‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 876 sur 1042 · V. ce mot · texte numérisé non relu

V. ce mot

WALDB1LL1G, bourg du royaume de Hollande, dans le Luxembourg, à 7 kilom. S.-E. de Diekirch; 1,400 hab. Nombreuses distilleries. RuineB imposantes d'un ancien château de templiers.

WALDBURG, village du Wurtemberg, dans le cercle du Danube, près de Rovensburg; 300 hab. Ancien château qui appartenait aux barons de Waldburg, maîtres d hôtel du saintempire germanique par droit de naissance.

WALDBURG (Frédéric-Louis, comte de TRCCBSESS-), général et diplomate prussien, né k ïangermunde en 1776, mort en 1844. Il entra, eu 1793, dans l'armée prussienne et quitta le service en 1800 pour entreprendre en Europe un grand voyage, pendant lequel il épousa, en 1803, la fille du prince de Hohenzollern-Hechingen, Il prit alors du service en Wurtemberg, devint, en 1805, représentant de cette cour à Vienne et, après la paix de Presbourg, fut envoyé à Paris en la même qualité. Après la formation du royaume de Westphalie, sa femme fut nommée première daine d'honneur de la reine, et lui-même reçut, en décembre 1807, le titre de grand chambellan du roi Jérôme. Mais, un an plus tard, il donna sa démission et vécut retiré dans ses terres en Prusse. Promu, en 1813, colonel dansl'armée prussienne, il fut nommé, en 1814, l'un des quatre commissaires des puissances alliées chargés d'accompagner à l'île d'Elbe Napoléon, auquel sa présence parut déplaire tout particulièrement. A la paix, il quitta le service militaire, fut nommé, en 1816, chargé d'affaires de la Prusse près la cour de Sardaigne et eut k déployer une grande activité à l'occasion des congrès de Laybach et de Vérone. Ce fut lui qui contribua le plus à faire obtenir aux Vaudois opprimés un asile dans les vallées piémontaises situées à l'ouest de Saluces et de Pignerol. Il appela ensuite l'attention du roi de Prusse sur ces précurseurs- de la Réformation qui, depuis des siècles, étaient persécutés k cause de leurs croyances, et, grâce à lui, non-seulement des souscriptions s'organisèrent à leur profit en Prusse, en Suisse, dans les Pays- Bas et dans les autres Etats de l'Allemagne, mais encore les différents gouvernements de l'Europe se montrèrent plus tolérants envers ces infortunés et s'engagèrent k les protéger contre toute agression. On peut consulter à ce sujet l'ouvrage de Dieterici qui a pour titre : les Vaudois et leurs rapports avec la monarchie brandebourgo - prussienne (Berlin, 1831). En 1827, le prince de Waldburg, qui avait été élevé, dans l'intervalle, au grade de major général, fut nommé ambassadeur à la cour de Hollande; cinq ans plus tard, il revint prendre son premier poste à Turin, et fut promu lieutenant général en 1837. On a de lui une Relation du voyage de Fontainebleau à Fréjus (Berlin, 1815), qui renferme d'intéressants détails sur cette époque de la vie de Napoléon.

WALDECK (principauté de), Etat de l'Allemagne (Confédération du Nord). Il comprend : la principauté de Waldeck, enclavée dans la HesS6-Cassel et dans les régences prussiennes de Minden et d'Arnsberg (Westphalie), et le comté de Pyrmont. Superficie, 1,121 kilom. carrés; 56,218 hab. en 1871, dont 7,000 pour le comté de Pyrmont. Capitale, Corbach; ville principale, Arolsen, ou réside le prince de Waldeck. C'est un des pays les plus élevés de l'Allemagne. Les monts Rolthaar et les inonts Egge, dont les ramifications le traversent du K.-O. au N.-E., sont composés de ; roches appartenant» la formation granitique.

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Les plus hautes cimes sont le Pœn et le Dommel. Dans la partie O., on remarque quelques volcans éteints, dont le plus considérable est le Lamniberg. Les rivières dépendent toutes du bassin du Weser. Les principales sont l'Eder, dans le S., et la Diemel, dans le N. de la principauté proprement dite. Le sol est peu fertile. On y récolte cependant du chanvre, de la garance, des pommes de terre, des fruits, etc. On y élève du gros et du menu bétail, des porcs, des abeilles, etc. Il y existe des mines de cuivre, de fer et de plomb, et des carrières d'albâtre, de marbre, de pierre k bâtir et autres. L'Eder charrie des grains d'or, dont il existe des lavages à Avalsen et à Herzhausen. L'industrie manufacturière est presque nulle ; on fabrique cependant quelques étoffes en laine, beaucoup de bas de fil, un peu de papier ; il y a quelques forges et quelques scieries. Les exportations consistent en bois, bétail, beurre, fromage, laine, bas de fil, eaux minérales, cuivre, fer et, dans les bonnes années, un peu de grains. Le gouvernement estconstitutionnelj.ladiète se compose de quinze députés, élus au suffrage a deux degrés, et qu'on consulte sur les matières législatives et financières. Les habitants de la principauté de Waldeck sont gouvernés par le prince Georges-Victor de Waldeck, né en 1831. Elle eut d'abord le tilre de comté et devint princière en 1582. Le 18 juillet 1866, la Prusse conclut avec la principauté de Waldeck un traité d'une importance très-minime en lui-même, mais qu'il convient de mentionner ici à cause des tendances qu'il accuse. Incapable de suffire à ses obligations, pressé par 1 opinion qui croyait trouver dans une annexion un allégement aux charges nouvelles, ce petit Etat abandonna pour dix ans à la Prusse l'usufruit de tous ses droits, Sauf le droit de grâce et la représentation. En vertu d'une nouvelle convention passée entre le gouvernement prussien et le prince Georges-Victor de Waldeck, le 18 juillet 1867, et approuvée par la diète le 22 octobre suivant , la principauté est administrée par la Prusse depuis le l" janvier 1868.

WALDECK (Georges- Frédéric, prince de), général allemand, né en 1620, d'une famille qui ne remonte peut-être pas à Witikind, comme elle en a la prétention, mais qui est dans tous les cas une des plus anciennes de l'Allemagne, mort en 1692. 11 entra fort jeune au service de la Hollande, puis de l'empereur Léopold 1er, qui l'employa contre les Turcs . et le nomma feld-maréchal et prince de l'empire (1682). Placé à la tête des troupes de Franconie, il eut part à la glorieuse victoire de Vienne remportée par Sobieski sur les Turcs (1683), rentra ensuite au service de la Hollande, reçut le grade de maréchal général, obtint quelques succès sur le maréchal d'Humières (1689), mais l'année suivante fut complètement défait à Fleurus par le maréchal de Luxembourg.

