V. WALSCHMIDIE
WALDSCMH1DT (Jean-Jacques), médecin allemand, né k Rudelsheim en 1644, mort à Marbourgen 1687. Il fitses études aGiessen, à Vienne, à Prague etdans plusieurs autres universités d'Allemagne. Reçu docteur aGiessen en 1667, il fut appelé, sept ans plus tard, à occuper une des premières chaires de l'université de Marbourg. Waldschmidt fut un professeur éloquent et un écrivain fécond. Voici la liste de ses nombreux ouvrages : De chytificatione (1064) ; De phthisi (1675) ; De epilepsia (1676); De cotica (1676) ; Monita medica circa opii et opiatorum usum (1676); De febribus maliguis (1677) ; De mania (1677) ; De sanilatis studwsorum tuends methodo (1681); De seusibus (1684); De thea (1685); De chylo et sanguine (1686); De hsmorrhagia narium (1686); Medicus cartesianus detegens aliquot in chirurgia errores (16S7, in-4°) ; Institutions médians rationatis (1688, in-12), Praxis medieins rationalis (1690, in-4°) ; Opéra medica praclica (Francfort, 1695, in-4°).
WALDSCHMIDT (Guillaume-Ulrich), médecin allemand, fils du précédent, né à Hanau en 1669, mort à Kiel en 1731. Il fitses études médicales à Marbourg, à Giessen, à Zurich et parcourut ensuite la Hollande et l'Angleterre. De retour dans sa patrie, il fut nommé médecin des troupes de liesse, puis devint, en 1691, professeur d'anatomie et de botanique à l'université de Kiel. En 1693, il réunit à ces deux chaires celle de physique expérimentale, qu'il conserva jusqu'à sa mort. Parmi ses nombreux écrits, nous citerons : De cupro et argento (Marbourg, 1685, in-4») ; De corporis humani statu naturati et prseternaturati (1690, in-4°) ; De cura mentis per corpus (Kiel, 1692); De usu et abusu thew in génère, pnecipue vero in hydrope (1692) ; De rebits medicis et philosophicis variis (1693) ; De his qui diu vivunt sine alimento (1711); De ■morbo convulsivo (1714), De hominis vita et generatione (1720) ; De fractura ossium' sine causa violenta exteraa (1721); Devalure chemis hodiems (1729) \De dyssenteria (1730), etc.
VALDSCHMIDTIE s. f. (val-schmi-dtî).
Bot. V. WALSCHMIDT1E.
WALDSEE, ville du Wurtemberg, cercle du Danube, ch.-l. du bailliage de son nom, à 60 kilom. S.-O. d'Ulm, sur la Steinach ; 2,500 hab. Fabrication de broderie sur mousseline. C'était autrefois une des cinq villes dites villes du Danube; elle fut réunie au Wurtemberg en 1806. On y remarque le château seigneurial, résidence des princes de Waldburg-Wolfegg-Waldsee, et l'église de Sainte-Berthe, où l'on se rend en pèlerinage.
WALE
WALDSEEMOLLER (Martin), en latin Hjr- Iscomiiuy, géographe allemand, né vers 1470 à Fribourg en Brisgau , mort vers 1530. Il fit ses études au collège de Saint-Dié en Lorraine, et y devint plus tard professeur de géographie et libraire. L'ouvrage le plus connu que l'on ait de lui a pour titre : Cosmographis introductio cum quibusdam geometris ac astronomie} principiis ad eam rem necessariis, insuper quatuor Americi Vespucii navigationes (Saint-Dié, 1507, in-4°, avec fig. ; Strasbourg, 1509, in-4°). Dans ce livre, le nouveau monde se trouve, pour la première fois, désigné sous le nom d Americi terra vel America, et Waldseemuller y soutient que c'est au navigateur florentin qu'appartient l'honneur de donner sou nom à la quatrième partie du monde. Comme son livre fut plusieurs fois réédité, il ne contribua pas médiocrement à accréditer cette injustice commise envers Christophe Colomb, que l'usage a consacrée depuis. On ne connaît guère Ie3 autres travaux de Waldseemuller, maison le croit l'auteur d'un manuel de scénographie et de perspective appliquée au théâtre, qui fut inséré dans l'une des rééditions de la Margarita philosophica de Georges Reisch.
WALDSIIUT, bourg du grand-duché de Bade, cercle du haut Rhin, ch.-l. du bailliage de son nom, à 45 kilom. S.-E. de Lorrach, sur le Rhin; 2,500 hab.
WALDSTjETTES, littéralement Etat des forêts, dénomination par laquelle on désigne quelquefois les quatre cantons suisses de Schwitz', d'Uri, d'Unterwalden et de Lucerne. Le lac de Lucerne ou des Quatre- Cantons, qui les baigne, porte aussi le nom de lac de Waldstaettes.
WALDSTE1N ( Albert- Veneeslas-Euseuo , comte du) , célèbre général allemand. V.
Wallenstkin.
WALDSTEIN1E s. f. (val- sté- ni). Bot.
Genre de plantes de la famille des rosacées, tribu des uryadèes, comprenant des espèces qui habitent la Hongrie et la Transylvanie.
WALDUISG (Wolfgang), médecin allemand, né k Nuremberg en 1554, mort en 1621 à Altdorf, où il était professeur de physique et où il exerçait la médecine, bien qu'il n'eût jamais pris aucun grade. On a de lui, entre autres écrits, un ouvrage aussi rare que curieux, qui est intitulé : Lagographia seu de nalnra teporum, qux prisci auctores et recentioresprodidere, quidveutilitatis inre medica ab isto quadrupède percipiatur, liber sinyularis (Aniberg, 1619, in-4<>).
WALDWOLLE s. f. (oual-douo-le). Comm.
Laine de bois. V. laink (tome X, page 83).
WALE ou VILE, que l'historien Saxo ap- , pelle Bo, est dans la mythologie Scandinave le fils d'Odin et de la princesse russe Rinda. C'était uu vaillant guerrier et un habile tireur. D'après la Votuspa, il n'était âgé que d'une nuit quand il tua Hodur ou Hoder. Il ne faut pas oublier que Hoder est la nuit et que Wule, le jour, vint le punir lorsqu'il eut tué Balder, le soleil. Wale habitera la nouvelle terre après l'extermination d'Odin et des principaux Ases par les géants et les esprits du feu.
WALE (Antoine db), en latin Walœu», théologien protestant, né à Gand en 1573, mort en 1639. Il fit ses premières études à l'école de Middelbourg, sous la direction du célèbre Gruter, puis suivit à l'Académie de Leyde des cours de théologie, de philosophie, de philologie classique et orientale, et parcourut ensuite les principales universités de la France, de l'Allemagne et de la Hollande. En 1602, il devint ministre d'une petite paroisse des environs de Middelbourg, puis, un peu plus tard, il fut nommé l'un des pasteurs de cette ville, où il acquit une grande réputation comme prédicateur et comme professeur. Il prit, en outre, une part active aux discussions religieuses qui agitaient la Hollande à cette époque et devint le chef du parti opposé aux remontrants. En 1618, ce l'ut lui qui reçut la mission de préparer à la mort l'infortuné Barneveldt, et, l'année suivante, il fut appelé à une chaire de théologie k l'université de Leyde. Il l'occupa jusqu'à sa mort. Nous citerons parmi les écrits de Wale : L'office des ministres ; l'autorité et surintendance qu'un souveruin magistrat chrétien doit avoir sur iceluy (Middelbourg, 1025), traduit du flamand en français par J. Crucius (Harlem, 1628); Dissertatio de sabbatâo sioe de vero sensu atque usu tertii prscepti (Leyde, 1628, in-8°) ; Œuvres théoloyiques (Leyde, 1643-1647, 2 vol. in -fol.).
WALE (Jean de), médecin hollandais, fils du précèdent, né à Koukerke, près de Middelbourg, en 1604, mort à Leyde en 1649. Il fit ses études médicales dans cette ville, où il passa son doctorat en 1631, et y devint professeur. Wale s'occupa beaucoup de recherches anatomiques, d'expériences sur les animaux vivants, et non-seulement il adopta la découverte de la circulation du sang, mais il prétendît même en trouver des traces dans l'airtiquité. Il en attribua la connaissance parfaite à Fra Paolo Sarpi et à Fabrizzio d'Aquapeûdente, et il ne laissait à Harvey que l'honneur d'avoir rendu ce point de doctrine incontestable et de l'avoir enseigné le premier publiquement. Voici la liste de ses écrits : Epistols de motu chyli et sanguinis ad Thomam Dartholinum Gasparis
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filium (Leyde, 1641, in-8°); Instilutiones compendiosx medicinx; Methodus medendi brevissima ad circulatiouem sanguinis adornata (Ulm, 1660, in-12); Opéra medica omnia (Londres, 1660, in-8*).
WALE (Charles), général anglais, né en 1763, mort en 1845. Entré en 1779 dans l'armée, il combattit successivement à Gibraltar, en Irlande, en Hollande, fut envoyé, comme lieutenant-colonel, à la Jamaïque et aux Indes orientales , et promu brigadier général, fut chargé, en 1810, de l'attaque de la Guadeloupe et s'empara de cette lie, dont il reçut le commandement. Nommé, en 1812, gouverneur de la Martinique, il conserva ces Fonctions jusqu'à l'époque où Vite nous fut rendue, après les traités de 1815. Sept ans avant sa mort, Wale fut promu au grade de général. ■
WALEF (Biaise-Henri db Cortb, baron de), poëte et intrigant politique, né k Liège en 1652, mort en 1734. 11 fut officier successivement au service du prince-èvêque de Liège, de l'Espagne, de la France, de la Hollande et de l'Angleterre, assista, en 1706, k la bataille de Ramillies, où il conquit le grade de maréchal de camp, et, revenu en France après lu paix d'Utrecht, y fut plus tard (1717) un des agents subalternes employés par la duchesse du Maine dans la conspiration de Cellamare. En 1719, il obtint le grade de lieutenant gérai des armées d'Espagne et l'emploi de gouverneur militaire du royaume de Valence.
En 1728, il résigna ces fonctions et se retira à Liège, où il fut nommé peu après feld-maréehal lieutenant de l'empire. Walef a laissé une quantité considérable de poésies, qui sont des plus médiocres, bien que quelques-unes aient été louées par Boileau. Nous citerons, entre autres : les Titans ou l'Ambition punie et les Jumeaux (Liège , 1725, 2 vol. in-8°) ; Œuvres nouvelles (Liège, 1731, 5 vol. in-S°); Cat/iolicon de la basse Germanie (Cologne, 1731, in-S°); les Augures ou la Conquête de l'Afrique, poëme (Liège, 1734). Un recueil des Œuvres choisies de Walef a été publié près d'un demi-siècle après sa mort par de Villenfage (Liège, 1779, in-80)-
WALES, nom anglais de la principauté de Galles. V. ce mot.
WALES (Guillaume), astronome anglais, né en 1734, mort en 1798. En 1770, il fut envoyé à la baie d'Hudson, pour y observer le passage de Vénus devant le disque du soleil, et accompagna le capitaine Cook dans ses deux expéditions. L'illustre navigateur ayant été accusé par plusieurs savants d'avoir déguisé la vérité sur beaucoup de points, dans un intérêt purement national, Wales chercha à le justifier dans plusieurs mémoires, notamment dans ses Observations sur le voyage du capitaine Cook (Londres, 1777) et dans se3 Remarques sur la relation du dernier voyage de Cook autour du monde, par Forster (Londres, 1778). On a encore de Wales : Observations générales faites à la baie d'Hiïdson (Londres, 1772, grand in-4"); Observations astronomiques faites pendant le Cours d'un voyage au pôle sud et autour du monde de 1772 à 1775, etc. (Londres, 1777, in-4°) ; Traité des longitudes (Londres, 1794), etc.
WALEWSKI (Alexandre - Florian - Joseph Colonna, comte), littérateur et homme politique français, né au château de Walewice (Pologne) le 4 mai 1810, mort à Strasbourg en septembre 1808. Il était fils d'une Polonaise, fut élevé k Genève, puisk Varsovio et montra durant toute son éducation une grande précocité d'esprit. Dès l'âge de dixneuf ans, il s'enfuit de son pays pour aller à Londres solliciter les hommes d'Etat les plus éminents de l'Angleterre en faveur de la Pologne. De Londres il vint en .France, où il se trouvait au moment de la révolution de juillet 1830. Il fut amicalement accueilli par le duc d Orléans, qui, devenu roi, le chargea d'une mission en Pologne. Lorsque, en 1831, les Polonais se soulevèrent con ire les Russes, Walewski devint aide de camp du général en chef de l'armée nationale et prit part à la bataille de Grochow. Député à Londres par le gouvernement insurrectionnel, il ne put accomplir sa mission désormais sans but, les Russes ayant repris Varsovie, et il vint do nouveau chercher un refuge en France. Il se fit naturaliser Français et, "grâce à ses hautes relations, prit rang dans l'armée en qualité d'officier d'ordonnance du maréchal Gérard. Ensuite il devint capitaine dans la légion étrangère, passa au 4" régiment do hussards et fut chargé des fonctions de directeur des affaires arabes à Oran. Rappelé en Fiance et fatigué de la vie oisive des garnisons, désireux d'ailleurs de briller dans le monde, il donna -sa démission en 1S37, acheta le Messager des Chambres et entreprit de se faire connaître duns la société parisienne de cette époque comme homme éléfant, comme pubiieiste et comme auteur ramatique.
Après avoir écrit quelques brochures politiques, Un mot sur la question d'Afrique (1837, in-32) et l'Alliance anglaise (1S3S, in-32), il voulut aborder le théâtre, où il passa pour avoir collaboré avec M. Alexandre Dumas k Mademoiselle de Belle-Isle (183!>). Le 8 janvier 1840, il fit jouer au Théâtre- Français, avec un luxe d'ameublement peu ordiuaire sur cette scène, l'Ecole du monde ou la Coquette sans le savoir, comédie en cinq
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actes, à laquelle Anaïs Aubert, selon Quérard (la France littéraire), aurait apporté une très-active collaboration. Lue au comité par cette actrice , reçue avec empressement , soutenue, vantée, protégée par de hautes influences, par des célébrités littéraires qui en suivaient avec complaisance les répétitions, par Victor Hugo, par Casimir Delavigne, l'Ecole du monde n'obtint pas grâce devant le parterre; jamais cependant plus brillante assemblée ne s'était réunie pour entendre une œuvre de l'esprit humain. • Voilà donc, s'écriait Th. Gautier dans iu Presse du 14 janvier, la pièce d'un homme du monde I Assurément aucun de nous ne l'aurait faite plus mauvaise ; il est plus aisé d'avoir de beaux chevaux, des équipages splendides, des toilettes somptueuses, d'être un lion qu'un auteur comique. Cela n'est pas donné au meilleur gentilhomme d'être poète quand il veut; un poëte deviendrait plutôt gentilhomme au besoin... Et puis, s'il faut vous le dire, illustres gentilshommes, lions à tous crins , très-précieux fushionables , il vous manque une chose pour être poètes... Pour être des poètes, il faut avoir beaucoup souffert, et vous n'avez pas souffert. Le mal passe sous vos pieds et ne vous atteint pas; il n'y a d'autre malheur pour vous que de mourir, de recevoir un coup de fleuret dans la figure ou de faire une comédie en cinq actes et en prose! > Cet échantillon de la critique de 1840 ne saurait donuer qu'une faible idée des attaques dont fut l'objet cette Ecole du monde, que le grand monde parisien avait proclamée à l'avance On chef-d'œuvre. Le feuilleton de Jules Janin fut très-spirituel, très-méchant et trës-remarqué. Nestor Roqueplan s'écria : « On n'a pas écouté mes avis; j'avais recommandé k l'auteur d'inonder le second acte de traits d'esprit. « Une polémique ardente, où les horions ne furent pas ménagés, s'éleva pour prouver que la critique et les journaux avaient eu le plus grand tort de méconnaître l'œuvre d'un homme du monde, d'un gentilhomme, lequel était journalis te cependant. Quoi qu'il en Soit, les comédiens en furent pour leurs frais d'étude ; le public s'obstina a ne rien comprendre aux personnages qui s'agitaient et parlaient sur la scène ; il ne voulut pas croire que ce monde qu'on lui représentait était réellement celui qui existe, et l'ouvrage tomba. L'auteur, qui avait gardé l'anonyme, répondit aux sifflets par une préface a sa pièce. Il y ajouta même une dédicace à Victor Hugo, qu'il signa bravement. Attristé, mais non pas découragé par l'insuccès de V Ecole du monde, il voulut aborder le théâtre une seconde fois avec les Dandys. De petites intrigues, auxquelles il n'était pas indifférent, agitaient alors la maison de Molière. La muse comique et la muse tragique, Anaïs et Rachel, se disputaient le cœur du jeune écrivain homme du monde.
Scribe, un bon juge, étant consulté sur ces Dandys, proposa de prendre sa part dans la pièce k la condition qu'elle n'aurait que trois actes, qu'elle serait donnée au Gymnase et lUe lui, Scribe, en écrirait le dialogue, • Ainsi aite, dit le jeune comte Walewski, ma comédie ne serait plus mienne, elle serait vôtre. Elle aurait un grand succès, j'en conviens; mais je n'oserais pas, cette fois moins que jamais, me départir démon incognito. » Plus tard, Scribe, ayant gardé bon souvenir des Dandys, les voulut revoir; il soumit à Wulewski, tout-puissant personnage alors, un nouveau projet dans lequel il lui laissait une plus grande, part de collaboration; mais dans l'intervalle étaient survenues les grandes affaires ; le doux loisir des choses littéraires avait gagné le pays des songes. L'auteur des Dandys remit cependant sa pièce à Scribe. On a retrouvé le manuscrit sur la table du célèbre écrivain dramatique , et ce fut Mm° Scribe elle-même qui le renvoya au comte Walewski après la mort de son mari. La même année 1840, Walewski entra dans la carrière diplomatique, où la réussite est plus facile que dans les lettres pour un jeune élégant, ami du luxe et de la richesse. M. 1 niera, devenu président du cabinet du l«r mars, acheta le Messager des Chambres et donna à son rédacteur une mission en Egypte. Il s'agissait de Se rendre auprès du pacha Méhémet - Ali pour conjurer l'effet produit par un grave événement, le traité de Londres. Sous le ministère Guizot, plusieurs autres missions lui furent encore confiées. 11 était attaché à la légation de Buenos-Ayres, lorsque la révolution de février 1848 éclata. Après l'élection de Louis-Napoléon à la présidence de la trop confiante République, Walewski vint grossir le nombre de ceux qui étaient décidés per fas et nefas à greffer leur fortune politique sur le rameau impérial. D'anciennes relations avec quelques-uns des intimes de l'Elysée lui valurent d'être enrégimenté parmi les hauts employés sur qui l'on pourrait compter le moment venu. Dès 1849, le prince-président, comme on disait a celte époque, nomma Walewski ministre plénipotentiaire a Florence, puis ambassadeur a Naples, Madrid, et enfin à Londres. Ses relations personnelles avec lord Palmerstou l'avaient fait désigner par Louis-Napoléon pour ce poste important. Il s'agissait de préparer l'Angleterre à reconnaître le gouvernement nouveau aussitôt après le coup d'Etat, de façon à amener les autres cabinets européens au même acte di-
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plomatique, complicité presque indispensable a un ordre de choses qui veut s'établir par la violence et l'illégalité. Lord Palmerston fut averti amicalement par le comte Walewski des préparatifs faits par le futur empereur pour dissoudre l'Assemblée nationale et proclamer la dictature du président. Tout fut préparé au Foreign Office dans le but de hâter les lenteurs bien connues des chancelleries. Et lorsque le télégraphe apporta a l'ambassadeur la nouvelle de l'attentat du 2 décembre, il en informa sur-le-champ, d'une façon officielle, le chef du cabinet de . Saint-James, qui, sans retard et sans même consulter ses collègues, donna son approbation au coup d'Etat. Cet acte extraparlamentuire amena une crise ministérielle ; il y avait violation des traditions britanniques ; lord Palmerston perdit son portefeuille, mais il n'en resta pas moins l'ami fidèle du comte Walewski, qu'il a précédé dans la tombe. Cet acte de compérage resta inconnu en France, ce qui a permis plus tard à certains panégyristes de faire honneur au comte Walewski de n'avoir point pris part au coup d'Etat. Il est vrai qu'étant absent de Puris, loin du lieu d'exécution, il n'a pas, comme les Morny, les Maupas, les Saint-Arnaud, les Canrobert et d'autres personnages dont l'histoire se souviendra pour les flétrir, imprimé à son nom la tache ineffaçable du sang répandu. Il n'a pas contre-signe la trahison, le guetapens, l'état de siège; il n'a pas décrété la fusillade, la proscription, l'exil. Son parafe n'existe pas au bas de ces ordres froidement impitoyables qui semèrent la ruine, la terreur et la mort, qui glacèrent les veines de la patrie, qui coupèrent, dans le pur élan de sa sève nouvelle, le fier, libre et joyeux esprit national; qui Jirent de la France de Voltaire la terre du silence, de la peur et du découragement. Grâce à son éloign^ment de Paris au 2 décembre, il apparaît plutôt comme un homme d'Etat frotté de libéralisme, honnête et loyal dans son bonapartisme naturalisé polonais, incapable au demeurant de tous ces mensonges politiques dont les soutiens du trône nous ont donné de si curieux spécimens. Le mépris et la haine voués à tous les premiers sujets de la douloureuse tragédie de décembre laissent quelque place à la bienveillance pour les comparses, les doublures et les utilités dont les noms ne figurèrent pas sur l'affiche. Mais si l'on doit la vérité aux morts et s'il est vrai que la justice, un instant obscurcie, reprenne tôt ou tard inévitablement ses droits, que pensera l'avenir de ce diplomate qui, soutenu à grands frais par la République, a servi, dans l'ombre des chancelleries, une entreprise ayant pour but de renverser cette même République, à laquelle il avait promis fidélité? A quel mobile obéissait-il? Son devoir n'était-il pas de démasquer la trahison, ou tout au moins de se refuser à cette complicité dont il lui faut aujourd'hui rendre compte devant l'histoire ? Cette complicité, ignorée du plus grand nombre, lui fut toujours légère à porter. H n'eut jamais à se justifier de l'œuvre de décembre, circonstance qui lui permettait une action plus libre, qui lui ouvrait un champ plus large dans la politique.
Nommé au Sénat le 26 avril 1855, le comte Walewski fut, le 7 mai de la même année, appelé k remplacer aux affaires étrangères le ministre Drouin de Lhuys, qui venait da donner sa démission. Il fut, eu cette qualité, chargé de régler toutes nos relations avec les différentes puissances européennes, pendant la dernière période de la guerre d'Orient, présida, comme plénipotentiaire de la France, les conférences du congrès de Paris et signa le traité du 30 avril 1856. Il présida aussi les nombreuses conférences qui eurent lieu de nouveau à Paris, pour régler les détails de l'application du traité en juillet 1858. Au mois de janvier 18C0, il fut remplacé au ministère par M. Thouvenei, entra au conseil privé, et, le 24 novembre suivant , reçut le portefeuille de ministre d'Etat, avec la direction des beaux-arts. Il a contre-signé, comme ministre d'Etat, le décret remaniant, dans un sens un peu moins étroit, l'organisation du Corps législatif. Son administration, dans ce nouveau poste, fut signalée par l'élaboration et la présentation de la loi sur la propriété littéraire et artistique. Le 3 mars 1856, il avait été nommé grand-croix de la Légion d'honneur.
