‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 893 sur 1042 · WEAR · texte numérisé non relu

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mathématiques au collège de l'Union. L'année suivante, il fut appelé à la présidence de l'université deBrowne, ù Providence (Rhode- Island), et il a conservé ces fonctions jusqu'à ces dernières années. On a de lui : Projet de réforme dans l'enseignement et l'organisation des collèges des Etats-Unis (Boston, 1842), publication qui donna lieu k une polémique des plus vives, a cause des idées nouvelles émises par l'auteur, idées qui depuis lors ont presque toutes triomphé et ont été mises en pratique pour l'organisation de l'enseignement; Eléments de science morale, souvent réédités et traduits en plusieurs langues; Eléments d'économie ■politique (Londres, 1838, in-32); Philosophie de l'intelligence; Limites de la responsabilité humaine; Lettres sur l'esclavage ; Mémoires du révérend Adoniram Judson (Boston, 1854, 2 vol. in-12), etc.

WAYNE (Antoine), général américain, né dans la Pensylvanie en 1745, mort en 1794. 11 est du petit nombre des chefs de la guerre de l'indépendance qui joignirent au courage des talents militaires, et qui surent établir quelque discipline parmi des volontaires peu habitués à la subordination. Il battit les Anglais à Monmouth, reçut une blessure grave en enlevant d'assaut le fort de Strongpoiut, devint major général en 1779, eut une part glorieuse k la victoire d'York-Town (19 octobre 1781), acheva de chasser l'ennemi de la Géorgie, siégea à la Convention en 1787, châtia les Indiens Miamis en 1792, et,, deux ans plus tard, conclut un traité avantageux avec ceux du N.-O. de l'Ohio.

WAYNESBOROUGII, ville des Etats-Unis (Géorgie), chef-lieu du comté de Burke, à 30 milles S. d'Augusta. Commerce très-actif.

WAYNFLETE (William de), prélat et homme' d'Etat anglais, né au commencement du xv« siècle, mort en i486. Il fit une partie do ses études k l'école de Winchester, dont il devint grand maître eu 1429), fut nommé quatre ans plus tard recteur de Wrnxnll , puis, en 1438, directeur de l'hôpital de Sainte- Marie-iMadeleine. Henri VI l'appela en 1440 à la direction du collège qu'il venait de fonder à Eton, puis, en 1447, le promut à l'évêché de Winchester. 11 se montra digne des faveurs de ce prince en lui gardant jusqu'à la Un une fidélité inaltérable. Ce fut lui qui apaisa la révolte fomentée par Jacques Cade et celle de Richard, duc d'York. Eu 1456, il reçut le titre de grand chancelier du royaume et conserva ces fonctions jusqu'à l'année 1460. Après la défaite de Henri VI & lu bataille de Northainpton, il vécut dans la retraite, k l'écart des affaires politiques, et ne s'occupa plus que de travailler de toutes ses forces au développement de l'instruction publique en Angleterre. Ce fut dans ce but qu'il fonda successivement le collège de la Madeleine, k l'université d'Oxford, et une école libre à Waynflète, sa ville natale, et qu'il enrichit de ses dons le collège d'Eton et plusieurs autres établissements.

WAZEMMES, ancien bourg de France (Nord), cant. et arrond. de Lille, à laquelle il a été annexé en 1860, sur le canal des Stations; 18,000 hab. Filatures de lin et de coton; teintureries, tanneries. Vaste et belle église moderne.

WEALD s. m. (ouild — de Wealden , nom de lieu). Géol. Nom donné k des couches zoologiques propres au pays de-Weulden.

— Encycl. On donne le nom de wealds ou formations wealdiennes à des couches de calcaire, de grès ferrugineux, d'argile et de sable à lignitesdu terrain crétacé, ainsi nommées du pays de Wealden, dans le comté de Sussex, en Angleterre. Les couches calcaires sont composées de paludines, de cyelades, d'anodontes et d'unios, qui constituent entiérement les calcaires de Purbeok et indiquent une formation fluviale. On y rencontre aussi plusieurs espèces de tortues et de poissons d'eau douce mêlés à des suuriens marins et terrestres, des débris d'oiseaux de l'ordre des échassiers et des débris divers de végétaux, conifères, équisétacées et fougères d'espèces particulières. On croit pouvoir rapporter aux wealds les argiles des environs de Boulogne et même celles de Forges et de Savigny, dans le pa^s de Bray (Seine-Inférieure et Oise). L'étage wenldien offre,, en Angleterre, trois subdivisions, qui sont, en allant de haut en bas : l'argile wealdienne (weald-clay), le grès ferrugineux (iron-sand) et le calcaire de Purbeck.

WEALDIEN, IENNE adj. (ouil-di-aio, i-ène). Oéol. Qui appartient aux terrains appelés wealds ; Terrains wealdiens. Formations

WKALDWNNES.

WEAR, petit fleuve d'Angleterre, comté de Durham. 11 prend sa source dans les marais qui séparent ce comté de celui de Cumberland, coule d'abord à l'O., puis au N.-O., baigne Durham et va se jeter dans la mer du Nord, à Sunderland, après un cours de 125 kilom.

WEARMOUTH (B1SHOPS-), ville d'Angleterre, comté de Durham, près et à l'O. de Sunderland , non loin de l'embouchure du Wear ; 15,000 hab. Beau pont en fer. Il De 1 autre côte du fleuve s'étend le bourg de Monk-Wearmouth, comprenant. une population de 8,000 hab.

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WEATERSF1ELD, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etal de Vermont, sur le Connecticut, vis-à-vis de Claremont ; 3,500 hab.

WEAVER ou WEEVER (Jean] , archéologue anglais , né dans le comté de Lancastre en 1576, mort en 1632. Il consacra toute sa vie k l'étude des antiquités et, après avoir passé plusieurs années dans les Pays-Bas et en Italie, revint en Angleterre. Il parcourut alors cette contrée dans tous les sens, explora ensuite une partie de l'Ecosse et y recueillit, sur l'objet favori de ses études, des matériaux qu'il utilisa pour son ouvrage intitulé : Anciens monuments funèbres gui se trouvent dans les royaumes unis de la Grande- Bretagne et d'Irlande et dans les îles adjacentes (Londres, 1631, in-fol.; 1766, in-4», 3» édit., avec additions et corrections par William Tooke). Weaver Inissa en outre, en manuscrit, des matériaux pour un ouvrage analogue sur les monuments funèbres modernes.

"WEAVER (Jean), maître de danse anglais, mort en 1730. On a de lui : les Amours de Mars et de Vénus, pantomime dramatique; Orphée et Eurydice; ['Art de la danse, avec un traité du geste et de l'action théâtrale (1706); Essaisw l'histoire de (admise (1712); Histoire des mimes et comédiens chez les anciens (1728).

WEAVER, théologien et archéologue anglais, mort en 1852 k Manslield, où il remplissait depuis plus de cinquante ans les fonctions de ministre de la secte des indépendants. Il a publié : la Bible complétée (1829); Mouumenta antigua ou les Pierres témoignage de l'antiquité dans les lies Britanniques (1840); V Autel païen et le temple de Jéhovah (1840); le nationalisme considéré comme le meilleur moyen d'en finir avec le scepticisme (1850); la Papauté envisagée froidément et avec calme quant à ses griefs, son caractère, ses causes et les remèdes à lui appliquer (1851).

WEAVER (Thomas), géologue anglais, né vers 1775, mort en 1855. Il ht, à partir de 1790, ses études scientifiques à Fribourg sous la direction de Werneret en compagnie d'Alexandre de Humboldt, du Jaineson et de Léojjold de Buch. De retour dans sa patrie en 1794, il fut chargé de différentes explorations géologiques en Irlande et, plus tard (1831-1834), alla s'acquitter d'une mission analogue au Mexique et aux Etats-Unis. Il était devenu, en 1826, membre de la Société royale de Londres. Il n'a publié aucun ouvrage séparé , mais les Transactions de la Société géologique de Londres renferment de lui plusieurs mémoires importants, tels que : Situation géologique de l'est de l'Irlande; Observations géologiques sur une partie des comtés de Gioeester et de Somerset ; Bemarques sur la géologie du sud de l'Irlande, etc. Il en a aussi fourni plusieurs aux Annales de philosophie , au Magasin philosophique, etc.

WEBB (Philippe - Carteret), jurisconsulte et archéologue anglais, né en 1700, mort en 1770. Il remplit dans différentes villes les fonctions de procureur, fut élu en 1754 et en 1761 membre de la Chambre des communes, et, ayant mis au service des ministres son érudition et la connaissance approfondie qu'il possédait de toutes les matières relatives aux institutions parlementaires et constitutionnelles, il en fut récompensé par les places .de secrétaire des banqueroutes à la cour de la chancellerie et de maître des requêtes adjoint à la trésorerie. 11 consacrait ses loisirs k l'étude des antiquités et avait formé une magnifique collection de médailles, de bustes, de camées, de sceaux, etc. On a de lui les écrits suivants : Lettre à M. W. Warburton à l'occasion de quelques passages de son livre intitulé Démonstration dé la divine mission de Moïse (1742, in-8°) ; Bemarques sur ta déclaration et la commission du prétendant (1745, in-80);. Observations sur la procédure dans les cours de l'amirauté (1747, in-8"); Notice sur le Danegeld et sur quelques particularités relatives au cadastre dressé par Guillaume le Conquérant (1756, in-4»); Notice sur quelques particularités concernant le Doomesday Book (1756, in-4") ; Examen de ta table en cuivre contenant deusc inscriptions, l'une grecque et l'autre latine, découverte en 1732 près d'Héraclée, sur te golfe de Tavente (1760, in-4°), etc.

WEBB (Daniel), littérateur anglais, mort en 1798. Il n'est guère connu que par ses écrits, parmi lesquels nous citerons : Becherchessur les beautés de ta peinture et sur les mérites des plus célèbres peintres anciens et modernes (1760, in-S°); Bemarques sur les beautés de la poésie (1762); Observations sur l'accord de la poésie et de la musique (1769, in-8») ; Motifs pour penser que la langue ■ grecque fut empruntée du chinois, notes sur ta Grammatica sinica de Fourmont (1787,' in-s°) ; Amusements littéraires en vers et en prose (1787) , etc. Un recueil complet des Œuvres de Webb a été publié en 1S03 par Thomas Winstantley. •

WEBB (Francis), littérateur anglais , né dans le comté de Somerset en 1735, mort en 1815. Il suivit d'abord lu carrière ecclésiastique et acquit beaucoup de réputation comme prédicateur ; mais il abandonna plus

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tard l'Eglise pour occuper un emploi civil, et, à la sollicitation du duc de Leeds, alors Secrétaire d'Etat, il se fit dans ses écrits l'apologiste des actes du ministère. En 1781, il suivit comme secrétaire Jackson, qui était chargé de négocier un traité de commerce avec la France. On a de lui : deux recueils de Sermons (1765, 2 vol., et 1772, 2 vol.); une Satire, dirigée contre le docteur Johnson ; quelques autres écrits en prose et en vers et un ouvrage intitulé : Panharmonium pour servir à l'explication d'une planche gravée où l'on a essayé de prouver que les principes de l'harmonie dominent dans tout le système de la nature, mais plus spécialement dans la charpente humaine (1815, in-4°).

WEBB (Philippe-Barker), voyageur et naturaliste anglais, né à Milford on 1793, mort en 1853. Après avoir fait des études fort étendues à l'université d'Oxford, il alla, en 1815, visiter l'Italie et, à peine de retour en Angleterre, repartit pour le nord de l'Europe. Il explora la plus grande partie de la Suède jusqu'à G\o de latitude. En 1818, il quitta de nouveau l'Angleterre, se dirigea vers l'Orient par l'Italie et séjourna successivement k Otrante, k Coifou, k PHtras, k Athènes, dans les Cyclades, k Constantinople, dans laTroade, à Malte et en Sicile. De retour en Angleterre en 1821, il repassa, quatre ans plus tard, sur le continent, puis, en 1827, partit pour l'Espagne, d'où il fit, pendant deux ans, des excursions k Tanger, k Ténèriffe, Lancerotte, Fortuventure, Canana et Palimi. De retour en France on 1833, il entreprit à Paris, avec la collaboration.de Savin-Bertelot, qui l'avait accompagné dans ses différents voyages, et de plusieurs autres savants , la publication de son Histoire naturelle des îles Canaries, qui dura quatorze années (1836-1850), et revint en 1850 en Italie , d'où , la même année , il alla faire une nouvelle excursion en Espagne. En 1851, il repartit pour l'Angleterre, explora la plus grande partie de l'Irlande et, en 1852, revint à Paris, qu'il ne quitta plus jusqu'à sa mort. Nous citerons, parmi ses écrits : Observations sur l'état ancien et présent de la campagne troyenne (Milan, 1821, en ital.); histoire naturelle des ites Canaries (Paris, 1836-1850, '9 vol. in-4<>); lier hispaniense ou Aperçu des plantes recueillies dans les provinces méridionales de l'Espagne et du Portugal (Londres, 1838, in-8»); Otia liispanica seu delectus plantarum rariorutn aul tiondum rite nalarum per Hispanias sponte nascentium (Paris, 1839, in-fol.; 1855, in-4°.2<: édit.); Topographie de la Troude ancienne et moderne (Paris, 1844); Fragmenta floruls Sthiopico-sgyptiacs e pluntis précipite ab Antonio Pigari musseo Floreniino missis (Paris, 1854, in-S<>). Webb avait, en outre, fourni un grand nombre de mémoires intéressants à divers recueils scientifiques, tels que la Bibliothèque italienne, les Annales des sciences naturelles de Paris, la Bibliothèque universelle de Genève, le Journal de botanique de Hook, à Londres, etc.

WEBB (Andrew), marin anglais, célèbre par ses exploits natatoires, né k Duwley (Shropshire) en 1848. I! est le fils d'un médecin. A douze ans, il entra dans la marine, où il a obtenu le grade de capitaine. De bonne heure, il donna des preuves d'une habileté extraordinaire dans l art de la natation. En avril 1873, dans un voyage k New-York, un marin étant tombé à la mer, Webb s'élança du steamer qui filait 15 nœuds a l'heure, chercha inutilement le matelot, et il eût péri luimême si l'on n'eût détaché du steamer une chaloupe qui parvint à le recueillir. En juillet 1875, il rit le pari de parcourir en nageant nn espacer'de 20 milles et accomplit ce trajet sur la Tamise en 4 heures 53 minutes. Peu après, il annonça qu'il traverserait la Manche à la nage de Douvres k Calais. En effet , le 25 août 1875, k 1 heure moins 4 minutes, • après s'être frotté le corps d'huile de poisson, il se jeta k la mer k Douvres et, le lendemain, il gagna lu plage de Calais h 10 heures 41 minutes , c'est-k-dire au bout de 21 heures 45 minutes, et cela snns s'être reposé dans une barque ni s'être aidé d'un appareil quelconque pendant tout le trajet. Pendant toute la traversée du détroit, il était accompagné d'un lougre et de deux petits bateaux. Le lougre portait k son bord plusieurs représentants de la presse anglaise, chargés de constater que tout était régulier -dans la traversée. Pendant ce long voyage, le capitaine Webb ne prit pour toute nourriture que du café chaud et du cognac. Epuisé, mais sans avoir voulu accepter aucune aide, après avoir eu k lutter contre le vent et la grosse mer dans la seconde moitié de sa route, il arriva enfin k Calais, ayant accompli le tour de force natatoire le plus prodigieux dont il soit fait mention dans l'histoire. A son retour k Londres, il fut l'objet d'ovations enthousiastes. Une souscription de 1,000 livres sterling fut recueillie en sa faveur dans les bureaux du Land and Water, et l'aristocratie, ayant k sa tête le duc de Sutherland , ouvrit une autre souscription dans le même but.

WEBBE (George), prélat anglais, né dans le Wilishire en 1581, mort en 1641. Ayant fait ses études k Oxford, il devint successivement ministre et maître d'école dans uno paroisse de sa province, rectonr de Saint- Pierre-et-Saint-Paul, k Bath (1621), chape-

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lain du roi (1625) et enfin évêque de Limertck (1634). On a de lui : Courte exposition des principes de la religion chrétienne (Londres, 1612, in-8°); Procès criminel d'une mauvaise langue (Londres, 1610, iii-80) ; la Pratique de la paix, ouvrage qui a eu plusieurs éditions, dont la meilleure est celte de 1705 (in-8°); Catalogus protestantiilm ou Calendrier des protestants (Londres, 1624, )n-4o) ; Leçons et exercices sur les lettres de Cicéron à Alticus (Londres, 1627, in-4»), etc.

