‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 87 sur 1042 · CO.OH C6HJJ ) S02.CI · texte numérisé non relu

CO.OH C6HJJ ) S02.CI

Hydrogène.

Chlovhydrine bromosulfobenzoïque.

= 2H*0 + HC1 + CBH3BrJSH0H

Eau. ' Acide Acide' thioxybromo-

chlorby- benzolque.

drique.

Tous ces corps sont des dérivés bromes de l'acide sulfobenzolque et des composés qui en dérivent.

THIOIS , OISE s. et adj. (ti-oi). Allemand, Allemande. Il Vieux mot.

— s. m. Linguist. Ancienne langue allemande, et particulièrement dialecte franc.

THIOLLET (François), architecte français, né à Pditiers en 1782, mort à Paris vers 1864. 11 s'est fort peu soucié, durant sa longue carrière, de l'esthétique de son art; son esprit est resté froid, essentiellement utilitaire et pratique ; il n'a même dirigé que fort peu de constructions : le gymnase Amoros, le monument funéraire de Reicha, etc. Mais, en revanche, il a écrit beaucoup de traités ex professe On a de lui des recueils intéressants, qui lui ont valu d'être nommé professeur au Dépôt d'artillerie. Nous citerons de Thiollet : Traité d'ornements (1819); Antiquités, monuments et vues pittoresques du haut Poitou (1823-1824); Y Art de lever les plans (1825); Choix de maisons, édifices et monuments de Paris (1830); Recueil de décoration intérieure (1832-1833); Modèles et dessins pour lit décoration (1836-1837); Recueil de machines employées dans les constructions (1838); Principes et éludes d'architecture (1839); Leçons d'architecture (1842). On lui doit encore une édition de la Collection des portes monumentales de Donaldson (1837) et du Traité de l'art de la charpente de Iirufft. Ces ouvrages jouissent d'une certaine autorité dans le monde des architectes et des constructeurs.

THIOMÉNAPHTOXYL-NITBILE s. m.

(ti-o-mé-na-fto-ksil-ni-tri-ie ). Ohim. Produit qui résulte de l'union du cyanure de j naphtyle avec l'acide sulfhydrique. I

— Encycl. V. ménaphtoxyuque.

TH10N DE LA CI1AUME (Claude-Esprit), ; médecin militaire, né à Paris en 1750, mort en 1786. Il fit ses études médicales à Paris, , mais il prit le grade de docteur en médecine à la Faculté de Reims. En 1773, il fut nommé médecin de l'hôpital militaire de Monaco. ■ Au bout de cinq ans, il passa, au même ti- ! tre, à l'hôpital militaire d'Ajaccio. Nommé ] médecin d'un corps de troupes destiné à | faire le siège de Minorque, puis de Gibrai- j tar, il eut à combattre une épidémie meurtrière qui se déclara sur les escadres fran- j

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çaise et espagnole combinées, et il en fut lui-même atteint. Rentré en France, il fut nommé médecin par quartier du comte d'Artois. Les premiers symptômes de la phthisie pulmonaire se déclarèrent chez lui dans l'hiver de 1785-1786. Il alla habiter le raidi de la France, mais le climat ne put rien contre sa maladie; il mourut l'année suivante. Ses écrits sont peu nombreux, mais très-estimables ; en voici la liste : Tableau des maladies vénériennes (Paris, 1778, in-8°) ; Topographie d'Ajaccio et recherches préliminaires sur Vile de Corse (1872, in-4»); Mémoire sur les maladies qui régnent le plus communément parmi les troupes pendant la saison de l'automne , sur les moyens de les prévenir et sur la méthode la plus simple, la plus facile et la moins dispendieuse de les traiter (1789) ; Essai sur les maladies des Européens dans tes climats chauds et sur les moyens de les prévenir, traduit de l'anglais de Lind (Paris, 1785, 2 vol. in- 12).

THIONAMIDE s. f. (ti-o-na-mi-de). Chim.

Amide de l'acide sulfureux, qui prend naissance dans l'action du gaz ammoniac sec sur le chlorure de thionyle.

— Encycl. V. SULFUREUX

. THIONAPHTATE s. m. (ti-o-na-fta-to — du gr. theion, soufre, et denaphtate). Chim. Nom donné aux sels de l'acide thionaph tique. Il On les appelle aussi disulfonaphtaLatës, hyposulfonaphtalatbs, et surtout naphty-

LÈNE- SULFITES.

— Encycl. V. SULFUREUX.