En juin 1863, le comte Walewski résigna ses fonctions ministérielles; en 1865, il quitta le Sénat pour se présenter, comme candidat officiel à la députation dans le département des Landes. Dans la pensée du gouvernement, il devait remplacer M. de Morny à la présidence du Corps législatif. On en répandit le bruit à dessein avant l'élection et il fut nommé. Aussitôt et avant même que ses pouvoirs eussent été vérifiés et validés par la Chambre, un décret l'appela au fauteuil, et il occupa tout de suite le palais de la présidence. Une question de légalité constitutionnelle fut, à ce propos, soulevée par les journaux. La cordialité conciliante qui étiiit le fond de son caractère privé, Walewski l'apporta dans ses nouvelles fonctions ; mais il n'avait pas l'habileté, le savoir-faire, l'audace sans scrupule de son prédécesseur de Morny, ni la bourgeoise médiocrité de son successeur Schneider. La Chambre n'était pas sous sa main ; cela ne pouvait plaire en
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haut lieu et on gourmanda sa longanimité envers les orateurs qui se permettaient de n'être pas les claqueurs du régime impérial. La majorité intrigua sourdement; un complot s'organisa contre lui. D'ailleurs l'opinion publique lui attribuait l'inspiration des lois sur la presse et sur le droit de réunion, et c'était la un crime que ne pouvaient lui pardonner les muets du sérail de M. Rouher. Fit-on naître l'occasion qui devait le faire succomber? Lui tendit-on un piège? On serait tenté de le croire : ■ Les rôles étaient trop bien distribués, a dit un journaliste, pour que la pièce n'eût pas été répétée d'avance. » Un tumulte de discussion provoqué par une imprudence ou une adresse du gouvernement éclata; le président refusa de rappeler k l'ordre M, Thiers, et la question de cabinet fut posée, dit-on, par le ministre Rouher. Walewski se crut obligé de descendre du fauteuil; il se retira volontairement, mais blessé dans sa dignité et presque honni par une droite servile et inepte. La gauche entière se leva pour le saluer et l'accompagner jusqu'aux appartements présidentiels, qu'il quittait une heure après. Ceci se passait en 1S67.
Cet échec bouleversa Walewski. Il avait dignement quitté un poste où il n'était pas libre, il ne lui restait plus qu'à aller s'asseoir à son banc de député. Mais il manquait de fermeté; il se laissa réintégrer au Sénat, et au lieu de jouer ouvertement la partie libérale qu'il s'était déterminé à tenter, il la joua comme conseiller intime. • 11 parait avoir été le seul confident et presque l'inspirateur de la lettre du 19 janvier, dit M. J. Richard ; il est certain qu'il avait hérité de M. de Morny d'une certaine prédilection pour M. Emile Ollivier; on pense même que certains projets manuscrits, rédigés en 1862 par M. de Morny, étaient arrivés entre ses mains, et que le nom de M. Emile Ollivier y était relaté avec des appréciations favorables. M. Walewski le présenta à l'empereur, qui l'accueillit avec bienveillance. M. Ollivier, non-seulement parce qu'il était M. Ollivier, mais aussi parce qu'il était amené par M. Walewski, ne trouva que morgue et défiance chez les ministres. La fusion, qui eût peut-être réussi, menée par M. de Morny, échoua sous la direction de M. Walewski. ■ La vérité est qu'il n'était pas de ces habiles, de ces retors, de ces statégistes froids et égoïstes qui savent se maintenir n'importe par quel moyen pendant quinze ou vingt ans au pouvoir. Il na guère fait qu'y passer; mais y a toujours passé avec assez d'k-propos. En septembre 1868, le comte Walewski voyageait en Allemagne avec sa femme et sa fille. S'il faut en croire certaines rumeurs accréditées, il reprenait à toute vapeur le chemin de Paris pour y recevoir de nouveau le portefeuille de3 affaires étrangères lorsque, revenant de Munich, il mourut subitement à Strasbourg, dans l'hôtel où il venait de descendre.
« Dans l'heureux temps où nous vivons, disait à cette époque M. Hervé dans le Journal de Paris, il suffit d'une dose moyenne d'intelligence et de jugement, d'une certaine habitude des affaires et d'un peu de modération et d'honnêteté, pour mettre un homme fort au-dessus du commun. Ces qualités, M. Walewski les possédait. 11 lui manquait, il est vrai, d'autres qualités qui lui auraient été peut-être plus utiles encore dans sa carrière politique. Il n'avait ni cet heureux détachement de toutes les opinions, qui permet de plaider tour à tour le pour et le contre avec une égale chaleur, et de défendre à trois heures, dans la Chambre, les mesures que l'on a combattues à midi dans le cabinet; ni ce mélange d'étourderie et de pédantisme par lequel on se donne si facilement des airs de réformateur, en se bornant le plus souvent à remplacer : Belle marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour, par : Belle marquise, mourir me font d'amour vos yeux beaux. Aussi n'a-t-il pas fait une de ces fortunes politiques devant lesquelles les badauds restent confondus. » On vanta beaucoup, dans certains journaux, la probité politique et le désintéressement du comte Walewski. On écrivit qu'il était mort pauvre : Aristides mortuus est paupert et une forte pension fut accordée à sa veuve. Ceux que cette situation si invraisemblable chez un homme d'Etat du second Empire avait touchés furent bien vite rassurés. L'empereur, pour reconnaître son zèle à le servir, avait l'ait don au comte Walewski d'un domaine considérable dans les environs de Bordeaux, les marais d'Orx. Cette propriété, d'une étendue immense, et valant environ 3 millions, comprenait un magnifique château et trente-deux fermes, qui, lorsque le donataire en prit possession, étaient toutes munies de chevaux, de troupeaux et d'instruments de travail. Ajoutons que les travaux exécutés dans ce domaine l'avaient toujours été aux frais de la cjissette impériale, ou pour mieux dire, uux frais de l'Etat, avant comme après la donation. Le comte Walewski s'était de plus fait construire un petit hôtel avenue Montaigne à Paris, et il possédait des propriétés d'agrément : une villa k Saint-Germain et un chalet sur les bords du lac de Genève, près d'Evian. On sait d'ailleurs que les anciens ministres de l'Empire , aussi bien ceux qui. sont morts avant la chute du régime impérial que ceux qui ont survécu k la
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puissance de leur maître, sont tous plus ou moins millionnaires. Ce fait ne peut surprendre personne ; car il faut bien que les milliards gaspillés sous l'Empire aient laissé trace quelque part. Le comte Walewski était non-seulement un personnage politique, mais aussi un poëte, comme nous l'avons vu, et si la scandaleuse fortune de la plupart des complices de décembre lui a manqué, Vaarea medioeritas du poëte fut loin de lui faire défaut. Il éfait devenu, en 1867, membre libre de l'Académie des beaux-arts.
WALFERDIN (François-Hippolyte), physicien français, né à Langres (Haute-Marne) en 1795. Il appartenait depuis sa jeunesse à . l'administration des douanes et y occupait un poste élevé lorsque, en 1848, il donna sa démission pour siéger a la Constituante, où l'avait envoyé son département. Il y vota avec les républicains modérés, fit une vivo . opposition k la politique réactionnaire de Louis Bonaparte et ne fut pas réélu à l'Assemblée législative. M. Walferdin a consacré tous ses loisirs à des recherches scientifiques, dont quelques-unes du reste se rapportaient aux services dont il était chargé. Ami d'Arago et de Babinet , il a pris part à plusieurs da leurs travuux. Il a contribué notamment au succès du forage du puits do Grenelle, dont l'achèvement fut dû en grands partie à la persistance mise par Arago à soutenir la confiance de l'administration municipale. Les recherches de M. Walferdin se rapportent à la thermométrie, à la météorologie et k la géologie. On lui doit des thermomètres à maxima et minima, un hypsothermomètre destiné à faire "connaître les hauteurs des montagnes, enfin un hydro-baroinètre servant à indiquer les profondeurs sous-marines. Les principes sur lesquels sont construits ces divers instruments sont trop simples pour que nous ayons à les exposer ici. M. Walferdin fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1844. Oii lui doit une édition des Œuvres de Diderot.
WALHALLA (le), séjour des héros du Nord morts dans les combats, sorte de champs Elyséens Scandinaves, célèbre dans les Eddas et les Niebelungen, Le Walhalla est un immense palais situé dans les contrées hyperboréennes, où les forêts ont des feuillages d'or, où le marbre, l'agate et le porphyre sa dressent et se profilent d'eux-mêmes en aiguilles et en colonnades. Le fronton est si haut qu'on peut k peine le distinguer; les portes, au nombre de cinq cent quarante, sont si larges, pour recevoir k la fois les morts des batailles, que huit cents hommes y passent de front. Les salles, pavées de mosaïque, ont pour revêtements de leurs murs de marbre les trophées pris k l'ennemi, des boucliers suspendus par leurs courroies, des faisceaux de lances et d'épées ruisselantes de sang. Là, les héros morts sont reçus par les Walkyries, qui leur versent la cervoise, dans les hanaps ciselés. Odin lui-même préside aux banquets.
Mais les héros ne s'abandonnent pas longtemps aux molles délices ; le Wallutlla n'est pas le paradis de Mahomet, les Walkyries, franches guerrières qui teignent de lueurs sanglantes la crinière de leurs chevaux, n'ont rien de commun avec les houris aux ongles teints de henné. Dès le matin, reprenant leurs belliqueuses habitudes, et pour ne pas laisser s'affaiblir leurs bras, les héros se livrent entre eux d'épouvantables combats, ils se blessent, se meurtrissent et se déchirent, comme s'ils étaient toujours sur terre. Ce n'est là qu'un simulacre ; à midi les morts su relèvent, les blessures se ferment et tous prennent place à table, autour d'Odin, qu'accompagnent toujours ses deux loups familiers, Geri et Ireki. La cervoise alors coule a flots.
Ainsi tous les peuples enfants oit rêvé des paradis mythologiques en rapport avec leurs goûts, leurs moeurs et leur climat. Le sage Grec rêve d'éternels jardins où l'on se promena avec des hommes vertueux, en dissertantde la nature des choses; le chrétien, de chants mélodieux auxquels se mêlent les voix des anges et des élus ; l'Arabe, de délicieux ombrages habités par des filles voluptueuses ; l'Indien, d'immenses savanes où l'on puisse chasser sans fin le cerf et l'élan; l'homme du Nord, d'immenses palais de marbre, reflets des glaces et des neiges.de sa froide contrée, où 1 on puisse se donner de grands coups d'êpée et boire de la bière éternellement.
Wulballa (la), panthéon germanique, tem pie dédié aux grands hommes de i'Allcma gne, à Donaustauf (Bavière) près de Ratisbonne. C'est le roi Louis I« de Bavière qui a fait construire, sur les plans de L. de Kleuze, élève de Percier, ce temple magnifique, dont la lecture de l'historien Jean da Muller lui avait donné l'idée. Il fut inauguré en grande pompe le 18 octobre 1842; la première pierre en avait été posés douze ans auparavant.
Le panthéon germanique est un temple d'ordre dorique, bâti sur le modèle du Pafthénon, ayant huit colonnes cannelées sur ses deux façades et dix-sept sur ses deux côtés. La hauteur de tout le monument est de 66 mètres ; le temple même, en y comprenant la marche de la base, a 77 mètres do longueur, 36 mètres de largeur et 21 mètres de hauteur jusqu'au faîte, dont la toiture est en métal ; ses murailles, percées seulement
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en deux endroits, au sud et au nord, sont fuites de blocs de marbre disposes en couches horizontales et tous réguliers.
On entre dans l'intérieur de la Walhalla par une porte magnifique, dont les vantaux gigantesques sont garnis d'airain au dehors et lambrissés en érable nu dedans. Chacun des deux battants pèse 42 quintaux. Les ornements intérieurs sont dans le style ionique. Le pavé, les dalles de marbre de couleurs différentes, sont un chef-d'œuvre de mosaïque, Le plafond suit l'inclinaison du toit; il est en plaques de métal polies et dorées. Le fond des caissons est en bleu d'azur, avec des étoiles d'or blanc ou de platine, ainsi . que les rosettes, les têtes de vis et les pommes de pin ; tandis que les saillies des caissons sont dorées et ornées de rinceaux colorés. Dans les pignons triangulaires qui portent le faîtage du toit, on a placé des figures de la mythologie et de l'histoire héroïque du Nord. Ces figures en métal sont en partie blanches, en partie dorées. Des vitres de glaces sont ménagées dans la toiture.
Dans la longueur du temple, des espèces d'avant-corps placés les uns en regard des autres, rompent la monotonie de la ligne droite ; détachés du mur, ils sont formés de deux pilastres de marbre rouge d'Adnet, semblable à l'antique marbre africain. Ces pilastres supportent un architrave avec son entablement, et, en second ordre, deux statues de cariatides sur lesquelles repose le plafond. Dans les retraites entre les pilastres sont placés des bustes, et de distance en distance six statues de femmes ailées, des Walkyries, appartiennent par le style aux Victoires de l'Olympe grec, mais vêtues à la mode de la vieille Germanie, comme devaient l'être ces vierges belliqueuses de la mythologie germanique, dont le devoir était d'enlever les héros tombés sur te champ de bataille et de les introduire dans le Walhalla , l'Elysée Scandinave. Elles portent des couronnes qu'elles semblent offrir au patriotisme et siu génie. Ces statues, en marbre de Carrare, sont dues au ciseau du sculpteur Ruuch.
Au fond du temple, un espace réservé et répondant à Vopisthodome des temples grecs, forme dans le bas une enceinte décorée de six colonnes ioniques de 8 mètres d'élévation, et dans le haut un grand balcon ouvert sur le temple et soutenu par des cariatides représentant également des Walkyries. De ce balcon, destiné à servir d'orchestre dans les fêtes de consécration célébrées à la "Walhalla, part une gâterie étroite qui circule des deux côtés longs du temple, et forme, par ses saillies, des espèces de loges au-dessus des pilastres du rez-de-chaussée; les balustrades de ces loges sont surmontées de Walkyries cariatides placées deux à deux. Ces statues, au nombre de quatorze, monolithes de marbre du Danube, de 3U1.492, sont toutes l'œuvre du célèbre sculpteur de Munich , L. Sehwanthaler. Le mélange des couleurs smpîoyées dans leur costume produit un effet original'; le cou est couleur d'ivoire; la chevelure, longue et pendante, d'un blond brunâtre; la peau d'ours tout or; la tunique de dessus violet clair , la tunique de dessous blanche; le tout avec des garnitures peintes et dorées.
Six sièges et huit candélabres de marbre complètent la décoration de la Walhalla. Les murs sur lesquels se. détachent les bustes de marbre blanc sont entièrement revêtus de marbres colorés, assoi-iis avec un goût exquis. A l'exception de ces bustes et de la frise en marbre blanc, qui règne dans le haut du mur,- tout respleudit de l'éclat de l'or et des couleurs.
Les frontons des deux façades du temple, œuvre de Schwanthaler, sont composés l'un et l'autre de quinze statues de ronde bosse en marbre blanc de Schlanders, dans le Tyrol. Le groupe méridional, vers le Danube, représente au milieu la Germanie, ayant à la droite l'Autriche avec Mayence, la Buvière avec Landau, le Wurtemberg avec un jeune homme assis figurant les petits Etats de la confédération; à la gauche, la Prusse avec Cologne, le Hanovre avec Luxembourg, la Hesse et la Saxe. Aux coins du fronton sont appuyés sur leurs urnes les fleuves limitrophes, le Rhin et la Moselle. Le groupe du fronton septentrional représente lu bataille dans laquelle Arminius (Hermann) déût les Romains et sauva l'indépendance des peuples germaniques.
A 1 intérieur de la Walhalla, la frise, exécutée par Martin Wagner, et qui règne autour du temple dans une longueur totale de plus de 97 mètres, sur une hauteur de lul,137, est divisée en huit sections correspondant à huit époques de l'ancienne histoire germanique. Les bustes des grands hommes admis aux honneurs de ce Panthéon germanique, et dont le nombre s'élève en ce moment à quatre-vingt-seize, tous en forme d'hermès et de dimension à peu près égale, sont distribués sur deux rangs le long des quatre parois, les uns sur une espèce de socle continu détaché du mur, les autres au-dessus sur autant de consoles isolées. A l'égard de beaucoup de personnages on manquait de modèles certains; on a suppléé à l'absence de leurs bustes par des inscriptions. C'est dans la partie supérieure du temple qu'ont été distribués les cartels qui contiennent les grands noms de l'histoire allemande en lettres de bronze doré sur un fond de marbre blanc.
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Tous les bustes ont été exécutés par les sculpteurs les plus habiles qu'ait possédés l'Allemagne depuis le commencement do notre siècle : Danecker, Horchler, Wolf, Schoepf, Schadow le père, Ranch, Tieck, les deux Schwanthaler, Tanhof, Losso-w, T. Hermann, Widemann, Schaller, Bisseu, Wredow.
WALI s. m. (oua-li). Hist. Gouverneur arabe en Espagne.
WALID 1er, calife ommiade de Damas, névers 669, mort en 715. Il succéda, en 1705, à son père Abd-el-Melek, et dut surtout l'éclat de son règne aux conquêtes de ses lieutenants, dont les armes subjuguèrent les Baléares, l'Espagne, la Sardaigne, une partie de la Narbonnaise et les contrées de l'Orient jusqu'au delà du Gange. Prince indolent et efféminé, Walid montra du moins beaucoup de goût pour les beaux-arts, et fit construire une foule d'édifices magnifiques, entre autres le temple de Médine et la fameuse mosquée- de Damas, qui occupe l'emplacement de l'église de Saint-Jean-Baptiste. Ce fut également lui qui lit agrandir le temple des Juifs à Jérusalem. Walid 1er eut pour successeur son frère Soliman,
WALID II (Aboul-Abbas), surnommé Al- Fassiit (l'Impudique), calife ommiade de Damas, né dans cette ville en 703, mort en 744. Il était petit-fils du précédent, et son père, Yézid II, l'avait, à cause de ses vices, écarté du trône, qu'il légua à son frère Hescham. Mais, à la mort de ce prince (743), Walid se fit proclamer calife. Les seuls événements qui signalèrent son règne de quinze mois furent une révolte de. TAlide Yahia, qui fut promptement étouffée, et une incursion des généraux de Walid sur les terres de l'empire grec. Ce prince se déshonora par des excès de toute sorte; sa lubricité ne respectait ni les lois de la décence, ni celles même de la nature, et on le voit violer publiquement une jeune fille, épouser plusieurs des femmes et des concubines de son père, enfin déshonorer sa propre fille. Il dissipa en folles prodigalités les trésors considérables amassés par ses prédécesseurs, et montra un mépris absolu pour la religion de Mahomet ; il alla même jusqu'à déchirer et fouler aux pieds le Coran. Profitant du mécontentement général excité par ces excès, Yézid.cousin germain de Walid, se fit proclamer calife, marcha contre lui et le vainquit. Walid fut massacré, après s'être défendu avec un courage qu'on était loin d'attendre d'un prince aussi efféminé,
WAL1DA, princesse mahométane. V, Valada.
WALIDDA s. m. (oua-li-da — mot indien).
Bot. Nom vulgaire de la/wrightie antidyssentérique, devenu le nom scientifique d'une section du genre wrightie, dont cette espèce est le type.
WAL1NCOURT, bourg de France (Nord), cant. de Clary, arrond. et à 17 kilom. S.-E. de Cambrai; pop. aggl. 2,465 hab. — pop. tôt. 2,530 hab. fabrication d'étoffes de coton ; brasseries. Ancien château.
WALINGFORD (Richard), chroniqueur et matbémaiicien anglais, né dans la ville de Walingford, sous le nom de laquelle il est connu. Il vivait au xive siècle, et lut élevé au collège Merton à Oxford, où il se signala bientôt par une merveilleuse aptitude pour l'étude des sciences. Entré plus tard au monastère des bénédictins de Saint-Alban, il y trouva toutes facilités pour continuer ses travaux et acquit, surtout en astronomie et dans les sciences exactes, des connaissances vraiment étonnantes pour son époque. On lui a attribué l'invention des horloges à roues, mais à tort, car il en existait déjà au vint siècle. Sa Chronica de rébus angiieis ab anno Christi 449 ad 1035 a été insérée par Thomas Gale daus ses Historié Britannicx, Saxonics, Anglodanicx scriptores quindecim (Oxford, 1691, in-fol.). Walingford a encore écrit différents ouvrages, qui sont demeurés manuscrits et parmi lesquels nous citerons : Cunoiier ou Albion, sorte d'encyclopédie des connaissances mathématiques et astronomiiniques au xiv« siècle; De judiciis aslronomicis; De rébus aslroitomicis ; De eclipsibus solis et lunx; De rébus arithmeticis, etc.
WALKER (Clément), historien anglais, mort en 1651. Huissier de l'Echiquier et appartenant à la secte des épiscopâux pendant les premières années du règne de Charles 1er, il se rallia plus tard aux puritains et devint, en 1640, membre du Parlement pour la ville de Wells. Il se montra, dès lors, oovenantaire aussi violent qu'il avait été autrefois zélé royaliste ; mais la résistance qu'il opposa aux indépendants, lorsque ceux-ci eurent pris le dessus, et surtout son Histoire de l'indépendance, où il montrait cette secte sous sou véritable jour, lui attirèrent la haine de Cromwell, qui, en 1649, le fit enfermer à la Tour. Walker y mourut deux ans plus tard, après y avoir écrit la troisième partie de Y Histoire de l'indépendance, qui avait été publiée de 1648 à 1651 (in-4°). Un anonyme y ajouta un quatrième volume en
WALKER (Robert), peintre anglais, mort vers 1659. On ne possède que peu de renseignements sur sa vie, et il n'est guère connu que comme le peintre favori de Cromwell,
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dont il exécuta le portrait a diverses reprises. Un de ces portraits se trouve aujourd'hui dans le palais Pitti, à Florence, et fut acheté fort cher, du vivant même du Protecteur , pour le compte du grand-duc de Florence. Le catalogue de la galerie du palais Pitti l'attribue a tort à Pierre Lely. Un autre portrait (de demi-grandeur) de Cromwell, revêtu de son armure et tenant une canne, est conservé au British Muséum. Enfin, il en existe plusieurs autres dans différentes collections particulières de l'Angleterre. Parmi les autres toiles que l'on attribue à Walker, nous citerons un portrait de Blake, le seul que l'on possède de cet illustre amiral, conservé à Wadham Collège; ceux de Mor.k et de Keble, garde du sceau en 1650; deux portraits de l'artiste lui-même, dont l'un se trouve à la galerie d'Oxford, et l'autre, le plus beau des deux, à Hampton- Court, etc.
WALKER (Obadiah), théologien anglais, né, dans le Yorkshire vers 1616, mort en 1692. Il entra dans tes ordres en 1638 et occupa un fellowship a l'université d'Oxford, jusqu'en 1648, époque à laquelle il en fut dépossédé par les parlementaires. Il se retira alors à Rome, ou il demeura jusqu'à la restauration et où il se convertit secrètement à la religion catholique. De retour en Angleterre, il fut rétabli dans son fellowship et devint, en 1776, maître de son collège. Ce ne fut qu'en 167S que la publication de sa traduction latine de la Vie du roi Alfred par Spelman attira l'attention sur ses opinions et sa conduite; mais, bien qu'à deux reprises on eût élevé dans la Chambre des communes des réclamations contre les dangereuses tendances des notes qu'il avait insérées dans cet ouvrage, il ne fut nullement inquiété, et, à l'avènement de Jacques, II en 1685, il fît ouvertement profession de la foi catholique. Après la révolution de 1688, il fut arrêté et privé de son titre de maître du collège de l'université, mais il recouvra peu après sa liberté et passa le reste de ses jours dans la .retraite. On a encore de lui : Court exposé du gouvernement de l'Eglise ancienne (Londres, 1662, in-4°); Artis ralionis, maxima ex parte ad mentem nominalium, libri très (Oxford, 1673, in-8°) ; Narration historique de la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Oxford, 1685, in-4°), ouvrage dont la vente fut interdite par le vice-chancelier de l'uriiversité ; l'Histoire grecque et romaine, enrichie de monnaies et de médailles (Londres, 1592, in-8°), livre qui eut longtemps une grande réputation, etc.
