‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 903 sur 1042 · WELS · texte numérisé non relu

WELS

ter. Outre d'excellentes éditions de Xénophon (Oxford, 5 vol. in-8°) et de Denys le Periégète {Oxford, 1707, in-s°), on a de lui : Géographie historique de V Ancien et du Nouveau Testament (4 vol. in -8°), souvent réédité; Cours de mathématiques à l'usage des jeunes gentilshommes; Paraphrase de tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament (6 vol. in-4°); Harmonia grammaticalis ou Coup d'œil sur le rapport des tangues grecque et latine, etc.

WELLS (Charles-Guillaume), médecin et publieiste anglais, né dans la Caroline du Sud en 1757, mort en 1817. Son père ayant quitté l'Amérique en 177b, pour revenir en Ecosse, d'où il était originaire, Wells étudia la médecines Edimbourg, futattaché, comme chirurgien, à un régiment écossais au service de la Hollande et, en 17S0, revint en Amérique, où il s'établit à Saint-Augustin, dans la Floride. Il fonda un journal dans cette ville et y exerça en même temps la pratique de son art. En 1783, se -trouvant à Charlestown, il fut arrêté, à cause du peu de sympathie qu'il montrait, tant dans ses écrits que dans ses discours, pour la république américaine; il ne recouvra sa liberté qu au bout de trois mois et, en revenant par mer à Saint-Augustin, faillit périr par suite du naufrage du vaisseau qui le portait. Ce dernier accident acheva de lui rendre l'Amérique odieuse, et il repartit pour l'Europe. En 1785, il s'établit k Londres et devint, plus tard, dans cette ville, médecin en chef de l'hôpital Saint-Thomas. Son principal ouvrage est un Essai sur la rosée (Londres, 1814), où il a consigné les résultats d'une foule d'observations persévérantes et minutieuses, qui contribuèrent à abréger ses jours, car, pour les faire, il dut s'exposer parfois des nuits entières aux rigueurs et aux variations du climat britannique et y contracta les germes d'une maladie dont il ne se releva jamais. Il avait, en outre, publié dans les Transactions de la Société royale, de laquelle il était membre : De l'influence qui fait contracter les muscles des animaux dans les expériences de Galvani (1795); Expériences sur la couleur du sang (1797); Expériences et observations sur la vision (181 1), etc.

WELS, ville de la haute Autriche, sur la rive gauche de la Traun, à 30 kilom. S.-O. de Linz ; 4,700 hab. Ancien château fort. Fabriques d'indiennes, cotonnades, poudre à tirer. Commerce de grains et de bois.

WELSCH (Georges-Jérôme), médecin allemand, né à Augsbourg en 1624, mort en 1677. Il fit ses études k Tubingne, à Strasbourg et à Padoue. Il s'appliqua à l'étude des langues et il passait pour un habile orientaliste. Après avoir visité en détail l'Allemagne et l'Italie, il voulait faire un voyage en Egypte ; mais sa famille s'y opposa, et i! revint près d'elle en 1649. Welsch avait entrepris et promis un grand nombre d'ouvrages sur les sujets les plus divers ; il ne lui manquait, disait-il, qu'un libraire pour produire en quelque sorte une bibliothèque. L'immense majorité de ces écrits, réels ou imaginaires, est restée inédite ; nous n'avons de lui que les ouvrages suivants : De sgagropilis, sive calculis in rupicaprarwn ventriculis reperiri solitis (Vienne, 1660, in-4°) ; Sylloge curntionum et observationum medicinalium, centuries 1 V(Ulm, I66S, in -8°); Curationum exoticarum ckiliades dus (Vienne, 1698, in-4").

WELSCH (Godefroy), médecin allemand, né à Leipzig en 1638, mort en 1690. Après avoir pris ses premiers grades dans sa ville natale, il visita les universités d'Italie, de France, d'Angleterre et de Hollande et, à son retour, prit comme médecin militaire du service dans l'armée suédoise. Reçu docteur en 1664, il devint bientôt après professeur extraordinaire d'anatoroie à Leipzig, où il passa successivement par tous les postes jusqu'à celui de doyen de l'université. Welsuh est le premier qui ait décrit la lièvre miliaire épidémique des femmes en couche, dans l'ouvrage suivant : Historia medica uovum istum puerperarwn morbum continens, qui ipsis der Friesee dicitur (Leipzig, 1655, in-4»). On lui doit, en outre, uu assez grand nombre de dissertations.

WELSCHOW (Jean-Math ias), historien danois, né à Copenhague en 1796. Il s'adonna de bonne heure aux travaux historiques, et les distinctions honorifiques que lui valurent ses premiers écrits l'encouragèrent à persévérer dans cette voie. Après avoir subi, en 1822, l'examen de fonctionnaire ecclésiastique, il fut reçu, en 1831, docteur, avec une thèse intitulée : De institutis militaribus Danoruni, régnante Valdemara secundo. Il fit ensuite, aux frais du gouvernement, un voyage scientifique dan3 1 Europe centrale et occidentale et, à son retour en 1833, fut nommé professeur adjoint d'histoire et d archéologie Scandinave à l'université de Copenhague Jl y devint professeur titulaire eu 1850. L'année suivante, il fut appelé à faire partie delà commission chargée de déterminer les frontières entre le Slesvig et le Holstein. Depuis, il a publié sur l'histoire de ces pays et de leurs relations entre eux, ainsi qu'avec le Danemark, plusieurs mémoires d'une haute importance. Ils ont été insérés en partie dans les Auli-Slesvig-Holstenske Fragmenrer(1859).

WELSER (Marc), historien et philologue, né à Augsbourg en 1558, mort en 1614. Il

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étudia à Rome, sous Antoine Muret, suivit la carrière du barreau dans sa ville natale et remplit successivement les charges les plus importantes dans la magistrature. Ces graves occupations ne ralentirent point son ardeur pour les lettres. Il aimait et protégeait les savants et était en correspondance avec les hommes les plus distingués de l'Europe. C'est k lui que Galilée dédia ses Lettres sur la découverte des taches du soleil. Il a laissé des ouvrages très-estimés, entre autres : Rerum Boïcarum libri V (Augsbourg, 1602), histoire des anciens Bavarois ; Fragmenta tabulx antique (Venise, 1591), e est-â-dire de la fameuse Table de Peutinger; Jlerum Augustanarum Yindelicarum lib. VJ/I (Venise, 1594, in-fol.); Viia sancti Udalrici, Augustanorum episcopi (Angsbourg, 1595, in-4<>); historia ab Eugippio an le annos circiter 1100 scripla, cum scholiis (Augsbourg, 1595, in-40)- Narratio eorum quse contigerunl Apollonio Tyro (Augsbourg, 1595, in-4"). Le recueil des œuvres de Welser a été publié sous le titre d'Opéra historica et philoiogica (Nuremberg, I6S2, in-fol.),

' WELSTED (Léonard), poêle anglais, né en 1689, mort en 1747. 11 fit ses études à l'école du Westminster et, grâce à la protection du comte de Clare, obtint, fort jeune, dans les bureaux de l'artillerie, uu emploi qu'il occupa jusqu'à sa mort. On a tout lieu de croire que la première production littéraire par laquelle il se fit connaître fut un poème comique intitulé : le Pâté de pommes, qui fut primitivement attribué au docteur William King et dont Welsted ne réclama la paternité qu'en 1735. Il publia ensuite, en 1709, 1710, etc., d'autres petits poëmes ; mais celui de tous qui a le plus contribué à transmettre son nom à la postérité est la pièce qui a pour titre : le Triumvirat ou Lettre en vers de Palémon à Célie, à Bath (1718). On y vit, et non sans quelque raison, une satire dirigée contre Pope et contre ses amis, et, dix ans plus tard, le malin bossu s'en vengea dans le troisième livre de la Dunciade, ou il compare Welsted à une bière vieille sans être mûre, plate sans être claire, aigre sans être forte, etc. Citons encore, parmi les œuvres de Welsted, une comédie intitulée le Libertin hypocrite ou Mon fils, gagnes de l'argent, qui fut représentée avec beaucoup de succès en 1726. Pope, qui, outre le motif de rancune dont nous venons de parler, semblait en avoir un autre encore plus personnel contre Welsted, affirme qu'il était l'un des écrivains anonymes que sir Robert Walpole avait à ses gages, et qu'en 1742 il tou eba pour son salaire, en cette qualité, une somme de 12,500 francs.

WELTER (Jean-Joseph), chimiste français, correspondant de l'Académie des sciences, collaborateur de Gay-Lussac, né à Valenciennes en 1763, mort en 1852. Il inventa plusieurs appareils de chimie, entre autres les tubes de sûreté qui portent son nom. Les Annales de chimie et de physique, du tome VII au tome XIX, 2e série, contiennent de lui des travaux sur la combinaison du chlore avec la chaux, sur un acide nouveau formé par le soufre et l'oxygène, sur ies soudes et ies sels de soude, sur la chaleur dégagée par un gramme d'oxygène brûlant dans diverses substances.

WELW1TSCHIA s. m. (vèl-vt-tchi-a — do Weliaitsch, savant allem.). Bot. Syn. de Gtlie, genre de polémoniacèes.

WELWOOD (Jacques), médecin anglais, né à Edimbourg en 1652, mort en 1716. Il venait de terminer ses études médicales à Glascow, lorsqu'il fut obligé de quitter l'Angleterre avec son père, que l'on soupçonnait d'avoir assassiné l'évêque Sharp. Il se réfugia alors en Hollande et, rentré en Angleterre après la révolution de 1688, y devint dans la suite médecin de Guillaume lit. Outre des Notes et observations sur l'histoire de Jacques /er de Wilson, on a de lui des Mémoires sur les affaires d'Angleterre, depuis 1583 jusqu'à 1688; cet ouvrage n'a aucune valeur littéraire, et à chaque page éclate la partialité de l'auteur pour le nouveau roi do l'Angleterre.

WEM, bourg d'Angleterre, comté et à 16 kilom. S. de Shrewsbury , sur la Roden ; 5,500 hab. Tanneries importantes ; commerce de drèche.

WEMYSS, village d'Ecosse, comté de Fife, sur le bord septentrional du Forth, où il a un petit port de commerce; 4,500 hab. Fabrication de vitriol ; commerce de houille, sel, toiles et vitriol. Tout près du village se trouve le château de Wemyss, où eut lieu la première entrevue de Darnley et de Marte Stuart. Ce château tire son nom des grottes ( engafilique wem ) qui s'ouvrent le long de la côte. L'une d'elles s'appelle la grotte du Roi {King's Cave). Un soir Jacques IV, qui voyagenit seul incognito, s'étmit égaré, y entra pour y chercher un abri. Elle était occupée par des voleurs. On lui offrit k souper et il accepta; mais on apporta une assiette sur laquelle se trouvaient deux poignards. C'était un signal de mort; il en saisit un dans chaque main, tua deux voleurs et fut assez heureux pour se sauver. Le lendemain, Jacques IV revint à la tête d'un corps de troupes et prit toute la bande.

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WENCESLAS, nom de plusieurs rois de Bohême et de Pologne.V.VENCUSLAS.

WENDE s. m. (van-de). Linguist. Langue parlée par les Vendes. Y. ce mot.

WENDEL (SAINT-), ville des Etats prussiens, province du Rhin, à 57 kilom. S.-K. de. Trêves, sur la Blies; 2,800 hab. Ch.-I. de cercle. Ancienne forteresse. Fabrique de toiles.

WENDELIN ou VENDELIN (Godefroi), astronome hollandais, né dans la Campine en 1580, mort en 1660. Il rit ses études a Tournay et à Louvain, apprit l'hébreu, partit en 1600 pour Rome et, après avoir visité une partie de l'Italie, vint établir à Digne, en France, une école, qui fut fréquentée par un grand nombre d'élèves. On a même prétendu, mais contre toute vraisemblance, que l'un de ces élèves fut l'illustre Gassendi. De Digne, Wendelin se rendit à Paris, où il fut chargé de l'éducation des enfants d'André Arnaud et où il se fit recevoir avocat au parlement. De retour, en 1610, dans son pays natal, il y embrassa l'état ecclésiastique et devint curé de Herck. Plus tard, il fut nommé par l'infante Isabelle-Gîaire-Eugénie chanoine du chapitre de Condé, et par l'évêque de Tournay chanoine de cette ville, puis doyen du chapitre de Rothnac. Pendant une grande partie de sa vie, il s'était adonné à l'étude de l'astronomie et avait consacré plus de quinze ans à faire sur la lune des observations presque quotidiennes. Le premier, il reconnut la vérité de la loi de Kepler relative aux satellites de Jupiter, établit d'une manière formelle la variation de l'obliquité de l'écliptique et détermina la parallaxe du soleil. Nous citerons, parmi ses écrits : Loxia ssu de obliquitale solis diairiba (Anvers, 1626, in-*») ; De telradi Pythagorz (Louvain, 1627, in-4°); Aries seu ,aurei velleris encomium (Louvain, 1628, in-4<>), poëine en vers élégiaques; Censura et judicium de falsitate bulls) Martini I paps (Bruxelles, 1643, in-4«); Arcanorum cœlestium lampas parudoxa (Bruxelles, 1643, in-12); Eclipses lunares ab anuo 1573 ad annum 1640 observutx quibus tabulât Atlanticsb superstruuntur quorum idea proponitur (Anvers, 1644, in-4°); Depluvia purpurea Bruxellensi (Bruxlks, 1646, in 80); Leyes salicm illustrais (Anvers, 1649, in-fol.) ; De cateedouio lapide seu gemma ynastica (1655, in-4»), etc.

WENDEN, ville de Russie. V. Vënden.

WENDEROTH1E s. f. (vain-dé-ro-tl — de Wenderoth , botan. allem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, tribu des érythrinées, comprenant quatre espèces, qui croissent au Mexique.

WENDES , en allemand Wenden , peupla d'origine slave, répandu dans la région orientale de l'ancienne Germanie, depuis la mer Baltique jusqu'aux Alpes Illyriennes et Carniques, particulièrement dans la Poméranie, le Brandebourg, la Silésie, laStyrie et l'Illyrie. Ce peuple comprenait plusieurs tribus importantes : 1° les Vendes ou Vénèdes proprement dits, établis au 'commencement du Vio siècle dans la région de l'Allemagne qu'on nomme aujourd'hui Bohême : ils furent soumis vers 575 par les Lombards, puis par les Avares, et, par suite de la migration d'autres peuples, descendirent vers le Danube et les Alpes Illyriennes, où ils se reconnurent tributaires des Francs en 744 ; 2° les Vendîtes, qui s'établirent dans la Prusse actuelle, le loug du golfe Vénédiquej 3° les Vandales (v. ce mot); 40 les Vélatabes ou Wiltses, les Obotrites, les Polabes et les Wagres. On trouve encore de nos jours, en Carniole, en Croatie et en Styrie, des Vendes qui ont conservé l'idiome de leurs ancêtres.

Les Vendes ou Serbes do Lusace sont au nombre de 163,000, répartis entre la Prusse et le royaume de Saxe. Malgré les progrès du germanisme dans notre siècle, les Serbes de Lusace ont conservé jusqu'à nos jours leur existence nationale, leur langue et leur littérature. Chose curieuse, leur nombre augmente aujieude diminuer. L'association slave Malica dès Serbes de Lusace et des Slaves d'Autriche,depuis 1854, a répand ul 1,000 exemplaires de livres populaires et 13,000 exemplaires de son almanuoh. Cette société, établie à Bautzen (en vende Budissin), possède aujourd'hui un édifice d'une valeur de 35,000 thalers, renfermant une bibliothèque et diverses collections. Le président de la société est M. Sinolar (1876).

La langue wende, appelée aussi langue serbe, sorabe ou lusacienne, est une langue slave parlée dans la haute et dans la basse Lusace (Prusse et Saxe) ; c'est la seule qui nous soit parvenue d'entre les nombreux idiomes parlés par les peuples slaves du nord de l'Allemagne actuelle, Obotrites, Wiltses, etc., exterminés par les Allemands pendant le moyen âge. Elle peut donc être considérée comme un échantillon de ces langues disparues, et, à ce titre, elle a, au point de vue de la linguistique, une importance que le chiffre restreint des populations qui la parlent semblerait devoir ne pas lui faire attribuer.

Sous le rapport phonétique, le -vende est presque aussi riche que le polonais, mais il ne possède aucune voyelle nasale. Le grand nombre des consonnes dites mouillées ou adoucies est frappant. L'alphabet wende se compose des voyelles a, e, ^intermédiaire entre é et i), 0, ou et y polonais, et des cou-

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sonnes suivantes : b, b mouillé, ts, (s mouillé, teh, d, du mouillé, f% g. h, kh, l polonais (w anglais), /, m, m mouillé, n, n mouillé (gn . français), p, p mouillé, r, s, s mouillé, sh, t, v, v mouillé, s, z mouillé, j.

Dans les déclinaisons comme dans les conjugaisons, il y a trois nombres : singulier, pluriel et duel. 11 y a sept cas. Les temps sont aussi nombreux que dans le vieux slavon.

La langue wende comprend deux dialectes principaux : celui de la haute Lusace, qui se rapproche du polonais, et celui de la basse Lusace, qui se rapproche du tchèque.

WENDIE s. f. (vain-dl — de Wend, botan. allem.). Bot, Syn. de berce, genre d'ombellifères.

WEND1NG, bourg do Bavière, cercle de Souabe-at-Neubourg, chef-lieu du bailliage de son nom, h 20 kilom. N. -O.de Donauwœrth, sur la Reins; 2,400 hab. Aux environs, sources minérales et bains de Vildbad.

WENDLANDIE s. f. (vain-dlan-dl — de Wendland, botan. allem.). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des rubiacées, tribu des cinchonées, comprenant une trentaine d'espèces, qui croisseut dans l'Inde.

WENDOYER, hourg d'Angleterre, comté de Buckingham, à 13 kilom. S.-E. d'Aylesbury, sur le canal de son nom et le chemin de fer du Nord-Ouest; 2,100 hab. Fabrication de tulles.

WENDT (Frédéric), médecin allemand, né à Somu (basse Lusae») en 1738, mort en 1818. Il fit ses études médicales à Gœttingue, y fut reçu docteur en 1762 et devint médecin conseiller de la cour du duc d'Auhall-Plesse, puis, en 1778, professeur ordinaire de médecine a l'université d'Erlangen. Parmi ses écrits, nous citerons : Observaliones de pleuritide et peripneumonia (Gœttingue, 1762, in-4u) ; Historia tracheotomiz uuperrime administrais (Breslau, 1774, in-S°) ; De pulsus mutatione quadam insigni (Erlangen, 1778, in-8<>); De febribus remittentibus semestris hiberni 1795 comrnentatio (Erlangen, 1706, in-8°) ; Formula medicamentorum (Erlangen, 1807, in -80),

WENDT (Jean), médecin allemand, né à Tost (Silésie) en 1777, mort en 1845. Après avoir terminé ses études médicales, il exerça à Ohlau d'abord, puis, à partir de 1801, à Breslau, où.il devint, par la suite, membre de la commission médicale, professeur de thérapeutique à l'université (1813), inspecteur du. lazaret français (1814) et professeur à l'institut médico-chirurgical (1824). On cite, parmi ses écrits : De la décapitation ou Document physiologique et psychologique (Breslau, 1803, 111-8°); Défense de la Décapitation ou De ta persistance de la conscience après la décapitation (Breslau, 1803); De la danse considérée comme plaisir et comme souffrance (Breslau, 1804, in-12); De la théorie des moyens de guérison en matière chirurgicale (1811, in-8°) ; De inflammaiione scarlatinosie naturie (Breslau, 1812); De la maladie vénérienne dans tQutes ses directions et sous toutes ses formes (Breslau, 1816, in-8°); Exposé systématique des maladies des enfants (Breslau, 1822, in-8») ; la Vieille théorie des inflammations confirmée par des observations nouvelles (Breslau, 1824) ; Materia medica practica (Vienne, 1830), etc.

WENDT (Jean-Chrétien-Guillaume), médecin danois, né à Eckernfœrde eu 1778, mort en 1838. 11 étudia successivement la pharmacie et l'art médical, servit plusieurs années comme chirurgien militaire et devint, en 1812, médecin inspecteur, puis, en 1817, professeur à Copenhague. On a de lui : Des moyens de transport des blessés et des malades (Copenhague, 1816); Analysis chemica radias inenbati vitiosi (Copenhague, 1818); De alntsu hydrargyri jam magis magisque increscente (Copenhague, 1823, in-40) ; Document pour servir à l'histoire de la variole chez l'homme (Copenhague, 1824, in-8°); Aperçu de l'organisation médicale de l'armée danoise (Copenhague, 1825), etc.

WENDT (Jean-Amédée), philosophe et littérateur allemand, né à Leipzig en 1783, mort en 1836. Il étudia la théologie et la philosophie a l'université de sa ville natale, y obtint en 1810 une chaire de philosophie et succéda en 1S29 à Bouterweck, dans une chaire analogue à l'université de Gœttingue. On a de lui : Principes de là théorie philosophique du droit (Leipzig, 1811); Vie et travaux de Ilossini (Leipzig. 1824); Sur les principales périodes des beaux-arts ou l'Art dans le cours de l'histoire universelle (Leipzig, 1831). Il avait, en outre, donné une édition de [Esquisse de l'histoire de la philosophie de Tennemann, dirigé la publication de la Feuille artistique de Leipzig (1817-1818), de ['Album pour la récréation des gens du monde (1821-1825) et de VAlmanûCh des Muses allemand, et avait collaboré au Conversalionslexikon, au Morgenblatt, au Journal du monde élégant, etc.

WENDT1E s. f. (vain-dtt — de Wendt, navigateur allem.). Bot. Genre d'arbrisseaux, rapporté à la famille des lédocarpées ou à celle des vivianiées, et comprenant plusieurs espèces, qui croissent au Chili.

WENER (lac), lac de Suède. V. Veneb.

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WENERSBORG, ville de Suède, chef-lieu du tan ou préfecture de son nom, sur la rive occidentale du lac Wener, à 435 kilom, S.-O. de Stockholm ; 3,800 hab. Commerce de fer et de goudron.

WENERSBORG (prÉfectorb de), division administrative de la Suède, dans la Gothie, située à l'O. du lac Vener, entre celles de Carlstadt au N., de Bohuus à l'O. et de Jonkopiug au S.; superficie, 13,053 kilom. carrés; 218,618 hab. Sol généralement plat et bien arrosé. Récolte de froment , seigle , avoine, pommes de terre et graines oléagineuses. Elève de bétail ; importante exploitation de fer. Fabrication considérable de toiles ; scieries et commerce de planches.

WENG1ERSKI (André), théologien socinten polonais, né en 1600, mort en 1649. Après avoir été pasteur de différentes églises sociniennes de Silésie, de Pologne et de Poméranie, il devint, en 1644, senior ou ancien du district de Lublin et, quelque temps avant sa mort, il fut obligé de s'ènfuir.de cette ville, que les Cosaques et les Tartarcs mirent au pillage. On a de lui : Janua iinguarum Johamtis Amos Camcnii, ejusdemque vestibulum (1646); Confessio latina.in conventu Thorunensi 1045 exhibita (Tborn, 1647), relation du Colloquium charitativum (v. ce mot) ; Ecclesiastes privatus, domesticus; Systema historico-chronotogicum ecclesiarwn slavonicarum per provincias varias, etc., continens historiam ecclesiasticam a Christo et apostolorum tempore ad annum dom. 1650 (lîtrecht, 1652, in-40). Cet ouvrage, que termina le frère de l'auteur, Thomas Vengierski, fut publié par Gilbert Voet sous la nom d'Adrien Regenvolk. Il fut réédité plus tard, comme un ouvrage nouveau, sous ce titre : Andrew Wengierscii Slavonia reformata, sive historia ecclesiarum Stavonicarum a Christo ad annum 1649 (Amsterdam, 1679, in-4°).

WENG1EIISK1 (Thomas-Cojetan), littérateur polonais, hé en 1756, mort a Marseille en 1785. Il fut chambellan du roi de Pologne et s'attira, par son esprit satirique, de si nombreuses inimitiés qu'il dut quitter son pays. Vengierski voyagea alors dans divers pays. On lui doit des imitations en vers et des traductions en prose d'ouvrages de Boileau, de J.-J. Rousseau, de Marmontel, etc., et des poésies légères originales qui ne manquent pas de mérite. Ses compositions poéliquesont été publiéesà Varsovie (1803-1805), dans le choix d'auteurs polonais du comte Mostowski.

WENLOCH, en latin Vinnica, hourg d'Angleterre, comté et à 22 kilom. S.-E. de Shrewsbury; 2,900 hab. Carrières de pierre à chaux. On y voit de belles ruines d'une riche abbaye de bénédictins fondée au Xl° siècle.

WENRICH (Jean - Georges), orientaliste allemand, né dans la Transylvanie en 1787, mort en 1847. Après avoir professé, de 1812 à 1821, les langues classiques et l'Iiébreu au gymnase protestant d'Hermanstadt, il obtint une chaire de langues orientales à l'institut théologique protestant de Vienne. On a de lui : Comrnentatio historica qua quantum Iinguarum orientalium sludia Austrie debeant ostenditur (1823); Comrnentatio historico-critica de rhapsodis (1824) ; Comrnentatio de affinitale sacrte Indorum lingum quam sansc/ilam dicuntcumPersarum, Grœcorum, Âomanorum atque Germanorum sermons (1827); De auctorum gr&corum versionibtt.iet commentants syriacis, arabicis, armenicis, persicisqueornatis (1842); De poeseos hebraics atque arabicx origine (1843); fierum ab Arubibus in Jtalia insulisqueadjaceniibus, Sicilia maxime, Sardinia atque Corsica gestarum eommenlarii (1845).

WENSÉE s. t. (ouain-sé). Bot. Syn. de pogostkmon, genre de labiées.