W'EBBE (Samuel), compositeur anglais, né en 1740, mort en 1817. Resté de bonne heure orphelin et sans fortune, il fut mis, à l'âge de onze uns, en apprentissage chez un menuisier; mais il abandonna bientôt un métier si peu conforme à ses goûts et se mit a étudier le latin. Se trouvant encore privé de toute ressource par la mort de sa mère , qui arriva bientôt après, il dut s'en créer en copiant de la musique, bien qu'il ne connût que très-imparfaitement cet art, et il se trouva ainsi mis en rapport avec un Allemand nommé Barbandt, qui était organiste de la chapelle bavaroise, a Londres, et qui lui donna des leçons. Webbe apprit en outre seul le lutin, le français et l'italien, et se mit à donner à son tour des leçons de musique et à composer. Ses premiers essais furent bien accueillis, et, en 17G6, il obtint la médaille d'or proposée par le Catck Club (Club de la chanson) pour la meilleure composition de chant. Deux ans plus tard, sa romance Une généreuse amitié ne connaît pas de froid milieu reçut une pareille récompense et établit la réputation de. l'auteur, qui, depuis cette époque jusqu'en 1702, obtint de la même société vingt-sept autres médailles. En 1784, il avait succède à Warreu Home comme secrétaire du Catck Club, et, lors de l'établissement du Glee Club (Club de la gaudriole), il en fut nommé membre et bibliothécaire. Ce fut pour cette société qu'il écrivit les paroles et la musique de sa romance, devenue si populaire, le Glorieux Apollon. Le nombre total de ses compositions de ce genre ne s'élève pas k moins de cent sept; on lui doit, en outre, des Messes (il était catholique romain), des Antiennes, trois livres de musique d'église, des divertissements militaires, etc. Tout en ne mettant presque aucune interruption dans ses travaux de composition musicale, il avait trouvé le temps d'apprendre à fond le grec et l'hébreu.

WEBBE (Samuel), fils du précédent, compositeur et musicographe anglais, né à Londres vers 1770, mort en 1824. Il lit ses études musicales sous la direction de son père , s'établit en 1798 à Liverpool comme professeur de musique et devint, un peu plus lard, organiste de l'ambassade d'Espagne k Londres. Outre la musique d'un grand nombre de chansons, Ou u de lui un Puter noster et plusieurs Motets pour l'Eglise catholique, ainsi que deux ouvrages didactiques : {'Harmonie abrégée ou Manuel de contre-basse (Londres, in-4», sans date) et l'Ami du commençant ou Vingt-huit exercices de solfège à une voix pour la basse, avec accompagnement (Londres, iu-4°, sans date).

WEBBER (Jean), peintre et graveur anglais, né à Londres en 1751, mort en 1793. Il était tils d'un sculpteur suisse établi eu 'Angleterre, reçut de lui les premières leçons de dessin et, porté vers la peinture par son goût naturel, vint étudier cet art k Paris. Il s'y appliqua en même temps à la gravure et, de retour en Angleterre, fut adjoint en 1776, comme dessinateur, k la troisième expédition de Cook. autour du monde. Au retour de ce voyage, qui dura quatre ans, l'amirauté le chargea de surveiller la gravure des dessins qu'il avait rapportés, et la façon dont il s'acquitta de ce travail lui valut, en 1785, le titre d'associé de l'Académie royale de Londres, dont il devint membre titulaire en 1791. Il mourut prématurément deux ans plus tard, ne laissant, outre cette collection d'estampes, que quelques paysages et un tableau, qui se voit encore dans la chambre du conseil de l'Académie royale. s

WEBBER (Charles- Wilkins), littérateur américain, né dans le Kentucky en 1818, mort en 1856. H entra, à dix-neuf ans, dans la Compagnie de Texas Rangers, organisée pour la défense des frontières, et, pendant plusieurs années , mena dans les prairies et dans les forêts de l'Amérique du Nord une existence aventureuse, fertile en incidents dramatiques , que Webber a racontés , en partie, dans ses romans. Ce fut à cette époque qu'il rencontra le naturaliste Audubon, avec lequel il se lia étroitement et dont il partagea quelque temps les excursions et les travaux. Il vint ensuite se fixer à New-York, où il fournit k divers recueils des articles d'histoire naturelle et des romans, qui ont été plus tard publiés séparément. L un de ces romans, les Mines d'or du Gila, qui parut en 1849, fut en quelque sorte le prospectus d'une expédition que Webber méditait depuis longtemps. 11 y racontait les aventures d'un corps de hardis explorateurs, qui avaient essayé autrefois de découvrir certaines mines d'or qui, d'après les traditions indiennes, devaient se trouver k la source du rio Gila, sur le versant occidental des montagnes Rocheuses, et il faisait entrevoir de grandes chances de succès pour une nouvelle expédition. 11 n'eut pas grand'peine à

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recruter un certain nombre d'aventuriers déterminés, qui partirent, sous ses ordres, à la conquête de cette nouvelle toison d'or; niais l'expédition n'alla pas plus loin que Cot-pus-Christi (Texas) , ou tous les chevaux qu'elle possédait lui furent volés parles Indiens Comanches, Webber revint alors à New-York et y reprit le cours de ses publications littéraires jusqu'en 1856, époque à laquelle il se joignit il l'expédition de W'alker dans le Nicaragua. Après s'être courageusement battu àMassaya (11 octobre 1856), il repartit pour les Etats-Unis; comme on n'a plus entendu parler de lui depuis lors, il est k présumer qu'il a été assassiné. Parmi ses écrits, nous citerons : Hicks , le vieux guide; Blessé à l'œil; Aventures sur les frontières du Texas et du Mexique; le Vampirisme religieux (1852), satire piquante des théories sociales et religieuses de noire époque; Contes de la frontière du Sud (1853); Scènes sauvages et oiseaux chanteurs (New- York, 1854, in-8°); le Chasseur naturaliste (Philadelphie, 1855, in-80). Ces deux derniers ouvrages sont ornés d'illustrations dues au crayon de la femme de l'auteur.

WEBBIE s. f. (ouèb-bï — de Webb, botan. angl.). Bot. Genre de sous-arbrisseaux de la famille des composées, tribu des vernoniées, comprenant une dizaine d'espèces, qui croissent dans l'Afrique tropicale et au Cap de Bonne-Espérance. U Section du genre millepertuis.

WEBBINE s. f. (ouèb-bi-ne — de Webb, natural. angl.). Forain. Genre de foraminifères stichostègues : On trouve les webbinhs dans les mers actuelles et dans les étages supérieurs du lias. (E. Buudement.)

WEBER (Veit ou Gui), poète suisse, né à Soleure, vivant au xve siècle. Il 'remplit les fonctions do greffier au tribunal de Berne, alla ensuite se ranger parmi ses compatriotes qui marchaient contre le duc de Bourgogne, et, nouveau Tyrtée, prit part aux combats qu'il devait chanter. Il ne nous est parvenu que cinq des Chants héroïques de Weber, et ils n'ont échappé à l'oubli que parce que son contemporain Diebold Schilling les avait insérés dans sa Description des guerres avec ta Bourgogne (Berne, 1743, in-fol.). H. Schreiber a publié à Fribourg, en 1819, tes Chants de guerre et de victoire de Veit Weber, suivis de notes explicatives.

WEBER (Ananias), théologien allemand, né à Lindenhayn (Misnie) en 1596, mort en 1685, Après avoir fait des études fort étendues aux universités de Leipzig, de Wittemberg et d'Iéna, il remplit les fonctions pastorales à Mutschen, h Grimma et à Leipzig, fut en outre, dans cette dernière ville, professeur de théologie, et passa de là à Breslau, où il devint pasteur, puis inspecteur du consistoire. On a de lui : Synopsis doctrvix orthodoxie; Paulus anli-calvinianus; Uuio duariim in Chrisio naturarum. hypoataiica a ealvùiianorum erroribus iiberata; De '(Httçolo-. fin, hoc est Dissertatio de somniorum iiaturu etsignificaiione, etc. " •

WEBER (Godefroy), pédagogue allemand, né à Berlin en 1632, mort en 1698 dans la même ville, où il était devenu successivement corecteur (1660) et recteur (1668) du gymnase. On a de lui plusieurs ouvrages élémentaires, qui eurent de leur temps beaucoup de succès et parmi lesquels nous citerons : Geographia et chronologie corneliaiia; Miltxades per historica elpolitica; Lineœ historié nniversx; Corpus physices ; Pensées nécessaires à la jeunesse ; une traduction allemande du Traité de Plularque sur l'utilité des ennemis, etc.

WEBER (Emmanuel), historien allemand, né à Hohenheide en 1659, mort en 1726. Il étudia successivement la . philosophie , la théologie et le droit à l'université de Leipzig, devint, en 1684, précepteur des princes de Schwarzbourg-Sondershausen, puis archiviste de cette famille, et obtint, en 1698, une chaire d'histoire h Giessen. Il y joignit plus tard celle de droit, ainsi que les charges de bibliothécaire et de vice-chancelier de l'université. On a de lui une foule d'ouvrages estimés, entre autres : De Nigellio Wireckero (1679, in-4°); De xpeuiça-fia (1681- 1682, 3 part. in-4<>); Facéties poétiques (1695, jn-80); Examen rei fieraldiae (1696, in-S° ; 1723, 5e édition); De Gustavo-Adolpho, germaines libertatis vindice (1703, in-4u); De eruditis Hassift principibus (1707, in-4"); De rustico seditioso (1707, iii-4<>); De Budolpho II imperatorelnOT, in-4°) ; Siuyularia qusdam anecdota ai historiam Erici XI V, Suecorum régis (l7U,1n-4<>); De jure monstrorum (1712, in-4°) ; Papa, quid facis? dissertatio de pontificum circa eteciiones imperatorum moliminibus (1719, in-4<>), etc.

WEBER ( Frédéric - Auguste }, médecin allemand, né à Heilbronn en 1753, mort en 1806. Après avoir été reçu docteur à Gœttiugue, il revint se fixer dans sa ville natale, où il se fit connaître par plusieurs traductions. On lui doit aussi les écrits originaux suivants : De signis ex sputo (Gœttiugue, 1774, in-40); Opuscula semiologica (Ulm, 1778, in-8°); Ouomatologia medicopractiea (Nuremberg, 1783-1786, 4 vol, in-8°); De cousis et siguis morborum (Heidelberg, 1786, in-8°). IL s'était adonné k l'étude de la musique avec un goût tout particulier et

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avait écrit plusieurs opéras-com.ques, qui furent représentés sur des théâtres d'amateurs, mais qui sont demeurés manuscrits. Il avait en outre fourni à la Gazette musicale de Spire un grand nombre de dissertations sur différentes questions de l'art musical.

WEBEB (Joseph), philosophe allemand, né à Rhuin (Bavière) en 1753, mort en 1831. Il fit ses premières études chez les jésuites d'Augsbourg, prit à l'université de Dillingen ses grades en philosophie et, bien qu'ordonné prêtre en 1776, n'en continua pas moins k s'occuper de recherches scientifiques. Vers cette époque, il inventa un électrophore aérien, pour lequel l'Académie de Munich lui décerna une médaille d'or; cette société l'admit, en outre, au nombre de ses membres honoraires. Nommé, en 1779, répétiteur do droit canon au séminaire de Pfaffenhausen, il devint, deux ans plus tard, professeur de philosophie à Dillingen et fut appelé, en 1800, à une chaire d'histoire naturelle et de physique k l'université d'Ingolstadt. Il conserva cette chaire lorsque l'université eut été transférée à Landshut; mais, lors du décret de sécularisation qui attribuait le diocèse d'Augsbourg à la Bavière, il demanda à revenir a Dillingen et y fut nommé recteur de toutes les écoles. A ce titre, il joignit plus tard ceux de chanoine de la cathédrale d'Augsbourg, de doyen et de vicaire général. D'un caractère éclairé et conciliant, il fut loin de montrer contre la philosophie de Kantla même animositè que la plupart des théologiens catholiques de son époque, et sa modération en cette circonstance lui valut des polémiques assez vives. Outre différents écrits sur les sciences naturelles, on lui doit plusieurs ouvrages philosophiques, entre autres : Guide d'un cours sur la raison (178S); Essai d'une critique modérée de la philosophie de ICant (1793) ; Métaphysique du sensible et de l'hypersensible, au point de vue de la philosophie nouvelle (Landshut, 1801); l'Unique philosophie vraie, démontrée par les œuvres de Séjièque (Munich, 180"); Union de lu philosophie, de la religion et du christianisme pour ennoblir et sauver les hommes, etc.

WEBER (Michel), théologien protestant allemand, né k Grœben en 1754, mort en 1833. Il professa successivement à Leipzig, k Wittemberg et k Halle, et devint dans cette dernière ville directeur du séminaire théologique et doyen de la Faculté de théologie. On a de lui : Eclogse exegetico-crilicB in nonnullos Novi Testamenii locos (1817, in- 8°); Opuscula academica : Libri symbolici Ecclesis evangelico-tut Itérante unimudversionibus ac disputationibus illustrait, travad demeuré inachevé; Symboli ad grammuticam latinatn et criticam (Leipzig, 1828).

WEBER (Joseph), frère de lait de Marie- Antoinette, fils d'un magistrat de Vienne, né dans celte ville en 1755. Il vint k Paris en 1782 et obtint un emploi dans les finances par la protection du la reine, avec qui il avait été élevé dés le berceau. A la journée du 10 août 1792, il faisait partie du bataillon des grenadiers des FiUes-Saint-Thomas, qui était venu se ranger autour de la famille royale pour la défendre. Incarcéré quelques jours après, il échappa aux massacres de Septembre, passa en Angleterre et retourna ensuite a Vienne, où il est mort on ne sait au juste à quelle époque. On a de lui : Mémoires sur Marie-Antoinette, reine de France et de Navarre (Londres, 1804, 3 vol. in-S°), réimprimés dans la Collection Beaudoin (Paris, 1822, 2 vol. in-S°). Cet ouvrage, en ce qui concerne les faits de la Révolution française, doit être lu avec une extrême défiance.

WEBER (Auguste-Théophile), médecin allemand né k Halle en 1761, mort en 1807. Il fit ses études médicales k l'université de sa ville natale et y fut reçu docteur en 1782. Il se livra aussitôt k l'enseignement particulier et devint au bout de quelque temps professeur extraordinaire de l'université. Eu 1789, il fut appelé k Rostock pour y occuper la chaire publique de médecine et devint médecin pensionné de la ville. Parmi ses écrits, nous citerons : De initiis ac progressibus doctrins irritabilitatis (H;ille, 1782, iu- 40); Spécimen novse edilianis Celsi (Halle, 1788, in-40); Animadversiones in recentiorum quorunidam décréta de modo opii agendi (Rosiook, 1789, in-4°); Spécimen sémiologie (Rostock, 1794, in-8<>); Mali hypochondriuci veri ac nervosi signa et diagnosis (Rostock, 1795, in-80).

WEBER (Henri), littérateur anglais, mort en 18 18. Il n'est guère connu que par ses écrits, parmi lesquels on cite : la Bataille de Floddenfield (1809); Contes et romans populaires (1812, 4 vol. in-8"); Contes orientaux (1812, 3 vol. in-8°); Explications d'antiquités septentrionales, eu collaboration avec Jamieson (1814, in-40). n avaiuen outre édité des Romans en vers des xme, Xivo et xv» siècles, avec une introduction et un glossaire (1811, 3 vol. in-8u) ; les Œuvres dramatiques de John Ford (1811, 2 vol. in-S°J et les Œuvres de Beaumont et Fietcher(l&12, 14 vol. in-8°).

WEBER (Bernard- Anselme), compositeur allemand, né k* Manheim en 1766, mort en 1821. Il entra de bonne heure k l'école musicale dirigée k Manheim par l'abbé Vogler, et étudia ensuite la théologie k l'université d'Heidelberg. 11 était destiné k l'état ecclé-

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siastique ; mais sa vocation musicale fut pliu puissante que la volonté de ses parents, et i" alla bientôt rejoindre Vogler, qui se trouvait alors k Munich, et auprès duquel il reprit ses éludes musicales. Il le suivit aussi h Stockholm; mais, n'ayant pu trouver aucun etnplui pour lui-même dans cette ville, il fut forcé, au bout de quelque temps, de se séparer de son maître. 11 entreprit alors un grand voyage artistique, pendant lequel il se fit entendre comme pianiste, et arriva, eu 1787, à Hanovre, où il fut nommé chef d'orchestre de la troupe d'acteurs do Grossmann. Sentant toutefois qu'il avait encore besoin des leçons du maître, il alla bientôt uprès rejoindre Vogler à Stockholm et demeura auprès de lui jusqu'en 1792. Il se rendit k cette époque k Berlin et y fut adjoint k Wessely comme chef d'orchestre du théâtre national. En 1804, il fut nommé maître de chapelle et conserva cet emploi jusqu'à sa mort. Il laissa surtout la réputation d'un excellent chef d'orchestre. Ses compositions consistent en différents opéras, mais principalement en un grand nombre de morceaux de musique pour draines, où, sans être précisément original, il a fait preuve d'un talent souple et varié. On estime aussi beaucoup ses morceaux de chant.