WALKER (Edouard), historien anglais, né au commencement du xvn« siècle, mort en 1676. Secrétaire de la guerre à l'époque de la guerre d'Ecosse, il se signala par sa fidélité envers Charles Ior, qui le nomma, en 1644, clerc extraordinaire du conseil privé, et aux côtés duquel il assista, la même année, à la bataille de Copredy Ridge. Après la' mort de ce prince, Walker alla rejoindre à Bruxelles Charles II, qu'il suivit, en 1651, dans son infructueuse expédition d'Ecosse, et qui l'employa ensuite à différentes missions. Après la restauration , Walker fut créé l'un des clercs du conseil privé. On a de lui : lier Carolinum ou llécit succinct des marches forcées, des retraites et des souffrance) de Sa Majesté le roi Charles depuis le 10 janvier 1641 jusqu'à l'époque de sa mort en 1648, etc. ; Découvertes militaire?, ouvrage qui ne fut publié qu'en 1705,
WALKER (Georges), prélat anglais, connu surtout par sa défense de la ville de Londonderry contre le roi Jacques IL II fit ses études â l'université de Glascow, entra dans les ordres et devint recteur de Donoughmore. Lorsque le roi Jacques II et débarqué en Irlande après la révolution, il leva à ses frnis un régiment pour marcher contre ce prince, et, après avoir essayé de l'arrêter avant son arrivée sons les murs de Londonderry, se renferma dans cette vilie, que le gouverneur Lundie se préparait à abandonner. Bien que cette place fût dépourvue de tous les moyens de soutenir un siège, Walker et le major Baker, qui avait remplacé Lundie dans le commandement de la garnison, résolurent d'y tenir aussi longtemps que possible, dans l'espoir que le roi Guillaume leur enverrait des renforts par nier. Le siège commença vers le milieu d'avril 16S9, et la ville fut bientôt réduite aux plus terribles extrémités. Baker mourut le 20 juin, et tout le poid3 du commandement retomba sur Walker, qui déploya ators l'activité et les talents d'un véritable général, dirigeant toutes les opérations de la défense et maintenant la plus exacte discipline parmi ses soldats. Enfin, le 30 juin, l'arrivée du major général Kirk, avec trois vaisseaux, amena la levée du siège. Walker vint bientôt en Angleterre et y publia une Relation véridique du siège de Londonderry. Il reçut les remerciments publics de la Chambre des communes ; mais sa relation excita une polémique assez vive, à laquelle il répondit dans deux, autres brochures. Dans 1 intervalle, il avait reçu da l'université d'Oxford le titre de docteur en théologie et avait été promu par le roi Guillaume à l'évêché de Londonderry ; mais, ayant voulu faire une autre campagne avant de prendre possession de son siège épiscopal, il fut tué à la bataille de la Boyne, le 1" juillet 1690.
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WALKER (John), théologien anglais, mort en 1730 à Exeter, où il était recteur de l'église Sainte-Marie, Il n'est connu que comme l'auteur, d'un ouvrage intitulé : Essai sur la quantité et l'étendue des souffrances endurées par le clergé de l'Eglise d'Angleterre (1714, in-fol.) , qui fut vivement attaqué, comme entaché d'exagération, par les puritains, notamment par Neal, qui a pris a tâche de le réfuter dans son Histoire des puritains.
WALKER (Adam), physicien anglais, né dans le comté de Westmoreland en 1731, mort en 1821. Fils d'un ouvrier, qui le retira de l'école alors qu'il savait à peine lire, il n'en continua pas moins ses études avec ardeur et, sans autre secours que les livres 3n'il avait pu se procurer, se rendit capable 'enseigner l'écriture et le calcul successivement dans deux écoles du Yorkshire. Pendant les sept années qu'il fut ainsi occupé, il étendit considérablement le cercle de ses connaissances, et, après avoir fait de la carrière commerciale un essai qui ne lui réussit pas, il ouvrit des cours publics d'astronomie tour à tour dans les principales villes du Royaume-Uni. Le succès qu'il obtint, ainsi que les conseils du docteur Priestley, l'encouragea à faire chaque hiver, à Londres, des cours analogues qui furent très-suivis. Dans la suite, il tut appelé à professer successivement dans les collèges d'Eton, de Westminster, de Winchester, ainsi que dans d'autres grandes écoles de l'Angleterre. Il était véritablement doué du génie de la mécanique, et l'on cite, parmi ses nombreuses inventions, plusieurs machines pour élever l'eau; des voitures mises en mouvement par le vent et la vapeur; un eidouranion, ou planétaire (orreru) transparent; un instrument indiquant à la fois la direction et la force du vent, l'heure du temps, la quantité des pluies, la hauteur du baromètre, etc. Outre différentes dissertations, insérées dans les Transactions philosophiques, dans les Annales d'agriculture da Young et dans d'autres recueils scientifiques, on a de Walker : Abrégé de leçons sur la physique expérimentale; Appréciation philosophique des causes et des effets du mauvais air dans tes grandes villes et des moyens de le combattre; Idées suggérées dans une excursion en Flandre, en Allemagne, en Italie et en France (1791, in-8°) ; Bemarques faites pendant un voyage de Londres aux lacs du Westmoreland et du Cumberlaml, etc.
(1792, in-8°) ; Système de philosophie familière (1799, in-4°); Traité sur la géographie et sur l'usage des globes, etc. — Un fils du précédent, William Walker, né en 1766, mort en 1816, a publié un Epitome d'astronomie (1798, in-8").
WALKER (John), célèbre grammairien anglais, né à Kriern-Barnet (Hartford) en 1732, mort en 1807. Il fut d'abord acteur, mais quitta la scène, où il n'avait pu réussir, et ouvrit des Cours d'élocution, qui furent trèssuivis. Voyant l'harmonie naturelle de l'idiome anglais à tu merci des afféteries de la mode, il entreprit de ramener la prononciation a son type primitif et de J'assujettir à des règles fixes. Il publia un premier essai en 1774 ; mais ce n'est qu'en 1798 que parut son Dictionnaire critique de la prononciation (in-30), livre devenu classique et qui fait autorité en Angleterre. On doit encore à Walker : Dictionnaire des rimes (1851, in-go, 6« édit.) ; Mélodie du langage (1791, in-4°); Eléments de la grammaire anglaise (1805,1, etc.
WALKER (George), mathématicien anglais, né à Newcustle en 1734, mort en 1807. Il remplit pendant toute sa vie les fonctions du ministère sacré dans différentes congrégations de dissidents anglais! et devint, en dernier lieu, directeur de l'Académie des dissidents de Manchester. On a de lui : Doctrine, de la sphère (1777, in-4») ; Traité sur tes sections coniques (inachevé); Appel au peuple d'Angleterre sur les lois du test (1790); des Sermons (1790, 2 vol.), etc.
WALKER (George -Townsend), général anglais, ne en 1765, mort en 1343. li entra dans l'armée en 17S2, servit dans l'Inde, de 17S5 à 1787, fit la campagne de 1793 en Flandre, et, après avoir rempli une mission en Italie, fut envoyé en 1797 en Portugal, où il fut l'aide de camp du général Frazer et du prince de Waldeck. Promu lieutenant-colonel en 1798, il se trouvait en Irlande lors da la révolte de Belfast (1802), fit ensuite partie de l'expédition contre Copenhague, et passa plus tard en Portugal, où sa conduite sur le champ de bataille lui valut, en 1808, le grado de colonel et, en 1811, celui de major général. Il se signala également au siège de Badujoz et à la bataille d'Orthez et fut créé, en 1815, chevalier de l'ordre du Bain, Dans la suite il devint successivement gouverneur de Madras (1832), baronnet (1835) et gouverneur de l'hôpital de Chelsea (1837).
WALKER (Joseph-Cooper), littérateur irlandais, né à Dublin en 1766, mort en 1810. Il occupa pendant plusieurs années un emploi à la trésorerie d'Irlande et dut y renoncer à cause de l'état de sa santé, qui le força h partir pour l'Italie. Outre différents mémoires insérés dans les Transactions de l'Académie irlandaise, de laquelle il était devenu membre dès 1785, on a de lui : Vie de Carolan, mémoires historiques sur les bardes irlandais, avec des observations sur ta
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mtisique d'Irlande (1786, in-4<>); Essai historique sur le costume des Irlandais anciens et modernes (1788, in-40) ; Mémoire historique sur la tragédie italienne depuis les premiers temps jusqu'à nos jours (1799, in-4°) ; Mémoires d'Alexandre Tassoni, remarquable essai de biographie et de critique, qui ne fut publié qu'après la mort de l'auteur (1815, in-8°).
WALKEE (George) , romancier anglais, né en 1772, mort à Londres en 1847. Il exerçait la profession de libraire et se fit connaître par un grand nombre de romans,.dont les principaux sont : le Roman de la Caverne .(1792); le Château hanté (1794); la Maison de Tijnian (1795); Cyntlielia (1797); le Vagabond (1799); les Trois Espagnols (1800); Deux filles de dix-huit ans (1808) ; Voyage de Silvestre Tramper en Afrique (1813), etc.
WALKER (Robert-John), célèbre financier et homme politique américain, né dans le comté de Northumberland (Pensylvnnie), en 1801 , mort en 1869. Après avoir étudié le drOit,ildébutade bonne heure dans la carrière politiqneet représenta, de 1836 à 1847, comme sénateur, l'Etat de Mississipi au congrès de "Washington. Lorsque, après la dissolution de la banque des Etats-Unis, éclata une crise commerciale des plus compromettantes, différentes banques de l'Etat de Mississipi se trouvèrent dans l'impossibilité de faire face à leurs engagements, et, sous l'influence des menées deJefferson Davis, le futur président de la confédération du Sud, l'Etat de Mississipi refusa de payer les annuités de sa dette, dont les obligations avaient été, en majeure partie, négociées a l'étranger , à Londres et à Amsterdam notamment. Walker rit à cette époque l'opposition la plus vive a la politique égoïste et déshonorante de Davis; co lut lui, cependant, qui, en 1845, parvint, par dos menaces et des promesses habilement répandues, à faire admettre le Texas, comme Etat esclavagiste, dans la confédération des Etatsdu Nord. Walker s'acquit ainsi la confiance des hommes politiques sudistes, et le président James Polk l'appela au ministère des finances. Il fit preuve d'une rare habileté pendant son administration, qui finit avec la présidence de Polk en 1849 ; c'est à lui que Ion fut redevable des réformes radicales introduites en 1846 dans l'organisation des douanes, ainsi que de la mise en vigueur d'un nouveau tarif, tout à fait favorable à la liberté et au développement du commerce.
Sous la présidence de Buehanan, Walker fut nommé, en 1857, gouverneur du Kansas, qui p'était encore qu'un territoire. Dans ces fonctions difficiles, il fit preuve d'une rare sagesse et d'une grande honorabilité et se tint toujours en garde contre la politique violente des esclavagistes du Sud. Aussi dut-il bientôt se démettre de ses fonctions. Un peu plus tard, ce fut lui qui contribua le plus à dévoiler au comité chargé d'informer sur les abus commis au Kansas la coupable politique suivie par le président Buehanan h l'égard des malheureux habitants de cette région, Lorsque» mars 1863 John Slidell, ambassadeur de la confédération du Sud en Angleterre, chercha à écarter de Jeffurson Davis la responsabilité du refus de payement des obligations de ia dette du Mississipi, Walker, qui se trouvait alors à Londres, écrivit, dans l'excellente revue américaine intitulée The Continental Monthly, un exposé détaillé, et accompagné de pièces a l'appui, des manœuvres qui avaient amené ce refus de payement, et prouva d'une manière irréfutable que c'était Jefferson Davis qui avait joué le principal rôle danseette ignominieuse affaire, fendant la guerre do sécession , Walker demeura fidèle au parti de l'union. Il écrivit sur des questions d'économie politique et financière un grand nombre d'articles qui produisirent beaucoup de sensation et obtinrent un succès universel. En politique, il appartenait à la fraction libérale et unioniste du parti démocratique ; mais, dans les derniers temps, ils ne prit qu'indirectement part aux affaires publiques. L'histoire le mettra au nombre des hommes d'Etat les plus honorables et des financiers les plus habiles de la grande république de l'Amérique du Nord.
WALKEH ( William ), célèbre aventurier américain, né dans l'Etat de Tennessee en 1824, fusillé à Trujillo, dans le Honduras, le 12 septembre 1800. 11 fit de bonne heure mi voyage en Europe, se familiarisa avec les langues du continent, l'allemand, le français, l'espagnol et l'italien, étudia à Heidelberg, puis vint à Paris pour y suivre les cours de l'Ecole de médecine. Revenu en Amérique, il se fit journaliste à La Nouvelle-Orléans, passa ensuite en Californie, où il rédigea quelque temps le Herald de San-Francisco. Mais bientôt, changeant encore de carrière, il se fit homme de loi à Marysville. Jusque-là, ni les journaux qu'il avait rédigés, ni les malades qu'il avait tués ou guéris, ni les procès qu'il avait pu plaider, ne lui avaient fait grande réputation, et l'on était loin de deviner dans ce praticien obscur le futur conquérant du Nicaragua. Une occasion s'offrit enfin de mettre ses talents en lumière.
Les habitants de la province de Sonora (busse Californie) venaient de prendre les armes contre Santa-Anna, de proclamer leur indépendance, de fonder un gouvernement libéral et d'appeler les Californiens à leur secours. Walker accourut des premiers avec
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quelques centaines d'Américains; mais, soit qu'un revirement subit d'opinion eût ramené les Sonoriens à Santa-Anna, soit qu'ils eussent plus de frayeur du dangereux allié qu'ils avaient appelé que de leur ennemi , Walker fut battu et retourna à San-Francisco. Il n'en avait pas moins montré dans cette expédition une énergie indomptable, une persévérance de volonté, une patience à toute épreuve, qui prouvèrent qu'il possédait toutes les qualités d'un chef d'armée. Ce début malheureux, qui aurait dû le décourager, fit au contraire sa réputation parmi les aventuriers qui d'Europe ou d'Amérique affluent à New-York, à San-Francisco et à La Nouvelle-Orléans.
Parmi tous les Etats dont la faiblesse et les trésors pouvaient tenter les aventuriers, le Nicaragua occupait alors le premier rang. L'avantage naturel de sa position entre les deux mers, la fertilité du sol, l'ignorance et la paresse de la population, d'ailleurs clairsemée (à peine 300,000 habitants sur un territoire de 5,000 lieues carrées), les guerres civiles pendant lesquelles il est si facile de pêcher en eau trouble, tout devait amener peu à peu les Américains dans le Nicaragua. Le prétexte seul manquait à l'invasion. Ce prétexte fut fourni par les discordes qui éclatèrent à l'occasion de la nomination du général Chamorro à la présidence. Chamorro représentait le parti aristocratique. Les libéraux, ayant à leur tête don Francisco Castillon, se révoltèrent et assiégèrent Chamorro dans Grenade, eapitale du Nicaragua. Le siège de cette ville durait depuis quelques mois et Castillon n'était point encore maître du pays lorsqu'il reçut la visite d'un habitant de la Nouvelle-Angleterre, M. Byron-Cole, ami de Walker et bien connu comme propriétaire de plusieurs journaux à Boston. Castillon conclut avec lui un traité par lequel il autorisait M. Cole à offrir au colonel Walker 52,000 acres de terres (environ 20,000 hectares) pour l'engager à embrasser sa cause. Tel fut le point de départ de l'expédition qui aboutit à la conquête du Nicaragua. Waiker s'embarqua avec sa troupe le 5 mai 1855 dans te port de San- Francisco, sur le brick la Vesta. Le 28 juin, il aborda ii Tola, sur la côte de l'océan Pacifique; te 29, il mit en déroute un parti de cavalerie qui s'enfuit vers Rivas; mais le lendemain il lut à son tour battu près de Rivas et perdit quarante ou cinquante tués ou blessés. Cette bataille est bien peu de chose, sans doute, comparée à celles de l'Europe ; mais en ce pays presque désert, quelques centaines d'hommes décident du sort d'un empire. Il eût été facile d'accabler Walker ; sans recrues, sans alliés, sans magasins, sa petite troupe pouvait être aisément détruite. On ne sait quel accident arrêta te vainqueur. Les Nicaraguans ne sachant pas profiter de leur victoire, Walker s'échappa. Deux mois après, on apprit avec éionnement qu'il avait de nouveau débarqué au Nicaragua. Dans l'intervalle, les deux chefs de parti étaient morts. Cet événement augmentait le danger dû Walker, qui n'avait plus dé prétexte pour envahir un pays allié des Etats-Unis. Le général Corral, qui l'avait déjà vaincu à Rivas, l'attendait encore au même endroit et couvrait la route de Grenade à la tête de 1,500 hommes. Walker fit un détour, fréta les steamers de la Compagnie américaine de transit et, ie 2 septembre, marcha de San- Juau-de-Nicaragua sur Virgin-Bay. Le 3 octobre, il reçut des renforts de Californie ; le 13, il arriva devant Grenade, qui était hors d'état de résister. L'assaut dura peu de temps. Le gouvernement tout entier était entre les mains des yankees; Walker rit fusiller un des ministres, M. Mayorza, et menaça de faire subir le même sort aux autres si Corral ne faisait .pas sa soumission. Corral obéit et fut nommé ministre de la guerre. Walker prit le commandement en chef de l'année; M. Patricio Rivas fut élu président provisoire de la république pour quatorze mois ; mais c'était l'aventurier qui exerçait en réalité l'autorité suprême.
Le premier soin de Walker fut d'annoncer sou succès aux Etats-Unis; mais le gouvernement de Washington, craignant de se compromettre vis-à-vis de l'Angleterre, ne voulut pas le reconnaître officiellement. Cependant les banquiers américains, qui avaient fondé sur cette conquête l'espoir de grandes fortunes, qui, là comme au Texas et en Californie, avaient rêvé d'immenses terrains à défricher, un canal à construire entre les deux mers avec la certitude d'énormes bénéfices, le transit des deux inondes à monopoliser, un Etat à esclaves à incorporer dans l'Union, ces spéculateurs et ces aventuriers formaient des meetings, levaient des hommes et de l'argent, agissaient enfin avec l'activité et l'audace d'un gouvernement régulier pour envoyer des renforts à Walker et l'affermir dans sa conquête. Us exaltaient par tous les moyens possibles l'imagination populaire et faisaient des descriptions merveilleuses du Nicaragua, C'était la terre promise, l'Eden retrouvé. Les plantes les plus utiles, les fruits les plus agréables y croissaient d'eux-mêmes, sans culture; le ciel y était toujours pur, la température toujours égale , et les femmes, toutes d'une beauté angéliquo, avaient un faible prononcé pour les jeunes yankees qui s'enrôlaientsous les drapeaux de Walker. En même temps,
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Us représentaient Walker comme trahi par le gouvernement fédéral et martyr de son , amour pour son pays, qui devait retirer de si grands avantages de sa conquête. Cependant des difficultés nombreuses enveloppaient, l'aventurier; Corral le trahissait, il le fit fusiller. La république de Costa-Rica se montrait hostile. A bout de ressources, Walkei paya d'ingratitude les services de la Compagnie de transit; il saisit ses steamers et déclara la guerre à Costa-Rica. Il y eut des alternatives de succès et de revers; mais l'influence et le prestige de Walker diminuaient rapidement dans le Nicaragua, ainsi qu'aux Etats- Unis, où, depuis la confiscation des steamers, l'opinion publique avait brusquement fait volte-face et flétrissait Walker du nom de flibustier. Les actionnaires de la Compagnie de transit, qui avaient été ses plus chauds partisans, étaient devenus naturellement ses plus violents accusateurs ; Walker, ce héros, ce martyr, ce saint, était maintenant un voleur de grand chemin, un forban qui méritait la corde. Délaissé par tout le monde, vaincu par ses adversaires. Walker fut forcé d'abandonner la partie ; il se retira dans le Honduras et réussit à s'y établir; puis il en fut chassé et revint aux Etats-Unis.
La dernière tentative de Walker lui coûta la vie. C'était en 1860. L'Angleterre et le Honduras venaient de signer un traité par lequel les îles de la Baie devaient être annexées au Honduras. Appelé par les habitants de ces lies, Walker arriva dans ces parages au mois de juin, avec une goélette et une centaine d'hommes; il débarqua à Trujillo, petit port du Honduras. « Nous ne voulons pas, disait-il dans sa proclamation, faire la guerre au peuple du Honduras, mais au gouvernement, seul obstacle aux intérêts du pays et de tous les Etats de l'Amérique centrale.! Il se disait appolé par le parti du général Cabafias, ce qui était faux. Le président du Honduras, le général Guardiola, prit toutes des mesures nécessaires pour le repousser et envoya des troupes à Trujillo. Mais ce fut l'Angleterre qui eut raison de l'infatigable aventurier, un bâtiment anglais , i'Jcarus, somma Walker de lui livrer, dans les vingtquatre heures , une somme assez importante destinée a des sujets anglais et se trouvant dans les caisses de la ville ; c'était un mensonge imaginé comme prétexte à une intervention. Walker se trouva fort embarrassé ; il fut forcé de quitter Trujillo dont la population lui était, d'ailleurs, peu sympathique. Il erra le long de la côte, fuyant les troupes honduriennes qui le poursuivaient a outrance, n'ayant plus d'espoir que dans l'arrivée d'une goélette américaine qu'il attendait avec des renforts. Mais l'Icarus ferma la route à ce bâtiment, et Walker fut forcé de se rendre. Ce fut au capitaine de Ylcarus qu'il se rendit; l'Anglais le livra aux autorités honduriennes, qui le ramenèrent à Trujillo, où il fut jugé sommairement et fusillé le 12 septembre 1860.
WALKÈRK s. m. (val-kè-re — de Walker, botan. allem.). Bot. Genre d'arbres, rapporté avec doute à la famille des ochnaeées, et comprenant deux espèces, qui croissent dans l'Asie tropicale.
WALK.ÉRIE s. f. (vaî-kérî — do Walker, botan. allem.). Bot. Syn. de nolana, genre type des nolasiacées. On dit aussi WALkhhb. Il Genre de mousses, qui croît en Australie.
— Encycl. Ce genre est rangé avec doute, par les auteurs qui en admettent l'existence, dans la famille des ochnaeées. Il serait représenté par deux espèces, l'une à feuilles dentées, l'autre à feuilles entières, toutes deux croissant dans l'Asie tropicale. La première (walkera serrala) est connue surtout par ses racines et par ses feuilles, qui ont une saveur amère très-prononcée et dont la décoction dans l'eau ou dans le lait serait, d'après Wildenow, employée eu Asie comme tonique. M. Planchon et quelques autres botanistes ont contesté la réalité même de l'existence de ce genre, qui serait basé sur des erreurs d'observation et sur des figures inexactes. On commît, encore moins les propriétés de la seconde espèce.
WALKÉRISTE s. m. (oual-ké-ri.-ste). Hist. relig. Membre d'une secte anglicane du xvltie siècle.
— Encycl. Les walkérisles se posèrent comme restaurateurs du christianisme primitif et se séparèrent de l'Eglise anglicane à la fin du xvme siècle, sous la direction du sectaire Brown ; mais its prirent leur nom de Walker, auxiliaire de Brown, qui eut bientôt une influence supérieure à celle de Brown.
Leswalkéristes repoussent l'idée d'un corps sacerdotal; mais ils ont des anciens ou inspecteurs, dont les fonctions sont seulement administratives ou de surveillance.
Us sont opposés à toutes les sociétés chrétiennes et plus encore à l'Eglise anglicane, qu'ils regardent comme un système antichrétien, établi par l'intervention des lois humaines. Pour trouver la religion véritable, il faut remonter aux temps apostoliques ; car, s'éloigner de la tradition apostolique et des préceptes de Jésus-Christ, c'est se placer criminellement au-dessus d'eux. En partant de ce principe, dont ils déduisent des conséquences et tirent des applications, ils rejettent le baptême. Si, dans les premiers siè-
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des, on l'administrait, c'était à des gens qui avaient professé le judaïsme, le paganisme; mais ceux qui sont nés de parents chrétiens n'en Rvaient pas besoin. Il suffit, d'après la recommandation de saint Paul aux Ephésiens, de bien élever les enfants. On n'est pas plus obligé de se faire baptiser que d'aller dans tout le monde, comme les apôtres, baptiser et prêcher. D'ailleurs, saint Paul se félicite d'avoir baptisé peu de personnes.
Les walkérisles s'assemblent le premier jour de la semaine, en mémoire de la résurrection de Jésus-Christ, et prennent ensemble du pain et du vin, symbole de son corps et de son sang.
Comme les quakers, ils rejettent le serment, même lorsqu'il est exigé par le magistrat. En général, les sociétés chrétiennes, d'après la tradition, expliquent en quel sens il est défendu ou permis de jurer; mais eux allèguent que la défense est scripturale, et quand on leur objecte que, d'après leur manière d'interpréter le texte sacré, l'obligation de laver les pieds aux hôtes' est également scripturale, ils prétendent qu'on ne doit pas ici se fixer sur le sens littéral, mais sur l'esprit du texte, et l'entendre des devoirs de charité, quel qu'en soit l'objet.
Les sexes sont séparés dans leurs assemblées; elles finissent par un baiser de paix, recommandé, disent-ils, dans l'Ecriture sainte. En conséquence, à la fin de l'assemblée, après les prières, les frères embrassent les frères, les sœurs embrassent les sœurs. Cependant, des disputes s'étaient élevées de la part de quelques membres qui s'y refusaient.
En 1806, les walkérisles étaient environ au nombre de 130 à Dublin, et ils avaient dix à douze petites réunions affiliées, dont une à Londres. On n'en parle plus aujourd'hui.
WALKI, ville de Russie. V. VALXI.