WENTWOKT (Thomas), comte m Strapkord, homme d'Etat anglais. V. Strafford,

WENTZEL ou WENZEL (Jean-Christophe), poète allemand, né à Unterellen en 1659, mort en 1723. Il étudia d'abord la médecine et exerça quelque temps la pratique de cet art à Tisennch. Puis, saisi tout à coup d'un beau zèle religieux, il se mit a étudier avec ardeur la théologie et, dans un très-court intervalle, soutint huit thèses sur l'abrégé de la théologie de Bayer. Plus tard, il s'occupa aussi do musique et finit par revenir à sa première profession. Dix ans avant sa mort, il fut nommé directeur du gymnase de Ziltag. Outre un grand nombre de dissertations et un traité intitulé : Èloquenlia nova antiqua (Altenbourg, 1712, in-8o)', ou a de Ventzel plusieurs poèmes et recueils de pièces de vers, parmi lesquels nous citerons: le Bosquet de lauriers (lénu, 1700, in-8°); la Forêt de cyprès (léna, 1701 , in-8°); le Bocage des roses d Altenbourg (Bautzen, îïiâ, in-8<>); le Bois de cèdres (léna, 1724, in-8°).

WEN-WANG, tige de la dynastie chinoise des Tchéou.né duns la principauté de Tchéou, patrimoine de sa famille, l'an 1231 ou 1228 av. J.-C, mort vers 1134. H fut revêtu du commandement de toutes les troupes de l'empire par l'empereur" Ti-y, puis destitué par Cheou-sin, fils et successeur de ce prince, et renfermé dans une prison. C'est pendant sa captivité qu'il fit, sur les Koua de Ko-hi, des commentaires enrichis depuis par Confucius et qui forment l'Y-King, premier livre sacré des Chinois. Rétabli dans toutes ses dignités

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en 1142, il agrandit ses Etals héréditaires et devint le plus puissant des grands vassaux. Son fils, Vou-wang, renversa la famille des Chang et fonda une dynastie nouvelle.

WENZEL (Charles-Frédéric), chimiste allemand, né à Dresde en 1740, mort à Freiberg en 1793, Fils d'un pauvre relieur de Dresde qui l'employa de bonne heure aux travaux de sa profession, il lut quelques-uns des livres confiés à son père, et cette lecture fit naître en lui le goût de 1 étude. Désireux de le satisfaire, à l'âge de quinze ans il quitta Dresde, à l'insu de sa famille, et se rendit en Hollande sans aucune ressource. La, il fut obligé de travailler pour vivre; mais les obstacles ne firent qu'accroître son ardeur, et bientôt il eut acquis les connaissances qui lui manquaient. Entré comme élève chez un pharmacien d'Amsterdam, il l'accompagna plus tard dans uneexpédilien au Groenland. Il avait aussi étudié la chirurgie, et, à son retour du Groenland, il fut nommé chirurgien de la marine hollandaise. Il servit jusqu'en 1766; mais, à cette époque, il voulut revoir l'Allemagne et partit pour Leipzig, où il acheva ses éludes médicales et où il se livra à des recherches chimiques qui eurent principalement pour objet les métaux et leurs combinaisons. La Société des sciences de Copenhague ayant proposé un prix pour le meilleur mémoire sur cette question : • Comment peut-on, parle moyende la réverbération, diviser les métaux en leurs principes constitutifs? > Venzel concourut, etson mémoire fut couronné. En quittant Leipzig, il était venu se fixer àDrosde, où, tout en exerçant la médecine, il faisait des cours de chimie fort suivis et qui lui valurent une grande réputation. En 1780, l'électeur de Saxe l'appela à sa cour en qualité de premier médecin • et de directeur des mines de Freyberg.^ Parmi les ouvrages de Venzel, le seul peut-être qui soit encore consulté aujourd'hui est son recueil de Leconssur l'affinité des corps (Dresde, 1777; 21= édit.,1779). C'est dans ce livre qu'il a démontré d'une façon vraiment remarquable le principe des proportions définies et établi la loi qui porte son nom. V. Loi dk Venzei, (t. X, p. 633).

WENZEL (Michel-Jean-Baptiste), oculiste français, mort au commencement de ce siècle. Il fut nommé, en 1808, médecin oculiste do la maison de Napoléon I«r et publia deux ouvrages, dans lesquels il a exposé les procédés qu'il employait dans la pratique des opérations sur les yeux : Traité de la cataracte (Paris, 1786, iri-8"); Manuel de l'oculiste ou Dictionnaire ophthalmologique (Paris, 1808, 2 vol. in-8°).

WENZEL (Joseph), chirurgien allemand, né en 1768, mort en 1808. Après avoir pris ses grades il Mayonce en 1791, iiy devint, on 1802, chirurgien adjoint de la maison d'accouchement et professeur d'unatomie et de physiologie. On ne connaît de lui que les trois écrits suivants: De ossium arlhriticorum indole (Francfort, 1788, in-8°) ; Sur le crétinisme (Vienne, 1802, in-8*>) ; De penitiori structura cerebri hominis et brutorum (Tubingue, 18U, in-fol.).

WENZEL (Charles), médecin allemand, frère du précédent, né en 1770, mort en 1827. Reçu docteur à Mayence la même année que son frère, il occupa quelque temps la chaire d'anatomie et de chirurgie a l'université do Kœnigsberg et devint, en 1812, professeur à l'école médico-chirurgicale de Francfortsnr-le-Mein. On a de lui : De comparalione jnter forcipes hevretianam, smellianam, leakeanam et johnsonianam (Mayence, 1791, in-8°) ; De l'induration et de l'enflure dans les parties indurées (Mayence, 1815, in-8"); Des maladies de la moelle épinière (1825, in-fol.).

WENZEL (Jean-Christophe) , poète allemand. V. Wentzëi,.

Wco'ei °u 1b Magistrat du peuple, drame lyrique en trois actes, paroles de Fabien Pilltst, musique de Ladurner; représenté au Théâtre National (Montansier)en 1794. C'est une pièce patriotique, dont l'action se passe dans une petite ville sur les frontières de l'Allemagne. Un jeune officier français en est lo héros; on arbore au dénoûuient le drapeau tricolore. Cet opéra eut un succès de circonstance. Ladurner fut le professeur de piano de M. Auber et de l'excellent organiste Boély. Cette circonstance, plus que ses productions, assure à son nom une place dans l'histoire de la musique.

WEPFER (Jean-Jacques), médecin allemand, né à Schalfouse en 1620, mort en 1695. Avant de terminer ses études médicales, il se mit à voyager, demeura huit ans à Strasbourg et à Baie, en employa deux à parcourir l'Italie et prit le titre de docteur à Bâla en 1647. Peu de temps après, il devint médecin de la ville de Schaffouse, où il exerça la pratique de son art avec le plus grand succès. En mourant, il demanda que son corps fût ouvert, et à l'autopsie on trouva qu'il avait l'aorte ossifiée, comme il l'avait conjecturé lui-même. Ses ouvrages ont encore heaucouu de valeur. Nous citerons les suivants : Observaliones anatomic» excadaveribits eorum quos sustutit apoplexia, cum eiecrcitatione de ejus loco affecta (Schalfouse, 1653, in-8°); De dubiis anutomicis epislola qua objecliones nonnullas contra Bihii doc-

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irinam proponit (Nuremberg, 1664, in-4») ; Jlistoria anatomica de puella sine cerebro nata (Sehaffouse, 1665); Ciculse aguaticm historia et noxa (Bàle, 1670, in-4°); Observntiones medico-praclicse de a/fectiiivs capitis internis et exlernis (Sehaffouse, 1725, in-8°).

WEPFÉRIE s. f. (vè-pfé-rl — de Wepfer, botan.allem.).Bot. Syn.d'ÉTHUSisoujBTiiusis, genre d'ombellifères.

AVEPPEN (Jeun-Auguste), poète allemand, né à Nordheim en 1742, mort a lafln du xvut» siècle. Il remplit diverses fonctions dans la magistrature et consacra ses loisirs à la culture des lettres. Ou a de lui : Henri le Long (Gœttiiigue, 1778, in-S°), poGmeoù il célèbre les hauts faits d'un chevalier allemand du xio siècle; Lettre erotique en quatre chants (Gcuttingue, 1778); Visite à l'église, pôeme comique en douze ohsinls (Leipzig, nsi); VOfficier nessois en Amérique (GœUuigue, 1783, in-8°); Poésies (Leipzig, 17S3) ; la Jeune paysunne heureuse (Gœttiiigue, 1786, in-8"); le Patronat de la ville, pueme comique en six chants (Gœttiiigue, 1787, in-8°) ; Contes, failles, épitres, portraits (Hanovre, 179G, in-8°).

WERDAU, ville de la Saxe royale, dans le cercle et à 7 kilora. 0. de Zwiekau, sur la rive droite de la Pleisse; 9,500 hab. Industrie très-active; fabrication de draps et de coton ; teintureries et imprimeries sur étoffes.

' WBRDEN, ville des Etats prussiens, province du Rhin, sur la Ruhr, à 26 kilom. N.-K. de Dusseldorf ; 6,400 hab. Fabriques de lainages, velours, soieries, produits chimiques, forges à cuivre et à fer.

WERDENBERG (Rodolphe, comte du), homme do guerre, né dans la seconde moitié du xive siècle. Lorsque les habitants du canton d'Appenzell se soulevèrent contre Cunp, ubbé de Saint-Gall, qui les opprimait, Rodolphe de Werdenberg leur offrit de combattre avec eux pour la cause de la liberté (1404). Son offre fut acceptée, et il devint leur général lorsque le duc d'Autriche marcha contre eux. Werdenberg battit les Autrichiens à Stoss (1405), puis dans le Tyrol et le Vorarlberg, assura l'indépendance du canton et fut mis en possession des biens île sa famille, qui avaient été confisqués pur les ducs d'Autriche.

WERDEMIAGEN (Jean-Ange), écrivain et diplomate nilctuiuid, né iiHeiinstajdt en 1581, mort eu 1652. D'abord coreoteur du gymnase de SoltweJel, il se chargea ensuite d'une éducation particulière, se rendit à Leipzig, à Giessen.et fut chargé de négociations par la cour de Brunswick. Nommé ensuite professeur do morale à Hohnsiasdt, il dut quitter sa chaire à, la suite d'une vive attaque que lui attira la bizarrerie de ses idées philosophiques et religieuses, se rendit à Magdebourg, où il devint syndic du chapitre, conseiller de l'administration des affaires épiscopales et député à l'assemblée du cercle de Basse-Saxe. De là, il se rendit à Hambourg, puis à Leyde, où il écrivit plusieurs ouvrages, et, eu 1032, k Brème, où il fut nommé conseiller privé de l'archevêque. Depuis un an il était revenu dans le Brunswick, lorsque, en 1635, le sénat de Magdebourg le nomma ministre plénipotentiaire au congrès de Lunebourg, puis auprès du roi de Danemark et des villes hanséatiques. 11 s'acquitta uvee tant d'habileté do sa mission, que l'empereur d'Allemagne l'anoblit et le nomma uinbassadeur ordinaire près des villes hanséatiques. Werdeuhagen était un homme fort instruit, très-eloquent et d'une imagination vive, qui le poussai adopter lesrêveries de Paracelse et do Bœhm. Outre des poésies latines, on lui doit divers ouvrages, notamment : Synopsis in Budini libros de republica ; Psychologia Jae. Boehmii explicata; Epi tome de arcaiits rerum publicarum; Systema ethices melAodicum ; Opus de rébus publiais hanseaticis, earumque confederaiione, etc.

WERDER, ville de Prusse , province de Brandebourg, régence et à 9 kilom. O. de Potsdam, sur une petite île formée par le Havel ; 2,600 habit. Importante culture des arbres fruitiers et de la vigne. Fabrication de toiles, bière, eau-de-vie; pêcherie royale.

WERDER (Thierri de), poète allemand, né en 1584, mort eu 1657.11 servit d'abord dans l'armée du landgrave de Hesse-Cussel, sou souverain, puis dans celle de Gustave-Adolphe, au commencement de la guerre do trente ans, et remplit, en outre, différentes missions importantes pour le landgrave de Hesse-Cassel. Outre des Sonnets, on a de lui deux traductions allemandes, qui ne manquent pas de mérite , de la Jérusulem. délivrée du Tasse (Francfort, 1630, in-4») et du Roland furieux de l'Arioste (Leipzig, 1632, in-4»).

WERDER (Charles), philosophe allemand, né à Berlin eu 1806. 11 fit ses éludes à l'université de sa ville natale, où il l'ut reçu, en 1834, agrégé de philosophie, et où il devint, quatre ans plus tard, professeur extraordinaire. L'érudition, la facilité et la vivacité avec laquelle il faisait ses cours attiraient ■autour de lui un nombreux concours d'auditeurs et le placèrent au premier rang des membres de la Faculté de philosophie et de droit de cette ville. Il n'a cependant publié que fort peu d'ouvrages, et l'on ne peut guèru citer de lui qu'une thèse : De Platonis Par-

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meiiide (Berlin, 1834), une Logique Berlin, 1841) et un discours prononce en 1849, à l'institut Frédéric-Guillaume, Sur le caractère en apparence négatif de lu philosophie. Bien qu'il appartienne a l'école .de Hegel, Werder n'en a pas moins de fortes tendances à l'éclectisme, et l'on retrouve dans sa logique un grand nombre des principes des autres philosophie», 11 s'est aussi essayé en poésie ; mais, à part quelques pièces de vers insérées dans l'Almanach des AI uses, de Gnippe, ses œuvres en ce genre ne sont connues que d'un petit nombre do lecteurs. Enfin, il est l'auteur d'une tragédie intitulée Colomb (Berlin, 1858), qui forme une trilogie, et dont le roi Frédéric-Guillaume IV lit représenter la première partie en 184", àChaiiottenbourg, devant un auditoire d'élite. Depuis 1859, Werder fait chaque hiver à l'université de' Berlin des cours sur l'art dramatique.

WERDER (Auguste de), général prussien, né en 1808. Après avoir servi un an dans les gardes du corps à cheval, il devint officier flans le 1" régiment à pied de la garde (1820) et ne reçut pendant de longues années presque point d'avancement. En 1842, il obtint de faire avec l'armée russe une campagne au Caucase. De retour en Allemagne (1843), M. de Werder devinteapitaine d'étatmnjor et passa, cinq ans plus tard, dans l'infanterie. En 1803, il obtint le grade de général-mnjor et , trois ans plus tard, celui de gé.iiiul lieutenant. Cette même année, pendant la guerre contre l'Autriche, M. de Werder commanda une division de l'année du prince Frédéric-Charles et se distingua particulièrement à Gitschin et ù Kcenigsgtœtz, Au début de la guerre contre la France (juillet 1870), il reçut le commandement en chef d'un corps composé de Badois et de Prussiens, franchit la Lauters le 5 août et alla prendre, le 14 août, le commandement des troupes qui, depuis le 7, avaient investi Strasbourg sous les ordres du général Beyer.AprèsavoirsoinmèinulileinentTa place de se rendre, il en commença le bombardement le 18 août. Nous avons longuement raconté ailleurs (v. Strasbourg) ce siège mémorable et le rôle de Vandale que remplit le général de Werder. Deux jours après la capitulation de celte ville (28 septembre), il fut mis û la tête du 148 corps, reçut le grade de général d'infanterie et fut chargé d'opérer dans les Vosges. Il s'empara d'Epinal, de Vesoul, porta partout la terreur par sa façon sauvage de l'aire tu guerre, réprimant sans pitié la moindre tentative de résistance et imposant partout d'écrasantes contributions de guerre. A la fin d'octobre, il envoya le générai de Beyer s'emparer de Dijon, et le général deTreseow faire le siège de Belfort. ICn même temps, il soumettait la plupart des petites places de l'Alsace et envoyait des troupes de Gray sur Vesoul pour combattre nos francs-tireurs, lin novembre et en décembre, il eut à lutter contre le vaillant corps de troupes commandé par Garibaldi et contre la division Cremer, A la fin de décembre 1870, Bourbaki reçut le commandement de l'armée envoyée dans l'Est; à cette nouvelle, le général de Werder, qui ne pouvait lui opposer qu'environ 40,000 hommes, envoya l'ordre de l'arrêter à Villersexel (9 janvier), où il fut battu (v. Villersbxbl,); mais quelques jours après, il se retrancha dans la forte position d'Héricourt, s'y fortifia avec des ouvrages en terre garnis de pièces de siège et attendit l'armée de Bourbaki. A la suite d'une bataille qui dura trois jours (15-17 janvier), noire armée dut battre en retraite, et, menacée par l'arrivée des troupes de Manteuffel, elle se replia en désordre vers la frontière de Suisse. Les Allemands, qui avaient craint un moment une invasion de l'armée de Bourbaki, firent, après la signature de la paix, d'enthousiastes ovations au général de Werder. L'empereur Guillaume lui adressa des félicitations et lui donna la grand'eroix de l'Aigle rouge.

WERDIN (Jean-Philippe), orientaliste allemand. V. Paulin de £sau«t-BauthbU£my,

WERDMULLER (Jean-Rodolphe), peintre suisse, né à Zurich en 1639, mort eu 1668. Son père, qui était général et grand amateur de peinture, lui lit donner des leçons par Conrad Meyer. Werdmulier s'adonna au portrait et au paysage, se rendit à Francfort, où olorellct, peintre de fleurs, l'initia à son art, et, de reiour dans sa ville natale, il s'occupa de sculpture. Etant parti pour visiter la France, il tomba dans la Silh et se noya. Ses peintures attestent une intelligente étude de la nature.

WBRDUM (Ulric van), historien hollandais, né dans la Frise orientale en 1632, mort en 1631. Après uvoir fait des études treséteodues, il employa plusieurs années à visiter l'Allemagne, la Pologne et la Hongrie, et, à son reiour dans sa patrie, fut nommé conseiller intime et vice-président de la chancellerie et de ia chambre de la Frise orientale. L'objet presque constant de ses études avait élé l'histoire de sa province natale, sur laquelle il a publié, entre autres ouvrages : Discours historique et politique sur les causes qui ont fait soulever la Prise en 1660; Fragment de l'histoire de la Frise orientale de 1148 à 1520 ; Abrégé de l'histoire de la Frise; De l'administration de la justice et des biens

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de l'Eglise; Généalogie de quelques familles nobles de la Frise; Suite de la famille Werdum jusqu'en l6G7,etc.

WEREMBERT ou WERIMBERT, savant moine suisse, né à Coive dans la première moitié du ix« siècle, mort en 884. Il lit ses études à la célèbre école de Fuhla, où il eut pour maître Raban Maur, et, après avoir embrassé la vie monastique, il devint lui-même écolâtre au monastère de Saint-Gall, où il professa avec éclat jusqu'à sa mort. On a de lui: Liber de tnusica; De arle metrorum libri duo, le seul traité qui ait été écrit au ixe siècle sur l'art poétique ; des Commentaires sur le Livre de Tobie, sur les Proverbes et sur les Lamentations de Jérémie. On lui attribue aussi beaucoup d'autres écrits, tels que des hymnes, des chants religieux, des épigrammes, tine histoire de l'abbaye de Saint-Gall, etc.

WERENFELS (Samuel), théologien suisse, né a Bàle en 1657. mort en 1740.11 professa aveu éclat, à l'académie de sa ville natale, successivement le grec, l'éloquence, la théologie morale et le Nouveau Testament, devint en 1702 membre du conseil académique et fut nommé recteur en 1721. Il faisait, en outre, partie des Sociétés royales de Berlin et do Londres et était en correspondance avec un grand nombre de savants étrangers. Nous citerons, parmi ses ouvrages : Disseriatio de logomachiis eruditorum (Bàle, 1692, in-4»); Jttdicium de argumento Cartesii pro exisieniia Dei petito ab ejus idea (Bàle, 1699, in-4»); Dissertationum theologicarum sylloye (Bàle, 1709, in-S°); Sermons des vérités importantes de la religion (Bàle, 1715, in-8°). Werenfels avait publié lui-même le recueil de ses œuvres (1739, 2 vol. in-40).

WERFF (Pierre van der), patriote hollandais, lié à Leyde, mort vers la fin du xvie siècle. 11 seconda activement Guillaume de Nassaudansses premiers efforts pour l'affranchissement de la Hollande, et il était bourgmestre de Leyde lorsque cette ville fut assiégée par les Espagnols en 1573 et 1574. Les habitants, en proie aux horreurs de la famine, décimés par la peste et désespérant de lout salut, voulaient ouvrir à l'ennemi les portes de la ville; après uvoir eu recours à toutes les ressources de son éloquence pour les en détourner, Van der Werif s'écria : ■ Citoyens, je n'ai pas de pain à vous offrir; mais, puisque je dois mourir une fois, que ce soit pur les mains de l'ennemi où par les vôtres, j'y suis résigné. Si cela peut vous satisfaire, prenez mon corps, coupez-le par morceaux, partagez-le entre vous. » Ce langage fit rentrer les révoltés dans le devoir, et la fermeté de Van der Werff fut bientôt récompensée, car les Espagnols, las de voir que leurs efforts étaient sans résultat, ne tardèrent pas à lever le siège. Van der Werff jouit aussi de la confiance de Maurice, successeur de Guillaume, et fut jusqu'à douze fois réélu bourgmestre de sa ville natnle et deux fois député aux états de la province. Ou voit dans le chœur de 1 église Sainl-Puncrace, à Leyde, un monument érigea sa mémoire. Sa Biographie a été écrite par Water (Leyde, 1814, in-8<>).

WERFF (Adrien van der), peintre, architecte et sculpteur hollandais, né à Kralinger- Aiubacht, près de Rotterdam, en 1G59, mort à Rotterdam en 1722. Son père le fit étudier dans l'atelier d'un peintre de porlrnits, Cornil Picolett, puis dans celui d'Eglon vau der Neer. A dix-sept ans, Van der Werff peignait très-agréablement le portrait, et il se fit une réputation auprès des amateurs par la délicatesse avec laquelle il représentait, dans de tout petits cadres, des nudités bibliques et mythologiques. Ce maître appartient, sans conteste, a la décadence de 1 école hollandaise ; mais sa peinture est si soiguée, ses études de nu si complètes, malgré leur petitesse presque microscopique, qu'on se rend ' compte de l'engouemeut qui accueillit ses oeuvres; on les payait très-cher de son vivant ; on les paye encore plus cher aujourd'hui, quand il s'en présente dans les ventes. Un de ses principaux, protecteurs fut l'électeur palatin Jean-Guillaume, qui, ayant visité l'atelier de Van der Werff eu 1G96, acheta tout ce que l'artiste voulut lui vondre et lui commanda, en outre, un certain nombre de tableaux pour sa galerie de Dusseldorf. Lorsque Van der Werlf alla les lui porter l'année suivante, l'électeur voulut le retenir et l'attacher, à vie, à sa cour; l'artiste accepta seulement de séjourner près de lui ueuf mois de l'année , moyennant une pension de 6,000 florins. Il fut, en outre, créé chevalier et reçut des lettres de noblesse pour sa famille et celle de sa femme, sans compter de splendides présents.

Tous les musées et galeries prineières d'Europe possèdent des tableaux de Van der Werff. Voici ies principaux : Jacob bénissant les enfants de Joseph, Jsaac bénissant Jacob, tiacchunt embrassant uiïe bacchante , Nymphe assise, au musée de Berlin ; Vénus et Cupidon, au musée de Cologne ; le Jugement de Paris, Abraham congédiant Agar, Berger et, jeune fille, la Partie d'échecs, Loth et ses filles, au inusée de Dresde; Madeleine dans le désert , la Sérénade, Sara donnant Agar à Abraham, le liepos en Egypte, Ecce Homo, une Aimo;iciation, une Visitation, Jésus au milieu des ' docteurs, la Flagellation, la Portement de

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croix, le Christ en croix, l'Ascension, la Pet' tecôte, Diane découvrant la faute de Calisto, à la pinacothèque do Munich; Vénus couchée, il Vienne, gitlerie Lichtenstein ; une Sainte Famille, la Leçon de danse, au musée d'Amsterdam; lu Fuili en Egypte, au musée de La Haye; Adam et Eve chassés du paradis, David et Abisatg, un des chefs-d'œuvre du peintre ; Jeune femme examinant des bagues, Jeune garçon jouant avec un cAat et un oiseau, une Alise au tombeau, l'Assomption de la Vierge, une Sainte Famille, au musée de l'Ermitage, ù Saint-Pétersbourg. « Ces derniers tableaux, dit judicieusement L. Viardot, offrent de< sujets- trop relevés pour la manière de ce peintre, fine, léchée, minutieuse, qui ne convient pleinement qu'aux petites scènes flamandes. » La même observation s'applique à la série religieuse du musée de Munich. Le inusée du Louvre possède sept petites toiles de Van der Werff, presque toutes datées des dernières années du peintre. Elles sont pour la plupart de ses meilleures; ce sont: Adam et Eve près de l'arbre du bien et du mal, Moïse sauvé des eaux, la Chasteté de Joseph, les Anges annonçant la naissance du Messie, Madeleine dans' le désert, Antiochus et Slratonice, Nymphe dansant. Citons encore, au musée de Montpellier, Suzanne et les vieillards. t Aucun artiste, dit Fr. Villot (Notice des tableaux du Louvre), n'a vu payer ses tableaux de son vivant un si haut prix que Van der Werff. Il a peint des sujets historiques, des scènes de la vie privée, des portraits, presque toujours dans de petites dimensions; on estime même plus ses petits tableaux que ceux où les figures sont de grandeur naturelle. Le fini précieux de l'exécution de Van der Werff a certainement été pour beaucoup dans la vogue exagérée de ses ouvrages. Tout en lui reconnaissant certaines qualités réelles, on ne peut se dissimuler que ses chairs, qui manquent de vie et de transparence, ne ressemblent trop à de l'ivoire et que ses peintures ne soient privées de ces qualités pittoresques qui font le charme et la supériorité des ouvrages de Metsu, de Terburg et d'Ostade. • Les' portraits de Van der Werff sont presque aussi nombreux que ses tableaux de genre. Nous citerons, parmi les principaux : l'Electeur Jean-Guillaume et Jeanne-Louise, sa femme, réunis dans un médaillon; autre portrait de l'Electeur Jean-Guillaume, deminature, et portrait en pied de la Princesse Jeanne- Louise, au musée de Munich; un Portrait d'homme, au musée de Vienne ; Portrait de Dernier, à Vienne, galerie Esterhazy. L'artiste s'est, en outre, représenté luimême plusieurs fois ; un de ses plus jolis portraits est celui du musée de Dresde, où il s'est peint avec sa femme et ses trois enfants dont un fait des bulles de savon; le peintre, vêtu d'un habit lilas et coiffé d'une vaste perruque, s'appuie à un vase antique; un autre portrait, au musée d'Amsterdam, le représente tenant la palette et en train de peindre sa femme et ses enfants; dans un troisième, au musée de l'Ermitage, il s'est représenté également la palette il la main et ayant près de lui, fantaisie bizarre, une tète de mort coiffée dé laurier.

