it 1 3 5 )l — 2 2 4 6 U
Si n est impair, en le diminuant successivement de deux unités, on tombera, comme dernière intégrnle, sur
sin xdx,
dont la valeur est 1 ; de sorte que, en multipliant encore membre à membre toutes les équations obtenues, on aura
sin" + xxdx = ~ . -r .-.„——.
nous devons ajouter que c'est lui qui, le premier, considéra le problème de l'interpolation et même en imagina le nom. Il en donna la solution générale, qui consiste, lorsque les valeurs données ne sont liées par aucune loi connue, à faire passer par les points dont les coordonnées sont les valeurs données de la variable et de sa fonction la parabole du degré marqué par le nombre de ces points.
On doit encore à Wallis la première idée d'une méthode pour la rectification des courbes, dont il n'y avait pas encore d'exemple. Il remarqua, en effet, qu'en ajoutant le carré de la différence entre deux ordonnées consécutives d'une courbe au carré de la différence constante entre les abscisses et prenant la racine carrée de la somme, on trouvait l'expression du rectangle élémentaire, partie infiniment petite de l'aire d'une autre courbe, en sorte que le problème était ramené a carrer cette autre courbe,
Pascal avait, au commencement de 165S, adressé publiquement un défi scientifique à tous les géomètres ; il offrait 40 pistoles à qui trouverait, avant le l«r octobre de la même année, l'aire d'un segment de la cycloïde déterminé par une ordonnée quelconque perpendiculaire à. sa base, le centre de gravité de cette aire et le volume qu'elle engendrerait en tournant soit autour de sa base, soit autour de son ordonnée. Wallis envoya de tous ces problèmes des solutions exactes qui parvinrent le 23 septembre. Cependant Pascal refusa le prix convenu, sous prétexte d'un vice de forme dans la remise, la date de l'arrivée du manuscrit n'ayant pas été certifiée par un notaire de Paris, comme l'exigeaient les conditions publiées. Le procédé de Pascal ne fut pas jugé parfait; cependant Wallis ne se plaignit qu'avec modération et se contenta de dire qu'il avait plutôt cherché un peu d'honneur qu'un peu d'arfent; mais il ne répondit pas au second appel e Pascal.
On sait combien Descartes s'était trompé dans la théorie du choc. La question fut mise au concours par la Société royale de Londres. Wallis, Wren et Huygheus en envoyèrent simultanément des solutions analogues, fondées sur le même principe, qui prit dès lors place dans la science sous le nom de principe de la conservation de la quantité de mouvement. Mais Wailis se borna au cas des corps mous ; Wren et Huyghens, au contraire, avaient considéré exclusivement celui des corps parfaitement élastiques.
— Formule de Wallis. Voici comment on
Or,
sianxdx
est plus grand que
s\nn+lxdx,
puisque sin"a: est plus grand que sinn+ 'x; par conséquent
2' l'3'3 5 5 7 n — 1 u+ l D'un autro côté,
in-t-2xrfx
est plus petit que
sin'
" + %xdx,
et cette remarque fournira la nouvelle inégalité
La valeur de - est donc comprise entre deux
produits consécutifs quelconques indiqués dans la série
ou, ce qui revient au même, - est la limite
de cette série.
WALLIS (Georges-Olivier, comte dis), général autrichien , né en 1671 , mort en 1743. D'abord .page de l'empereur Léopold , il entra de bonne heuro ail service, fit les campagnes des bords du Rhin et de Hongrie, fut promu colonel en 1700, major général en 1708,
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feld-mïiréohs.1 .ieutenant en 1716, et, envoyé un peu plus tard en Sicile , s'empara do Messine (1719), dont il fut nommé gouverneur. Il reçut, en outre, les titres de grand maître général de l'artillerie et de commandant de toutes les forces de la Sicile. En 1733, il prit part aux campagnes sur les bords du Rhin, ■ dans l'Italie septentrionale, puis en Hongrie, où les Turcs firent essuyer défaite sur défaite aux troupes impériales. Chargé du commandement en chet après la prise de Méhadia, il ne put empêcher 1 ennemi de s'emparer encore de Groczka en 1739 ; il fut plus heureux lorsque le sérasquier de Widdin chercha à traverser la Ternes pour pénétrer dans le banat de Temeswar, et il le força à rétrograder. Peu de temps après, au lieu de marcher au- secours de Belgrade assiégé et dont les habitants se défendaient vigoureusement, il conclut avec les Turcs un traité par lequel il leur abandonnait Belgrade, Schabacz, ta Servie et la Valachie. L'indignation fut générale en Autriche, et l'empereur Charles VI, après avoir retiré le commandement à Wallis, nomma une commission chargée de le juger. Mais, grâce aux protecteurs que le vieux générai possédait a la cour, l'affaire traîna en longueur, et, Charles VI étant mort en 1740 , Marie-Thérèse rappela Wallis auprès d'elle. Chargé du commandement d'un corps d'armée pendant la guerre en Bohême, il s'empara, en 1743, de la ville de Leutmeritz. Il mourut quelques mois plus tard à Neukirchen.
WALLIS (John), théologien et naturaliste anglais, né dans le Cumberiand en 1714, mort, après avoir occupé plusieurs cures dans le Norlhumberland, en 1793. On a de lui des Lettres à un élève sur le point d'entrer dans les ordres et une Histoire naturelle du Norlhumberland (17C9, 2 vol. in-4°).
WALLIS (Samuel), navigateur anglais, mort en 1795. Lieutenant de vaisseau en 1755, puis capitaine deux ans plus tard, il prit part à l'expédition d'Holbonne contre Louisbourg et, en 1760, fit un voyage au Canada. En 1760, il fut chargé de continuer et d'étendre les découvertes de Byron dans l'océan Pacifique et, en août 1766, fit voile de Plymouth, à bord du Dauphin et en compagnie de \ Hirondelle, qui avait pour' capitaine Carteret. 6es deux bâtiments furent séparés par un coup de vent à l'extrémité O. du détroit de Magellan, et Wallis continua seul son voyage. Il découvrit successivement les lies de la Pentecôte (3 juin 1767), d'Egmont, de Glooester, de Cumberiand, de Guillaume- Henri, d'Osnabruck et, le 19 juin de la même année, Tahiti, à laqnel'e il donna le nom d'Ile du Roi-George. Il y séjourna jusqu'au 27 juillet suivant; ruais ne pouvant, à cause du mauviiis état de son vaisseau et de la rigueur du temps, revenir par le détroit de Magellan, il doubla le cnp de Bonne-Espérance, découvrit en chemin plusieurs lies, dont l'une reçut son nom, et arriva le 30 novembre à Batavia, puis, le 19 mai suivant, en Angleterre. Lu. Relation de son voyage, qui parut (Londres, 1773, 3 vol. in-4°) dansla collection des Voyages au Pacifique, de Hawkesworth, et qui a. été traduite eu fiançais par Suard (Paris, 1774, 4 vol. in-4°), n'est qu'une simple copie, de son journal de bord. Wallis avait amlté en 1772 le service actif et était devenu, en 1780, commissaire de la marine.
WALLIS (Joseph; comte de), homme d'Elat autrichien, né du.oi la Moravie en 1768, où il est mort en 1818. H fut nommé, en 1805, président de la régence de Bohême et, en 1810, ministre des lininees. L'état financier de l'Autriche était eiors déplorable : la dette s élevait à 700 nuirons, et le papier-monnaie, dont une masse é*.ait en circulation , perdait plus des deux tiers de sa valeur. Le ministre commença par réduire le papier au cinquième, puis il en émit un nouveau, qui ne larda pus à êtro également avili. Les fortunes particulières se trouvèrent bouleversées; mais le gouvernement eut des ressources pour lever <'es troupes lorsque arriva la coalition de 1813 contre la Fiance. Aussi, k la mort du comte de Wallis, la cour de Vienne se montra-t-rJle reconnaissante, en lui faisant faire do magnifiques funérailles. En 1816, il avait caillé le portefeuille des finances pour celui de la justice.
WALLIS (George), médecin anglais, né à York en 1749, mort à Londres en 1802. Il fut longtemps professeur de médecine théorique et prat que dans cette dernière ville. On a de lui : fissai sur les conséquences résultant des salariées imprudentes pendant la grossesse (Londres, in-8°); Nosologia melhodica oculorum (Londres, 1785. iii-8<>); Œuvres de Thomas Syd'.nham sur les maladies aiguës et chroniques, oi sont exposés leur histoire et leur mode de quërison tels qu'il les a écrits (Londres, 1789, 2 vol. in-8<>) ; l'Art de conserver et de rétablir la santé, fondé sur des principes rationnels (Londres, 1793, in-8°); troisième édition du Dictionnaire médical de Mothuby, revu et corrigé, avec de considérables additions (Londres, 1791, in-fol.).
WALLIS (Sarah-Lee), naturaliste anglaise, née à Colohester en 1791, morte en 1856. Elle s'occupa, dès l'enfance, de l'étude des sciences naturelles et épousa, en 1812, un savant distingué, T. E. Bodwich. Les deux époux publièrent en commun les ouvrages
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I suivants : Taxidermie ou Airt de collectionner \ (1821) ; Excursions à Madère et à Porto-Santo (1825). Mme Bodwich a, en outre, écrit seule: Histoire des poissons d'eau vive en Angleterre (1830); Mémoires de Georges Cuvier (1833); Histoire de divers pays étrangers et fragments de notes d'un voyageur (1835) ; Eléments d'histoire naturelle (1844) ; les Voyageurs africains (1847); Aventures en Australie (1851); Anecdotes sur les habitudes et les instincts des oiseaux, reptiles et poissons (1852) ; les Oiseaux d'Angleterre (1852).
