‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 894 sur 1042 · WEER · texte numérisé non relu

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épreuves si précieuses. En revanche, nous avons gardé souvenir de ses dessins. Ils sont nombreux et tous, magnifiques. Il les faisait sur papier teinté et il s'aidait, pour obtenir les effets désirés, de l'aquarelle, de la peinture k l'huile, du pastel, du cravon lithographique et des blancs purs empâtés pour les lumières extrêmes. Aussi la plupart ont- ils la puissance d'un tableau.

WEENIX ou WEBN1NX (Jean), peintre hollandais, né k Amsterdam en 1644, mort eu . 1119. Fils du précédent et son élève, il fut d'abord son imitateur servila. Cet entraînement, qui par bonheur ne fut pus de iuugue durée, avait sa cause et son excuse dans la piété filiale. Jean Weenix adorait son père et il eut le malheur de le perdre à seiirie nus ; il trouva un allégement a sa douleur en vivant comme cloîtré au milieu des oeuvres de celui qu'il avait perdu. Des pastiches produits dans de telles conditions devaient être plus parfaits que ceux qui sont inspirés par l'engouement irréfléchi, on même pur l'admiration la plus méritée. Cependant, contre l'avis de Descamps et même contre celui do M. Charles Blanc, qui prétendent qu'on no pouvait distinguer tel tableau de Jean-Baptiste de tel autre de Jean, nous pensons qu'il est impossible de les confondre. Jeau se lient dans des gammes plus ardentes, plus vigoureuses que celles qui sont familières k sou père, dont toutes les toiles ont les tons gris uacré des paysagistes flamands et hollandais, avec des ombres transparentes et bitumineuses k la Rnmbrandt. Mais encore une fois, cette similitude des deux Weemx n'existe que dans les œuvres de la première jeunesse du second ; car, dès que Jean, plus résigné sous l'apaisement des années, eut visité l'Italie, sa première maniera disparut pour faire place a celle qui est restée définitive et qui lui vaut une plaça distinguée parmi les maîtres hollandais do la tin uu xvu» siècle. A part deux ou trois compositions, qui datent de sa vingtième année, Jean, n'a peint que des chasses et des natures mortes. Ce tut l'Italie qui le remit dans sa véritable spécialité. Il faut, en effet, se sentir peintre de figure dans toute la force du terme pour oser aborder les sujets religieux, l'histoire et le portrait quand on a vu les chefs-d'œuvre de la Rennissanee. Jean Weenix revint k Amsterdam avec un talent transformé ; il exposa des Chasses, des Gibier», des Fruits, des Fleurs. Ce nouveau début fut salué pur l'admiration de tous ses confrères et des nombreux amateurs de cette ville, sympathique aux choses d'art. L'électeur palatin Jeau-Guillaume, un fauatiquede peinture, ne fut pas sourd au bruit do cette célébrité naissante; il vint trouver Jean Weenix et l'attira k sa cour. Le prince et l'artiste, devenus bientôt les meilleurs amis du monde, partirent ensemble, au grand regret des amateurs d'Amsterdam. C'est k Manheim, dans ce beau palais où la peintre resta tant que vécut sou ami, c'est-à-dire près de vingt ans, que l'on peut admirer ces Chasses magnifiques dout la gravure ne nous donne, en France, qu'une très- faible idée. En effet, une grande galerie, dite des Veneurs, et plusieurs salles immenses sont entièrement décorées par Jean Weenix dans ce château de Manheim qui n'a pas changé depuis. Plusieurs autres châteaux voisins, appartenant encore k la famille de Jeau» Guillaume, montrent aussi des panneaux de même genre du plus grand mérite. Durant ce long séjour, l'empereur d'Autriche lit aussi quelques commandes k l'artiste; mais il n'en reste qu'une petite chasse, un Hallali, et des Fleurs au musée de Vienne. Les autres, de plus grande importance, sont aujourd'hui k Rouie et k Venise. Quand l'électeur palatin fut mort, le peintre revint eu Hollande, où il décora, kLaHaye et k Amsterdam, les châteaux de la maison d'Orange. Ce furenj, ses derniers travaux. Bien quils soient de la main d'un vieillard, ils ont la verve, la vigueur, la coloration brillante des plus belles peintures du château de Manheim. A cette phase de sa carrière appartiennent, sans nul doute, les trois tableaux du Louvre, Gibier et ustensiles de citasse, Produits de ta citasse et un Port de mer. Quant k cette dernière toile, plus hollandaise de<,ton et de forme que les précédentes, qui ont un rayon du soleil italien, elle doit appartenir k la jeunesse de l'auteur, car elle rappelle Jean- Baptiste, mais non pas k Ja manière d'un pastiche. Ces diverses créations, peuoonnues eu France, si ce n'est des amateurs, avaient procuré k l'artiste une large existence, uuo grande fortune noblement acquise. Aussi sa mort fut-elle comme un deuil public, tant il avait d'amis, tant sa personnalité comptait parmi les plus hautes. Une forme savante et solide, un sentiment élevé de la nature, une couleur brillante, un faire magistral, tels sont les grands côtés du talent de Jeau Weenix.