WERGËLAND (Henri-Arnold), célèbre poëto norvégien, ne à Christiansand en 1S0S, mort en 1845. Son père, Nicolas Wergeland, était professeur à l'école latine de Christiansand ; il fut un des députés qui, après la séparation de la Norvège d'avec le Danemark et sa réunion à la Suéde en 1814, élaborèrent la constitution d'Kidswold, dont l'acceptation par la Suède marque l'aurore d'une nouvelle période prospère et glorieuse dans l'histoire do la Norvège. Henri Wergeland fut élevé à l'école de la cathédrale de Christiania et étudia ensuite la théologie à l'université de la même ville. Il fut reçu en 1829 candidat eu théologie, mais ses tendances libérales le firent regarder comme dangereux, et on ne voulut lui confier aucun emploi ecclésiastique. 11 aida cependant quelque temps son père dans ses fonctions pastorales ù KiuSwold et revinten 1834 a Christiania poury étudier la médecine. Deux ans plus tard, il y fut nommé conservateur de la bibliothèque de l'université et devint en 1840 directeur des archives de l'Etat, à Christiunia. Il avait debuté en 1827 par une satire dramatique intitulé Ah, publiée sous le pseudonyme de Siful Sifnddu; elle fut suivie de douze Farces sifuliniques, tant en prose qu'en vers, écrites avec beaucoup de verve et dirigées contre les personnalités les plus en vue dans la politique, la littérature et la société de l'époque. Aussi suseitèrerii-elles contre leur auteur les attaques les plus violentes de la part de ceux qu'il avait flagellés, et Wergeland a dit luimême que pendant dix ans (1827-1837) sa vie se passa dans « l'eau bouillante. • En revanche, le peuple l'aimait, la jeunesse se ralliait autour de lui comme uutour d'un chef, et même, parmi les honmies d'un âge mûr, beaucoup se déclaraient pour lui, car, en politique, il était sincèrement et exclusivement Norvégien et combattait comme des ennemis naturels les autres membres delà race Scandinave, les Suédois et les Danois. Mais il trouva dans Welhaven (v. ce nom) et ses partisans des adversaires redoutables, et leurs écrits amenèrent dans l'opinion publique un revirement qui s'est continué jusqu'à nos jours, car aujourd'hui on désire fermement en Norvège l'unité d'action des trois contrées scandiua-

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ves. On n'en considéra pas moins comme un triomphe des idées de Wergeland lu concession faite en 1837 pur la Suède il la Norvège d'un pavillon national particulier. L'année suivante, Charles-Jean XIV fit un voyage à Christiania, et Wergeland écrivit k cette occasion un poëme qui plut beaucoup au roi. L'indignation fut générale en Norvège lorsqu'on apprit que l'auteur, regardé jusqu'alors comme le chef des radicaux norvégiens, avait accepté une pension du roi de Suède, et sa popularité fut à jamais perdue.

Parmi les autres œuvres de Wergeland, il faut citer : la Mort de Sinclair, tragédie (1828); la Création, l'homme et le Messie (1830), poëme religioso-philosophique, que l'auteur regardait comme son œuvre la plus remarquable, mais que beaucoup de ses amis jugeaient très-sévèrement; YOpium, drame ; le Choléra indien, draine; la Meurtrière d'enfants , tragédie; les Campbell, opéra; les Vénitiens, tragédie, regardée, ainsi que la pièce précédente, comme un chef-d'œuvre dans son genre ; les Cadets de marine à terre, vaudeville ; le Bouquet de fleurs de Jan van Jiuysum et les Espagnols. Ces deux derniers poèmes se distinguent, non-seulement par la force et la délicatesse du sentiment, mais encore par la pureté du style. Outre les éditions partielles que Wergeland donna luimême de ses œuvres, il en existe une complète publiée par la Société des étudiants de Christiania {Christiania, 185S-I857, 9 vol.); un choix en a paru à Christiania (1859).

Bien que Wergeland eût reçu une instruction essentiellement classique et qu'il fût profondément versé dans les littératures allemande, française et angluise, il est demeuré complètement original dans ses compositions, il maniait sa langue maternelle avec autant d'habileté que de souplesse, et si l'on peut lui reprocher parfois de manquer d'ordre et de symétrie et de ne pas tirer de son sujet tout le parti possible, on doit accorder qu'il possédait à un degré éminent la chaleur, la naïveté et te raie talent de présenter la réalité sous une forme attrayante et poétique. Il était d'une taille et d'une constitution athlétique, mais les excès de boisson auxquels il se livrait sans- mesure abrégèrent ses jours.

WEnGELMIÎH, fontaine des enfers, d'où sortaient, d'après la mythologie Scandinave, les douze fleuves appelés etivagar.

WElt H LI (Jean-Jacques), instituteur suisse. V. Wehru.

WER1MBERT , savant moine suisse du ix« siècle. V. Wekumbkht.

WERKMEISTER (Léonard mi), théologien catholique allemand, tié à Fussen en 1745, mort en 1823. 11 entra, en 1705, dans l'ordre des bénédictins, fut ordonné prêtre en 1769, devint, la même année, professeur de philosophie au lycée de Preysing, fut, de 1774 k 1777, bibliothécaire et archiviste du couvent des bénédictins de cette ville et, après avoir occupé encore différents emplois académiques et ecclésiastiques, obtint successivement k Stuttgard les titres de conseiller ecclésiastique (1807), de conseiller supérieur des études (1810) et de conseiller supérieur eoclêsiastique (1817). Parmi ses ouvrages, qui annoncent une indépendance d'opinion assez rare chez un piètre catholique, nous citerons : Projet de réforme du bas clergé catholique et matériaux pour la réforme du haut clergé (Munich, 1782); De la tolérance chrétienne à l'usage des prêtres et des moines (Krlangen, 1784); Itecherches sur l'infailtibitité de t Eglise catholique (1702) ; Mémoire thèologique sur cette question : Un prêtre peut-il redevenir laïque? (Francfort, 1800); Aux partisans exagérés du culte des saints et de la sainte Vierge (1801); Circulaire d'un curé allemand adressée aux prêtres non assermentés rentrant en- France, pour les prier de traiter leurs paroisses plus raisonnablement que par le passé et de s'unir au clergé assermenté (1802); Comment on pourrait peu à peu introduire te mariage des prêtres dans l'Eglise catholique allemande (1803), etc.

WEHL, ville de Prusse, province de Westphalié, régence d'Arensberg, cercle et à 17 kiiorn, S.-O. de Soest; 3,900 hab. Salines importantes. Image miraculeuse de Iti Vierge et lieu de pèlerinage très-fréquenié.

WEHLAUFK (Eric-Chrétien), érudit danois, né à Copenhague en 1781, En 1801, il fut admis comme employé à la bibliothèque du roi, s'adonna k l'étude de l'histoire, de la géographie, des langues et des, antiquités Scandinaves, etc., se fit connaître par des ouvrages estimés et devint directeur de la bibliothèque. Outre des articles dans les Annales de l'antiquaire et divers autres recueils, on doit k cet érudit, aussi savant que laborieux, et dont les travaux ont êclairci beaucoup de points obscurs d'histoire et de géographie, un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Vatusdaela saga ok sagau af fiunboga hinum rama (1812), recueil d'anciens chants nationaux; Essai sur l'histoire de la langue danoise dans le duché de Slesvig (1818); Symbolx ad geogruphiam medii asui ex monumentis islandicis (1821); IJi&toriske H jferetminyer om det store Kongelige bibliotek (18-17); Det danske SeUkabfor Faerderlundets historié i dets Forste Aar-hundrede (1B47); la Constitution de Waldemar (1848); Y Université de Copenhugue depuis sa fonda-

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tion (1850), etc. Citons encore, parm. ses travaux, les tomes IV à VI de V Histoire des roisde Norvège (1813-1820), avec Thorlacius; le huitième volume des Scripiores rerum danicarum (1834), aver; Engelstoft, etc.

WERLHOF'(Jean), jurisconsulte allemand, né en 1660, mort en 1711. Après avoir fait ses études à l'université d'Helmstœdt, il visita celles de Strasbourg, de Bàle et de Genève, alla se faire recevoir licencié en droit à Orléans et, après avoir passé encore quelques mois à Paris, revint a Helmsiœdt, où il obtint, en 1696, une chaire à la Faculté de droit. Plus tard, il fut nommé conseiller aulique du duc de Brunswick. On cite, parmi ses écrits : Histoire de Danemark ; Àntiquitates ac jus ecclcsiasticum ; Traités de paix du xvmo siècle; Epithalame de Charles III, roi d'Espagne, et d'Elisabeth-Christine de Brunswick; enfin, un grand nombre de dissertations sur diverses questions de jurisprudence.

WERLUOF (Paul-Théophile), médecin allemand, né k Helmstœdt en 1699, mort en 1767. Il étudia la médecine sous Meiboin et Heister, alla, en 1721, se fixer à Parna, prit en 1723 le grade de docteur k llelmslœdt et, deux ans plus tard, fut appelé a Hanovre, où il jouit bientôt d'une grande réputation et où il fut nommé, en 1740, premier médecin de la cour. Il devint, en outre, dans la suite, membre de la Société royale de Londres, de celles de Gœttingue et de Leipzig et de l'Académie des curieux de la nature. Dans tous ses écrits, on remarque un grand esprit d'observation, des principes judicieux et un style élégant et pur. Nous citerons, entre autres : De medicinu sectx methodiacx veleris ejusque usuel abusu (Hclmsiredt, 1723, iu-4«j ; Obseroationes de febribus, prxcipue intermittentibus (Hanovre, 1732, in-4°) ; Cauiiones médical de timitandis laudibus et vituperiis morborum et remediorum ( Hanovre , 1731, in-4°); Cautionum medicarum traclntus (Hanovre, 1734, in-4») ; Disquisitio medica et phi-, tosophica Ue variolis et ant/iracibus (Hanovre, 1735, in-4oj.

WEULOSCIIN1D DE PËREMBERG (Jean- Baptiste), médecin allemand de la première moitié du xvme siècle. Il n'est connu que pur les deux ouvrages suivants : Abusas curationis verno-autumnalis (Francfort, 1703, iuS°) et llistoriu pestis quis ab anno 1708 ad annum 1710 'Transylaaniam, JJungariam, Austriam, Pragam et liatisbouam, etc., depvpulabatur (1715, in-S").

WËRMEERSCH ou VEHMEEHSCH (Ivon),

peintre llamand, né à Maldeghem, Flandre orientale, en 1810, mort k Munich un 1852. Il étudia la peinture k Gand, puis parcourut une partie de l'Allemagne et de l'Italie, visita les bords du Rhin et habita longtemps. Munich. Wermeersch s'adonna d'une façon toute particulière k l'étude de la peinture architecturale. Parmi ses toiles, qui sont fort estimées, on cite particulièrement ses Vues de Venise et ses Vues des principaux édifices de Gand, qui ont été iithographiées par Formois.

WERMOUTH s. m. V. VERMOUTH.

WEUNB, bourg dé Prusse, provinco de Westphalie, régence et k 28 kilom, S. de Munster, sur la Lippe ; 2,000 hab. Fabrication de toiles; industrie agricole. Progymuase.

WERNEBOURG (Jean-Frédéric-C'hrétien), mathématicien allemand, né à Eisenaeh eu 1777, mort en 1851. Il professa successivement k l'école des pages de Weimar, nu gymnase d'Eiseuaeh et k 1 université d'Iétia. Nous citerons, parmi ses écrits : Aperçu du système des nombres et des poids et viesures (Leipzig, 1800, in-8°) ; Du système le plus complet entre tous les nombres (Leipzig, 1800); Nouoelle théorie des moulins à vent (Leipzig, 1800); Principes des systèmes mathématiques anciens et modernes (Leipzig, 1805); Nouvelle et simple école de musique (Uetlia, 1812); Manuel d'arithmétique (léna, 1818); Curoarum aliquot nuper repertarum synopsis (léna, 1824).

WERNECK. (le baron de), général autrichien, né k Louisbourg en 1748, mort en 1806. H lit plusieurs campagues contre les Turcs, commanda un corps d'armée sous le prince do Cobourg en 1733, se distingua aux sièges de Vaienciennes et de Dunkerque, à l'all'aira do Cateau-Cambrésis le 31 mai 1794, se laissa forcer à la bataille de Welzlar (15 juin 1796), où il dirigeait l'aile 'droite de l'archiduc Charles, mais prit sa revanche à la bataille de Wurtzbourg (3 septembre) en rompant la ligne des Français avec la reserve. L'année Suivante, il eut le commandement en chef de l'armée du Bas-Rhiu. Ayant k combattre k la fois Hoche et Championnet, il n'éprouva que des revers, auxquels, heureusement pour lui, le traité de Leoben vint mettre un terme. Mis k la retraite, il ue reparut sur la scèno que pour partager la défaite d'Ulm; il so sauvait en Bohème avec un corps de 10,000 hommes, lorsque Murât l'atteignit et lui fit mettre bas les armes. L'archiduc Charles, dans ses Principes de stratégie, maltraite fort Werueck; mais le général Jouiiui, meilleur juge, lui rend plus de justice.

WERNER (Jean), mathématicien et astronome allemand, né à Nuremberg en 1468, mort en 1528. Sa vie est fort peu comnue; on sait seulement qu'à l'âge de vingt-cinq uns il se rendit en Italie, où il passa plusieurs années occupé k des observations astrouomi-

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ques, notamment sur la comète qui fit son apparition au mois d'avril 1500. D'après les observations qu'il avait faites sur les positions de Régulus, d'à de la Vierge et d'à de la, Baluncc, comparées à celles que Ptolémèe et Alphonso avaient assignées aux mêmes étoiles, il trouva que la procession des équinoxes devait être de 70 minutes de degré en un an, quantité beaucoup trop petite, et que l'obliquité de l'écliptique était de 23<> 28'. En 1514, il publia des Annotations sur le premier livre de la Géographie de Ptolémèe, dans lesquelles il essayait d'expliquer un passage obscur, relatif à la projection de la sphère céleste sur Une surface plane ; il faut aussi remarquer que c'est dans cet ouvrage que l'on trouve mentionnée pour la première fois la méthode pour déterminer les longitudes géographiques k l'aide de la distance angulaire de la lune k différentes étoiles. En 1022 parurent k Nuremberg ses Opéra mathematiea , qui renferment, entre autres, un truite sur les cônes. On lui doit aussi un traité de trigonométrie en cinq livres, un ouvrage Sur le mouvement de la huitième spltère et divers écrits sur la construction et l'usage des instruments météorologiques. Il avait, en outre, exécuté une machine où les mouvements du soleil, de la lune et des planètes étaient représentés conformément au système de Ptolémèe.

Montucla lui attribue expressément l'invention de l'ingénieuse méthode de la prostaphérèse, qui fut universellement adoptée pur tous les calculateurs astronomes jusqu'à l'invention des logarithmes.Cetto méthode, exactement contraire k celle que nous suivons aujourd'hui, consistait k transformer dans toutes les formules usuelles de trigonométrie sphérique les produits de sinus ou de cosinus en sommes ou en différences. Jusqu'à Viète, on résolvait presque toujours les triangles obliquangles en les décomposant d'abord en triangles rectangles par un tac abaissé do l'un des sommets perpendiculairement au côté opposé; les formules employées se réduisaient, par conséquent, presque toujours k des produits de deux facteurs; ce sont ces produits qu'on transformait en sommes ou eu différences par prostaphérèse.

Cette méthode avait été attribuée tantôt k Raymond Ursus, tantôt k ïycho ou it Wittichius; mais Christinann, dans sa Theoria lunx, en fait remonter le mérite k Werner. Ce géomètre, dit-il, l'avait proposée et en avait fait usage dans un traité, De triangulis, qui n'a jamais été imprimé, ce qui a permis k quelques autres de s'en faire honneur; toutefois, il no paraît pas probable que Weruer ait étendu la méthode à tous les cas usuels. 'i'yoho, Wittichius, Juste Byrge, Ursus et Melcbior Jostelius la perfectionnèrent successivement et apprirent à s'en servir même lorsque les faoieurs-du produit étaient des tangentes.

WERNER (Joseph), peintre suisse, né k Berne en 1037, mort en 1710. Il étudia en Italie, fut appelé k Versailles par Louis XIV, dont il lit plusieurs fois le portrait, se lia d'amitié avec le poëte'Qitinault et peignit pour lui de petites toiles charmantes, parmi lesquelles ou cite : les Muses, Diane, Flore, la Mort de Didon, etc. Il fit encore pour l'archiduchesse de Bavière et pour l'électeur la Vie de la Vierge (sept tableaux) et le Triomphe de Théiis. Revenu dans sa patrie, il peignit pour l'hôtel de ville de Berne l' Union de ta Justice et de la Prudence. Quoiqu'il peignit k l'huile avec beaucoup de talent, c'est suriuut comme peintre en miniature qu'il s'est placé au premier rang.

WERNER (Joseph -Tamm), peintre allemand, né k Hambourg en 1658, mort en 1724. Il alla terminer en Italie ses études artistiques et se consacra k peu près exclusivement à la peinture de fruits, de fleurs et de gibier. Appelé plus tard à la cour de Vienne, il y étudia les œuvres des maîtres hollandais et, en cherchant à les imiter, réussit k se corriger des défauts qu'on reprochait k ses toiles, c'est-k-dire trop de lourdeur dans la couleur et de maniéré dans la facture. Plusieurs de ses tableaux sont conservés au musée do Vienne, et l'on cite comme le pins remarquable celui qui représente une Volaille et un lapin blanc.

WERNER (Abraham-Gottlob), minéralogiste et géologue allemand, né à Wehrau (haute Lusaoe) en 1750, mort à Dresde en 1817. Fils d'un directeur de forges, il eut dès son enfance des minéraux sous les yeux. Placé k l'école des mines de Freyberg, en Saxe (1739), it publia en 1774, k l'âge do vingt-quatre ans, un ouvrage sur les Caractères des minéraux, qui faitépoque dans l'histoire de la minéralogie, parce qu'il introduisit dans cette scienco une méthode qui lui manquait. Nommé, en 1775, adjoint k la chaire de minéralogie do Freyberg et plus tard professeur titulaire, il se rendit célèbre par 1 éclat de son enseignement et attira auprès de lui un grand nombre de disciples, parmi lesquels nous devons nommer Léopold de Bueh et Alexandre de Humbotdt. Weruer est, en géologie, le chef de l'école dite neptuiiienne.il méconnaissait l'importance, l'étendue, la profondeur des phénomènes volcaniques et les rapportait k des causes purement locales et accidentelles. Comme il avait surtout observé des roches sédimentaires, il faisait jouer à l'eau un rôle très-exagéré dans la formation de la croûte terrestre et assignait au basalte lui-même

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une origine aqueuse. Werner aimait passionnément son pays, et l'on ussure que les malheurs éprouvés par la S«xe en 1812 lui causèrent un chagrin profond qui altéra sa santé et fut l'origine de la maladie dont il mourut. Il répondait ses doctrines par l'enseignement oral; ear sa répugnance pour l'aêteihatériel d'écrire allait, dit-on, jusqu'à refuser d'ouvrir les lettres qui lui étaient adressées de peur d'être obligé d'y répondre. Aussi n'at-il laissé, indépendamment de son l'railé des caractères des minéraux, que deux ouvrages très-courts : Classification et description des monlagnes (1787); Nouvelle théorie de ta formation des filons, avec son application à l'art d'exploiter les mines (1791).

WERNER (Frédéric-Louis-Zacharie), poète dramatique allemand, né k Kœnigsberg en 1768, mort à Vienne le 18 janvier 1823. Sou père était professeur d'éloquence et de philosophie k l'université de Kœnigsberg; il y exerçait aussi la charge de censeur drumati-

?ue, ce qui fournit k son fils l'occasion de rêquenter le théâtre, dont les portes lui étaient ouvertes; son goût pour les jeux de la scène date de cette époque. A quatorze ans, Werner perdit son père et resta entre les mains de sa mère, qui l'aimait avec tendresse, mais qui exerça sur la vie du poëte une funeste influence. Femme à visions, profondément convaincue de la mission céleste que Dieu lui avait imposée, elle se croyait une incarnation nouvelle de la Vierge Marie; elle ne doutait pas que Zachurie Weruer ne fût le Shiloii promis par les Ecritures. Nerveuse, mélancolique, hypocondriaque, elle communiqua ces germes d'insanité superstitieuse k 1 enfant que sou sein avait porté. C'est à l'âge la plus tendre que so forment, au gré des mères et des nourrices, les premiers linéaments du caractère. Jean-Jacques l'a remarqué avec raison : de cette époqito inaperçue du te notre vie morulc Sous le môme toit, à un autre étage, était élevé à peu près de la même façon un autre enfant que la célébrité attendait ; c'était Hoffmann. Tous deux avaient pour mères deux femmes malheureuses que l'ébranlement de leurs uerfs conduisait à la folia ; ils portèrent dans la vie l'ineffaçable empreinte de cette éducation. Une sorte d'ivresse fantastique, leur fut. inoculée dès le berceau ; ils la sucèrent avec le lait; elle fut une des sources de leur génie et la cause de leurs malheurs.

Une jeunesse débauchée, dissipée, incohérente succéda pour Werner k cette enfance mal dirigée. [I se destinait k la carrière de la jurisprudence; mais ses études furent irroguiières. Changeant de lieu do résidence d'année en année, entraîné pur le tumulte des grandes villes qu'il habitait, tour k tour domicilié k Berlin et à Varsovie, il avait k trente-trois ans répudié deux femmes, dont l'une était une iillo publique, au moyen d'au divorce légal, et en cherchait une troisième. Sa seconde femme était la fille d'un juge, u Elle a eu, disait-il, des légions d'amants, mais elle possède quelques milliers de florins. • C'est là un bien triste aveu. Sa repu* talion était détruite, sa santé délabrée, Sou éducation incomplète. Ses créanciers le poursuivaient, et déjà, avant d'avoir atteint la moitié de sa vie, il survivait k sçs espérances et contemplait ses propres ruines. Des misères de la vie réelle, il s'élança dans le domaine de la métaphysique et de l'ascétisme. Pour s'oublier lui-même, il se perdit dans ces régions sans limites et sans routes frayées. Ce fut en 1801, dans les moments de loisir que lui laissait sa besogne d'employé (il était alors secrétaire du cabinet, kammer secretâr, k Varsovie), que son imagination enfanta un premier poëme, chaos du divagations métaphysiques publié sous ce titre : les Enfants de la vallée (1803, in-8°).Dans ce poËine étrange, divisé en deux parties, les Templiers en Chypre et les Frères de la croix, Werner se proclame le vates, le prophète, le révélateur sacré d'une religion nouvelle. Solis' son langage hiéroglyphique, en distingue une doctrine qui n a rien de fort ancien. • J'ai quitté, dit Werner, la pensée d'êtro un et quelque chose; je veux n'être rien afin d'être tout. » Il prétend détruire l'individualité humaine et absorber son unité nécessairement égoïste duns le sein du grand tout. Platon, les brahmanes, une partie des panthéistes grecs ne professaient point d'autre système. Le catholicisme lui-même s'en est imprégné ; de !k ces théories d'abnégation, ce renoncement au monde, ce besoin de s'élever jusqu'à la source des êtres, pour se plonger et s'anéantir dans l'océan de l'amour pur. Fénelon et les quiètisles se sont rapprochés do ca principe. Les stoïciens prétendaient aussi « plonger Se moi dans l'idée, » c'est-k-dire forcer l'égoïsme de disparaître devant la pensée universelle, effacer l'homme de la terre comme individu, transformer notre espèce en une niasse idéalo qui s'élance vers Dieu d'un commun accord. Selon tous ces philosophes, l'utilité, le bonheur ne sont point les objets que nous devons désirer et rechercher icibas. Il nous faut aimer Dieu pour lui-même et nous anéaulir pour l'aimer. Que nos pensées s'étoutfeut elles-mêmes ; que nos voluptés soient oubliées; que nos amitiés soient délaissées; notre corps, notre âme, notre volonté, nos penchants, nos vertus même ne sout rien ; Dieu est tout. Tel est le dogme insensé que Werner voulut faire prêcher par

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Schlegel et par Tieck ; tel est l'hymne chanté par ce pontife d'une loi nouvelle. Dans l'ivresse de sa pensée vagabonde, Werner devenait sa propre dupe; il n'essayait pas de tromper le monde, il croyait l'éclairer. L'excuse de sa folie était dans mi bonne foi.