THIONAPHTIQUE adj. (ti-o-na-fti-ke — du gr. theion, soufre, et de naphlique). Chim. Se dit d'un éther sulfureux acide de l'oxynaphtol. il Ou l'appelle aussi quelquefois

ACIDE DtSULFONAPHTAUQUK , ACIUU HYPO-

sulkonaphtaliquk, mais plus souvent acidb

NAPHTYLBNB SULFUREUX.

— Encycl. V. SULFUREUX.

THIONATE s. m. (ti-o-na-te — du gr.

theion, soufre). Chim. Sel formé par la combinaison d'un acide de la série thionique avec une base.

THIONESSALE s. m. (ti-o-nè-sa-le — du gr. theion, soufre). Chim. Composé qui prend naissance dans l'action de la chaleur sur le thiobenzol, le sulfure de benzyle, le disulfure de benzyle et la sulfobenzide.

— Encycl. Le thionessale C28H20S se produit en même temps que le stilbène, dans la distillation sèche du thiobenzol. Le sulfure et le disulfure de benzyle et la sulfobenzide en fournissent aussi. On l'obtient on épuisant d'abojrd le produit de la distillation par l'éther, où il est peu soluble, et en reprenant ensuite le résidu par le pétrole bouillant. Par le refroidissement de l'hydrocarbure, le thionessale cristallise en aiguilles soyeuses, fusibles à 180°, petites et blanches. On peut, au lieu de l'extraire par le pétrole, l'extraire par l'alcool, mais le pétrole vaut mieux parce que, du pétrole à l'éther, sa solubilité va en diminuant. Lorsqu'on le prépare au moyen du sulfure ou du disulfure de benzyle ou au moyeu de la sulfobenzide, on opère de la même manière.

Dans le cas du sulfure de benzyle (CTH7jïS, il distille d'abord du toluène et du sulfhydrate de benzyle, puis du toluylène (stilbène), puis, à une température très-élevée, un mélange de sulfure de tolallyle et de Mtonessale.

Le thionessale fondu, lorsqu'on le refroidit, demeure liquide encore pendant quelque temps et ne se solidifie que quand sa température est égale à celle de l'air ambiant; il se prend alors en une masse à structure cristalline. A 23°,3, il cristallise aussitôt qu'on jette un cristuL dans la masse en fusion. Contrairement à ce qui avait été dit, il paraît n'être décomposé ni par la potasse en fusion ni par le sodium métallique. A plus forte raison , la potasse alcoolique mémo bouillante est-elle sans action sur lui. L'acide azotique bouillant le convertit lentement en une croûte jaune de tétranitrothionessale

CMHi«(AzO*)*S.

Le brome l'attaque avec violence, avec production d'une masse solide qui présente la formule C26H16tjr4S du tétrabromothionessale; lorsqu'on fait agir le brome en présence de l'eau, le corps produit répond à la formule C28H"Br3S et constitue du tribromothionessale.

— TRIBROM0TBIONESSALBCÎ8HI7Br3S. C'est une poudre jrrenue jaunâtre, qui prend naissance lorsquon ajoute du brome à du thionessale en suspension dans l'eau. Lavée à l'alcool et à l'éther bouillant, cette poudre se dissout dans les pétroles d'un point d'ébullition élevé et y cristallise par le refroidissement en petites aiguilles microscopiques très-dures. Le trlbromothionessale fond entre 225" et 270»; il n'est attaqué ni par la potasse alcoolique ni par la benzine bouillante tenant du sodium en suspension. Un nouveau traitement par le brome le convertit en thionessale tétrubromô

Cï8Hl6Br*s,

entièrement insoluble dans l'alcool, l'éther et le pétrole.

Chauffé entre 1300 et 140° avec deux mo-

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lécules de pentachlorure do phosphore, le thionessal se décompose suivant l'équation :

C»HÎ<« + 2pc|5 Thionessale. Pcrchlorure

du phosphore.

psci3 + pci» + 4cwci

Sulfochlorure Protochiode phosphore* rurc de

phosphore.

Le produit, huileux, se solidifie par l'addition de l'eau. Il est peu soluble dans l'alcool, très-snluble dans l'éther et la benzine chaude, d'où il se sépare, par le refroidissement, en aiguilles fusibles entre 130" et 132°.

Ce corps qui répond k la formule CTH5C1, ou à un multiple de ses rapports, n'est point altéré lorsqu'on le chauffe k 180° avec de l'eau ou de l'ammoniaque alcoolique, ou lorsqu'on le soumet à l'action du sodium en suspension dans la benzine bouillante.