WALLISCHBIRKEN, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Bohème, cercle de Prachin, à 28 kilom. S.-O. de Piseck; 2,300 hab.
WALLIUS (Jacques), poète latin moderne, né à Courlray en 1599, mort vers 1680. Il entra, à dix-sept ans, dans l'ordre des jésuites et acquit une grand réputation comme prédicateur. On a de lui des poésies latines, qui ont obtenu, à l'époque de leur publication, un succès que l'on ne comprend plus guère aujourd'hui, car la versification en est des plus médiocres et on n'y trouve aucune trace d'inspiration. Le recueil de ses oeuvres (Anvers, 1656, in-12) est divisé en neuf livres et renferme des poésies héroïques, des paraphrases d'Horace, des élégies et des odes.
WALLMODEN-G1MBORN (Louis-Georges- Thedel , comte de) , général autrichien , né à Vienne en 1769, mort en 1862. H servit d'abord dans l'armée hanovrienne, puis dans l'armée prussienne et, lorsque, k la suite de la paix de Bâle, lu Prusse eut cessé de faire ia guerre k la France, passa au service de lAi'triche. Il se distingua comme chef de partisans pendant les campagnes de 1796 à 1801, fut aussi chargé de différentes missions diplomatiques et conclut à Londres un traité de subsides entre l'Angleterre et l'Autriche, lorsque cette dernière recommença, en 1809, la guerre contre la France. De retour à Vienne, il prit une part glorieuse à la bataille de Wngram et, après le traité de Vienne, fut promu feld-maréchal lieutenant et commandant d'une division de l'armée de Bohême. En 1813, il passa, avec le même grade, au service de la Russie, commanda la légion allemande, qu'il conduisit dans le Mecklembourg, et, après la conclusion de la suspension d'armes d'août 1813, la réunit à l'armée du Nord. Non-seulement il se maintint avec son corps en face des forces supérieures de Davout, mais encore il battit la division française de fécheux au combat de la Goahrde et pénétra dans le Slesvig, où il força les Danois à conclure la paix. Après le second traité de Paris, il rentra au service de l'Autriche, succéda, en 1817, au comte Nugent, dans le commandement en chef des troupes autrichiennes laissées dans le royaume de Naples, commanda en 1821 un des principaux corps de l'armée autrichienne dirigée contre Naples et, en juin de la même année, prit possession de la Sicile, où il demeura jusqu'en 1823. Il devint alors commandant du le'' corps d'armée de l'Italie supérieure et commandant militaire de Milan, et occupa ces deux postes jusqu'en 1848, époque où jj, prit sa retraite. C'était un homme d une rare intelligence, d'une grande fermeté de caractère et d'une bravoure sans égale. Il a éminemment contribué à former l'infanterie légère autrichienne et à améliorer la tactique des tirailleurs. — Son frère, le comte Charles-Auguste-Louis DE Wallmodkn, né en 1792 , général de cavalerie au service de l'Autriche, fut pendant plusieurs années commandant, après Haynau, du 1er corps d'armée et fut ensuite adjoint à Giulay dans le commandement du 2e corps. Il a quitté le service en 1858.
WALLNEB (François Leidksdorf, connu sous le nom de), acteur et directeur de théâtre allemand, né k Vienne en 18 10. Fils d'un riche agent de change, il quitta le nom de son père pour celui de Wallner en 1830 , époque k laquelle il embrassa la carrière théâtrale, malgré l'opposition de sa famille. Après avoir paru sur diverses petites scènes de l'Autriche, il obtint à Vienne un engagement au Théâtre-sur-la- Vienne, où il fut accueilli du publia avec une faveur marquée. De là, il passa au théâtre de la Josephstadt, ' à l'éclat duquel il eut une part importante, et, à l'expiration de son engagement (1838), il entreprit une excursion artistique qui dura dix ans, et pendant laquelle il joua sur presque tous les théâtres de l'Allemagne. Engagé, en 1848, au théâtre de la cour, à Saint- Pétersbourg, il quitta cette ville l'année suivante, parce que sa femme ne pouvait s'habituer au climat rigoureux de la Russie. Aprè3 avoir dirigé avec succès, de 1850 k 31854, les théâtres de Fribourg-en-Brisgau , de Bade et de Posen, M. Wallner prit à Berlin la direction du théâtre du Vaudeville, dja la Kœnigstadt, qui venait de sombrer sous son prédécesseur; grâce k son activité et à son habileté, il réalisa en deux ans des bénéfices qui lui permirent de devenir propriétaire de ce théâtre et de le faire rebâtir entièrement. Puis il entreprit la construction d'une nouvelle scène qui fut ouverte en 1864, sous le nom do Théâtre-Wallner, et qui est au nombre des plus beaux édifices de Vienne. Le Théâtre-Wallner occupe une place éminente dans l'histoire de la comédie allemande; il s'est élevé rapidement au rang des* meilleures scènes comiques de l'Allemagne
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et possède un personnel d'élite. M. Wallner dut en abandonner la direction en 1868, par suite de l'affaiblissement de sa santé ; le roi de Prusse l'avait nommé, peu de temps auparavant, conseiller intime de commission. Cet artiste s'est aussi fait connaître en littérature par des relations de voyages et des mémoires. — Sa femme, Agnès Kretzschmar, née k Leipzig en 1826, commença sa carrière dramatique à Leipzig, parut avec succès sur les scènes de Berlin, de Brème et de Riga, et épousa, en 1847, M. Wallner, qu'elle suivit à Saint-Pétersbourg. De 1854 à 1868, elle a été l'une des actrices les plus applaudies du théâtre dirigé par son mari k Berlin.
WALLO , contrée de Sénégambie, qui commence à Daganah et s'étend sur la rive gauche du Sénégal, et même jusqu'à la barre du fleuve. Rigoureusement parlant, le fleuve, dans sa partie tout inférieure, c'est-k-dire depuis la barre jusqu'à Dakar-Bango, village situé sur la rive gauche du marigot des Fours-k-Chaux, est bordé par le territoire du Cayor, et le Wallo ne commence qu'k ce marigot. Mais comme les îles que forment les nombreux marigots du ba% Sénégal, telles que Sor, Babaguié, etc., ne relèvent plus du souverain du Cayor, on peut sans inexactitude étendre autant les limites du Wallo, véritable dépendance du chef-lieu des établissements français. On estime k environ 40 lieues la distance qui sépare Saint-Louis de Daganah. Vers ce village, le Wallo est resserré entre le fleuve au nord et des coteaux sablonneux an sud; mais à partir du marigot de Tawéi il s'élargit peu à peu et est coupé par les marigots du Sénégal, qui se multiplient k mesure que le fleuve avance vers son embouchure. Les villages les plus importants du Wallo sont : Makka, Débi, Ghiek, Laouakh, N'Dianhui, Guidakar. La végétation varie singulièrement à mesure qu'on remonte le fleuve. Le Wallo est d'ailleurs une terre assez pauvre, et on n'y cultive guère que le mit. Le gouvernement est monarchique héréditaire. La religion est l'islamisme, et la langue le yoloff. Le Wallo est habité par les races de la grande famille inandingue, par quelques Foulahs et des Maures. Le règne animal dans le Wallo est représenté par les buffles, les panthères, les autruches, le lièvre, la perdiix, le rat palmiste et les petits oiseaux connus sous le nom de sénégalis.
WALLON, ONNE s. et adj. (val-Ion, o-ne). Géogr. Habitant des provinces méridionales de la Belgique ; qui appartient à ce pays ou ses habitants ; Les Wallons. La race wallonne. La langue wallonne.
— Par ext. Se dit, dans le Nord-Ouest, des personnes qui ont un parler pâteux comme les Wallons.
— Epée wallonne, Epée k lame large, k deux tranchants, dont la cavalerie était armée sous Louis XIII et Louis XIV.
— Hist. Gardes wallonnes. Corps de troupes espagnol , qui fut primitivement composé d'habitants de la Flandre wallonne.
— s. m. Linguist. Ancien dialecte français, qu'on parle encore dans le pays situé entre 1 Escaut et la Lys.
— Encycl. Linguist- On donnait jadis le nom de Wallons aux habitants de la Belgique qui étaient d'origine gauloise et qui parlaient le français. Le pays wallon comprenait le territoire qui correspond actuellement aux provinces belges de Namur, de Liège, du Hainaut, de Luxembourg et k la partie méridionale du Brabant. On compte environ 2 millions de Wallons, surnommés Franquillons par les Flamands.