Un nouvel acte de déraison vint encore s'inscrire dans les annales de cette vie déplorable. Veuf de deux femmes vivantes, il en épousa une troisième , Polonaise d'une beauté rare, mais sans fortune. Il ne savait pas un mot de polonais, elle ignorait l'allemand; ils s'entendirent pourtant. Couvert de dettes, il se cliargea d'une femme qui n'avait pour dot que ses attraits. Quelque temps après cette alliance, sa mère tomba malade. Si Werner eut dans sa vie une affection réelle et profonde, ce fut son affection pour sa mère, Revenu près du lit de cette infortunée, il racheta une partie des torts dont il avait semé ses tristes jours. L'agonie de l'indigence, de la folie et de l'infortune l'ut adou- • cie par le poète ; son temps, son travail, ses pensées, il donna tout k sa mère ; ce coeur flétri se îanima nu cri du devoir. Elle expira dans ses bras le 24 février. Ce fut cette date funèbre qu'il choisit pour litre de sa pièce la plus lugubre, la plus déchirante. On reconnaît dans tous ses ouvrages l'impression ineffaçable que cet événement avait faite sur lui. Laissons-le la décrire lui-même, dans une lettre à un aini : «Dieu m'a frappé le eœur avec un marteau d'airain. Ma mère est morte le 21 février, anniversaire du jour où Minsch, mon ami, a rendu le dernier soupir. Comme ma poésie et mes Enfants de la valide, auxquels j'attachais ma gloire, m'ont inspiré une inexprimable pitié quand j'ai voulu, après ce terrible coup, prendre paît à la communion des chrétiens I Mu mère I Quelle poésie vaut cette puissance de l'âme qui lui a fuit subir sans se plaindre sept années de martyre et d'agonie I Quelles souffrances égalent celles que j'ai ressenties I Comme elles pèsent durement sur mon âme, les fumes de ma jeunesse ! Que ne donnerais-je pour ravoir ma mère et racheter mes erreurs I Mon cœur, plein de larmes, cherche en vain a se soulager; les morts ne s'éveillent pas; les fautes ne s'effacent plus; le passé est éternel et irréparable. Dieu et notre mère, voilà ce qui .devrait nous occuper avant tout ; le reste est misérable et secondaire I Kt la reste m'a absorbé si longtemps I »

Malgré cet événement, la conduite de Werner ne changea pas. Il retourna à Varsovie, où il se lia avec Hoffmann et avec Hitzig, et continua sa vie décousue et extravagante. C'est à Varsovie qu'il écrivit la Croix sur les bords de la Baltique, draine lyrique barbare, plein d'intérêt, malgré les déclamations mystiques dont il est semé (1806, in-8°); Hoffmann en écrivit la musique. Sa tragédie de Luther ou la Consécration de la force fut commencée k Varsovie et continuée à Berlin, où Werner vint habiter eu 1807. Ici une carrière plus brillante, mais non plus heureuse s'ouvrit pour Jui. Le mysticisme et la l'ranc-inaçonuerie avaient conquis en Allemagne des adeptes parmi les diplomates et les hommes d'Etat les plus distingués. Von Schrœter, ministre d'Ltut, frappé de la similitude des idées de Werner avec les siennes, le prit pour secrétaire; peu de temps après celte promotion, le drame de Luther, représenté sur le théâtre de Berlin, obtint un éclatant succès; ce fut pour le poëte une époque de triomphe et de bien-être; inhabile ù en profiter, il se laissa enivrer par le double prestige de cette position nouvelle, et sa vie dissipée devint plus absurde que jamais. Ses journées s'écoulèrent dans un perpétuel festin, il quitta sa femme et se trouva mari de trois veuves qu'il avait tour à tour abandonnées. «Ma femme n'aurait jamais été heureuse avec moi, écrivait-il à Hitzig; elle est innocente, c'est moi qui suis le coupable, et en la quittant je la sers. Dieu, qui m'adonne de la toice pour certaines choses, m'a refuse sa grâce pour certaines autres. Je suis impur, gourmand, sensuel, capricieux, fantasque, inquiet. Tu me connais ! Aies plaisirs, mes idées, mes manies, mes folies m'entraînent et m'emportent dans leur tourbillon. Quelle existence que celle de ma femme 1 Do quoi pouvait-elle jouir? Certes, ma vocation n'était pus le mariage 1 i Les changements amenés par l'invasion française firent perdre à Werner sa place. Il recommença le cours de ses voyages et, comme le Juif errant, il ne s'arrêta plus, toujours prêchant, buvant, écrivant, pérorant, souvent ivre d amour céleste et plus souvent d'eau-de-vie, convertissant les uns, etidoctrinanules autres, admiré de quelques-uns, pris en pitié par le plus grand nombre. On le vit k Prague, à Vienne, à Munich, à Iéna. 11 fit la connaissance de Goethe à Weimar. A Coppet, en Suisse, il fui présenté à Mme de Stuei, et ses conversations avec cette femme supérieure le décidèrent a venir passer quelque temps à Puris. De retour eu Suisse, il alla de nouveau voir Mine de Staël et se lia chez elle avec A. -G. Schlegel. Il partit ensuite pour l'Italiu, Pendant le cours de cet inquiet pèlerinage, il composa trois drames, le Vingt-quatre février, Altiiaei Cunégonde.Le prince Dalberg, grandduc de Francfort, lui avait assuré une pension qui le mit désormais à l'abri du besoin. Fatigué de recherches mystiques et métaphysiques, da doutes, de spéculations, de théoaophie, de protestantisme ; d'une santé? délabrée qui lui

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défendait la continuation de ses premiers excès, il ne lui restait plus k essayer qu'une seule singularité; il la tenta. Arrivé à. Rome, il se convertit au catholicisme (1811). Il entra au grand séminaire d'Aschaffenbourg et reçut bientôt après les ordres. Alors il commença ses prédications. C'était chose curieuse k entendre que ce prédicateur bizarre; son éloquence poétique, les débris de ses anciens systèmes qui venaient se mêler k sa nouvelle croyance, son extérieur grotesque, sa prononciation étrange appelaient autour de sa chaire des flots d'auditeurs plus disposés a railler ses efforts qu'a s'édifier de ses leçons. A Vienne, en Styrie, en Cnrinthie, à Venise, il lit retentir la chaire de ses professions de foi. La Mère des Macchabées fut le dernier fruit de sa muse, œuvre lugubre ou éclate une hystérique et convulsive sensibilité dont l'effet est cruel. La mort le frappa le 18 janvier 1S23. Il fut enseveli honorablement k Enzersdorf. Son épitaphe, composée par lui-même , demande au voyageur de ' prier pour la pauvre âme de celui qui, comme Marie -Madeleine, a beaucoup aimé et dont les fautes peuvent aussi lui être pardonnées, i

Werner, en dépit de ses folies, fut un poète très-remarquablement doué ; il n'est pas un genre de mérite dont ses tragédies n'offrent l'exemple : les couleurs d'une riche imagination, 1 éloquence du sentiment, des scènes dramatiques, de lyriques effusions, des tableaux admirables, quelquefois même, et spécialement dans Attila, une peinture profonde des vices et des ridicules humains. Mais le lien commun manque à tant de beautés éparses. Il n'y &■ pas plus de plan dans les pièces de Werner qu'il n'y en eut dans sa vie. Tout n'est qu'incohérence et confusion. Ses personnages semblent des fantômes; sa poésie a l'accent du somnambulisme. Il fut une sorte de Swedenborg dramatique. Produit d'une époque agitée, d'un pays ou toutes les théories se combattent dans le vide et le vague, il est le résumé et la victime de ces opinions hétérogènes. Incapable de prendre un parti, de choisir une doctrine, d'embrasser un genre de vie rationnel, jouet de ses rêveries, ballotté par tant d'entraînements, frivole malgré sa profondeur, il lui manquait, comme écrivain et comme homme, le mobile des grandes actions, la force de volonté.

Outre les ouvrages énumèrés au courant de cet article, Werner a laissé des poésies, Gedichte (Kœnigsberg, 1789, in-8°) ; Wanda, tragédie (Tubingue, 1810,in-8u); Complainte de la reine Louise de Prusse, poSmo (Rome, 1S10, in-8»); des sermons, Predigten (Vienne, 1836, in-8°)etses Confessions (Grimma, 1841, 2 vol. in-8°). Son Théâtre a été recueilli k part (Vienne 1817-1818, 6 vol, in-S") et ses Œuvres complètes ont été publiées à. Grimma

.(1839-1841, 14 vol. in -S»). Des traductions da deux de ses draines figurent dans la collection française des Chefs-d'œuvre des théâtres étrangers; ce sont Luther et lo Vingt-quatre

février.

WERNER (Paul de) , général allemand , né k Raab ( Hongrie ) en 1707, mort en 1785. Il entra comme enseigne au service da l'Autriche, devint capitaine en 1735, fit de nombreuses campagnes contre la France, l'Espagne, la Turquie et la Prusse . et se distingua particulièrement aux batailles de Molwitz (1741), de Sorr, de Raueoux (1746) et de Laufeld (1747). Mécontent de ne pas obtenir d'avancement, il eutra en 1750 au service de !a Prusse avec le grade de lieutenant-colonel et devint colonel en 1756. A la tête d'un régiment de hussards, il fut pendant toute la guerre de Sept ans l'effroi de l'armée autrichienne, qu'il harcelait sans cesse avec une audace sans pareille. Werner se distingua particulièrement aux batailles de Prague, de Kollin, de Breslau (1757), de Leuthen, où il contribua puissamment à la victoire. Nommé major général en 17j8 , il débloqua Kosel et Neisse , chassa le général de Ville de la Siïésie (1759), commanda un corps d'armée en 1760, mit en pleine déroute les dragons du prince Joseph, puis, cette même année, il délivra Colberg , assiégé par les Russes, et força ces derniers k se sauver en abandonnant leur artillerie et leurs munitions. Celte victoire mit le comble à sa réputation; des médailles furent frappées en son honneur; le roi de Prusse le nomma lieutenant général (1761) et lui donna un canonicat dont les revenus étaient de 2,000 écus. De Werner chassa les Suédois de laPoméranie, puis servit sous les ordres du prince de Wurtemberg contre les Russes. Envoyé contre le général Platen, il fut surpris, fait prisonnier et transféré en 1762 à Saint-Pétersbourg, où le czar Pierre III îui lit de brillantes offres pour emrer k son service-, mais de Werner refusa. De retour en Prusse, il ht une brillante campagne contre le maréchal Daun, en Silésie, et vécut à partir de ce moment dans ses terres, sauf en 1778, où il eut pendant quelque temps le commande- . ment d'un corps d'armée. ™

WERNER (Carie), naturaliste allemand, né au commencement de ce siècle, mort en 1863. Il consacra sa vie à l'étude des entomozoaires, perdit la vue & force de se servir du microscope et finit de dépenser ce qu'il possédait en publiant un remarquable Traité sur tes entomosoaires, ia-4» de 1,200 pages,

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enrichi de 1,500 gravures parfaitement exécutées. S'étant rendu & Paris pour y fairo connaître son ouvrage, il y perdit la nièce qui l'avait accompagné, tomba malade k son tour et dut se faire transporter k l'hôpital. Ce fut la que mourut le vieux Gavant aveugle.

WERNER (Charles), peintre allemand, né à Weimar en 1808. Il commença ses études artistiques à l'Académie de Leipzig, qui était alors sons la direction de Hans Veit Schnorr, et, en 1828, se rendit k Munich, où ses premières compositions attirèrent bientôt l'attention. Depuis cette époque, il n'a cessé d'être lidèle au genre qu'il avait adopté au début, et il est devenu l'un des premiers aquarellistes allemands de notre époque. Il partit en 1833 pour l'Italie, où il séjourna jusqu'en 1853, et qu'il visita dans toutes les directions, ainsi que la Sicile ; il a reproduit les plus beaux paysages et les plus beaux monuments de ces deux contrées dans des aquarelles de grande dimension , parmi lesquelles on remarque surtout : la Place du marché dePizerno (1838) ; Venise dajis sa splendeur et dans sa décadence (1840) ; le Patois des doges avec une scène du Marchand de Venise j le Triomphe du doge Contarini; Y Intérieur de la salle de Zisa , à Palerme, etc. Il visita ensuite l'Espagne et en rapporta, entre autres œuvres, une magnifique aquarelle représentant fa Cour des Lions de l'Alhambra. En 1802, il partit pour l'Orient, parcourut l'Egypte, la Syrie et la Palestine, et y recueillit une ample moisson d'esquisses , qui lui ont surtout servi k publier un grand ouvrage illustré : Jérusalem et la lerre sainte (Londres, 1866-1867, avec 30 planches). En 1867, il a entrepris un nouveau grand voyage, qui a été consacré principalement à visiter les pays du Nil, Les aquarelles de Werner, qui atteignent le plus souvent aux dimensions des tableaux à l'huile , rivalisent avec ceux-ci pour l'éclat et la force du coloris. Elles sont fort recherchées en Angleterre, ' ou l'aquarelle est estimée presque à l'égal de la grande peinture.

WERNER (Rainhold), marin allemand, né en 1825 à Weferlingen, village des environs de Magdcbnurg, Il entra en 1842 dans la marine de commerce à Hambourg et, après avoir' fait sept voyages aux Indes orientales, devint, en 1849, auxiliaire dans la marine allemande, qui avait été créée dnn3 l'intervalle, et dans laquelle il servit jusqu'à sa dissolution en mai 1852. Il passa alors, avec le grade de lieutenant , au service de la Prusse, fut nommé capitaine-lieutenant en 1856 et prit part, comme commandant du transport l'Elbe, à l'expédition sur les côtes de l'Asie orientale (1859-1862). En 1863, il fut appelé au commandement de la frégate Géfion, qui venait d'être transformée en bàtiment-école d'artillerie, et, au début du conflit dano-allemand, passait bord do la corvette k vapeur la Nymphe, avec laquelle il prit une part glorieuse au combat naval de Jasmund. Il fut promu, peu après, capitaine de corvette et reprit le commandement du Géfion. Appelé k celui du bâtiment cuirassé l'Arminius, lors de la guerro entre la Prusse et l'Autriche en 1866, il fit voile pour la mer du Nord et, agissant de concert avec cinq canonnières, s'empara des fortifications hanovriennes sur l'Elbe, le Weser et l'Ems. Après la guerre, il fut chargé d'aller visiter les ports de guerre de la France et de l'Angleterre, et k son retour, en mai 1867, fut nommé directeur en chef du chantier du port de Datitzig. On a de lui , entre autres écrits : V Expédition prussienne en Chine, au Japon et d Siam (Leipzig, 1S63, 2 vol.) ; la Marine prussienne, sa coopération à ta guerre dano-allemande, son importance et son avenir (Berlin, 1864); l'Ecole de ta marine (Leipzig, 1866). Il a, en outre, collaboré à différents journaux et fondé à Hambourg, en 1864, la Hanse, revue pour la marine et le sauvetage en mer. Enfin, il a été l'un des fondateurs des sociétés allemandes pour le sauvetage des naufragés (1864), pour la pêche dans la mer du Nord (1866) et pour la pêche dans" la mer Baltique.

WERNÉRIE s. f. (vèr-né-rl — de Werner, géologue alletn.). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, comprenant dix espèces, qui croissent en Amérique.

WERNÉRITE s. f. ( vèr-né-ri-te — de Werner, géologue allem.). Miner. Silicate double de chaux et d'alumine.

— Encycl. La wernérite est un silicate d'alumine et de chaux, cristallisant en prismes k base carrée; sa pesanteur spécifique est 2,6 en moyenne ; inoins dure que le feldspath, elle raye le verre et fait feu sous le briquet ; fusible au chalumeau, elle est attaquée, mais difficilement, par les acides; la solution précipite par l'oxalate d'ammoniaque. La wernérite a un éclat vitreux, quelquefois gras, d'autres fois comme émaillé ; souvent sa cassure est un peu terne. Cette substance est translucide ou opaque; sa couleur varie du vert au gris ou au rougeâtre. On trouve la wernérite dans les filons ferrugineux qui traversent les gneiss k Arendal et à Langsoe (Norvège), k Sjosa (Sudermujiie) ; dans les dépôts de cuivre pyriteux, à Garpenberg (Dalécarlie); dans les dépôts calcaires voisins de ces minerais à Pargas

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(Finlande) et à Malsjo (Wermeland) ; on la rencontre aussi en Saxe et aux Etats-Unis. La wernérite présente un certain nombre de variétés, qu'on peut rapporter k trois types principaux, élevés par plusieurs auteurs au rang d espèces distinctes. 1° h'àrktizite ou wernérite verte est, en effet, verte ou verdàtre; outre les éléments indiqués cidessus, elle renferme une notable proportion de fer et un peu de manganèse; on la trouve tantôt cristallisée en prismes à huit pans, terminés par des pyramides à quatre faces: tantôt bacillaire, en prismes oblitérés etgroupés; tantôt compacte, en masses vitreuses d'un éclat gras. 2° La paranthine, appelée aussi scavolitke, a une texture laminaire, un éclat vif, qui se perd peu k peu pur suite d'une sorte d'efflorescence qu'elle éprouve au contact de l'air; elle se présente sous forme d'aiguilles ou de baguettes plus ou moins fines et groupées; sa composition chimique diffère de celle de l'urktizite par l'addition d'un peu de soude et de traces de magnésie. Ces deux substances n'ont pas de gisement particulier; elles accompagnent partout le type de l'espèce. 3° La thulite est une substance vitreuse, rose ou rouge, cristallisant en prismes rhomboïdaux; elle raye le verre et est rayée par le quartz; sous le rapport de la composition, elle ne diffère guère du type que par la présence de traces de magnésie ; cette substance, peu connue d'ailleurs, se trouve k Sahland, dans le Tellemark (Norvège). Plusieurs auteurs rapportent encore à la wernérite les minéraux connus sous les noms de dipyre, de méionito et de seapolithe. Enfin, on a signalé en diverses localités, notamment k Campo-Longo (Suisse), une espèce minérale, en grains irréguliers, engagée dans une roche feldspathique rouge et qu'on a cru pouvoir rapprocher de la wernérite.

WERiNIIER (Georges), écrivain allemand, qui vivait au xvie siècle. Il fut conseiller du roi de Hongrie et gouverneur du comté do Saros. On lui doit un ouvrage sur les principales eaux minérales de la Hongrie, publié dans les Scriplores rerum hungaricarum (Vienne, 1746), sous le litre de De admirandis Hungarix aquis ifypomnemation,

WEnMlEU (Jean- Balthazar, baron de), jurisconsulte allemand, mort en 1742. Il fut d'abord professeur de droit à l'université do Wittemberg et devint, en 1729, conseiller a la cour impériale de Vienne. On a de lui : Selectx observationes foreuses (Wittemberg, 1710, 2 vol. in-4»; Iéna, 1757,3 vol. in-fol.); Compcndium juris quo Germani hodie oc in>primis Sascones in foro utuntur (Iéna, 172S, in-12). Ces deux ouvrages ont longtemps fait autorité dans la jurisprudence allemande. — Un neveu du précédent , Michel-Godefroi Wernher, né en 1716, mort en 1794 , professa également le droit avec succès à l'université d'Erlangen. U a laissé un ouvrage qui ne manque pas de valeur, Commentationes leclissinne imprimis ad illustrium virorum Bœhmeri, etc., compendia (Francfort, 1764, 2. vol. in-s°).

WBRMGERODE, ville do Prusse, province de Saxe, régence et à 70 kilom. S.-O. do Magdebourg, oh.-l. du cercle de son nom, sur l'Holzemme, au pied du Harz; 6,500 hab. Gymnase; imprimerie, distillerie, papeterie, martinet k cuivre. Outre son hôtel de ville du xve siècle, on y remarque plusieurs vieilles maisons et le château , résidence des comtes de Stolberg-Wernigerode ; cet édifice, entouré de beaux jardins, renferme une bibliothèque de 60,000 volumes, des collections de minéraux et de plantes du Harz.

WERNIKE ou WERNICKB (Chrétien), poëte allemand , né en Prusse dans la seconde moitié du xvae siècle, mort en 1720. Il fut attaché, comme secrétaire, k plusieurs ambassades et, après de nombreux voyages, devint conseiller d'Etat au service du Danemark et résident k la cour de France. On a de lui dos Epigrammes (Amsterdam, 1697 ; 1701, 2» édit. augm.), qui, par la force et la liberté de la pensée et du style, s'élèvent bien au-dessus des productions littéraires de cette époque ; elles n'en demeurèrent pas moins longtemps dans l'oubli . jusqu'au jour où elles attirèrent l'attention de Bodmer, qui en donna une nouvelle édition ( Leipzig , 1780), en y faisant toutefois quelques changements. Dans ces epigrammes, Wernike s'attaquait aux mœurs françaises et aux absurdités de l'école de Lohenstein, ce qui lui attira avec les partisans de ce dernier, notamment avec Postel etHanold, une polémique qui a marqué dans l'histoire littéraire de 1 Allemagne au xviie siècle. Il parut k Hambourg, en 1704, un recueil de ses Poésies, dans lequel se trouve aussi un poème héroïque, Bans Sachs, dirigé contre Postel.

WERNISECKIE s. f. (vèr-ni-sè-kl — de Werniseclc, savant allem.). Bot. Syn. d'HUmiri, genre type des humiriacées.

WEUN1TZ, petite rivière de Bavière. Elle prend sa source dans la partie occidentale du cercle de Franconie-Moyeune,dans le district et au N.-O. de Feuchvwang, coule au S.-E., entre dans le cercle de Souabe-et-Neubourg et se jette dans le Danube, k Donawerth, après un cours de 90 kilom.

WEI1NSDORF (Théophile), théologien et philologue allemand, né k Schcenefeld en

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1668, mort en 1729. Il fit ses études k l'Académie de Wittemberg, y professa avec éclat la théologie et devint, en 1719, surintendant de l'Eglise luthérienne. Ses œuvres se composent d'oraisons funèbres, de harangues académiques et de dissertations. Ces dernières ont été réunies par Ch.-H. Zeibieh, sous le titre de Dispulaiiones Wernsdorfiunm (Wittemberg, 1136-1787, 2 vol.

ln-4<>). Les plus remarquables sont intitulées : De indifferentismo religiomtm; De terminovitx non fatali ; Auyustins conféssionis Iristoria ; Recenliores de coma coulroversix; Summa semis doelrinx de polygarnia , etc. Partisan zélé de l'orthodoxie luthérienne , Wernsdorf combattu vivement ceux, qui s'efforçaient de rétablir l'union entre les diverses sectes réformées et Ht surtout preuve d'une grundo violence de langage dans son ouvrage intitulé : Euldeclcung der arcani regii (Wittemberg, 1703, in-4").

WERNSDORF (Théophile), philologue allemand, fils aîné du précédent, , né kWittemrerg en 1710, mort en 1774 à Dantzig, où il était directeur du gymnase. Nous citerons; parmi ses écrits : De conslitutionum apostolicarum origine (Wittemberg, 1739, in-4"); De Siluerio et Vigilio pontificibus maœimis (Wittemberg, 1739, in-4<>); J)e metempsychosi veterum non figurale sed proprie vitelliyenda (Wittemberg, 174 1, in-4oj ; De regibus crinitis Francorum Mérovingiens stirpis (Wittemberg, 1742, in-4")-, De republica Galatarum (Nuremberg, 1743, in-4o); De fi.de historien librorum Macchab&orum (Breslau, 1747, in-4») ; Fabularis histotia de Baecho ex mosaica haud confecta (Wittemberg, 1753).

Wernsdorf avait, en outre, donné une excellente édition des Poésies As Pliilé et en avait préparé une des Orationes d'Himorius, que son frère, J. -Chrétien, publia en 1790.

WERNSDORF (Ernest-Frédéric) , théologien allemand, frère du précédent, né à Wittemberg en 1718, mort en 1782. Il professa successivement à l'université de sa ville natale la philosophie, les antiquités ecclésiastiques et la théologie. On a de lui : De Htu sternutantibus bene precandi (Leipzig, 1741, in-4°); De Zenobia Palmyrenorum Augusta (Leipzig, 1742, in-4<>); De statua Memnonis vocali (Hambourg, 1745, in-40) ; De fontibus historiée Syris in libris Al ' accUabsorum (Leipzig, 1740, in-4»), ouvrage qui fut vivement critiqué par Frœhlich, auquel le frère aîné de l'auteur répondit par son De fidehistorica librorum Macchabxorum ; Historia laihm lingxm in sacris puùlicis (Leipzig, 1756, in-40); Historia iempli Eierosolymitani a Constantino exstructi (Leipzig, 1770, in-4<>); De originibus solemnium S. Michaelis (Leipzig, 1773, in-40).

WERNSDORF (Jean-Chrétien), philologue allemand, frère des deux précédents, né à Wittemberg en 1723, mort en 1793 à Helmstasdt, où il était depuis 1752 professeur d'éloquence etde poésie. L'œuvre par laquelle sa mémoire s'est perpétuée jusqu'à- nos jours est une édition àusPoets latini minores (Altembourg, 1780-1788, t. 1-V; llelmsttedt, 1791- 1799, t. VI, in-8°), qui est 1a meilleure que l'on possède encore aujourd'hui, car Celle de Lemaire (Paris, 1824-1820, 8 vol.) n'en est, selon le bibliophile Brunet, qu'une reproduction incomplète. On a encore de Wernsdorf: De Hypathia philosopha (Wittemberg , 1747- 1748, 4 part. iu-4o); De vestigiis rhetorices in poetisveteris Latii satyricis (Helmstsedt, 1752, ro-4°); De antiquitatibus Halearieis (1760, in-40) j De regibus et populis dîtloot< (1764, in-40).

WERP (Charles), jésuite et écrivain, né près de Liège vers 1592, mort à Huy en 1606, Il entra chez les jésuites, s'adonna à l'enseignement et à la prédication, puis fut attaché k un hospice. Ou lui doit, entre autres écrits : De raptu mavresano sancti Jynaiii de Loyola (Anvers, 1647), poème épique en 4 livres; Magdatena pœnitens exutans, amans, elegiarwn tribus libris expressa (Leyde, 1667, iù-18), poëme.

WERRA, rivière d'Allemagne. Elle naît dans lu J.ippe-Detmold, arrose la régence prussienne de Minden (Westphalie) et se jettedans le Weser.

WERRO, ville de la Eussie d'Europe, dans le gouvernement de Livonie, à 240 kilom. N.-E. de Riga, sur la petite rivière de son nom ; 3,400 hab. Commerce et navigation.

WERRO, nom d'un canal qui fuit communiquer le lac Pskov avec le golfe de Livonie.

WERSTE s. f. (vèr-ste). V. verstjî.

WERT, ville de Belgique. V. Wjsmidt.

WERT (Jean de), général autrichien. V.

WlîKRI>T.

WERTACH, rivière de Bavière, cercle de Souabe. Elle naît au N.-O. de Fussen, coule au N. et se jette dans le Lech, rive gauche, au-dessous d'Augsbourg; cours, 140 kilom.

WERTHE1M, ville du grand-duché de Bade, port franc, au confluent du Mein et de la Tauber, k 130 kilom. N.-E. de Carlsruhe; 4,400 hab. Douane ; gymnase. Ancien château. Vins renommés. Fabrique de coton, distilleries, tanneries. C'était la capitale de la principauté de LoêWenstein.