WALKILL, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-York, à 32 kilom. O. de Newburg, dans une contrée montagneuse; 5,500 hab. Industrie agricole. Commerce de bots.
WALKYRIE s. f. (val-ki-rl). Mythol. Nom donné à des nymphes du palais d'Odin, qui étaient chargées de verser aux héros morts en combattant la bière et l'hydromel : Les ValKYRIES du Nord ont des traits moins sombres que les druidesses de la Gaule. (St-Marc Girard.) •
— Encycl. Les walkyries, dans la mythologie Scandinave, étaient des déesses d'un raug inférieur. Leurs fonctions étaient diverses. Animées toutes d'un esprit belliqueux, elles marchaient dans les combats en tête des guerriers, décidaient le sort des batailles, désignaient ceux qui devaient mourir, puis, comme conséquence naturelle, leur servaient d'échansons quand, par leur trépas héroïque, ils étaient admis dans le Walhalla. Elles étaient aussi les messagères d'Odin.
Quand les poètes les montrent au milieu des combats, ils les représentent montées sur des chevaux d'une effrayante rapidité; elles traitent tous les héros en amis, et ceux-ci sont tous amoureux de leurs charmes. Leurs noms sont significatifs; elles s'appellent : Hist (le bruit des boucliers), Mist (le désordre^, S/ceggœld (la hache), Skœgul (la fuite), Hiida (le courage), Thruda (la persistance), Hlœk (le triompTiel, Herfiœter (les chaînes), Geell (la clameur), Raangryd (le désir dtf butin), Ragryd (le besoin de justice), Regirbeif (l'esclavage) ; quelques autres ont des noms sans signification, comme Skuld, Gunnur, Gmndul, Geirskogul, Rota, Biorthrimul, Svaipul, Sangryd. Elles personnifiaient, en général, les vertus et les qualités principales des héros. Une ancienne poésie les représente tissant le vêtement terrible de la mort ; leur métier à tisser est en fer, et les fils sont des entrailles humaines, que des têtes de mort, attachées au bout, tiennent tendues ; la navette qui passe dans cet horrible tissu est une flèche. Les walkyries sont souvent représentées chevauchant dans l'air, sur le brouillard , et plus d'un commentateur a expliqué que par elles on entendait tout simplement parler des nuages qui, dans l'antiquité, jouaient un si grand rôle dans les batailles et auxquels on offrait même des sacrifices avant de commencer la lutte. Quoi qu'il en soit, il est à remarquer qu'après avoir été des divinités présidant à la mort sur la terre, elles deviennent les déesses de la vie dans un autre monde, puisqu'elles ont pour fonction de servir aux héros les aliments et la boisson nécessaires à leur existence céleste.
-WotUyrio (la), opéra allemand, musique de M. Richard Wagner; représenté au théâtre de Munich le 26 juin 1870. La Walkyrie est la première partie de la trilogie des Niebelungen. Malgré les fulgurantes annonces qui ont précédé la représentation, l'accueil a été froid; de sourds murmures d'improbation se sont même fait entendre là où le maître a son piédestal, ou plutôt un trépied royal.
WALL (Edouard), chef royaliste irlandais, né au commencement du xviie siècle, mort en 1651. D'abord haut shérif du comté de Carlow (1632), puis justicier de ce comté, il prit part, eu 1641, au soulèvement des catholiques d'Irlande, qui ne tardèrent pas à. faire la paix avec Charles I«et à se joindre à lui pour combattre tes indépendants et les parlementaires. Après la mort du rou.il rem-
plaça le comte d'Ormond, chef des royalistes, et fut ensuite chargé d'organiser la défense dans la province de Leinster. Mais, en 1649, Cromwell débarqua à Dublin avec une année, soumit le pays, et Wall dut chercher son salut dans la fuite. 11 passa en France, où i! mourut.
WALL (Guillaume), théologien anglais, né en 1646, mort en 1728. Après avoir reçu les ordres, il fut nommé vicaire à Shoreham, comté de Kent, et y passa le reste de sa vie. On a de lui : Histoire du baptême des enfants (1707), ouvrage sur lequel le docteur J. Gale écrivit des Réflexions, qui donnèrent lieu à une polémique de plusieurs années entre Wall et lui ; Défense de f'Histoire du baptême des enfants (1719); Notes critiques sur l'Ancien Testament (1733, 2 vol. U1-&0).
WALL (John), médecin anglais, né en 1703, mort à Bath en 1776. Il fournit aux Transactions philosophiques, aux Commentaires de médecine de Duncan et à d'autres recueils divers articles de médecine pratique qui offraient de l'intérêt et qui furent réunis en collection par son fils, Martin Wall. On y remarque un mémoire relatif à un sujet tout neuf à l'époque où Wall écrivait, sur 1 Angine de poitrine. Cette collection a pour titre : Traités médicaux, recueillis et réédités par le docteur M. Wall (Oxford, 1780, in-8°).
WALL (Martin), médecin anglais, fils du précédent, mort à Oxford vers 1810. Il fut longtemps professeur libre de chimie à l'université de cette ville et a écrit les opuscules suivants : Dissertations sur des sujets choisis de chimie et de médecine (Londres, 1783, in-8°); Observations cliniques sur l'emploi de l'opium dans les fièvres lentes, etc. (Oxford, 1787, in-8°).
WALL (Marie -Joseph-Patrice, vicomte de), officier français, né à Paris en 170-1, mort en 1787. Il descendait du royaliste irlandais Edouard Wall. Il était lieutenant au régiment du roi lorsqu'il épousa la nièce du duc de Rohan. Provoqué peu après en duel par un inconnu, il se rendit à Villejuif, et quelques jours plus tard on trouva son corps percé de chevrotines. On a recueilli et publié quelques essais de de Wall, sous le titre île Portefeuille d'un jeune homme de vingttrois ans (1788, in- 12).
WALLACE (William), héros populaire de l'Ecosse, né dans le comté de Reufrew vers 1270, mort en 1305. Sa vie et ses exploits nous ont été transmis sous forme légendaire par la poésie et la tradition, et il n'y eu a qu'une faible partie qui se trouve consignée authentiquement dans l'histoire. Wallace a été chamé principalement par le barde écossais Blind Harry (Henri l'Aveugle), qui avoue lui-même que son poëme est plutôt une fiction qu'une histoire ; il ne peut guère faire autorité, car il vivait, près de deux siècles après le héros. Les seuls historiens que l'on puisse consulter avec quelque confiance sont les annalistes anglais Trivet et Helmingford, qui étaient contemporains du héros.
Wallace appartenait à une des plus anciennes familles de l'Ecosse, et son grandpère maternel, sir Reginald Crawford, était shérif d'Ayr. Son histoire jusqu'à l'année 1297 est complètement légendaire et ne se youve que dans les poésies du barde Harry; cependant, beaucoup de faits qu'il rapporte subsistent encore à l'état de tradition populaire. Une relation latine, écrite par John Blair, ami intime et chapelain de Wallace, at dont s'est inspiré Harry, raconte que son héros reçut une excellente éducation par les soins d'un de ses oncles, riche ecclésiastique, et qu'il fut ensuite envoyé à l'école de Dundee. Ce fut là qu'il accomplit son premier exploit, en tuant le lils de Selby, gouverneur anglais de cette ville, qui l'avait insulté. (Je fait ne peut être arrivé avant 1290, car ce fut cette année-là qu'Edouard 1er, roi d'Angleterre, prit possession des forteresses écossaises, après avoir été reconnu seigneur su- . zeruin par les compétiteurs à. lu couronne d'Ecosse, vacante parla mort de Marguerite de^Norvége. Après ce meurtre, Wallace se Lçjfugiil.dans les bois, et, doué comme il l'éi^jl'autfjhti.d'éloquenee et de prudence que «te^ifeWuï-fiBïBflfôl1,* et d'habileté au niaiufif(/çn,tfdes,i(iHiies,Jl^a, trouva bientôt a la tW-ÀÙW» VWm?WmSm.A aventuriers WgiWVSpaWq sftWiSftf îW&Çii.iharcelereut
marche, sott dans les forts ou elfes tenup;,u|, garnison. Bien que .l'on trou,ve',dàns toute î'6léilubè''tte'rI,Etes6;iiMIÏoMe'ae,TôtfJflife dUV-tebriti'n,ciifè''âUjdd?dffitil,x'èrëb^s'b6ithntf1 aWC^lïï- &JnV'iâe'Wtefiuêf- e&p'lôW'W WaTfc/ce,^ SéîfflolV aVor^alt^c-n .'s'èjuùeiiabhl»leïWUHisWfl!VvbisiT»ént lavlllè d'Àtyr^ dt'a'fc'sll-dlflW'èeiW'ville'j'siJn^Ieg'yétex'mau^it' dè; E toTffi!iôauabêïaiséyàu'il^LrU6iniiiiiliée^
diusi;toisf1fa,its 'i'àùm™&oh ' ^m m soit
frère^uï /"à'vllehlPTeïôffify HVràaiÎÉ^è^a) ét'ê* tuéabdxfcs des* rencoWes,(ûveu dé^JAIJylS/s, lonsqu'rutirùcttv!de' sauv*ge cuuautôy commis-, pifr ieigouvfipnburide Luiiuuky viiïî: perlerai s*in'Jounible> lai haine qu'éprpujiait Wallaea. oontne>U3St«qjpresseurs de sa 'patrie. 'U avait, sa se faire, aimer d'une jeune héritière, (jcosij swisej'jquïU: parmi momb lavoir, épousée-, leÊ qui lui fflvtai&rdooiaé une tiJle. Deux ans'ajrèa: laneiifhiMri elioi tomba- mii- raams. ides Aon
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glais, et Hazelrig, gouverneur de Lanark, la fit mettre à mort. Ne songeant plus dès lors qu'à la vengeance, Wallace parcourut l'Ecosse, excitant partout ses compatriotes à la révolte, et bientôt le pays entier fut en complète insurrection. William Douglas, Wishart, évêque de Glasgow, le stewart ou sénéchal d'Ecosse et le jeune Robert Bruce, roi plus tard sous le nom de Robert 1=', ainsi que plusieurs autres puissants seigneurs écossais, vinrent se ranger autour du chef populaire. Mais l'accord ne dura pas longtemps entre eux ; lorsque le3 troupes envoyées par Edouard pour réprimer la révolte se présentèrent devant l'armée écossaise, campée près d'Irvine, dans le comté d'Ayr, tous, sauf Wallace, craignirent d'affronter le sort des armes et préférèrent s'en remettre aux talents diplomatiques de l'évèque de Glasgow, qui conclut, le 6 juin 1297, un traité par lequel ils reconnaissaient Edouard comme leur souverain. Ce traité, connu sous le nom de traité d'Irvine, est le premier acte authentique où il soit fait mention de Wallace. Celui-ci n'y avait pas adhéré; il se retira vers le nord, suivi d'un corps nombreux de partisans, qui s'accrut rapidement de jour en jour, en sorte qu'au bout de peu de temps il put reprendre 1 offensive, Dirigeant sa marche vers le nordest, il surprit le château de Dunottar, chassa les garnisons anglaises d'Aberdeen, de Forfar, de Brechin et d'autres villes écossaises et vint mettre le siège devant Dundee. Il le leva peu après pour marcher au-devant d'une armée anglaise qui s'avançait du côté de Stirling et à laquelle il fit essuyer, le 11 septembre 1297, une défaite complète, qui délivra pour un temps l'Ecosse de la domination anglaise. Les Anglais furent a.ussitôt chassés ou s'enfuirent d'eux-mêmes de toutes les villes qu'ils occupaient. Profitant de cette panique et de l'enthousiasme de ses soldats, Wallace poursuivit les fugitifs au delà de la frontière et pénétra le 18 octobre en Angleterre, où il demeura jusqu'au 11 novembre, mettant tout à feu et à sang d'une mer à l'autre et s'avançant au sud jusque sous les murs de Newcastle. De retour eu Ecosse, il prit le titre de gardien ou régent du royaume, au nom du roi Jean Baliol, alors prisonnier en Angleterre ; mais il ne devait pas conserver longtemps ce poste élevé. Soutenu seulement par son propre mérite et par l'attachement du peuple, homme nouveau et sans parenté avec les grandes familles du pays, il lui eût été impossible de se maintenir, quand même il n'aurait eu qu'à lutter contre la jalousie et le mécontentement des seigneurs écossais. Ceux-ci, rapporte Fordun, avaient coutume de dire : « Nous ne voulons pas que cet homme nous gouverne. » Dans l'intervalle, Edouard, qui guerroyait dans les Flandres contre le roi de France, s'était hâté de revenir en Angleterre. Il rassembla une armée de 80,000 fantassins et de 7,000 cavaliers et vint attaquer à Falkirk (22 juillet 1798) les Ecossais, commandés par le sénéchal du royaume, à qui Wallace avait cédé l'autorité pour prévenir de funestes dissensions. Ce sacrifice, autant que la supériorité numérique de son armée, donna la victoire au souverain anglais.
La bataille de Falkirk ne mit pointfin à la guerre; mais la noblesse écossaise en profita pour priver Wallace de son titre de gardien du royaume ; les chroniqueurs écossais disent qu'il s'en démit volontairement; mais, dans tous les cas, ce furent ses rivaux Bruce, ComyuetLamberton, évêque de Saint- Andrews, qui furent appelés à remplir ensemble ces fonctions, toujours au nom de Baliol. Wallace se retira dans les montagnes, où il continua la guerre de partisans contra les Anglais. Il aurait même, selon certains chroniqueurs, fait deux voyages en France, en 1300 et en 1302. Cette année-là, les seigneurs écossais s'étant soulevés de nouveau contre le roi d'Angleterre, il reparut dans leurs rangs et y combattit avec sa valeur accoutumée. Mais Edouard triompha encore une fois, et les révoltés firent leur soumission par le traité de Strathorde. Dans ce traité, | qui fut écrit en français et qui a été imprimé dans les Placita par lament aria de Ryley, il I est stipulé à l'égard de Wallace, qui y est appelé Monsieur Guillaume de Galc>s, < qu'il i se mette err la volunté et en la grâce nostre 1 seigneur le roy, si lui semble que bon soit. » Il lut ensuite cité devant une assemblée de nobles éco'ssais et anglais, tenue a Sa'mt- ! Andrews ; mais, comme il ne comparut pas, il fut mis hors la loi. Sa retraite demeura ■! longtemps ignorée, bien qu'il n'en continuât ; pusiunoins la lutte. 11 fut enfin trahi par un f déisei'amisi'le chevalier John Meuteith, et ? conduit) îèweisttlhé' à Londres. On la fit comi paraSït'^i'de.'Wi'Bt Hw-flour de Westminster, «-couronné de. iauKelyraconte Stow, parce j qu'ilittvaifc dibijadiB>d.util;tlevui& un jour por- | ter une couwniiie''da«si ceitff -sallA1*1!! fut i comhimhéJ:à< mort spourcéime- dits hàùtë ûk-, i hjsofiybien qu'U>1i1eùt-<jaTOlwS'p'rêté*£e(-mëal> . à-il5douai!d,Jeir.-fut décupiM'àJ-Towefs-Hrir l'é> 23 août 1305. Suvvant.les'COuÏBlmes bariia^«fe' det'fcetj temps-jet de! cevpay's'jStiitéLé 'l'esjï* exposée-auboi»4'd'«nq piqwà EoiMloji-BMiigc',' et son eofpb -fut; envoyé par quartlets-.tititis1 dwerkps villes des deux1 royainnës1. Mais l*iri-t flimie d.e.-be-ï«pplice n'a pas empécliërsoii' nota de- demeurât en tvèflêrÀ'titmi'pàhhl' ses1 côiijputriowaijeï-lte nos jours'endorè 'ilJïi'èrâP '■ pas- ea: Ecosse àé bourgirtle"bù-eblviic«n ùti-'
WALL
voque instantanément le souvenir de la valeur et des exploits du héros.
Wallace OU le Ménestrel éconsnî», drame
lyrique en trois actes, paroles de Fontanes, dit de Saint-Marcellin, musique de Catel (Opéra-Comique, 24 mars 1817). La pièce est un mélodrame de la couleur la plus sombre et dénuée d'action. Elle a été refaite par M. de Saint-Georges qui, tout en conservant le caractère général de l'ouvrage, a su y introduire quelques scènes intéressantes; elle fut reprise sous cette forme le 4 décembre 1844. La partition de Wallace est considérée comme la meilleure de Catel. Le sentiment dramatique y a de la puissance; Sa mélodie est franche ; le style, qui est un peu froid, est toujours pur, élégant. Quant à l'harmonie, on peut dire qu'elle offre les formes les plus parfaites qu'on puisse imaginer. Les chants écossais sont d'une grande fraîcheur. L'orchestration se fait remarquer par un heureux emploi des instruments à vent. Le musicien Rifaut avait déjà retouché la partition du maître. Après lui, M. Boulanger fut chargé de In remanier encore pour une reprise ; il ajouta même quelques couplets et un duo. Parmi les morceaux les plus remarquables de cet opéra, nous signalerons le magnifique duo en si mineur du dernier acte, entre Robert Bruce et Wallace : La voix de la patrie, et la romance de Wallace, qui est un chefd'œuvre de sensibilité, de mélancolie et qui respire le plus tendre sentiment d'amour conjugal.
WALLACE (William), chirurgien anglais, mort en 1838. Après avoir été reçu chirurgien, puis docteur en médecine, à l'université d'Edimbourg, il devint médecin de la Charité et de l'infirmerie pour les maladies cutanées et vénériennes à Dublin, professeur de séméiotique et de chirurgie clinique dans la même ville et enfin membre de 1 Académie royale d'Irlande. Outre un assez grand nombre de mémoires insérés dans le recueil de la Société de médecine de Dublin, dans la Lancette et dans le Journal de médecine, de Londres, Wallace a encore publié les ouvrages suivants : Observations sur les fumigations sulfureuses comme remède efficace dans les rhumatismes et dans les maladies de la peau (Dublin, 1S20, in-S") ; Recherches relatives aux propriétés médicales de la Marine, spécialement dans les maladies du foie (Londres, 1822, in-8») ; Description de l'appareil pour le traitement des rhumatismes et des affections de ta peau qui a et-' construit à l'infirmerie des maladies cutanées de Dublin (Dublin, 1825, in-4°); Recherche physiologique sur l'action du moxa et son utilité dans les cas invétérés de sciatique, de lombago, etc. (Dublin, 1827, in-S°) ; De structura nsvorum subeutaueorum (Dublin, 1832, in-8"); A treatise on the venereal disease and its varieties (Dublin, 1832, in-s°).
WALLACE (William), mathématicien écossais, né à Dysart (comté de Fife) en 1768, mort en 1843. Successivement apprenti chez un relieur, employé chez un imprimeur et chez un libraire* il réussit à apprendre seul, daii3 ses moments de loisir, les mathématiques, le latin et le français, devint, en 1794, professeur adjoint de mathématiques à l'université de Pertli, puis, en 1803, professeur des mêmes sciences à l'école militaire de Great-Marlow, qui fut plus tard transférée à Sandhurst, et, en 1818, fut chargé d'y faire un cours d'astronomie. L'année suivante, il obtint à l'université d'Edimbourg une chaire de mathématiques , qu'il occupa jusqu'en 1838- Depuis l'époque de sa fondation, la Société royale astronomique le comptait parmi ses membres, il était, en outre, correspondant d'une foule de sociétés savantes de la Grande-Bretagne. Il n'a publié à part aucun ouvrage de longue haleine, et ses travaux consistent en mémoires insérés dans les recueils de ces différentes sociétés. Parmi ceux que l'on trouve dans les Transactions de la Société royale d'Edimbourg, nous citerons : Porismes géométriques et exemples de leur application à la solution de divers problèmes (1796); Nouvelles séries pour la quadrature des sections coniques et pour te calcul des logarithmes (1808) ; De l'invention du pantouniphe et description de l'eidographe, instrument inventé par Wallace (1831); Des propriétés analogues des secteurs elliptiques et hyperboliques (1831), etc. On trouve d'autres travaux de Wallace dans les Mémoires de la Société astronomique et dans les 'Travaux de ta Société philosophique de Cambridge, et il a, en outre, collaboié à la partie mathématique de Y Encyclopédie d'Edimbourg et de la 4t édition de l'Encyclopédie britannique.
WALLACE (Thomas, lord), homme d'Etat anglais, né en 1769, mort en 1S44. Après avoir fait ses études de droit à Eton et à Oxford, où il eut pour condisciples Canning et le futur lord Liverpool, il entra, eu 1790, au Parlement où il siégea jusqu'en 1826. Nommé, en 1797, membre de l'amirauté, puis, gïi'-ÏSOO-, commissaire inspecteur des affaires dlé Wridè'j! U soutint la politique de fiit et se ÎU-le'd'êfeaseur des actes de lord Wellesleyylr demeura '1àUx,'àffaires en 1801, malgré hVretfovt'ô'âé PHt-,'«n" fut 'ékùgné tors de la foririatiotf-'tltl ikhinistèreul'îox''p[806), mais y tëViiit dès'-ràuBéè-lui^an'te et -fit -partie du eÔtfïtSH'llrïVÉyVlsqtt'fcn 18'j6,-ep'o,qÙt-».,laqnelte iI.dorin,S'Sauaélhis'siOrf. Nuuïriié1.'**1 itelSj yièé^ ptéëidèrftldtlbufeàu-auic!Oi/rin'élJce;ïHït preuve
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de rares capacités pendant la crise commerciale qui éclata en 1820 dans la Grande-Bret.igne, et ce fut lui qui prépara et rédigea les bills que le Parlement adopta dans la session suivante, et qui avaient surtout pour objet de supprimer les entraves qui paralysaient le commerce extérieur. En 1822, il se démit de ses fonctions au bureau de commerce; mais, dès l'année suivante, il fut chargé de diriger l'enquête ouverte sur l'administration de 1 Irlande et, peu après, fut nommé directeur des mines, fonctions qu'il conserva jusqu'à l'époque de l'arrivée do Cannine aux affaires. Sous le ministère suivant, celui de lord Wellington, il fut élevé à la pairie avec le titre de lord Wallace de Knaresdale; mais à cause de l'état de sa santé, il vécut, dès lors, dans une retraite à peu près absolue.
WALLACE (William-Vincent), le seul véritable grand compositeur dramatique dont le royaume britannique puisse se glorifier, né à Waterford (Irlande) en 1814, mort au château de Bagen (Haute-Garonne) le 12 octobre 1865. Il eut pour maître son père, chef de musique nu 29e régiment de ligne anglais, et, presque enfant encore, il devint organiste de la cathédrale de Thurtes,en Irlande, puis chef d'orchestre du théâtre et des concerts à Dublin, fon3tions dont il s'acquittait avec un talent tel, que Paganini et la célèbre cantatrice, Mme Catalini , lui adressèrent de grands éloges et lui prédirent un brillant avenir. A l'âge de dix-huit ans, Wallace, qui était doué d'une organisation exceptionnelle et qui semblait deviner plutôt qu'apprendre, était déjà de première force sur le piano et sur le violon; il jouait aussi très-bien do la guitare et de presque tous les instruments militaires; mais, à cette époque, un travail poussé au delà de toute mesure faillit ruiner sa santé et le fit tomber gravement malade. Il se sentit pris alors d un dégoût profond pour la musique, abandonna complètement son art et partit pour la Nouvelles-Galles du Sud, où il mena, pendant quelques années, la vie d'un véritable trappeur. Cependant, a la suite d'un incident particulier, son amour pour la musique se réveilla, et il entreprit une série de grands voyages, dans le cours desquels sa vie fut plusieurs fois en danger; c'est ainsi qu'un jour, dans les plaines de l'Inde, attaqué par un tigre et se défendant avec courage, il échappa à la mort, mais non à de graves blessures; qu'une autre fois il faillit périr, lors d'une révolte des matelots qui composaient l'équipage du navire sur lequel il avait pris passage; qu'une autre fois encore il sortit sain et sauf d'une sinistre catastrophe, l'explosion de la machine d'un vaisseau.