L'idiome parlé par les anciens Wallons a été un des principaux' dialectes de la langue d'oïl. Il est encore usité en France dans une partie des départements du Nord et des Ardennes; en Belgique, dans les provinces de Tournaisis, de Hainaut, de Namur, de Liège, dans une partie du Brabant méridional et, dans le duché de Luxembourg. Le wallon diffère d'autant plus du picard qu'il s'avance plus loin vers l'est ; celui que parle le peuple des campagnes dans les pays de Liège et de Limbourg est tellement altéré, qu'on a peine k le reconnaître pour appartenir k la langue française. Cependant, si l'on prend Liège pour sommet d'un triangle dont la base serait appuyée au midi sur Besançon et au couchant sur Cherbourg, on peut suivre, en descendant vers le sud et en se dirigeant vers l'ouest, les diverses nuances qui rattachent le wallon au picard, au lorrain, au champenois et au normand. Quelle que soit la filiation qui existe entre ces dialectes , le wallon semble les résumer, car il les explique presque tous.
En général, le wallon rend les diphthongues trop sensibles ; il prononce les mots joyau, joyeux, comme s'ils étaient écrits joiyau, joi-yeux. Dans ce dialecte, chaque lettre est prononcée et chaque voyelle est affectée d'un accent prosodique ; la voix aiguë est très-fermée et le sou ouvert fort prolongé. Si le wallon était physiquement accentué, il offrirait une gamme variée par ses sons mâles et sonores.
Si l'on compare les voyelles françaises avec celles du wallon, on voit souvent a changé en e {chet, chat; Khettèun, Catherine) j e'en i et en u (chimih, chemise; chiminate, cheminée; contrufaçon , contrefaçon,
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conlrudanss, contredanse); o en i {diné, donner) ; oi en e (crehan, coissaut) , etc. La nasale an et ent devient ain -■ accident, acsidain; argent, argein, aùrgain; assistance, assistainss ; Inn omm sainz argein esst u leu sain dain (Un homme sans argent est un loup sans dents).
La consonne q est remplacée par les consonnes k ou c. Dans la conjugaison, g a le son doux de notre j devant chaque voyelle : gauret, j'aurais; il en est de même dans les pronoms ga, gu. Le k et le / se prononcent d'une manière âpre, même dure; mais r donne presque toujours un son agréable; cette consonne est supprimée k la fin des mots en eur : acoukeu, accoucheur; corroyeu, corroyeur, et dans les syllabes finales muettes.: coiitt, contre, etc. H remplace ss k l'intérieur des mots, et une syllabe muette k lu fin : udoûssihan, adoucissant; acreh, accroître ; chimih, chemise, etc.
Le comparatif de supériorité est exprimé par le mot plus : Gâk et pu bai K'Lorain (Jacques est plus beau que Laurent). Le comparatif d'infériorité est rendu par les mots mos, si et aussi, ou par si, suivis de que ; Bieintmé et mon ui Ici Doué (Barthélémy est moins vieux que Dieudonné); Ghènn ne nen si friss ki Ketlènn (Jeanne n'est pas si fraîche ou aussi fraîche que Catherine). Le comparatif d'égalité est exprimé par aussi, suivi de que ; Mes onie son ossi neur ki le vos (Mes yeux sont aussi noirs que les vôtres). Le superlatif est rendu au moyen de très, fort, plus • L'veie di Vervi et trè rig, et foir eomerçantt (La ville de Verviers est très-riche et tort commerçante). Dans le sens relatif, on dira : Voss soûr et V femme li pu sûteie de pay (Votre sœur est la femme la plus spirituelle du pays). Enfin, les adjectifs bon, petit, mauvais font le meilleur, le moindre, le pire.
On peut consulter sur ce dialecte : Cambresier, Dictionnaire wallon-français (Liège, 1787, in-80); Remacle , Dictionnaire wallonfrançais (Liège, 1S23, in-8°); Gratidgaguage, Dictionnaire étymologique de la langue wallonne (Liège, 1845-1850, 2 vol.in-8°); Chavée, Dictionnaire français et wallon (Paris, 1857, grand in-18); Tailliat, Recueil d'actes des xii" et xtue siècles en langue wallonne du nord de la France (Douai, 1849, in-S°); De lingua francica Rheni inferioris , Von Wahlenberg (Bonn, 1849, in-80).
WALLON (Henri-Alexandre), historien et homme politique français, né il Valeuciennes le 13 décembre 1812. Admis à l'Ecole normale en 1831, il en sortit trois ans plus tard et se fit recevoir agrégé. Après avoir professé l'histoire dans divers collèges, M. Wallon devint maître de conférences k l'Ecole normale (1840) et suppléant de M. Guizot k la Faculté des lettres de Paris. Un ouvrage sur l'Esclavage dans les colonies (liU7,\n-S0) lui valut d'être nommé, après la révolution de 1848, secrétaire delà commission de l'esclavage présidée par Schœleher et député suppléant de la Guadeloupe à l'Assemblée constituante. Jl ne siégea point dans cette Assemblée ; mais, lors des élections pour l'Assemblée législative (1849), les électeurs du département du Nord l'élurent représentant du peuple avec 92,290 voix. M. Wallon vota presque constamment avec le parti réactionnaire, pour l'état de siège , pour la suppression des clubs, etc.; toutefois, le 30 juin 1849, il repoussa l'autorisation de poursuites demandée contre Martin Bernard et il donna sa démission, après le vote de la loi du 31 mai 1849, qui mutilait le suffrage universel. A partir de ce moment jusqu'en 1871, M. Wallon s'occupa uniquement d'enseignement et de travaux historiques et religieux inspirés pai l'esprit clérical.. Il devint professseur en titre d'histoire et de géographie moderne k la Faculté des lettres de Paris, fut nommé en 1850 membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et reçut, en 1864, la croix d'officier de la Légion d'honneur. Aux élections du 8 février 1871, M. Wallon fut élu par 181,217 suffrages député à l'Assemblée nationale pour le département du Nord. Il y siégea au centre droit, vota les préliminaires do paix, l'abrogation des lois d'exil, la validation de l'élection des princes d'Orléans, la proposition Rivet, la loi sur les conseils généraux ; se prononça pour le pouvoir constituant de l'Assemblée et la pétition des évoques, contre le maintien des traités de commerce, pour le retour de la Chambre k Paris, pour la suppression de la garde nationale ; déposa, en avril 1872, un projet de loi demandant que le vote fût obligatoire, et appuya en général la politique de M. Thiers jusqu'au moment où cet homme d'Etat demanda que l'on constituât le gouvernement républicain. Le 34 mai 1873, M. Wallon se joignit à la coalition qui renversa le président de la république et vota les mesures de réaction les pltis odieuses proposées par le gouvernement de combat. Le 19 novembre 1873, il donna son vote en faveur du septennat. Cette même année, il prit une part active k la discussion de la loi sur le conseil supérieur de l'enseignement, dont il fut nommé membre. En 1874, il continua k soutenir la politique du duc de Broglie et de ses successeurs, parla en faveur de l'institution des aumôniers militaires, sur de nouveaux impôts, sur la proposition Périer, demandant la mise k l'ordre du jour des lois constitutionnelles, et se prononça contre 1»
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firoposition de dissolution faite par M. de Maeville (29 juillet). A cette époque, M. Wallon avait constaté, parmi tous les hommes que n'aveuglait pas absolument l'esprit de parti et de réaction, qu'il était devenu impossible de faire la monarchie. Le 23 juillet 1874, M. Wallon déposa sur le bureau de l'Assemblée une proposition qui devait devenir fameuse et prononça ces mots : « A mes yeux, il n'y a que trois formes de gouvenement : la royauté, la république ou l'empire; la royauté, vous n'avez pu la faire; l'empire, vous n'en voulez pas; il ne reste donc que la république. Ma proposition cherche à en conjurer les dangers, t Sa proposition était ainsi conçue : la commission des lois constitutionnelles prendra pour base de ses travaux sur l'organisation et la transmission des pouvoirs publics les dispositions suivantes : 1<> le pouvoir législatif partagé entre deux Chambres : Sénat et Chambre des députés; 2° le pouvoir exécutif confié à un président de la république nommé pour sept ans par les deux Chambres réunies en Assemblée nationale ; 3° la loi du 29 novembre 1873, qui confère pour sept ans le pouvoir exécutif à M. le maréchal de Mac-Mahon, avec le titre de président de la république; 4° le droit pour le président de la république de dissoudre la Chambre des députés avant l'expiration légale de son mandat, sur l'avis conforme du Sénat; 5» la révision des lois constitutionnelles sur la demande soit du président de la république, soit de l'une des deux Chambres, avec cette réserve que, pendant la durée des pouvoirs conférés à M. le maréchal de Mac- Mahon par la loi du 20 novembre , cette révision ne pourra avoir lieu que sur la proposition du président de la république. »