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WERTHEIMBER (Palmyre), cantatrice, née à Paris, de parents israélites, vers 1834. Elle entra de bonne heure au Conservatoire et obtint le 1er prjx d'opéra. Engagée sur-lechamp- à l'Opéra-Comique, elle y débuta le 12 avril 1852 dans Galatée, où elle interpréta le rôle de Pygmalion. Ses belles notes graves, son style correct et distingué et son intelligence musicale lui méritèrent de chaleureux applaudissements. A l'Opéra, où elle créa, le 18 octobre 1&$4,Isl Nonne sanglante de Scribe et de Gounod, elle produisit la plus profonda impression. Comme elle parlait plusieurs langues et qu'elle désirait se perfectionner en Italie, elle partit pour Florence au mois de novembre 1855; mais, arrivée à Lyon, elle ne put se dispenser de donner quelques représentations au Grand-Théâtre de cette ville, où elle eut une véritable ovation en se faisant entendre dans le Prophète, dans la Faoorite et dans la Reine de Chypre. Elle passa l'hiver en Italie, suivit les leçons de Romani et, avant son retour à Paris, chanta au théâtre de Gand au commencement de décembre 1856. Elle fit sa rentrée à l'Opéra le mois suivant par le rôle de Fidès du Prophète, où elle fut vivement applaudie. Elle interpréta ensuite Mathildede Guillaume Tell, puis partit pour la Belgique, où elle aborda pour la première fois, sur les scènes d'Anvers et de Liège, le rôle d'Odette de Charles VI.

Revenue le 29 novembre 1859 à l'Opéra- Comique, elle v créa, avec le plus vif succès, Ivonne, de Scribe et dé" Limnander. Elle reprit l'année suivante son rôle de Pygmalion et celui de Faure, Hoel du Parion de Ploërmel, dans lequel elle déploya la puissance de son jeu et de sa belle voix de mezzosoprano. Engagée de nouveau k l'Opéra, elle se montra le 7 octobre 1863 sous les traits d'Azucena du Trouvère, qu'elle joua pendant plus d'un an, et chanta en avril 1864 k la salle Herz, avec beaucoup d'éclat, le brindisi de Lucrezia ûorgia. Elle venait de quitter l'Opéra quand, k la salle Erard, elle créa le rôle de Tobie, écrit pour ténor, dans l'oratorio inédit de ce nom, de Gounod (mai 1866). Depuis lors, elle n'a fait que de trop courtes apparitions au théâtre. » Dans une représentation au bénéfice de Mmo Ugalde, donnée k l'Opéra-Comique vers la fin de décembre 18C8, dit Théophile Gautier, 011 a eu cette rare occasion de voir et d'entendre Mlle Wertheimber, qui ne se montre plus que de loin en loin, comme une étoile intermittente. Elle a joué la scène des tombeaux de lioméo et Juliette, de Vaccaï, qui a été pour elle un véritable triomphe. Sa magnifique voix de contralto, conduite avec un art et un sentiment exquis, son jeu passionné et poétique ont électrisé la salle. Depuis Giuditta Grisi, on n'avait pas eu un Roméo réalisant aussi bien l'idéal de Shakspeare, car Mlle Wertheimber est aussi grande tragédienne que grande cantatrice. ■ Elle s'est fait encore entendre k Bade dans le Trouvère en 1869.

WERTHER (Charles, baron de), diplomate allemand, né à Kœoigsberg en 1809. Il lit une partie de son éducation à Paris, auprès do sou père, qui, de 1824 à 1837, fut ministre plénipotentiaire de la Prusse auprès du gouvernement français. 11 entra ensuite dans la carrière diplomatique , devint successivement secrétaire de légation à La Haye, à Londres et k Paris, puis ministre plénipotentiaire en Suisse, à Athènes, k Saint-Pétersbourg et k Vienne (1859). Il fut dans cette ville l'un des signataires du traité de 1864 et fut rappelé k Berlin lors de la guerre de 1866 entre la Prusse et l'Autriche, reçut par intérim le portefeuille de lu guerre, pendant que M. de Bismarck se rendait, à la suite du roi de Prusse, sur le théâtre des opérations militaires. Il prit paît ensuite k la conclusion du traité de Prague, en qualité de plénipotentiaire de la Prusse. En octobre 1869, il succéda au comte de Goltz, comme ambassadeur de la Prusse et de la confédération de l'Allemagne du Nord près la cour des Tuileries. Rappelé à Uerlin lors de la déclaration de guerre (juillet 1870), il fut remplacé à Paris, après la reprise dos relations diplomatiques entre la France et la Prusse en 1871, par le comte d'Arnim. 11 resta en disponibilité de 1870 au mois de mai 1874, époque où il a été appelé a l'ambassade de Consiantiuople.

Weriber (LES SOUFFRANCES DU JUUKK), roman de Goethe (1774, in-8«). « Cet écrit, comme le dit Gœthe lui-même, manifestait les rêves pénibles d'une jeunesse malade ; c'était l'expression, l'écho d'un sentiment universel. > Lkest l'excuse du livre, où, dans un jeune homme qui se tue par amour, l'auteur n'a pas craint de présenter la destruction de soi-même comme une action légitime et même noble. Werther eut un succès prodigieux et général en Europe, et, comme l'a dit Mme de Staël, ce roman a causé plus de suicides que la plus belle femme du monde. En vojci l'analyse. Un jeune homme, Werther, devient amoureux d'une jeune personne vertueuse, promise k un autre homme. Charlotte est son nom. Il lui inspire un goût trèsvif, qu'elle se cache k elle-même, comme il dissimule de son côté la passion qu'il ressent. Il s'éloigne cependant pour ne pas voir le mariage qui se prépare. Il voyage quelque temps, revient chez les deux époux et

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vit dans la plus grande union avec le mari et la femme; mais insensiblement celle-ci est moins contente do son époux, et celui-ci commence k voir de mauvais œil les visites du jeune Werther. La tristesse et la contrainte régnent entre ces trois personnages. Werther tombe dans cette mélancolie qui est le calmant des grandes douleurs, mais l'aliment dangereux des grandes passions. Il se dégoûte de la vie et finit par se tuer avec un pistolet qu'il a emprunté à son rival, et qui lui a été donné des mains de sa maîtresse. L'intérêt de ce roman en forme de lettres consiste donc dans le développement d'une passion malheureuse. Selon MmB de Staei (De l'Allemagne), on voit dans Werther tout ce que le génie de Goethe pouvait produire quand H était passionné. Ce ne sont pas seulement des souffrances de l'amour, mais des maladies de l'imagination dans notre siècle, qu'il a su faire le tableau; ces pensées qui se pressent dans l'esprit sans qu'on puisse les changer en actes de la volonté; le contraste singulier d'uue vie beaucoup plus monotone que celle des anciens et d'une existence intérieure beaucoup plus agitée,- causent une sorte d'étourdissement semblable k celui qu'on prend sur le bord de l'abîme, et la fatigue même qu'on éprouve après l'avoir longtemps contemplé peut entraîner k s'y précipiter. Goethe a su joindre k cette peinture des inquiétudes de l'âme, si philosophique dans ses résultats, une fiction simple, mais d'un intérêt prodigieux. Pierre Leroux, dans ses Considérations sur Werther, a écrit : « Il y aurait une étude bien curieuse k faire. Il faudrait comparer Werther a Fatist, et montrer le rapport intime qui unit ces deux ouvrages da Gœthe. On obtiendrait ainsi une sorte de type abstrait de la poésie de notre âge. » Ajoutons qu'il existe, pour ainsi dire, des liens de parenté entre Werther de Gœthe, liené de Chateaubriand, Adolphe de Benjamin Constant, Obermann de Sénancourt et Joseph ûelorme de' Sainte-Beuve. On pourrait même trouver des rapports entre le roman de Gœthe et les premiers romans de Mme Georges Sand, tels que Lêliu et Jacques, par exemple. Werther n est pas tout à fait une fiction; Gœthe y a exposé un chapitre de sa propre biographie et lui a donné, au lieu du dénouaient vrai, puisqu'il ne s'est pas lue, un dénoûinent emprunté k la fin tragique d'un jeune homme qui, vers la même époque, se tua par amour. Au printemps de 1772, Gœthe, âgé de vingt-trois ans, poursuivait le cours de ses études littéraires k Wetzlar. Plusieurs fois déjà son cœur s'était ouvert a l'amour, mais il s était débarrassé de ces liens qui, dans la jeunesse, sont aussi faciles à rompre qu'à former. Un soir d'été, en allant k une fêle des environs, il fit une rencontre qui devait avoir une grande influence sur sa vie, celle de Charlotte Buff, fille du bailli de Wetzlar, Lotte, comme il l'appelle familièrement. Kestner, le mari de Lotte, dépeint ainsi cette première entrevue, qu'on peut retrouver tout entière dans les premières pages de Werther : « Le 9 juin 1772, il arriva que Gœthe alla à un bal de campagne, où nous allâmes aussi, ma bien-ainièe et moi. Je ne pus m'y rendre que tard et je fis le trajet k cheval. Ma bien-aimée partit en conséquence avec une autre société. Le docteur Gœthe était dans la voiture, et lit alors la connaissance de Loue, 11 est très-instruit, et la nature, sous le rapport moral et physique k la fois, est sa principale étude ; il s'attache au vrai beau. Aucune femme ici uo lui avait plu; Lotte attira aussitôt son attention. Elle est jeune ; elle a sinon une beauté régulière (je parle ici comme tout le monde, bien que la beauté n'ait pas proprement de règles), du moins une physionomie heureuse et séduisante. Son regard est comme une sereine matinée de printemps; ces jours-lk surtout, car elle aime la danse; elle était joyeuse, sa toilette était sans recherche. 11 remarqua chez elle le sentiment des beautés de la nature et un esprit ouvert, plus d'enjouement que d'esprit. 11 ne savait pas qu'elle n'était plus libre. Je n'arrivai que quelques heures plus tard, et ce n'est pas notre habitude dans [es lieux publics de nous témoigner plus que de l'amitié. Il était ce jour-là d'une joie immodérée (cela lui arrive quelquefois, mais d'autres fois il est mélancolique). Lotte le conquit tout entier, d'autant plus qu'elle ne prit pour cela aucune peine, mais s'abandonna seulement au plaisir. Le lendemain, Gœthe ne put manquer de venir demander des nouvelles de Lotte. 11 avait d'abord connu en elle une joyeuse tille, passionnée pour la danse et pour le plaisir exempt de trouble; il la connut alors par son plus beau côté comme ménagère. • C'est tout k fait le commencement de Verlher. Lotte avait perdu sa mère, et c'est elle qui ta remplaçait auprès de dix enfuuis, dont elle prenait soin avec une bonté admirable. Chose singulière! c'est par ce côté un peu prosaïque de la ménagère qu'elle séduisit le grand poète, dont le caractère et le génie él&ieutprofondémentallemandB.» Après la mort de sa mère, dit-il, se trouvant à la tête d'une nombreuse et jeune famille, elle avait déployé une activité rare. Son époux pouvait attendre d'elle les mêmes soins pour lui et pour ses enfants, et Compter sur Un bonheur domestique achevé. Elle était de ces femmes qui, k défaut de passions violentes, sont faites cour exciter un sentiment général de plaisir. Une taille élancée, des formes élé-

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gantes, une constitution saine, avec l'activité et la gaieté qui en résultent, l'aisance à suffire aux affaires de chaque jour, elle réunissait tout cela. Je me plaisais toujours dans la contemplation de ces qualités, et j'aimais la compagnie de celles qui les possédaient. Lotte, car c'est ainsi que je l'appellerai, n'était pas coquette, et cela pour deux raisons : d'abord elle était de sa nature plus jalouse d'exciter une bienveillance générale que des inclinations particulières, et puis elle s'était destinée k un homme digne d elle. On respir rait autour d'elle l'air le plus doux. Obi oui, si c'est déjà un beau spectacle que celui des soins ininterrompus que les parents prodiguent k leurs entants, ces mêmes soins en,? tre frères et sœurs ont quelque chose dé plus admirable encore: là nous croyons voir l'instinct et la coutume; ici le choix et le libre mouvement. ■ C'était par le cœur , c'était par la poésie de la famille que Gœthe avait été séduit. Cette gracieuse image de Lotte soignant sa jeune famille ne pourra plus sortir de devant ses yeux. La nouvelle (jue cette jeune fille est promise, que son hancé vient la voir tous les jours ne peut le décider k fuir cette maison, vers laquelle le ramène toujours une force irrésistible. A défaut d'amour, c est da l'amitié qu'il demande, et ses journées s'écoulent auprès de celle qu'il ne saurait se passer de voir. « Elle aimait sa société; bientôt il no put vivre loin d'elle, car elle lui embellissait la vie de tous les jours. Les besoins d'un ménage consida,* rable l'appelaient soit dans le pré,soitdans)e verger ou dans le jardin. Ils devinrent bientôt en tous lieux des compagnons inséparables. Le fiancé était de la partie, quand ses affaires le lui permettaient; ils s'étaient tous trois habitués les uns aux autres sans le vouloir, et ils en étaient venus, sans savoir comment, k ne pouvoir vivre séparés. C'est ainsi qu'ils passèrent un bel été, figurant une véritable idylle allemande, k laquelle une terra fertile fournissait la prose, et une tendresse mutuelle la poésie. Se promenant au milieu de champs de blé mûr, ils étaient récréés par lu rosée du matin; le chant de l'alouette et le cri de la caille étaient pour eux des sons ravissants; des heures de chaleur succédaient; des orages éclataient; on se serrait davantage les uns contre tes autres, et les nulle petites contrariétés de famille étaient aisément effacées par un amour constant. Ainsi s'éqoulaient les jours les uns après les autres, et tous paraissaient être des jours de fête; nous aurions pu marquer de rouge tout le calendrier. Ceux-lii me comprendront qui se rappellent ce qui a été prédit de iaini de la Nouvelle Héloïse, si heureux dauS son malheur :-Et assis au pied de sa bien-aimée, il coupera du chanvre, et il désirera couper du chanvre aujourd'hui, demain, après-demain, toute sa vie. • Rien de plus joli et de plus frais que cette idylle, mais chez nous ce ménage k trois n'eût pas été sans exciterquelques railleries; eu Allemagne, il n'eu est pas de même. La confiance de liestner égale la vertu de Charlotte, et le seul doute qui se fasse jour dans cette âmo honnête et loyale, c'est de se demander si Lotte sera aussi heureuse avec lut qu'elle eût pu l'être avec Gœthe, dont il reconnaissait toute la supô-. riorilé. Cette situation ne dura pus moins de quatre mois, durant lesquels Gœthe jouit du bonheur le plus complet. Il sentit lui-niêm^ qu'il devait y renoncer, que s'il n'y avait aucun péril pour Charlotte dans cette intimité de chaque jour, il y en avait un très-grand pour lui ; uussi résolut-il de partir et de suivre le conseil du sage qui dit : ■ Il faut dénouer l'amitié, mais déchirer l'amour. * Un beau matin, il disparut brusquement, sans prendre congé de personne. La veille il avait longuement causé, avec Lotte et son fiancé, de 1 autre vie et des mystères qu'elle cache. Les deux amants avaient été étonnés du mysticisme des paroles de Gœthe et de rabattement qui se voyait sur sou visuge. Le lendemain tout leur fut expliqué, lï avait fallu un courage surhumain à Gœthe pour quitter celte maison, où il avait passé de si douces heures. A ses amis il écrit trois billets pour leur dire les motifs de son départ précipité, et celui qu'il adresse k Charlotte peint bien lesuntjoissesetles toiunieritsdesouâme. «J'espère bien revenir, mais Dieu sait quand 1 Lotte, dans quel état vos paroles ont mis mon cœur! Je peusais vous voir pour la deruière fois. Non, ce n'est pas la dernière fois, et cependant je pars demain. J'avais besoin de dire tout ce que je pensais, j'avais, hélas I à m'occuper d'ici-bas, de votre main quo j'ai baisée pour la dernière fois. La chambre où je ne reviendrai plus t le bon père qui, pour la dernière fois, m'a reconduit I Je sui3 ieul maintenant et je puis pleurer. Je voua laisse heureuse et je ne sors pas de vos cœurs, et je vous reverrai ; mais c'est comme jamais, puisque ce n'est pas demain I Dites aux chers enfants qu'il est parti l Je ne puis en dire davantage. » La blessure était trop profonde pour se cicatriser aussi vite. Loin d'effacer l'image de Lotte, l'absence ne fit que la rendre plus présente k ses yeux. Il lui envoyait mille petits cadeaux, qu'il accompagnait de billets comme le suivant, fidèlement remis par l'honnéte Kestner : ■ Que ne suis-je assis aux. ^>ieds de Lotte, et que les enfants ne folâtrent-ils autour de inoil J'ai plus pensé à Lotte qu'elle n'a pensé k moi durant tout ua trimestre. J'ospèro,avec le temps, me dé bar-

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rasser de ea tourment. » La silhouette de Lotte était suspendue dans s;i chambre comme celle d'une madone; c'est à elle qu'il adressait ses prières, c'est d'elle qu'il rêvait la nuit. Ce bonheur si innocent, si platonique' eut lui-même une fin. Le fiancé de Lotte obtint la place qu'il désirait et le mariage eut lieu. A celte nouvelle le désespoir de Gœthe ne connut plus de bornes. Lotie était perdue pour lui. Il promena partout sa douleur, il s'y plongea avec un amer plaisir, attendant le moment où il pourrait !a raconter dans une œuvre nouvelle et vivante, et confondre ainsi la fiction avec la réalité. Un événement imprévu fit naître cette occasion attendue par le poète. Un attaché d'ambassade, nommé Jérusalem, que Gœthe avait connu dans son séjour à Wetzlar, se tua par désespoir d'amour. Kestner envoya à Gœthe une relation détaillée de ce suicide. Ce fut comme un trait de lumière pour le poète ; Werther, h peiiie ébauché dans sa tête, en jaillit aussitôt. Ce suicide lui suggérait le dénoûment dramatique qu'il cherchait. Gœthe se renferma chez lui pour mettre la main à l'œuvre, et au bout d'un mois le roman était terminé. Les sources auxquelles il s'était inspiré étaient, faciles à reconnaître et personne ne s'y trompa. 11 y avait deux choses dans le roman de Werther, l'amour de Gœthe pour Charlotte et le suicide de Jérusalem, détaillé avec une fidélité scrupuleuse. Le premier exemplaire fut par lui envoyé à Lotte, avec ce billet : ■ O Lotte, combien ce petit livre m'est cher! Tu le sentiras en la lisant, et l'exemplaire m'est précieux comme s'il était unique au monde 1 Je l'ai cent fois baisé; je l'ai enveloppé de manière que personne ne le touche. Je désirerais que chacun de vous le lût séparément et que chacun m'écrivît un petit mot.» Tous deux le lurent en elfet, et, dès les premières pages, ils devinèrent ou plutôt ils reconnurent les personnages que Gœthe avait mis en scène. Aussi le mari de Charlotte s'empressa de lui écrire : « Votre Werther aurait pu me causer un grand plaisir, car il m'a rappelé des scènes intéressantes; mais tel qu'il est, il m'a fort mal édifié. Vous savez que je parle comme je sens. Sans doute vous avez dans chaque personnage mêlé des éléments étrangers ou fondu plusieurs personnages en un seul. Je l'admets volontiers. Mais si dans ce travail vous aviez un peu consulté votre cœur, les êtres réels dont vous avez emprunté les traits n'auraient pas été prostitués de la sorte. Vousavez voulu peindre d'après nature, pour , mettre de la vérité dans les portraits, et vous avez réuni tant «le choses contradictoires que vous avez manqué votre but. L'auteur se récriera contre ce jugement ; mais je suis dans la réalité et dans la vérité quand je le prononce. La vraie Lotte serait désolée de ressembler a celle que vous avez peinte. ■ Malgré cette apparente colère, le bon Kestner n'était pas fâché de Voir sa femme obtenir un honneur que tant d'autres se disputèrent dès que la curiosité du public eut été mise en éveil par le grand succès de Werther. Kestner et Charlotte n'eurent pas de peine U pardonner k Goethe , et s'ils pensèrent parfois qu'il est dangereux d'avoir pour ami un auteur, plus souvent encore ils s'en réjouirent .et leur amour-propre en fut flatté. Il arriva à Gœthe ce qui, eu pareille circonstance, était déjà arrivé à plus d'un poëte: une fois Wertfier terminé, sa passion pour Lotte s'éteignit complètement. Quelque temps encore il entretint avec elle et son mari une correspondance insignifiante, puis il la délaissa complètement, entraîné vers d'autres soins et d'autres amours. Quant à Lotte, elle continua à vivre auprès de son mari, qu'elle rendit le plus heureux des hommes et, de plus, père de quatorze enfants. Peu d'ouvrages ont eu un succès aussi européen que Werther. En 1776, il fut traduit en français; en 1779,en anglais; en 1781, en italien ; en 1783, en suédois; en 178S, en russe, et en 1804, eu espagnol. Ou en publia des commentaires, des parodies. Nicoiaï alla même jusqu'à refaire l'œuvre, afin de marier Werther avec Charlotte. Le théâtre s'empara du sujet. Ce qu'il y a de pire, c'est que la vie réelle s'en empara aussi et que bon nombre de désespérés voulurent imiter le Héros du livre. Lès femmes se crurent toutes des Lotte, les jeunes gens se posèrent en Werther, en capacités méconnues, en génies persécutés par la fortune, en malheureux ne pouvant plus trouver la paix qu'au foud de la tombe. 11 est certain que beaucoup de cerveaux fêlés, pertes par la lecture de Werther, se décidèrent au suicide. Le succès était tel que les éditeurs demandaient à Gœthe une œuvre du même genre, et alors il écrivit ces lignes significatives : « Plaise à.Lieu que je ne me retrouve jamais dans une situation d'esprit où j'aie besoin de composer une pareille œuvre 1 » C'est là tout à la fois nue critique de ton ruhiau, mais aussi une justification. Werther est un personnage oisif; c'est dans l'oisiveté.que ses sentiments sont montés à un diapason outré. 11 éprouve le besoin de jouissances et en même temps il est pris d'un violent dégoût de l'existence par manque d'activité. Il se plonge d'abord dans la contemplation de la nature et dans la lecture de la poésie, il étudie de préférence Homère, Klopstock et Ossian. Il fuit le fait et tout ce qui mené au lait. La passion le tue et il se suicide pendant trois mois. A la lin, il a recours au coup de pistolet. C'est une action euliu,

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mais l'action est stérile et n'a qu'un but, celui d'échapper à la véritable activité.

« J'ai toujours été étonné, dit M. E. Monté-, gut, de la filiation qu'on essayait d'établir entre Werther et les héros de Byron. Ce qui caractérise Werther, c'est l'impuissance d agir, et ce qui caractérise les héros de Byron, c'est précisément l'action poussée jusqu à ses dernières limites. Non-seulement ils se tuent, mais ils tuent autrui, et quelquefois après l'avoir détroussé... Werther est bien un type vrai et vivant. Il n'est pas vrai d'une vérité éternelle, comme les créations de tel autre grand poète, mais il est vrai d'une vérité temporaire et relative. 11 est un type de transition, et il ne cessera d'être vrai que lorsque la transition elle-même aura cessé... Werther est un bourgeois, un enfant des classes moyennes. Avec lui commence dans la littérature une nouvelle série de héros; il est le premier d'une longue liste de personnages nouveaux, dont la littérature ancienne n'avait fait aucune mention. C'est lui qui met réellement lin à la littérature chevaleresque et aristocratique. Avec lui s'éteignent les sentiments du moyen âge; avec lui, une vie nouvelle entre en scène... Comment ce personnage ne serait-il pas intéressant î II est jeune, noble, bien doué, et il lui est défendu de vivre. Les malheurs de Werther ne sont pas imaginaires pour être abstraits. Il y u d'autres .situations intolérables qu'une mauvaise situation matérielle. 11 y a des situations d'âme qui sont plus terribles que la gène pécuniaire, qu'une vie précaire, que les angoisses mêmes de la faim, pïir exemple celleci : être obligé de marcher seul, n'avoir aucun appui dans le passé ni dans le présent; être à la fois le levier et la masse, et se consumer en efforts terribles pour Soulever le poids de la destinée. C'est la situation de Weriher, et n'est-ce pas beaucoup la nôlre à tous?... •

Les meilleures traductions françaises de Werther sont celles de Pierre Leroux (liitiliathèque Charpentier, 1839, in- 18) et de Louis Euault (Hachette, 18S3, in-18).

On fait quelquefois allusion à Werther, à sa mélancolie, à son suicide et à l'espèce ce maladie contagieuse que ce héros de roman suscita en Europe :

iCefutunrude coup pour ce jeunehommo, dont on brisait la vocation au moment où il croyait l'avoir rencontrée; on intervenait brusquement dans sa crise morale au moment où elle allait trouver sa solution intérieure. 11 fut froissé; son âme se révolta; il s'ensuivit une mélancolie aussi profond que le comportait cette nature beaucoup trop vive pour ne pas être légère. C'est ce que j'appelle ta période iverthérienne de Bonstetten. On put craindre par moments qu'il n'attentât à ses jours , et il parait y avoir en effet songé. »

SAIKTli-BliUVE.

« Nous venons de voir l'enfant lutter avec l'ignorance et vaincre la paresse, ce serpent qui s'attache à toute force naissante pour l'étouffer dans son berceau. Nous allons voir maintenant le jeune poeto aux prises avec les choses et les hommes, drame sublime où tant de Werther succombent I travaux d'IJeicule où tant de bras faiblissent) Car il faut deux choses à qui doit vaincre : une massue pour abattre, une truelle pour bâtir : la volonté et le génie I >

Romand.

« Tous ceux qui étaient jeunes alors et condamnés à l'inaction, tous ceux qui, après les petites mœurs du ïviii8 siècle, avaient soif ou do pureté ou de grandeur, avaient reçu une étincelle de Werther; ils avaient pleuré avec lui, comme ils allaient pleurer avec l'amant de Virginie. Werther et Paul n'étaient pas des créations capricieuses de la poésie ; ils représentaient une génération fatiguée de ce qui était, se repliant sur ellemême et y souffrant de 1789 qui n'arrivait pus assez vite. »

J.-J. Wiass.