WEBER (Charles-Jules), littérateur allemand, 110 à Langenbourg en 17C7, mort en 1832. Après avoir étudié le droit k Kilangen, il travailla quelque temps dans la chancelle rie de sa ville natale et se rendit en 17S9 a Gœttiugue pour s'y préparer ii la carrière du professorat. Il accepta peu de temps après une place de précepteur dans la Suisse fran çaise et profita du son séjour dans eetto contrée pour se familiariser avec la littéra ture et ta philosophie françaises, qui four, nirent un aliment convenable k son esprit naturellement porté k la satire et que secondait une rare intelligence. En 1792, il devint secrétaire particulier du comte régent d'Krbach-Schœnberg, fut nommé, sept ans plus tard, conseiller de chancellerie k Koîniy, dans l'Odenwald, et fut chargé, en 1S02, d'accompagner, comme conseiller aulique, le jeune duc héritier d'Isenbourg dans ses voyages. Mais, k peine en roule, celui-ci lui échappa et revint k Budingen. Weber l'y rejoignit bientôt; mais le jeune prince, qui le haïssait, fit tout ce qu'il put pour lui rendre la vie difficile. Weber donna alors sa démission^ se relira kJaxthausen, où il vécut dans une heureuse indépendance auprès d'une de ses sœurs. 11 ne reparut plus aux affaires qu'une seule fois, en 1S20, époque a luquelte il fut élu député du cercle de Kunzelsau à l'assemblée des états, Ii avait consacré tous ses loisirs k la culture des lettres. Le premier ouvrage par lequel il se fit connaître est celui qui a pour titre Moiuerie (Stultgurd, 1S1S- 1820, 3 vol.), et dans lequel il trace de piqiuints tableaux de la vie monastique. Quoiqu'il manque des qualités essentielles d'un travail historique, cet ouvrage porte cependant l'empreinte d'un esprit vraiment original. Pour répondre aux critiques, qui par raillerie avaient comparé l'auteur au journaliste W.-L. Weckherlin, Weber publia, sous le titre d'Esprit de Weckherlin (Stuttgard, 1823), des extraits des œuvres de ce dernier, afin de bien prouver qu'il se trouvait fort heureux d'avoir été mis sur la même ligne que ce spirituel écrivain. On a encore de lui : la Chevalerie (Stuttgard, 1822, 3 vol.); l'Allemagne ou Lettres d'un Allemand voyageant en Allemagne (Stuttgard, 1826-1828, 4 vol.; 1843,6 vol., 3a édition), ouvrage qui obtint un succès universel et auquel se ruttache Démocrite ou Ecrits posthumes d'un philosophe rieur (Stuttgard, 1882-1836, tomes 1er k Vil; 1S67-186S, 12 vol., 8« édition). Un recueil des Ecrits de Weber fut publié après 1 sa mort (Stuttgard, 1834-1845, 30 vol.).

WEBER (Georges -Michel), jurisconsulte allemand, né k Bamberg en 176S, mort en 1845. 11 étudia le droit k Gœttiugue, devint, en 1793, professeur de droit féoital, puis, en 1798, professeur du droit des Pamtecles à Bamberg et, après l'occupation de cettu vilie par les Bavarois, y fut nommé, en 1S03, directeur du tribunal électoral. Appelé en 1S07 à faire partie de la commission chargée d'élaborer un code pénal pour la Bavière, il devint deux ans plus tard président de la cour d'appel de Munich, passa un peu plus tard k Bamberg en la même qualité, et par la suite fut nommé président successivement de la cour d'appel du cercle du Mein inférieur et ' de celle du cercle du haut Danube. On a de lui : De la répartition des dommages de guerre au point de vue du droit (Bamberg, 1797); Manuel du droit féodal (Leipzig, 1807- 1811, 4 vol.); Observations importantes pour servir à l'histoire de la littérature moderne en Allemagne (Saint-Gall, 1813-1815, 4 vol.); Exposition du droit provincial et politique du royaume de Bavière (Augsbourg, 1S38- 1844).

WEBER (Frédéric-Dionis ou Denis), compositeur tchèque, né k Welchau (Bohême) en 1771, mort en 1S42. U étudia, dès i'kge de sept ans, la musique vocale et la plupart des instruments k cordes et k vent, sous la direction du maître d'école de son lieu natal, et suivit k l'université de Prague des cours de philosophie, de théologio et de droit, sans toutefois négliger la musique, à laquelle il se remit avec plus d'ardeur que

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jamais k partir de 1792. Ses premières compositions obtinrent beaucoup fie succès, et, en peu île temps, il devint le favori de la limite société de Prague L'œuvre qui posa surtout les bases de sa lépittntion fut su cantate en doux parties, intitulée : \& Délivrance de la lloMine, qui fut représentée à Prague en 1707, pour l'anniversaire de la naissance do l'empereur, par un orchestre et un chœur de 350 musiciens. En 1S1Û, Weber fut nommé directeur du conservatoire qui venait d'être fondé à Prague par une société de riches particuliers tchèques, et qui, sous son administration, devint une des premières écoles musicales de l'Allemagne ; il en est sorti plus de 300 musiciens distingués, en tète desquels il faut citer Mosehelès, Kulliwoda et Joseph De&sauer. On a encore de Weber : le liai des Génies, opéra (1800); le Marché aux filles, opérette; des marches, des variations pour le piano et le violon, un grand nombre do danses ; deux collections de Chansons allemandes sur les poésies de Burger, llœlly et Blumauer, etc. Enfin il a publié une Méthode élémentaire et générale de musique théorique et pratique (Prague, 1828, in-8°), et un Traité théorique et pratique de Charmante et de ta basse continue (Prague, 1830-1834, 4 parties in -go).

WEBER (Godefroy-Théodore), critique musical allemand, né à Freinsheini (Bavière) en 1773, mort à Kreulznaeh en 1839. Fils d'un magistrat, et destiné d'abord k exercer la profession de son père, il lit ses études de jurisprudence aux universités d'H<'idelderg et de Gcettingue et, inscrit en 1802 au barreau deManlieim, il plaida avec un certain succès. De 1804 k 1814, il remplit dans cette ville les fonctions de procureur fiscal et devint ensuite juge k Mayenee, d'où il passa en 1S08 à Dannstadt cou. me conseiller de justice. 11 prit part en cette qualité a la rédaction du nouveau code hesspis. G. Weber, bien qu'il fût un habile jurisconsulte, s'est fait surtout connaître par ses ouvrages sutla musique, qui, lors de leur apparition, jouirent en Allemagne d'une très-grande vogue. Nous mentionnerons, parmi ces ouvrages : Essai d'une théorie coordonnée de la musique pour s'instruire soi-même (Mayenee, 1817- 1821); Science de la musique, à l'usage des professeurs et des élèves (Darmsladi, 1822; Mayenee, 1825); De l'authenticité du Requiem de Mozart (Mayenee, 1826-1827); Doctrine de la basse continue pour s'instruire soi-même (Mayenee, 1833); Essai d'une acoustique pratique des instruments à vent, inséré dans la Gazette musicale de Leipzig, et un répertoire musical en vingt volumes, intitulé Cxcilia. G. Weber était membre de plusieurs académies, et il s'était en outre essayé avec un certain succès dans la composition musicale. - Ou cite surtout de lui un Te Deum (1812), une Messe funèbre, dédiée aux mânes des vainqueurs de Leipzig en 1813, .et plusieurs morceaux de chant.

WEBEH (Charles -Marie-Frédéric- Auguste, baron ms), illustre compositeur allemand; né à Eutin (Holstein) en 1786, mort à Londres le 5 juin 1820. H manifesta dès sa jeu liesse dû remarquables aptitudes artistiques et cultiva en munie temps la musique et la peinture; il dessinait et peignait agréablement et montra même quelque habileté dans la gravure à l'eau-forte. Un certain F.uschel, d'Hildburghausen, fut son premier maître de piano ; il suivit ensuite à Salzbourg les cours do Michel Haydn, dont la sévérité le rebuta, et, sentant s'éveiller son génie, il commença à écrire quelques fugues pour clavecin (Salzbourg, 1798, in-4°). Etant allé cette même année k Munich, il prit des leçons do chant de "Valesi et de composition de Kulcher, organiste de la cathédrale. C'est ce dernier maître qui eut sur lui la plus heureuse influence. « A ses excellentes et lumineuses instructions, a-t-il écrit, je suis redevable de la connaisance des procédés de l'art et de la facilité à les employer, particulièrement en ce. qui concerne uu sujet à quatre parties dont les lois doivent être aussi familières à un musicien que celles de l'orthographe et du rhythme au poëte. » Sous cette influence, il écrivit immédiatement une Messe solennelle, des sonates, divers morceaux de piano, des chansons et un opéra, la Force de l'amour et du vin, productions de jeunesse qu'il ne jugea pas dignes d'être conservées.

Après avoir uu instant abandonné la musique pour la lithographie, dont l'invention récente l'avait passionné, il revint à sou art favori et composa son premier ouvrage dramatique représenté, la Fille des bois (Munich, novembre 1800); le compositeur n'avait que quatorze uns, et il obtint un succès qui dépassa toutes ses espérances; la Fille des bois, traduite en bohème, fut représentée à Prague ; on la joua également à Vienne et k Saint-Pétersbourg. Lui Seul en voyait les imperfections; il iravaila assidûment pendant une année k refaire son éducation musicale et écrivit dans un nouveau système un opéra-comique, Pierre Sc/imott et ses voisins (théâtre d'Augsbourg, 1801); l'ouverture seule de cet opéra a été gravée. Continuant toujours ses études, il se lia k Vienne aveu Vogier, savant théoricien, qui lui donna une excellente direction et mit de l'ordre et de la méthode dans ses idées. Eu 1804, on lui offrit la direction de la musique du théâtre do Breslau; il accepta et acquit dans ces

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fonctions des connaissances pratiques dans ' l'art de diriger les orchestres et les chœurs. En même temps, il écrivait un opéra, liubesuhl, qu'il rit représenter sans y mettre son nom (1805). Les événements de la guerre d'Allemagne le forcèrent d'abord de quitter Breslau et d'aller en Silésie chez le prince Eugène de Wurtemberg, qui lui donna la direction de sa chapelle et de son théâtre; la bataille d'Iéna le força d'abandonner également cet asile, et il se réfugia k Stuttgard chez )o prince Louis de Wurtemberg. Il y reprit son ancien opéra de la Fille des bois et le transforma entièrement'; cet ouvrage est devenu Sylvana, un des essais où Weber a le mieux marqué l'originalité de son talent; il y écrivit aussi la partition d'une sorte de drame fantastique, le Premier son (Der erste Ton), des ouvertures, des chœurs, des morceaux de piano (1808), puis il vint se fixer momentanément à Dannstadt, où il se lia avecMeyerbeeretécrivit Abouflassan (l&\0); cet opéra fut représenté l'année suivante k Francfort, Aucun travail important ne marqua pour lui les années 1811 et 1812; il se borna à donner k Munich, k Berlin et à Vienne quelques concerts dans lesquels il se lit connaître c/>mme pianiste du premier ordre, et, de 1813 à 1816, il prit la direction de l'orchestre du théâtre allemand de Prague. Durant cette dernière période, il ne fit exécuter de lui qu'une cantate, Kampf und Siey (Combat et victoire), mais il composa un certain nombre de chants patriotiques et d'hymnes guerriers qui commencèrent k répandre son nom. • Ces chants, qui peuvent être comptés, dit Fétis, parmi les plus belles productions de son génie, excitèrent dans toulo l'Allemagne un enthousiasme qu'on ne saurait décrire. Ce fut la première manifestation de la gloire d'un homme presque dédaigné jusqu'ulois; elle prépara l'explosion du talent qui depuis lors s'est signalé dans trois ouvrages destinés à marquer une époque significative de l'histoire de la musique, nonobstant les imperfections qui les déparent.» Ces trois ouvrages sont le Freyschutz, Euryanthe et Obéron. Le Freyschuts, popularité chez nous sous le titre de Itobin des bois, fut représenté a Berlin le 18 juin 1821, sur je théâtre de Kœnigstadt ; son succès fut tel qu'il suffit pour classer immédiatement Weber au-dessus de tous ses rivaux. Il fit suivre ce chef-d'œuvre de Preciosa, production moins importante, et à'Euryanlhe, qui fut joué k Vienne le 25 octobre 1823. Malgré tout son mérite, cet opéra ne réussit pas ; il s'est bien relevé depuis. Mais Weber, justement affecté de cet insuccès, voulut prendre une revanche éclatante. Il avait le travail difficile et hésita longtemps sur le sujet qu'il lui convenait d'adopter ; il choisit enfin celui d'Obéron et résolut d'aller le faire représenter à Londres, où l'appelait le directeur du théâtre de CoveiH-Garden. Ce voyage lui souriait, en outre, comme une distraction propre k le détourner de son penchant à Ittmélancolie ; mais il souffrait de la poitrine, et le climat de l'Angleterre n'était guère propice à sa guérison. En passant par Paris,il recueillit de la part des artistes et des amateurs les plus vifs témoignages d'enthousiasme et, arrivé k Londres, mit immédiatement son opéra en répétition. Le soir de la première représentation, on lui fit, dès qu'il se montra dans sa loge, une ovation véritable; mais l'œuvre fut inoins bien accueillie que le compositeur. Les beautés originales ùîObéron ne sont pas de celles que le public comprend du premier coup, et ce chet-d'œuvre tut accueilli frnidemenl. 11 n'en fallut pas plus pour que Weber* déjà malade, sentit sa situation empirer. Obéron avait été représenté le 12 avril 1826.; cinq jours après Weber s'alita pour ne plus se relever.

Outre les ouvrages désignés ci-dessus, on doit a Weber divers morceaux destinés k être intercalés d:ms des drames ou des tragédies : Scène et air d'Alhalie, avec orchestre ; Scènes et airs d'Inès de Castro; Leier und Schwert (Lyre et glaive), compositions écrites pour tes hymnes patriotiques de Koarner ; Nalur und Liebe (Nature et amour), cantate ; divers duos et hymnes à plusieurs voix ; deux Messes sulenneltes, des Chansons, etc. ; et, en musique instrumentale : unBjSymplionie ; l'ouverture du Roi des génies; l'ouverture de Turandot, drame de Schiller, plus un assez grand nombre de sonates, de concertos, de quatuors et de quintettes. Les sonates surtout approchent de la perfection.

« Weber, dit Seudo, est le plus grand compositeur dramatique qu'ait produit l'école allemande. Ni Gluck, avec son génie pathétique, qui est plutôt un écho de la tragédie' grecque qu'un peintre des passions modernes, ni Mozart, dont l'œuvre admirable est une fusion des propriétés du Nord et du Midi, ne peuvent être rangés parmi les musiciens qui appartiennent exclusivement k l'Allemagne. Né au milieu de ce mouvement philosophique et littéraire qu'ont suscité Lessing, Klopstock, Gœthe et Schiller et que continuèrent plus tivrd Fichte, lesSchlegel et l'association patriotique du Tugeudbund contre )a tyrannie de Napoléon, Weber s'inspire de cette renaissance de l'esprit germanique en sa double qualité de patriote et d'artiste. Il commence sa réputation par des chants guerriers k plusieurs voix qui répandent son nom dans toute l'Allemagne, et, des son plus jeune âge, il n'aspire qu'à l'honneur .de créer un

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opéra allemand. Weber est le premier compositeur qui ait introduit dans nue fable dramatique cette poésie du panthéisme indogermanique, où l'expression de la personnalité humaine est subordonnée au merveilleux de la nature extérieure. De là le caractère particulier de l'instrumentation si colorée de Weber, où certains instruments, tels que le cor et la clarinette, par exemple, sont traités avec une prédilection qui n'est point le résultat d'un caprice; de 1k, aussi, une autre qualité saillante du génie de Weber et qu'on retrouve encore plus fortement accusée dans l'œuvre immense de Beethoven, le rhythme, cette partie virile de l'art musical, qui est l'expression du mouvement et dont les combinaisons infinies entraînent avec elle des harmonies et des associations d'accords qui ne seraient pas supportables sans le concours de ce nerf de la vie. Le Freyschutz, ■ Euryanthe et Obéron sont trois légendes populaires où Weber a répandu k pleines mains cette poésie chevaleresque et ce merveilleux de la nature qui constituent le caractère général de la littérature allemande depuis les mtnnesingers jusqu'à nos jours et qui distinguent l'œuvre de Weber de celle de Mozart, génie harmonieux, peintre de l'idéal et des sentiments humains. Il nous serait facile de faire ressortir cette différence en comparant la Flûte enchantée k Obéron, dont le cor magique et le merveilleux sont au chefd'œuvre de Mozart ce que le coloris et le pittoresque moderne sont k l'art antique. ■

Weber avait été inhumé k Londres dans la chapelle de Moortields; ses restes furent rapportés solennellement à Dresde en 1844; un tombeau lui avait été érigé par souscription. Une statue, due au ciseau de Rietschel, lui a été aussi élevée k Dresde; elle u été inaugurée le 11 octobre 1860. On a nublié de lui, après sa mort, sous le titre A' Ecrits posthumes (Dresde, 1828, 3 vol. in-S°), les fragments d'un roman, la Vie d'artiste, sorte d'autobiographie, des lettres et des pensées détachées sur la musique; ce recueil est d'un grand intérêt. Il laissait inachevé un opéracomique, les Trois Pinto, auquel il avait travaillé pendant plusieurs années.