Cette proposition fut re poussée par 657 voix contre 33. Toutefois lorsque, au mois de janvier 1875, la majorité de l'Assemblée se résigna enfin à voter les lois constitutionnelles, M. Wallon reprit sa proposition, œuvre de transaction qui ne satisfaisait absolument personne et qui cependant tinit par rallier une majorité. L'amendemeiitqu'ilprésentasur la constitution du pouvoir présidentiel et des Chambres fut voté à une voix de majorité le 30 janvier 1875; un second ayant trait au droit de dissolution de ta Chambre des députés conféré au président de la république et au Sénat fut adopté le 2 février suivant. M. Wallon peut donc être considéré comme le père de la constitution républicaine du 25 février 1875, ce qui fit dire à cette époque que le septennat s'était transformé en wallonnat. Dans le remaniement ministériel du 10 mars 1875, M. Wallon succéda à M. de Ctimont comme ministre de l'instruction publique. Dans un discours qu'il prononça, le 3 avril, à la distribution des récompenses aux membres des sociétés saintes , il osa aflirmer hautement la république , ce qui lui acquit un instant une certaine popularité. Mais 1 attitude qu'il prit dans la discussion de la loi sur l'enseignement supérieur tlt tomber toute illusion. M. Wallon se montra l'instrument docile du parti clérical, et ce ne fut pas sans étonnement qu'on vit le grand-maitre de l'Université se tourner contre elle, et se prononcer, au nom de l'Etat, pour le jury mixte contre le jury de l'Etat (12 juillet 1875;. La loi sur l'enseignement supérieur et son application occupèrent à peu près exclusivement M. Wallon pendant son passage au ministère de l'instruction publique. 11 envoya aux recteurs une circulaire sur l'application de cette loi, fit un rapport devant le conseil supérieur sur la composition du jury d'examen, rédigea le décret du 26 décembre 1875 sur la composition de ce jury, l'arrêté du 24 novembre 1875 sur les conditions du passage d'une Faculté à l'autre, celui du 25 janvier 1S7Û sur les cours isolés. D'autre part, il s'occupa de créer un certain nombre de chaires nouvelles dans les Facultés de l'Etat, établit la Faculté de droit de Lyon (octobre 1875) , lit une réglementation nouvelle de l'agrégation des Facultés, etc. Lors de l'élection par l'Assemblée nationale des 75 sénateurs à vie, M. Wallon fut porté sur la liste des candidats réactionnaires. Repoussé dans les premiers scrutins, il retira sa candidature; mais il finit néanmoins par être élu le 18 décembre 1875. Le 9 mars 187G, M. Wallon quitta le ministère de l'instruction publique, en même temps que M. Buffet se démettait du portefeuille de l'intérieur et fut remplacé par M. Henri Waddington. Le 17 mars suivant, il fut nommé doyen de la Faculté des lettres de Paris, en remplacement de M. Patin, pendant que son concurrent, M. Kgger, devenait membre du comité consultatif de l'enseignement supérieur au ministère de l'instruction publique. M. Wallon est, eu outre, depuis le 24 janvier IS73, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Comme on le voit, tes honneurs ne lui ont pas manqué. Professeur médiocre, orateur médiocre , politique médiocre, il n'a pas jeté, comme historien, un bien vif éclat. Les cours d'histoire qu'il fil h la Sorbonne étaient dépourvus de tout intérêt, absolument insipides et pour cette raison très-peu fréquentes. Ce professeur de Faculté faisait des leçons qui étaient à la hauteur d'une bonne classe' de septième. Dans ses ouvrages, où manque totalement l'esprit critique, on chercherait vainement des vues nouvelles ou profondes. 11 n'a pas fait faire uu pus aux sciences historiques
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et s'est constamment traîné dans l'ornière. On lui doit les ouvrages suivants : Géographie politique des temps modernes (1839, in-8°) ; De l'esclavage dans les temps modernes (1S47, in-8°) ; De l'enseignement et de sou organi~ sa t ion définitive en France (I848,.in-s«)j Histoire de l'esclavage dans l'antiquité' (1848, 3 vol. in-80), ouvrage couronné par l'Institut; \a Presse de 1848 (1849, in-S°) ; la Sainte Bible résumée dans son histoire et dans ses enseignements (1854, in-8°) ; De la croyance due à l'Evangile; Mémoire sur les années de Jésus- Christ (1858, in-8°); Du monothéisme chez les races sémitiques (1859, in-8°); Jeanne Darc (1860, 2 vol. in-8<>) , ouvrage qui obtint le grand prix Gobert; l'Emancipation de l'esclavage (1861, in-S°) ; Epitres et Evangiles des dimanches, extraits des traductions de Bossuet, avec' notes (1662, in-18) ; les Saints Evangiles, trad. tirée de B.ossuet (1863, 2 vol. in-8°) j la Vie de Jésus et son nouvel historien (1864 , in-18), examen critique de l'ouvrage de M. Renan, sur le même sujet; Richard II, épisode de la rivalité de la France et de l'Angleterre (1864, 2 vol. in-8°); Vie de Notre- Seigneur Jésus-Chrit, selon la concordance des quatre évangiles (18S5 , in-18) ; la Terreur (1873, 2 vol. in-8°); Notice sur la vie et les travaux de M. Charles Afagnin (1875, in-4°) ; Saint Louis et son temps (1875, 2 vol. in-8°), etc.
WALLON NER v. n. ou intr. (val-lo-né — rad. wallon). Avoir le parler pâteux eomnia les Wallons. Il Se dit dans les départements du nord-ouest.
WALLBAF (Théodore), naturaliste et historien allemand, né à Cologne en 1748, mort en 1824. Il étudia la théologie dans sa ville* natale, entra dans les ordres en 1773, devint membre la même année de la Faculté philosophique de l'université de Cologne et y fut nommé, en 1786, professeur ordinaire. d'histoire naturelle, de botanique et d'esthétique, ainsi que surveillant du jardin botanique. 11 profita, dès lors, de toutes les occasions pour augmenter ses collections d'antiquités et d'objets d'histoire naturelle, qui étaient déjà considérables, et devint, en 1794, recteur de l'université de Cologne; mais il se démit bientôt après de ces fonctions, parce qu'il ne voulut pas prêter le serment exigé des prêtres. Après la suppression de l'université en 1799, il obtint une chaire d'histoire à l'école centrale qui fut alors établie et, lors de l'occupation française , sauva , au péril de sa vie, les vitraux peints de la cathédrale, dont les Français avaient résolu de s'emparer. En 1S02, il prit une part active h la réorganisation religieuse de sa ville natale, et, en 1804, le presbytère, qui appartenait au chapitre, lui fut assigné pour logement sa vie durant. Atteint en 1818 d'une maladie grave, il lit don de ses précieuses collections artistiques et scientifiques a la ville de Cologne et reçut de cette dernière une pension, qu'il employa a l'achat d'antiquités romaines. Le roi de Prusse lui accorda aussi, l'année suivante, une pension sur sa cassette particulière. Ses collections ont formé la oase du musée de Cologne, que l'on désigne ordinairement sous ie nom de inusée Wallraf-Richarz. Il avait publié, de 1799 k 1804, un Almanach des Ubiens, qui abonde en remarquables études sur l'histoire de l'art. On lui doit aussi un ouvrage fort estimé des numismates, la Description de la collection de monnaies du chanoine de Merle, et un Recueil de documents pour l'histoire de la ville de Cologne.
WALLROTH1E s. f. (val-ro-tl). Bot. Genre d'arbres, de lu famille des verbénaeées, triffu de3 lantanées, comprenant deux espèces, qui croissent dans l'Inde, il Syn. de dhthawik, genre d'ombellifères, dont l'espèce type croît dans les Pyrénées.
WALLSEND, bourg d'Angleterre, dans le comté de Northuinberland, a 5 kilom. N.-E. de Newcastle, près de la rive gauche de la Tyne, où il a un petit port de commerce; 5, £00 hab. Chantiers de constructions navales; fabriques de produits chimiques, exportation de houille. Aux environs, on voit les ruines de la forteresse romaine de Legedunum , près de l'extrémité orientale de l'ancien mur de Sévère.
WALLSEND, bourget paroisse d'Angleterre (Northuinberland), sur la rive gauche de la Tyne, à '5 kilom. E.-N.-E. de Newcastle; 5,600 hab. Chantiers maritimes. Exportation de houille.
WALMER, village et paroisse d'Angleterre (Kent), à 3 kilom. S. de Deal, sur le pas de Calais; 1,700 hab. Forteresse construite par Henri VII et où réside le lord gardien des Cinq-Ports.
WALMESLEY (Charles), théologien et astronome anglais* né en 1721, mort en 1797. Il appartenait à l'Eglise catholique romaine, entra en Italie dans l'ordre des bénédictins, se fit recevoir plus tard docteur en Sorbonne et fut nommé, en 1756, évêque et vicaire apostolique du district occidental de l'Angleterre. Il avait été élu, en 1750, membre de la société royale de Londres. Son principal ouvrage, qui est un développement de l'Uurmonia mensururum de Cotes, a pour titre ; Analyse des mesures des rapports et des angles ou Réduction des intégrales aux logarithmes et aux arcs de cercle (Paris, 1749, in-4"). On lui doit encore : Théorie du mou-
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ventent des apsides (Paris, 1749, in-8o); De in&qualilatibus moiitum lunarium (Florence, 1758, in-4»). Il fut l'un des astronomes chargés de travailler à la réforme du calendrier anglais, qui Se fit en 1752, et écrivit sur des questions d'astronomie différents mémoires, qui ont été insérés dans les Phitosophical transactions. Comme théologien, il n'est connu que par ses commentaires explicatifs sur l'Apocalypse, la vision d'Ezéchiel, etc.
WALNBY, petite lie de l'Angleterre, située darfs la mer d'Irlande, près de la côte du comté de Lancastre, à l'entrée de la baie de Morecambe. Elle s'étend le long de la côte sur une longueur de 15 kilom. et une largeur de 2 kilom., et n'est complètement entourée d'eau qu'à la marée haute.