WALDECK (Chrétien-Auguste, prince de), générai autrichien, né en 1744, mort en 1798. Il commanda une division de l'armée autrichienne dans la guerre de 1790 contre les Turcs, assiégea Thionville sans succès en 1792, eut un bras emporté par un boulet sous les murs de cette place, montra autant de sang-froid que d'habileté k l'attaque des lignes de Wissembourg le 13 septembre de l'année suivante, repoussa les Français jusque sous les murs de Strasbourg, prit le fort Louis, mais dut bientôt battre en retraite, remplaça le général Mack comme quartiermaître général de l'armée de Flandres, donna sa démission, puis alla, en 1797, sur la demande du prince régent, prendre le commandement des troupes de Portugal, qu'il ne put parvenir k discipliner.

WALDECK (Jean-Frédéric-Maximilien, baron de), voyageur, peintre et graveur, né k Prague le 16 mars 1766, mort k Paris, dans sa cent-dixième année, le 29 avril 1875. De trèsbonne heure, il se prit de passion pour les voyages. A dix-neuf ans, il visita le Cap de Bonne-Espérance en compagnie de Levaillant et, après avoir exploré une partie de l'Afrique méridionale, il se rendit à Paris. Là il s'adonna à l'étude de la peinture, d'abord sous la direction de Vien, puis sous celle de Prud'hon. A partir de ce moment, la France devint sa patrie adoptive, et, par la suite, il se fit naturaliser. Poussé par son humeur aventureuse , il s'engagea dans l'armée en 1794 et prit part au siège de Toulon. En 1799, il suivit les troupes françaises qui fixent l'expédition d'Egypte, mais sans faire partie de l'armée, et se livra à diverses spéculations. Lorsque Menou signa la capitulation, il résolut, pour ne pas tomber entre les mains des Anglais, de s'échapper en gagnant la côte orientale de l'Afrique. En compagnie de quatre personnes qui adoptèrent son projet, il franchit le désert de Dongolah. Ses compagnons, épuisés par la fatigue et les privations ne tardèrent pas k succomber. Waldeck continua seul sa route et arriva enfin au bout de quatre mois aux établissements portugais de la côte. De là, il gagna Madagascar et l'île de France, d'où il s'embarqua pour revenir k Paris. Quelque temps après ion retour, séduit par les exploits de Surcouf, il s'embarqua sur un navire de l'intrépide corsaire et fit la course avec lui dans les mers de l'Inde. Dans les premières années de lu Restauration, le baron de Wal-

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deck fit un voyage dans le Chili, puis il explora le Guatemala , dont ' il dessina les antiquités. S'étant ensuite rendu à Londres, il fut chargé, en 1822, d'exécuter pour un ouvrage du capitaine del Rio des lithographies représentant les ruines de Palenqué et de la province de Chiapa. Les dessins qu'on lui remît lui ayant paru inexacts, il résolut de partir pour le nouveau monde et d'en vérifier lui-même l'exactitude. Ayant obtenu une place d'ingénieur dans les mines argentifères de Ttalpuxahua, il se rendit au Mexique, où pendant douze ans il explora le pays en archéologue et en'naturaliste. Ce fut pendant ce voyage qu'il découvrit dans la bibliothèque d'un monastère de femmes l'exemplaire unique des illustrations dessinées par Jules Romain et gravées par Marc- Antoine Raimondi pourun ouvrage licencieux de l'Are tin, illustrations qui firent exiler le peintre et le graveur et dont tons les exemplaires furent brûlés, à l'exception de celui que trouva Waldeck. Le dictateur Santa- Anna lui ayant fait enlever une partie de ses dessins et de ses manuscrits, il revint en France. Il vendit au gouvernement des dessins représentant les ruines de Palenqué, qu'il avait étudiées pendant près de trois ans. A partir de ce moment, il s'occupa d'études iconologiques, de lithographie, de gravure et de peinture. II réparait avec un art étonnant de vieilles estampes. Il excellait k réparer les gravures de Marc-Antoine, quelque détériorées qu'elles fussent, refaisait les parties effacées avec une perfection qui tenait du prodige, surtout par le raccord imperceptible qu'il savait mettre entre les morceaux refaits et les parties anciennes. En 18S7, k l'âge décent un ans, il envoya au Salon deux tableaux de nature morte : le Vieux monde, représentant des antiquités égyptiennes, grecques, romaines, etc.; le IVouveau monde, représentant des antiquités de l'Amérique centrale et du Mexique. Puis, il exposa, en 1868, des Antiquités égyptiennes, grecques et romaines tirées du cabinet des médailles delà Bibliothèque nationale ; en 1SG9, Ariane donnant à Thésée la pelote de fil qui doit le guider dans le labyrinthe et un hpisode de la guerre du Mexique en 1509 ; en 1870, Ariane abandonnée par Thésée à Naxos et Ruines de la province des Tzendales. Ce robuste vieillard, un des exemples les plus extraordinaires de longévité, conserva jusqu'à la dernière heure toute sa lucidité d'esprit et, quelques semaines ayant sa mort , on le voyait encore, vif et ingambe, se promener sur le boulevard. On a de lui un ouvrage intitulé : Voyage archéologique et pittoresque dans le Yucatan (1837). Le baron de Waldeck était membre du conseil de la Société d'archéologie américaine.