WEERDT ou WEERT, ville de Belgique, provinee de Limbourg, arrond. etk 17 kilom. N.-O. de Ruremoude; 6,400 hab. Collège.

Fabrique de draps, chapeaux , bas. Commerce de grains, toiles, fil et bétail, Ou y voit une belle église où se trouve le tombeau du comte de Horn, mort eu 1562. Cette petite ville fut prise pur les Français eu 1792. Patrie de Jean de Weerdt.

WEERDT (Adrien db), peintre belge, né

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a Bruxelles. Il vivait au xvt« siècle, fit ses études artistiques k Anvers, sous la direction du paysagiste Charles de Queburgh, partit plus tard' pour l'Italie, où il étudia surtout l'œuvre du Parmesan et ayant, k son retour d'Italie en 1566, trouvé sa patrie en proie aux horreurs de la guerre, il alla s'établir k Cologne. Parmi ses toiles, qui reproduisent k sy méprendre la manière du Parmesan, on cite : Lazare, Jlutk et Booz, la Vie de laVierge, uue Natioité, etc.

WEERDT ou WERT1I (Jean de), général célèbre, né k Weerdt, dans le Limbourg, en 1594, mort en 1654. Il servit d'abord dans l'armée autrichienne, passa ensuite au service de la Bavière et prit une part active k la bataille de Nordlingen (1034). Il battit le général de Gassion en 1635 et envahit la Picardie l'année suivante. Fait prisonnier en 1637, il passa k Paris quatre années d'une assez douce captivité. En 1642, il battit Rautisau à Dudlingen. Le traité de Westphalie (1648) mit fin k sa carrière militaire. Sou nom défiguré (Jean de Vert) est toujours resté populaire en France et a passé eu proverbe. V. Jkan.

WEERDT (Sebald de), navigateur hollandais, assassiné eu 1603. Eu 1598, il reçut le commandement d'un yacht dans une expédition envoyée aux Indes sous les ordres de Mahn. Ce dernier étant mort peu après, Weerdt devint capitaine d'un vaisseau, lu Foi, que les vents contraires séparèrent du reste de l'escadre, dans le détroit de; Magellan. Des tempêtes empêchèrent longtemps de Weerdt de quitter ce détroit et de poursuivre sa route. Ayant perdu ses embarcations et un assez grand nombre d'hoinm«s, il résolut do retourner en Hollande etdécouvrit trois îles, nommées de Sun prénom Sébaldines (24 janvier 1600). En 1602, il fut nommé vica-amiral d'une escadre de découverte, commandée pur Wybrant van Warwyk et envoyée aux Indes orientales par Ie9 deux compagnies. Après avoir mouillé k Madagascar, ilso rendit k Ceylan, où il reçut un excellent accueil du roi de Caudy, puis dans la baie d'Achem. De retour k Ceylan avec six vaisseaux, il consentit k aider le roi de.ee pays k faire la guerre aux Portugais, prit plusieurs vaisseaux portugais et fit un certain nombre da prisonniers , mais il refusa dalles renvoyer au roi et leur rendit la liberté. Celui-ci en fut profondément irrité. Ayant eu une entrevue avec de Weerdt, il le retint auprès de lui avec ses principaux officiers et les fit massacrer. Le commandement de la flotte fut alors donné k Jacques Pietersen.