WALPERS1E s. f. (val-pèr-sl — de Wal-
pers, botan. allem,). Bot. Genre de sous-ar-
-brisseaux, de la famille des rhamnées, tribu
des phylicées, comprenant plusieurs espèces
qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
WALPOLE, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-Hainpshire, à 96 kilom. S.-O. de Concord, sur le Coiineoticut; 2,600 hab. f
WALPOLE, bourg des Etats-Unis, dans l'Etat de Massachusetts, à 17 kilom. S.-O. de Boston-, 2,400 hab.
WALPOLE (Robert), homme d'Etat anglais, né à Hogghton (Norfolk) en 1676, mort a Londres eu 1745. Son enfance n'annonçait rien de remarquable. « On me l'a représenté, dit son fils Horace dans ses Mémoires, comme un garçon indolent qui détestait les livres et Se faisait des amis au collège. » Lord Boiingbroke, son condisciple, qui fut plus tard son rival, recherchait, au contraire, toutes les distinctions à la fois et se faisait des ennemis; tous deux conservèrent le même caractère dans la vie. L'un eut plus de gloire, l'autre plus de succès ; Boiingbroke brilla comme homme du inonde, écrivain, orateur, chef de secte, et donna la mouvement aux philosophes du xviii» siècle ; Walpole se renferma toujours dans la pratique de la vie et ne renonça jamais à son profond dédain pour les livres, ceux qui les font et ceux qui les lisent. Fils d'un gentilhomme campagnard, il passa une partie du sa jeunesse ù chasser, à boire et à gérer ses fermes. < C'était alors, suivant Horace, un beau grand garçon de taille herculéenne, aux épauies larges et carrées, la figure ouverte et spirituelle, l'œil doux et pénétrant, le nez retroussé, le front bombé, le sourire intelligent et candide, de cette candeur narquoise si commune dans les campagnes entre gens qui sont habitués k se deviner et à s'attraper; d'ailleurs, portant bien la tête; suzerain à ne pas s'y méprendre, parlant haut, chantant fort, grossier comme un homme bien né qui redeviendra civil quand il lui plaira. > 11 était à vingt-cinq ans un gentilhomme fort estimé; il se maria et continua a s'occuper de chasse, d'agriculture et d'amours champêtres; il permettait du reste à lady Walpole de l'imiter sur ce dernier point; En 1700, ayant hérité, par la mort de son frère aîné, de la fortune et du titre paternels, il entra au parlement et s'y montra whig déterminé aux côtés dos Marlborough et des Stanhope. L'ambition s'était éveillée en lui; il s'attela à. la besogne avec un zèle qui faisait dire au vieux Marlborough • qu'il tournait la meule comme un chien, doggebdly. • Ses amis le placèrent au conseil de l'amirauté, puis le firent secrétaire de la guerre; il lui fallait quelque chose de plus. Il n'était pas très-riche, et les alliances lui manquaient. Pour combler ces vides, il appela sur luiJa persécution et l'obtint.
Les whigs étaient maîtres des affaires depuis 1088. Mais, en 1710, quand l'établisse- • ment de Guillaume eut acquis quelque fixité et que la révolution sembla définitivement triomphante, il se fit en faveur de l'autorité et du torysme une réaction à laquelle on pouvait s'attendre. Elle renversa les whigs. Les tories, qui voyaient en Walpole un homme de valeur, essayèrent de l'attirer à eux et lui proposèrent une place dans ie cabinet nouveau. Walpole refusa. On comprit qu'il fallait le détruite; on l'accusa de corrupdon et de péeulat et on le fit emprisonner à la Tour. Walpole, loin de s'en fâcher, s'en réjouit. « Tous les jours, dit son fils, il y avait grand lever dans sa prison. Le duc de Marlborough et les duchesses Godolphin, Sunderland, fulteney n'en sortaient pas; on ne voyait que voitures armoriées et équipages splendides dans la cour de la vieille geôle. Robert y donnait à dîner tous les jours, et les poètes, qu'il dédaignait fort, lui envoyaient leurs dédicaces. ■ A cette occasion, un acteur vint chanter sur le théâtre une ballade dont le refrain populaire était : Notre bijou est à la Tour, et qui finissait par ces mots significatifs : « On a voulu l'acheter notre bijou, et les lapidaires dé l'Etat ont voulu l'enchâsser à leur façon ; mais ils l'ont trouvé trop solide. Le temps viendra où il sortira de sa prison plus rayonnant que jamais et où il luira sur ses ennemis et ses amis. >
La popularité de Robert Walpole était établie ; ses commettants le renvoyèrent au parlement pour faire pièce au ministère, et il ne tarda pas à devenir, malgré sa jeunesse, le second chef, du parti whig. Le ministre whig Godolphin, a son lit de mort, adressa ces paroles k la duchesse de Marlborough : « Je
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vous préviens que si vous ne soutenez pas ce jeune homme de toute votre force, je reviendrai de l'autre monde pour vous reprocher votre conduite. C'est l'espoir de notre parti! Ne l'oubliez jamais. » Le vieux ministre avait raison.
On était alors en 1714, à la fin du règne de Louis XIV; la cause protestante, soutenue par l'aristocratie anglaise, allait de nouveau triompher sur la tombe de la reine Anne. Le whiggisme, qui représentait la liberté, avait pour lui les sympathies populaires; l'avenir était à lui. La reine Anne eut pour successeur George 1er, chef de la branche hanovrienne, ennemi né du catholicisme, prince débauché, insignifiant du reste, qui s'abandonna complètement aux whigs. Robert Walpole, la plus forte tête du parti, fut nommé d'abord payeur général, puis chancelier de l'Echiquier et premier ministre (first lord of the treasury). Membre de la question d'enquête chargée d'examiner la conduite du ministère tory, il avait pu tirer une cruelle vengeance de ses ennemis. Il touchait le ternie de son ambition ; mais l'armée des whigs qu'il commandait ne lui paraissait pas assez disciplinée, assez unie. A la suite de quelques démêlés avec ses collègues en 1717, il remit au roi les sceaux de grand chancelier. La scène que raconte Horace Wulpole, à cette occasion, mérite d'être citée :« Au premier symptôme d'indiscipline, mon père remit entre les mains de George le bâton du commandement, comptant bien le reprendre lor.--que sa troupe serait revenue au devoir. La scène fut violente et longue. Perdre Robert Walpole, c'était, pour le monarque, perdre le bouclier et la lance. On se fâcha ; les sceaux que le ministre s'obstinait à ne pas garder furent replacés dans le chapeau de Walpole de la main même du monarque; le réfractaire sortit du cabinet royal, le visage ardent, des larmes duns les yeux et parfaitement hors de lui-même. Le roi l'envoya chercher le lendemain, le pria, le supplia, mais sans succès... » L'ambitieux personnage voulait être le maître, et il savait qu'on serait tôt ou tard forcé de passer par ses conditions. Descendu du ministère, il devint pour ses anciens collègues l'adversaire le plus dangereux. Tantôt donnant la main aux jucobites, sans toutefois se compromettre avec eux, tantôt se plaçant sous la protection du prince de Galles et le raccommodant avec son père, recrutant des amis personnels, surtout par des services d'argent, il eut le mérite de proposer de bons bills de finances, donna l'idée de la caisse d'amortissement et s'opposa aux spéculations aléatoires et à l'agiotage i-uineux, dont la fièvre dévorait l'Angleterre Comme la France et qui absorbaient les capitaux des deux pays. Du reste, liâtons-nous de le dire, tout en foudroyant publiquement l'agiotage, il ne laissa point que d'en profiter en secret et réalisa des bénéfices énormes par d'habiles opérations. L'alarme étant devenue universelle, le crédit se trouvant ruiné, le commerce en souffrance, ou voulut châtier les ministres qui avaient prêté la main aux agioteurs. « 11 se fit, dit Horace Walpole, une phalange compacte de jaeobites, de tories et de whigs qui hurlaient à qui mieux mieux et marchaient à la destruction du trône et peut-être du pays, si Robert Walpole ne s était mis en travers. » Il olfrit les remèdes à une situation qu'il avait prévue, se garda bien d'accabler les ministres, qui furent forcés d'abdiquer leurs fonction'! ; il les défendit, au contraire, avec une générosité prudente et, en 1721, remonta au pouvoir à la place de Sunderland. Alors maître des whigs, dont il disposait à son gré, premier ministre du trône protestant et de la bourgeoisie aristocratique, Robert Walpole commença son rôle, qui consista d'uboid à calmer lu terreur panique des capitalistes, ensuite k protéger le commerce, k rassurer les capitaux , à rallier les intérêts autour du parti whig. Le roi, qui ne savuit, comme le dit un jour Shippen dans les Communes, ni la langue ni la constitution de l'Angleterre, laissait agir Robert Walpole, qui, à partir de celte époque, dirigea toute la machine du gouvernement. Il eut Use défendre contre des attaques de toute sorte, même contre des tentatives d'assassinat. Ses principaux ennemis furent : l'évèque Atterbury, qui conspirait ouvertement ; Boiingbroke, qui voulait le supplanter; le doyen Swift, qui auieuta toute sa vie l'Irlande contre le ministre, Robert se tira de ces dangers sans tuer personne, il exila Atterbury, sauva de la dégradation et du bannissementJBolingbroke, condamné à mort, qu'il exila du pouvoir en lui dounaut la vie, et laissa Swift défendre l'Irlande à sa guise. Il subissait en riant les attaques de ces trois plumes enragées. Le Cruftsmann de Boiingbroke, le Drapier da Swift, les lettres particulières d'Atterbury le traînèrent dans la boue sans qu'il s'en émût jamais. Il avait, du reste, un parfait dédain pour la presse en général et comptait pour rien le talent d'écrire. Lorsque George 1er mourut eu 1727, Robert Walpole resta ministre sous le nouveau monarque par l'influence de lu reine et, de concert avec elle, gouverna le roi et le pays. Il faut lire à ce sujet d'amusantes scènes racontées par Horace Walpole : « La reine Caroline entrait chez son mari, et quand elle y apercevait sir Robert, elle faisait la révérence et se retirait humblement. Le roi la suppliait
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de rester; elle prenait un siège, semblait ne faire aucune attention aux affaires qui se traitaient et s'occupait de toute autre chose. Quelquefois George II lui demandait son avis : Je il entends rien à la politique, s'écriaitelle. Cette modestie ravissait le soldat George, qui ne craignait rien tant que d'être mené, crainte commune à tous les faibles. Le roi insistait, et, sur certains signes convenus d'avance entre elle et mon père, elle parlait ou se taisait, s'avançait ou s'arrêtait, se tenait sur la réserve ou hasardait son opinion ; tout cela était si bien concerté que ni le roi, ni les assistants, quand par hasard il y en avait, ne devinèrent jamais la scène arrangée entre la reine et le ministre. Mon père jouait avec son chapeau, prenait son épée, lirait son mouchoir, plissait son jabot; chacun des détails de cette télégraphie avait un sens précis. En général, les matières discutées entre la reine et te ministre avaient été la veille même passées en revue et étudiées à fond par la reine et sir Robert; mais ce qui m'amuse infiniment, c'est la bonhomie des contemporains et des historiens qui ont été dupes comme le roi. Ils ont imaginé que la reine ne se mêlait jamais des affaires de l'Angleterre. Le fait est qu'elle menait l'Angleterre d'accord avec mon père. • Robert Walpole eut, en réalité, le souverain pouvoir de 1727 à 1737. Sa politique fut constamment pacifique ; il trouva k s'entendre en ce sens avec le cardinal Fleury, qui gouvernai! alors la France. Mais cette paix, si favorable au développement industriel et maritime de l'Angleterre, fut une duperie pour le voisin. Robert préparait la prospérité du commerce anglais: Fleury hâtait la décadence de la monarchie française.