WALDECK (Bénédict-François-Léon), jurisconsulte et homme politique prussien, né à Munster en 1802, mort k Berlin en 1870. Après avoir étudié, de 1819 k 1822, le droit et les sciences politiques k l'université de Gœttingue, il entra dans la magistrature et occupa différents emplois jusqu'en 1846, époque où il fut nommé conseiller au tribunal supérieur secret de Berlin. L'activité dont il avait continuellement fait preuve et sa liaison avec plusieurs hauts fonctionnaires renommés pour leur libéralisme avaient rendu son nom populaire k tel point qu'en 1848 il fut envoyé simultanément par quatre circonscriptions électorales k l'Assemblée nationale prussienne. Il y fut l'un des membres les plus influents de la gauche et contribua surtout k faire adopter le plan d'après lequel l'Assemblée, mettant de côté les privilèges féodaux, ainsi que ceux qui tiraient leur origine du régime bureaucratique et militaire alors en usage, s'efforça d'établir l'égalité de tous devant la loi , en introduisant des réformes organiques dans l'armée, dans la magistrature et dans l'administration communale. Il eut aussi, en qualité de président du comité constitutionnel, la plus grande part k la rédaction du projet de la loi fondamentale et se mêla activement, toujours dans le même sens libéral, aux travaux législatifs de l'Assemblée, dont il défendit les droits jusqu'à sa dernière séance (15 novembre), où il protesta vigoureusement contre son ajournement et sa translation. Après avoir heureusement déjoué la tentative faite par le ministère, en décembre, pour l'éloigner du tribunal supérieur, k cause de ses principes politiques, il fut envoyé par les électeurs de Berlin au Landtag, convoqué conformément k la constitution octroyée le 5 décembre 1848, et qui dut se charger de la révision de cette loi fondamentale, révision qui amena, le 27 avril 1849, la dissolution de la seconde Chambre, après que celle-ci se fut, sur la motioti de M. Waldeck, prononcée contre la légalité de la prolongation de l'état de siège. Un mois plus tard, M. Waldeck fut arrête et emprisonné, comme complice d'une grande conspiration révolutionnaire, et ne recouvra sa liberté que le 5 décembre, lorsque les débats publics eurent prononcé que l'ensemble de l'accusation n'était qu'un tissu d'allégations toutes plus fausses les unes que les autres. 11 demeura alors pendant plusieurs années k l'écart des affaires politiques, bien qu'il eût été plusieurs fois invité k s'y mêler de nouveau. Ce ne fut que lorsque l'installation du cabinet libéral de 1858 eut permis au parti avancé de prendre part derechef aux élec-

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tions qu'il consentit à accepter un nouveau mandat. Elu en 1860 député par le cercle do Bielefeld, il se rangea, pendant les progrès du conflit entre le gouvernement et la Chambre, et notamment à propos de la réorganisation de l'armée et des débats sur la question de Danemark, dans les premiers rangs de l'opposition, moins parce qu'il voulait avoir une part directe k une nouvelle organisation de l'Allemagne, que parce qu'il voyait dans la protestation permanente de la Chambre le seul moyen d'ouvrir la voie aux réformes et surtout d'amener la réalisation de l'idée d'unité. A la diète constituante de la confédération germanique du Nord, il se rangea parmi ceux qui .demandaient qu'une extension plus grande fût donnée .k la loi fondamentale et vota par suite contre la constitution. En 1868, il devint membre de la diète régulière de cette confédération et continua jusqu'à sa mort à être un des plus fermes champions de la liberté en Allemagne. On a de lui plusieurs ouvrages de jurisprudence, entre autres : Du droit de succession usité dans les campagnes en Westphalie (Arnsberg, 1841); la Loi de procédure de l'année 1843 (Berlin, 1843) ; la Plainte de nullité comme le seul moyen juridique en dernière instance (Berlin, 1861), etc. On peut consulter k son sujet : Zacharias, Vie, activité et caractère de Wa Ideck (Berlin, 1849); Vie et procès de Waldeck jusqu'à son acquittement (Breslau, 1849); Steinitz, Waldeck et la question militaire (Berlin, 1863).

WALDEGRAVE (James, comte de), homme politique anglais, né en 1715, mort en 1763. Bien qu'il appartînt k la famille des Stuarts par sa grand'mère, qui était une fille naturelle de Jacques II, il fut en grande faveur auprès de George II, qui, après l'avoirnommé gentilhomme de sa chambre (1743) et directeur des mines d'étain (1751), lui confia la direction de l'éducation de son petit-fils, le prince de Galles. Mais pendant que le roi se trouvait en Hanovre (1755), la princesse douairière de Galles, mère du jeune prince, intrigua afin de le faire arriver immédiatement au trône. Waldegrave, se trouvant dans une position des plus difficiles, demanda et obtint la permission de résigner ses fonctions. Il obtint peu après un emploi k la trésorerie, puis fut nommé membre du conseil privé. Il laissa des Mémoires, qui- furent publiés beaucoup plus tard (Londres, 1821, in-40) et qui ont été traduits en français (1825, in-8o).

WALDEMAR 1er, dit le Grand, roi de Danemark, né à Slesvig en 1131, mort kRingsteed (Seeland) en 1182. Fils de saint Canut et d'une Moscovite, il fut sauvé par celle-ci lors de l'assassinat de son père et élevé en Russie. Trois souverains, Magnus (1134), Eric II (1137) et Eric III (1147), se succédèrent sur le trône de Danemark au milieu des dissensions civiles, avant que sa mère pût le faire intervenir dans la lutte. A la chute d'Eric III, te pouvoir étant disputé par deux compétiteurs, Suénon III et Canut, Waldemar, alors âgé de seize ans, prit parti pour le premier contre le second, fils de l'assassin de sou père. L'empereur Barberousse, invoqué comme arbitre par Canut, fit appeler les trois princes kMersebourget décida que Suénon garderait la couronne, que Canut aurait la possession du Seeland et Waldemar celle du Jutland. La guerre civile n'en continua pas moins, et Suénon ayant soulevé contre lui les principaux seigneurs danois par ses cruautés et ses vices, Waldemar se rapprocha de Canut, dont il épousa la fille, pour cimenter l'alliance (1153). L'année suivante, les deux princes, tombés dans un piège que leur avait tendu Suénon, faillirent ètro assassinés; les Jutlan dais les proclamèrent tous les deux rois de Danemark; il ne restait plus qu'à obtenir le consentement de Suénon. Celui-ci proposa une conférence qui eut lieu dans l'île de Lauland (7 août 1157); on y débattit les conditions d'un nouveau partage. La Sc&nie devait appartenir a Suénon, le Slesvig et le Jutland k Waldemar, les îles k Canut. Un grand festin fut préparé pour solenniser cette convention ; c'était encore un piégn de Suénon. Au milieu du repas, des sieaires se précipitèrent sur Canut, Waldemar et leurs officiers; Canut estégorgé; Waideinar parvient k s'enfuir, n'ayant reçu qu'une blessure insignifiante, et la guerre est aussitôt rallumée. La eampifgne fut courte : Suénon, battu à Grathe (23 octobre 1157), fut fait prisonnier dans sa fuite et massacré.