Néanmoins, Wallace visita successivement la Nouvelle-Zélande, les Indes, le Pérou, le Chili, la Havane, le Mexique, les Etats- Unis, etc., faisant partout apprécier son triple talent de violoniste, de pianiste et de compositeur, et excitant partout un enthousiasme indescriptible. Ses succès furent immenses et, fort heureusement, productifs; il se maria alors et épousa une pianiste fort distinguée, qui était en même temps une femme d'une rare intelligence, miss Hélène Siœpel. Mais il avait de l'ambition ; des applaudissements recueillis dans les concerts ne lui suffisaient plus, et il rêvait les succès bien autrement flatteurs du compositeur dramatique. Doué d'un esprit trop pratique pour ne pas comprendre que l'Amérique n'était point l'arène qui lui convenait sous ce rapport, il s'embarqua et revint à Londres en
Il eut quelque peine à se lancer dans la nouvelle voie qu'il voulait suivre; pourtant, il parvint à faire représenter un grand opéra intitulé Maritana, dont le sujet était tiré du drame français Don César de Bazan. Cet ouvrage fut très-bien accueilli et obtint cent représentations consécutives. Wallace donna ensuite Mathilde de Hongrie^ qui fut moins bien reçue ; puis il se rendit en Allemagne, où il mit au jour son bel opéra de Lurline, qui eut une vogue immense et qui, bientôt après, fut joué en Angleterre. Il revint ensuite dans son pays, où il publia une foulo de compositions pour le chant, pour le piano ou pour le violon, et où il donna encore plusieurs opéras, la Sorcière d'Ambre, le Triomphe de l'Amour, la Fleur du désert, qui consolidèrent et augmentèrent encore sa réputation si légitimement acquise.
Wallace avait été attaqué, dès 1854, d'une dangereuse maladie de cœur, qui n'avait cédé momentanément qu'à des soias énergiques.
Menacé, peu après, de perdre 'a vue par suite d'une ophthalmie, il se vit oiiionner un voyage en iner. Ce voyage le guérit, en effet ; mais, à peine arrivé aux Etats-Unis, Wallace eut la fâcheuse inspiration de placer une partie de sa fortune dans uns maison de fabrique de pianos, qui croula peu de temps après. Dans l'espoir de réparer cette perte, il mit le reste de son argent dans une ma • nufacture de tabacs, qui subit le même sort. Il se vit alors obligé de recommencer à don ner des concerts pour se procurer à peu près de quoi vivre. Heureusement , son talent n'avait subi aucune altération, et le succès l'accueillit de nouveau. Enfin, quelques années après, il revint en Angleterre, où il fut de nouveau attaqué de Sa maladie qui avait failli l'emporter précédemment. Au printemps âB7i8ë4, il vint se faire soigner en France,
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passa plusieurs mois h Passy dans un état toujours alarmant , puis fut transporté au château de Bayen , résidence d'un de ses amis, où il mourut le 12 octobre 1865. Ses restes furent transportés à Londres, où on lui fit des funérailles splendides.
Wallace était presque un musicien de premier ordre, et, s'il eût possédé une originalité filus marquée, il eût pu prendre place parmi es grands maîtres de la musique dramatique au xix« siècle; en tout cas, il doit être considéré comme le fondateur et peut-être l'unique représentant de l'opéra national anglais. Il est certain que la partition de Lurîiue, pour ne parler que d'elle, est une œuvre des plus remarquables, qui porte l'empreinte d'un véritable génie. Outre ses opéras, cet artiste a publiéplus de quatre cents morceaux, de musique de tout genre. Wallace n'était pas seulement un musicien de talent, mais encore un lettré et en même temps un esprit fin et délicat. Il avait beaucoup voyagé, beaucoup vu, beaucoup observé; enfin, il parlait couramment cinq langues, l'anglais, l'allemand, le fiançais, l'espagnol et 1 italien.
M. Kétis est très-incomplet et souvent inexact à l'égard de ce compositeur ; mais M, Arthur Pougin a publié sur lui, à l'époque de sa mort, une notice très-étendue, très-complète, où l'on trouve une foule de faits pour la plupart inconnus, extraits des journaux anglais (Paris, 1866, iu-8»).
WALLACE (sir Richard), philanthrope anglais, né à Londres le 26 juillet 1818. Attaché par les liens d'une parenté étroite au marquis d'Hertford, il vécut auprès de lui et lui prodigua des soins assidus pendant les longues souffrances qui attristèrent ses.dernières années. En mourant (1870), le marquis d'Hertford lui légua environ 60 millions, composant toute la partie de sa fortune dont il pouvait iibrement disposer, et consistant en biens situes en France et en Angleterre, ainsi qu'en collections artistiques. Ce fut pendant le siège de Paris, en 1870-
1871, que M. Richard Wallace commença à attirer vivement sur lui l'attention publique. S'étant enfermé dans la ville, il donna 300,000 francs pour organiser l'ambulance militaire, dite du marquis d'Hertford, qui suivit le 13e corps jusqu'à la fin de la guerre, ouvrit dans sa maison une seconde ambulance, fit un don considérable à la ville, distribua des bons de vivres dans les mairies, employa une somme considérable en achat de combustible pour les indigents, une autre pour les indigents limitrophes réfugiés à Paris; pendant le bombardement, il prit l'initiative d'une souscription en faveur des familles obligées de fuir leurs demeures et s'inscrivit pour 100,000 francs. En outre, il constitua en leur faveur un comité de secours et redoubla de générosité pour venir en aide aux malheureux du 1V« arrondissement, qu'il habitait. Les deux grands clubs l'Union et le Jockey-Club l'admirent alors à l'unanimité parmi leurs membres. Après la conclusion de l'armistice, ce fut à M. Wallace que la commission du lord-maire adressa les envois de ravitaillement pour Paris. Lors des élections pour l'Assemblée nationale, des comités proposèrent de porter son nom sur la liste des candidats. Mais il fit annoncer qu'en sa qualité d'Anglais il ne pouvait accepter aucune candidature. Pennant la Commune, il vécut, à Paris, tranquille et respecté de tous. Au mois de juin 1871, M. Tlncrs lui conféra la croix de commandeur de la Légion d'honneur et, vers la même époque, la reine d'Angleterre lui donna le ture de baronnet. De retour à Londres, il réunit une curieuse collection d'objets d'art, à laquelle il donna le nom de musée de Btnhual-Uieen, et en tint l'accès libre à, la population ouvrière. En
1872, il dota Paris de cent fontaines à boire, dont le modèle fut exécuté par le sculpteur Charles Le Bourg, ne laissant à la charge de la ville que la pose et les travaux de plomberie nécessaires pour les alimenter ù'eau. Le 17 février 1873, sir Richard Wallace a été élu membre du Parlement dans le district de Lisburn, qui lui lit ù cette occasion une ovation enthousiaste. Humain, charitable, fuyant le bruit, M. AVallace a dû au noble emploi qu'il sait faire de sa fortune une grande popularité. Il passe pour un amateur d'objets d'art aussi passionné qu'éclairé. De son mariage avec Mlle Caslelnau, fille d'un officier français, il a eu un fils, M. Edmond- Richard Wallace, né en 1840. Pendant la guerre de 1870-1S71, ce jeune homme servit uans les cuirassiers, devint officier d'ordonnance du général Vinoy, reçut le grade de capitaine et fut décoré. Après la répression de la Commune, il a donné sa démission,
WALLACE (Alfred-Russel), naturaliste anglais, né a Usk, dans le Monmouthshire. en 1822. Son nom doit être associe à celui de M. Darwin, avec lequel 11 partage la paternité de la théorie célèbre de la sélection naturelle. « M. Darwm, remarque à ce sujet M, Edouard Ctaparède, avec l'exactitude scrupuleuse qui le dislingue, n'a pas manqué de citer les noms de tous ceux qui, eu même temps que lui ou même avant lui, ont reconnu ou simplement entrevu le principe fondamental de la théorie de la sélection. Le lecteur superficiel pourrait facilement se laisser entraîner à mettre tous ces noms sur la même ligne; mais ce serait là une grande erreur. Les mérites de MM. Wells et Pa-
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trîck Matthew, par exemple, quelque grands qu'ils puissent être d'ailleurs, ne sauraient être mis en regard de ceux d'un Wallace et d'un Herbert Spencer. Parmi ces hommes, les uns ont bien entrevu le principe, mais n'en ont pas saisi la portée ; les autres, au contraire, en ont mesuré les conséquences et montré les applications. Au nombre de ces derniers, M. Wallace est certainement au premier rang, parce que la nature même de ses occupations et la tournure de son esprit paraissent l'avoir conduit à la théorie de la sélection, précisément par la même voie que M. Darwin et en même temps que lui. Aussi les hommes spéciaux n'inscrivent-ils guère que le nom de Wallace à côté de celui de Darwin au début de cette ère nouvelle pour la science des êtres organisés , qui a été inaugurée par la publication.de l'Origine des espèces. »
Darwin nous apprend lui-même comment, pendant son voyage autour du monde, de 1831 à 1836, la distribution des êtres organisés dans 1 Amérique du Sud et les rapports existant entre les faunes actuelles et les faunes anciennes éveillèrent son attention et lui semblèrent de nature à jeter quelque jour sur l'origine des espèces ; comment il s'attacha dès lors, d'une manière toute spéciale, au développement de cette idée. C'est aussi par la géographie et la paléontologie que M. Waltace a été conduit a, s'occuper de ce problème, le mystère des mystères, comme l'appelle Humboldt. Dès 1855, il rédigeait à Sarawak et publiait, ta même année, un mémoire sur la loi qui a réglé l'introduction des espèces nouvelles. Il résumait dans ce travail quelques faits généraux et en concluait que « toute espèce, au moment de son apparition, coïncide, dans le temps et dans l'espace, avec d'autres espèces préexistantes qui lui sont étroitement alliées, • Cette loi, ajoutait-il, rend compte des affinités naturelles et de la distribution des animaux et des plantes dans le temps et dans l'espace, aussi bien que des phénomènes que présentent les groupes correspondants et des faits attribués par Forbes à une sorte de polarité. Enfin, la même loi expliquerait l'existence de ces organes rudimentaires qui ont de tout temps embarrassé les zoologistes tout autant que les botanistes. M. Wallace développe succinctement chacune de ces propositions, sans parier encore de la cause qui détermine la formation des espèces.
Ce problème fondamental a été abordé dans un second mémoire écrit à Ternate au commencement de 1858, et ayant pour titre : Sur ta tendance des variétés à s'écarter indéfiniment de leur type originel. L'auteur, désirant le soumettre au jugement de sir Charles Lycll, envoya sou manuscrit à Darwin, en le priant de lui servir d'intermédiaire auprès du célèbre géologue. H est facile de comprendre ce que dut éprouver Darwin en trouvant résumées dans ce travail, de la manière la plus précise et la plus nette, parfois avee les expressions techniques qu'il employait lui-même, toutes les idées qui le préoccupaient depuis vingt ans et la théorie qu'il n'avait communiquée encore qu'à quelques amis. H put craindre un moment do perdre tout le fruit d'un labeur aussi consciencieux que long. Mais, heureusement pour lui, Lyell et Hooker, l'éminent botaniste de Kew, étaient au courant de ses travaux. Grâce à ces amis communs, les droits des deux inventeurs furent également respectés. Un mémoire rédigé exprès par Darwin et celui qu'avait envoyé M." Wallace furent Jus dans une même séance de la Société linnéenne de Londres et insérés dans le même volume des actes de cette Société. Ajoutons que, tout eu réclamant la part d'éloges ou de blâme qui lui revient, M. Wallace n'a pas hésité à reconnaître que Darwin lavait précédé dans la voie où ils se sont rencontrés. II va plus loin et, avec une modestie qui n'a rien d'affecté, il se déclare incapable des longues et pénibles recherches nécessaires pour développer, comme l'a fait Durwin, les principes fondamentaux tirés de quelques faits généraux. «J'ai ressenti toute ma vie, dit-il, et je ressens encore la plus vive satisfaction de ce que M. Darwin a été à l'œuvre longtemps avant moi et de ce que la tâche difficile, V origine des espèces, ne m'a pas été laissée. J'ai depuis longtemps fait l'épreuve de mes forces et je sais qu'elles n'y auraient pas suffi. Je sens bien que, comme beaucoup d'hommes dont je reconnais la supériorité, je n'ai pas cette patience infatigable pour accumuler d'immenses quantités do faits les plus divers, cet admirable talent pour en tirer parti, ces connaissances physiologiques exactes et étendues, cette finesse pour inventer les expériences et l'adresse pour les mener à bien, et ce style admirable, à la fois clair, persuasif et précis, qui font de M. Darwin l'homme de notre époque qui est peut-être le pius propre à la grande œuvre qu'il a entreprise et accomplie. «
• En 1870, M. "Wallace, estimant que son rôle, dans la question de la sélection naturelle, n'avait pas toujours été bien apprécié, a eu l'heureuse idée de fixer exactement sa position relativement à la théorie dite darwinienne, en réunissant en un volume les différents travaux, sur ce sujet publiés par lui dans des revues ou journaux divers. Ces articles ont été retouchés, souvent augmen-
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tés, sans perdre pour cela leur caractère primitif, et l'auteur les a fait suivre de quelques chapitres entièrement nouveaux. L'ouvrage est intitulé : Contributions à la théorie de la sélection naturelle : une série dessais. Nous allons en rendre compte pour faire connaître en M. Wallace le promoteur indépendant et original d'une doctrine qui attire aujourd'hui l'attention de tous les esprits cultivés.
Comme Darwin, M. Wallace fait reposer toute sa théorie sur un fait général évident : « La vie des animaux sauvages, dit-il, est une lutte perpétuelle, lutte qui a pour but leur existence elle-même. » L'immense majorité des individus succombe dans les combats incessants livrés à tout ce qui les entoure ; s'il en était autrement, la terre entière serait rapidement envahie par elle. Peu d'oiseaux, ajoute notre naturaliste, produisent moins de deux petits par an ; beaucoup en ont six, huit ou dix. A ce compte, une seule paire aurait produit, au bout de quinze ans, plus de 10 millions de descendants, si tous avaient survécu. Or, l'observation mon- . tre que le nombre des oiseaux ne s'accroît nulle part. En dépit de son pouvoir de multiplication, chaque espèce a donc atteint sus limites numériques et est restée stationnaire, probablement depuis une époque peu éloignée de celle de son apparition. Par conséquent, en admettant que le nombre des jeunes, produits à l'époque des pontes, soit seulement double de celui des parents, hypothèse certainement au-dessous de la vérité, il s'ensuit que partout il périt annuellement deux fois plus d'oiseaux que la contrée n'en nourrit. Plus précis et plus explicite en cela que Darwin, M. Wallace fait jouer à la nourriture un rôle prépondérant parmi les conditions qui favorisent ou enrayent la multiplication d'une espèce donnée. Toutefois, il est loin de méconnaître l'influence des autres causes de destruction ou de survie, et sait les chercher dans le monde inorganique aussi bien que parmi les " êtres vivants. En résumé, la victoire dans la lutte pour l'existence dépend uniquement, à ses yeux, de l'adaptation plus ou moins parfaite à des conditions d'existence données. M. Wallace semble se préoccuper fort peu du progrès, et en cela il se distingue assez nettement de Darwin, qui perd rarement de vue cette considération.
M. Wallace applique aux espèces voisines les unes des autres et appartenant à un ■ même groupe ce qu'il vient de dire des individus. Celles qui, par leur organisation et leur genre de vie, se trouvent en harmonie avec le milieu où elles sont placées devront nécessairement acquérir et garder une certaine supériorité ; celles qui, pour une raison quelconque, se trouvent plus ou moins en désaccord avec ce même milieu, devront s'affaiblir et pourront même disparaître. A plus forte raison, les choses se passerontelles ainsi entre les variétés qui peuvent surgir au milieu des représentants d une espèce quelconque. L'antilope dont les jambes seront plus courtes ou plus faibles que celles de ses compagnes tombera la première sous la dent des grands carnassiers ; le pigeon qui n'aura pas la puissance de vol nécessaire pour aller chercher au loin sa nourriture et accomplir ses migrations annuelles mourra de faim. En revanche, toute variété possédant des aptitudes plus grandes que le type primitif de l'espèce tendra à se multiplier. Que des moments difficiles surviennent, que les conditions d'existence s'aggravent d'une manière quelconque et jusque un certain point, ces variétés supérieures pourront seules résister à l'épreuve, et, au bout d'un temps plus ou moins long, se trouveront substituées au type originel dont elles n'étaient qu'un développement plus parfait et plus élevé. Mais, à leur tour, elles présenteront des phénomènes semblables, engendreront des variétés nouvelles capables de s'isoler, et ainsi de suite. Voilà comment prendra naissance et grandira une série de variétés s'éloignant de plus en plus du type spécifique premier pur voie de divergeuee progressive et continue ; série à laquelle on ne saurait, ajoute Wallace, assigner aucune limite. Le même type peut d'ailleurs, sous l'empire de mille conditions fortuites, donner naissance à des variétés très- différentes et, par conséquent, à autant de séries distinctes. L'auteur conclut que son hypothèse peut être suivie assez loin pour rendre compte de fous les phénomènes présentés par les êtres organisés, en particulier de leur succession et de leur extinction dans les âges passés, aussi bien que de toutes les modifications de forme, d'instinct, de genre de vie qu'on rencontre chez eux.
On sait que Lamarck était arrivé à des conclusions h peu près semblables aux précédentes; mais M. Wallace insiste avec juste raison sur les différences radicales existant entre la théorie de l'illustre naturaliste français et celle qu'il propose lui - même. Lamarck admet que les modifications subies par un animal sont le résultat d'un besoin éprouvé par lui, besoin qui produit l'habitude, d'où résulte la répétition des mêmes actes et, par suite, le développement des organes qui accomplissent ces actes. Si les membres antérieurs et le cou de la girafe présentent la longueur extraordinaire qu'on leur connaît, c'est que les ancêtres de cet animal
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ont toujours fart effort pour atteindre aux branches des arbres qui leur servaient de nourriture. Par cela même, dit Lamarck, chacun d'eux a allongé les parties du corps qui étaient spécialement en action, d'une quantité infiniment petite. Chaque génération a reçu par voie d'hérédité le résultat de tous les efforts antérieurs; chacune y ajoute quelque chose, et la somme de toutes ces petites modifications, qui, prises isolément, auraient été absolument inappréciables, s'accuse par l'étrange organisation que nousvoyons aujourd'hui. Ainsi, dans la théorie de Lamarck, c'est en réalité l'animal qui se modifie lui-même. L'organisme est transformé par le désir, par la volonté. Il en est tout autrement dans la théorie de la sélection naturelle. Si la girafe a un long cou, nous dit M. Wallace, ee n'est pas qu'elle ait désiré atteindre aux rameaux les plus élevés ; c'est que, parmi les variétés qui surgirent anciennement et se sont succédé dans la suite des siècles, il s'en est trouvé un certain nombre dont le cou était exceptionnellement long et qui, par cela même, ont eu une plus grande part de nourriture sur un sol donné; qui, par cela même encore, se sont trouvées dans des conditions de survie, tandis que les variétés à cou plus court mouraient de faim dans un temps de disette. Transmis par la génération, ajoutés les uns aux autres, ces progrés dans une voie déterminée ont, par la force môme des choses, graduellement produit l'organisation spéciale dont il s'agit. Cette explication, on le voit, supprime toutes les hypothèses vagues et pour ainsi dire mystiques de Lamarck, pour ramener ta transformation k n'être plus que la conséquence rigoureuse, nécessaire des conditions d'adaptation k des circonstances parfaitement déterminées.
L'ouvrage de M. Wallace contient des applications hardies, mais ingénieuses et vraiment séduisantes, de la théorie de la sélection naturelle. Un des chapitres les plus intéressants est consacré aux formes imitatives et aux autres ressemblances protectrices parmi les animaux. Les Anglais désignent par le terme de mimiery, qu'on peut traduire en français par les mots imitation soologique, la propriété qu'on remarque en certains animaux d'offrir, soit par leur forme, soit par leur couleur, une reproduction presque complète de l'apparence d'un autre animal appartenant par son organisation à un tout autre groupe zoologique et dépourvu, par conséquent, d'affinité avec le premier. M. Wallace s'applique à montrer que les espèces mimiques ou iroitatives ont été produites par voie de sélection naturelle. Il n'y voit qu un cas spécial des conformations particulières extrêmement variées qui assurent à certains animaux une protection contre leurs ennemis et, partant, une plus grande chance de survie dans la lutte pour l'existence. Il est évident qu'il existe dans la nature une harmonie générale entre la coloration d'un animal et celle du milieu qu'il habite. Les animaux des régions polaires sont blancs ; ceux du désert rappellent les teintes de sable; une foule d'espèces se confondent par la couleur avee le vert du feuillage au sein duquel elles habitent ; les bêtes nocturnes sont de couleur sombre. Ces lois de coloration ne sont point universelles, mais pourtant assez générales et rarement renversées. Si nous allons un peu plus loin, nous rencontrons des oiseaux, des reptiles, des insectes bariolés ou tachetés de manière à imiter exactement la teinte du rocher, de l'écorce, de la feuille ou de la fleur sur lesquels ils reposent d'ordinaire, et il en résulte pour eux un mode efficace de protection. Un pa3 de plus, et voici des insectes formés et colorés de manière a ressembler exactement à une feuille déterminée, à un morceau do bois mort, à un rameau moussu, à telle ou telle fleur ; et, dans ces cas-là, nous voyons souvent apparaître certains instincts particuliers qui aident à l'illusion. Dans une autre phase de ce même phénomène, nous n'avons plus affaire a des êtres dont la coloration semble calculée pour les soustraire aux regards, mais bien à des animaux faciles à apercevoir, souvent même dotés de couleurs vives; mais ce sont des espèces mimiques, c'est-à-dire des formes qui ressemblent à un haut degré â d'autres espèces appartenant à un groupe entièrement différent au point do vue zoologique. On pourrait les considérer comme des chevaliers d'industrie qui se donnent tous les dehors de gens bien nés et respectables pour se glisser dans une société honorable. L'existence des espèces imitées peut s'expliquer de la même manière que cela des formes ressemblant à une feuille ou à un fragment d'écorce. Ces dernières, grâce a, cette ressemblance, échappent facilement aux poursuites d'ennemis carnassiers peu soucieux de la ramée, dont l'estomac ne s'accommoderait pas de fibres ligneuses. Les premières échappent aux poursuites de leurs ennemis, par suite de leur ressemblance avec une espèce dont ceux-ci n'ont pas l'habitude de faire leur proie. En effet, les recherches de M. Wallace semblent montrer que les espèces imitées jouissent d'une immunité remarquable contre les attaques d'autres animaux. On le reconnaît kleur extrême abondance, malgré leur vive coloration et l'absence de moyens actifs pour échapper a leurs ennemis. Cette immunité parait tenir à
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une odeur ou à une saveur pénétrante, qui en fait des proies plus repoussantes qu'agréables, ou bien à une dureté qui les rend indigestes. Souvent la propriété mimique est "apanage d'un seul sexe, qui est dons la règle le sexe féminin, et, dans ce cas, l'observation enseigne que la protection de ta femelle pendaut un temps considérable est bien plus nécessaire pour assurer la conservation de l'espèce que celle du mâle.
Un autre chapitre remarquable du livre de M. Wallace est celui auquel l'auteur donne le titre de Philosophie des nids d'oiseaux. Il divise les nids d'oiseaux en deux classes. a première comprend tous les nids dans lesquels les œufs et les petits sont entière* ment cachés, soit par la construction d'un toit ou d'un dôme protecteur, soit par la circonstance que le nid est logé dans un tronc d'arbre creux ou dans une cavité souterraine. Dans Ja seconde classe viennent se ranger tous les nids dans lesquels les œufs, les petits et l'oiseau couveur sont entièrement à découvert et exposés à la vue. M. Wallace croit pouvoir établir que, pour tous les oiseaux chez lesquels les deux sexes ont des couleurs vives et voyantes, le nid est de la première classe, tandis que les espèces chez lesquelles le mâle seul offre des couleurs gaies et brillantes, la femelle étant obscure ou terne, construisent des nids de la seconde classe. L'examen de ces faits, dont la réalité est incontestable aux yeux de l'auteur, suggère à ce dernier les réflexions suivantes : 11 ne parait exister chez les oiseaux aucune incapacité pour les femelles de revêtir les mêmes teintes brillantes et les vifs contrastes de couleurs qui ornent si fréquemment leurs époux, puisque, toutes les fois qu'elles sont protégées et cachées pendant l'incubation, elles se revêtent du même plumage. La conclusion à en tirer, c'est que le manque de la protection d'une bonne cachette pendant cette époque est en relation intime avec l'absence ou l'arrêt de développement de ces riches et vives couleurs. La manière dont les choses se passent devient très-inte!ligible,si l'on a recours aux procédés de la sélection naturelle et sexuelle. 11 est manifeste que les deux sexes sont rarement munis au même degré d'armes offensives et défensives quand celles-ci ne sont pas absolument nécessaires à la protection personnelle; tandis que le nombre des cas dans lesquels les deux sexes soiit également décorés dé brillantes couleurs prouve que l'action normale de la sélection naturelle tend a développer les couleurs et la beauté dans les deux sexes, en propageant et en multipliant toutes ces riches variétés' de plumage qui, dans chaque sexe, plaisent & l'autre. La femelle cependant, appelée à couver sur un nid ouvert de tous côtes, est très -exposée aux attaques de ses ennemis, et toute modification de son plumage, qui la rendrait plus apparente encore, amènerait la destruction de l'oiseau et de la couvée. Toutes les femelles dont le plumage se modifierait dans lu direction de nuances plus voyantes seraient peu à peu exterminées, tandis que celles dont le plu' mage prendrait une tendance contraire, qui s'assimilerait, par exemple, à la terre, au tronc, au feuillage, auraient une bien meilleure chance de survivre. C'est ainsi qu'on aboutit à ces teintes d'un brun sale, vertes ou ind.lTérentes qui caractérisent le plumage de la partie supérieure du corps de la grande masse des oiseaux femelles couvant sur des nids ouverts.