Walpole garda constamment une forte majorité dans les deux chambres jusqu'en 1737. Par quels moyens obtint- il ce résultat? Les contemporains ne lui ont pas ménagé à ce sujet les attaques; on l'a souvent appelé le
père de la corruption ; OH lui attribue Ce
mot cynique : « Chaque homme a son tarif. • Il est certain que ce laborieux ouvrier de la chose publique n'avait guère de scrupules et qu'il trafiquait très - tranquillement des consciences et des opinions sur le marché politique; mais si l'on considère l'état moral de l'Angleterre à cette époque, on irbit reconnaître que Robert Walpole était juste au uiveau de son temps et qu'il n'était ni plus ni moins corrompu que ceux qui l'ont attaqué avec tant de véhémence. « Les consciences qu'on l'accusait de séduire, dit M. Philarète Chasles, venaient k lui pour être séduites; devait-il les décourager? Cette question inorale a bien sa valeur. > Quoi qu'il eu soit, après la mort de la reine, survenue en 1737, le ministre ne fut plus aussi fort. La nation désirait la guerre avec l'Espagne. Walpole , fidèle à son système de paix et d'économie, préféra la voie des négociations. Ce ne fut qu'à la dernière extrémité qu'il consentit à une rupture avec l'Espagne ; mais alors la lenteur qu'il apporta dans les armements, l'insuccès de deux campagnes, l'énormité des taxes excitèrent contre lui la haine du peuple et grossirent les rangs de 1 opposition. De 1738 à 1742, le ministre ne lit que se défendre pied k pied contre une formidable coalition de jacobites et de whigs dissidents. Il résista autant qu'il put et ne tomba qu'au dernier moment. Un membre nommé Sandy lui annonça dans la chambre des Communes qu'il apporterait, un jour qu'il lui désigna, les preuves de différents délits sur lesquels il se proposait de l'attaquer. Walpole le remercia et conserva assez de sang-froid pour discuter pendant la séance un point d'érudition concernant le poëte latin Horace. Le jour où Sandy l'attaqua, il se défendit avec modération ; il eût<peut-étre succombé si, par une manœuvre adroite, son parti n'avait pas prolongé tellement les débats qu'un grand nombre de inemlires de l'opposilion se retirèrent avant la clôture. Ou 1 attaqua aussi violemmeut dans la chambre haute, où son principal adversaire était le prince de Galles, qui le détestait. Le nombre des opposants allait toujours croissant, et ils avaient pour chefs des hommes tels que Windham, Pulteney, Carteret, Chathani. Le ministre finit p:ir succomber. A la fin de 1741, il n'avait plus compté que des majorités de dix, puis de sept voix. En même temps, sa robuste constitution s'affaissait. • IL ne dort plus, écrivait Horace Walpole en 1742; autrefois, ses rideaux n'étaient pas tirés qu'il ronflait comme un bienheureux. A peine à table, c'était le convive le plus gai, le plus brillant, le moins ministre du monde; maintenant, il reste en face de son assiette, l'œil fixe et ne disant rien. > Le 11 février 1742, il donna sa démission. Il s'était fait l'avant-veille conférer la pairie sous le titre de comte d'Orford. Hoburt Walpole se retira dans son domaine de Houghton, où il mena la même vie que dans sa jeunesse, chassant et buvant. A la nouvelle de l'invasion du prétendant (juillet 1745), le roi fit mander Walpole, qui souffrait alors d'une maladie d'entrailles; il vint k Londres à petites journées et soutint dans un discours habile la politique du gouvernement. Cet effort l'acheva; il mourut peu de temps après dans son hôtel de Londres.
« Le succès de Robert Walpole fut tout entier dans cette qualité, le bon sens, dit M. Philarète Chasles. Par elle, il triompha de Bolingbroke, se moqua des puritains et
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dupa les jacobites. Personne mieux que lni ne savait quand et comment il fallait agir, ce qu'il fallait faire, où l'on devait s'arrêter. 11 comprit sa mission et son œuvre, qui étaient de réglementer, de pacifier, de coordonner, de grouper les partis, de recruter des alliés et de temporiser, pour que l'établissement de Guillaume eût le temps de s'asseoir. Ce n'était pas une œuvre généreuse, ni grandiose ; telle quelle il s'en chargea... Il est évident qu'il était parfaitement d'accord avec le centre de la nation, avec la bourgeoisie commerçante, l'aristocratie whig et le peuple industriel. Contre lui s'élevaient les passions extrêmes, l'intérêt et la générosité jacobites, l'utopie et l'idéal de la république calviniste, les deux points opposés et violents du monde anglais. Les indifférents, les flottants, les corrompus demandaient à être achetés ou ralliés; Hobert leur donna ce plaisir. Le commerce voulait du calme ; le Ilot des cinquante dernières années grondait encore. La moindre violence pouvait réveiller ce qui s'assoupissait, le moindre éclat déchirer de tristes voiles et révéler des plaies récentes. Robert fut le garde-malade vigilant de cette société meurtrie, saignante, flétrie et vigoureuse... Le portrait de Robert Walpole se trouve k Cambridge. A voir cette figure de bonhomme madré, ce petit nez peu héroïque, cet œil fin et brillant, ces plis qui se prolongent k la commissure des paupières, ce double menton de gastronome, ces lèvres riantes et qui se relèvent des coins, ce caractère de tête sans élévation, cette tenue sans prétention comme sans timidité, l'on reconnaît le rustique et spirituel fils du seigneur-fermier de Houghton, celui que l'on appela le maquignon de* couacieneee et qui trouva de grandes facilités k ce commerce, puisqu'il a tenu l'Angleterre dans ses mains pendant un quart de siècle. George Ier? George II ne sont que des draperies; le vrai pouvoir, c'est Walpole. ■
WALPOLE (Horace), comte d'Orford, littérateur anglais, fils du précédent, ne à Londres en 1717, mort en 1797. Il était le troisième fils du célèbre ministre. Robert Walpole, mari facile, trouvait qu'il rappelait un peu trop fidèlement les traits d'un certain lord Hervey, un ami de la maison; aussi ne s'occupa-t-il guère de lui; son éducation première fut laissée aux soins de sa mère. Le jeune homme entra ensuite à l'école d'Eton, puis k l'université de Cambridge, où il connut Gray et Montagu, Il n'avait que vingt ans lorsque sa mère vint à mourir, perte qu'il ressentit profondément; dix-sept ans après, il s'occupait encore de lui élever à Westminster un monument dont il composait l'inscription. A peine veuf, le père se remaria, et Horace alla faire sur le continent le voyage obligé des débutants de sa condition. 11 visita la France et l'Italie en compagnie d'un de ses condisciples, le poète Gray ; tous deux finirent par se brouiller, et ils se séparèrent à Keggio. C'est à Florence, où il résida quelque temps, qu'Horace Walpole mena avec le plus de suite et de dissipation la vie du monde. 11 y trouva bonne compagnie, des Françaises spirituelles , des Anglais d'un commerce agréable, et surtout 'M. Mann, chargé d'affaires près de la cour de Toscane et qui occupa ce poste jusqu'en 1786. Horace Walpole continua d'entretenir avec lui une correspondance qui dura quarante-cinq ans et qui se compose de plus de huit cents lettres. Cette spirituelle correspondance, qui est la peinture familière et au jour le jour de l'Angleterre pendant un demi-siècle, forme un monument historique très-important et suffirait pour assurer k l'auteur une reuommée durable. ,»
Horace Walpole revint en Angleterre en septembre 1741. 11 y arrivait pour représenter, dans le nouveau parlement, le bourg de Cullington, dans le Cornouailles. Le monde politique était fort agité, la crise éclatait où devait succomber son père après tant d'années d'un grand pouvoir. Horace prononça pour la défense du vieux ministre quelques mots préparés et mesurés que loua Pilt, tout en combattant ses conclusions. Celte première expérience des affaires eut sur lui une durable influence. Elle lui inspira tout k la fois un grand dédain pour le public, de la défiance envers tous les hommes d'Etat et le goût de les peindre plutôt que de les imiter. Son début comme orateur lui laissa un bon souvenir, mais peu d'envie de recommencer. Son tour d'esprit et peut-être sa constitution délicate ne lui promettaient pas les succès de la tribune, et l'on dit qu'il ne parla pas plus de deux ou trois fois pendant les vingt -sept années qu'il siégea sur les bancs parlementaires. Il n'avait rien de cette force et de cette égalité de tempérament, de ce fonds de bonne humeur qui s'unissaient chez son père k l'activité ardente d'une infatigable ambition.