Waldemar, ayant ainsi réuni tout le Danemark sous son pouvoir, entreprit de réparer par une sage administration les desastres de ces longues guerres civiles. Il arrêta les empiétements du clergé, qui, k la faveur du désordre, s'était emparé de domaines considérables, et les lui fit restituer ; il fit relever la grande muraille du Danemark élevée d'une mer k l'autre par ses prédécesseurs et rédigea les codes appelés Loi de Scanie et Loi de Seeland, qui forment encore le foud de la législation danoise.

(Jette réorganisation intérieure ne lui faisait pas négliger les instincts belliqueux de son peuple et surtout de la noblesse, mais il les tourna contre les ennemis héréditaires de la nation, les Wetides, qui avaient profité de la guerre civile pour faire sur les côtes du Danemark des excursions incessantes. Une première expédition tentée par lui contre eux en 1158 avait échoué, quoiqu'il eût fuit des

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préparatifs formidables; une seconde, dans laquelle il eut pour allié le duc de Saxe, Henri le Lion, fut plus heureuse; il leur infligea des défaites répétées, dans l'une desquelles leur roi périt (1161); lors d'une troisième expédition (1170), il les força dans leur dernier refuge, la ville d'Areona, qui capitula. La prise do Stettin (1171), de Julin (U75) et quelques guerres heureuses contre des populations hostiles de la Baltique accrurent le prestige de ses armes. La fin de son règne ne fut troublée que par une révolte des Scaniens soulevés contre leur évêque, Absalon, frère du roi; il apaisa ce soulèvement en abolissant les dîmes, dont lu suppression était réclamée, . — Waldemar eut de sa femme, Sophie, deux, fils, Canut VI et Waldemar II, qui lui succédèrent; une de ses filles, Ingeburgis , épousa le roi de France Philippe-Auguste.

WALDEMAR II, Surnommé le Victorieux, roi de Danemark, fils cadet du précédent, né en 1170, mort à Wordingborg (Seeland) en 1241. D'abord duc de Slosvig, sous le règno de son frère allié, Conut VI, qui mourut .sans postérité, il lui succéda comme roi de Danemark en 1202. Quelques victoires qu'il remporta au commencement de son règne, la prise de Hambourg et de Lauenbourg, d'importantes acquisitions sur la Baltique, qui lui mettaient un pied en Allemagne, lui méritèrent son surnom. Il conquit le Holstein et tous les pays au nord de l'Klbe, la Poméranie orientale (Prusse), Dantzig, bâtie par son père ; réédifia Lubeck, ruiné par un incendie ; fonda Stralsund et assura ses frontières du côté de l'Allemagne; ses possessions lui furent assurées par Frédéric II, qu'il aida puissamment à se faire nommer empereur. Dans la suite, ses armes furent moins heureuses. Il échoua contre les populations de la Livonie, auxquelles il voulait imposer de force le christianisme, et il dut leur abandonner l'Ile d'Œsel ; il fut de même vaincu par les Esthoniens, qui massacrèrent une partie de son armée (1218). Dans la bataille, il perdit sa bannière. Les traditions danoises rapportent que cette perte avait vivement impressionné les troupes, qui commençaient à ployer, lorsqu'il tomba du ciel un autre étendard, de couleur rouge avec une croix blanche au milieu. C'est le fameux Danebrog, qui ligure encore dans les armoiries du Danemark et qui a donné lieu k la création d'un ordre de chevalerie. L'Esthonie fut soumise, grâce à des auxiliaires allemands ; mais la suite du règne de Waldemar fut remplie de malheurs. Fait prisonnier par un de ses grands vassaux, Henri de Sohwerin, dont il avait confisqué les terres au profit d'un de ses bâtards, il fut incarcéré au château de Dannenberg, dans le Meeklembourg. L'empereur Frédéric II intervint, sur la prière des nobles danois, mais Henri refusa de lui livrer son prisonnier, qui probablement n'aurait fait que changer de captivité. Waldemar était en effet un dangereux voisin, et Frédéric II n'aurait pas été fâché de le tenir. Henri de Schwerin consentit enfin k le relâcher moyennant une énorme rançon (1225). A quelque temps de là, Waldemar voulut tenter le sort des armes contre ce redoutable vassal ; il échoua aux sièges de Segeberg et d'Itzeboe, perdit en 1227 une bataille ou il eut un œil crevé et où il fuiliit être fait prisonnier; ses précédentes conquêtes lui échappèrent en partie; Lubeck se proclama indépendant, Lauenbourg se donna à la Saxe, le Holstein et le Meeklembourg firent retour a l'empire d'Allemagne. Accablé par tous ces désastres, Waldemar II ne voulut plus entreprendre une seule guerre et refusa même pour un de ses fils, Abel, la couronne d'empereur d'Allemugnequi lui fut offerte k la mort de Frédéric 11. Il passa les dernières années de sa vie à achever l'œuvre de législation entreprise par son père. — Trois de ses fils, Eric VI, Abel et Christophe, régnèrent successivement après lui.

WALDEMAR III, roi de Danemark, fils du précédent, né vers 1200, mort en 1231. Il fut couronné roi du vivant de son père (1218) et régna durant la captivité de celui-ci au château de Dannenberg. En 1230, il épousa Eléonore, tille d'Alphonse II, roi de Portugal, et mourut peu de temps après d'une blessuro reçue à la chasse.

WALDEMAR IV, roi de> Danemark, mort en 1375. Il était" fils de Christophe II, qui mourut en 1333, laissant le royaume en proie a l'anarchie et presque complètement démembré par les Suédois et les seigneurs. Waldemar, réfugié à la cour de Louis de Bavière, ne monta sur le trône qu'en 1340, en faisant d'habiles concessions et en rachetant une partie de ses domaines engagés. Un de ses adversaires les plus redoutables était le comte de Holstein, Gérard, qui s'était emparé du Jutland, et le duc de Slesvig, Waldemar; il signa ia paix avec ce dernier en épousant sa lille, Edwige, et se concilia d'abord les

fiopulations eu améliorant l'administration de a justice, en visitant les provinces pour y édieter des réformes. Mais bientôt la faveur dont jouissaient auprès de lui les Allemands irrita les nobles , et divers soulèvements eurent lieu. Pour s'assurer l'appui ou tout au moins la neutralité de la Suède, il renonça au Halland, k la Scanie et à la Blekingie, moyennant la somme de 49,000 marcs d urgent et la cession de Copenhague, racheta au moyen de cette somme diverses places qui s'obstinaient k ne pas le reconnaître, cour-