Nous arrivons à la dernière partie de l'ouvrage de M. Wallace, à celle ou l'auteur examine l'application, à l'origine de l'homme, de la théorie de la sélection naturelle. C'est, à nos yeux, la plus curieuse. M. Wallace, sur cette question, se sépare de Darwin et cesse d'être èvolutionniste. 11 ne lui parait pas que la sélection naturelle suffise pour expliquer la formation de l'homme. Il rappelle d'abord que la sélection naturelle repose en entier sur le principe de l'utilité immédiate. 11 suit de là qu'il est des variations qu'elle ne peut produire, des transformations qu'elle est incapable d'accomplir. Il est impossible que la sélection fasse naître des variations nuisibles en quoi que ce soit à un être quelconque. Elle ne peut pas davantage développer un organe spécial et qui pourtant serait sans usage pour son possesseur ou d'un usage de beaucoup moindre qu'on ne doit l'attendre de son développement. • De pareils faits, dit M. Wallace, prouveraient l'intervention de quelque autre loi, de quelque autre puissance que la sélection naturelle. Mais, ajoute-t-il, s'il est en outre démontré que ces modifications,-dangereuses ou inutiles au moment de leur première apparition, ont présenté plus tard la plus haute utilité et sont maintenant indispensables au développement complet de la nature intellectuelle et morale de l'homme, nous devrons conclure à une action intelligente, prévoyant et préparant l'avenir, exactement comme nous le faisons lorsque nous voyons l'éleveur se mettre à l'œuvre dans le but de produire une amélioration déterminée dans quelque plante cultivée ou quelque animal domestique. •
M. Wallace trouve dans l'espèce humaine un certain nombre de particularités et de phénomènes qui le conduisent à cette conclusion. Ainsi, le, cerveau de l'homme préhistorique, semblable à celui du sauvage actuel, diffère fort peu en volume de celui de
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l'homme civilisé. Cette égalité anatomique n'étant pas en rapport avec l'énorme différence du fonctionnement physiologique, on est fondé à croire que le cerveau de l'homme préhistorique, du sauvage, est un organe préparé d'avance pour être entièrement utilisé, à mesure que son propriétaire progressera en civilisation. tPar conséquent, dit M. Wallace, nous devons admettre que le cerveau actuellement possédé par les races humaines inférieures n'a jamais pu se développer sous la seule influence des lois de l'évolution. L'essence de ces lois est de conduire l'organisation à un degré exactement proportionné aux besoins de l'espèce ; de ne jamais aller plus loin que la satisfaction de ces besoins ; de ne pouvoir rien préparer pour le développement futur de la race ; de ne jamais accroître, soit eu grandeur, soit en complication, aucune partie du corps sans conserver la plus stricte coordination entre les formes nouvelles et les besoins pressants de l'ensemble. Le cerveau de l'homme préhislori- • que et de l'homme sauvage me semble prouver l'existence de quelque pouvoir distinct de celui qui a dirigé le développement des animaux inférieurs à travers les transformations incessantes de l'être. >
L'absense des villosités sur le corps humain, opposée à l'abondance des poils chez les mammifères terrestres, conduit M. Wallace à une conclusion analogue. Le pelage a évidemment pour résultat de protéger l'individu contre l'inclémence du climat; et la direction des poils le long de la ligne dorsale, les crinières plus ou moins développées que l'on trouve souvent dans cette région nous apprennent que la sélection a eu spécialement pour effet de garantir les auimaux contre la pluie. Rien de semblable n'existe chez l'homme. Il n'en est pas pioins évident qu'il eût été fort utile pour le sauvage d être naturellement abrité comme l'est le moindre animal. « Il est parfaitement certain, dit . M. Wallace, que la sélection naturelle ne peut avoir tiré d'un ancêtre couvert de poils le corps nu de l'homme actuel, car une modification pareille, loin d'être utile, aurait été nuisible, au moins à certains égards. • Par conséquent, un autre pouvoir que la sélection est intervenu dans la production de cet homme pour le rendre tel que nous le connaissons.
Quelques autres particularités de l'organisme humain , sans avoir aux yeux da M. Wallace une importance comparable à celle des précédentes, lui paraissent encore" peu compatibles avec toute explication de nos origines par la sélection naturelle seule. Il cite comme exemple la structure anatomique du pied, de la main, du larynx.
L'étude de l'esprit témoigne également, et avec plus de force encore que celle du corps humain, de l'insuffisance de la doctrine èvolutionniste. On peut, il est vrai, dit M. Wallace, expliquer la naissance et le développement des idées de bienveillance et de sociabilité par les avantages qui en résultent pour la tribu ; mais les facultés essentiellement individuelles et sans utilité immédiate pour autrui, par exemple celles qui nous donnent le sentiment artistique, les conceptions idéales d'espace et de temps, d'éternité et d'infini, les notions abstraites de nombre et de figure géométrique ne sauraient avoir leur origine dans la sélection, • Comment la lutte pour l'existence et la victoire des mieux adaptés auraient-elles pu venir en aide au développement de facultés mentales, si fort étrangères aux nécessités de la vie sauvage, et qui, même aujourd'hui, semblent être en avance de notre époque et répondre bien plus à l'avenir de la race qu'à son état présent? • M. Wallace insiste d'une manière toute spéciale sur l'impossibilité d'expliquer le développement du sens moral chez le sauvage par des considérations tirées de l'utilité soit individuelle, soit collective. Il cite des faits d'où il résulte que ce sentiment, dans ce qu'il a de plus délicat et de plus opposé aux notions utilitaires, existe chez les tribus barbares de l'Inde centrale, telles que les Kuruburs et les Santals. « La conséquence que je tirerais de cet ordre de phénomènes, conclut M. Wallace, est qu'une intel- . ligence supérieure a dirigé le développement de l'homme dans une direction arrêtée et dans des voies spéciales, exactement comme l'homme dirige le développement d'un grand nombre de formes animales et végétales. Les lois de l'évolution seule n'auraient peut-être jamais produit un grain adapté aux usages de l'homme aussi bien que le froment et le mais; des fruits comparables à la banane sans graines et au fruit de l'arbre à pain, pas plus que des animaux tels que la vache laitière de Gueinesey ou b cheval charretier de Londres... Nous savons que, daus les cas de cette nature, une intelligence a contrôlé et dirigé les lois de variation, de multiplication et de survie, en vue du but qu'elle voulait atteindre. Par conséquent, si nous ne sommes pas l'intelligence ht plus élevée de l'univers, on peut admettre qu'une intelligence plus haute que nous a dû diriger la marche du développement de la race humaine , au moyen d'actions qui nous ont échappé. »
Outre ses Essais sur la sélection naturelle, M. Wallace a publié les ouvrages suivants ; Voyagessur l'Amazone et le rio Negro (IS53); les Palmiers de l'Amazone et leurs usages
(1853); l'Archipel malais (1869) : cet ouvrage, qui a mérité une des médailles d'or de la Société de géographie de Paris, résume les recherches et les travaux accomplis par l'auteur pendant un séjour de huit années, de 1854 à 1868; la Distribution géographique des animaux (1876).
WALLACK. (James-Williams) , auteur anglais, né en 1792, mort à New-York, à latin de l'année 1564. Il charma le public de Princess' Théâtre, à Londres, par son jeu souple, élégant, remarquable à une époque où Edmuud Kean et Elliston étaient dans tout l'éclat de leur talent et de leur renommée. Doué d'une belle figure et d'une voix charmante, il jouit pendant longtemps, chez nos voisins, d'une grande célébrité. De 1830 à l'incendie de 1869, il joua au National Théâtre de New-York. Londres le revit jusqu'en 1851 à Princess' Théâtre. A cette époque, il retourna en Amérique et fit construire à New- York une salle de spectacle à laquelle il donna son nom et qu'il dirigea jusqu'au moment où l'âge le contraignit de quitter la scène , c'est-àdire jusqu'en 1861. Son fils, comédien distingué lui-même, continua alors l'exploitation de Wullack's Théâtre. Au nombre des meilleurs rôles de cet artiste fameux, les critiques ont cité ceux de Masseroni, du Brigand; As Mercutio, dans Roméo et Juliette; de Petruchio, dans The Taming ofthe'Shrew, don César de Bazan, etc.
Walladmor, roman de Hsering, paru en Allemagne comme une traduction de W. Scott (1833,2 vol. in-8°). Beaucoup de pastiches du célèbre romancier anglais ont été tentés, mais aucun n'a trompé le public comme Walladmor, que les Anglais eux-mêmes firent figurer dans la collection des œuvres de Walter Scott. La manière pittoresque et animée avec laquelle sont représentées les scènes dramatiques de ce récit, les personnages qui y jouent un rôle , leur physionomie et les lieux où se passe l'histoire, leur description brillante, tout semble si bien un reflet de l'auteur des Puritains d'Ecosse que l'illusion est presque complète. Le sujet rentre tout à fait dans tes combinaisons ordinaires de Walter Scott. Le sire de Walladmor a dû faire périr un contrebandier, le fils de Gillie Godber , et depuis ce temps il est torturé de remords pour cet acte de sévérité, d'autant plus que la vengeance de Gillie l'a frappé dans ses plus chères affections. Les deux enfants de sa fille ont été volés par la mère de Gillie, qui reste impénétrable sur leur destinée, vivunt seule, comme ces sorcières évoquées par Walter Scott, sur un rocher battu par les tempêtes. 11 n'est bruit dans le pays, vingt-cinq ans après cet enlèvement, que des prouesses de Nicolas, un chef de contrebandiers daus le genre de Fia Diavolo, la providence des pauvres, la terreur des oppresseurs. Nicolas sait que sa tête est mise u prix , mais il aime miss Walludmor, il en est aimé, et risque sa vie pour demeurer dans le voisinage du château. Le hasard lui a fait rencontrer un enfant abandonné comme lui, Bertram, pour lequel il s'est pris d'une vive affection. Poursuivi par les soldats, il leur échappe toujours; mais Bertram, qui lui ressemble, est pris pour lui et arrêté. Nicolas vient le délivrer, puis, dégoûté de la vie, qui ne lui offre aucun plaisir puisqu'il n'a aucun espoir de s'unir à celle qu'il aime, il se remet entre les mains du sire de Walladmor. Le tribunal le condamne à mort, et alors on voit arriver au château la vieille Gillie, qui vient compléter sa vengeance. Nicolas et Beriram sunt les deux enfants qui ont été enlevés à sir Walladmor. Mais elle a parlé trop tôt; Nicolas s'échappe et va se faire tuer en Amérique au champ d'honneur, après avoir vu tomber miss Walladmor sous une balle qui lui était destinée. Bertram héritera des biens de la famille, et Walladmor pourra mourir en paix; il laisse un rejeton digne de lui.
L'intérêt de ce roman apocryphe se concentre sur Nicolas, qui a quelque ressemblance avec Rob Roy, et sur Gillie, cet être fantastique, qui semble extrait d'une vieille légende écossaise. Les personnages accessoires du roman sont néanmoins assez vigoureusement dessinés, et leurs mœurs sont conformes à celles que Walter Scott donne à ses héros écossais. Le style est également bien imité ; à peine deux ou trois passages trahissent-ils 1 origine germanique.
WALLDURN, ville du grand -duché de Bade, cercle du bas Rhin, chef-lieu du bailliage de son nom, dans I'Odenwald ; 3,000 hab. Eglise de pèlerinage. Beau château.
WALLENBOUKG (Jacques de), orientaliste allemand, né à Vienne en 1763, mort en 1806. Sorti à dix-neuf ans de l'Académie orientale de sa ville natale, il fut envoyé, comme élève interprète, à Constantinople, séjourna pen* dant vingt ans en Turquie et en Perse et y acquit une connaissance approfondie des langues orientales. 11 possédait, en outre, presque toutes celles de l'Europe. A l'époque de la guerre contre les Turcs (1787), il fut rappelé par Joseph II , servit d'interprète lors du congrès de Sistow et reçut le litre de conseiller aulique. Il prit ensuite une part importante à la se édition du Dictionnaire de Meniski et entreprit différentes traductions , dont les manuscrits furent anéantis dans l'incendie qui dévora Péra en 1799.
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WALLENBUBCH ou WALENBORCH (Adrien et Pierre de), nom de deux frères hollandais, aussi célèbres par leurs talents que par l'amitié qui les unit jusqu'à la fin et qui ne permet pas de séparer l'histoire de l'un de celle de l'autre. Ils étaient nés à Rotterdam vers le commencement du xvtie siècle et moururent le premier en 1669 , et le second en 1075. Après avoir fait leurs études dans leur ville natale, ils se tendirent en France, où ils se firent recevoir docteurs i» utroque jure, et, de retour dans leur patrie, s'y adonnèrent à l'étude de la théolugie, science dans laquelle ils acquirent rapidement une grande réputation. Ils jouèrent un rôle important dans les controverses religieuses de leur temps, et tandis qu'Adrien devenait chanoine de Cologne, puis évêque d'Andrinople in partibus, son frère obtenait les titres de chanoine de Mayence et d'évêque de Mysie. Les œuvres complètes des deux frères ont été réunies en 2 volumes in-fol. (Cologne, 1669- 1671), dont le premier porte le titre de Tractutus générales de controversiis ftdei , et le Second celui de Tractalus spéciales de controversiis fidei. La plupart des traités qui se trouvent dans ce recueil ont été écrits en commun par les deux frères, et il serait impossible d'assigner k chacun d'eux la part qui lui revient dans ces travaux.
WALLENCUONA (Pierre), publiciste et philanthrope suédois, né eu 1757, mort en 1832. Possesseur d'une fortune considérable, il la consacra à faire le bien, fonda onze caisses d'épargne , trois écoles et deux asites pour l'enfance et agrandit plusieurs hôpitaux. Il fil, en outre, paraître pendant trente-deux ans, -à Carlstadt, une Gazette d'économie rurale et domestique, dans laquelle il s'attacha à vulgariser les connaissances les plus utiles dans la pratique de la vie ordinaire. Wallencrona était grand maître de l'ordre des francs-maçons de Suède.
WALLENDORF, bourg de l'empire d'Autriche, comitat de Zips, sur le Hernad ; 3,600 hab. Riches mines de fer et de cuivre; fonderie de cuivre.
WALLÉNIE s. f. (oual-lé-ul — de Wallen, sav. angl.). Bot. Genre d'arbres, de la famille des myrsinées , tribu des ardisiées, comprenant des espèces qui croissent dans l'Amérique tropicale.
WALLEMtOD (Conrad), grand maître de l'ordre Teutonique,mort en 1394. L'existence de ce personuage abonde en péripéties dramatiques. Quoiqu'il passât pour un des membres de la célèbre famille allemande de Wallenrod, il n'en était pas issu en ligne directe ; la chronique de Iiœnigsbeig le dit fils d'un prêtre, et par conséquent' enfant naturel. D'autres écrivaius supposent qu'il était Lithuanien et qu'il n'entra dans l'ordre que pour venger plus sûrement son pays des persécutions essuyées. La même contradiction existe au sujet du caractère de Conrad. D'uu côté, on le représente comme un homme orgueilleux, cruel, adonné à l'ivrognerie, plein de dureté pour ses subordonnes, montrant peu de zèle pour la fui, et même de la haine euvers les ecclésiastiques. De 1 autre, des auteurs contemporains lui donnent en partage la grandeur d'âme , la valeur, la noblesse et la force de caractère.
Lorsqu'il fut élu grand maître, après la mort de Conrad Zoilner (1390), il se présentait pour lui une belle occasion de débuter avec éclat, c'était de déclarer la guerre à la Liihuaiiie. Witold, le frère de Jagellon, promettait de conduire lui-même les chevaliers UVilna et de bien payer leur alliance. Conrad différa pourtant les hostilités et alla jusqu'à offenser sensiblement Witold, eu qui il mit ensuite une confiance si imprudente, qu'elle valut de grands désastres à l'ordre. Witold, réconcilié secrètement avec Jagellon, uonseuteinent abandonna Conrad, mais, profitant de ses précédentes relations avec lui, entra comme ami dans les châteaux appartenant aux chevaliers et eu massacra les garnisons. Ces événements excitèrent de toutes parts de violents murmures, et Gonrad sentit que, pour les apaiser, il fallait prendre une forte détermination. Il annonça donc une cio.sade en Lithuunie ; mais, en cette circonstance comme précédemment , sa conduite offrit des contradictions frappantes. Il dissipa en longs préparatifs tes trésors de l'ordre, 5 millions de marcs, ou environ 1 million de florins de Hongrie , somme énorme pour l'époque ; s'amusa en route à donner des fêtes et à attendre des secours qui ne parurent pas. La mauvaise saison arriva, et Conrad, abandonnant le camp teutonique où sévissait la famine, se retira précipitaiumentenPrusse, portant ainsi un dernier coup à la puissance de l'ordre. Nui chroniqueur ou historien n'a pu expliquer d'une façon plausible les motifs de cette espèce de fuite , et l'on doit en revenir à la première supposition, c'est-àdire que Conrad Wallenrod était Lithuanien et s'était étudié de longue main à venger, sur les ennemis acharnes de son pays natal, les malheurs dont il avait été témoin presque eu naissant.
Conrad mourut fou en 1394. Il avait pour inséparable compagnon un certain Conrad Halban, autrement dit le docteur Leander von Albanus, qui passait, quoique moine et affectant les dehors de la piété, pour païen et sorcier. On ignore où et comment il mou-
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rut. Les vieux chroniqueurs ne s'accordent pas à cet égard ; les uns disent qu'il se noya, les autres que le diable l'emporta. (Kotzebue, Histoire de Pruise.)
Un des plus grands poètes modernes de la Pologne, Adam Mickiewicz, a retracé les principales circonstances de la vie de Conrad Waltenrod, dont il a ennobli la fin. Il fait dire à son héros prisonnier : « ...Regardez tant de millions d'hommes perdus, vos villes en cendres, vos terres en feu. Entendez-vous les vents? ils poussent des orages de neige ; là meurent de froid les débris de vos armées. Entendez- vous les hurlements des chiens affamés? ils dévorent et se disputent les restes de ce repas. C'est moi qui l'ai faitl Ohl je suis grand et fier 1 Tant de tètes de l'hydre coupées k la fois I II dit, jette un regard à travers les barreaux et tombe inanimé 1 ■ (Adam Mickiewiez , Conrad Waltenrod.)
WAtLENSTADT, ville de Suisse, canton de Saint-Gall, a 45 kilom. N.-O. de Coire, sur la rive orientale du lac de son nom et le chemin de fer de Zurich à Coire; 2,000 hab.
WALLENSTADT (lac de), petit lac de Suisse. Sa partie orientale se trouve dans le canton de Saint-Gall, et sa partie occidentale forme la limite de ce canton et de celui de Glaris. La forme de ce lac, qui s'étend de l'E. à l'O., est assez régulière , et sa largeur du N. au S. presque partout la même (2 kilom.); mais sa longueur de l'E. k l'O. est de 15 kilom. 500. Sa hauteur, au-dessus du niveau de la mer, est de 500 mètres, et sa profondeur de 150 mètres. La Seez , qui s'y jette à Wallenstadt, et la Linth sont les plus considérables des rivières dont il reçoit les eaux. Au S. et au N. de ce lac s'élèvent de hautes montagnes qui protègent le pays contre les vents froids, et dont les rochers, souvent coupés k pic et empêchant d'aborder, s'enfoncent verticalement dans les eaux du lac et produisent un effet pittoresque. Pour compléter le tableau, eus rochers sont entrecoupés de tapis d'une riche verdure, où l'on aperçoit des hameaux et quantité d'habitations éparses.