Ajoutons toutefois que, contrairement k ces résultats publiés par Fleischer, Dorn assure que le tkionessale ne perd pas son soufre sous l'influence du perchlorure de phosphore. D'après ce dernier chimiste, lorsqu'on chauffe le mélange de Ces deux corps dans un vase ouvert, il se formeraitdudichlorothionessale C^H^UIUS, lequel se présenterait en cristaux blancs, fusibles k 219°; on vase clos, 4 atomes d'hydrogène au lien de 2 seraient remplacés par du chlore; mais le soufre resterait toujours dans la molécule. Dorn a, en outre, remarqué qu'on peut faire passer le thionessale sur du fer très-divisé chauffé au rouge sombre, sans que ce coinposé subisse d'altération. Si l'on remplace le cuivre par le fer, la majeure partie du thionessale passe encore inaltérée, mais il se forme une très- faible quantité d'un produit fusible à 60°, qui est probablement du tolane C^H10. Traité par un mélange d'acide chlorhydrique et de chlorate potassique, le thionessale se convertit eu oxylepidêne (v. lériDÙNK); le dichlorothionessale, subissant la même transformation, se convertit en dichloroxylépidène.

Nous avons déjà dit que l'acide azotique fumant agit énergiquement sur le thionessale en produisant d'abord du nitrothionessale amorphe CS8ll«(AzOî)*S. Il se forme ensuite un autre composé nitré, exempt de soufre et répondant k la formule Ci*H«0(AzOi!)SO3

et enfin de l'acide parunitrobenzoïque et de l'acide sulfurique. Le tribromothionessale , traité par l'acide azotique, donne une poudre jaune CS8H"BiH(azOS)K>b peu soluble dans l'alcool chaud, et un acide

CïSHfB^AzO*)*»}*, facilement soluble dans l'alcool et l'éther, fusible à 180° et susceptible de former avec la baryte un sel

C*8Hi3Ba"*BrS(AzO*}*0*,8H*0

cristallisé en nodules jaunâtres. A la température ordinaire , le thionessale se dissout dans l'acide sulfurique fumant; il se dissout également dans l'acide sulfurique ordinaire; mais alors il faut chauffer, Dans les deux cas, il se forme un acide déliquescent

CWSO*,

qui cristallise dans l'alcool en lamelles ou en touffes d'aiguilles. Cet acide donne un sel de baryumjt(JlH&SO*)îB"a-|- 4 HH) oïstullisable en croûtes dures, et un sel de zinc

(CH*5sO*)SZn"'

cristallisable en aiguilles ou en lames déliquescentes.

La vapeur de thionessale dirigée sur de la chaux sodée chauffée au rouge donne du sulfure de tollalyle, qui passe dans le récipient sous la forme d'une poudre jaune.

Le thionessale et le sulfure de tollalyle sont des composés sulfurés analogues aux composés connus sous le nom de lépidèae et d'oxylépidène. Le surfure de tollalyle n'est donc que du thionessale sursulfuré et répond k la formule C28H20;SS. C'est k cause de ces analogies qu'on a adopté pour le thionessale la formule C*8HÏ(,S au lieu de la formule CÏ6H18S

que l'on avait admise pendant très-longtemps.

Dorn représente le thionessale et le sulfure de tollalyle d'uue paît, le lépidène et l'oxylépidene d'autre part, par des formules de constitution qui font ressortir le parallélisme qui existe entre ces corps, et que nous donnons ci-dessous : ,

CBH5 — C C — C6H8 C6H5 — C C— C6WS

C6HB c = c — C6HS C6H5 — C = C — C6I1& Thionessale. Sulfure de tollalyle.

C«H5 — 0=C — C6HB C«H5 — C = C — CSH» Lépidèae. Oxylépidene.

THIONIDES s. m. pi. (li-o-ni-de — gr.

theioii, soufre). Chim. Famille de corps qui comprend le soufre et ses composés.

THIOnique adj. (ti-o-ni-ke — du gr.

<Ae,OH,soufre). Chim, Qui a rapport au sou-

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fre ou à ses composés. Il Série ihionique, Série d'acides produite par la combinaison du soufre avec l'oxygène.

— Encycl. La série ihionique comprend des acides dont le premier (dithionique) représente de l'acide sulfureux et de l'acide sulfurique unis, avec élimination d'une molécule d'eau, et dont les autres (trithionique, tétrathionique et pentathionique) représentent de l'acide dithionique auquel se sont ajoutées une, ou deux, ou trois molécules de soufre. A côlé de ces corps il faut placer un acide qui dérive de l'acide trithionique par la substitution d'un atome de sélénium à un atome de soufre.