WEBEU (Charles-Philippe-Max- Marie dk), ingénieur allemand, né k Dresde en 1822. Il est le fils du célèbre compositeur de ce nom, dont la mort le laissa orphelin k l'à^e' de quatre ans. Après avoir suivi, les cours de l'Ecole polytechnique de Dresde, de l'université de Berlin et de l'institut de Borsigdans celte ville , il fut employé comme ingénieur dans ta construction de plusieurs chemins de fer, visita ensuite l'Allemagne, la Belgique et la France, résida longtemps en Angleterre, où il travailla sous la direction de Brunel et de StephenSon,et, après avoir parcouru encore l'Afrique septentrionale et une partie du nord de l'Europe," entra, en 1850, au service du gouvernement 'saxon. Nommé directeur du télégraphe de l'Etat, il fit construire en Saxe plusieurs lignes télégraphiques, devint, eu 1852, membre de l'administration des oheminsde fer de l'Etat et, plus tard, fut nommé directeur du chemin de fer et conseiller de régence k Dresde. On a de lui plusieurs ouvrages relatifs aux chemins de fer, entre autres : la Technologie de l'exploitation des chemins de fer (Leipzig, 1854); l'Ecole des chemins de fer (Leipzig, 1862, 2° édit.), ou

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vrage qui a été traduit dans la plupart des langues européennes; Conditions de l'organisation physique des employés de chemin de fer (Leipzig, 1860); le Système des répartitions (Cheninitz, 1849); l'Assurance sur la vie des voyageurs en chemin de fer eu rapport avec les secours et les pensions données aux employés de chemin de fer (Leipzig, 1855) ; les Télégraphes et les signaux des chemins de fer (Weimar, 1867); l'Obligation de garantie des chemins de fer (Weimar, 1868), etc. Il publie, en outre, k Bruxelles depuis 1855, sous le titre de Portefeuille de John Cockerill, un recueil important au point de vue des sciences mécaniques. On lui doit encore dans un autre genre ; l'Algérie et l'émigration dans cette contrée (Leipzig, 1854); Excursion dans l'Afrique méridionale française (Leipzig, 1855); Charles-Marie de Weber, biographie du père de l'auteur (Leipzig, 1804,'3 vol.); Ou monde du travail, ouvrage tres-iemarquuule (Berlin, 1868).

WEBER (Guillaume-Ernest), philologue et littérateur allemand, né k Weimar eu 1790, mort en 1850. Il lit ses études k l'université de Leipzig, devint, en 1814, précepteur dans la maison du comte de Benzel-Sternau, fut nommé, en 1817, professeur de littérature ancienne k l'école de Coire, dans le canton des Grisons, et alla, deux ans plus tard, occuper au gymnase de Wetzlau une chaire qu'il quitta, en 1823, pour devenir prorecteur etprofesseur U Francfort-sur-le-Mein. En 1829, il prit la direction supérieure de l'école de Brème et la conserva jusqu'à su mort. Parmi ses travaux relatifs k la philologie, il faut citer, en première ligne, des éditions d'Hérodien (Leipzig, 1816), et du Corpus poetarum lalinorum (Francfort, 1833); des traductions en vers des Poètes éléyiaques grecs (Franc fort, 1826) et de l'Anthologie grecque (Stuttgard, 1838, 2 vol.). On lui doit encore d'autres écrits de genre assez varié, tels que : Des tendances mystiques de notre époque (Dannstadt, 1829) ;1' Empereur Marcus Salvius Olhon (Francfort, 1815); Quintus Moratius Flaccus

considéré comme homme et comme poëte (lénu, 1344) ; Sur la liberté, ses droits, ses obstacles el ses manifestations dans les diverses formes d'Etat (Brème, 183l); Leçons sur l'esthétique particulièrement par rapport à Gœthe et à Schiller (Hanovre, 1831); l'Esthétique^ au point devue des amis instruitsdu beau (Brème, 1834-1836, 2 part.); le Faust de Gœthe (Halle, 1836); Sur les élections de pasteurs (Brème, 1842) ; la Pureté et les taches du christianisme (Iéna, 1847), etc. 11 avait, en outre, exposé ses idées et ses principes pédagogiques dans VEcole et la vie {Halle, 1838), dans ses Discours publics (Iéna, 1845-1846, 2 vol.), et dans la Revue du système scolaire aMemand (Francfort, 1847).

WEBER (Ernest-Henri), physiologiste et anatomiste allemand, né k Wittemberg en 1795. Il fit ses études médicales aux universités de Wittemberg et de Leipzig et fut reçu docteur, en 1815, à Wittemberg, puis, eu 1818, agrégé à Leipzig, où il devint, la même année, professeur extraordinaire d'anatomie comparée, et, trois ans plus tard, professeur d'anatomie du corps humain. U y a, en outre, été appelé, en 1840, k la chaire de physiologie. Indépendamment de ses grands ouvrages : Anatomia comparata nervi sympathici (Leiijzig, 1817) ; De aure et auditu hominis et animtlium (Leipzig, 1820); 'Théorie des ondes, en collaboration avec son frère Guillaume (Leipzig, 1825), et Théorie de la structure et des fonctions de l'organe de reproduction (Leipzig, 1846), il fuut mentionner les nombreux articles de physiologie et d'anatomie qu'il a fournis à ditférents recueils, ainsi que ses dissertations et ses programmes académiques, qui ont été réunis et publiés sous ce titre : Annotationes académies el physiologic& (Leipzig, t85l). Il a donné aussi des éditions du Manuel théorique d'anatomie de Rosenmuller et du Manuel d'anatomie d'Hildebrandt. Ses travaux ont contribué surloutaux progrès de l'anatomie humaine, de l'anntomie comparée et de l'anatomie microscopique, ainsi que de la physiologie et de l'histoire de la formation des animaux. En première ligne se placent ses recherches sur l'organe auditif des poissons doués d'une grande finesso . d'ouïe, la découverte d'un rudiment de l'utérus chez les personnes du sexe masculin et chez les .mâles des mammifères, ses recherches-sur le sens de l'impression, etc.

WEBER ( Guillaume- Edouard ) , physicien allemand, frère du précédent, né k Wittemberg en 1804. 11 fut élevé au Pssdagogium de Halle, puis suivit les cours de l'université de cette ville et s'occupa ensuite, en commun avec son frère, de recherches expérimentales dont ils consignèrent les résultats dans leur Théorie des ondes (Leipzig, 1S25). Après s'être fait recevoir, en 1827, agrégé k l'université de Halle, il fut nommé professeur extraordinaire et alla, quatre ans plus . tard, occuper une chaire de physique k l'uni- | versité de Gcettingue. Il fut destitué en 1837, > k cause de la déclaration qu'il avilit faite lors ' de la suppression de la constitution, et vécut ensuite soit comme professeur particulier k I Gcettingue, soit en consacrant ses loisirs k voyager, jusqu'en 1844, époque où il devint professeur k Leipzig. En 1843, il fut rappelé k Gcettingue et y reprit son ancienne chaire de physique. M. Weber a établi sa réputation principalement par les travaux auxquels il s'est livré, avec Gauss, sur le magnétisme terrestre, et qui ont donné June direction to.ute nouvelle k cette branche de* sciences physiques. Les résultats en sont consignés dans ses deux ouvrages intitulés : Résultats dès observations de la Société magnétique (Leipzig, 1840); Atlas du magnétisme terrestre (Leipzig, 1840) et Détermination des forces électro- dynamiques (Leipzig, 1846-1857, 4 vol.). On a encore de lui : Mécanique de l'appareil locomoteur de l'homme (Gcettingue, 1830), ouvrage traduit en fiançais sous ce titre : Traité de la mécanique des organes de la locomotion (1843, in-8°) ; De l'application de l'induction magnétique à la mesure de l'inclination au moyen du magnétomêtre (Gœttingue, ISâ'-i); Déterminations proportionnelles de l' électro-dynamie, surtout relativement au diamagnètisme (Leipzig, 1867), etc.

WEBER (Edouard-Frédéric), physiologiste allemand, frère des deux précédents, ué h Wittemberg en 1808. Il étudia lu médecine k Leipzig et k Halje, exerça plusieurs années la pratique de son art à Halle el k Nauinbourg et se rendit ensuite k Gcettingue, où il publia, en collaboration avec sou frère Guillaume, la Mécanique de l'appareil locomoteur de l'homme (183b). En 1835, il devint prorecteur et professeur extraordinaire k l'université de Leipzig. Son traité du Mouvement des muscles, qui a été inséré dans la Dictionnaire de physiologie de Wagner, a ouvert une voie nouvelle dans cette partie de la physiologie. 11 a fait aussi un grand nombre de recherches, dont les résultats ont été consignés dans les Comptes rendus de la Société royale saxonne des sciences.

WEBER (Bedu), poète et écrivain ascétique allemaud, né en 1798 à Lietiz, dans la Pusterthal, mort en 1858. Après avoir étudié la philosophie k l'université d'Inspruek, il entra, en 1820, au couvent de bénédictins de "Marienberg, lit ensuite ses études thèologi- ! ques aux séminaires d'Inspruck, de- Brixen

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et de Trente, et fut nommé, en 1825, curé d'une paroisse des environs de Mnrienberg, puis, la même année, professeur a» gymnase de Méran. I) réussit également el comme prêtre et comme professeur, mais ses tendances libérales, ainsi que son attachement pour la nationalité tyrolienne, lui attirèrent une foule d'inimitiés. Malgré l'opposition de l'autorité, il fut élu, en 1848, par le peuple et par le clergé, représentant du cercle de Méran à l'assemblée nationale, où, ainsi que ses amis tyroliens, il fit partie de la fraction de la droite qui, dans la question de l'empire, unit ses votes à ceux de la gauche, comme firent, du reste, tous les Autrichiens. Pendant son séjour à Francfort, il fut nommé chanoine de la cathédrale de Limbourg et curé de la commune catholique de Francfort. Doué d'une imagination riche et brillante, Weber possédait, en outre, un rare talent poétique, qui éclate surtout dans ses Chants du Tyrol (Inspruck, 184S). Parmi ses autres ouvrages, Jl faut citer en première ligne ceux qui ont rapport au Tyrol. Le plus remarquable est le Pays du Tyrol {Inspruck, 1838, 3 vol.), dont un extrait a été publié sous ce titre : Guide des voyageurs dans le Tyrol (Inspruck, 1842; 1853, 2» édit.), et auquel se rattachent les descriptions des villes d'Inspruck (Inspruck, 1848), de Méran (Inspruck, 1845), de Botzen (Botzen, 1850), de la vallée de Passeier (Inspruck, 1852), ainsi que deux études historiques : Oswald de Wolkenslein et Frédéric à la poche vide (Inspruck, 1850) et André Bofer et l'année 1809 (In- $pruck, 1852). On a encore de lui : Fleurs du saint recueillement (Inspruck, 1845) ; une édition, des Poésies d'Oswald de Wolkensteiu (Inspruck, 1847) ; Giouanna Maria délia Croce et son époque (Inspruck, 1850); Sermons au peupte tyrolien (Francfort, 1851); Eludes de caractère (Francfort, 1853) ; les Cartons de ta vie ecclésiastique allemande (Mayence, 1858); Tableaux biographiques el littéraires (Rutisbonne, 1858), etc.

WEBER (Jean-Jacques), célèbre libraire allemand, né à Bile en 1803. A près avoir été employé successivement dans les librairies d'E. Thurneisen, dans sa ville natale, de Pasohoud, à Genève, de Firmin Didot, k Paris, de Breitkopf et de Hœrtel, à Leipzig, et de Herder, à Fribourg, il entra en 1830, comme chargé des affaires, dans la maison de Bossange père, à Leipzig, où ii publia, en 1833, le Pfennigmagazin. L'année suivante, il fonda lui-même, à Leipzig, une maison particulière, qui acquit rapidement une haute réputation en Allemagne, k cause surtout des excellentes illustrations insérées dans les ouvrages qui en sortaient. M. Weber a l'incontestable mérite d'avoir éminemment contribué à ta renaissance de la gravure sur bois en Allemagne. Parmi les premiers ouvrages, réunissant k l'attrait du texte celui d'admirables planches, dont il s'est fait l'éditeur, il faut citer surtout Y Histoire de Frédéric le Grand de Kugler, illustrée par Alonzel, et YHistoire naturelle du règne animal de Pœppig (en 4 vol., avec plus do 4,000 grav,). Mais sa publication la plus remarquable en ce genre est Vlltuslrirte Zeitung (Gazette illustrée), qui, fondée en 1843, formait, en 1868, environ 50 volumes, renfermant plus de 25,000 illustrations et présentant un tableau presque complet de l'art xylographique en Allemagne depuis un quart de siècle. A Y lllustrirte Zeitung se rattachent Ylllustrirte Kalender, qui paraît depuis 184G, et les Illuslrirten Katechismen, qui datent de 1851 et qui tonnaient, en 1868, environ G5 numéros, représentant, sous forme d'illustrations populaires', des faits empruntés aux différentes branches de la science et de l'activité humaine. Parmi les autres ouvrages illustrés édités par M. Weber, mentionnons encore : YHistoire de Napoléon de Laurent, avec dessins d'Horace Vernet; les Œuvres complètes de Boz (Dickens), qui forment 122 volumes, avec 560 gravures; l'ouvrage de Boner sur la Transylvanie, mais surtout le Jlègne animal du monde alpestre de Tachudi, illustré par Rittineyer et Georg}', et qui en est déjà à sa huitième édition, et le Trésor domestique illustré de géographie et d'ethnographie de Schœppner, M. Weber a, en outre, édité les œuvres dramatiques de R. Benedix (22 vol.), d'Edouard Devrient (Histoire de l'art dramatique allemand), de Deinhardstein, de Laube, d'O. Ludwig, de Moseiithal, de Prutz, etc.; lu collection des chefs-d'œuvre les plus rares de l'ancienne littérature allemande, publiée sous la direction de H- Kurz; les écrits de Biedennann et d'Honegger sur l'histoire de la civilisation, les œuvres géologiques de Cotta et les écrits de Kloss sur la gymnastique. Il a, en outre, fondé la Presszeitung (Gazette de la presse) et le Bibliopolische Jahrbuch (Annuaire de la vente des livres), ainsi que la Latomia, journal maçonnique. En 1864, M. Weber a été nommé membre et maître du chapitre libre de Francfort, et, en 1867, il est devenu consul de la confédération suisse à Leipzig.

WEUER (Charles de), historien allemand, né eu 1806. Il fut élevé- à l'école des princes de àleissen, étudia, de. 1824 à 1828, le droit à Leipzig el àGœttingue, et, après avoir passé deux ans k voyager en Suisse et en France, fut attaché, en 1830, au conseil ecclésiastique et au consistoire supérieur de Dresde,

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près lesquels il devint référendaire en 1832. Après avoir rempli encore différentes fonctions, il fut nommé, en 1843, conseiller ministériel et référendaire intime près le ministère et, six -ans plus tard, directeur des archives de l'Etat à Dresde. Il a été, en outre, membre des commissions chargées d'élaborer le code civil de Saxe et d'établir une nouvelle organisation de la procédure et de lajustice. Il a fourni un grand nombre d'articles de jurisprudence au Journal de droit et d'administration et s'est, en outre, fait connaître en littérature par divers ouvrages relatifs à l'histoire de la Saxe et dont il a puisé les éléments aux sources les plus authentiques. <Nous citerons , entre autres : Marie-Antome Walpurgis, princesse électorale de Saxe (Dresde, fs57, 3 vol.) ; Depuis quatre siècles (Leipzig, 1857, 2 vol.); Nouvelle série (Leipzig, 1861, 2 vol.) ; Puur servir à la chronique de Dresde (Leipzig, 1859); Maurice, comte de Saxe, maréchal de France (Leipzig, 1863); Anne, princesse électorale de Saxe, issue de la famille royale de Danemark (Leipzig, 1865), etc. En 1863, M. Weber a fondé avec Wachsmuth les Archives de l'histoire de Saxe, dont il est devenu seul directeur en 1865, — Son père, Charles-Théophile de Weber, né à Leipzig en 1773, mort en 1849, président du consistoire provincial de Dresde, a écrit différents ouvrages de jurisprudence, notamment une Exposition systématique du droit ecclésiastique en usage-dans la Saxe (Leipzig, 1843-1845, 2 vol. 2« édit,).