WALLENSTEIN ou WALDSTEIN ( Albert- Weneeslas- Eusèbe du), l'un des plus fameux généraux de la guerre de Trento ans, né en Bohême , en 1583, d'une famille ancienne et peut-être d'origine allemande. Il fut, pendant quelque temps, page du margrave de Burgau , abjura le protestantisme, bien plus par intérêt que par conviction , voyagea dans la plupart des contrées de l'Europe, fit un riche mariage à, son retour et devint veuf au bout de quatre ans. L'archiduc Ferdinand, qu'il avait servi dans une guerre contre les Vénitiens en lui amenant 300 cavaliers levés à ses frais, le nomma, k la fin de la campagne, colonel des milices de Moravie. Il ne put comprimer l'insurrection de ce pays; mais les sommes qu'il en rapporta lui servirent à lever d'autres troupes, qu'il mit au service de l'empereur. Envoyé eu Bohème au commencement de la guerre de Trente ans (1618), puis une seconde fois en Moravie (1C21), il combattit ses anciens coreligionnaires, augmenta sa fortune par des confiscations immenses et se justifia des accusations portées contre lui à la manière de Jugurtha, c'est-à-dire en corrompant les personnages les plus considérables de ta cour impériale. Kn 1625, au moment où l'empereur, qui se considérait comme le chef naturel de la ligue catholique en Allemagne, était épuise d'hommes et d'argent et voyait décroître la prépondérance de l'Autriche , qui n'avait encore fourni que quelques corps d'armée insignifiants, Wallensteiu offrit de lever et d'entretenir une année k ses frais, à la condition qu'on lui permit de la porter à 50,000 hommes. Il fit en effet des enrôlements en Bohème , vint s'emparer du cours de l'Elbe et agir de concert avec Tilly, sans se mettre toutefois sous son commandement, repoussa victorieusement, au pont de Dessau, le3 attaques de Mansfeld (1C26) , qu'il poursuivit jusqu'en Hongrie ; il combattit encore dans ce pays Betblen Gabor et ses allies les Turcs, mais ne se maintint que difficilement et ne fut sauvé d'une ruine complète que par les discordes de ses ennemis. Gabor fit sa paix avec l'empereur ; Mansfeld, abandonné, essaya de s'enfuir vers l'Italie, et Wulleustein effectua sa retruite avec les débris d'une armée réduite au quart par les désertions et les maladies. Il recruta cependant de nouvelles troupes , traversa le Brandebourg, s'empara de tout le pays entre la Baltique, l'Elbe et le Weser et pénétra jusque dans le Holstein et le Slesvig. Avant cette époque même, il avait été nommé par l'empereur duc de Friedland , de Meeklembourg, prince du saint-empire, généralissime de la liotte de l'Océan et de la mer Baltique, etc. Lui-même commença, dès lors, à prendre le titre d'altesse et l'autorité d'un dictateur sur les princes et les peuples du nord de l'Allemagne. Bavait augmenté son armée jusqu'au chiffre énorme de 100,000 hommes ; cette armée lui appartenait eu propre, et il faisait en réalité la guerre pour son compte, tout en n'étant en apparence que le lieutenant de l'empereur, dont il dédaignait le plus souvent les ordres. Exécutant sur une vaste échelle ce qu'avaient fait les anciens condottieri, il ouvrit un immense marché d'hommes qui faillit absorber tout ce qu'il y avait en
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Europe de gens de guerre et d'aventuriers de toutes les nations et de toutes les religions. Son secret pour les attirer à lui et les maintenir sous son autorité était de leur livrer le peuple, biens et vies, âme et corps, hommes, femmes et enfants. Cette prime effroyable devait nécessairement lui attirer tous les soldats de la terre. Il établit partout le règne du soldat, ou plutôt du brigand. Le sac des villes, les pillages et les massacres qui suivent l'assaut, la dévastation de contrées entières, renouvelés tous les jours sur des villes ouvertes, sur des villages, sur des pays sans défense, sans distinction d'amis ou d'ennemis, de protestants ou de catholiques, telles étaient les horreurs qui signalaient sa marche et ses opérations. Toute l'Allemagne du Nord fut ravagée; les paysans qui échappaient aux tueries mouraient de faim sur les ruines de leurs chaumières incendiées; d'autres, cela est attesté par tous les historiens de celte guerre barbare, se nourrissaient de chair humaine. L'homme qui présidait h toutes ces abominations, et que certaines légendes, beaucoup plus littéraires qu'historiques, voudraient faire passer pour un grand général, n'était qu'un heureux spéculateur qui avait judicieusement calculé qu'en centralisant autour de lui la presque totalité des mercenaires de l'Europe il ferait la guerre à coup sûr, n'ayant plus à combattre que des populations désarmées. Il était, au reste, inaccessible à la pitié, n'avait d'autre dieu que l'argent, d'autre foi que les superstitions de l'astrologie, d'autre but que d'acquérir de la puissance, des richesses, une souveraineté indépendante, peut-être même la couronne de Bohême. Ferdinand, cependant, cédant aux cris d'horreur qui s'élevaient de tous côtés contre ce bourreau, ou plutôt aux injonctions des puissances, des princes allemands et de la diète de Ratisbonne (1630), osa ordonner la destitution d'un homme dont la puissance était formidable et les prétentions indépendantes à peine dissimulées, et qui était de plus à la tête d'une armée de 100,000 hommes qui no trouvaient que dans sa sûreté l'impunité de leurs crimes. Wallensteiu affecta pourtant l'obéissance et la résignation. Il rentra dans la vie privée et vécut désormais dans ses immenses domaines de Bohême et de Moravie ou dans son palais de Prague , déployant un luxe asiatique qui surpassait celui de la plupart des souverains. Cependant, les victoires de Gustave-Adolphe en Allemagne le firent rappeler par Ferdinand. Il se laissa longtemps supplier et ne consentit k reformer* ses bandes et k prendre de nouveau le commandement qu'aux conditions d'être généralissime, de disposer de tous les grades , de gouverner exclusivement, les pays conquis, de conserver le produit des confiscations, d'avoir seul le droit d'amnistie, d'être confirmé dans tous ses titres, etc. De plus, l'empereur ni son fils ne pourraient paraître à l'armée sans son autorisation. En peu de temps/il rassembla une armée immense et, après quelques opérations en Bohème, se dirigea sur Nuremberg, où il fut suivi par Gustave-Adolphe, qui parcourait la Bavière en triomphateur. Les deux armées restèrent pendant trois mois en présence.Wallenstein, quoiqu'il eût des forces supérieures, craignait de se mesurer avec le héros suédois et refusa obstinément le combat. Attaqué dans ses formidables retranchements, il résista pendant dix heures et ne put être forcé. A Luizen (1632), il perdit la bataille, malgré la mort de Gustave au milieu de l'action , se retira ensuite en Silésie, où il ouvrit des négociations secrètes avec ia Suède, la Saxe , le Brandebourg et même la France, dans le but secret de s'assurer la couronne de Bohême. Les victoires de Bernard do Saxe-Wejmar, le danger de Maximilien de Bavière, les injonctions réitérées de l'empereur ne purent le tirer de son inaction, interrompue quelque temps après par des succès peu importants en Silésie (1633). Ii rentra ensuite en Bohême, pays déjà épuisé et qu'il écrasa do contributions énormes, continuant à désobéir aux ordres de la cour de Vienne. Lassé à la fin d'une longue dissimulation , il s'ouvrit k Piccolomini it'un plan de défection qu'il avait inédite, réunit tous ses généraux et les lia par écrit k la défense de sa cause personnelle; L'empereur, instruit par Piccoloinini, mit Walleustein au ban de l'empire et le fit assassiner à Egra (1634). Ainsi se termina la destinée extraordinaire de cet homme encore si puissant la veille, qui rêvait et qui eût accompli peut-être la' chuta du trône impérial, s'il n eût lui-même brisé l'édifice de sa fortune par une précipitation fiévreuse. Sa trahison , longtemps contestée , est aujourd'hui hors de doute. Ce personnage est traité avec beaucoup trop de faveur par Schiller (Guerre de Trente ans) , qui ne craint pas de le comparer k Gustave-Adolphe. La trilogie de Wallenstein , du même poëte, appartient plus à la poésie qu'à l'histoire.
■ Albert Wallenstein , dit Sarrazin, eut l'esprit grand et hardi, mais inquiet, ennemi du repos, le corps vigoureux et haut, le visage plus majestueux qu'agréable. Il fut naturellement fort sobre , ne dormant quasi point, travaillant toujours, supportant aisément le froid et la faim , fuyant les délices et surmontant les incommodités de la goutte et de l'âge par la tempérance et par 1 exercice; parlant peu, pensant beaucoup, écri-
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vaut lui-même toutes ses affaires ; vaillant et . judicieux h. la guerre, admirable k lever et a faire subsister les armées, sévère à punir les soldats, prodigue à les récompenser, pourtant avec choix et dessein; toujours ferme contre le malheur, citil dans le besoin ; d'ailleurs orgueilleux et fier, ambitieux sans mesure, envieux de la gloire d'autrui, jaloux de la sienne ; implacable dans la haine, cruel dans la vengeance, prompt dans la colère; ami de la magnificence, de l'ostentation et de la nouveauté ; extravagant en apparence , mais ne faisant rien sans dessein et ne manquant jamais de prétexte du bien public, quoiqu'il rapportât tout h l'accroissement de sa fortune; méprisant la religion, qu'il faisait servir k la politique; artificieux au possible, et affectant de paraître désintéressé ; au reste, très-eurieux et très-clairvoyant dans les desseins des autres, très-avisé k conduire les siens, surtout adroit k les Vacher, et d'autant plus impénétrable qu'il affectait en public la candeur et la liberté et blâmait en autrui la dissimulation dont il se servait en toutes choses. Cet homme, ayant étudié soigneusement ta conduite et les maximes de ceux qui, d'une condition privée, étaient arrivés à la souveraineté, n'eut jamais que des pensées vastes et des espérances trop élevées, méprisant ceux qui se contentaient de la médiocrité. En quelque état que la fortune l'eût rais, il songea toujours k s accroître davantage; enfin, étant venu k un tel point de grandeur qu'il n'y avait que les couronnes au-dessus de lui, il eut le courage de songer k usurper celle de Bohême sur l'empereur ; et, quoiqu'il sût que ce dessein était plein de péril et de perfidie, il méprisa le péril , qu'il avait surmonté, et crut toutes les actions honnêtes, outre le soin de se conserver, en les faisant pour régner »
Wniicnsicin, trilogie dramatique de Schiller; rep'résentée sur le théâtre de Weimar le 12 octobre 1798. Schiller conçut l'idée de cette trilogie eu écrivant son histoire de la guerre de Trente ans., et, comme il était plutôt poëte dramatique qu'historien, il se livra à bien plus de recherches et parvint à force d'érudition k rendre sa tragédie plus historique que son récit. Dès l'abord, il avait songé k écrire son Wallenstein en prose, car il voulait le faire en vue du théâtre, où l'on avait perdu l'habitude des vers. Cependant, il se décida à employer l'ïambe et Gœthe lui écrivit lui-même k ce sujet : « Toutes les œuvres dramatiques devraient être en vers, et alors • seulement on verrait qui est capable de faire quelque chose; mais maintenant il ne reste au poëte qui veut être joué qu'à s'accommoder aux exigences du théâtre, et, en ce sens, on ne pouvait vous en vouloir de votre intention d'écrire Wallenstein en prose. Toute- . fois , si vous le considérez en lui-même et comme une œuvre indépendante, il faut nécessairement qu'il soit en vers. »
Mme de StaSl, avec raison, a dit que WaJlenstein était la tragédie la plus nationale qui ait été représentée sur le théâtre allemand. Leasing, en blâmant le goût français et en se ralliant k Diderot-dans la manière de concevoir l'art dramatique, avait banni la poésie du théâtre. Schiller, dans le prologue de sa trilogie, exposa toute une nouvelle théorie : ■ Lorsque l'intérêt, disait-il, ne consiste pas dans mie situation seulement; quand il embrasse la vie humaine, quand la représentation doit nous rendre le charme des récits, •ilors les caractères se développent non plus relativement k une seule situation, mais relativement k l'ensemble. L'unité dramatique prend plus de largeur, et l'auteur doit, comme la destinée, unir les fils de l'action qu'il nous fait voir, et, comme l'historien, présenter les événements partant des causes et arrivant aux effets. C'est 1k ce qui constitue tout le génie de Shakspeare . > C'est ainsi que Schiller voulut que la tragédie ne fût pas indigne des hautes destinées du temps où il vivait. Wallenstein, pourtant, sous un point da vue, a peu de rapports avec les tragédies de Shakspeare. Ce n'estpasl'auteur anglais qui aurait été embarrassé de faire tenir eu un seul cadre l'action qui semblait trop multiple et trop longue k Schiller pour ne former que le nœud d'une seule pièce. Le poète allemand se lira d'affaire en composant trois pièces ; le Çuuip de Wallenstein, les Piccoloinini, la Mari de Wallenstein.
La première, le Camp de Wallenstein, n'est, k vrai dire, qu'une introduction, le péristyle de ce magnifiiiuo palais que le génie du poète va construire. 11 n'y a lk ni action ni dénomment; mais c'est le tableau le plus exact, le plus animé de la vie et du caractère du soldat au X.VHO siècle. Seize années de guerre ont réuni sous un même drapeau les 'nationalités les plus diverses. Ce n est pas une idée qui les guide, c'est la foi dans uu homme qui les retient ensemble ; ce n'est pas la défense d'une cause commune qui les anime, c'est l'attrait d'une vie indépendante, aventureuse, l'espoir du gain et du butin. Schiller a admirablement peint ces scènes d'une soldatesque qui n'a d'autre loi que la discipline et d'autre morale qu'un dévouement aveugle pour son chef. Rien n'est plus original que l'arrivée d'un capucin au milieu de la bande tumultueuse îles soldats; il veut prêcher la modération et la justice dans un langage plein de quolibets et de calembours, entremêlés de citations latines ; mais il échoue dans sa tenta-
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tive et manque même de se faire maltraiter, parce qu'il ose s'attaquer à "Wallenstein, que les catholiques soupçonnaient déjà d'être en négociations avec Gustave-Adolphe, le défenseur du protestantisme. On croit que le sermon du capucin n'est pas de Schiller; il lui fut envoyé par Goethe qui, lui-même, n'avait eu que la peine de le prendre dans les œuvres d'Abraham Santa-Olara, un moine populaire a l'époque de la guerre de Trente ans. Schiller se borna à versifier cette harangue. Le Camp de Wallenstein est écrit en vers rimes dans le mètre que Haas Sachs avait adopté pour ses comédies.
La seconde partie, les Piccoloinini, n'a pas non plus de dénoûment. Elle montre les causes politiques qui préparèrent les dissensions entre les chefs et amenèrent la défection de Wallenstein. Ce général combattait au nom de l'Autriche contre les nations qui voulaient introduire en Allemagne la Réformation ; mais, séduit par la perspective de se créer à lui-même un pouvoir indépendant en obtenant des Suédois la couronne de Bohême, il cherche k substituer son autorité personnelle k celle de l'empereur qu'il représente. Toute l'action du drame est donc une lutte entre'la fidélité et l'ambition. Parmi les officiers supérieurs qui entourent Wallenstein et que la jalousie plutôt que le sentiment du devoir pousse à contrarier ses desseins, se placent au premier rang lesHeux Piccoloinini, le père et le fils, l'un espion placé auprès de Wallenstein et son successeur déjk secrètement désigné; l'autre, Max Piccolomini, amoureux de la fille du général, refusant de croire k la trahison de l'homme qui a été son bienfaiteur et d'entrer dans les voies tortueuses de son père, auquel il exprime son indignation sur le rôle odieux qu'il lui voit jouer dans uno fort belle scène qui clôt cette seconde partie. Rien n'est plus intéressant que le contraste des deux caractères de Max et de Thécla, fille de Wallenstein, que toutes ces physionomies de traîtres ou d'ambitieux qui les entourent. Cette seconde partie contient l'exposition de l'action dans toute son étendue. Schiller peint dans tous ses détails le théâtre sur lequel les événements tragiques vont se dénouer. Lk encore il fait preuve de cette grande connaissance du cœur qu'il avait. Les intérêts personnels des généraux sont enjeu; l'ambition, le goût du danger, un mélange de bravoure et d'orgueil,' avec une faiblesse et une pauvreté de caractère, résultats du manque d'instruction, de l'habitude de l'obéissance passive et du respect pour le succès, voilà à grands traits le tableau qu'il nous pré- Sente. La patrie et l'honneur national n'ont aucune prise sur ces hommes.
Après ces deux avant-propos, alors que l'on connaît tous les personnages, qu'on a pu voir se développer leurs caractères, on arrive, dans la Mort de Wallenstein, k l'action principale. L'intérêt est allé en croissant ; ou s'est familiarisé avec le héros et son entourage, et l'on attend avec anxiété le dénoûment.
Wallenstein, trop engagé dans sa trahison pour revenir sur ses pas et rentrer dans lu devoir, passe avec une partie 'de son armée dans les rangs des Suédois. C'est en vain qno le superstitieux général a consulté les astres et que son astrologue, Seni, lui a conseillé une fuite déshonorante; trahi par ses nouveaux alliés les Suédois, abandonné par ses compagnons d'armes, il est assassiné dans son palais, sur un ordre de l'empereur, transmis par Ottavio Piccolomini, et dont Butler, ennemi privé de Wallenstein, précipite l'exécution pour ne pas laisser a Wallenstein le temps d'un recours en grâce auprès du souverain. Max Piccolomini, désespéré de la trahison de son père et de la révolte du duc, cherche et trouve bientôt uno mort glorieuse dan3 un engagement contre les Suédois, et sa fiancée prend le voile dans un couvent où l'on a placé le tombeau de son amant.
Au-dessus de l'action plane le personnage principal, Wallenstein, tour k tour astucieux, généreux, calculateur et superstitieux, prétendant régler toutes choses et devenu le jouet du hasard. Au reste, Schiller connaissait parfaitement le personnage historique dont il a fait son héros : « Le Wallenstein do l'histoire, dit-il dans une lettre datée de 1799, ne fut pas grand ; le Wallenstein poétique n'a jamais dû l'être. Dans l'histoire, il avait les présomptions en sa faveur; on le pouvait croire un grand général, parce qu'il était heureux, puissant et hardi ; mais il était plutôt l'idole de la soldatesque envers qui il se montrait magnifique et royalement libéral, et qu'il maintenait, aux dépens de tout le monde, en grand honneur. Mais, dans sa conduite, il fut flottant et indécis; dans ses plans, fantastique et excentrique, et dans la dernière action de sa vie, dans sa conjuration contre l'empereur, faible, incertain et même malhabile. • Le caractère de Max Piccolomini est également très-intéressant et l'intérêt qu'il répand sur la pièce risque même d'en altérer l'unité. La scène où il parait pour la dernière fois est une des, plus belles qu'il y ait au théâtre, t Cet ensemble des trois pièces de théâtre qui fo'rmeut le poème de Wallenstein, dit M. de Baranle, a un intérêt progressif d'un tout autre genre que nos tragédies, mais qui a aussi son charme et son pouvoir. On eroit voir se dérouler peu k peu devant soi des événements naturels dont on reconnaît les causes, dont on prévoit les résultats. Le propre du talent dramatique, c'est de créer des pei-
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sonnages,de les rendre vivants, de faire qu'ils deviennent delà connaissance du spectateur; et quel poète a eu plus ce talent que Schiller! Il n'est pas dans ce drame un rôle, grand ou petit, qui n'ait le cachet de la vie et qu'on ne voie parler ou agir comme un être réel dont on gardera toujours le souvenir. Malgré cette teinte historique, une sorte de fatalité préside, comme une constellation funeste, k ta succession des événements et répand dans l'âme, dès l'abord, cette tristesse de pressentiment, condition essentielle de la tragédie. Ce n'est pas la fatalité de la tragédie grecque, imposée par ia volonté des dieux ; ce n'est pas la fatalité de Racine, fondée sur le trouble des passions et la faiblesse de la volonté ; Schiller a voulu laisser ie libre arbitre de l'homme dans toute sa plénitude, et il s'en faisait même un scrupule de morale ; mais de l'ensemble et du cours des circonstances, de la connaissance des caractères, résulte une sombre prévoyance de l'événement C'est enfin une
belle idée et qui était bien de l'urne de Schiller que de ne nous montrer d'autre punition de la trahison d'Ottavio que la récompense qu'ij en reçoit. Lorsque cet homme, après avoir trompé son aroij après avoir préparé sa perte, reçoit près de son corps sanglant la lettre où l'einpecpur lui donne le titre de prince, rien que ces mots : « Au prince Pio- » colomini, • sont une vengeance hautaine de la vertu et de la probité.»»
■WaiiBB»ieiij,tragédieeiicinq actes, en vers, par Benjamin Constant (1809). Cette pièce, qui n'est qu'un arrangement de la grande trilogie de Schiller, est précédée de quelques réflexions sur le théâtre allemand. Réfugié k- Weimar (1803), B. Constant s'y était lié avec Schiller, dont il résolut de traduire I l'importante création de Wallenstein. Cette traduction, ou plutôt cette imitation estimable et consciencieuse, laissa à désirer sous le rapport de la couleur et de l'éclat poétique. Le discours préliminaire a paru bien supérieur. Les littératures, comme les langues et les peuples, ont leurs divers génies qu'il ne faut ni méconnaître ni violenter. Benjamin Constant l'a un peu oublié. Quant k la pièce, celle de Schiller est trop connue pour qu'il soit nécessaire de la rappeler.
■ Le mobile de la guerre de Trente ans, dit Benjamin Constant, fut pour les peuples le besoin d'acquérir la liberté religieuse, pour les princes le désir de conserver leur indépendance politique. La paix de 1648 satisfit tout le monde; elle assura aux protestants le libre exei eice de leur culte et uux petits souverains la jouissance et même l'accroissement de leurs droits. Aussi n'est-il pas étonnant que, par sa durée et l'importance de ses résultats, elle ait tant occupé l'histoire et la littérature. < Avec la paix, l'esprit militaire s'affaiblit; on ne voit plus de condottieri tels que Mansfeld, Christian de Brunswick, Bernard de Weimar et, le plus célèbre de tous, Wallenstein, duc de Friediand. Wallenstein sert l'Autriche, mais avec une armée levée, payée et entretenue par lui. Il perçoit des contributions' et négocie comme un potentat, du milieu de son camp, avec les monarques sur leur troue. S'il échoue k le devenir luimême, c'est par un mélange singulier d'audace, de superstition et d incertitude. L'originalité de ce personnage avait séduit Schiller, qui, à son époque, lui aurait vainement cherché un pendant, car, « l'originalité résultant de l'indépendance, à mesure que l'autorité se concentre, les individus s'effacent. » Il s'efforça donc de retracer les derniers efforts de l'esprit militaire et cette vie indépendante et presque sauvage des camps, à laquelle les progrès de la civilisation ont fait succéder, dans l'armée, l'uniformité, l'obéissance et la discipline. Son Wallenstein se compose de trois pièces : 1° le Camp de Wallenstein; 2° les Piccolomini; 3» lu Mort de Wallenstein. L'action commence à la seconde seulement et se développe et s'achève dans la troisième ; la première n'est qtTun prologue sans action. Le camp n'est qu'un tableau mouvant de la vie du soldat, n ayant aucun trait ni avec le passé ni avec l'avenir; mais le génie de Wallenstein préside k tout, remplit tout, et les soldats se promettent bien de le servir toujours, même contre l'empereur. Il n'aurait qu'un signe k faire pour qu'une révolte éclatât. C'est une peinture des armées auxvii"! siècle, d'une exactitude merveilleuse, mais qui serait impossible sur notre scène, où tout plie sous la discipline. Les deux premiè-, res parties ne contiennent pas moins de quatre mille vers, ce qui se comprend en Allemagne, où le public s'accommode d'une représentation qui dure plusieurs jours ; le spectateur français ne serait pas si complaisant. D'autres différences fondamentales séparent la pièce de Schiller de celle de B. Constant. Le dialogue est familier chez le premier, ce qui chez nous semblerait trivial dans une tragédie. Les personnages secondaires, en Allemagne, jouent à peu près le même rôle que le chœur antique; aussi ne regarde-t-on pas à les multiplier. La pièce de Schiller a quarante-huit acteurs, celle de B. Constant n en met en scène que douze ; tout se passe eu action dans la tragédie allemande ; le récit est généralement préféré dans la tragédie française.
Telles sont les considérations exposées par B. constant dans sou discours préliminaire ; elles sont justes pour la plupart, mais • trop
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empreintes de germanisme, • a dit la critique. Le mot ne rend pas bien l'impression qu'elles laissent. Il serait mieux de dire que B. Constant v prend trop le parti des Allemands contre les Français, ce qui est un peu la conséquence de l'exil. §
WALLER (William), général anglais, né en 1597, mort en 16SS. Après avoir frit ses études à Oxford et à Paris, il entra dans l'armée des princes protestants coalisés contre l'empereur et, k son retour en Angleterre, reçut de Charles 1er le titre de chevalier. Elu, en 1640, membre du Long Parlement, il y siégea dans les rangs de l'opposition et, lorsque la guerre commença, devint l'un des généraux parlementaires. Il se signala à diverses reprises, notamment par la prise de Portsmouth (sept. 1642), mais fut battu successivement k Lansdown (5 juillet 1643) et à Roundway- Do-wn, une première fois le 13 juillet, et une seconde le S septembre de la même année. En mars 1644, il délit lord Hopton près de Winchester, mais, trois mois plus twrd, it fut battu à son tour. Dans l'intervalle, Waller était devenu suspect à Cromwell, qui profita de cette dernière défaite pour Je forcer à quitter son commandement. L'ex - général n'en continua pas moins k être à la Chambre des communes l'un des chefs du parti presbytérien, jusqu'au moment de la mise en accusation de onze membres de la Chambre ( 1647). Compris dans le nombre , il échappa par la fuite à une condamnation et revint, bientôt après, siéger au Parlement, dont il fit part;e jusqu'au 6 décembre 1643, jour où il en fut expulsé par le colonel Pride, en même temps que cinquante de ses collègues. 11 vécut dans l'obscurité jusqu'en 1659, époque où il fut impliqué dans l'insurrection du Cheshire , qui avait pour chef George Booth. Détenu pendant quelques mois, il reprit, en février 16C0, sa place au Parlement; mais après la restauration il vécut complètement à l'écart des affaires. On a de lui : Méditations religieuses sur divers sujets (Londres, 1680); Apologie du caractère et delà conduite du chevalier Witliam Waller, écrite par lui-même, ouvrage qui ne fut publié que plus d'un siècle après la mort de l'auteur (Londres, 1793) et qui n'en produisit pas moins une grande sensation.
WALLER (Edmond), célèbre poète anglais, né k Coleshill, comté de Hertford, en 1605, mort k Beueonsfield en 1687. Par sa mère, Anne Hampden, il était cousin de Cromwell et du fougueux patriote John Hampden.
Après avoir fait de brillantes études k Eton et k Cambridge, il fut envoyé, k peine âgé de seize ou dix-huit ans, k la Chambre des communes par le bourg d'Amershain et parut, k la même époque, k la cour, où il ne tarda pas k se concilier les bonnes grâces de Jacques 1er par son esprit et par ses productions littéraires, dont la première, écrite en 1623, avait pour sujet un naufrage essuyé par le prince royal en revenant d'Espagne. Marié, k peu près vers la même époque, k une riche héritière de la Cité, il devint veuf à l'âge de vingt-cinq ans. Quelques années plus tard, il adressa ses hommages k Dorothée Sydney, fille du duc de l.eicester; mais ils furent repousses, et après le mariage de Dorothée, qui épousa, en 1639, lord Henri Spencer, Waller se remaria lui-même avec Marie Bresse ou Breaux, de laquelle il eut treize enfants. Il n'en a pas moins immortalisé dans ses vers, sous ie nom de Sacharissa, celle qui avait re-"" poussé son amour.