On a encore désigné l'acide dithionique sous le nom d'acide hyposulfurique et les acides tri, tétra et pentathionique, sous les noms d'acides hyposulfurique monosulfuré, hyposulfurique bisulfure et hyposulfurique trisulfuré. Ces noms sont aujourd'hui abandonnés.

Tous les composés de la série ihionique sont étudiés au mot soufre.

THIONVILLE, en allemand Diedenhofe», ancienne ville de France (Moselle), ch.-i. d'arrond., à 27 kilorn. de Metz, station du chemin de fer de Paris à Luxembourg, sur les deux rives de la Moselle, cédée à la Prusse pairie traité de Francfort (10 mai 1871), et qui fait partie depuis lors de l'Alsace-Lorraine ; 3,770 hab. Place forte de 1" classe ; collège communal; produits agricoles, chanvre, lin; brasseries, tanneries, fabrique de tuyaux de drainage, tuileries, distilleries d'eau-de-vie, verreries, forges. La ville est située presque entièrement sur la rive gauche de la Moselle ; la partie établie sur la rive droite consiste exclusivement en un fort de construction moderne, renfermant une belle caserne de cavalerie, l'hôpital et la prison militaires, des magasins et une promenade où se tient tous les ans une foire très-importante.

L'histoire monumentale de Thionville, qui serait si curieuse k tant de titres, est malheureusement, et en dépit de savantes recherches, à peu près inconnue. Le palais qui vit la cour de Charlemagne et de ses descendants, les édifices dont ils ne manquèrent pas, sans doute, de doter leur résidence, seraient un précieux sujet d'étude pour l'historien. 11 n'en reste malheureusement que des souvenirs. La tour du château des comtes de Luxembourg, qui remonte, dit-on, au x.a siècle et qui est désignés vulgairement sous le sobriquet de tour aux Puces, constitue à peu près tout ce qui reste du Thionville du moyen âge. On y trouve cependant, au dire de quelques savants, certains vestiges de construction qui dateraient du temps de Charlemagne. Près de la tour aux Puces s'élève une jolie maison de la Renaissance, offrant de charmants détails d'architecture et de sculpture. Le beffroi appartient au xivo et au xva« siècle. A côté s'élève l'église paroissiale, bâtie au xvme siècle et otlVant un portail d'ordre dorique, compris entre deux tours que termine une plate-forme. On remarque à l'intérieur les colonnes ioniques de la nef et le baldaquin rehaussé de dorures qui surmonte le maître-autel. Le beau pont en pierre qui relie la ville au fort de la Double-Couronne a 125 mètres de longueur et a remplacé un pont très-ancien. Mentionnons aussi la sous-préfecture, le collège, le théâtre et la halle aux blés.

— Histoire. Thionville ( Theodonis villa ) doit, suivant la tradition, sou origine à un chef franc, Théodon, qui, venu d'Allemagne â l'époque des invasions, choisit, un vallon fertile sur la rive gauche de la Moselle et y jeta les fondements d'un château qui, plus tard, devint célèbre au temps de la domination carlovingienne sous le nom de son fondateur. A cette époque on le voit , en effet , figurer parmi les résidences habituelles des souverains. Tour à tour visité par Charlemagne et par ses fils, le château de Thionville tut le théâtre de plusieurs événements importants de cette époque. En 783, la reine Hildegarde y perdit la vie. Plusieurs assemblées générales de la nation et quelques conciles s'y tinrent successivement; c'est à Thionville notamment que les prélats restés fidèles à ta cause royale et présidés par t'évêque Drogon, fils naturel de Charlemagne, vengèrent Louis- le Débonnaire en déposant Ebbon, archevêque de Reims, auteur principal de la chute du monarque.

Thionville passa ensuite sous l'obéissance de Lothaire, de Louis le Germanique et de Lothaire 11 (840-855). A partir de cette dernière date, le château cessa d'être résidence royale et la garde en fut simplement confiée à un gouverneur. Quant à la ville proprement dite, elle ne tarda pas à se grouper à l'ombre des murailles de la forteresse, dont le secours était indispensable k cette époque pour protéger les populations contre les invasions incessantes. 11 en résulta bientôt une place importante qui, en 936, excita les craintes de l'empereur Othon le' : après s'être emparé de Metz, il marcha sur Thionville et eu détruisit la chapelle et quelques fortifications naissantes. De 963 à 1354, Thionville, tout en deiueuraut sous la suzeraineté impériale, figura dans une cession du château tic Luxembourg (Lucilinburhui) et de quelques autres domaines, consentie par un abbé de Trêves à Sigefroy, comte des Ardennes. Les descendants de Sigefroy octroyèrent à la ville, dès