WEBER (Georges), historien allemand, né à Bergzabern en 1808. Au sortir du gymnase de Spire, il se rendit à l'université d Erlangen pour s'y livrer u. l'étude de la théologie, mais il ne tarda pas à s'y consacrer exclusivement à l'histoire et aux littératures anciennes. De 1828 à 1830, il suivit les cours de l'université d'Heidelberg et s'y lia avec Ch.- Fr. Ilermunn et Sehlosser. Un emploi de précepteur qu'it obtint, a la même époque, dans cette ville lui laissa des loisirs suffisants pour continuer ses études et lui fournit, en outre, l'occasion <3e faire un assez long séjour en Suisse, en Italie et à Paris. De retour en Allemagne (183C), il fut appelé à la direction d'une école latine qui venait d'être fondée dans sa ville natale et quitta ces fonctions en 1839, pour devenir professeur à l'école secondaire supérieure d Heidelberg, dont il prit la direction en 1848. Il reçut plus tard le titre de professeur k l'université. Il avait posé les bases de sa réputation littéraire par son ouvrage intitulé : le Calvinisme dans ses rapports avec l'Etat (Heidelberg, 1836), dont il avait recueilli les matériaux à Genève et k Paris et que suivit une Histoire de la réformation anglaise (Leipzig, 1845- 1853, 2 vol.). Deux voyages en Angleterre (1842 et 1851) l'avaient mis k même d'observer de près le caractère du peuple anglais et de le juger exactement ; mais son attention, un instant attirée sur ce point, se reporta bientôt sur l'histoire universelle, qui a été l'objet de ses ouvrages les plus remarquables. Tels :-ont, entre autres : Manuel d'histoire universelle (Leipzig, 1865, Z vol., lie édit.); YHistoire du monde vue d'un coup d'ail (Leipzig, 1866, 1ÛU édit.), ouvrage traduit, comme le précèdent, en plusieurs langues ; Histoire universelle pour les gens du monde (Leipzig, 18.57-1868, t. 1er à Vil), l'œuvre capitale de l'auteur; elle doit former douze volumes. Là, comme dans les écrits qui précèdent, M. Weber expose sans parti pris ni partialité, dans un style élégant et avec un ordre parfait, l'existence historique des peuples anciens et modernes, non-seulement au point de vue politique, mais encore en suivant le développement progressif de la civilisation religieuse, intellectuelle et industrielle. On a encore de lui : Histoire de la littérature allemande (Leipzig, 1859, 6« édit.) ; YElément patriotique dans l'école allemande (Leipzig, (1856); la Germanie dans les premiers siéetes de son existence historique (Berlin, 1862); Histoire du peuple d'Israël et de ta naissance du christianisme, en collaboration avec H. Holtzmann (Leipzig, 1867, 2 vol.).

WEBER (Johannés), musicien et critique français, né k Brumath (Bas-Rhin) en 1818. Appartenant à une famille protestante , il était destiné par ses parents à l'état ecclésiastique, et il rit ses études au collège mixte (gymnase protestant) de Strasbourg. Mais comme, dès l'enfance, il avait beaucoup cultivé la musique, qu'il jouait même de plusieurs instruments, orgue, piano, violon, flûte , il finit par abandonner la théologie' pour l'art qu'il chérissait, se mit avec ardeur k étudier la composition musicale et écrivit, pour une société chorale dont il était directeur, un grand nombre de chœurs pour voix d'hommes. Après avoir quitté la Faculté de Strasbourg et passé un un dans sa ville natale, il se rendit k Lyon, où il resta deux ans, puis vint ii Paris (1843) se livrer à l'enseignement. Là, il devint collaborateur de la Critique musicale (1846-1847), entra au Temps, lors de la création de ce journal par M. Nell'izer (186i), pour, y rédiger le feuilleton de critique musicale, et simultanément prit part k la réduction de la Bévue germanique et française (devenue depuis la Revue moaerne), dont M. Nefftzer était aussi l'inspirateur, et k laquelle ii donna, entre autres travaux, sur le génie de Mozart une étude développée, qui ne comprenait pas moins de sept grands ar-

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ticles. Il a publié un Traite analytique e complet de l'art de moduler (Paris, 2 vol. in-8°), qui se fait remarquer par la solidité des principes exposés et des déductions qui en sont tirées, et un Traité élémentaire d'harmonie (in-8P). Enfin, M. Weber est collaborateur de la Chronique musicale de la Suisse, revue spéciale qui se publie k Genève. La critique de M. Johannés Weber est généralement basée sur un bon fond de doctrines et sur un savoir véritable et très-étendu.Les articles hebdomadaires qu'il a publiés depuis une longue suite d'années.dans le Temps sont intéressants et bien faits, quoiqu'il manifeste trop souvent une prédilection exagérée pour Wagner.

WEBER (Frédéric), graveur suisse, né à Bâle en 1813. M. Oberthùr lui apprit, à Strasbourg, les premiers éléments de son art, puis (1835) il vint k Paris, où il entra dans l'atelier de Forster. Il y rencontra les frères Girurdet, dont l'influence salutaire ne pouvait que hâter sea progrès. Aussi fut-il bien vite remarqué, et il ne tarda pas k être enrôlé dans le groupe de graveurs attaché à l'illustration des Galeries historiques de Versailles. Les planches qui forment cet ouvrage immense et fort intéressant sont loin d'être toutes traitées avec la science et le goût nécessaires. Quelques-unes, cependant, ont une valeur réelle. De ce nombre sont celles de M. Weber -.Marie- Adélaïde de Bourgogne, d'après Santerre; Louise- Adélaïde d'Orléans, la Princesse de Lambatle, Yjmpératrice Joséphine, d'après David, etc. Ce premier travail, qui ne dura pas moins de deux ou trois années, donna plus d'assurance et de précision au burin de l'artiste, et quand il envoya plus tard, au Salon de 1847, Napoléon et te roi de Home, d'après Steuben, le Portrait d'Holbein, le Portrait de Jules Romain, il conquit immédiatement une place distinguée parmi les graveurs modernes. Son succès fut complet. Le jury des récompenses accorda k Weber une 2° médaille bien méritée. En 1855, cet artiste vint se rappeler k l'attention publique avec les Gitanos et l'Italienne à la fontaine, planches vigoureuses d'une intensité chatoyante, d'un rendu excellent. En 1859, la Jeune Suissesse, d'après M. Winterhalter, fut encore médaillée. Il en fut de même, en 1863, de la Vierge au linge de Raphaël et de l'Impératrice Eugénie d'après M. Winterhalter. Parmi ses autres compositions qui ont riguré au Salon depuis cette époque, il faut mentionner : Portrait d'un jeune Aomme, d'après Raphuel (1866) ; la Lais corinthienne, d'après Holbein, et le portrait de la Princesse Korsakoff (1867) ; la Délia Visconti, d'après Raphaël (1868); les portraits du Prince et de la Princesse de Prusse (1869); la Madona di Lugano , d'après Luini; Amerbach, d'après Holbein (1873); l'Amour sacrée/ l'amour profane, d'après le Titien (1876). M. Weber a été élu correspondant de l'Académie des beaux-arts le 19 décembre 1874.

WEBER (Albert-Fiédéric), orientaliste allemand, né k Breslau en 1825. Il étudia, de 1842 k 1845, la philologie classique et les langues orientales à l'université de sa ville natale et k celle de Bonn, où, sous l'influence de'StenzIer, il s'appliqua tout particulièrement au sanscrit. Après avoir suivi quelque temps les cours de Bopp à Berlin, ii prit ses grades, vers la fin de 1845, k Breslau, avec une thèse remarquable, intitulée Yajurvedx spécimen cum commenlaiio , et revint ensuite k Berlin s'occuper des études nécessaires pour une édition du Vajasaneyi - Sanhita. Après avoir fait, dans l'intérêt de ce travail, un grand voyage scientifique en Angleterre et en France, il se fit recevoir, à son retour (juin 1848), agrégé k l'université de Berlin, où il est devenu, en 1856, professeur extraordinaire, puis, en 1S67, professeur ordinaire des langues et littératures anciennes de l'Inde. M. Weber a exercé, ces dernières années, une influence considérable sur les progrès des études orientales en Allemagne. Ses deux travaux les plus importants sont l'édition du White Yajurveda (Berlin 1849-1859, 3 vol.) et les Etudes indiques (Berlin, 1849-1864, t. 1er a VIII ; Leipzig, (865- 1867, t. IX et X). Ce dernier ouvrage renferme une foule d études des plus remarquables sur différentes questions (le l'archéologie indoue. On u encore de lui : Leçons académiques sur l'histoire de la littératureindoue (Berlin, 1852); Catalogue des manuscrits sanscrits de ta bibliothèque royale de Berlin (BaiY\n, 1855); Esquisses indoues (Berlin, 1857) ; une traduction du drame de Mâtavikâ el Agnimitra (Berlin, 1856); Sur te Catrutnjaya Mâhàtmya (Leipzig, 1858) ; Deux textes védiques sur tes Omina et les Ponctua (Berlin, 1858) ; le Vajrasûei de l'Açvaghosha (Berlin, 1859); les Documents védiques du Naxatra (Berlin, 1860-1861, 2 parties; ; Sur le calendrier védique appelé lyolisham (Berlin, 1862); le Râma-Tâpaniya-Upanishad (B-rlin, 1864); Sur un fragment du Bhagauati (Berlin, 1865- 1868, parties lre et 2e), etc. M. Weber a, en outre, fourni un grand nombre d'articles et de mémoires au Journal de. la Société orientale allemande, k la Feuiile centrale de littérature , au Journal et aux Documents de Kuhn, aux Comptes rendus mensuels de IAcadéiuie de Berlin, ainsi qu'a d'autres recueils périodiques et ou\ rages encyclopédiques. H est membre de l'Académie de3 sciences de Berlin et, depuis 1865, correspondant

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de l'Académie des inscriptions et belles-lettres de Paris.

WÉBÊBEs. f. (vé-bë-re — de Weber, n attirai, allem. ). Bot. Syn. de stylocoryne , genre de rubiacées. Il Syn. de biphyscion, genre de mousses. Il Section des brys, autre genre de mousses.

WÉBÉR1E s. f. (vé-bé-rî — de Weber, natur. allem.). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des inuscides, dont l'espèce type vit aux environs,de Paris.

WEBSTER (John), auteur dramatique anglais du xvne siècle. Comme la plupart des poètes de son époque qui ont écrit pour Je théâtre, il n'est guère connu que par ses oeuvres. Le premier écrivain qui fasse mention de lui est Henslow, qui rapporte qu'il composait ses pièces en collaboration avec Dekker , Drayton , Middleton , Munday , Cheltle, Heywood et Wentworth Smith. La première de ses œuvres qui ait été publiée est la pièce qui a pour titre : le Diable blanc (1612). En 1623 parut la Duchesse d'Amalfi, et ce ne fut qu'en 1654 que fut imprimé le drame d'Appius et Virginie, C'est sur ces trois pièce.-, que se fonde la réputation littéraire de Webster, et elles suffisent du reste pour le placer au premier rang parmi les nombreux auteurs dramatiques contemporains des dernières années de Shakspeare. Dans ces œuvres, la passion est quelquefois forcée, et l'auteur a souvent recours à des moyens trop violents lorsqu'il veut exciter la pitié et l'émotion ; mais on y sent tout le génie d'un véritable poëte dramatique, qui marche k son but avec une ardeur que n'arrête aucun obstacle. Les œuvres de Webster ont été recueillies et publiées ensemble pour la première fois par Al. Dyce (Londres, 1830, 4 vol. in-8°).

WEBSTER (William), théologien et littérateur anglais, né en 1689, mort en 1758. Nommé en 1715 pasteur de Saint-Dunstunde-1'Ouest, k Londres, il conserva cette cure jusqu'en 1731, époque k laquelle la légèreté de sa conduite el son penchant au sarcasme la lui firent retirer. Quelque temps après, cependant, il obtint deux nouveaux rectorats, mais d'un assez maigre revenu, et il passa le restant de sa vie dans la gêne. Webster était un homme de beaucoup d'esprit et d'érudition , mais l'irascibilité de son caractère, son orgueil et le peu de ménagement avec lequel il attaquait tout ce qui lui paraissait digne de blâme lui firent de nombreux ennemis, et, jusqu'à la lin,il se trouva' engagé dans de violentes polémiques. Nous citerons, parmi ses écrits: Considérations sur tu justesse des témoignages de ta résurrection du Sauveur (1721); Vie du général Alonk (1725); Défense d'Eustache Budgell (1733); Narré complet des faits ou Franche exposition de mes malheurs (1757); Misée llanea hebdomadaires, sorte de recueil périodique, qui ne parut que pendant quelques mois, etc.

WEBSTER (Noé), pédagogue américain, né à West- Hartford (Connecticut) en 1758, mort en 1843. Il étudia le droit au collège d'Yale, prit part k la guerre do l'indépendance pendant l'expédition de Burgoyne (1777) et fut admis au barreau en 1781. Muis il renonça bientôt après k la profession d'avocat pour se livrer k l'enseignement et ouvrit k New- York une école qu il appela l'Académie de la salle des fermiers. Sa Première partie d'uuc méthode grammaticale de ta grammaire anglaise 11783) ouvrit la série d'un grand nombre d'ouvrages élémentaires, qui furent jugés supérieurs à tous ceux que l'on possédait jusqu'à ce jour. Il prit aussi une part importante k la discussion des questions politiques de l'époque, tant dans ses Esquisses de la politique américaine (1784) et autres brochures eu faveur des principes du fédéralisme, qi e dans un journal quotidien qu'il fonda en 1793 k New-York. En 1798, il alla se fixer k Newhaven, où il habita jusqu'à sa mort. Son ouvrage principal, celui qui a surtout contribué k faire connaître sou nom à l'étranger, est le Dictionnaire nouveau et complet de la tangue anglaise, qu'il commença eu 1807 et dont la première édition parut en 1828. Ce livre, qui a souvent été réimprimé depuis, est l'œuvre d'un truvail patient et assidu, et il est plus riche en explications de toutes sortes quaucuu de ceux qui l'avaient précédé, même en Angleterre. Quant k la partie étymologique, elle est plutôt ingénieuse que savante ou profonde.

WEDSTER (Thomas), géologue anglais, né aux îles Orkney en 1772, mon en J844. Après avoir étudié l'architecture et le paysage k Londres, il parcourut l'Angleterre et le pays de Galles, afin d'y recueillir des croquis et des vues pour les publications illustrées. De retour k Londres, il s'y remit à l'architecture et fournit Jes plans du théâtre Jioyul Institution. 11 s'occupa ensuite d'études géologiques et publia en 1813, duns les Transat ■ lions de la Société géologique, un mémoire Sur des sources d'eau vive, qu'il avait découvertes dans l'Ile de Wight; il fut l'un des collaborateurs de l'Encyclopédie d'économie domestique de Longman et Uonna une excellente édition des Eléments des sciences et des arts d'imison. H laissa en mourant plus de cent volumes de manuscrits sur les sujets les plus divers.

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WEBSTER (Daniel), homme d'Etat américain, né à Sulisbury (New-Hampshiie) en 1782, mort en 1852. Fils d'un colon qui avait servi dans les guerres contre les Français et contre les Indiens et qui était venu ensuite s'établir sur la limite extrême du désert, près des sources du Merrimac, il passa son enfance dans cette solitude, travaillant en été pour la ferme et, l'hiver, forcé de faire dans la neige 5 ou G kilomètres pour se rendre à l'école la plus voisine. Il fut mis ensuite à l'école d'Exeter, puis au collège de Darthmouth, entra en 1801 dans l'étude d'un homme de loi, à Salisbury, alla ensuite travailler chez un jurisconsulte distingué de Boston et, en 1806, s'établit comme avocat à Portsmouth (New-Hampshire), où il acquit rapidement beaucoup d'influence et de réputation. Après avoir fait partie, en 1812, de l'Assemblée législative de son Etat, il fut élu, vers la fin de la même unnée, député au congrès, où il siégea pendant deux sessions, jusqu'en IS16. Il s y langea parmi les fédéralistes, approuva la guerre avec l'Angleterre, bien qu il n'accordât pas son assentiment à toutes les mesures de. l'iidniiuistration deMadison.ét, après la paix, réclama vivement une prompte léorganisation des finances du pays. En sortant du congrès, Webster se rendit à Boston, où il trouva une plus vaste arène pour l'exercice de sa protession ; mais, là encore, il ne put rester longtemps éloigné du mouvement politique. En 1820, il fut nommé membre de la commission chargée de reviser la constitution' de l'Etat de Massachusetts et, en 1823, il rentra, en qualité de représentant de- Boston, au congrès, où, par son éloquence et par la sagesse de ses vues politiques, il ne tarda pas à exercer une influence prépondérante. En 1827, il devint membre du Sénat, dont il fit partie jusqu'en 1839. Il s'y prononça surtout, de concert avec Clay, pour le maintien de ta banque nationale et contre lu politique de Jackson, ainsi que contre les tentatives de sécession de Calhoun. Le discours qu'il prononça dans les séances des 20 et 27 janvier 1830 contre Robert T. Ilayne, de la Caroline du Sud, défendait l'unité nationale, stipulée dans la constitution, contre les pians de nullificalion de la Caroline du Sud. Ce discours est l'un des plus beaux chefs-d'œuvre de l'éloquence politique américaine et marque le point culminant du la réputation de Webster, auquel il fit décerner par sos compatriotes le surnom de Grand luier^i-ète [Créât expounder) do la coimtittuiou. Webster fut en outre, vers cette époque, l'un des principaux fondateurs du parti whig. Le général Harrison, en arrivant h la présidence (1841), le plaça à la tète du ministère, et, Hurrison étant mort au bout d'un mois, Webster conserva ces importantes fonctions sous le président ïyler, au nom duquel il conclut a Washington, en 1842, avec l'ambassadeur anglais lord Ashburton, un traité pour la délimitation des frontières, pour la suppression de l'esclavage et pour l'extradition dus criminels. En mai 1843, Webster résigna ses fonctions ; mais il reparut de nouveau au Sénat en 1845 et s'y prononça énergiqueuient contre la guerre avec la Mexique, car c'était, à cette époque, un adversaire décidé de tout ce qui aurait eu pour résultat de contribuer au maintien et à la propagation de l'esclavage. Mais, en 1850, lors de Ta délibération au sujet des mesures qui amenèrent le compromis du 9 septembre de la mémo année, il fit l'abandon complet de ses premières opinions et, par son discours du 7 mars, se rangea ouvertement du côté des esclavagistes. En juillet 1850, Fillmore le prit pour secrétaire d'Etat; mais Webster, si populaire jusqu'alors, avait perdu tout prestige dans l'opinion publique par suite de ce brusque changement dans ses idées, changement opéré, croyait-on, dans le but de faire triompher sa candidature aux prochaines élections F résidentielles; mais les Etats du Sud, sur appui desquels il avait compté, l'abandonnèrent lors des élections de 1852 et lui préférèrent comme candidat le général Scott, homme politique des plus médiocres et dont Pierce triompha, du re§te, à une majorité écrasante. Webster mourut la même année, en se plaignant amèrement de l'ingratitude de ses concitoyens. Ses discours et ses écrits ont été réunis et publiés, avec une esquisse biographique, par Everett, sous ce titre : Speéches, Forensic arguments and diplomatie pupers of DanielWebster (Boston, 1855, G vol.). Voici le jugement que nous trouvons sur Webster dans le recueil anglais Westminster Iteview : « Aucun homme d'Etat américain n'approche Webster pour la solidité ou la simplicité de l'intelligence; aucun autre n'est doué d'une pareille force de compréhension. Dans ses nombreux écrits, Userait difficile de trouver une de ces singularités de caractère, un de ces accès de pétulance qui , se glissant imperceptiblement dans les idées de tant d'auteurs américains, altèrent en eux lu rectitude du raisonnement. Chez Webster, c'est la seule intelligence, absolument libre de préjugés ou d'égoïsme , qui parle avec une si grande autorité. 11 avait, au surplus, l'orgueil de celle intelligence autant que celui du caractère. Un sophisme, -découvert dans son argumentation, lui eût fait éprouver la même honte qu'une fausseté révélée dans sa conduite... Il a montré constamment cette fermeté qui supporte courageusement la défaite d'un jour, qui persiste opiniâtrement dans