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prima toutes les révoltes et, ne parvenant pas a soumettre l'Esthonie, céda cette province à l'ordre Teutonique, moyennant 19,000 marcs d'argent. Les troubles survenus en Suède

fiar suite de la rivalité de Magnus et d'Eric ui permirent de revenir sur la cession de provinces qu'il avait faite au premier; pour prix de son concours, il se fit restituer le Halland, la Scanie et la Blekingie et s'empara des îles de Gothland et de (Elund. La Suède, la Norvège, le Holstein et le Meeklembourg se liguèrent alors contre lui; mais il battit les coalisés et conclut avec la Suède une trêve qui fut suivie du mariage de sa fille, Marguerite, avec le nouveau roi de Suède, | Haquin VIII. La mort de son fils, héritier présomptif du trône (1363), donna à ce mariage ; une importance capitale. Waldemar IV pro- f fita de ce moment de répit pour voyager en Europe, Il se rendit d'abord en Poméranie, où il fit conclure le mariage d'Elisabeth, fille du duc, son parent, avec l'empereur Charles IV ; puis il alla à Cracovie, à Prague et visita le pape à Avignon. Son retour dans ses Etats fut accueilli par une déclaration de guerre des villes hanséatiques, qui, au nombre de soixante-dix-sept, s'étaient liguées contre lui. A l'intérieur, un soulèvement de la noblesse ne lui laissant aucune chance de vaincre cette formidable coalition, il se retira dans le Brandebourg, puis en Bavière (1368). Les seigneurs, divisés entre eux, n'eurent aucune force pour repousser l'invasion et durent subir les conditions désastreuses imposées par la ligue des villes; Waldemar fut " alors rappelé puur ratifier l'humiliant traité de Stralsund, conclu sans lui (1371). Ce traité l'obligeait à reconnaître le tils du duc de Meeklembourg pour son héritier. Il se préparait k reprendre les armes pour se dérober à cette humiliation lorsque la mort le surprit en 1375.

WALDEMAR 1er, roi de Suède, né en 1242, mort en 1302. Elu roi en 1251, il- eut un règne prospère et tranquille, tant que vécut son père, Birger, qui gouverna à sa place ; mais, après la mort de ce dernier, Waldemar eut k disputer sa couronne à ses trois frères, et, par la légèreté de sa conduite et pdr ses débauches, il s'aliéna l'esprit de ses sujets. Pendant un pèlerinage qu'il avait entrepris en terre sainte pour expier le crime qu'il avait commis en séduisant la sœur de sa propre femme, l'aîné de ses frères, Magnus, lui enleva un grand nombre de ses partisans et, après une lutte de plusieurs années, se fit proclamer roi en 1279. Waldemar essaya vainement de reconquérir son trône ; il perdit plusieurs batailles, et, fait prisonnier en 1288, fut enfermé au château . de Nikœpiug. Il mourut sans avoir recouvré sa liberté.

WALDEMAR, l'avant- dernier et le plus grand des margraves de Brandebourg, mort en 1319. Il appartenait à la branche aînée de la dynastie ascanienne qu'avait fondée Albert l'Ours. Au commencement du xiv® siècle, la marche de Brandebourg su trouvait partagée entre un grand nombre de princes, unis entre eux par les liens de la parenté, et, k une entrevue qu'ils eurent près de Rathenow, on ne compta pas moins de dix-sept margraves ; mais ils moururent bientôt l'un après l'autre, et il ne resta plus que Waldemar et son cousin, Henri l'Enfant. Avant cette époque, Waldemar était déjà le membre le plus distingué de sa famille. Guerrier intrépide et entreprenant, il jouissait d'une haute réputation auprès de ses contemporains et le poëte Henri Fruuenlob avait composé un poème à sa louange. En guerre continuelle avec ses voisins, les Mecklembourgeois, les Poinéraniens, les Polonais, les Silôsiens, les Misniens et les Thuringeois, il ne put réussir à faire triompher les droits qu'il croyait avoir sur la Poméranie et les vendit en 1308 k l'ordre Teutoniqne. En revanche, il étendit considérablement la domination du Brandebourg à l'est et au sud, et, en 1312, Leipzig et Dresde tombèrent en son pouvoir. Il vint ensuite au secours de la ville de Stralsund, révoltée contre le prince Wizlaw de Rugen et contre le suzerain de ce dernier, le roi Eric do Danemark. A cette époque (1314), les souverains de Danemark, de Suéde, de Saxe- Latienbourg, de Meeklembourg, de Mrtgdebourg et plusieurs autres princes du nord de l'Allemagne tirent alliance entre eux contre Waldemar, qui ne fut soutenu que par les ducs de Poinéranie-Stettin et de Poméranie - Wolgast. La lutte qui s'engagea alors et qui dura trois ans avec des chances diverses, contribua encore à accroître la renommée militaire de Waldemar, bien que, par le traité conclu en 1317, il eût été oblige de céder à ses adversaires quelques lambeaux de territoire. Deux ans plus tard, il mourut subitement k Bœrwalde, k un âge encore peu avancé. 11 eut pour successeur son cousin Henri l'Enfant, qui ne lui survécut qu'un un et avec lequel s'éteignit la dynastie ascanienne. L'empereur Louis IV de Bavière donna alors le Brandebourg k son fils Louis l'Ancien (1324-1351) Mais la veuve de Waldemar, Agnès, et son second époux, Othon l'Affable, duc de Brunswick, conservèrent la Vieitle-Marche, comme douaire, jusqu'en 1343, et dans le même intervalle les princes voisins du Brandebourg s'emparèrent de parties notables du territoire de cette contrée. A l'intérieur s'éleva une agitation que rien

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ne put calmer; le margrave Louis et ses conseillers bavarois se firent haïr par leurs abus, et les nobles, qui ne purent s'unir entre eux, ensanglantèrent la contrée par leurs luttes sauvages et leurs déprédations.