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1235, une charte de commune; sa municipalité fut organisée et les comtes instituèrent un sénéchal qui, k l'autorité militaire, réunissait la haute juridiction administrative. C'est k Thionville que fut décidée en 1324, entre le duc de Lorraine, Ferry IV, Edouard I<sr, comte de Bar, Baudouin, archevêque de Trêves, et Jean, roi de Bohême et comte de Luxembourg, l'entreprise qui avait pour objet l'abolition de la république messine. La guerre qui s'alluma bientôt porta ses ravages jusqu'aux murs de la ville où elle avait pris naissance. Le dernier comte de Luxembourg, héritier de Sigefroy, avant péri k la bataille de Crécy, l'empereur Charles IV érigea en duché le comté en faveur de son frère Venceslas (1554). La jacquerie exerça peu de temps après ses vengeances dans Thionville. En 1388, Vineeshis II, ruiné par ses prodigalités, fut forcé d'engager le duché de Luxembourg à Josse, marquis de Moravie; le duc d'Orléans remboursa à ce dernier la somme prêtée et devint ainsi le détenteur provisoire du duché; il se rendit à Thionville et en prit possession. Cette possession ne fut pas de longue durée, grâce k l'assassinat du duc par Jean sans Peur (1407), et Luxembourg et Thionville, après être retournés au marquis Josse, passèrent bientôt entre les mains d'Elisabeth de Gorlitz a l'épqque de son mariage avec Antoine de Bourgogne (1409). Les difficultés qu'elle éprouva, après la mort de ce dernier, a résister aux tentatives de la maison de Saxe, la décidèrent k appeler k son aide le duc de Bourgogne, Philippe le Bon : cet appel irrita lesThionvillois, qui ouvrirent leurs portes aux troupe3 saxonnes, tandis qu'Elisabeth était contrainte k la fuite. Philippe le Bon accourut et mit le siège devant la place; il s'éloignait, désespérant de la réduire, quand elle tomba par surprise en son pouvoir (1443). Jean de Neufchâtel en prit aussitôt possession au nom d'Elisabeth et du duc. En 1451, la lutte recommença. Un traité, dont Jacques de Sierek, archevêque de Trêves, fut le principal médiateur, et par lequel Thionville se trouva confiée k la garde de ce prélat, l'interrompit momentanément. La mort de Ladislas V, roi de Hongrie et de Bohême, dont le beau- frère céda ses droits k Charles VII , changea encore cet état de choses. Le roi de France ne parait pas néanmoins avoir jamais pris possession de ses nouveaux Etats à cette époque ; car nous voyons le Luxembourg et, par conséquent, Thionville faire partie du domaine drs ducs de Bourgogne jusqu'au moment où ce dernier Etal passa sous la domination de la maison impériale d'Habsbourg par le mariage de Marie de Bourgogne avec l'archiduc Maximilien. En 1514, Robert de La Maiek, duc de Bouillon, fit cependant sur Thionville et au nom du roi de France une tentative qui échoua. La ville augmenta, quatre ans plus tard, ses anciennes fortifications; Chartes- Quint, qui s'en trouvait alors le souverain, récompensa Thionville par de nombreux privilèges et par l'établissement d'une foire franche. La grande lutte de Charles-Quint et de François Ie' eut, comme on le sait, pour principal théâtre le pays inessia : Thionville ne tarda pas k s'applaudir de ses sacrifices ; car, tandis que Metz, assiégée par les troupes royales, tombait en leur pouvoir, l'ancienne cité carlovingienne repoussait victorieusement toutes les attaques et demeurait sous l'obéissance espagnole. Le 23 juin 1558, enveloppée par 1 armée du duc de Guise, elle fut forcée do capituler après deux mois de siège. Elle rentra néanmoins au pouvoir de la monarchie espagnole k la suite du traité de Cateau-Cambrésis, le 3 juin de l'année suivante. L'occupation française , en obligeant les habitants de Thionville, Espagnols ou Allemands pour la plupart, k émigrer, avait enlevé k la place son ancienne splendeur. Sans cesse ïous le coup des entreprises de la garnison de Metz, investie successivement par les troupes de Henri de Bouillon en 1596, et par celles du maréchal de Biron en 1597, sa décadence était complète l'année suivante, époque où fut conclue la paix de Vervins. Les événements de la guerre de Trente ans attirèrent sur Thionville de nouveaux désastres : ses environs furent ravagés par le duc de Weiinar et une épidémie ucheva de décimer la population. La place retrouvu cependant assez d'énergie, en 1639, pour opposer une vive résistance au marquis de Feuquières, qui vint l'assiéger, le 15 mai, ' à la tête d'une armée de 12,000 hommes; Thionville fut, il est vrai, secourue en celte circonstance pur Piccolomini , qui , après avoir jeté des renforts dans la place, livra bataille k l'armée française et la délit, La victoire de Rocroy mit seule fin aux succès des Espagnols; le grand Condé marcha aussitôt sur Thionville, l'investit, et la ville, après une résistance héroïque pendant laquelle son maire et sou gouverneur furent tués sur la brèche, dut capituler pour éviter un dernier assaut dont l'issue n'offrait plus d'espoir k la garnison. Devenue dès lors ville française, Thionville, tout eu conservant ses anciens privilèges, fut gouvernée comme les autres villes du royaume. Elle fut placée sous la juridiction du parlement de Reims, Louis XIV chargea Vauban d'y élever de nouvelles fortifications. En 1673, la ville fut dotée du remarquable pont couvert qui traverse la Moselle et que construisit Rodolphe de Salsgueber. A partir de cette époque jusqu'à la