C'est dans le monde et dans les lettres, c'est comme critique ingénieux, comme observateur fin et moqueur des ridicules, des intrigues et des vices de son temps que brilla Horace Walpole. Il obtint des succès dans divers genres; mais, indifférent, attaché à ses aises et à ses manies, il ne voulut être et ne fut jamais en toute chose qu'un amateur. Bien que son père lui eût laissé en mourant peu de fortune, les sinécures dont il était titulaire lui permettaient de mener
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facilement la vie du grand monde, dnns lequel son nom et son esprit le plaçaient au premier rang. C'est k ce titre de gentleman qu'il tenait avant tout, et quoiqu'il passât son temps à écrire, il se défendit toujours d être auteur; il eût cru déroger en acceptant cette qualification. Il voulait bien être célèbre comme écrivain, mais k condition que la célébrité lui viendrait malgré lui et qu'il mènerait toujours dans le monde une vie de gentleman oisif. « 11 n'était pas plus auteur, dit un de ses biographes anglais, que le père de M. Jourdain n'avait été marchand. Lui marchand I c'est pure médisance 1 II ne l'a jamais été. » Ou le complimentait un jour sur l'érudition qu'il avait déployée dans plusieurs de ses. ouvrages : • Moi, répondit Walpole impatienté, moi éruditl je ne sais rien ; comment saurais-je quelque chose? Jiii toujours vécu au milieu d un inonde bruyant; je dors la grasse matinée, que je prolonge autant que possible; je soupe tard ; j'ai passé la moitié de ma vie k jouer au pharaon jusqu'à trois heures du malin; je suis un grand enfant, et voilà tout. » Walpole avait alors quarante-trois ans passés.
. Horace Walpole collabora au Monde, rédigé par des hommes de bonne compagnie comme lui, et qu'a ce titre il trouvait trèssupérieurs en talent k des roturiers comme Thomson et Fielding; c'étaient Chesterfield, Jenyns, lord Bath, sir Charles William, Whitliead, hommes d'esprit sans doute, mais qui n'étaient point des écrivains de premier ordre. En 1752 parut le premier ouvrage vraiment remarquable de Walpole, VJEàes Walpàliana, ou la description du magnifique palais que sou père possédait dans le Norfolk k Houghton et de la belle collection de peinture et d'objets d'art que ce palais renfermait. En 1757, il publia une Lettre de Xo-ho, philosophe chinois à Londres, à son ami Lieuchi à Pékin, satire remarquable qui eut un tel succès qu'on en fit cinq éditions en quinze jours. Walpole établit cette même année k Strawberry-Hill une presse où il fit imprimer la plupart de ses ouvrages et ceux de quelques auteurs qu'il aimait, les odes de Gray,- par exemple, la traduction des œuvres de Hentzner, l'ouvrage de lord Withworth sur la Russie, la vie de lord Herbert de Cheibury, etc.
Walpole fit un second voyage en France au mois de septembre 1765. A Paris, il rencontra Mm0 du Défiant qui, aveugle et âgée de soixante-dix ans, s'éprit pour lui d'une amitié qui avai t.tous les caractères d'un amour très-violeul. Walpole, redoutant le ridicule, lui écrivit un jour k ce sujet qu'il ne voulait pas être k cinquante ans le héros d'un roman dont l'héroïne en avait soixante-dix; mais, malgré beaucoup de duretés de ce genre de la part de Walpole, leur liaison dura dixneuf ans, jusqu'à la mort de M'08 du Deffant. Quoique en apparence amis de Voltaire et en correspondance suivie avec lui, tous deux le détestaient et méprisaient la plupart des philosophes de leur temps. Leurs prétendus ridicules sont le sujet continuel des sarcasmes de Walpole dans sa correspondance aveu Mm«< du Défiant. Elle mourut en 1780 et légua k son vieil ami ses manuscrits et sou chien.
Walpole se retira des affaires publiques en 176$, avant la dissolution du parlement; il adressa k cette occasion au maire de Lynn une lettre remarquable pour lui faire connaître qu'il renonçait ft l'honneur de représenter plus longtemps ses administrés, l.a même année, il publia ses Doutes historiques sur la vie et le rèyne de liiehard 111 (Londres, 1768, in-40), sorte de justification paradoxale de ce monarque. Il eut aussi k la même époque des discussions avec Chatterton, dont la mort valut au grand seigneur tant de reproches. Quelques années après parut la Mère mystérieuse, tragédie lugubre et atroce, impossible k la représentation, mais offrant de sérieuses qualités. Il n'arriva rien de remarquable k Walpole jusqu'en 1791, époque de la mort de son neveu, uout il fut l'héritier. Devenu comte d'Orfurd, il ne siégea pas une seule fois k la chambre haute et continua jusqu'à sa mort de passer son temps avec ses uiniset de cultiver les lettres.
Outre les ouvrages que nous avons cités, on a d'Horace Walpole le Château d'Olrunte, roman dans le genre d'Anne Radcliffe, trad. en français (1761, in-12); Souvenirs des cours de George 11 et George 111 (Londres, 1S05, in-fol.); Mémoires sur les dix dernières années du règne de George 11 (Londres, 1822, in -4°), traduit en français par Cohen (1823, 2 vol. in-8o); Mémoires sur le règne de George 111 (Londres, 1845, 4 vol. in-8°) ; enfin sa Correspondance (Londres, 1857-1859, 9 vol. in-S°). Hue partie seulement de ce recueil, les Lettres à sir G. Montagu, a été traduite eu français par M. Ch. Malo (Paris, 1818, in-8°J; les Lettres de di™* du Veff'nnt à H. Walpole ont été également publiées k part (Londres, 1810, 4 vol. in-12).
On écrivain anglais a tracé le portrait de ce singulier caractère dans des termes qui méritent d'être reproduits. «On ne lait, dit-il, des pâtés de foie gras qu'en donnant une prépondérance extraordinaire et une obésité contre nature au pauvre animal que le gastronome sacrifie k ses plaisirs. De même, l'espèce de délicatesse qui se fait remarquer chez Horace Walpole n'est que le résultat d'une maladie intellectuelle. Artificiel, ca-
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prieieux, plein d'affectation et de fantaisies, il avait étouffé son naturel et voilé ses sentiments personnels sous une multitude de plis et de replis, de masques qu'il déposait et qu'il reprenait tour k tour, de rôles qu'il s'imposait. Il était impossible de percer toutes ses enveloppes et d'aller jusqu'à l'homme réel. Plus misanthrope que Timon, plus philanthrope qu'Howard , plus courtisan que Chesterfield, plus pédimtesque que les antiquaires, plus aristocrate que le premier baron chrétien, plus ironique que Voltaire, affectant de dédaigner tout ce qui le méprisait, il .avait peu d'estime pour tout ce qu'il affectait d'admirer... Pour qu'il prit un intérêt vif k quelque chose, il fallait que ce fût une bagatelle. Sa politique, c'étaient les intrigues domestiques de la cour de George II. Eu se mêlant k ces tracasseries de ménage, il se croyait diplomate; en les consignant dans ses lettres, il se disait historien... Or. voyait suspendu chez lui dans un beau cadre le texte original de la sentence signée par Cromwell et qui conduisit Charles |ef à l'échafaud. Il avait inscrit au-dessous : Major charta... Au fait, il n'était républica n que par plaisanterie et révolutionnaire que pour s'amuser. Ses opinions, contraires k son tempérament et k sa nature, n'étaient pour lui que des jouets qu'il estimait k peu près comme une vieille lance contemporaine des Tudors ou comme un pistolet qui aurait appartenu k Cromwell. Ce qui est curieux, c'est de voir ce jargon de républicanisme uni k toutes les habituies de la cour, cet élève des Fym et des Bradshaw écrire avec beaueuup de soin et d'élégance un catalogue des auteurs royaux, manquer rarement d'assister k un grand lever et se montrer dans toutes ses relations l'imitateur fidèle des marquis et des comtes qui brillaient sous Louis XIV. Que lui importait après tout la politique, pourvu que ses petites ogives de plâtre s'élevassent k lu hauteur convenable et qu'il eût disposé agréablement dans sa galerie ses fauteuils d'ivoire sculptés et ses cuirasses de peau de rhinocéros! Après tout, c'était un homme rare et un écrivain remarquable. Jamais peut-être une si étrange combinaison de défauts et de qualités ne se trouvera chez lu même écrivain. Son goût n'est pas pur; sou imagination n'est pas créatrice ; il n'est pas né logicien; il manque de profondeur. Quel est donc le charme irrésistible des écrits d'Horace Walpole? On peut le résumer en un mot : il amuse.