Ce fut à cette époque de misère et d'oppression qu'un faux Waldemar fit son apparition. Pendant l'été de 1348, k Wolmirstœdt, où se trouvaient réunis l'archevêque de Magdebourg et plusieurs autres princes, se présenta un pèlerin, qui prétendit être le margrave Waldemar, mort depuis vingt-neuf ans. Il avait, racontait-il, fait jadis enterrer à sa place, k Chorin, le cadavre d'un de ses ennemis, s'était rendu en pèlerinage à. Jérusalem pour faire pénitence de ses péchés et revenait arracher son pays à l'état d'anarchie dans lequel il se trouvait. On prétend que c'était un garçon meunier, nommé Jacques Rehbock, d'Hundeluft (Anhalt), ou un compagnon boulanger, nommé Meinecke, de Belitz (Brandebourg), et que, l'un ou l'autre, à cause de sa ressemblance frappante avec le défunt margrave, aurait été aposté par les membres tie la dynastie ascanienne, qui régnaient encore en Saxe et dans la principauté d'Anhult, dans l'espoir qu'il parviendrait k rendre le Brandebourg à leur maison. Après avoir élé formellement reconnu par les princes réunis k Wolmirstoedt, le faux Waldemar se rendit avec eux dans le Brandebourg, où le peuple et les états lui rendirent hommage avec empressement. Seules, les villes de Francfort- sur -l'Oder et de Treuenbrictzen, ainsi qu'un petit nombre de vassaux, demeurèrent fidèles au margrave Louis. L'empereur Charles IV, entraîné par sa haine pour la maison de Bavière, se mêla aussi du complot et dans une entrevue au camp d'Heineodorf, devant Francfort (2 octobre 1348), reconnut comme margrave de Brandebourg le faux Waldemar, qui, k la diète impériale de Cologne en 1319, siégea dans le collège des princes électeurs. Les princes qui avaient pris part k la fraude s'enrichirent alors aux dépens du Brandebourg, car le faux Wuldemar consentit, sans résistance, k leur abandonner une partie de ses nouveaux Etats. Mais la maison de Bavière et ses partisans ayant élu empereur, en 1349, Gunther de Schwarzbourg, Charles IV consentit k entrer en accommodement, reconnut le margrave Louis comme légitime possesseur du Brandebourg et ciia le prétendu Waldemar k comparaître devant la diète de Nuremberg pour y justifier de ses prétentions. Comme il ne comparut pas, il fut publiquement déclaré imposteur (6 avril 1350). La majeure partie du Brandebourg lui étant néanmoins demeurée fidèle, la lutte dura encore plusieurs années, et le roi de Danemark, Waldemar IV, allié des Bavarois, s'avança jusque sous les murs de Berlin. Enfui, le margrave Louis le Romain (1351-1365), successeur de Louis l'Ancien, liait par acheter la paix à tous ses adversaires. Les Ascaniens reçurent des sommes considérables, et, le 10 mai 1355, le faux Waldemar renonça solennellement k ses prétentions sur le Brandebourg. 11 vécut encore une année à la cour d'Anhult et, k sa mort, fut enterré à Dessau avec tous les honneurs dus k un prince. Consulter lilœdon, Histoire diplomatique du margrave Waldemar (Berlin, 1844, 4 vol.), Sous le pseudonyme de Willibad Alexis, Hœring a écrit un roman dont le sujet est emprunté à cette histoire, le Faux Waldemar (Berlin, 1843, in-8°).

WALDEMAR (Frédéric-Guillaume), prince de Prusse, né en 1817, mort en 1849. Il était le fils du prince Guillaume, père du roi Frédéric-Guillaume 111, et de la princesse Marie- Anne de Hesse-Hombourg. Après avoir reçu une excellente éducation, il servit tour k tour dans les différentes armes et fut promu colunel dans les dragons de la garde. Il entreprit, en 1845, un grand voyage en Orient, parcourut successivement la Turquie, l'Egypte, les Indes orientales et se joignit, en 1846, à. l'expédition anglaise contre les Sikhs. Il prit une purt brillante aux sanglants combats livrés sur le Suiledge, où l'un de ses compagnons, le docteur Hoffmeister, fut tué à ses côtés, et il reçut ensuite de la reine Victoria la grand'eroix de l'ordre du Bain. A son retour, il exécuta, en 1847, un voyage en Angleterre, où on lui lit l'accueil le plus distingué. Nommé commandant delà 13" brigade de la cavalerie prussienne, il fut, peu de temps après, saisi k Munster d'une lièvre rhumatismale, aux suites de laquelle il succomba le 17 février 1840. Ce ne fut que quelques années après sa mort que parut la relation, magnifiquement illustrée, <ie ses voyages dans 1 Inde (Berlin, 1S55, 2 vol.). Kustuer eu a publié un extrait (Berlin, 1857).

WALDEiSBURG, ville de la Saxe royale, ch.-l. de ia seigneurie de .son nom, dans le cercle et k 17 kilom. N. de Zwickau, sur la rive gauche de la Muldej 2,500 hab. Eaux minérales. Fabrication de cotons, pipes et creusets. Commerce de grains et de lil. Ancien et beau château des princes de Sehœaburg-Waldenburg.

WALDENBURti, ville de Prusse, dans la province de Silésie, régence et k 70 kilom. S.-O. de Breslau, ch.-l. du cercle de sou nom ; 3,000 hab. Direction et tribunal des mines pour la basse Silésie. Industrie active ; fabrication très -importante de fils, toiles, lainages, faïence; carrière de grès,

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exploitation de houille. Commerce de grain» et de fils.

WALDENBURG, ville du Wurtemberg, cercle du Iaxf, à 45 kilom. N.-O. d'Elwangen, bailliage d'Ohringen ; 850 hab. Ch.-l. de la principauté de Hohenlohe-Wuldenburg-Schillingfurst.

WALDEMJDBG, ville des Etats prussiens (Silésie) , k 70 kilom. S. - O. de Bresbiu ; 3,500 hab. Ch.-l. de cercle. Houillères considérables. Industrie active des toiles et des lainages.