« Je le déclare avec avertume, avec effroi I le pistolet de Weriher et la hache des bourreaux nous ont déjà décimés. ■

Cu. Nodier,

Werther de Vonimo (i.e), par UgO FûSColo, (1803). La première traduction, publiée par M. de Senoues, en 1814, a paru sous ces divers titres : le Proscrit, Lettres de Jacopo Ortis et le Werther de Venise, qui lui est resté définitivement. Publié à Milan, en 1802, ce livre fut écrit à peu près à l'époque où le truite de Canipo-Formio livrait l'Etat vénitien à l'Autriche. L'auteur, qui avait adopté avec enthousiasme le plan d'une république démocratique, fut pénétré de la plus profonde indignation à la nouvelle de celte convention diplomatique; son ouvrage refléta les sentiments qui l'animaient et il obtint à Milan le plus grand succès. Le fond du "Werther de Venue peut s'exposer en quelques lignes : M. T'" a promis sa fille Thérèse à un certain marquis Edouard, liche gentilhomme, dont Jacopo Ortis, pauvre et exilé, mais

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éperdûment amoureux de Thérèse, se trouve être rival. En présence de cette situation, Jacopo dit à M. T"" : «Non! exilé et pauvre parmi les hommes, j'aimerais mieux m'enscvelir tout vivant que de vous demander votre fille pour épouse ; je suis malheureux, mais sans lâcheté , et jamais mes enfants ne jouiront d'une fortune qui leur viendrait de leur mère. Votre fille est plus riche que moi, et vous l'avez promise : ainsi donc... Adieu. » lia nouvelle de l'hymen de Thérèse avec le marquis Edouard devait être pour Jacopo Ortis sa sentence de mort. Eu effet, sa passion effrénée conduit ce malheureux au suicide : il se poignarde quelque temps après le mariage de celle qu'il adorait.

On voit que cet ouvrage présente une grande analogie avec le Weriher de Gœthe; c'est à peu près la même action, la même marche et le même dénoûment. La situation des deux héros est néanmoins assez différente : l'un vit au milieu du monde et n'a à se plaindre que des distinctions de rang qui sont un obstacle à son bonheur et froissent Sa vanité, tandis que l'autre est témoin des catastrophes politiques qui amènent le renversement des institutions de sa patrie, Il faut dire que le fougueux Foscolo est autrement véhément que le sentimental Gœthe.

Ce livre, qui eut un grand succès lors de son apparition, est aujourd'hui assez oublié.

Wcttier ci Cknrlotto, comédie en un acte, en prose, mêlée d'ariettes , paroles de Lejaure, musique de Kreutzer, représentée aux Iialiens le 1« février 1792. Le roman de Gœ-i ihe n'offre pas assez d'aciion pour être mis sur une scène lyrique ; la description analytique des mouvements de la passion ne saurait convenir au compositeur dramatique. La musique de Kreutzer fut néanmoins appréciée ; on remarqua particulièrement l'invocation à la nature, chantée sur des paroles imitées d'Ossian.

WERT1NGEN, bourg de Bavière, dans le cercle de iSouabe-et-Neubourg , à 43 kilom. N.-O. d'Augsbourg, sur la Suzam; 1,800 hab. Lannes y battit les Autrichiens, le 8 octobre

WERYICQ - SUD , bourg et commune de Fiance (Nord), cant. du Quesnoy-sur-Deule, arrond. et à 20 kilom. N. de Lille, sur la Lys qui le sépare de la ville belge de WerwU-k; pop. aggl. 2,139 hab. — pop. lot,, 3,038 hab. Fabrication de fils retors, blanchisseries de toiles, brasseries, moulins. Des fouilles exécutées sur le territoire de cette commune ont amené la découverte de débris d'anciens monuments et de monnaies romaines. L'église paroissiale est construite, dit-on, sur l'emplacement d'un ancien temple de Mars.

WGRWICK, anciennement Viraviacum , ville de Belgique (Flandre occidentale), sur la rive gauche de la Lys, qui la sépare de la France, à 12 kilom. S.-E. d'Ypres; 5,800 hab. Commerce de labac.

WÉUY (Nicolas-Lambert), musicien belge, né à Huy (province de Liège) en 1789. Il commença, des l'âge de onze ans, ses études musicales, que, cinq ans plus tard, il alla continuer à Liège sous la direction du violoniste Gaillard. Atteint, en 1809, par la conscription, il servit un an dans un régiment en garnison à Metz, obtint ensuite l'autorisation do se faire remplacer, et alla se fixer à Sedan, d'où il venait, chaque année, à Paris se perfectionner en prenant de Caillot des leçons de violon. Nommé, en 1823, premier violon du roi des Pays-Bas, il conserva le même emploi auprès du roi des Belges, après la révolution de 1830, et devint, en outre, professeur de violon au Conservatoire de Bruxelles, où il a tonné un grand nombre de bons élèves, entre autres Singelée, Dubois etCollyns; ce dernier est même devenu, depuis quelques années, professeur du môme instrument au Conservatoire de Bruxelles. Parmi les compositions deWéry, qui ont été publiées soit à Paris, soit à Bruxelles, nous citerons : trois Concertos pour violon et orchestre, une Ouverture à grand orchestre des Polonaises, des Airs variés , et un grand nombre d'études progressives pour violon. Cet artiste a pris sa retraite de professeur en 1860.

WESEL, anciennement Atiso, ville forte des Etats prussiens (province du Rhin) , port franc au confluent de la Lippe et du Rhin, à 39 kiloan. E.-S.-E. de Cleves; 14,000 hab. Gymnase; jardin botanique. Industrie des tissus, tapis, cuirs, chapeaux, gants, savon, produits chimiques, etc.

WESEL (OBEU-), anciennement Vosalia, ville des Etats prussiens (province du Rhin), à 30 kilom. S.-S.-E. de Coblentz , sur le Rhin ; 3,500 hab. Belles églises Notre-Dame et Saint-Martin.

WESEL (Jean Dii), en latin Ycsulin, théologien allemand , regardé comme l'un des (précurseurs de la Reforme, ne à Wesel, au commencement du xv« siècle, mort en 1481. 11 s'appelaitoriginairement Itichrath ou Huchrath, mais ne porta jamais que le nom de sa ville natale, il fit ses études à l'université d'Erfurth, où il devint successivement docteur en théologie en 145G et vice -recteur on 1458. Les ouvrages de Jean ^le Wesel ne nous ont pas été conservés en entier, et ils ne sont aujourd'hui connus pour la plupart que par l'agitation qu'ils provoquèrent à leur

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époque. Tel est, entre autres, son traité De l'indulgence, écrit vers 1450 et dans lequel il attaque à la fois la pratique de «la vente des indulgences et 1 infaillibilité de l'Eglise romaine. D'Erfurth, Jean de Wesel passa à Mayence, en qualité de prédicateur, et \'it comme dans l'université où il avait professe .pendant plus de quinze ans, il continua de propager ses opinions relatives à l'autorité du pape, qu'il rejette, ne reconnaissant que

I Evangile pour unique règle de foi. Dans un autre traité, intitulé De auctoritate, uffîeio et potestate pastorum Ecclesis , Wesel n'élève avec force contre le droit que s'arrogent les prélats d'imposer aux fidèles de nouvelles obligations. « Qui donc, s'écric-t-il, peut prescrire des lois, sauf celui qui crée tout et dispose tout? Serait-ce par hasad te pape qui pourrait disputer ici-bas l'empire à l'esprit de Dieu? Loin de nous ces blasphèmes! Si tues croyant, tu n'as rien à faire avec le pape, tu n'as rien à en attendre ; ce qui a été accordé au pape et aux prélats tu l'as comme eux, s'il s'agit des dons propres au salut. Ojî qui pourrait provenir de lois humaines pour te soutenir dans la voie du salut, Dieu te l'accordera lui-même plus facilement et plus complètement qu'aucun homme sur la terre. • On voit par ces citations que Jean de Wesel peut à bon droit être regardé comme l'un des précurseurs de Luther ; mais, à l'époque où vivait Jean de Wesel, le terrain n'était pas encore assez préparé pour que des opinions aussi hardies pussent y jeter de profondes racines et se propager comme elles le tirent un deini-sièclo plus tard. 11 est même étonnant que le novateur ait pu, pendant près de trente ans, les professer publiquement en toute liberté ; mais il n'en devait pas en être ainsi jusqu'il la fin. En février 1479, Wesel fut cité devant le tribunal de l'inquisition de Mayence; ou lui arracha une rétractation et ou le condamna à une détention perpétuelle dans le couvent des augustius de cete ville.

II y mourut deux ans plus lard. Ses écrits qui nous été conservés se trouvent dans les Àfoimmenta medii «eiu de Walch.

WESENBECK (Mathieu de), jurisconsulte hollandais, né en 1531, mort en 1530. Reçu licencié eu droit à Louvaiu en 1550, il alla perfectionner en France ses connaissances, puis se rendit en Allemagne, où il obtint à l'université d'Ièna une chaire de jurisprudence, qu'il échangea en 1569 contre un poste analogue à Witteniberg. Il reçut plus lard do l'électeur de Saxe le titre de conseiller intime et fut anobli par l'empereur Maximilieu IL Parmi ses ouvrages, dont plusieurs ont longtemps été classique-!, nous citorons : Isaijoge in libros quatuor instila- . tionum jttrîs cioilis ; Comineiititrius in institutiones ; Paratiita juris ave comuieulurius in Pandectas et codicein, réédité en 1059; Papinianus; De jure amphiteutico ; historien uarratio de inquisitione hispanica, etc. La vie do Wesenbeck a été écrite par Kauchbar et . par i\l. de Ferret.

WESKNBIÎCK (Pierre nu), jurisconsulte flamand, parent du précédent, ué à Anvers en 1540, mort à Cobourg en 1603. Il enseigna le droit à léna, k Witlemberg, à Alldorf et fut nommé conseiller aulique du prince de Cobourg et assesseur de la justice provinciale. On lui doit divers ouvrages, entre autr. s des Annotations sur tes PanJecies et un Discours sur tes affaires des Vaudois et des Albigeois,

WESENBEBG, villa de la Russie d'Europe, dans le gouvernement d'Esthonie, chef-lieu da cercle, à 103 kiloin. E. de Revel; 4,700 hab.

WESER , anciennement Visurgis, fleuve d'Allemagne , forme par la réunion de la Werta et de la Fulde, près de Munden, sur la limite du Hanovre et de la Uesse Electorale, entre Gœttingue et Cassel. Il traversa les territoires de Hanovre, de Brunswick, do Prusse et dOldenburg; reçoit la Leine, la Werra , la Wumuie , l'Ane , la Diemel, la Hunte, la Schwalme, ia Hamel, l'Eder et un grand nombre d'autres rivières et se jette dans la mer du Nord au S.-S.-O., près de l'embouchure de l'Elbe, après un cours de 380 kilom. Lo gouvernement de l'empire allemand a fait élever à l'embouchure du Weser quatre grands forts pour en défendre l'entrée.

WESEUCEBIRGE.montagues d'Allemagne, qui s'étendent dans la province de Westphalie, le Schauenbourg-Lippe, la cercle de Schauenbourg et se joignent au Teutoburger-Wald. Cette chaîne est peu élevée, couverte de belles forêts et coupée par le défilé de la Porta- Westphalica, qui s'ouvre au S. de Mindeu et livre passage au Weser.

WESLA s. f. (ouè-sla — mot ar. qui signif. jonction), l'hilul. Signe arabe qui iuuiquu qu'un mot commençant par un elif uanize doit se joindre au mot précédent.

WESLEV (Samuel), poète anglais, né à Prestou en 166Î, mort à Wroote (Lincolnshire) en 1735. Appartenant à une famille dissidente, il se rattacha a l'Eglise anglicane , étudia à Oxford et exerça pendant quelques années le ministère pastoral. Il se Ut remarquer alors par quelques serinons très - hardis contre les tendances de Jacques II au romanisme, sermons prêches devant des courtisans. On lui doit quelques volumes de vers : The life o[ J.-C. (1693) ;

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Maggots or poems on serval subjects (1C85) ; Elégies on gueen Mary and archbischop l'illotson (1605) et tina Paraphrase de l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament. Il fut récompensé par la cure d'Epworth, que lui donn» la reine Marie, puis par les fonctions d'aumônier d'un régiment que lui fit obtenir Marlborough, à cause d'un poëine sur Blenheiui.

WESLEY (John), célèbre sectaire et réformateur anglais, né à Epworth (Lincolnshire) le 17 juin 1703, mort à Londres le 2 mars 1791. Son père était un homme rigide, convaincu, énergique; sa mère, non moins fervente, lui inculqua les premiers principes, d'une piété austère. Celte femme vraiment remarquable , Suzanne Annesley , eut une grande influence sur le développement des facultés de son fils. 11 était le second de dixneuf enfants, dont treize vécurent. L'aîné, Samuel, entra dans les ordres et publia quelques dissertations. Le troisième, Charles, non moins heureusement doué , refusa de suivre en Irlande un gentilhomme qui voulait lui léguer sa fortune, s'attacha a son frère, et sa vie est presque tout entière dans celle que nous allons raconter. John passa successivement pur les écoles de Charterhouse, d'Oxford et de Christ-Ohurch ; il devint fellotv du collège de Lincoln, modérateur des discussions logiques à vingt-trois ans, maître es arts à vingt-quatre. Laborieux, mais peu enclin à subir un joug disciplinaire quelconque , il montra de bonne heure, a ce qu'on raconte, beaucoup dégoût pour le commandement. Son penchant pour la domination ne fit que croître avec les années. Comme il étudiait à Oxford, il fut affligé du relâchement du zèle et'des mœurs dans ce grand séminaire de l'Eglise anglicane et essaya d'y porter remède. Il lisait beaucoup la Bible et menait une vie trèspieuse. 11 s'efforça d'attirer à lut quelques étudiants, auxquels il communiqua ses goûts religieux, espérant par cet exemple produire dans l'université une réforme générale qui sorait profitable à, toute l'Eglise.

Comme on devait s'y attendre, Wesley et ses amis furent en butte aux railleries de leurs condisciples ; on les appela le saint club, on les traita de méthodistes, parce qu'ils distribuaient leur temps avec plus de régularité et qu'ils s'astreignaient à donner un temps régulier à la lecture de la Bible, a la prière et aux exercices de piété. Le nom de méthodistes est d'ailleurs resté définitivement aux wesleyens. Le futur apôtre ne fut point découragé par cette opposition ; elle ne fit, au contraire, qu'exciter son zèle. En 1725, il fut consacré et partit, quelques années après, pour l'Amérique avec un de ses amis d'Oxford, George Whitefield. Pendant deux uns, ils travaillèrent avec succès a la conversion des idolâtres et revinrent ensuite en Angleterre dans l'intention d'y fonder une communauté. Mais auparavant Wesley voulut connaître l'organisation des moraves. Il laissa donc Whitefield à Londres et alla visiter Heruhut, dirigé alors par )e comte de Zinzendorf. Cette communauté répondait aux goûts de "Wesley, aussi retrouverons-nous plus tard , dans la constitution de sa secte, beaucoup de choses empruntées aux moravos.

A son retour à Londres , il retrouva Whitefield, dont l'éloquence chaleureuse, ardente, enthousiaste remuait profondément les masses. Whitefield ne tarda pas à prêcher en plein air, sur le refus des églises où on ne voulait plus l'admettre ; on prétendait qu'il avait, en une seule prédication, rendu fous quinze de ses auditeurs par la véhémence de ses exhortations. "Wesley, plus hésitant, plus attaché U l'Eglise et à ses formes , finit par le suivre; il prêcha dans une prairie, à Bristol, devant 3,000 personnes (20 avril 1739). Moins d'un mois après, on posait la première pierre d'une église méthodiste, la première Wesleyun-chapel. Peu après , ce fut aux alentours de Londres que les deux Wesley et Whitefteld allèrent porter leur éloquence ardente , populaire et originale. C'est dans ces auditoires de 20,000 à 30,000 personnes que se produisirent ces phénomènes physiques qui, en Angleterre, accompagnent les grands réveils religieux. Les grands ébranlements nerveux qui peuvent, dans des foules pareilles, devenir contagieux et prendre des proportions extraordinaires, étaient, aux yeux des uns, des miracles de la grâce; au dire des autres, de simples mômeries. Après le premier élan de ces prédications et de ces conversions, arriva bientôt la période des discussions théologiques. Tandis que certaines doctrines étaient soigneusement bannies des sermons officiels des anglicans, Whitefield et "Wesley ne craignirent pas d'aborder directement ces sujets. La prédestination, l'impuissance radicale de l'homme à opérer son salut sans le secours de la grâce, le péché originel, l'instantanéité de la conversion par le secours du Saint-Esprit, l'inadmissibilité de la grâce faisaient le fond de tous leurs discours. Cependant, les deux chefs ne tardèrent pas a se séparer. G. "Whitefield, dont la jeunesso avait été orageuse et qui-s'était converti soudainement comme saint Augustin, ne lit aucune difficulté d'admettre la prédestination absolue et l'éternité des décrets divins, "Wesley, au contraire, qui n'avait point passé par les

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mêmes épreuves et dont l'existence avait été moins agitée, n'admettait que la prédestination conditionnelle. Ils se séparèrent donc. "Wesley déchira en chaire un écrit de Whitefield en réponse à son écrit sur la libre grâce. Whitefield revint d'Amérique, attaqua Wesley, et le méthodisme se divisa en deux branches. Mais plus tard les deux amis se rapprochèrent et continuèrent à agir de concert. La haine du clergé établi, le fanatisme ameuté par ce clergé dans certaines classes de la population, la jalousie passionnée, les calomnies sans excuse dont Wesley se vit bientôt poursuivi, lui et son oeuvre, exigeraient un récit qui serait aussi étendu que tristement monotone ; les assemblées des méthodistes furent bientôt l'objet des persécutions, des émeutes, des troubles les plus violents. Wesley voulait rester dans lès cadres de l'Eglise. Vain effort; l'élan étant donné, il dut bientôt consacrer comme ministres deux laïques convertis par lui, puis une foule d'autres, qui propagèrent le méthodisme dans les trois royaumes avec une ardeur infatigable. Bientôt, il dut s'occuper de donner toute une organisation aux groupes sans cesse croissants de ses adhérents. C'est ainsi qu'il créa le fameux système des classes. Au début, la classe devait être une société de douze personnes, dont la plus expérimentée devait présider. Chaque semaine, dans une réunion privée, chaque membre de la classe venait confesser ses péchés, rendre compte de l'état de son âme. Il imposa des réunions partielles entre hommes, entre femmes, entre jeunes gens, etc., et tout un plan méticuleux de pratiques qui se ramènent toutes a la lecture de la Bible, a, la confession des péchés et à la prière eu commun comme moyen d'édification. Wesley institua enfin une conférence générale annuelle de tous les prédicateurs, et il en présida pour sa part quarante-sept. Les dernières années de sa vie sont aussi remplies que celles de sa jeunesse. U voyagea continuellement , prononça plus de 50,000 sermons, toujours les mômes, il est vrai, mais la fatigue matérielle subsiste néanmoins. Il avait commis la faute de se marier à quarante-neuf ans avec "Une veuve qui lui causa les plus vifs chagrins par sa jalousie et son humeur; elle le quitta et il se borna à écrire dans son journal : Non dimisi, non reuocabo (Je ne l'ai pas chassée, je ne la rappellerai pas). Wesley n'eut, pour ainsi dire, pas de vieillesse. A quatre-vingt-sept ans, il prêche encore' trois fois par jour, il vient évangéliser les îles normandes. Malgré cette activité qu'on dirait fébrile et qui était aussi calme que puissante, Wesley mourut dans le recueillement et dans la paix, au milieu d'amis qui le vénéraient.

Les écrits de Wesley forment une collection de 32 volumes in-8°. Us ont été publiés à Londres en 1774 et réimprimés un grand nombre de fois , la dernière en 1857. Ce sont essentiellement des sermons, des traités théologiques assez couris, des opuscules de controverse, et les règlements de l'Eglise méthodiste. Ces écrits sont peu originaux, peu intéressants pour le grand public. L'éloquence toute populaire et toute personnelle de Wesley s'y laisse à peine deviner. C'était parsa manière brusque, imprévue, nerveuso, par ses arguments ad hominem, par son ion qui ressemblait à une interpellation directe à chaque auditeur, par l'espèce de sommation impérieuse qui s'échappait de ses lèvres, qu'il fascinait les foules. Les doctrines théologiques étaient pour lui très-secondaires; il y attachait bien moins d'importance qu'à l'onction et à la forme hardie de ses sermons. Ce n'est pas comme théologien, c'est comme agitateur religieux que Wesley est remarquable.

"WESLEY (Charles), méthodiste anglais, frère du précédent, né a Epworth en 1708, mort à Londres en 1788. H lit ses études à Oxford, puis adopta les idées de son frère et le suivit en Amérique, où il l'aida a propager le méthodisme. De retour en Angleterre, il se maria et passa le reste de sa vie à Londres et à Bristol , s'adonnant avec succès à la prédication et composant des hymnes que son frère John publia dans ses écrits. Il eut deux fils qui s'adonnèrent à la musique : le premier, Charles WisstEY, né en 1757, mort en 1815, fut organiste de l'église de Saint- George et devint un musicien à la mode, bien que ses compositions fussent médiocres; le second, Samuel Wesley, né en 1766, mort en 1S37, fut organiste do la chapelle royale. Regardé d'abord comme un petit prodige, il fut loin de tenir tout ce qu'il promettait. II a composé de nombreux morceaux de musique religieuse, des sonates, des duos, etc., et une grand'inesse qu'il adressa à, Pie VI.

WESLEYEN s. m. (ouè-slé-i-ain — de Wesley, foudateur de lu secte). Hist. relig. Nom que l'on donne quelquefois aux méthodistes : Les innombrables sectes qui, des weslkykns aux mormons, pullulent et grouillent sur le sol anglais... (A. Vaequerie.)

WESNA, déesse du printemps chez les Bohèmes, puis le printemps lui-même et, par extension, l'entrée dans la vie.

WESSEL ou WESSELICS (Jean), théologien hollandais, regardé comme l'un des précurseurs de la Réformation, né à.Groningue en U19, mort dans la même ville en 1489. Il

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commença ses études théologiques au sémi- | naire de Saint-Jérôme, à Zwoll, mais ne prit jamais les ordres, bien qu'on ait prétendu le contraire. Il partit ensuite pour Cologne , où il lut attentivement les œuvres de l'abbé Rupert, dont le manuscrit était conservé au couvent de Deutz; profondément versé dans la connaissance du grec et de l'hébreu, il résolut d'étudier les sources originales de la religion chrétienne; mais il se rendit ainsi suspect d'hétérodoxie, et l'université d'Hei- ■ ■delberg, où il s'était rendu pour se livrer à l'enseignement, refusa de l'admettre au nombre de ses professeurs, sous prétexte qu'il n'était ni docteur en théologie ni prêtre. Wessel quitta donc Heidelberget résida plusieurs années à Cologne et à Louvuin, où il s'acquit une grande réputation par tes cours particuliers qu'il fit sur la théologie et ia philosophie. Il possédait un tel talent d'argumentation, que peu de docteurs s'aventuraient à discuter avec lui. Il n'acquit pas moins de renommée par ses ouvrages sur l'Etat et sur l'Eglise et attaqua les abus avec autant de hardiesse que de science. Ce fut a cette époque qu'il reçut le surnom de Lu* mundi. En quittant Louvuin, il vint à Paris, qui était alors le théâtre de violentes discussions entre les réalistes et les nominalistes. Il se mêla activement à ces discussions et changea plusieurs fois d'opinion, ce qui

lui valut le Surnom de Jlngislcr coiilrndiclio-

num. Wessel aurait pu parvenir aux plus hantes dignités ecclésiastiques, car il était devenu, dans sa jeunesse, l'ami de François délia Rovere, général des minorités, qui, ayant été élu piipe en 1471, lui offrit un évêché; mais Wessel refusa et ne lui demanda qu'une Bible grecque ou hébraïque de la bibliothèque du Vatican. Il soutenait que le pape n'était pas infaillible et que les conciles généraux seuls l'étaient. Aussi fatil soupçonné d'hérésie, et, à sa mort, les ' moines de Groningue brûlèrent une grande partie do ses manuscrits. Ses principaux ouvrages ont pour titre : De oratione; De purgatorio et indulgentiis ; De dignilate et potestate ecclesiastica ; Propositiones de potestate paps et Ecclesis. 11 écrivit aussi un grand nombre de notes et d'additions pour les œuvres de l'abbé Rupert, et il avait coutume de donnera cette volumineuse composition le nom de Mare magnum. Une partie de ses écrits parut sous le titre de Farrago reriim theologicarum et fut souvent rééditée, notamment à Wittemberg en 1524, avec une préface de Luther. La première édition complète de. ses Œuvres fut publiée par Jean Lydius (Amsterdam, 1617). A consulter :

TJIlmann, Jean Wessel, précurseur de Luther (Hambourg, 1834); les Réformateurs et la Réformation (Gotha, 1806, t. U, 20 édit.); Bœhring, la Vie de Jean Wessel (Bielefeld, 1846).

WESSELENYI (Nicolas, baron), homme d'Etat hongrois, né à Zsibo, château patrimonial de sa famille, dans la Transylvanie, en 1794, mort en 1850. 11 reçut une éducation excellente et toute libérale, servit quelque temps dans l'armée autrichienne, avec laquelle il fit les dernières campagnes contre Napoléon, revint en 1818 dans sa patrie et s'y mit à la tête de l'opposition contre la loi agraire, qui avait été rendue sans la coopération du Reichstag. Il voyagea de comitat en comitat, acheta partout des terres pour siéger et avoir voix dans les assemblées communales et propagea par ses discours, ainsi que par ses écrits, l'opposition contre le gouvernement autrichien, qui se vit enfin obligé, en 1834, de convoquer la diète de Frauconie, qui ne l'avait pas été depuis fort longtemps. Bans l'intervalle, Wesselenyi avait l'ait, avec le comte Etienne Szechenyi, un voyage de plusieurs années a l'étranger, et, à leur retour en 1825, ils devinrent à la diète les chefs du parti libéral. Szechenyi, plus modéré et porté a féclamer plutôt des réformes sociales que des réformes politiques, se trouva bientôt dépassé par les libéraux, que Wesselenyi resta seul à diriger. 11 chercha surtout à intéresser, au moyen de la presse, le peuple à la lutte entre le gouvernement et la diète, et, le gouvernement ayant défendu la publication des débats de la diète, il publia en Transylvanie un journal lithographie des séances de cette dernière. Il fut aussi l'un des plus ardents protecteurs du journal lithographie publié par Kossuth . d'abord à Presbourg, puis à Peslh, ce qui le fit arrêter avec Kossuth pendant l'été do 1837. Impliqué dans un procès de haute trahison et condamné à quatre uns de détention, il fut rendu à la liberté par l'amnistie de 1S40; mais it avait perdu la vue pendant son emprisonnement, et il dut renoncer à la vie politique active. Bien qu'il se fût retiré à Zsibo, il n'en continua pas moins à entretenir de fréquents rapports avec les membres de l'opposition et, après les événements de 1848, revint a. Pesth, où il siégea à la table des magnats, sans cependant intervenir dans la marche des événements. Sa biographie détaillée se trouve dans l'ouvrage de Gsengery , intitulé : les Orateurs et les hommes d'Etat de la Hongrie (Vienne, 1851, 2 vol.).