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l'espoir d'une victoire future, et qui se res- , pecte trop elle-même pour combattre par dea ' moyens factieux ou anarchiques l'autorité établie. 11 savait pourtant, aussi bien que le radical le plus extrême, qu'une telle conduite n'est pas celle qui plaît le plus à l'imagination et aux passions ou qui s'accorde le mieux avec les impulsions naturelles de l'homme.:. Webster traitait les hommes comme des créatures morales et raisonnables. En «'adressant à eux, il cherchait d'abord à éclairer leur intelligence ; par leur intelligence, à réveiller en eux le sentiment du devoir, et, par celuici, à dompter leurs préjugés et leurs passions. Il agissait sur eux par la clarté de sa logique autant que par la sublimité de ses accès d'enthousiasme. L'absence d'invectives personnelles, qu'on remarque dans ses discours, doit être attribuée à lu froideur de ses sentiments, qui étaient profonds sans être vifs. Différent en cela de la plupart des hommes politiques, il ne ressentait aucune haine pour ses adversaires, mais il n'éprouvait aussi aucune affection véritable pour ses partisans. »

WEBSTEIt (Thomas), peintre anglais, né à Londres en 1800. Admis, en 1820, comme élève à l'Académie royale de Londres, il y obtint, en 1825, le premier prix de peinture et en devint membre associé en 184 1, puis membre ordinaire en 1846. Son premier tableau , Itebeltes fusillant un prisonnier , avait obtenu un succès que vint renouveler, trois ans plus tard, sa Conspiration des poudres, ainsi qu'un grand nombre de toiles humoristiques dont les personnages principaux étaient des enfants; car l'artiste a choisi de bonne heure dans son art une branche aussi gaie qu'originale et a entrepris d'observer et de peindre le plus joyeux, le plus vif et le plus changeant de tous les êtres, l'écolier. Ce n'est que rarement qu'il s'est écarté de cette spécialité, dans laquelle il a obtenu jusqu'à ce jour un succès constant. Nous citerons, parmi ses toiles : le Froncement de sourcils; le Sourire, toile que la gravure a popularisée, comme la précédente; V /infant et ses nombreux amis (1841); la Grand'mère; P Impénitent ; Allant c. l'école (1842); Maladie et santé (1843); Portraits de M. et de Mme Webster; le Marchand de violettes; le Colporteur (1844); l'Ecole de la dame (1845); Souvenez-vous de la grotte; Sonne nuit (1846); Un chœur de village; Y Instruction (1847); Une partie de whist (1848); Une balançoire ; Une glissade, toile que l'on regarde comme son chef-d'œuvre (1849); Etude d'après nature; la Marchande de cerises; le Foyer du paysan ; la Cuisine d'une ferme (1S50); Un coin de cheminée; V Attraction (1851/; la Cour de récréation d'une école; ABC; Une lettre des colonies (1852); \' Offrande du villageois; Une partie de déjeuner; les Petits paysans (1854); la Source; la Course (1855); Colin -maillard (1856); le Tentateur (1867), etc.

Il est peu de peintres anglais qui soient aussi populaires que Webster, et, dans les expositions, ses toiles sont celles qui aitirent le plus l'attention, car elles répondent au goût de tous ; chacun, en effet, aime a voir les jeux des écoliers, et l'artiste a su choisir les incidents de leur' vie que l'on regarde avec le plus de plaisir. 11 est véritablement doué d'un génie observateur; tout ce qu'il fait est marqué au coin du bon sens, de la bienveillance et de la sincérité, et, dans toutes ses toiles, il règne un sentiment do gaieté irrésistible. Il ne réussit pas moins quand il peint des hommes que lorsqu'il représente des enfants, et, quelque courte que l'on veuille faire la liste de ses chefs-d oeuvre, on sera toujours forcé d'y comprendre le Chœur d'une église de village, toile dont Hogarth eût été fier, et la Partie de whist, que Wilkie aurait enviée. Mais c'est surtout comme peintre d'enfants turbulents qu'il excelle, et nul de ceux qui ont visité l'Exposition de l'Académie royale en 1849 n'a oublié sa fameuse Glissade, toile qui n'a pas d'égale dans son genre en Angleterre. M. Webster dessine admirablement; il dispose toujours ses ligures de façon à obtenir un agréable arrangement dé lignes et d'ombres, mais il s'obstine à peindre maigrement et avec un pinceau trop peu chargé ; son coloris est terne, en Sorte qu'au premier coup d'œil ses toiles ont peu d'apparence et qu'il faut' les étudier longuement pour en découvrir les mérites. M. Webster s'est avantageusement fuit connaître de ce coté du détroit. On a pu admirer de lui, à l'Exposition universelle de 1855, quatre de ses plus charmantes toiles : le Jeu du ballon, le Chœur d'une église de village, les Vents contraires et la Marchande de cerises, qui ont valu à l'artiste une 28 médaille. A la grande Exposition internationale de 1867, il n'a envoyé qu'une seule toile, les Commères du village.

WEBSTÉR1TE S. f. (ouèb-sté-ri-te — de Webster, nom pr.). Miner. Sous-sulfate d'alumine naturel. .

— Encycl. Ce sous-sulfate d'alumine, qui n'est jamais cristallisé et se compose de l équivalent d'acide sulfurique, l équivalent d'alumine et 1 équivalent d'eau, appartient exclusivement à la partie la plus inférieure des terrains tertiaires, où il se présente en veines ou nodules disséminés dans l'argile plastique. On l'a pris d abord pour de l'alumine pure ; ce n'est même qu'assez tard qu'on a bien connu sa nature véritable. Ce minéral est d'un blanc mat, tendre, doux au loucher,

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k texture le plus souvent terreuse, quelquefois cependant oolithique. Par son aspect extérieur et sa consistance, il ressemble beaucoup à la craie. Sa dureté est de l et sa densité de 1,7. 11 happe à la langue et n'a point de saveur. L'eau ne le dissout pas, mais il est attaquable par les acides, dans lesquels il se dissout sans effervescence ni résidu. Enfin, il donne beaucoup d'eau par calcination, fond difficilement au chalumeau et dégage de l'acide sulfureux.

La webstérite a été trouvée pour la première fois aux environs de Halle, en Saxe; plus tard, on l'a rencontrée à Lunel-Vieil, dans l'Hérault; à la montagne de Bernon, près d'Epernay ; dans la Marne et sur le territoire de l'ancienne commune d'Auteuil, dans la Seine. Quand elle est pure, elle renferme 23 pour 100 d'acide sulfurique, 30 d'alumine et 47 d'eau ; c'est la composition de celle d'Auteuil.

WECHEL (Christian), célèbre imprimeur du xvi« siècle, originaire d'Allemagne. Il vint jeune à Paris, monta une imprimerie en 1527, se fit une grande réputation par la beauté et la correction de ses éditions d'auteurs grecs et latins, et mourut vers 1554. Le Catalogue des ouvrages qu'il a imprimés a été publié à Paris (1544, in-8°). Dans ses premières éditions, il a pris pour inarque i'écusson de Bâle, auquel il substitua plus tard deux mains soutenant un double caducée d'où sortent des cornes d'abondance, que surmonte un Pégase.

WECIIEL (André), imprimeur, fils du précédent, né. à Paris en 1510, mort en 1581. Il" succéda, en 1554, à son père comme imprimeur, puis il acheta le fonds de l'imprimerie de Henri Estienne (1500) et ne se rendit pas moins célèbre que son père dans l'art de la typographie. Soupçonné d'attachement aux principes de la Réforme, il courut risque de la vie et vit ses magasins pillés. Lors de la Saint-Barthélémy, il eut le bonheur d'échapper au massacre et se réfugia à Francfort, où il mourut. 11 eut pour successeurs, à Francfort, Claude Marni et Jean Aubri. Le Catalogue des éditions qu'il a publiées a paru à Francfort (1590, in-8»).

• WECHTE (Antoine), célèbre orfèvre et ciseleur français. V. Vkchtk.

WECKELSDOKF (rochers de), curieux groupe de rochers de l'Allemagne du Nord, sur la frontière N.-E. de la Bohême, dans la chaîne du Riesengebirge, au S.-O. de Lundshut, près du village autrichien d'Adersbach. Le plus remarquable de ces rochers est le Manter, grande voûte rocheuse aux ogives gigantesques, à laquelle on parvient en traversant un couloir sombre et étroit. On y a placé un orgue, pour rendre plus complète l'illusion que procure cette merveille de la nature. On remarque encore le Lœwenkeller (cave du Lion), grotte froide et obscure, où la lumière ne pénètre que par une fente latérale, et au sortir de laquelle on voit de nouveaux rochers aux formes étranges et fantastiques.

NVECKËR (Jean-Jacques), médecin français, né à Baie en 1528, mort en 158G. D'abord professeur de dialectique et de rhétorique au collège de sa ville natale, il y exerça, eu outre, avec succès la pratique de l'ait médical, et le dévouement dont il fit preuve pendant la peste de 1565 lui valut, l'année suivante, la place de premier médecin de la ville de Colmar, où il résida jusqu'à sa mort. On a de lui , entre autres écrits : Antidotarium spéciale (Bâle, 15C1, in-4°) ; Medics tyiilaxis utriusque ex grxcis, latinis et arabicis Ihesauris collecta (Bàle, 1562, in-fol.); Antidotarium générale (Bâle, 1576, in-4»); De secretis libri XVII (Bàle, 1582, in-8<>), traduit en fiançais par un anonyme (Lyon, 1584, in -8°); Praclicss medicinalis generclis libri Vil (Bàle, 1585, in-16).

WECKUEltLlN (Georges-Rodolphe), poëte allemand, né à Stuttgard en 1584, mort vers 1051. Il étudia le droit à Tubingue, mais s'y occupa en même temps, avec une prédilection marquée, de travaux poétiques et littéraires, fit ensuite un long voyage, pendant lequel il visita les principales capitales de l'Europe et, à son retour, entra comme secrétaire dans la chancellerie aulique do Stuttgardt. Peu de temps après, il fut nommé poëte de la cour. En 1G20, il partit pour Londres et fut attaché à la chancellerie allemande qui avait été établie dans cette ville pendant la guerre de Trente ans, afin de faciliter les communications entre les protestants d'Angleterre et ceux d'Allemagne. Il parait y avoir joui d'une grande considération et y avoir été employé aux affaires les plus importantes. Lu guerre de Trente ans rompit ses liens do famille et le privu de l'héritage paternel; une grande partie des poésies de sa jeunesse furent même détruites, et il se vit forcé de demeurer à Londres, où il mourut peu de Winps après (1650). Ses -nombreuses compositions poétiques, qui appartiennent eu majeure parlie au genre lyrique, se distinguent par une fraîcheur d'expression,' une force de pensée et une vérité de sentiment peu communes chez les- poètes de cette époque. Les plus remarquables sont celles dans lesquelles il célèbre la patrie allemande et Gustave-Adolphe, le grand champion du protestantisme. Outre ses poésies de circonstance, ses chants d'amour, de table et de guerre sont vraiment

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d'une grande valeur; quelques-unes de ses œuvres postérieures respirent une mordante ironie, d'autres l'amertume et une noire mélancolie. C'est lui qui le premier a introduit dans lu poésie allemande l'ode, le sonnet,, l'églogue et l'épigraïuine; il contribua aussi beaucoup à maintenir l'usage de l'emploi de l'alexandrin, k l'imitation des Français, bion que d'ordinaire il subit l'influence des poètes anglais. Cependant il eut toujours l'air d'ignorer les règles sévères de la prosodie introduites par Opilz. Il comptait les syllabes et se permettait parfois des hiatus; mais son oreille délicate le guidait toujours au point de vue de l'harmonie poétique. Il avait donné lui-même une édition de ses Œuvres (Amsterdam, 1641, 2 vol., et 1648), qui est aujourd'hui une véritable rareté bibliographique. Son grand poème sur la mort de Gustave- Adolphe a été publié à nouveau par Ruhs (Halle, 1806} et inséré aussi dans le recueil intitulé : la Corne merveilleuse de l'enfant. Muller a fait paraître un choix de ses poésies, avec sa biographie, dans le tome IV de la Bibliothèque des poètes allemands du xvue siècle.

WECKHERLIN (Guillaume-Louis), journaliste allemand, né à Bothnang (Wurtemberg) en 1739, mort en 1792. Après avoir quelque temps étudié le droit k Tubingue, il vint comme précepteur à Strasbourg, puis à Paris, où il lut avidement les écrits de Voltaire et de Linguet et s'appropria en partie leur esprit railleur et sarcastique. Il se rendit ensuite k Vienne, où il vécut en donnant des leçons et en écrivant, soit dans les journaux, soit ailleurs, toutes les fois qu'il en trouvait l'occasion. La vivacité de son esprit lui fit d[abord beaucoup d'amis, que lui aliénèrent bientôt sa conduite déréglée et son penchant pour la satire. Enfin les piquants Mémoires de Vienne (1777), qui avaient paru sous le voile de l'anonyme et dont il se vanta follement d'être l'auteur, le firent condamner à l'emprisonnement, puis expulser de l'Autriche. Il vécut alors tour à tour à Ratisbonne, à Augsbourg, à Nordlingen et enfin à Baldringen , petit bourg des environs de cette ville. Il était partout fort bien accueilli au début; mais il se rendait tout long séjour impossible par ses satires, qui finirent par dégénérer en libelles. Expulsé d'Augsbourg, il s'en vengea en écrivant son Voyage d'Anselmus Rabiosus en Allemagne (1778), qui produisit une vive sensation, A Nordlingen, il publia une revue politique, la Valise, qu'il continua sur un plan plus général, sous ces titres : Chronolngues (1779-1789, 12 vol.), le Monstre gris (1782-1787, 12 vol.), Lettres hyperboréennes (1788-1790, 6 vol.) et Paragraphes (1791, 2 vol.). Ces journaux abondent en tiaits-d'esptit, en satires, en rudes vérités et en épigraniines ; mais, à la tin, Weckherlin en était arrivé à se répéter. Un libelle, qu'il avait écrit contre la ville impériale de Nordlingen, lui valut, en 1788, une condamnation à une détention de quatre ans, pendant laquelle on ne se montra pas trop sévère envers lui et qui n'interrompit en rien ses travaux littéraires. En 1792, il commença à. Anspuch, sous la protection de Hardenberg, la publication d'uu journal politique, les Feuilles d'Anspach. Soupçonné, au moment où les Français approchaient de cette ville, d'être d'intelligence avec eux, il se vit en buite aux fureurs du peuple et eu éprouva un tel saisissement, qu'il tomba malude et mourut peu de jours après.