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Révolution, aucun fait marquant ne signale l'histoire politique, militaire ou civile dé la place. En 1792, le 23 août, les Autrichiens, sous les ordres du prince de Hohenlohe- Kirchberg, parurent sous ses murs. Le blocus, conduit faiblementj ne causa k Thionville qu'un dommage insignifiant, et la place, défendue par Wimpfen, fut délivrée le 16 octobre de la présence des étrangers. Un corps d'-émigrés accompagnait les Autrichiens et parmi eux se trouvait Chateaubriand, qui fut blessé au cours du blocus. L'invasion de 1814 fournit k Thionville une nouvelle occasion de signaler l'excellence de ses fortifications : un corps d'armée prusso-hessois vint l'investir, et cette fois conduisit le blocus avec la plus grande vigueur. Thionville était alors commandé par le général LéopoldHujjo, le père du poète, qui déploya dans ces circonstances difficiles des talents et mie énergie rares. Manquant de troupes et des approvisionnements les plus indispensables, il se défendit jusqu'au moment où le Sénat adhéra k l'acte d'abdication de Bonaparte. Le dernier épisode de l'histoire de Thionville est le siège et la prise de cette ville par les Allemands en 1870 (v. plus bas) et la perte pour la France d'une de ses plus importantes places fortes.

Plusieurs conciles ont été tenus dans cette ville. Dans celui de 805, Charlemagne publ.a un capitulflire en seize articles sur des questions de discipline et autres. Au concile de 822, l'empereur Louis pardonna à tous ceux qui avaient pris part k la révolte du roi d'Italie, Bernard, contre son autorité. Cette assemblée édicta de fortes peines contre ceux qui frapperaient un clerc. Le concile de 835 fut convoqué par l'empereur Louis le Débonnaire, pour faire annuler les procédures faites contre lui, lorsqu'il fut déposé par les intrigues de son fils Lothaire, au conciliabule de Compiègoe en 833. En 844, l'empereur Lothaire, s étant réconcilié avec Ses frères Charles et Louis, convoqua un concile prés de Thionville, dans un endroit appelé aujourd'hui Jeust, alors Judicium. Les trois frères promirent , en présence d'un grand nombre de prélats, présidés par l'évèque de Metz, Drogon, de garder entre eux une paix inviolable et de concourir ensemble k réparer les maux de l'Eglise si profondément troublée par leurs divisions.

Thionville a vu naître le littérateur Pierre Stator, l'historien François de Bock et le célèbre conventionnel Merlin de Thionville.