WESSELING (Pierre), philologue allemand, né à Steiirfurt en 1692, mort en 1764. Il fit Ses études aux universités de Leydo et de Franeker, devint en 1717 corecteur dti collège de Middelbourg , deux ans plus tard

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professeur d'histoire et d'éloquence à celui de Deventer et, en 1723, fut appelé à una chaire d'éloquence à Franeker, d'où il passa, en 1735, & la chaire de littérature ancienne a Utrecht. Il y devint par la suite professeur de droit naturel (1746) et directeur de la bibliothèque publique. Ce fut l'un des philologues les plus savants et les plus renommés de son époque et il laissa, entre autres ouvrages : De origine pontificiœ dominationis (Franeker, 1724); Observationum variorum libri duo (Amsterdam, 1727; réédité par Frotscher, Leipzig, 1832); Probabitia (Franeker (1731); Diatribe de Judaeorum archssologia (Amsterdam, 1738); Epistola de Aguilx fragmèntis (Amsterdam, 1748); Dissertatio Herodotxa (Utrecht, 1758) ; De origine et progressu religionis chrislianx in veteri Persarum rej)>Tio,etc. On lui doit aussi des éditions, encore fort estimées aujourd'hui, des Vetera Romanorum.

itinerarià (Amsterdam, 1735); de Diodore do Sicile (Amsterdam, 1745, 2 vol.; réédité par L. Bindorf, Leipzig, 1828-1831, 5 vol.) et d'-Hérodote (Amsterdam, 1763), ainsi que dès Leges Attiex de Petitus (Leyde, 1741) et du Ckronicon de Simson (Leyde, 1752).

WESSKLY, ville de l'empire d'Autriche, dans la Moravie, cercle et à ÎO kilom. S.-O. de Hradisch, sur une petite île delà Marcq; 2,600 hab. Château; industrie agricole; élève de bétail.

"WESSELY (Hartwig), écrivain juif, né à Copenhague en 1723, mort en 1805. Issu d'une famille juive, il reçut une éducation très-forte et montra une intelligence tellement précoce que, dès l'âge de treize ans, il composa en hébreu un ouvrage intitulé Gan- Nooul (le Jardin fermé). Attiré par la réptrtation de l'israélite Mendelssohn, il se rendit auprès de lui à Berlin, devint son ami intimo et adopta ses idées philosophiques. It s'adonna à la grammaire, à la poésie, h, la théologie. Rigide observateur de la loi mosaïque, il s'attacha à l'orthodoxie pure et écrivit tous ses ouvrages en hébreu, dans un stylo élégant et pur dont les juifs du Nord semblaient avoir perdu la tradition. Wessely épousa une juive de Hollande, dont il eut plusieurs enfants. En 1804, il alla vivre b. Hambourg auprès d'une de ses filles, fut reçu rabbin des juifs portugais et mourut peu après. Outre des poésies lyriques pleines d'élévation et de feu, dont quelques-unes ont été publiées dans le recueil intitulé JJamasseph (le Collecteur), des élégies sur la mort de Mendelssohn et de Léopold de Brunswick, on lui doit un poBme, Chir kuliphereth (Chant de la majesté), sur la vocation de Moïse, son ouvrage capital , qui comprend dix-huit chants. Les quinze premiers ont paru à Berlin en 1789 et les trois derniers à Prague en 1829, Les premiers chants surtout renferment des beautés du premier ordre. Parmi ses autres ouvrages, nous citerons des traités de morale : Yain Libanon (Vin de Libanon) ; Sepher hanephesch (le Livre de l'âme); Sepker hamidoz (le Livre des mœurs); un Commentaire sur le Lévitigue, des Lettres, etc.

WESSENBERG - AMPRINGEN (Jean - Philippe, baron os), homme d'Etat allemand, né en 1773, mort en 1858. Après avoir fait ses études à Fribourg et à Strasbourg, U entra dans le corps diplomatique autrichien, fut chargé de différentes missions pendant les guerres incessantes du commencement de ce siècle et fut envoyé en 1813 à Londres pour y conclure un traité d'alliance entre l'Autriche et l'Angleterre; mais il fut arrêté à Hambourg par la police française et demeura quelque temps prisonnier. 11 prit plus tard une part active à la conclusion du premier et du second traité de Paris, ainsi qu'aux débats du congrès de Vienne, devint ensuite premier ambassadeur de l'Autriche près I» diète germanique et contribua à la solution des questions de territoire. Mais, comme le système de Metternich était loin d'avoir ses sympathies, il rentra bientôt après dans la vie privée, d'où on le tira après- la révolution de juillet 1830, pour l'envoyer, comme ambassadeur, k La Haye. Il prit part, en cette qualité, aux conférences qui eurent lieu à Londres relativement à la question hollando-belge, mais fut rappelé dès l'année suivante, probablement parce qu'il s'était montré trop favorable à la Belgique. Il se retira alors à Fribourg et y vécut au sein do sa famille. Malgré son âge avancé, il accepta, en juin 1S43, après la retraite de Ficquelmont, la présidence du cabinet consti'"tionnel autrichien, dans lequel il eut, en outre, le portefeuille des affaires étrangères; mais, bien qu'il fût animé des meilleures intentions, il ii'était pas ù la hauteur des événements politiques. Après la révolution d'octobre 1848, il suivit l'empereur et, le mois suivant, dut se retirer pour faire place au cabinet Schwarzenberg-Stadion. Il ne prit plus, dès lors, aucune part aux affaires et eut la douleur de survivre à sa femme et à ses trois enfants.

WBSSENOERG (Ignace-Henri-Charles, baron dk), prélat et patriote allemand, frère du précédent, né à Dresde en 1774 , mort en 1860. Il fit ses études à l'université deDillingen, où Sailer exerça sur lui une grande in- Suence, puis à Wurtzbourg et à Vienne. Il était doyen de la cathédrale de Constance, lorsque Charles-Théodore de Dalberg le nomma, en îsoi, vicaire général de ce die-

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cèse, qui comprenait aussi une grande partie de la Suisse occidentale et de la Suisse centrale. A peine investi de ces importantes fonctions, il s'efforça d'améliorer l'instruction des prêtres, d'assurer dans la liturgie Ja prépondérance à la langue allemande, d'introduire les chants d'église allemands, de rendre plus fructueux les travaux des pasteurs et de détruire, de concert avec les autorités du canton de Lucerne, te nombre surabondant des couvents. Il fonda aussi deux grands séminaires et une maison d'asile pour les pauvres. Depuis longtemps suspect au nonce du pape à Lucerne , qui était le chef du parti ultramontain en Suisse, il ne put obtenir, en 1814, la confirmation de sa nomination au poste de coadjuteur de l'évêque de Constance, auquel il venait d'être appelé par Dalberg. Après la mort de ce dernier, le chapitre de Constance le nomma administrateur du diocèse; mais un bref du pape, en date du 15 mars 1817, cassa également cette élection. Wissenberg se rendit k Rome pour se justifier, mais il ne réussit pas k atteindre le but principal de son voyage. Le cardinal Consalvi ne lui lit que des reproches et finit par exiger qu'il se démit formellement de ses fonctions. Wessenberg conserva vis-àvis de la cour de Rome une attitude des plus fermes, sans cependant s'écarter de la légalité, et fut soutenu par le grand-duc de Bade, qui déclara que ce débat était une question religieuse intéressant toute l'Allemagne, et qui adressa à la diète germanique un mémoire intitulé : Sur les récentes persécutions de la cour de Rome contre l'administrateur diocésain de Wessenberg, et auquel étaient jointes toutes les pièces officielles à l'appui. Wessenberg continua donc à administrer le diocèse jusqu'en 1827, époque où, par suite du concordat avec le pape, l'évêohé de Constance fut supprimé. Privé de ses fonctions, le prélat vécut dès lors à Bade en simple particulier, s occupant de sciences, de beaux- »rts et de bonnes œuvres. De 1819 k 1833, il lit partie de la première chambre badoise, dans laquelle il défendit avec beaucoup de ■succès tes opinions du parti libéral. Parmi ses nombreux écrits, dont plusieurs ont paru anonymes, il faut citer: V Education élémentaire du peuple (Zurich, 1814; 1835, 2" édit.); les Tableaux chrétiens (Constance, 1826- 1838, 2 vol.; Saint-Gatl, 1835, 2<s édit.)-, Considérations sur les faits les plus importants dans la marche progressive de la civilisation humaine (Constance, 1840, 4 vol.) ; Poésies complètes (Stuttgard, 1834-1844, 6 vol.); Dieu et le monde ou les liapports de toutes tes choses entre elles et avec'Uieu (Heidelberg, 1857, 2 vol.), etc.

WESSEX (royaume Dii), un des anciens royaumes de l'heptarchie anglo-saxonne, en Angleterre, fondé en 516 par Cerdic. Il avait pour capitale Winchester et comprenait k

fieu près le territoire qui forme de nos jours es comtés de Berks, Wilts, Hamp et Dorset. Il s'annexa peu k peu les six autres Etats de l'heptarchie, et son dernier roi, Egbert, prit le titre da roi d'Angleterre.

WEST (Gilbert), littérateur anglais, né k Oxford en 1705, mort en 1756. Il étudia d'abord la théologie, dans l'intention d'entrer dans les ordres, suivit ensuite la carrière militaire, de laquelle il se dégoûta bientôt, et finit par obtenir un emploi dans les bureaux du secrétaire d'Etat Townshend, qui le Domina en 1729 sous -secrétaire du conseil privé. Mais cet emploi semble n'avoir été que purement honoraire pendant un grand nombre d'années, car, jusqu'en 1752, West vécut à Wickham, dans le comté de Kent, ne s'occupant que de travaux littéraires. Il fut nommé k cette époque secrétaire du conseil privé et, quelque temps après, devint trésorier de l'hôpital de Chelsea. On a de lui : l'Institution de la Jarretière, poème dramatique (Londres, 1742,in-4°); Observations sur l'histoire et les preuves de la résurrection de Jésus-Christ (Londres, 1730, iii-8»), souvent réimprimé et traduit en français par l'abbé Cuéuée (Paris, 1757, in-12); Odes de, Pindare , avec diverses autres pièces en prose et en vers, traduites du grec (1749, in-40), l'une des traductions de ce poète les plus estimées à cette époque ; elle n'a cependant qu'une faible valeur et n'est guère remarquable que par l'élégance de la versilication.

WEST (Thomas), écrivain anglais, né en 1706, mort en 1769. Etevé sur le continent dans la religion catholique, il outra dans l'ordre des jésuites , professa les sciences physiques dans différents collèges et, après la suppression de l'ordre, exeiça les fonctions du ministère sacré. Passionné pour les voyages, il visita une partie de l'Europe, et s'ètant, vers la fin de sa vie, établi dans le Westmoreland , il y servait de guide aux étrangers qui venaient visiter les sites pittoresques et les lacs de cette province. On a de lui : Guide aux lacs, ouvrage très-estimé, où il a réuni tout ce qui avait été écrit avant lui et tout ce que son expérience lui avait appris sur cette matière; Antiquités de Furness ou Description de l'abbaye royale de Sainte-Marie, dans là vallée de Nightshade, près de Ballon, en Furness (Londres, 1774, in-4°).

WEST (Benjamin), célèbre peintre américain, né à Springfield (Peusylvanie) le 10 octobre 1738, mort à Londres le 1 1 mars 1820.

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Il appartenait à une famille de quakers qui avait quitté l'Angleterre à la suite de William Penn. Dès l'âge de six ans, il faisait des portraits, dessinait des fleurs et des animaux sans avoir vu ni tableau ni gravure. Amené à Philadelphie par un de ses parents, il y travailla dans l'atelier d'un peintre obscur, tout en suivant les cours du collège de cette ville. Il y4Commença sa réputation comme peintre par une Suzanne devant ses juges qui paraît inspirée des tableaux de Muriflo. Ce fut alors que deux négociants de Philadelphie, qui l'avaient pris en affection, se cotisèrent pour l'envoyer en Italie. Il arriva à Rome en 1760 et fut immédiatement présente par lord Grantham au cardinal d'Albani, qui le prit sous sa protection. Après avoir étudié quelque temps sous la direction de Mengs et de Battoni, il parcourut les principales villes d'Italie, Venise, Bologne, Florence, Livourne, Parme, et revint ensuite à Rome, où deux tableaux, Cimon et Iphigénie, Angélique et Médor, mirent le sceau k sa réputation.

Il se rendit à Londres en 1763; Hogarth venait de mourir et Reynolds de renoncer au genre historique ; West arrivait donc dans un moment favorable. Il exposa plusieurs tableaux et quelques bons portraits, entre autres celui du général Monckton, qui lui valurent les éloges de Burke et de Johnson. Presque immédiatement, il exécuta sur commande les Adieux d'Hector et d'Andromaque pour le docteur Newton et le Retour de l'enfant prodigue pour l'évêque de Worcester. Lord Buekiugham lui proposa même de décorer moyennant une pension annuelle de 700 livres sterling son château situé dans le Yorkshire ; mais West refusa de se charger de ce travail, qui l'eût empêché de travailler sérieusement pour lui. Il se fixa définitivement à Londres et s'y maria, en 1765, avec une jeune fille qu'il avait connue en Amérique et qui vint le retrouver en Angleterre. Bientôt patronné par l'archevêque d'York, il exécuta pour ce prélat Agrippmé rapportant les cendres de Germanicus, puis Réyulus quittant Rome pour retourner à Carthage, pour George III, qui lui avait donné lui-même ce sujet et qui conserva au peintre ses bonnes grâces durant le reste de sa vie.

Vers cette époque, West fonda avec Reynolds l'Académie royale de peinture, placée sous la protection directe du roi, ei qui devait remplacer la Société des artistes réunis, alors en voie de dissolution. Ce fut à cette époque que, fort de la protection du roi et de la faveur du public, West teuta une révolution artistique, en substituant aux éternels Grecs et aux éternels Romains de l'école le costume moderne, et peignit la Mort du général Wolfe (1766). L'effet de cette toije fut immense et acheva de porter k son comble la réputation de l'artiste. « De 1769 k 1801, dit M. Viardot, il entreprit par les ordres du roi une double série de grandes compositions, l'une historique, dans laquelle il retraça, pour le château de Windsor , les glorieux événements du régne d'Edouard III ; l'autre toute religieuse, dans laquelle il peignit certains sujets de la Bible. Reproduire sur la toile les sujets de l'Ecriture sainte était une innovation considérable dans les mœurs religieuses de l'Angleterre ; aussi fallut-il que le projet et même les cartons de West eussent été préalablement approuvés par les hauts dignitaires de l'Eglise anglicane. Des trente-cinq tableaux que West avait esquissés pour exécuter cette grande œuvre, il n'en exécuta que vingHiuit, pour lesquels il reçut 21,705 livres sterling. Lorsque la folie du roi tit passer le gouvernement entre les mains du prince de Galles, West se vit brusquement intimer l'ordre de suspendre ce travail, auquel il avait consacré près de trente années de sa vie. ■ Depuis 1792, West était président de l'Académie royale. Lors de la paix d'Amiens, il vint k Paris visiter le Louvre, où se trouvaient alors rassemblés les chefs-d'œuvre, produits du pillage des musées des grandes villes où les armées de Napoléon avaient passé. Il se démit plus tard de ses fonctions de président de l'Académie royale et fut remplacé par Wyatt; mais, en 1803, il fut réélu k la presque unanimité des voix. H recommença ensuite ses vastes compositions; la première fut un Christ guérissant tes malades, qui obtint un grand succès k Philadelphie, où il fut exposé. Il peignit ensuite, eu 1817, la Mort sur un cheval pâle, sur un sujet tiré de X Apocalypse, qui est considéré comme un de ses principaux tableaux. Nous citerons, outre les toiles déjk mentionnées : la Bataille de la Bogue, la Mort de Nelson, Cromwell renvoyant le Parlement, [intérieur de la famille de West, la Bataille de la lioyne ; la plupart de ces œuvres ont été gravées.

WEST (Jane), romancière anglaise, née k Londres en 1758, morte en 1852. On a d'elle un grand nombre d'ouvrages, qui ont joui pendant longtemps d'une grande vogue en Angleterre. Nous citerons les suivants : Poésies mêlées (1780); Edmond, tragédie (1701); Mélanges, poèmes et tragédies (1791); Histoire du temps (1799, 3 vol.); Poèmes et comédies (1799-1805, 4 vol.); les Avantages de l'éducation (1800, î vol.) ; Lettres adressées à un jeune homme à son entrée dans le mondt (1801, 3 vol.); Lettres à une jeune dame sur les devoirs et le caractère des femmes (1806, 8 vol.) ; le Pire infidèle (1802, 3 vol.) ; le Re-

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fus (1810, 3 vol.); les Royalistes, nouvelle historique (1812, 3 vol.).

WEST (William), écrivain anglais, né à Waddon en 1770, mort en 1854. Il fut, pendant la plus grande partie de sa vie, libraire à Cork et s'établit ensuite k Londres, où il devint, en 1839, éditeur du Magasin de biographie, de bibliographie et de critique d'Aldine. On a de lui ; Description pittoresque de Cork et de ses environs; Réminiscences ou Souvenirs d'un vieux libraire (1830); Histoire et topographie du Warwickshire ; Vues, peintures et descriptions des cités, ailles, châteaux et autres points de vue intéressants du Slraffordshire et du Shropshire, etc.

WESTALL (Richard), dessinateur, aquarelliste et graveur anglais, né à Hertford en 1765, mort à Londres le 4 décembre 1836. D'une famille obscure, il entra à quatorze ans comme apprenti dans la maison d'un graveur en métaux. Son intelligence fut remarquée par Alefounder, un peintre aujourd'hui oublié, qui l'engagea à faire de la peinture. A cette même époque, le hasard lui fit rencontrer Thomas Lawrence, qui débutait aussi dans cette carrière qui a été pour lui si glorieuse. Ils devinrent amis , associèrent leurs espérances premières et leurs premiers efforts. Westall se fit remarquer d'abord par quelques aquarelles d'après nature d'un grand effet; puis et k la suite des encouragements de quelques riches amateurs, il exposa successivement : le Sanglier qui tua Adonis apporté à Vénus, Sapho chantant chez les Ombres un hymne à l'Amour, Jubal, la Première voix de la lyre, la Fête nuptiale, Y Orage pendant la moisson, etc., pages superbes, que l'on peut comparer aux plus belles choses de Bonningtoh, et comme chaleur de ton, et comme richesse d'harmonie. Le succès de ces aquarelles fut immense.

poivré par ce triomphe, le fameux aquarelliste voulut essayer de la peinture. Il prit une toile énorme, d'énormes pinceaux et se mit k barbouiller une composition énorme. Le résultat fut une énormité. Westall eut conscience de sa faiblesse dans ce genre, et il y renonça. C'est alors qu'il illustra de dessins charmants une splendide édition de Milton et qu'il envoya à Boydell, le célèbre éditeur de Shaksptjare, quelques compositions non moins intéressantes. Ce dernier travail amena un nouveau succès tout aussi brillant que les précédents. Les éditeurs affluèrent. L'activité de Westall suffit k toutes leurs commandes Sa fortune devint alors considérable. C'était vers 1799; l'Académie royale venait de lui ouvrir ses portes; on ne parlait que de ses illustrations des Poèmes de Crabbe et des Amours des anges de Moore. Au milieu de ses succès, Westall eut la malheureuse idée de se lancer dans la spéculation, et un beau matin il se réveilla ruiné. Le coup fut rude et faillit emporter la tête du peintre. Mais ses amis lui rendirent quelque courage eu lui procurant les fonctions excellentes de professeur de dessin de la jeune princesse Victoria, depuis reine d'Angleterre. Ces consolations, toutefois, furent impuissantes , et l'intelligence de l'artiste avait été gravement atteinte par les revers financiers qui l'avaient ruiné.

WESTALL (Guillaume), aquarelliste anglais, frère du précédent, né à Hertford en 1781, mort à Londres eu 1850. Westall est moins un peintre qu'un voyageur intrépide. C'est de quinze k vingt ans que Guillaume Westall s'occupa sérieusement de peinture dans l'atelier de son frère. Il suivait en même temps les cours de l'Académie royale, où ses aquarelles et ses dessins avaient un certain succès. Vers 1798, le capitaine Fliuders, un navigateur connu, vint chercher k Londres' un dessinateur qui consentit à faire avec lui un voyage de découverte dans les mers du sud. West, directeur de l'Académie, eut alors l'idée de présenter le jeune Westall. Ce dernier accepta et partit en 1800. Il y avait plus de deux ans qu'il courait toutes sortes de périls avec le brave Flinders quand, sur les côtes d'Australie, un récif de corail éventra ' le navire, qui se perdit complètement. Wes- ] tall eut la vie sauve cependant, et, après mille ennuis, il s'embarqua pour la Chine. De là, il parcourut l'Inde tout entière, chassant, dessinant, tuant les sauvages, hommes et bètes. Mais cet art k coups de fusil devait laisser k désirer peut-être au point do vue de, l'esthétique, et en 1808, quand Westall exposa ses aquarelles, il ne se fût probablement pas enrichi, si le hasard n'eût ramené k Londres en 1809 Fliuders, le capitaine naufragé-, qu'il croyait mort depuis longtemps. Fliuders, non moins surpris sans doute, associa de grand cœur son ancien compagnon k la publication de son voyage; il lui coijjia même la direction de la partie illustrée. Ce travail considérable, entrepris dans des conditions excellentes, mit en relief le talent de Westall. Ces mêmes dessins et aquarelles, qui étaient passés inaperçus isolément, furent remarqués dans l'ensemble de cette intéressante relation. Mais sa vogue s'amoindrissait au fur et à mesure que disparaissait l'actualité de l'ouvrage. Westall se mit alors k faire des illustrations dans tous les genres au gré des éditeurs et selon la nature des livres nouveaux qu'on lui coudait. Ces illustrations eurent un certain succès. 11 y faut remarquer quelques vues da ruines , couvents, châteaux, etc., qui ne manquent Bas

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d'un certain aspect et dont l'effet est asses réussi.

WESTBURY, ville d'Angleterre, rfans la comté de Wilts, k 35 kilom. N.-O. de Salisbury ; 8,000 hab. Fabrication autrefois trèsimportante de draps et tissus de laine; commerce de drèche. C'est une ville très-ancienne ?ui possède une belle église paroissiale, renarmant plusieurs sépultures monumentales.

WEST-CAPPEL, ville du royaume de Hollande, province deZélande, k 15 kilom. N.-O, de Middelbourg, dans l'Ile de Walcheren ; 2,000 hab. Elle est protégée contre les envahissements de la mer par des digues remarquablement construites.

WEST-CHESTER, ville des Etats-Unis d'Amérique , dans l'État de Pensytvanie , & 39 kilom. O. de Philadelphie; 6,000 hab. Ella est remarquable par la beauté de sa situation, par ses constructions et ses écoles; on y admire surtout le palais de justice, édifice de style grec, et la banque, monument en marbre.

WEST-CHESTER, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-York, k 19 kilom. N.-E. de New- York, sur l'East-River ; 5,500 hab.

WESTENRIEDER (Laurent de), historien allemand, né it Munich en 1748, mort eu 1829. Il fit ses études dans sa ville natale et entra dans l'ordre des jésuites, uprès la suppression duquel il devint, en 1773, professeur de poésie k Landshut. Appelé, l'année suivante, à une chaire de rhétorique à Munich, il y fut nommé, en 1776, censeur de la presse, puis successivement membre de l'Académie des sciences (1778), conseiller ecclésiastique (1786) et chanoine de la cathédrale (1800). Outre un grand nombre d'ouvrages élémentaires qu'il écrivit par l'ordre du gouvernement bavarois, on a de lui : Marc-Aurèle, drame héroïque; Matériaux bavarois pour la belle et utile littérature (Munich, 1779-1781), ouvrage continué sous ce titre : Chronique de l'histoire de l'homme en Bavière (Munich, 1783, 2 vol.); Histoire du bon jeune homme Engelhof (Munich, 1782, 2 vol.); Calendrier historique de la Bavière (Munich, 1787 et années suiv., 21 vol., avec grav. sur cuivre); Matériaux pour l'histoire, la qéographie, la statistique et l'agronomie nationales (Munich, 17S8 et années suiv., 12 vol.); Discours et dissertations académiques (Munich, 1779); Histoire de l'Académie des sciences de Bavière (Munich, 1779-1800, 2 vol.); Cent singularités ou le Nouveau Munich en l'an 1S50 (Munich, 1824); le Nouveau Munich et la Bavière en l'an 1S50 (Munich, 182S). Après sa mort parut un recueil de ses Œuvres complètes (Kempten, 1831-1838, 10 vol. in-40 ; 1831-1837, 29 vol. in-16). En 1854, on lui a érigé à Munich une statue, œuvre du sculpteur Widnmann. Gandershofer a publié des Souvenirs sur Laurent de Westenneder (Munich, 1830).

WESTERAS, préfecture de Suède. V. V.ES-

TBRAS.

WESTERBAAN (Jacques), poète hollandais, qui vivait au xvue siècle. Il appartenait à l'une des plus nobles familles de son pays, et, partisan des doctrines d'Episcopius, il était lié avec Barneveldt et Grolius, ajnsi qu'avec les membres du clergé remontrant. On a de lui : Oclcenburg, poëme consacré à la description d'une de ses maisons de campagne qui portait ce nom (La Haye, 1654, in-4°) ; les Psaumes , traduits eu vers hollandais (La Haye, 1654, in-8»); Poésies (La Haye, 1672, iii-S"), recueil qui renferme des poésies erotiques charmantes, des épigrammes et des satires, dont une, intitulée le Triomphe de la foi de Vondel, est dirigée contre les Mystères des autels de ce théologien.