Wqckherlin, qui, par son caractère et par sa vie, a plusieurs traits de ressemblance avec Schubart, contribua beaucoup par ses écrits à corriger les vices de la société de son époque; mais, comme il fut presque toujours guidé dans ses attaques par des motifs personnels et que son caractère ne put jamais devenir ferme et stable, son influence ne fut que passagère. On peut consulter à son sujet l'ouvrage anonyme de Ch.-J. Webcr : V Esprit de Weckherlin, publié par Weckherlin junior (Stuttgard, 1823).

WECKHERLIN (Auguste de), agronome allemand, -né à Stuttgard en 1794. il lit ses études à l'école agricole d'Hofwyl, sous la direction du professeur Schubler, et entreprit ensuite de grands voyages agronomiques. A son retour, en 1817, le roi de Wurtemberg lui confia l'administration do ses domaines particuliers et le chargea d'un grand nombre de missions, qui le conduisirent successivement eu Saxe, eu Prusse, en Belgique, en Hollande, en Italie, en Suisse, et enfin en France et en Angleterre. En 1837, il fut nommé directeur de l'école d'économie agricole et forestière de Hohenlieim et s'acquitta de ces fonctions avec le plus grand succès jusqu'en 1844, époque où il devint conseiller intime du prince de Hohenzollern et chef de la direction des domaines pour toute l'étendue des vastes propriétés du prince de Sigmaringen, On a de lui : Description agronomique Ses propriétés du roi de Wurtemberg (Stuttgard, 1825); Description des races d'animaux domestiques élevées sur les propriétés particulières du roi deWurlemberg (Stuttgard, 1827-1834); VElève du gros bétail dans le Wurtemberg (Siuttgard, 1S39); De l'agriculture anglaise (Stuttgard,' 1852, .30 édit.); la Production des animaux agricoles (Stuttgard, 1865, 3 vol., 4" édit.), le plus remarquable de tous ses ouvrages. Les principaux services rendus par Weckherlin à l'agriculture sont ; les améliorations qu'il a introduites dans la forme de la charrue ; la

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propagation des nouvelles méthodes agricoles, de la méthode anglaise en particulier ; les progrès qu'il a fuit faire k l'élève du bétail, etc.

WED s. m. (ouèd). Hist. Gouverneur arabe en Barbarie, au moyen âge.

WEDA, idole guerrière des Frisons. Elle était aussi adorée chez les Saxons, et principalement à Mecklembourg,

WEDDÊBBURN (Alexandre), homme politique anglais. V. Rosslyn.

WiEDDERKOPF (Magnus Dij),jivrisconsullo et homme d'Etat holsteinois., ne à Husum en 1638, mort en 1721. Après avoir étudié le droit à Helmslaedt, k Iémi et it Heidolberg, il alla visiter la France et l'Italie, devint, à son retour, professeur de droit public et féodal à l'université de Heidelberg, fut chargé, dans la suite, par l'électeur Charles-Louis, de diverses missions diplomatiques auprès du duc de Holstein, et obtint de ce dernier une chaire de droit à l'université de Kiel. Par la suite, le môme prince te combla de faveurs et de dignités, l'anoblit, le nomma ambassadeur, puis premier ministre (1706). Mais, à la suite d'une intrigue tramée contre, lui, il devint suspecta son souverain et subit une détention de cinq ans (1709-1714). Il réussit, au bout de ce temps, à fournir les preuves de son innocence et fut rétabli dans ses anciennes dignités, qu'il conserva jusqu'à sa mort. 11 a laissé différents opuscules sur des questions de droit.

WEDEICIND (George-Chrétien-Théophile), médecin allemand, né à Gcettingue en 1761, mort à Mayenee en 1831. Il fut d'abord conseiller et médecin de l'électeur palatin, professeur de médecine k l'université de Mayenee. Quand les Français entrèrent dans cette ville, en 1792, il prit du service dans nos armées et embrassa avec chaleur les principes de notre Révolution. Se trouvant en 1794 h Strasbourg, il y occupa la place do médecin du grand hôpital militaire. Il alla reprendre, quelques années après, la chaire de thérapeutique et de clinique si Mayenee. lJlus tard, il devint conseiller intime et premier médecin du grand-duc de Hesse-Darmstadt. Les ouvrages de Wedekind sont plus remarquables par leur nombre que par leur mérite. Les plus modernes sont moins entachés de l'esprit d'hypothèses que ne l'étaient ses premières productions. Nous indiquerons, parmi ses écrits : Fragments sur la connaissance des maladies vénériennes (Hanovre, 1790, iu-S°); De l'enseignement médicul (Mayenee, 1782, in-8<>) ; Théorie .générale des inflammations et de leurs suites (Leipzig, 1791, in-so) ; De movborum primarum viurum vera notitia et curalione (Nuremberg, 1792, in-4»); Situation économique et politique de la France après trois ans de république (Strasbourg, 1790); Lettres confidentielles sur la révolution du 18 brumaire (1S00); lissai du système homœopatltique du docteur Hahncmutin (Dtmiisludt, 1825, in-8"); Matériaux pour les francs - maçons {1820- 1821, 2 parties).

WEDEKIND (Georges- Guillaume, baron dk), écrivain forestier allemand, lîls du précédent, né k Strasbourg en 17HC, mort en 1856. 11 suivit pendant un an les cours de l'université de Gcettingue, alla, en 18!3, étudier la science forestière kDrei55iguokur,et, à la lin de la même année, fut attaché comme assesseur au collège forestier deDarmstadt. Feu après, il s'engagea comme volontaire dans les chasseurs et fit, avec le grade.de lieutenant du génie, sous les ordres du prince Emile de Hesse, la campagne contre la Fiance. Il revint ensuite occuper son emploi a, Darinstadt et y fut nommé commandant du second bataillon de la landwehr hessoise. De 1816 à 1820, il l'ut membre du collège supérieur des forêts,' devint forestier en chef en 1821 et, plus tard, forestier en chef intime. Ses opinions libérales lui tirent refuser k plusieurs reprises par le gouvernement l'autorisation de remplir le mandat de député aux états, auquel il avait été appelé par ses concitoyens; mais, après la révolution de mars 1848, il fut élu au parlement de Francfort. On a de lui : Esquisse d'un système de statistique forestière (Leipzig, 1818); Documents pour la connaissance de l'administration forestière en Allemagne (Leipzig, 1819-1821, 4 vol.); Essai d'une constitution forestière dans l'esprit du temps {Leipzig, 1821); Introduction à l'administration et à l'exploitation des /oré/s(Darmstadt, 1831); Guide pour le règlement de l'exploitation et pour l'estimation du produit des bois de forêt (Darinstadt, 1834) ; Esquisse de la science forestière pour les citoyens et pour les hommes d'Etat (Altona, 1S39J; Encyclopédie de ta science forestière (Stuttgart, 1847); Nouvelles annales de la science fores- Hère (lrû série, Leipzig et Darinstadt, 1828- 1850; 2« série, Francfort, 1851 et ann. suiv.). Depuis 1S40, Wedekind était le principal rédacteur du Journal général des forêts et de la chasse, dont il fut le seul éditeur à partir de 1847.

WEDEKIND (Antoine-Chrétien), historien ullemand, né k Visselbcevcde, pies de Vcrden (Hanovre), eu 1703, mort en 1845. Après avoir étudié le droit à Helmstrcdi et à Uooitingue, il exerça pendant trois ans ta profession d'avocat à Hanovre, fut ensuite gref-

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fier à Neustadt, puis à Lunebourg, et, pendant la domination française, devint conseiller de préfecture du département des Bouches-de-1'Elbe et, plus tard, sous-préfet de Lunebourg. Il ne s'en trouva pas moins dans une position pécuniaire des plus difficiles, qui ne s'améliora que lorsque la situation du cloître de Saint-Michel de Lunebourg, dont Wedekind était l'un des administrateurs, eut attiré l'attention de Cuvier. Celui-ci voulut voir par lui-même ce couvent, ainsi que l'école qui en dépendïiit, et fit des démarches, couronnées de succès, en faveur du personnel qui y était attaché. Plus tard, Wedekind fut seul administrateur de cet établissement jusqu'en 1820 et en fut nommé bailli en chef en 1821, après sa transformation en une école de jeunes nobles. On a de lui, entre autres écrits : Feuilles commémoratives de l'histoire universelle (Lunebourg, 1845, 2» édit.); le Commencement des grandes foires ( Lunebourg, 1815); Manuel chronologique d'histoire moderne (Lunebourg, 1816, 2 vol.) ; Tabula Waldemari primi régis Danix (Lunebourg, 1817) ; Manuel de l'histoire de l'univers et des peuples (Lunebourg, 1824, 3« édit.) ; Notes sur quelques historiens du moyeu âge allemand (Hambourg, 1821-1837, 3 vol.). Il avait, en outre, aidé Wagner dans son édition du Chronicon de l'évêque Dietniiir de Mersebourg. A sa mort, il laissa à la classe d'histoire et de philologie de la Société royale de Gcettingue la somme nécessaire pour distribuer, tous les dix ans, trois prix de 1,000 lhalers chacun aux auteurs des trois meilleurs ouvrages sur des faits empruntés à l'histoire de l'Allemagne.

WEDEL, bourg de Prusse, province de Holstein , sur la rive droite de l'Elbe, à 26 kilom. O. de Hambourg; 2,800 hab. Navigation; chantiers de construction; petit port de commerce.

WEDEL (Georges-Wolfgang), médecin allemand, né à Golsen (Lusace) en 1645, mort en 1721. Il fit ses études à l'université d'Iéna, y fut reçu docteur et alla exercer la pratique de son art à Gotha, où il résida jusqu'en 1G73. A cette époque, il obtint à l'université d'Iéna une chaire qu'il occupa jusqu'à, sa mort. Peu d'hommes ont laissé autant d'ouvrages que lui. Mais si, dans la grande masse de ses écrits, on rencontre beaucoup de faits curieux et intéressants, son esprit était, en revanche, trop occupé des opinions des autres pour pouvoir produire quelque chose d'original. En médecine, il était l'élève de Van Helmont et de Sylvius, et il adopta sans contrôle leurs opinions bizarres sur l'action des remèdes. Il n'en jouit pas moins, de son temps, d'une immense réputation, devint premier médecin du ducdeSaxe- Woimar et de l'électeur de Mayenee, membre de la Société royale de Berlin et de l'Académie Léopoldine, et reçut en' 1694 les titres de comte palatin et de conseiller intime. Les seuls d'entre ses écrits qui méritent d'être mentionnés aujourd'hui sont les suivants : Exercitationes pathologie^ (léna, 1GC5, i»-4°); Opiologia (léna, 1674, in-4o); De medicamentorum facultalibus cognoscendis et applicandis (léna, 1678, in-4°) ; De medicamentorum compositione extemporauea ad usum hodiernum accommodata (léna, 1678, in-40). — Ernest Wedel, fils aîné du précédent, né en 1671, mort en 1708, exerça la même profession que son père et publia, sous ce titre : De morbis concionatorum, un traité sur les maladies des orateurs, qui obtint plusieurs éditions. — Un second fils, Jean- Adolphe Wedel, succéda k son père et écrivit aussi un grand nombre d'ouvrages, qui consistent la plupart en dissertations académiques.

WEDEL (Jean-Wolfgang), botaniste allemand, né en 1703, mort k léna en 1757, où-il exerçait la pratique de l'art médical. Il s'occupa toute sa vie de l'étude de ta- botanique et fut conduit par tes recherches k soutenir que le fruit ne devait pas être compris dans la classification des plantes et que c'était de la fleur seule qu'il fallait tirer les caractères botaniques. Il exposa cette théorie dans un ouvrage intitulé : Tentamen botunicum, flores plantarum in classes, gênera superiora et inferiora, per characteres ex fioribus delineatos diviîiendo-, cognitioni nominis generi infimo ad quod planta pertinet competenlis inserviens (léna, 1747, in-4°). Ce livre fut vivement critiqué par Haller, auquel Wedel répondit par une Epilre à Baller concernant le jugement qu'il a porté sur te Tentamen botatiicum (léna, 1748, in-4u).

WEDEL (Charles-Henri dk), généra! prussien, né en 1712, mort en 1782. Il lit ses premières armes pendant la guerre de Silésie, fut promu au grade de major général pendant celle de Sept ans et, d'après le témoignage de Frédéric II lui-même, eut une part importante à la viol oire de Lissa (5 décembre 1757). Placé ensuite à la tête d'un corps d'armée, il arrêta les Suédois dans leur marche sur le Brandebourg, reçut, en mars 1759, le commandement de l'armée destinée à agir contre les Russes, mais fut battu à Crossen par Soltikof. Cet échec ne diminua en rien la confiance que Frédéric avait en lui, car ce prince l'employa pendant les campagnes'suivautes et, en 1761, le nomma ministre de la guerre, fonctions que Wedel remplit jusqu'en 1779. — Son frère, Georges du Wëdël, fit

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comme lieutenant-colonel la guerre de Silésie et, k la tête d'un seul bataillon de grenadiers, il disputa, pendant cinq heures, au prince de Lorraine et à toute l'armée autrichienne le passage de l'Elbe près de Salowitz. C'est à cause de ce fait d'armes que Frédéric lui donne dans ses Mémoires le surnom de Léonidas prussien. Il fut tué, en 1747, à la bataille de Sorr.

WEDEL-1ARLSIJERG (Jean-Gaspard-TIer-

mann, comte de), homme d'Etat norvégien, né en 1779 à Montpellier, où sa famille séjournait, mort k Wiesbaden en 1810. 11 étudia la jurisprudence, la philologie, les langues, etfut-jiommé, k vingt ans, bailli de Buskernd. A la mort de son père (1805), il hérita de biens considérables et du titre de comte. En 1808, il se mit à la tête d'un corps de volontaires qui combattit contre la Suède, Devenu, en 1814, membre de la diète extraordinaire réunie à Christiania, il se prononça en faveur de la réunion de la Norvège k la Suède, ce qui lui attira de vives accusations parmi les partisans de Vautonomie norvégienne. A la suite de l'annexion, Wedel fut nommé par le roi conseiller d'Etat et directeur du commerce, des finances et des contributions. En 1822, il se démit de ses fonctions pour rentrer dans la vie privée. Réélu en 1826 député à la diète, il y acquit une grande influence et fut nommé en 1836 gouverneur de la Norvège; mais il se rendit impopulaire en paraissant moins préoccupé des intérêts du pays que de plaire uu gouvernement central. Il mourut k Wiesbadeu, où il était allé prendre tes eanx.

WÉDÉlie s. f. (vé-dé-II — de Wedel, snv. allein.). Bot. Genre de plantes, do la famille' des composées, tribu des sénécionées, comprenant une cinquantaine d'espèces, qui croissent généralement en Amérique, il Syn. d'ALMONiE, genre de nyetaginées.

WEDELIN s. m. (ouè-de-lain). Petit bateau formé de trois planches , qui est en usage sur certaines rivières.

WEDEMEYER (Georges-Louis), médecin et physiologiste allemand, né k Elbingerode en .1790, mort en 1829. 11 fut reçu docteur k Gcettingue en 1812 et se fixa à Hanovre, où il devint premier médecin de la cour. Il s'est montré expérimentateur habile et physiologiste ingénieux dans ses recherches sur le système nerveux, sur la respiration et sur la circulation. On lui doit, outre des articles intéressants, insérés dans le Magasin de Rust et les Archives de Meckel, les ouvrages suivants : De febre peiechititi (Gcettingue, 1812, in-4<>); Commentatiô hislorica pathologiam pilorum corporis humani sistens (Gcettingue, 1813, in-40); Recherches physiologiques sur le système nerveux et la respiration et leur influence sur l'organisme (Hanovre, 1817, in-Su).

WEDEMEYER, homme d'Etat allemand, né en 1792, mort en 1869. Elu en 1832 k la seconde Chambre de Hanovre, il lit, jusqu'en 1848, partie de cette assemblée, de laquelle il fut en outre président de 1840 à 1847, et où son attitude donna lieu, à plusieurs reprises, k de violentes récriminations. Il devint ensuite conseiller intime et secrétaire géné- -ral du ministère de la guerre, mais fut obligé de résigner ces fonctions en 1850. Trois ans plus tard, il entra, comme ministre de l'intérieur, dans le cabinet Lutcken, et c'est k lui qu'incombe en partie la responsabilité des tristes mesures qui eurent pour résultat l'immixtion de la diète germanique dans les débats relatifs k la constitution du Hanovre, la misa k néant de cette constitution, ainsi que les fameuses ordonnances de la diète germanique relatives k la liberté de la presse et au droit d'association dans la même contrée. Lo cabinet Lutcken quitta te pouvoir le 31 juillet 1855, et, depuis cette époque, Wedemeyer ne reparut plus sur la scène politique.