Tbiouviiio (siège: et capitulation de), un des épisodes de la guerre frnnco-aUeuiun-do de 1870-1871. L'investissement de cette place de guerre, située à peu de distance de la frontière prussienne, suivit presque immédiatement nos premières défuites, et rencontra tout d'abord une énergique résistance. Jusqu'aux premiers jours d octobre, les opérations du sié^e ne furent pas poussées trèsvigoureusement, et plusieurs lois la garnison, dans des sorties hardiment exécutées, put bouleverser les travaux de l'ennemi et lui infliger même des pertes sérieuses. Le 6 septembre, un parlementaire prussien Se présenta devant la place et la somma de se rendre pour éviter un bombardement immédiat ; mais il ne remporta qu'un refus énergique du commandant, M. Turnier, colonel de i'état-major des places. Vers le milieu d'octobre, le .Siège commença k être poussé avec plus d'activité ; l'investissement était alors complet, et l'ennemi attendait, pour agir avec plus d'efficacité, les gros canons qui avuient servi k foudroyer Strasbourg. Jusque-là Thionville, qui, en 1814, pendant onze mois, avec Wimpfen, s'était défendu victorieusement contre l'armée autrichienne, avait tenu en respect et même k distance te corps assiégeant. Après la désastreuse capitulation de Metz (28 octobre), de nouveaux renforts purent se diriger sur Thionville, et la 14° division du 7« corps de l'armée allemande, qui faisait le siège de la place sous les ordres du général von Kamecke , put prendre une initiative meurtrière. Après avoir établi 16 batteries, occupé les villages environnants et exécuté quelques travaux d'approche, l'ennemi inaugurait, le 13 novembre, un de ces bombardements sauvages que les Prussiens se font gloire d'avoir remis eu honneur. Le commandant, M. Turnier, demanda vainement k'ce von Kamecke de laisser les femmes et les enfants quitter la ville ; la réponse brutale fut que leur présence hâterait le dénoùment, ce que, dans le style des universités allemandes on appelle le moment psychologique. De tels ré» cits remettent en mémoire ce jugement exact que H. Heine portait sur les Prussiens ses compatriotes : t La nature les avait faits bètes ; la science les a rendus méchants. » 80 pièces tonuuient contre la malheureuse ville, avec une intensité de 18 eoups par minute. Après avoir cessé pendant quelques jours, la pluie de boulets et d'obus recommença h iuonder Thionville le 22 novembre, coutjnua le 23 sans interruption et redoubla de fureur dans la nuit du 23 au 24. La ville était presque entièrement détruite, et le commandant se décida k capituler dans la journée du 24. Le lendemain, k onze heures du matin, les Prussiens firent leur entrée dans Thionville, où ils s'emparèrent de 20û canons et firent 4,000 prisonniers.

Dans su séance du 18 août 1872, le conseil

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d'enquête a émis l'avis suivant sur la capitulation du Thionville :

« Considérant que le colonel Turnier, commandant supérieur de la place de Thionville, a rendu à l'ennemi lu place dont le commandement lui était confiée sans avnir rempli les conditions exigées pour une capitulation par le décret du 13 octobre 1863; que, de son propre aveu, il pouvait encore tenir quelques jours ;

» Considérant qu'il a livré à l'ennemi un matériel de guerre intact, une quantité considérable de munitions et d'approvisionnements sans avoir rien tenté pour les détruire; qu'il a accepté dans la capitulation la clause en vertu de laquelle les officiers, séparant leur sort de celui de la troupe , étaient autorisés à rentrer dans leurs foyers, en prenant l'engagement d'honneur de ne pas servir contre l'Allemagne pendant la guerre;

• Est d'avis que le colonel Turnier mérite le blâme. ■

Ajoutons que ce colonel Turnier, qui gardait si précieusement ses canons intacts pour les Allemands, est celui dont le nom revient si souvent, relativement aux émissaires et aux dépéVhes, dans la douloureuse histoire de la capitulation de Metz.

THIONYLE s. m. (ti-o-ni-le — du gr.

theion, soufre; ulé, matière). Chim. Nom que 1 on donne au radical diatoinique qui fonctionne dans l'acide sulfureux et dans le chlorure qui en dérive.

— Encycl. V. sulfureux et soufre.

THIOPHOSPHAMIQUE ndj. (tio-fo-sfami-ke— du gr. theion, soufre; Aephosphore, et de amii/ue). Chim. Se dit de l'acide phosphamique dans lequel un tiers de l'oxygène est remplacé par du soufre.

— Encycl. L'acide thiophosphamique

(AzI12 PH*AzS0* = (Ps)'"ÎOH

(OU a été découvert par MM. Gladstone et Holmes, qui lui avaient donné le nom d'acide sulfoxyphosphamique. 11 se forme lorsqu'on fait agir une solution aqueuse d'ammoniaque . sur le sulfochlorure de phosphore. On ajoute le sulfochlorure à une solution aqueuse concentrée d'ammoniaque, qu'on a eu soin d'étendre d'abord de son volume d'eau. Le sulfochlorure se dissout lentement par l'agitation et forme une liqueur qui renferme du chlorure d'ammonium et de l'acide thiophosphamique. Cet acide n'a point été isolé; mais sa solution, après avoir éié neutralisée par une base, donne, avec les sels des métaux denses, une série de sels qui ressemblent aux thiophosphodiamates, et qui répondent à la formule PH2M"AzS0«. Les solutions de nickel, de cobalt, de fer, de baryum, de calcium, de magnésium et d'aluminium ne sont pas précipitées. Une solution de chlorure potassico-sianneux y fait naître un précipité blanc volumineux, soluble dans l'acide chlorhydrique. Le chlorure mercurique en précipite du sulfochlorure de mercure de couleur jaune; ce dernier, en présence d'un excès d acide thiophosphamique, vire au noir. Cette réaction permet de distinguer l'acide thiophosphamique d'avec l'acide thiophosphodiainique.