La Relation du voyage do Weerdt dans le détroit de Magellan, écrite eu hollandais par Bernard Janseu, a été traduite en français et insérée dans le Hecueil des voyuyes de la Compagnie des Indes orientâtes. Les Hollandais ont toujours considéré do Weerdt comme uu de leurs plus illustres navigateurs, et sa lielution était estimée. pour l'exactitude des détails.

WBEKSELO, bourg du royaume de Hollande, province d'Over-Yssel, arroud. et k 17 kiloin. E. d'Almelo; 4,300 hab. Industrie agricole.

WÉFA ( Aboul), astronome persan. 11 vivaità Bagdad k la tin du x« siècle. La Bibliothèque nationale possède, sous la n° 1138, une copie manuscrite de sou Almageste. M. Sédiliot eu a donné une traduction. C'est le plus ancien ouvrage où les tangentes et cotangentes, les sécantes et coséeantes soient employées régulièrement dans le calcul trigonométrique. Aboul Wéfa en avait joint les tables k celles des sinus et cosinus. Il désignait la tangente sous lô nom d'ombre prime de l'arc et la séoanta sous celui de diamètre de l'ombre; la cotaugeuto s'appelait ombre droite. '

WÉGA s. m.(vé-ga). Astron. Etoile de première grandeur, qui fait partie de la constellation de la Lyre.

WÉGE s. m. (oué-je). En Normandie, Corde au moyen da laquelle les femmes portent les paniers pleins de poisson.

WEUELEBEN, villa de Prusse, province de Saxe, régence da Magdebourg, cercle et k 95 kilom. S.d'Oschersleben, sur le Goldbach; 2,500 hab. Filature de lin; fabrication do toiles ; tuileries, briqueteries.

WËGEL1N ou WEGUEUN (Jacques), littérateur suisse, né k Saiul-Gall eu 1721, mort en 1791. D'abord pasteur adjoint de l'égliso française da aa ville natale (1747), il y doviut, douze ans plus tard, bibliothécaire et professeur de philosophie; mais la modéralion et "la tolérance dont il faisait preuve dans toutes les questions religieuses lui attirèrent do nombreux désagréments, et il accepta avec empressement l'offre qui lui fut faite, en 1765, d'uue chaire d'histoire k l'Académie des nobles, fondée k Berlin par Frédéric IL II sut se concilier l'estima de ce prinue, qui l'appelait un second Montesquieu et qui aimait beaucoup k s'entretenir aveu lui. Wogeltu a laissé plusieurs ouvrages, dont les uns sont écrits' eu allemand et les autres en français. Parmi los premiers, nous citerons : Derniers entretiens de Sourate et de ses amis (Zurich, 1760, iii-S»); Considérations politiques et morales sur la législation de Lycurgue (Liudau, 1763, in-8") ; Dialogues des morts sur la religion (Liudau, 1703, in-8«);

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Lettres sur la valeur de l'histoire (Lindau, 1783, in-8»). Il a publié en français : Mémoires sur les principales époques de l'histoire d'Allemagne (Berlin, 1766, in-8»); Considérations sur les principes moraux des gouvernements (Berlin, 1766, in-s<J); Caractères des empereurs depuis Auguste jusqu'à Maximtn (Berlin, 1768, 2 vol. in-8°); Histoire universelle et diplomatique {Berlin , 1776- 1780, 6 vol. in-8°), ouvrage qui ne va pas au delà de l'époque carlovingienne.

WEGENER (Gaspard-Frédéric), historien et publiciste danois, né à Gudjberg (Fionie) en 1802. Reçu, en 1836, docteur en philosophie, il ne tarda pas à se faire connaître par différents ouvrages, qui attestaient une profonde érudition, et devint, en 1847, historiographe royal, puis, en 1848, directeur des archives nationales et; eh 1851, historiographe des ordres royaux. Il tit en outre partie, comme député du roi, de l'Assemblée nationale de 1848-1849, et en 1852 il combattit vivement, d:ms une brochure intitulée Un manuscrit, le message royal du 4 octobre, qui introduit dans la constitution danoise le