WALDHAUSER (Conrad), théologien allemand, regardé comme l'un des précurseurs de Jean Hus, né dans l'archiduché d'Autriche vers le commencement du xtve siècle, mort en 1369. Il appartenait k l'ordre des augustins et jouissait d'une grande réputation comme prédicateur, lorsque Charles IV, empereur d'Allemagne et roi de Bohème, l'appelu k Prague et lui donna une dos cures les plus importantes de cette ville. Ses prédications eurent un vif succès. Les théologiens et les historiens catholiques ne peuvent assez louer Waldhauser d'avoir tonné contre les vices et la corruption des laïques ; ils ne lui pardonnent pus, en revanche, la virulence de ses attaques contre les désordres.du clergé. A une époque où personne en Allemagne n'avait encore osé élever la voix contre les abus scandaleux commis au nom et sous le manteau de la religion, il eut le courage de censurer publiquement toute sorte de simonie, celle surtout des couvents qui exigeaient une dot des novices lors de leur admission, traita d'hypocrisie damnable et d'exagérations ubsurdes l'ascétisme et les pratiques des moines, et dévoila les mœurs dissolues et les honteuses débauches du plus grand nombre d'entre eux. Aussi fut-il constamment en butte k leurs attaques. Accusé, en 1364, d'hérésie par les dominicains, il n'eut pas même besoin de se justifier, car ses adversaires, intimidés pur la protection dont le couvrait l'archevêque Ernest de Purdubitz, n'osèrent pas se présenter devant le tribunal de l'évoque de Prugue, auquel ils l'avaient fait citer. Accusé de nouveau un peu plus tard, k la fois par les dominicains et par les augustins, il se défendit duns un mémoire qui nous a élé conservé

Ear Palacky et qui prouve combien Waldauser était en avance sur les idées de son temps. Les tempêtes que sa hardiesse avait soulevées n'étaient pas encore apaisées lorsqu'il mourut. Consulter Zitte , Biographie dus trois précurseurs remarquables de Jean /Jus (Prague, 17S6), et Jordan, les Précurseurs du iiussitisme (Leipzig, 1846).

WALDIIËIM, ville du royaume de Saxe, cercle de Leipzig, k 16 kilom. E. de Rochlitz; 5,190 hab. Maison de détention. Fabriques de toiles, lainages, cotonnades.

j WALDIS (Burckard), fabuliste allemand, ! né k Allendorf (Hesse) vers 1505, mort en 1554. On manque de détails sur su vie, et l'on sait seulement que, d'abord religieux catholique, il se convertit à la Réforme et devint chapelain de Marguerite, femme du landgrave de Hesse. Ou a de lui ; Esope complètement remanié et mis en vers (Francfort, 154S), souvent réimprimé, recueil de fubles dont les sujets sont empruntés a Esope, et qui sont remarquables par leur simplicité, leur ton naïf et leur style fucile et coulant; le Psautier mis [en nouveaux cantiques et en rimes artistiques (Francfort, 1553) ; une traduction en vers allemands du lleynunt papisticum de Iiirchmaier (1555, in-4«); ta Parabole de l'enfant prodigue, pièce qui fut jouée avec un grand succès k Riga eu 1527 et qui a été réimprimée en 1851 ; enfin, une édition du Theuerdanck de Melchior Pfintzing (Francfort, 1553).

WALDK1RCH, bourg du grand-duché de Bade, cercle du haut Rhin, clief-lieu du bailliage de son nom, k 15 kilom. N.-E. do •Fribourg, sur l'EIZ; 2,700 hab. Fabrication de coton, toiles, cuirs, Taille de grenats et cristaux de roche; horlogerie, orfèvrerie,

WALDK1RCU (Jean-Rodolphe de), historien suisse, né k Bàleen 1C7S, mort en 1757. Il étudia le droit dans sa ville natale, où il revint le professer en 1722, après l'avoir enseigné successivement k Berne et k Lausanne. On a de lui : Traité sur la torture (1710) j Amwtata in Pufendorfium, de officia hominis et civis (1711) ; Compeitdium historicum (1714); Histoire de la Suisse (t72ï, 2 vol.). Ce livre, qui est l'œuvre capitale de l'auteur, s'étend jusqu'à l'année 1718 et est très-utile k consulter, car ou y trouve réunis une foule de matériaux et de documents historiques, qui se trouvent épars dans les bibliothèques de la Suisse et de l'Allemagne.

WALDMANM (Jean), homme d'Etat suisse, né à Bliggerjsiorf, canton de Zug, vers 1420. D'abord tanneur, puis soldat, il servit pendant quelque temps en France , revint en Suisse et se mit k exercer la profession d'avocat k Zurich, où il obtint la bourgeoisie et entra dans la magistrature (1454). Lors de la bataille de Moral (1476), il fut un des chefs de l'armée suisse qui vainquit Charles le Téméraire. Waldmann fut ensuite ambassadeur des cantons auprès de Louis XI et du pape. En 1483, il obtint la première dignité du canton de Zurich, celle de bourgmestre, dont il . fut investi de nouveau en 1485, {Secondé par

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?uelques amis éclairés, il opéra alors des réormes qu'il avait depuis longtemps conçues. Il s'attacha à diminuer l'influence do la noblesse et du clergé, limita les dotations faites aux couvents, défendit les acquisitions de biens de mainmorte, diminua les jours de jeûne et fit d'excellents règlements pour l'agriculture. Devenu tout-puissant à Zurich, il acquit une grande influence aux diètes helvétiques, et l'empereur Maximilien, avec qui il traita en 14S7, lui donna une pension et le fit le distributeur de ses grâces en Suisse. La puissance qu'il exerçait et les abus qu'il réprimait lui firent un grand nombre d'ennemis. Une augmentation des impôts et des règlements de police, notamment sur les chiens, parurent vexatoires et furent le prétexte d'un soulèvement contre lui. Des paysans se rendirent en armes à Zurich. Waldmann fut arrêté, jeté en prison et mis à la torture. Ses ennemis triomphants l'accusèrent alors d'avoir vendu le pays, d'aspirer à la tyrannie, etc. A ces calomnies ils en ajou- . tèrent une autre, dont l'effet devait être terrible. Une armée d'Autrichiens accourait, disait-on, pour délivrer Waldmann et venait de brûler la ville d'Eglisau. A cette nouvelle, on condamna le bourgmestre à avoir la tète tranchée. Conduit au supplice, Waldmann voulut parler au peuple, mais il en fut empêché par les prêtres qui l'entouraient et ses biens furent distribués aux paysans révoltés.

WALDMUNCHEN, ville de Bavière, cercle du haut Palatinat, à 79 kilom. N.-E. de Ratisbonne, cb.-l. du bailliage de son nom, sur la Schwarza ; 8,300 hab. Filature de lin ; fabrication de toiles, verrerie.