• En le lisant, vous n'êies pas convaincu, saisi, pénétré, touché; mais vous le suivez avec attention ; votre intelligence est éveillée; il vous force d'admirer l'adresse avec laquelle une foule de riens élégants sont disposés dans sa galerie. Ne cherchez pas dans ses écrits l'utilité, la beauté, la grandeur, mais la bizarrerie, l'intérêt piquant, la singularité. Continuateur de ces beaux esprits qui, sous Charles il, importèrent eu Angleterre l'affectation de Voiture et de Balzac, il a sur eux un grand avantage : il ne revêt jamais la robe du professeur et du pédant; il rit, il plaisante, il se moque de lui-même. Vous pouvez tout lui passer : facéties, mauvaises épigramuies, jeux de mot heureux ou malheureux, comparaisons extravagantes, fantaisies et affectations de toutes les espèces. Jamais il n'ennuie, et c'est un immense talent. • Un tel homme avec tous ses défauts devait exceller dans le style épistotaire, et, en effet, il y excelle. On le met en ce genre au niveau de Mm" de Séviguè et de Voltaire.
WALPOLE (Spencer-Horatio), homme politique anglais, né en 1806. Il descend d'Horatio, lord Walpole de Wolterton, frère do sir Robert Walpole, et est le second fils de Thomas Walpole de Stagbury-Paik (comté de Surrey) et de Marguerite Perceval, lille du comte d'Egmont. Après avoir étudié le droit k Etou et k Cambridge, il devint avocat en 1831, et se livra avec succès k la pratique du barreau. En 1835, il épousa sa cousine, Isabelle, la plus jeune fille de l'expremier ministre Spencer Perceval, et celte union le rapprocha encore davantage des tories, auxquels il appartenait pur sa naissance. L'influence du comte d'Egmont le fit entrer, en 1S46, au parlement comme représentant du bourg de Midhurst, et, s'il lui fut possible de jouer un rôle important dans cette assemblée, ce fut moins k cause de son mérite particulier, que par suite de ses relations, ainsi que du manque.de chefs de talent, qui paralysait l'activité du parti des protectionnistes , si nombreux cependant. M. Walpole possédait, toutefois, de profondes connaissances eu droit et en théologie, ainsi qu'un assez remarquable talent oratoire, et il trouva notamment l'occasion de se faire valoir lors des débats sur les titres ecclésiastiques (1851), où il vainquit lit résistance faite par le ministère whig à l'aggravation des mesures employées contre le clergé catholique. Lorsque, par suite, en février 1852, on forma un cabinet protectionniste, sous la présidence de lord Derby, M. Walpole en lit partie comme secrétaire d Etat de l'intérieur; mais la manière dont il remplit ces fonctions n'augmenta en rien sa réputation, et son inexpérience politique se fit, au contraire, jour k diverses reprises. Son dévouement bien connu aux tories lui valut cependant l'honneur d'être élu, en 1856, par l'université de Cambridge au Par-
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lement, et, lorsque, en 1858, son parti fut ruppelé au pouvoir, il reprit aussi le portefeuille de l'intérieur, qu'il ne conserva que fort peu de temps. Il passa alors dans les rangs de l'opposition et sut conquérir une place éminente au sein du Parlement, par son attitude à la fois ferme et modérée et par l'honorabilité universellement reconnue de son caractère. Mais, où il devait acquérir une célébrité aussi retentissante que fâcheuse, c'est pendant son nouveau passage au ministère de l'intérieur (1866- 18G7), dans le troisième cabinet Derby, passage qui a été regardé comme la catastrophe finale de sa carrière politique. Par son ordre, on empêcha, en juillet 1866, la réunion du grand meeting de la réforme dans Hyde Park, et c'est k,lui personnellement qu'incombe la responsabilité des luttes sanglantes que cette interdiction provoqua entre le peuple et la police. En mai 1867, il interdit de nouveau, avec une imprévoyance inexplicable, la réunion au même lieu d'un autre grand meeting, mais se vit forcé, après que de grands préparatifs militaires avaient été faits pour disperser la manifestation, de révoquer l'ordre qu'il avait donné, et qui était en opposition directe avec la constitution anglaise. Il ne pouvait rester au ministère après une telle défaite; il conserva cependant son siège et sa voix au cabinet, mais sans avoir de portefeuille. Il a dû se retirer définitivement après la formation du ministère Disraeli en février 1868.
WALPURGIS on WALPURGE (sainte), sœur de saint Willibald et de saint Wuiuiibuld, née en Angleterre dans les premières années du viirc siècle. On ne connaît pas l'époque de sa mort. Elle suivit ses frères en Allemagne, où les avait appelas saint Bonil'acu. Willibald y fonda, vers74l, l'évêché d'JEichst*dt, et Wmmibald le couvent d'Heidenheim, situé à peu de distance de cette ville. Il confia à sa sœur la direction des religieuses, qui habitaient dans une des ailes du monastère, et, après la mort de Wunnibald (7G3), elle se mit.uvec le titre d'abbcsse.àla tête des moines, du moins si l'on en croit l'auteur de la-Vie de saint Wunnibald. Il parait qu'elle conserva cette dignité jusqu'à sa mort, qui fut postérieure k l'année 777; a cette époque, elle assista à la translation solennelle du corps de son frère.
• Les ossements de sainte Walpurgis furent, vers le milieu du ix<-' siècle, transférés à Eichstredt , où un couvent particulier fut fondé en son honneur. Sa biographie fut écrite vers la fin du même siècle par le moine Wolfhart, du couvent d'Haseiiried; mais, comme toutes les légendes postérieures, auxquelles cet ouvrage a, du resta, servi de base, il ne renferme que le récit- de faits miraculeux analogues à ceux que l'on trouve dans la plupart des vies de saints.
Le culte de sainte Walpurgis se répandit rapidement. Dans toute l'Allemagne , en France, dans les Pays-Bas et en Angleterre, on lui éleva des églises et des chapelles et on célébra solennellement sa fête; maison ignore pourquoi cette fête a été fixée au l<=r mai. qs jour était l'un des plus solennels ■ de toute l'antiquité païenne; c était l'époque d'uïie grande tète du printemps et des grandes assemblées populaires, Lorsque les anciens dieux du paganisme, sous l'influence du christianisme, furent devenus de simples démons et que la croyance aux sorcières commença à se répandre, une fâcheuse célébrité s'attacha k la nuit de Walpurgis, car l'on crut que, dans la. nuit du 30 avril au 1er mui^ jcs sorcières, montées sur des inanches à balai ou sur des boucs, se réunissaient aux endroits où avaient liey anciennement les réjouissances et les saerinces publics, pour s'y divertir avec le diable, leur maître, et il y eut ainsi en Allemagne el dans les pays voisins un grand nombre de montagnes qui devinrent, dans les croyances populaires, le théâtre de ces réunions. La plus célèbre de toutes ces montagnes dans l'Allemagne du Nord était le plus haut sommet du Harz, connu sous le nom de Brocken, Biocksberg ou Biocksberg. De même qu'à l'époque du paganisme on avait cru à l'existence de mauvais esprits qui pouvaient nuire aux moissons naissantes et aux arbres en fleur, de même, k l'époque chrétienne, ou sortait cette nuit-!k en portant des blanches de buis, on se répandait dans les champs, on frappait sur les arbres, on faisait claquer des fouets, on courait ça et là avec des. torches enflammées, on protégeait les étables en traçant des croix sur la porte et l'on donnait au bétail une nourriture qui avait la propriété de rompre les charmes, afin de détruire la pernicieuse influence des sorcières. Sainte Walpurgis n'avait rien de commun avec ces dernières, et ce n'est qu'à cause de sa coïncidence avec l'époque des fêtes païennes que le jour de sa fête a acquis dans l'imagination populaire une aussi sinistre renommée. La légende populaire qui se rattttche à la nuit de Walpurgis a été mise à différentes reprises sur le théâtre en Allemagne. Elle a notamment fourni le sujet et le titre de trois opéras : le premier, avec musique du Rumler, a été représenté à Prague en 1827; ie second, avec musique de WeiUmanu, à Revel vers 1835, et le troisième, avec musique de Schrœder, à Berlin, en 1847.