Lorsque le gouvernement parlementaire eut été rétabli en 1640, après une interruption de douze années, Waller siégea de nouveau à la Chambre des communes, devint ensuite membre du Long Parlement, où il fit d'abord partie de l'opposition ; mais il s'en sépara lorsqu'on voulut porter atteinte k la juridiction ecclésiastique et entra dans un complot royaliste surlequel on n'a que des données obscures. Tomkyns, son beau-frère, et un nommé Challoner, qui y étaient impliqués, furent pendus devant la porte de leur maison (1613) ; Waller sauva, dit-on, sa vie en dénonçant ses complices. Quelques historiens disent qu'il se borna k excipur de sou droit d'être jugé par laChambre des communes, k laquelle on n'osa pas le déférer. Après être resté une année eu prison, il fut condamné k une amende de 10,000 livres sterling, qu'il paya, et dut quitter l'Angleterre (1643). Il se retira d'abord k Rouen, puis k Paris, où il vécut avec une grande magnificence, k laquelle il suffisait par la seule vente des bijoux de sa femme. Au bout de dix années d'exil, cependant, cette ressource finit par s'épuiser, et il se trouva réduit k ce qu'il appelait lui-même • le bijou croupion, » (rump jewel). Enfin, au bout de dix ans, grâce probablement k l'entremise d'un de ses beaux-frères, ie colonel Scrope, il obtint de Cromwell la permission de rentrer en Angleterre. Il ne tarda pas k se mettre fort avant dans les bonnes grâces du protecteur, dont il écrivit, en 1654, un Panégyrique, qui est regardé comme l'une de ses meilleures compositions. Un peu plus tard, célébrant la victoire de Biake sur les Espagnols (1656), il saisit cette occasion pour engager Cromwell a prendre le titre de roi. C'est dans le même esprit d'adulation qu'est écrit son poème Sur la mort de milord Protecteur; malheureusement, dans la collection des œuvres de l'auteur, ce poème est immédiatement suivi d'une autre pièce adressée k
Charles II et intitulée : Félicilation au roi sur l'heureux retour de Sa Majesté, dans laquelle il s'est montré, sinon aussi heureusement inspiré, du moins aussi adulateur envers la royauté qu'envers la république. Sa conduite, en cette occasion, a été jugée sévèrement par Johnson : « Un tel changement de sentiments, s'écrie-t-il, excite le mépris et l'indignation j le poëte qui prostitue ainsi son esprit peut encore conserver l'éclat du talent, mais il a perdu la dignité de la vertu, > Waller, du reste, supportait assez légèrement la honte d'avoir chanté tous les partis. Charles II lui reprochant un jour la supériorité poétique des louanges qu'il avait données k Cronrwell sur celles qu il avait adressées k son souverain légitime, il répondit avec une spirituelle outrecuidance : « Cela tient k ce que nous autres postes nous réussissons mieux dans la fiction que dans la vérité. •
Waller dut k la Restauration plus encore qu'il n'avait dû k Cromwell; il redevint tout k la fois un important personnage politique et l'un des ornements de la cour frivole de Charles II. Réélu, en 1661, au Parlement, il en fit partie jusqu'en 16S0 et, après l'avénement de Jacques II, y fut élu de nouveau en 16S5. Bien qu'octogénaire, il continua k prendre une part active aux débats; il ne paraît pas, cependant, avoir jamais exercé une influence quelconque au sein de cette assemblée, si nous en croyons Burnet, qui, après nous avoir dit qu'à quatre-vingts ans il était de tous les membres de la Chambre celui qui parlait avec le plus d'enjouement, ajoute : « Il ne s'occupait que de dire ce qui pouvait lui attirer des applaudissements; mais il ne prit jamais k cœur les affaires de la Chambre, car c'était un homme vain et frivole, quoique plein d'esprit. » Une des dernières œuvres poétiques de Waller fut une pièce de vers intitulée : Présage de la chute de l'empire ottoman, qu'il présenta k Jacques II le jour anniversaire de sa naissance, on ne dit pas en quelle année. Peu de temps avant sa mort, il écrivit un poëme en six chants, l'Amour, qui, au rapport de Johnson, n'était pas inférieur k la plupart de ses autres productions et prouvait qu'il avait jusqu'à la fin conservé toutes ses facultés. Il était, paraît-if, aussi bien conservé sous le rapport physique que .sous le rapport intellectuel. « De Bonrepeaux, dit Walckenaer, qui se trouvait en Angleterre peu de mois avant la mort de Waller, parle du poëte anglais comme menant joyeuse vie avec l'épicurien Saiut-Evremond, et il assure qu'à quatre-vingt-deux ans il était encore amoureux et poète... ■ Dans une lettre que La Fontaine écrivait, peu de temps après, k la duchesse de Bouillon, alors k Londres, près de sa sœur la duchesse de Mazariu, notre fabuliste se flatte de l'espoir de rencontrer Waller dans cette société toute française :
Parmi ceux qu'admet à sa cour Celle qui des Anglais embellit le séjour, Partageant avec vous tout l'empire d'Amour, Anacréon et les gens de sa sorte, Comme Waller, Saint-Evremond et moi, Ne se feront jamais fermer la porte.
Qui n'admettrait Anacréon chez soi?
Qui bannirait Waller et La Fontaine ?
Tous deux sont vieux, Saint-Evremond aussi; Mais verrez-vous aux Lords de rHippocreiie Gens moins ridés en lçur3 vers que ccu.vci?
La Fontaine -dit qu'à l'exemple d'Apollonius de Tyane, qui ressuscita une jeune lille, it ressuscitera Anacréon; « et alors, ajoutet-il, vous et Mme de Mazarin nous rassemblerez. Nous nous rencontrerons en Angleterre, M. Waller, M. de Saint-Evremond, le vieux Grec et moi. Croyez- vous, madame, qu'on pût trouver quatre poètes mieux assortis?
Il nous ferait beau voir, parmi des jeunes gens, Inspirer le plaisir, danser et nous ébattre, Et de (leurs couronnés, aiusi que le printemps. Faire trois cents ans à nous quatre. •
Ces vers ne sont pas les seuls que Waller ait inspirés k La Fontaine. Lorsqu'il apprit la mort du poSte anglais, que lui annonçait Sainl-Evreiiiûiid, il envoya k ce dernier la pièce suivante :
Les beaux esprits, les sages, les amants Sont en débuts dans les champs Elysées; Ils veulent tous en leurs départements Waller pour hôte, ombre de mœurs aisées. Pluton leur dit : * J'ai vos raisons pesées; Cet homme sut en quatre arts exceller : Amour et vers, sagesse et beau parler.
Lequel d'eux tous l'aura dans son domaine?» Sire Pluton, vous voilà bien en peine.
S'il possédait ces quatre arts en effut. Celui d'amour, c'est chose toute Claire, Doit l'emporter; car, quand il est parfait, C'est un métier qui les autres fait faire.
Le mérite de Waller comme poëte a été longuement étudié par Johnson. 11 est difficile aujourd'hui d'admettre qu'il ait été, comme le dit la Biographie britannique, le plus célèbre poëte lyrique que l'Angleterre ait jamais produit, car ses compositions, légères et faciles, Sont plutôt remarquables par la pureté harmonieuse de la versification et l'élégance de la forme que par l'élévation des pensées et la pompe du style, et, du reste, il n'en est qu'un petit nombre qui appartiennent au genre lyrique. Waller était poète cependant, mais le bel esprit l'emportait en lui. Une partie de
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ses Œuvres avait été publiée k Londres en 1645, pendant son séjour en France. Le recueil complet en a été édité plusieurs fois. Les meilleures éditions sont celles de 1729 (Londres, in-4o) et de 1829 (Londres, î vol. in-12). Une des plus récentes est celle d'Edimbourg (1855),
WALLÉRITB s. f. (oual-lé-ri-te). Miner.
Aluinine hydratée silicifère , qu'on trouve dans les Pyrénées, en Espagne.
WALLERIUS (Jean-Gottschalk), chimiste suédois, né dans le Sudermannland en 1709, mort en 1785. Successivement adjoint k la Faculté de médecine de Lunden (1732), secrétaire et archiviste de celle d'Upsal, assesseur du collège royal de médecine de Stockholm (1739) et professeur de chimie, de métallurgie et de pharmacie k l'université d'Upsal (1750), il fut l'un des savants les plus éminents de son siècle et contribua efficacement au progrès des sciences naturelles en Suède, L'un des premiers it eut l'idée d'appliquer la chimie k l'agriculture et introduisit dans la minéralogie une classification supérieure k toutes celles qui l'avaient précédée, mais qui a cessé d'être en usage depuis les travaux des grands minéralogistes modernes. Parmi les nombreux ouvrages dé Wallerius, nous citerons : Mineralogia systematice proposita (Stockholm, 1747-1748), trad, en français par d'Holbach (1753, 2 vol. iu-30) ; De origine et natura ni' tri (1749) ; Observationes mineralogicx ad plagam occidentalem sinus Bothnici (1752); Hijdrologin systematice proposita (I74S1743); Commentaria Lipsiensia de rébus medicis (1753, 3 vol.) ; Chemia pltysiea (en suédois, 1759, a vol. in-8°, et en latin, 1760) ; Systema mineralogieum (1772-1775, 2 vol. in-S") ; Eléments d'agriculture physique et chimique, traduits du latin (Paris, 1774); Elemenia métallurgie speciatim chemicm (1778); Meditationes physico-chemicte de origine mundi imprimis geocosmi ejusdemque metamorphosi (1779), traduit en français par Dubois (1781); Dispulationes pliysico-chemicopharmaceutico-mineralogkx et melullurgics (1781, 2 vol.), etc.
WALLERN , bourg de l'empire d'Autriche, dans la Bohème, cercle de Prachin, k 9 kilom. S. de Sablalh; 2,200 hab.
WALLERS, bourg et commune de France (Nord), cant., arrond. et k 10 kilom. N. de Valenciennes; pop. aggl., 3,480 hab. — pop. tôt., 3,420 hab. Brasseries, moulins k farine. Commerce de céréales. -
WALLERSTEIN, bourg de Bavière, cercle de Souabe, k 18 kilom. N.-O. de Nordlingen, chef-lieu de la seigneurie d'Ottingen-Wullerstein; 2,000 hab. Ecole latine; château princier.
WALLIA, roi wisigoth. V. VALttA.
WALL1CH (Nathaniel), botaniste danois, né à Copenhague en 1787, mort en 1354. Reçu docteur en médecine k dix-huit ans, il passa k Séranipour (Indoustan) comme médecin do district, resta dans cette colonie après que l'Angleterre l'eut acquise du Danemark, devint surintendant du jardin botanique de Calcutta en 1817 et se fit une grands réputation par ses cours. Pendant ses excursions dans l'intérieur de l'Asie, il découvrit plus de neuf mille plantes jusqu'alors inconnues. On a de lui : Flora indica (1820); Tenlameii /loris Nepalensis illustrais (Calcutta, 1S24-1S2G); Liste des plantes (au nombre de 7,683 espèces) dont tes échantillons desséchés sont conservés au muséum de la Compagnie des Indes (Londres, 1829, in-fol.); Plantas asiaticx rariores (Londres, 1829-1832, 3 vol. in-fol., aveo 300 planches coloriées). Wallich était correspondant de l'Institut de France et membre de la Société linnéenne de Londres, do laquelle il fut élu vice-président en 1549. L'université de Copenhague possède une riche collection d'ouvrages en sanscrit et en d'autres dialectes orientaux, qui lui a été offerte par ce savant en 1821.
WALL1CHIE s. f. (oual-li-chî — de Watlicà, botan. danois). Bot. Genre d'arbres, do la famille des byttnériacées, type de la tribu des wallichiées, réuni par plusieurs auteurs aux microtènes, et dont l'espèce type croit auNépaul. Il Syn. d'AXANTHiietd'uROPiiïLLE, autres genres de végétaux.
— Encycl. Les waltichies sont des palmiers, k tige complètement ou à peu préssouterraine, buissonnants, k frondes pennées; les fleurs, groupées en spadices k rameaux simples , pendants, sont monoïques, petites, jaunâtres, munies de bractées ; les mâles ont six étamines, k filets courts; les femelles ont un ovaire k deux loges, rarement k trois loges, surmonté d'un pareil nombre de stigmates counés; le fruit est une baie sèche, k deux ou trois graines. Les espèces de ce genre sont peu nombreuses-, elles habitent l'Inde et les îles voisines. La wallichie caryote a des frondes longues de près de 3 mètres; un spadice de 0"',40, d'abord dressé, puis penché; des fleurs jaunâtres, rougeàtres k l'extrémité ; des baies rousses, ovoïdes-oblongues. Ce palmier fleurit et fructifie une seule l'ois, puis il meurt. Il habite l'Inde, et on le cultive dans nos serres, où on le propage par drageons.
WALLICHIE, ÉE adj. (oual-Ii-chi-é — rad. wallichie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre wallichie.
WALL
— s. t. pi. Tribu de la famille des byttnériàcées, ayant pour type le genre wafiichie.
WALLIKIKILI a. m. Ornith. V, valliki-
KïLI.
WALLIN (Georges), érudit suédois, né à Guette (Nordland) en 1686, mort en 17G0. I) fit ses études à l'université d'Upsal, visita ensuite le3 différentes contrées de l'Europe et passa à Paris deux années, en relation avec les savants et explorant les bibliothèques. De retour en Suède, il fut nommé professeur à l'université d'Upsal et devint par la suite évêque de Gothenbourg. On a de lui : De certis precandi formulis earumque in ecclesiis usu dissertatio (Upsal, 1710) ; Lutetia Parisiorum erwiita sui temporis, hoc est annorum hujus ssculi 21 et 22 (Nuremberg, 1722); Ilistoria fosephi ex arabica codicemss. bibtiot/iecs régis parisiensis latino versa (Leipzig, 1722) ; De prudentia in caniionibus ecclesiasticis adhibenda (Wittemberg, 1723); De sancta Ceuovefa disguisitio historico-cri' tico- theologica (Wittemberg, 1725, in-4°) ; Nuptis arborum (Upsal, 1729); Ciaois numop/iylacii runici, sine ratio qun intelligi possit numorum rumcorum sciïptura, etc. (Stockholm, 1743, in-40).
WALLIN (Jean-Olaf), poBte et prédicateur suédois , né à Stora-Tuna (Dalécarlie) en 1779, mort en 1839. Il était fils d'un sous-officier et commença, en 1799, ses études à l'université d'Upsal, sans s'y appliquer spécialement à aucune faculté. En 1805, il se révéla tout à coup comme un poète de génie et obtint le grand prix de l'Académie de Stockholm, qui le lui accorda encore les deux années suivantes et l'admit dans son sein en 1899, Il renonça a cette époque h !a poésie profane. Depuis 1806, il avait embrassé l'état ecclésiastique et avait été nommé, en 1809, à la fois professeur à l'Académie militaire de Karlsberg et pasteur de Solna. Il s'adonna dès lors à la poésie religieuse, genre dans lequel il n'a pas encore en de rival en Suède. Kn 1811, il fut nommé membre du comité chargé de préparer la publication d'un livre de chants d'église suédois et eut plus tard k s'occuper seul de ce travail, dont le résultat fut la publication, en 1819, d'un recueil de chants, qui est l'un des plus remarquables parmi ceux que l'on possède en Europe. Wallin y a inséré le plus qu'il lui a été possible de chants primitifs, puis un choix de chants modernes, et y en a ajouté un grand nombre dont il est luimême l'auteur, et qui font aujourd'hui partie de tous les recueils d'hymnes et de psaumes en usage dans les églises de la Suède. Il s'acquit aussi une grande réputation comme prédicateur et, ayant été nommé, en 1812, pasteur à Stockholm, fut chargé de diriger l'instruction religieuse du prince Oscar. En IS16, il devint premier pasteur de la grande église de Stockholm, fonction qui lui donna entrée à la diète, et fut promu, en 1833, à l'archevêché d'Upsal. Ses Discours religieux prononcés en différentes occasions (Stockholm, 18'27-1S31, 3 vol.), que complètent des Sermons , publiés après sa mort (Stockholm , 1842, 3 vol.), sont encore aujourd'hui regardes en Suède comme des modèles inimitables de l'éloquence de la chaire. Ce ne fut que plusieurs années plus tard que parut le recueil de ses Œuvres poétiques (Stockholm, 1848, 2 vol.).
WALL1NGFORD, ville d'Angleterre, comté de Berks, à 23 kilom. N.-O. de Reading, sur la rive droite de la Tamise; 2,800, hab. Commerce de grains et rie farines. Dans une de ses églises, on voit le tombeau du philosophe lilackstones, auteur de savants commentaires. Restes d'une forteresse romaine.
WALL1NGFOHT (Richard), mathématicien ït mécanicien anglais, qui vivait au xivo siècle. Il était fils d'un forgeron. 11 devint abbé de Saint-Albans et fit faire pour son couvent une horloge qui passa pour une merveille et qu'il a décrite dans un ouvrage intitulé Albion.
WALL1NIE s. f. (val-li-nî — de Wallin, savant suédois). Bot. Genre de plantes, de la famille des chénopodèes, tribu des uonspermées, dont l'espèce type croit au Cap de Bonne-Espérance. Il Syn. de lophiocarpe, autre genre do la même famille.
WALLIS, nom allemand du Valais.
WALLIS (archipel), groupe d'Iles de l'Océanie, dans la Polynésie, au N.-O. de l'archipel de Hamoa ou de Bougainville , par 130 is' de latit. S. et, 179° de longit, O. Il se compose de douze petites îles, dont les plus étendues sont Ourea ou Uvea et Nakuatea. Ourea, l'Ile centrale, est d'origine volcanique et forme un cercle régulier. Sur sa superficie, qui est de 2,500 hectares, se trouvent trois chaînes de collines d'une hauteur moyenne do 200 mètres et deux grands lacs servant de réservoirs aux eaux intérieures qui jaillissent purtout en portant la fécondité. Elle renferme 3,500 habitants. Le sol de l'Ile, de mémo que celui du reste de l'archipel, est extrêmement fertile. On y trouve des cocotiers en abondance et le caféier; la canne à sucre et le coton y ont parfaitement réussi. Les habitants sont catholiques. Presque tous sont atteints d'éléphantiasis. L'archipel Wullis fut découvert en 1767 par le navigateur anglais Wallis, qui lui donna son nom. En
WALL
1842, les habitants ont conclu un traité de commerce avec la France.
WALLIS (John), célèbre géomètre anglais, né à Ashford, comté d'Essex, le 23 novembre 1616, mort k Londres le 28 octobre 1703. Il fit ses études à Cambridge et embrassa ensuite la carrière ecclésiastique. Quoique opposé aux doctrines des indépendants, il fut, en 1649, nommé à la chaire de géométrie fondée à l'université d'Oxford par le chevalier Snvile. A la Restauration, Charles II le confirma dans son poste et le nomma, en outre, garde des archives de l'université. Wftllis fut l'un des fondateurs et des premiers membres de la Société royale de Londres et l'un des créateurs de l'enseignement des sourdsmuets. Ses ouvrages mathématiques ont été publiés sous le titre de./. ¥a//uîi opéra mathematica (1697-1699, 3 vol. in-foL), Un quatrième volume, contenant s§s ouvrages théologiques ou de morale, a été ajouté depuis à l'édition première.
Les ouvrages mathématiques de Wallis sont : Traité analytique des sections coniques; Algèbre, précédée d'une histoire de cette science; Arithmétique de$ infinis, publiée en 1655, vingt ans, par conséquent, après l'apparition des indivisibles de Cavalieri, mais trois ans avant l'ouverture du premier concours proposé par Pascal sur la cycloïde ; De cycloïde et cissoïde ; De curvarum recti/icalioite et complanatione (1659); De centro gravitalis (1009) ; Traité du mouvement (1670) et un grand nombre d'opuscules.
Le Traité analytique des sections coniques de Wallis est le premier des ouvrages où ces courbes aient été considérées non plus comme sections d'un cône, mais comme courbes du second degré, d'après la méthode des coordonnées de Descartes; toutes leurs propriétés y sont déduites de leur définition analytique. Wallis, dans cet ouvrage, rend implicitement hommage à notre philosophe, quoiqu'il ne l'aimât guère, comme il l'a prouvé par l'injuste partialité qu'il a montrée a son égard dans son histoire de l'algèbre, où, qualifiant à regret d'assez belle la fameuse règle des signes, il accuse aussitôt après Descartes de plagiat envers Ilarriot, pour n'avoir pas reporté à ce géomètre anglais la découverte de la composition des coefficients en fonction des racines, découverte dont l'honneur revient bien plus légitimement a Vièle.
L' Arithmétique aes infinis est le grand œuvre de Wallis; elle fil faire à la géométrie des progrès considérables dans toutes les questions qui sont aujourd'hui du domaine du oiilcul intégral. CavaDeri, Fermât, Descartes, Roberval avaient obtenu la formule de quadrature d'une parabole de degré quelconque y = xm, m étant entier et positif. Le premier pas que lit Wallis lui fut suggéré par l'analogie ; il eut l'heureuse idée de prolonger la série des exposants positifs au-dessous da zéro et d'y intercaler même des fractions positives ou négatives, de façon à obtenir de nouvelles paraboles ayant leurs ordonnées de l'une des formes
y = X~mt y = X<t> y=X q.
Il supposa que la formule
• xm. + 1 i
qui donne l'aire de la parabole y = xm, pourrait aussi s'appliquer k celles qu'il introduisait dans la série. Mais il s'agissait avant tout de donner un sens net aux formules
Pour y arriver, Wallis se laisse encore guider par l'analogie; il remarque, comme au reste on le fait encore aujourd'hui, d'une part que, la division de deux puissances d'un même nombre se faisant par la soustraction
des exposav.ts, x~ m doit signifier — et, d'un
autre côté, que, l'extraction delà racine iilème d'une puissance nui d'un nombre se faisant par la division de l'exposant de la puissance
t qj —
par l'indieede la racine, a\j doit signifier yxV . Les nouvelles paraboles dont il avait eu l'idée n'étaient, dès lors, autres que les courbes
y~~^> y-qUv, y=9fe,
et, s'il no s'était pas trompé dans ses prévisions, il devait pouvoir carrer ces courbes par la formule propre à la quadrature des paraboles proprement dites. C'était ce qu'il s'agissait de vérifier. Wallis le fit avec beaucoup d'art et beaucoup d'adresse.
Le cas de l'hyperbole du second degré,
offrait une difficulté particulière, la formule
x9 donnant pour l'aire de cette courbe — ; Wallis en conclut fort bien que l'espace compris entre l'hyperbole et son asymptote est infini. La quadrature définitive de la courbe n'a été obtenue que plus tard par Mercator.
La manière dont Wallis parvint à sa formule du rapport de la circonférence au diamètre est tout k fait extraordinaire. 1) re-
WALL
marque que les aires comprises entre l'axe des y, la parallèle à cet axe menée à la distance ii = l, l'axe dos a; et les courbes représentées par les équations
j, = (!-*')% ïfr=(l-a:*)\
y = (i— œs)»> y = (l-x')\ etc.,
sont exprimées, en fonction du rectangle circonscrit ayant pour côtés x = 1 et y = 1, par les fractions
et, comme l'ordonnée du cercle y = (i - 25)â
serait moyenne proportionnelle entre les deux premiers termes de la suite
il se propose le problème de l'interpolation
d'un terme entre 1 et -, sous la condition de
satisfaire à la loi de formation de la suite
1( 3' il' 105'
loi non formulée du reste et définie seulement par son origine concrète. Wallis y parvient, mais par uua analyse trop compliquée pour trouver place ici. Il trouve que « est la limite du rapport
Il n'était pas très-satisfait de ce résultat, quoique entièrement neuf, et il excita lord Brûuncker, son ami, à chercher encore mieux. C'est sous l'inspiration de Wallis que ce dernier savant trouva pour « l'exprès-' sion
qui donna lieu a la naissance de la théorie des fractions continues.
Nous venons de dire que Wallis avait cherché à déterminer l'aire du cercle par l'inter-
polation d'un terme entre 1 et - dans la série
WALL 1263
démontre aujourd'hui la célèbre formule do Wallis. En intégrant par parties
Jsinnx(te,
on trouve aisément
— sinn — ix cos x -f- (>i — îjjsln" ~~ 2xite
— («— i)j"£'»nx(/z,
d'où l'on conclut
fsinnxdx = sinn ~ 'ar cos *
Si l'on prend pour limites de l'intégration 0 et -, le premier terme du second memuro disparaît, et il reste
( 8»lnBaîrf* - — l *sin" ~ W X n X
Si l'on suppose n pair, en le diminuant successivement de deux unités, on finira par le rendre nul; de sorte que, comme
dx = -,
il sera facile d'exprimer l'intégrale proposée primitivement; en multipliant membre h membre toutes les équations obtenues , on aura