WALDOR (Mêlanie Villenave, dame), feinmt) de lettres française, née à Nantes en 1796, morte en 1871. Fille d'un littérateur estimable, qui, durant la Révolution, mania avec verve la plume du journaliste, elle apprit de bonne heure à aimer les choses de l'esprit. Mariée sous la Restauration, elle commença à écrire vers 1831 et s'essaya un peu dans tous les genres, histoire, roman, esquisse de mœurs, poésie, théâtre. Son premier essai fut un roman historique : VEcuyer d'Auberon ou l'Oratoire de Bon-Secours (1831), après lequel elle fit paraître le Livre des jeunes filles (1834). En 1835, elle se révéla comme poëte, dans un volume qui a pour titre Poésies du cœur, recueil de vers remarquables par le sentiment, le goût et l'élégance ; il eut du succès k cette époque où brillaient cependant du plus vif éclat les maîtres de la poésie contemporaine. On doit encore à Mme Mélanie Waldor : VAbbaye de Fontenelle (1839, in-so); Alphonse et Juliette (1839, in-8°) ; ['Ecole des jeunes filles, drame en cinq actes (1841) ; Meures de récréation (1836, in-12); Pages de la vie intime (1836, 2 vol.); la Hue aux Ours (1837); la Coupe de corail (1842, ï vol.); André te Vendéen (1843,2 vol.) ; le Château de Jiamsberg (1844, 2 vol.); la Tirelire de Jeannette, comédie-vaudeville (Théâtre de l'Ambigu, 16 avril 1859).

Indépendamment des ouvrages que nous venons de citer , Mme Mélanie "Waldor a donné un grand nombre de morceaux a divers recueils littéraires, la Revue de Paris, les Jleures du trouait, Livre des femmes, etc. Elle a aussi collaboré à la Patrie, où elle signait Uu bam bleu.

WALDORP (Antoine), peintre hollandais, né k T Bosch, près de La Haye, en 1803. Il a cultivé spécialement la peinture de marine. 11 débuta par quelques études essentiellement décoratives. La mise à l'aspect, simplement, n'est pas sympathique aux Hollandais, amateurs du détail. Aussi les essais de M. Waldorp furent-ils assez froidement accueillis. Loin de se décourager, le jeune artiste se mit au travail avec une ardeur nouvelle et peu à peu il devint assez fort pour entrer en lice avec les maîtres de Paris. Il n'est guère connu en Fiance que par ses envois aux Salons ; ce sont : une Marine et la. Mer agitée, exposées en 1845 ; les Dunes de Hollande, Ville en hiver (Salon de 1S46), achetées par le musée de Harlem ; Mer houleuse dans le Zuyderzée (1850) ; Port hollandais et l'Eau calme (Exposition de 1855) ; une Marine (1859) ; Traversée du Mardijk par un temps calme au xvue siècle, le Canal du village, Eau calme (1861). Depuis lors, il n'a plus exposé en France. M. Waldorp n'a jamais obtenu de médaille aux expositions françaises ; en revanche, il a été fait chevalier du Lion néerlandais (1843), de la Couronne de chêne (1845) et de l'ordre de Léopold (1848).

WALDPOTT DE PASSEM1EIM (Henri), premier grand maître des chevaliers do l'ordre Teutonique, more en 1200. Il était issu d'une des familles les plus puissantes de l'Allemagne et prit part à la troisième croisade, pendaut luquelle il acquit un grand renom de bravoure et de talents militaires. Aussi, lorsque Frédéric de Souabe et le pape Oélestiu 111 instituèrent l'ordre des chevaliers teutoniques, ce fut Waidpott qu'ils choisirent pour être le grand maître de la nouvelle confrérie. Il reprit aussitôt avec vigueur la guerre contre les infidèles et remporta sur eux plusieurs victoires. Il s'occupa ensuite de 1 organisation de l'ordre, fit bâtir une église et un hôpital à Ptolémaïs, et réussit à .triompher des obstacles que les templiers cherchaient à opposer & 1 établissement du

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nouvel institut. Lorsqu'il mourut, il y avait dix ans qu'il gouvernait l'ordre. Son successeur fut Olhoti de Kerpen.

WALDRADE ou VALDRADE, concubine de Loihaire II, roi de Lorraine, morte après 870. Elle appartenait à l'une des familles les plus illustres de l'Austrasie et avait pour oncle Gonlhier, archevêque de Cologne ; un de ses frères occupait le siège de Trêves. Elle inspira une violente passion à Lothaire et fut probablement la maîtresse de ce prince avant son mariage avec la princesse bourguignonne Teutberge (856). Mais cette union, que Lothaire n avait contractée que par nécessité politique, ne put lui faire oublier Waldrade, et, dès 857, cette dernière avait remplacé l'épouse légitime, chassée de la cour comme coupable d'inceste avec son propre frère. Les évèques lorrains, réunis en 860 à Aixla-Chapelle pour informer sur le crime dont la reine était accusée, cédèrent à l'inlluence des métropolitains de Cologne et de Trêves, la déclarèrent coupable et autorisèrent Lothaire à épouser Waldrade. Teutberge en appela de cette sentence au pape Nicolas Ier, qui envoya deux légats, chargés de prendre de nouvelles informations; mais, gagnés par l'or de Waldrade, ils confirmèrent au concile de Metz (860) la sentence des premiers juges. Nicolas 1er, persuadé de l'innocence de Teutberge et cédant en même temps aux influences secrètes de Charles le Chauve et des seigneurs neustriens, réunit uu palais de Latran un concile particulier,' formé seulement de prélats italiens, qui cassa les décisions des conciles d'Aix-la-Chapelle et de Mutz et prononça la déposition des archevêques de Cologne et de Trêves. Forcé de se soumettre, Lothaire reprit Teutberge ; mais il ne tarda pas à revenir k Waldrade, dont il ne voulut plusse séparer; le pape l'excommunia. A la mort de ce pontife (867), Lothaire obtint de son successeur, Adrien II, l'autorisation de se rendre a Rome et réussit à faire lever l'excommunication ; mais il mourut peu de jours après à Plaisance. A la nouvelle de cette mort, Waldrade se retira au monastère de Remiremont, où elle éleva les trois enfants qu'elle avait eus de Lothaire et qui étaient exclus, comme illégitimes, de 1 héritage de leur père. Le fils, Hugues, dit le Lorrain, eut les yeux crevés en 835, par ordre de Charles le Gros, alors qu'il cherchait à reconquérir le royaume de son père ; l'une (les filles, Gisèle, devint l'épouse de Godefrid, qui fut assassiné à l'époque où son beau-frère perdait la vue; l'autre fille fut Berthe, marquise de Toscane, aussi célèbre par son ambition que par sa beauté et ses galanteries.

WALDSCHMIDIE s. f. (val-schmi-dl). Bot.

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