THIOPHOSPHODIAMIQUE adj. (ti-o-fosfo-di-a-ini-ke — du gr. theion, soufre; de phosphore et de diamique). Chim. Se dit de

I acide phosphodiamique dans lequel la moitié de l'oxygène est remplacée par du soufre.

— Encycl. L'acide thiopliosphodiamique a été découvert par MM. Gladstone et Holmes.

II répond a la formule

f AzH»

PH»AzïSO = (PS)"' | AzH*.

I OH C'est un acide amidé monobasique, qui prend naissance eu même temps que du chlorure d'ammonium, par l'action du gaz ammoniac ou d'une solution aqueuse excessivement concentrée d'ammoniaque sur le sulfochlorure de phosphore. Le sulfochlorure s'empare de 4 molécules d'ammoniaque (40 p. 100 de son poids), et se convertit en une masse blanche facilement soluble dans l'eau, avec laquelle elle forme une solution acide. Celleci, après neutralisation préalable, fournit, par double décomposition, des thiophosphodiamates P(AzH»;M"SO et P(AzH*)M'2$0.

Elle fournit aussi des sels P(AzH*).M'HSO et (P(AzH8)HSO)2M". Ces sels se décomposent par la chaleiir, en répandant de l'ammoniaque et du sulfure d'ammonium. Le sel cuivrique est un précipité d'un bianc jaunâtre, insoluble dans l'acide chlorhydrique étendu et dans l'ammoniaque, soluble dans le cyanure de potassium et jouissant de la propriété de brunir lorsqu'on le chauffe. Le sel de zinc est un précipité floconneux blanc, facilement soluble dans l'acide chlorhydrique étendu et dans l'ammoniaque. Le sel de cadmium possède des propriétés analogues. Le sel de plomb s'obtient par l'addition du chlorure de plomb à la solution préalablement neutra.isée de l'acide. C'est un précipité blanc qui noircit quand on le chauffe dans l'eau et qui se dissout dans l'acide azotiqueétoiidu. Le sel d'argent s'obtient mélangé de chlorure d'argent, sous la ferme d un précipité Vlauc, insoluble dans l'acide

THIO

azotique, qui noircit en présence d'un excès de sel d'argent. Le chlorure stanneux et le chlorure mercurique forment, dans la solution neutralisée de l'acide thiophosphodiamique, des précipités blancs, dont le dernier se convertit promptement en un précipité jaune

HgS.HgCl», mais ne se convertit jamais en sulfure noir de mercure. Ce caractère distingue l'acide thiophosphodiamique de l'acide thiophosphamique. La solution filtrée renferme un acide qui n'a pas été encore examiné. Les sels de cobalt donnent un précipité blanc bleuâtre, et les sels de uicjtel un précipité blanc verdàtre, tous deux solubles dans l'ammoniaque et dans les acides étendus. Les sels barytiques, calciques, mngnésiques, aluminiques et ferriques ne sont pas précipités. Lorsqu'on cherche à isoler l'acide de son sel d'argent ou de cuivre, on obtient un liquide qui se décompose avec dépôt de soufre lorsqu'on l'évaporé sur de 1 acide sulfurique.

T1MORSAAC, rivière d'Islande, dans le Sudland. Elle descend des montagnes qui courent sur la limite septentrionale, se dirige d'abord au S., puis à l'O.-S.-O., et se jette dans l'Atlantique par deux branches qui forment l'île du môme nom, à 40 kllom.

environ de Skalholt ron 140 kilom

après un cours d'envi-

THIOSALICYLOL s. m. (ti-o-sa-li-si-tol — du gr. theion, soufre,^ et de salicyloî). Chim. Syn. de sulfosalicyloi..

THIOSINAMINE s. f. (ti-o-si-na-mi-ne — du gr. theion, soufre, et de sinaminc). Chim.

Syn. ALLYL-SULFOCARBAMIDE, RHODAIXINIÎ.

Composé qui résulte de l'union du sulfocyanate d'allyle avec l'ammoniaque.

— Encycl. La thiosinamine

Aztlî

AzH.CW = C*H8AzS3, n'est autre chose que de l'allyl-sulfocarbamide ou allyl-sulfurée, c'est-à-dire n'est autre chose que de l'urée sulfurée

AzH* AZU«*

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