WEDGWOOD (Josiah), célèbre fabricant de poteries, que l'on a appelé k bon droit le Palissy de l'Angleterre, né k Burslem, com.té de Strafford, en 1730, mort en 1795. Son père et la plupart des membres de sa famille s'occupaient de la fabrication de la poterie ; destiné lui- même k exercer cette industrie, il ne reçut qu'une instruction très-incomplète- H n'avait pas encore onze ans lorsque son père mourut; il dut alors entier, comme tourneur, dans l'atelier que dirigeait son frère aîné ; mais, peu après, il fut atteint de la petite vérole, <et, à la suite de cette maladie, on fut obligé de lui amputer la jambe droite, ce qui le rendit impropre au métier de tourneur. Il quitta alors Burslem et s'associa avec un nommé Harrison , établi à Stoke , et ce fut, k ce que l'on croit, pendant cette association, qui ne fut pas de longue durée, que commença k se développer en lui un talent tout' particulier dans la fabrication de la poterie d'ornement. Il se lia ensuite avec un négociant nommé Wheildon, pour lequel il fabriqua des manches de couteau imitant l'agate et l'écaillé, des assiettes k fruits en forme de feuilles et d'autres objets du même genre. Comme Wheildon tirait un profit considérable de la vente de la poterie ordinaire, il ne voulut pas s'aventurer dans la nouvelle voie, pour laquelle Wedgwood se sentait une grande prédilection, et ce dernier revint alors k Burslem, où, établi dans un petit atelier qui n'avait qu'un toit de

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chaume, il continua k fabriquer de la poterie artistique. Ses affaires prospérèrent et lui permirent d'établir une seconde manufacture de poterie blanche et une troisième, d'où sortit la faïence café au lait, qui devint si rapidement célèbre. Wedgwood présenta quelques pièces de cette nouvelle faïence k la reine Charlotte, qui lui commanda aussitôt un service complet et obtint pour lui le titre de potier de la couronne. Wedgwood établit alors dans la capitale un magasin, où furent exposés les plus beaux produits de son industrie, et il trouva un auxiliaire actif dans son associé Bentley, qui, par ses connaissances scientifiques et littéraires et par ses relations avec d'éminents protecteurs des arts, lui rendit de grands services, surtout dans la partie artistique de la fabrication, et qu'il lui fit prêter par de riches collectionneurs des statues, des vases, des camées, des médaillons, des cachets, etc., propres k lui servir de modèles et dont il exécuta de belles reproductions. On cite , parmi les plus connues, celles d'échantillons de poteries antiques provenant des fouilles d Herculanum et les copies du fameux vase Barberini. Elles étaient au nombre de cinquante, et, bien que chacune d'elles eût été vendue 1,250 francs, Wedgwood ne rentra pas dans les sommes qu'il avait dépensées pour leur exécution. A la suite d'essais sans nombre sur les différentes espèces d'argile et sur les matières colorantes , il réussit k produire des camées, des médailles et des statuettes d'une grande délicatesse, avec une substance si dure et tellement capable de résister k toutes les causes ordinaires de destruction, qu'elle semble devoir dépasser en durée même les bronzes de l'antiquité. On dut aussi k Wedgwood une autre découverte importante, l'art de peindre les vases et autres objets de ce genre sans qu'ils conservent cette apparence de vernis qu'a ta peinture ordinaire sur porcelaine ou sur faïence. Ou sait que cet art était connu des anciens Etrusques, mais que le secret en était perdu depuis l'époque de Pline. Enfin, il inventa le pyromètre qui porte son nom, et qui, d'abord imaginé pour servir à régler la cuisson des pâtes destinées k fabriquer les diverses sortes de poteries, fut employé depuis par les physiciens. Ce pyromètre, fondé sur le retrait croissant qu éprouve l'argile lorsqu'on la chauffe, est certainement foin d'être parfait, en raison surtout des variétés que peut présenter dans sa composition l'argile soumise k l'expérience; toutefois, la facilité avec laquelle chaque chef d'atelier peut en fabriquer lui-même des modèles k son usage l'a fait jusqu'ici préférer k d'autres plus exacts.

Le talent et l'énergie de Wedgwood lui avaient acquis une fortune considérable, et étaient même devenus une cause de richesse et de prospérité pour sa province natale. Ses deux manufactures, celle de Burslem et celle qu'il fonda plus tard k Etruria, village créé par lui près de Neweastle-under-Lyiue, étaient devenues le foyer d'un actif mouvement industriel et commercial, et, d'après un raoport lu par Wedgwood, en 1785, a la Chambre des communes, le district du Staffordshhe, au centre duquel ces manufactures étaient situées, ne comptait pas moins de 20,000 ouvriers, qui vivaient de cette industrie. Wedgwood était devenu membre de la Société royale de Londres et de la Société des antiquaires, aux Transactions philosophiques de laquelle il fournit plusieurs mémoires. Il avait, en outre, pris l'itiitiativo dans plusieurs projets utiles, et ce fut surtout k ses efforts que l'on dut rétablissement du canal de la Trent et de ta Mersey, qui ouvrit une voie de communication entre les poteries du comté de Suilford et les côtes du Devonshire, du Dorsetshire et du comté de Kent. 11 fut aussi le fondateur et le principal directeur de la Chambre générale des manufacturiers de la Grande-Bretagne, formée en 1786 pour régulariser les relations commerciales entre l'Angleterre et l'Irlande ; il fit, en outre, construire à ses frais, dans le district des poteries, une route longue do 12 kilomètres; il lit enfin l'usage le plus généreux de cette fortune qu'il ne devait qu'à son travail. Nos lecteurs nous sauront gré de reproduire ici l'extrait suivant d'un article de la Revue d'Edimbourg, dans lequel le talent de Wedgwood nous semble avoir été apprécié aussi dignement qu'il le mérite : ■ Le cachet particulier qu'il s'attachait k donner k toutes ses productions était l'exquise beauté de la forme, beauté que nul autre peut-être n'a jamais égalée. La nature lui avait départi un sentiment très-délicat et très-fin de l'harmonie des lignes et des contours; sans ce don inné, le travail le plus assidu n'aurait jamais pu le conduire k la perfection qu'il atteignit; mais il n'en est pas. moins vrai que le talent tout seul n'eût point produit ces créations admirables et charmantes, sans la méditation continuelle des principes de l'art, sans l'étude patiente des modèles laissés par les maîtres. C'est k un goût naturel qu il faut attribuer ses imitations de l'ifti tique, .et il n'épargna rien pour s'identifier avec le génie des immortels classiques qui ont rempli le inonde ancien de leurs chefs-d'œuvre. Wedgwood, pour emprunter les expressions de M. Gladstone , marque, sous le rapport de la pureté des formes, une nouvelle ère dans la céramique

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anglaise, Ce n'est pas seulement, continue l'illustre homme d'Etat, l'heureuse reproduction de l'antique qui valut à Wedgwood sa haute renommée: il fit revivre le principe de l'art grec ; it en comprit, il s'en appropria l'unité féconde. Ce principe, si je ne me trompe, réside surtout dans l'appropriation exacte et parfitite des œuvres à leurs fins essentielles. Si l'on n en vue la pure représentation du beau, il faut viser à le manifester dans toute sa splendeur et négliger toute considération du second ordre. S'agit-il, au contraire, d'un objet d'une nature fragile et d'une consommation courante, le but à poursuivre est différent : on doit d'abord adapter le produit a l'usage auquel on le destine, puis donner à la matière •toute la solidité possible, l'établir au prix le plus modique et enfin lui imprimer le caractère de la beauté, mais de cette beauté particulière que comporte la destination de l'objet. Cette harmonieuse fusion du beau et de l'utile, dont les œuvres de la nature nous offrent tant d'admirables exemples, est pour la faiblesse de l'homme un problème difticile, qu'un soin continuel, une application persévérante peuvent seuls résoudre. Tels furent les principes qui animèrent constamment Wedgwood.»

WEDNESBUIIY, ville d'Angleterre, comté deSiafford, à 12 kilom. N.-Û. de Birmingham, près de la source de la Thume; 25,000 hab. (Jette ville est fameuse par ses nombreuses manufactures, dont les plus importantes sont celles d'armes k feu, de sellerie, carrosserie, instruments tranchants, foules et émaux.

l^es riches houillères des environs ont largement contribué à l'accroissement des manufactures, Aux environs, minerai de fer appelé blond métal. On y remarque une vieille église située sur une hauteur, construite dans le vi«e siècle et surmontée d'Un clocher élégant et fort élevé ; l'intérieur renferme quelques sculptures délicates et plusieurs tombeaux des familles Dudley et Harcourt. Château fort, jadis célèbre.

WEDNESF1ELD, ville d'Angleterre, comté de Stallord, sur le canal de Wyrley, près de Wotwei hatnpton ; 4,000 hab. Fabrication de serrureries ; quincaillerie. Commerce de fer et de céréales.

WEEBON s. in. (oui-bon). Ornith. Espèce de pie-grièohe, qui habite l'Australie.

WEEUON-BËCU, bourg d'Angleterre, comté de Norihamptoii, k 6 kilom. S.-K. de Duvcntry, sur le Neu et le chemin de fer du No d- Ouest; 2,800 hab. Vaste arsenal et important dépôt d'armes.

WEEKES (Henry), statuaire anglais, né k Caruerbury en 1807. Entré, vers 1822, dans l'atelier de Behties, il en sortit en 1827, pour devenir l'élève de Chautrey et plus tard son collaborateur et son ami. En examinant l'œuvre de M. Weekes, on y voit, en germes étouffés par une imitation de parti pris, les meilleures qualités que puisse posséder un statuaire : un amour vrai de la grande et belle forme, un savoir suffisant de la figure et un instinct décoratif très-accentué, tout Cela noyé dans les formules imposées par le maître. Cette impression est pénible, et l'on regrette que M. Weekes n'ait pas su échapper a cette écrasante tutelle.

Sou Duc de Wellington, que l'on voit à l'Eust ludia House; sa statue du Docteur Goedal, au collège d'Etou; son Bacon, de l'université de Cambridge , et son Monument de Shelley, avec de nombreuses qualités, donnent trop de preuves de ce servilisme. En 1855, cependant, M. Weekes envoya k l'Exposition universelle un Berger qui semblait révéler un commencement de liberté dans la manifestation de son talent. Il y avait là une lueur d'indépendance, et le jury français encouragea cette petite révolta en accordant uue mention k l'auteur. Mais il était trop tard alors pour effacer les impressions fortes de la première éducation, et M. Weekes est reste ce qu'il était, un praticien savant, mais un artiste sans originalité.

WEENDAM, ville de Hollande. V. Vkkndam.

WliH.NliU, bourg de Prusse, province de Hanovre, cercle et à 31 kilom. S. d'Aurich, près de l'Ems, auquel il est relié par un canal ; 2,000 hab. Commerce d'exportation d'avoine, beurre et fromage. Marché aux chevaux, le plus important de la province.

WEENIX OuWEENINX (Jean-Baptiste), dit le Yiuux, peintre hollandais, né k Amsterdam eu 1621, mort au chàleaude Termeyeu, jres d'Uireeht, eu 1660. Sujets religieux, Histoire, portraits, paysages, animaux, intérieurs, nature morte, ce maître aborda tous les genres et se lit dans tous une impérissable notoriété, autant par ses défauts énormes que par ses admirables qualités. C'était un des mieux doués de l'art de tous les temps, et personne ne fut plus peintre que lui;Rubeus lui-même, parmi ses contemporains, n'eut pas des facultés plus rares que les siennes. Mais il y avait dans ce cerveau comme uue tempête perpétuelle qui en détruisait la force, qui bouleversait l'harmonie des facultés. De la un désordre inouï dans ses productions, dans sa carrière et jusque dans les moindres actions de sa vie. Fiis d'un architecte, it montra, dès l'enfance, la plus profonde aversion pour le métier de

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son père, et comme il ne manifestait aucune autre aspiration, on le plaça comme simple commis chez un libraire. Peu de temps après, la poussière des vieux bouquins l'ayant sans doute iucommodé, il demanda, comme une faveur, k vendre du drap chez un riche négociant de la ville. Il était là, paraît-il, assez heureux et ne songeait point à quitter sa nouvelle position, quand la vue d'un tableau d'Abraham Bloemaert, récemment acheté par son patron, changea ses dispositions en quelques heures. Il alla se jeter aux pieds de Bloemaert, en lui offrant de laver ses pinceaux, de broyer ses couleurs. Le maître, un peu surpris d'abord, se laissa pagner par l'enthousiasme de Weenix. Bientôt quelques essais aussi heureux que hardis, tentés àl'insudetous, lui valurentd'étre admis au noinbredeses élèves. Il avait alors seize ans. L'année suivante, il comptait parmi les disciples les plus remarqués de Bloemaert. Le maître, qui était franchement attaché à cette bizarre nature, prit Weenix avec lui dans sa maison et l'admit dans son intimité. Parmi les personnes qui vivaient à ce foyer paisible, il y avait une toute jeune lille d'une rare beauté; était-ce la lille de Bloemaert? On ne sait. Toujours est-il que Jean-Baptiste l'aima tout à coup follement comme il avait fait pour le peintre, et il l'épousa quelques mois après. Tout à coup, au moment ou l'on pouvait le croire heureux et calme, tout entier à son art et au bonheur domestique, en pleine lune de miel, il s'arrache des bras de sa jeune femme et se dirige vers Rome. Il avait promis de revenir après quatre mois de séjour ; ces quatre mois durèrent quatre ans! Quand il revint, il donna des preuves éclatantes de la fécondité la plus étrange et la plus extraordinaire que l'on ait jamais observée chez un peintre. Les Ports de mer furent les premières conceptions qu'il exécuta après son retour. Rien de plus bizarre que ces tableaux, dont un seul renferma les éléments de plusieurs tableaux de genres très-différents. Un de ces Ports de mer représente, non-seuleinent la mer et ta plage, mais la campagne qui s'étend k l'infini. Sur les vagues, dans une barque pleine de figures, se déroule un drame ou une scène de plaisir. Des groupes de pécheurs constellent la plage. Plus loin, des paysages avec des chaumières, des figures, des chasses, des animaux. Dans l'air, des oiseaux. Quelquefois .même, sans rien changer au réalisme de ces nombreuses scènes, Weenix meuble son. ciel, ses nuages de petits Amours, de Vénus et de colombes. Un tel ensemble est insensé comme composition et offre, cliaque groupe pris k part, les plus admirables choses ; certains morceaux dépassent eu sentiment, en idée, en forme, en couleur, tout ce que l'on connaît de plus heureux. La môme remarque s'appliqiiek ses autres productions : un Portrait de Weenix représente orditiairementle personnage assis ou déboutai» premier plan d'un vaste paysage rempli de scènes toutaussi animées. La pose est excellente, la tête merveilleusement peinte, la physionomie calme, mais d'un calme qui fait rire ; car ce personnage, si soigneusement exécuté, parait ignorer complètement tout ce monde de paysans, de chasseurs, de bambins qui grouille derrière lui. Cette placidité dans un cadre si bruyant laisse la plus étrange impression que l'on puisse imaginer. Aussi M. Charles Blanc, dans l'étude remarquable qu'il a faite de ce maître singulier, le juge-t-il ainsi : ■ Composition extravagante, décousue, absence complète d'unité, étude passionnée de la nature, tels sont les défauts et les mérites de Weenix. > Et il termine son appréciation eu disant qu'il a d'ailleurs toutes les qualités des peintres de son pays, la couleur, le clair-obscur, la touche. Four s'en convaincre, il suffit de regarder le seul tableau de lui que possède le Louvre, les Corsaires repousses, scène maritime où l'on trouve, k travers mille folies, une somme de talent qui n'a pas été encore dépassée. Ce n'est pas d'hier, d'ailleurs, que Weenix est apprécié de la sorte; de son temps, chacun de ses tableaux fut un triomphe. Les plus illustres de ses contemporains ont rendu hommage à son étrange talent. A la fin du xvnie siècle, Watteau, Boucher, les philosophes, Mme de Pompadour et la DuBarry le tirent oublier un instant; mais uprès la tourmente révolutionnaire, i! retrouva la vogue qu'il méritait. En 1808, en effet, à la vente de Van der Pou, uu de ses moindres tableaux fut payé 2,500 florins, près de 6,o5o francs, qui en vaudraient aujourd'hui 15,000 tout au moins. Cette toute petite toile représente simplement uu Lièure attaché à une brandie d'arbre, aoec deux perdreaux près de lui; mais il y a dans ce groupe uu sentiment, uue poésie que l'on voudrait trouver plus souvent dans les sujets composés de figures. La plus grande partie de son œuvre (car il a produit beaucoup dans sa courte carrière) se trouve disséminée k Vienne, k Munich, k Berlin, k Madrid, kFloreuce et k Rome. De plus, Weenix a laissé quelques eaux-fortes admirables, deux ou trois seulement. Barlsoh n'en a connu que deux, qu'il dit merveilleuses, un Taureau et un Homme, assis, 11 est un autre Taureau qui fut payé trois cent quatre-vingts francs en 1817, k la vente du cabinet Kigal. Malgré toutes nos recherches, il ne nous a pas été possible da voir l'une ou l'autre de ces

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