul-go ~ mot lat.). Vulgairement, dans le langage vulgaire : Cartesius, vulgo Descaries. Le crategus oxyacantha, vulgo aubépine.

VULLIEMIN (Louis), historien suisse, né à Yverdun, canton de Vaud, en 1797. Il a été professeur à l'Académie de Lausanne et est président honoraire de la Société d'histoire suisse française. Sa vie se résume tout entière dans ses travaux, qui ont eu pour objet presque constant l'histoire de sa patrie. Il a traduit et continué, avec Monnard, VH-istoire des Suisses du Jean Muller, demeurée inachevée par suite de la mort de cet historien, et qui comprend dix-huit volumes in-8° ; M. Vulliemin est l'auteur des tomes X-XIH, qui renferment l'histoire du xvie et du xvtie siècle et celle du commencement du xvmo. On a encore de M. Vulliemin : la Heine Berthe (1843, in-4°); le H février, simple récit delà révolution du canton de Vaud (184S, in-S°); Noticesur A. Gauthier (1858, iri-12) ; VEglise romaine en Suisse (1852, in-8°); le Doyen Bridel (1855, in-12); William Peen llSâS, in-8°); la Suisse dans la question de Savoie (1860, in-18) ; Un magistrat suisse, Auguste Pidou (1860, in-15) ; le Canton de Vaud(lSHZ, in -12); Chillon, éludes historiques (1863, in-16); Souvenirs racontés à ses petits -enfants (1872, in-18), etc. On lui doit en outre différents travaux sur Charlemugne et son époque, un Tableau du canton de Genève, des études de biographie historique insérées dans le recueil de documents et mémoires de la Société pour l'histoire de la Suisse française, dont il a été l'un ries fondateurs. Il a, de plus, collaboré à la Bibliothèque de Genève, à la Revue chrétienne de Paris, etc.

VDLL1ET (Adam), écrivain suisse, né a Commugiiy, prèsdeCoppet, en 1814. Lorsqu'il eut terminé ses études, il se destina au ministère évangélique et se fit recevoir pasteur. M. Vuiliet devint, par la suite, directeur de l'Ecole normale de la Société évangélique de France à Paris. De retour en Suisse, il s'est établi à Lausanne, où il a pris la direction de l'Ecole supérieure des jeunes filles. Il dirige le journal la Famille, qui parait dans cette ville. M. Vudiet s'est fait connaître par un grand nombre d'ouvrages destinés a l'instruction et à l'éducation de la jeunesse, et dont plusieurs ont eu de nombreuses éditions. Nous citerons de lui : Esquisse d'une histoire universelle envisagée au point de vue chrétien (1844-1847, 0 voi. in-12), comprenant trois parties : Histoire ancienne, grecque et romaine; Histoire du moyen âge et Histoire moderne; Esquisse d'une nouvelle géographie physique destinée à intéresser la jeunesse à l'étude de cette science, à l'aide de l'histoire naturelle, de ta description d'animaux, de minéraux, de ptautes utiles, etc., et d'un "grand nombre de gravures intercalées dans le texte (1853, 3 vol. in-12) ; Quelques merveilles de la nature et de l'art, lectures instructives pour les familles et les écoles (1856, in-18); Sarah, ou les Parfums d'une piété ei/fuiutne. Une nouvelle pour lu jeunesse (1856, iu-isj; Albert, ou Entretiens d'une mère avec son enfant sur l'âme et sa destinée (1856, in-18), trad. libre de l'anglais; Esquisse d'une nouvelle géographie de la France (1856, in-12)', comprenant la géographie physique et la géographie historique, politique et industrielle; Michel le mineur, narration hongroise (1856, in-18); Abrégé de géographie physique et politique (1857, in-12); Scènes et Aventures de voyages, histoires inédites et récits destinés à intéresser à l'étude de la géographie (1857-58, 6 vol. in-18); Récits d'histoire ancienne présentés aux enfants (1861, in-12); Histoire de l'Eglise chrétienne (1863, in-12), etc.

VULLY (mont), montagne de la Suisse, canton de Vaud, située entre le lac de Neuchàtel et celui de Morat. Du côté du lac de Morat, le mont Vully est couvert de vignes; du côté de Neuchàtel, de forêts. La contrée environnante s'appelait au moyen âge comté de Vully et dépendait des comtes de Neuchàtel. Plus tard, il fut divisé en Vully vaudois et Vully fribourgeois. Cette jolie contrée ne contient que des villages, dont la plus connu est celui de Motiers, qu'il ne faut pas confondre avec Motiers-Travers, dans le canton de Neuchàtel.

,VULP

VULNÉRABILITÉ s. f. (vul-né-ra-bi-li-té

— rad. vulnérable). Caractère de ce qui est vulnérable.

VULNÉRABLE adj. (vul-né-ra-ble — lat.

vulnerabilis : de vulnerare, blesser. V. vulnéraire). Qui peut être blessé : La cuirasse des chevaliers laissait peu d'endroits vulnérables.

— Par ext. Qui peut être attaqué avec succès : Le nord de la place est seul vulnérable.

— Fig. Faible, défectueux, sujet a donner prise : Le testament est olographe, il est par conséquent «rés-vuLNÉRABLli. (Bals.) On n'est ridicule, on n'est vulnérable que par ses prétentions. (Mm» E. de Gir.) Les ouvrages des plus grands génies ont eux-mêmes leur

CÔté VULNERABLE. (Vilet-)

VULNÉRAIRE adj. (vul-né-rè-re — Int.

vulnenurius ; île vulnus, blessure, mot qui répond exactement au sanscrit vrana, même sens, dont on ignore du reste l'origine). Sa dit des médicaments regardés comme plus particulièrement propres à guérir les plaies et les blessures ■ Eau vulnéraire. Le millepertuis est une des principales herbes vulnéraires. (Aoad.) On prise fort les hérites vulnéraires des montagnes de Suisse. (Acad.)

— s. m. Médicament employé ponrlaguérison des pluies et des blessures, il Plus ordinairement, Préparation liquide, qu'on administre dans des cas très-diveis, mais p. us particulièrement à la suite d'une blessure grave ou d'une émotion violente : Marchand de vuLNÉRAlRK suisse. On se sert des vulné ■ raires pour les maux d'estomac , pour les coups à la tête, etc. (Acad.) •

— s. f. Bot. Vulnéraire despaysans, Vulnéraire rustique ou simplement Vulnéraire , Noms vulgaires de l'anthyllide vulnéraire.

— Encycl. Pharm. Les anciens donnaient le nom de vulnéraires aux préparations médicamenteuses qu'ils regardaient comme convenables pour la consolidaiion des ulaies. Les substances rangées dans les vulnéraires sont en général des végétaux astringents et aromatiques. On a aussi désigné par cette dénomination un grand nombre de plantes différentes. Le vulnéraire Suisse est le falitrank ou thé suisse. Il se compose avec de l'achillée musquée, de ï'arthemisia mutellina, de l'hysope, du teucrium monlauum, du thymus alpinus, de l'asperule odorante, de la mélisse caluinent, de la sanicula europxa et de la veronica officinalis, d« l'anihyllis vulnéraire, de V arnica montana, du geum montanum, du gnaphalium dioicum, de la scabiosa columbaria, de l'ulmaire et de la viola calcaruta. Ce thé se prépare avec ces plantes venues sur les montagnes, et il est plus aromatique que celui qui serait préparé avec les mêmes plantes venues dans ta. plaine, les plantes des montagnes, comme ou la suit, étant plus suaves que les autres. Le vulnéraire suisse est un remède populaire contre les coupures, les blessures, les contusions, les syncopes, etc.

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