Î>rincipe de la loi salique. Le ministre Œrsied e fit traduire devant les tribunaux; mais il fut acquitté à tous les degrés de juridiction, et le roi lui adressa alors, dans un acte public, des réprimandes, qui n'eurent d'autre résultat que de provoquer des manifestations populaires en faveur de M. Wegener, On cite comme les principaux ouvrages de ce dernier : De aula attaiica artium fautrice (Copenhague, 1836); Sur Charles le Danois, comte de Flandre (1839, in-41'); Programme des solennités célébrées à Soroé pour les funérailles de Frédéric VI (Copenhague, 1840, in-40); Petite chronique du roi Frédéric VI et du paysan danois (1843) ; Souveraineté sur le vieux Rendsborg dans t'ile'd'Eider (1849); Sur l'union politique inséparable du Slesvig et du Danemark (1849) ; le Duc d' Augusteiibourg et la révolte du Holstein (1849); Documents authentiques relatifs à l'histoire du Danemark au xix° siècle (1851); Ilapports annuels extraits des archives royales secrète,s, recueil de pièces historiques inédites, dont il o commencé la publication en 1855. M. Wegener est devenu vice-président de la Société des antiquaires du Nord, directeur de la Société pour l'histoire et la langue nationales et membre de l'Académie des sciences, où il a fait partie de la commission chargée de publier les Regesta et le Diplomatarium.

WEGNÉ s. m. {ouè-gné; gn mil.). Bot.

Nom que les nègres donnent au ptérocarpe hérisson, arbre qui croit dans la Sénégambie et dans l'intérieur de l'Afrique.

WEGNER (Godefroi), théologien allemand, né à GSIsen 1644, mort en 1709. Après avoir rempli les fonctions du ministère sacré à Neustadt et à Francfort-sur-l'Oder, il devint professeur de théologie k Kœnigsberg, premier prédicateur et assesseur du consistoire de cette ville. Ou a de lui plus de cent cinquante écrits, parmi lesquels nous citerons seulement : Przcçgnita théologie; Theitria conlroversiarum; Manuductio ad studium historié ecclesiasticw; Dibildion de bibliothecis ; 5 volumes in-8» de dissertations, plusieurs volumes d'odes et de poëmes religieux, etc.

WEGROW, ville de la Russie d'Europe, duns l'ancienne Pologne, gouvernement de t Lublin, cercle et à 28 kilom. N.-O.de Siedlec; 2,400 hab.

WEGSCHE1DER (Jules- Auguste - Louis), théologien allemand, l'un des principaux représentants de l'ancien rationalisme, né à Kubbelingen dans le duché de Brunswick, en 1771, mort en 1849. Après avoir étudié la théologie à Helinstœdt, il devint professeur au Predagogium de cette ville, puis précepteur à Hambourg, où il continua ses études thôologiques et philosophiques et s'adonna surtout à la lecture des œuvres de liant. En 1805, il se rendit à Gcettingue , s'y lit recevoir agrégé, puis docteur en théologie (1800) et fut nommé professeur ordinaire de théologie et de philosophie k Rinteln, où son enseignement obtint beaucoup de succès. Après la suppression de l'université de Rinteln (1808), il obtint une chulre de théologie h Halle; plus tard (1330), Hengstenberg lança contre lui et contre Gervinus Une dénonciation tendant à amener leur destitution ; mais l'estime et l'amitié de ses confrères et de ses élèves vengèrent amplement Wegsefieider de cette dénonciation, ainsi que des calomnies contenues dans les nombreux libelles qui avaient été publiés contre lui à cause de ses opinions en théologie. Nous citerons, parmi ses ouvrages : De Grxcorum mysteriis relîgioni non obtrudendis (Goattingue, J805); hitroduction à l'Evangile de saint Jean (Gcettingue, 1806) ; la Première lettre de Paul à Timolhée, nouvellement traduite et expliquée par rapport aux recherches les plus récentes sur l'authenticité de cette épitre (Goattingue, 1810), ouvrage dans lequel l'auteur réfutait avec talent les doutesdeSchleiermacher sur l'authenticité de cette épitre; lnstilutiones théologies, christiaiik,dogmaticis (Halle, 1815), livre que l'on peut regarder comme la vraie dogmatique normale du naturalisme.

WEGUELIN (Jacques), littérateur suisse.

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