WESTERGAARD (Niels-Louis), orientaliste danois, né k Copenhague en 1815. 11 fit ses premières études k l'université de sa ville natale et alla, en 1838, suivre k l'université de Bonn des cours de sanscrit,' qu'il continua, l'année suivante, k Paris, à Londres et k Oxford. En 1841, il fat envoyé dans l'Inde aux frais du roi et de l'université, et, après s'y être perfectionné dans la connaissance du sanscrit et y avoir appris l'iudoustani, il revint en 1844 dans sa pairie, en passant par les provinces orientales de la Russie. Nommé, en 1845, professeur de langues orientales k l'université de Copenhague, il fut élu, trois uns plus tard, député k l'assemblée constituante danoise, où il remplit les fonctions de secrétaire. Parmi les ouvrages de ce savant orientaliste, on cite en première ligne les Radiées sanscrits (Bonn, 1841) et une édition critique du Zend-Avesla (Copenhague, 1852- 1853), au texte duquel il a joint une traduction anglaise, une grammaire»et un dictionnaire. On a encore de M. Westergaard :

Formulaire sanscrit (1845); Lecture du sanscrit (1846) ; Catalogue des manuscrits en langue sanscrite de la bibliothèque royale de Copenhague (lS4'6).

WESTER-COTHLANDouWESTUOGOTHIB, contrée do ia Suède. V. Gothie.

WESTERLOO, bourg de Belgique, province d'Anvers, arrond. et à 32 kilom. S. de Turahout, sur la Grande-Nèthe, chef-lieu de canton; 2,500 hab. Industrie agricole; distilleries de genièvra.

WESTERLY, bourg des Etats-Unis d'Ame-

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rîque, dans l'Etat de Rhode-ïsland, à 21 kilom. O. de Charleston, sur la rivière Pawca tack; 3,000 hab. Fabrication de lainages et d'étoffes de coton.

WESTERMANN {François-Joseph), célèbre général français, né h Molsheira (Alsace) en 1751, décapité en 1794. Il servit d'abord dans un régiment de cavalerie, qu'il quitta, en 1773, avec le grade de. sous-officier, se lit remarquer, au commencement de la Révolution, par l'exaltation de ses sentiments patriotiques, devint greffier de la municipalité d'Haguenau, fut incarcéré comme coupable d'avoir excité quelques émeutes, puis, rendu k la liberté, il vînt à Paris, où il se lia avec les révolutionnaires les plus ardents. A la journée du 10 août 1*92, il se mit à la tête d'une colonne de Marseillais et de Brestois, qu'il conduisit au feu avec une très-grande bravoure. Nommé aussitôt adjudant général pur le conseil exécutif, il reçut de Danton la mission secrète de se rendre auprès de Dumouriez, avec des instructions concernant les négociations entamées avec le duc de Brunswick. Dumouriez le mit à la tête d'une légion de volontaires parisiens, toujours placée k l'avant-gnrde, et qui, sous un te) chef, devint fameuse par ses exploits. Après la défection de son général en chef, Westermnnn, soupçonné d'être un de ses partisans, subit une courte détention et fut envoyé avec sa légion dans la Vendée. Le bouillant courage qu'il montra dans cette guerre, le caractère implacable qu'il y déploya le rendirent la terreur des chefs royalistes. Le 20 juin 1793, avec 1,200 hommes, il prit d'assaut Partbenay, que défendait Lescure avec 8,000 royalistes. Deux jours après, s'étant porté sur Clisson, il réduisit en cendres lu château de ce chef vendéen. Il s'empara aussi de Châtillon sur La Rochejacqueiein, dont il livra également le château aux flammes. Châtillon fut pris et repris. La dernière fois qu'il y entra, Westermann fit un affreux carnage des royalistes, et, ne pouvant tenir la ville, il ne l'abandonna qu après y avoir mis le feu. A la bataille du Mans, si désastreuse pour les Vendéens, il fut couvert de blessures et. eut trois chevaux tués sous lui. Il eut part ensuite, avec Kléber, à la victoire de Savenay. "Westermann aspirait au commandement en chef. Il dénigrait Rossignol et Ronsin (v. ces noms), qui avaient obtenu un avancement plus rapide. Lié avec Danton et ses amis, il s'appuyait sur eux pour parvenir k son but, et, en effet, ceux-ci le prônèrent partout. Philippeaux, en mission dans la Vendée, le proclamait le seul général capable de terminer la guerre ; Camille Dosmoulins tenait le même langage dans le Vieux cordelier. On accusait le comité de Salut public de vouloir éterniser les troubles en refusant le suprême commandement k Westermann. Les jacobins, dirigés par Robespierre, défendaient le gouvernement, attaquaient à leur tour les dantonistes avec beaucoup de vigueur. 'Westermann apparut inopinément à Paris au plus fort de la querelle. On le considéra comme le bras dont Danton et ses amis devaient se servir pour renverser Robespierre, et il fut arrêté avec eux. Lorsqu'il s'entendit accuser de conspiration devant le tribunal révolutionnaire, il s'écria : « Moi, conspirateur 1 Je demande à me dépouiller nu devant le peuple. J'ai reçu sept blessures par devant; elles sont encore saignantes. Attendez, du moins, malheureux, qu'elles soient cicatrisées 1 » 11 monta sur l'échafaud avec beaucoup de fermeté.

WESTERMANN (Antoine), philologue allemand , né Leipzig en 1806, mort en 1809. Après avoir étudié les langues classiques anciennes a l'université de sa ville natale, il y prit ses grades en 1830 et y devint successivement professeur extraordinaire (1833), professeur ordinaire (1834) d'archéologie et codirecteur du séminaire philologique (1849). Il eut une grande part à la fondation et k l'organisation do la Société des sciences (1810) et prit sa retraite en 18S5. Outre un grand nombre do discours qu'il a prononcés, de 1849 a 18G5, en qualité de programmatorius de l'université, il faut citer parmi ses travaux originaux : De publicis Atheniensium honoribus ac prxmiis (Leipzig, 1830); Quastiones Demostheniae (Leipzig, 1830-1837); De Callislhene Olynlhio (1838-1842). On lui doit aussi d'excellentes éditions, avec nous et commentaires, de plusieurs auteurs grecs. Les plus remarquables sont celles des ouvrages suivants : Vitw decem oratorum (Quedlinbourg, 1833); Paradoxographi (Brunswick, 1839); le De urbibus d'Etienne de Byzance 1839); la Vila Solonis de Plutarque (1840); les Mythographi (1843) ; les Biographi (1845); les Œuvres complètes de Pliitostrale (Paris, 1848) ; les Discours de Lysins (Leipzig, 1853); les Discours choisis de bémosthène (Leipzig, et Berlin, 1850-1868, 3 vol.), etc. Westermann a comblé une lacune dans l'histoire littéraire par son Histoire de l'éloquence en Grèce et à Rome (1833-1835, 2 vol.), qui se distingue autant par l'étude approfondie des sourses les plus authentiques, que par la finesse de la critique et des appréciations. 11 a, en outre, donné une édition considérablement augmentée du De hisloribus Griecis dé Cr.-J. Voss (Leipzig, 1838), ainsi que des traductions allemandes des Discours choisis de Démosthène (Stuttgard, 1856-1863, 4 vol.) et des Dèmes de l'Attique de Leake (Bruns-

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wick, 1840). Enfin il a fourni de nombreux articles aux Acta societatis Griecx (Leipzig, 1835 et ami. suiv., S vol.), qu'il avait fondés avec Funkhcenel, aux Annales de philologie et de pédagogique de Jahn, à la Revue de la science archéologique, ainsi qu'aux Comptes rendus et aux Dissertations de la Société royale saxonne des sciences.

WESTERMANNIE s. f. (vè-stèr-ma-nî — de Westermann , natural. allem.). Entom.

Genre d'insecte3 lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuides.

WESTERN (Iles). V. Hébrides (îles).

.WESTERN, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-York, à 8 kilom. de Rome, sur la Mohawk; 4,500 hab.

WESTERNIEs. f. (ouè-slèr-nt — de l'angl. western, occidental). Moll. Genre de mollusques gastéropodes, voisin des pleurobranehes.

WESTER - NORRLAND , contrée septentrionnale de la Norvège.

WESTERVICK.ville de Suède, sur un golfe de son nom, dans le lânet k 157 kilom. N. de Calmar; 4,300 hab,. Port de commerce.

Chantiers de construction.

WESTERWALD, chaîne de montagnes de l'Allemagne du Nord, dans la province prussienne de Hesse (ancien duché de Nassau), entre le Rhin à l'O., la Lahn au S. et la Sieg au N. Le point culminant, nommé Salzburgerkopf, s'élève à 868 mètres. Les montatagnes de cette chaîne sont bien boisées et cultivées en beaucoup d'endroits ; on y exploite du fer, de la calamine et de la houille. Leur prolongement au N.-O. porte le nom de Liebengebirge.

WESTF1ELD, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de Massachusetts, à il kiloin. O. de Springfleld, au milieu d'une belle contrée fertile et accidentée; 4,500 hab. Industrie active.

WEST-FIOIID, e'est-à-dire golfe occidental, golfe ouvert, formé par l'Atlantique entre les côtes de Norvège et les îles Lofoden. Ce golfe a 160 kilom. du N.-E. au S.-O. et 100 kilom. de largeur k son entrée" méridionale, près de laquelle se trouve le Malstrom.

WESTIE s. f. (ouè-stl — de l'angl. west, ouest). Bot. Syn. d'ANTHONOTB et de ces-

TRËAC.

WEST-LOTIUAN, comté d'Ecosse. V. Lm-

I4THQ0W.

WliSTMACOTT (Richard), sculpteur anglais, né à Londres en 1775, mort en 1856. Il reçut de son père, qui était un artiste de quelque mérite, les premières leçons de son art, partit en 1793 pour Rome, où il étudia sons la direction de Canova, remporta, pendant son séjour en Italie, un premier prix de. l'Académie de Florence, dont il fut nommé membre l'année suivante (1795), et, à son retour en Angleterre, se plaça bientôt au premier rang parmi les artistes de son époque. Elu, en 1809, membre de l'Académie royale, il y succéda en 1827 k Flaxmun, comme professeur dé sculpture, et conserva ce titre jusqu'à sa mort. Peu de temps après son avènement, la reina Victoria l'éleva au rang de chevalier. Ses œuvres d'imagination pure sont d'un caractère gracieux, chaste et réellement poétique, et si, par l'exécution, elles ressemblent à celles de l'école moderne italienne, un grand nombre d'entre elles tiennent encore aujourd'hui une place distinguée parmi les productions de l'école anglaise de sculpture. La plus populaire est sa charmante statue de Psyché, qu'il exécuta pour le duc de Bedford et qui est aujourd'hui placée k Woburn,k côté d'un Cupidon du même artiste. Citons encore de lui dans le même genre : Euphrosyne : Nymphe dégradant sa ceinture; la Mère affligée; le Vagabond sans patrie; la Dévotion, etc. II exécuta- aussi plusieurs monuments et basreliefs, entre autres une partie de la frise de l'arche de marbre de la porte de Cumberland et un grand bas-relief allégorique pour le fronton de la nouvelle Bourse da Londres (1844), Mais ce sont surtout ses statues monumentales qui ont le plus contribué k sa réputation. Dans le nombre il faut citer celles d'Addison, de Pitt, de Fox, de Spencer Perceval, du duc de Montpensier et de mistress Warren avec son enfant, qui se trouvent toutes à l'abbaye de Westminster; celles de sir Ralph Abercromby, de lord Collingwood et des généraux Parkenham et Gibbs, dans la cathédrale de Saint- Paul; la statue en bronze du duc de Bedford, dans Russel square; celle de Nelson, k Birmingham, et une autre de Fox, dans Bloomsbury square; la statue en bronze de George III, à Liverpool; une statue équestre du même roi, sur la colline de Sion en face de Windsor; la statue de Canning, qui fut érigée en 1832 près du Parlement et qui est de beaucoup la plus belle oeuvre de sculpture que Londres possède; celle du duc d'York, qui est depuis 1834 dans le parc de Saint- James, etc. Enfin, on lui doit encore un Achille colossal, érigé en l832àHyde Park, et qui est l'une des plus grandes statues qui aient jamais été fondues; une Jeune paysanne (1819), pour le monument de lord Penrhyn, et une Jeune fille indoue, pour le tombeau d'Alex. Colvin, à Calcutta. Il avait, en outre, publié un ouvrage sur YArt de la

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plastique en Angleterre au moyen âge (Londres, 1846).

WESTMACOTT (Richard), sculpteur anglais, fils du précédent, né k Londres en 1799. Il commença ses études artistiques sous la direction de son père et partit en 1820 pour l'Italie, où son attention se porta presque exclusivement sur les chefs-d'œuvre de l'art antique. Il revint en 1826 dans sa patrie, fut élu en 1849 membre de l'Académie royale et y devint, en 1857, professeur de sculpture, en remplacement de son père. Sous certains rapports, ses œuvres ne sont pas inférieures k celles de ce dernier; comme lui, il a la grâce et la délicatesse de la conception, avec une certaine dose de sévérité classique dans le style; mais son talent est d'un caractère plus grave, et il excelle surtout dans les sujets religieux, ou d'une exécution lente et réfléchie. On cite, parmi ses œuvres monumentales et religieuses : le tombeau de l'archevêque Howley, dans la cuthédrale de Cantorbéry; celui du^comte Hardwicke,à Wimpole; celui d'Ashburton, où l'on admire surtout la grande figure de VAnge gardien ;la belle statue de David vainqueur de Goliath; le groupe de la Prière et la Résignation et le bas-relief Allez et ne pèches plus. Parmi ses œuvres d'un caractère moins sévère, on admire en première ligne: Vénus et Ascagne; Vénus instruisant Cupidon^ le Joueur de cymbales; Vénus portant Cupidon; Paoli et Francesco, magnifique bas-telief, exécuté pour le marquis de Lansdowne; deux autres bas-reliefs d'une fantaisie aussi originale que charmante, qui appartiennent au comte d'Ellesmere, la Clochette bleue et le Papillon (1336-1838). Son Ariel s'enoùlant du creux d'un arbre (d'après Shakspeare) n'est pas d'une conception très-heureuse. Il a aussi exécuté un grand nombre de bustes, dont quelques-uns sont supérieurs en mérite à ceux de son père. Tels sont, entre autres, ceux de lord John Russell, de sir Francis Burdett, de Sydney Smith, de sir R. Murchison, etc.; mais il excelle surtout dans les bustes de femmes. M. Westmacott a collaboré k diverses publications, notamment à la Penny Cyclopsdia et k i'Encvclopssdia me* tropolitana, auxquelles il a fourni l'article sculpture ; il a, en outre, fait des cours sur l'histoire et les principes de la sculpture k l'institution royale et k l'institution de Londres.

WESTMACOTT (James - Shewood), sculpteur anglais contemporain. Il se fit d'abord connaître par d'excellentes statuettes d'Alfred le Grand et de Richard Cœur de Lion; puis il exécuta une statue de saint Jean- Baptiste (1857), qui fut fort remarquée, ainsi que le modèle de la statue du comte de Winchester, qui a été fondue en bronze pour la Chambre des lords. Il a aussi fait un grand nombre de bustes, dont l'un des plus remarquables est celui de la reine Victoria. Depuis quelques années, il a renoncé au genre historique pour travailler k des œuvres d'imagination pure, parmi lesquelles nous citerons: une Péri d'après Latla hookh de Moore; Une jeune fille à la fontaine; la Victoire tirant une couronne de laurier de sa tête pour la placer sur celle d'un guerrier vainqueur, etc.

WESTMANIE, ancienne division administrative de la Suède, dans la Suèdo propre, au N. du lac Mcelarn. Elle forme actuellement la province du Waesteras et une partie de celle d'Œrebro.

WEST-MEATH, comté d'Irlande.V. Meath.

WESTMINSTER (abbaye de). V. Lonmîes (tome X, page 655).

WESTMINSTER HALL.V. Londres (tomeX, page 656).

Wevluiinslcr R«vlew (THE), V, REVUE DB

Westminster.

WESTMINSTER (Richard Grosvknor, marquis dk), homme politique anglais, né en 1795, mort en 1869. II porta d'abord le nom de vicomte Belgiave, fit ses études à Oxford et fut élu en 1818, dans le comté de Chester, membre de lu Chambre des communes, où il soutint la politique des whigs. A la mort de son père (1845), il lui succéda dans ses titres et dans sou siège k la Chambre des lords. De 1850 k 1852, il remplit les fonctions de grand maître de la maison de la reine et fut appelé k siéger au conseil privé. Jusqu'à sa mort, il soutint la politique des libéraux. Le marquis de Westminster, qui était un des plus riches propriétaires de 1 Angleterre, laissa en mourant une fortune énorme. De son mariage avec une fille du duc de Sutherland, laquelle a publié un Récit d'un voyage dans J.a Méditerranée (1843), il a eu plusieurs enfants, dont l'aîné, d'abord connu sous le nom de comte Hugues-Loup du Grosvenor et né en 1825, a siégé k la Chambre des communes k partir de 1847, ■ puis lui a succédé, en 1869, comme membre de la Chambre des lords et marquis de Westminster.

WESTMORLAND ou WESTMORELAND {moreland, terrain montagneux), comté au N.-O. de l'Angleterre, borné au N.-O. et au N. par celui de Cuinberland, k l'E. et au N. pur ceux de Durham et d'York au S. par ce dernier et celui de Lanças ire; 198,328 hectares, dont 19,000 en culture, 59 en pâturage ; 64 kilom. sur 40 j 61,000 hab. Ce

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pays renferme d'assez hautes montagnes,* des collines nues, des marécages et des bruyères. La Lune et le Kent, au S., l'Eden et l'Emont, au N., sont les rivières les plus importantes. Le climat y est excessivement humide et pluvieux, eu raison de sa proximité de la mer d'Irlande; cependant l'air y est pur et sain dans les vallées, mais âpre et froid dans la partie montagneuse. Ce comté est célèbre pour ses lacs, qui, pendant l'été, y attirent un grand nombre de visiteurs. L'avoine est le principal grain qu'on récolte ; jl y a,aussi de grandes cultures de blé, de turneps, de trèfle. Le sol est très-propre k la production du bois, et cette contrée paraît avoir été couverte de forêts. On élève dans les parties montagneuses de nombreux troupeaux de moutons, ainsi que de gros bétail et de porcs, dont il se fait des jambons estimés. Le granit et le basalte abondent dans les montagnes du Westmoreland ; le schiste, le trapp, le calcaire se trouvent également dans ce pays, La houille y est assez répandue, et l'ardoise y est une des principales richesses minérales. L'industrie manufacturière y a pour objet des fabriques de drap, de lainages, tissus de coton divers, chapellerie, bonneterie, dont les produits, joints k des ardoises, de la laine et des jambons, forment les principaux objets du commerce dece comté. Capitale, Appleby; villes principales , Ambleside , Kendal , liirkby.

WESTMORLAND (Mildmay Fanb, comte de), homme d'Etat anglais, né vers 1600, mort en 1665. Il descendait d'une ancienne famille galloise, ayant pour ancêtre commun avec les Vanes, aujourd'hui ducs de Clsveland, Howell ap Vane, qui possédait de grands biens dans le Monmouinshire avant l'époque de la conquête normande. Mildmay Fane, second comte de Westmorland, fut l'un des chevaliers du Bain qui assistèrent au couronnement de Charles lor. Pendant la guerre civile, il se rangea d'abord sous la bannière royale ; mais, plus tard, il prêta serment au Parlement. Cependant, comme il avait concouru k la restauration de la royauté, il jouit de la faveur de Charles II, qui le nomma l'un des lords lieutenants du comté de Northampton. Il est plus connu aujourd'hui comme l'auteur d'un recueil de poésies d'un rare mérite pour l'époque, publié en 1648 sous le titre A'Otia sacra,

WESTMORLAND (John Fank , onzième comte de), diplomate anglais, ne en 1784, mort en 1859. Il était fils du dixième comte, John Fane, qui fut lord lieutenant d'Irlande sous le ministère de Pitt, puis, jusqu'en 1827, gardien du sceau privé, et qui mourut en 1841. Son fils, qui jusqu'k cette époque fut connu sous le nom de lord Burgersu, entra de bonne heure dans l'armée et fit les campagnes de Portugal et d'Espagne sous les ordres de Wellington, dont il épousa la nièce en 1811. En 1814, il fut attaché avec lord Aberdeeu au quartier général de Schwarzenberg et, pendant le congrès de Vienne, fut nommé ambassadeur k Florence, où il résida quinze ans en cette qualité. Profitant des nombreux loisirs que lui laissaient ces fonctions, il s'adonna k l'étude des beauxarts, de la musique en particulier, et, indépendamment d'un grand nombre de symphonies, de cantates et de messes, écrivit deux opéras: Il 2'orneo et l'Erve di Lancastrotqni dénotent un véritable dilettante. Il fit construire h l'hôtel de l'ambassade anglaise un théâtre, sur lequel il parut lui-même avec sa femme. Il s'occupa aussi de littérature et publia trois ouvrages intitulés: les Opérations des alliés en Portugal (Londres, 1818); les Opérations des armées alliées en 1814 (Londres, 1822) etSouvenirs des premières campagnes du due de Wellington en Portugal et eu Espagne. De retour en Angleterre, il devint membre du conseil privé et fut promu lieutenant général en 1838. En août 1841, son ami Aberdeen reçut le portefeuille des affaires étrangères, tandis que son oncle, le duc de Wellington, prenait de son côté une position influente dans le cabinet; aussi lord Burgersh, qui jusqu'alors n'avait occupé qu'un poste diplomatique d'un ordre secondaire, fut-il appelé k l'importante ambassade de Berlin. Peu da temps après, il hérita du titre de comte et des vastes biens de sa famille. A Berlin, son caractère bienveillant et son goût pour les beaux-arts lui firent beaucoup d'amis, et, grâce k la faveur dont il jouissait eu haut lieu, il établit des relations de profonde intimité entre les gouvernements anglais et prussien. Les événements de 1843 lui fournirent enfin l'occasion de prendre part k d'importantes négociations politiques, et dans la question du Slesvig- Holstein il joua le rôle de médiateur. La gouvernement anglais fut tellement satisfait de sa conduite en cette circonstance, qu'en 1851 il% l'envoya comme ambassadeur k Vienne, pour y faire cesser la froideur que la politique de Palmerston avait fait naître entre l'Angleterre et l'Autriche. Lors des grandes promotions qui eurent lieu, en 1854, dans l'armée anglaise, il fut élevé au grade de général. Le dernier incident de sa carrière diplomatique fut la part qu'il prit aux conférences qui eurent lieu d'abord en 1853, puis en 1855, pour arriver k Une solution pacifique de la question d'Orient. Il se démit, en novembre 1355, de ses fonctions d'ambas-

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sadeur à Vienne et passa ses dernières années dans la. retraite. Il a eu pour successeur dans son titre de comte son troisième fils, Francis-William- Henry Fane, lord. Bur- GERSH,quiestnéen 1824 et qui est colonel dans l'armée anglaise. Il a été l'aide de camp de lord Raglan pendant la campagne de Crimée et ce fut lui qui, en cette qualité, apporta en Angleterre la dépêche qui annonçait la victoire de l'Aima. Il s'est marié, en 1857, avec lady Adélaïde Curzon, fille du comte Howe.

WESTON (Edouard), théologien anglais, né à. Londres en 1565, mort en 1633. Il lit ses études à Oxford, a Reims et à Rome, professa la théologie à Reims et à Douai et devint plus tard chanoine it Bruges. On n de lui : Institutiones de triplici hominis of/icio (Anvers, 1602, in-4°); Juris pontifiai sanctuarium (1613, in-8°) ; Epreuve de la vérité chrétienne par la règle des vertus (Douai, 1614-1615, 3 vol. in-4°); Theatrum aitx cioilis et sacra (Bruges, 1626, in-fol.).

WESTON (Elisabeth-Jeanne dk), femme poète anglaise, née vers 1586, morte à une ■ époque inconnue. Son père, qui appartenait k une famille noble du Stirrey, se vit contraint, pour une cause inconnue, de'quitler l'Angleterre et se rendit à Prague, en Bohême, où il mourut, laissant sa femme et sa fille dans la inisère. Elisabeth avait reçu ■une éducation brillante. Outre le latin, elle connaissait quatre ou cinq langues étrangères et composait des vers avec un talent réel. Le chancelier du royaume de Bohème, Henri de Pisnitz, ayant lu des poésies latines d'Elisabeth etappris sa situation, la recueillit chez lui, ainsi que sa mère, et s'employa, mais sans succès, pour lui faire rendre les biens que son père possédait en Angleterre. Elisabeth de Weston épousa, en 1606, Jean Léon, qui remplissait des fonctions à la cour impériale. Depuis lors, on n'entendit plus parler d'elle, ce qui fait supposer qu'elle mourut peu après. Elle avait acquis une grande réputation en Allemagne, et des hommes du plus grand savoir étaient entrés en correspondance avec elle. « Ses poésies, dit Parisot, se recommandent généralement par la facilité, l'harmonie, la noblesse du ton et des idées. Il n'y a pas moins d'élévation que de sensibilité dans les plaintes qu'elle exhale sur les malheurs de sa famille.Quelques pièces se distinguent par des traits de tinesse et de malignité. • On lui doit des odes, desépltres, des épigrainmes, des élégies, des quatrains, des distiques, des fables, des poésies fugitives et des lettres à divers savants. Ces divers écrits ont été réunis et publiés sous le titre de : Parthenicon Elisabeths-Joanns Westonise , Virginia nobilissimx (Prague , 3 parties in-12, sans date).

WESTON (Richard), comte de Portland, homme d'Etat anglais, né vers la (in du xvie siècle, mort en 1635. Sous Jacques lor, il devint conseiller dans la Grande-Bretagne, ambassadeur k Vienne, vice-chancelier d'Angleterre (1622), chancelier de l'échiquier, grand trésorier du royaume, gouverneur de file de Wight (1631) et reçut les titres de baron de Weston, puis de comte de Portland (1633). Au commencement du règne de Charles 1er, il se rit remarquer dans les débats du Parlement et mourut peu après. — Son fils aîné, Jérôme Weston, comte do Portland, mort en 1063, s'attacha k la cause royale pendant la lutte de Charles 1er contre le Parlement. Après la restauration de Charles II, il devint commissaire royal près les Provinces-Unies.

WESTON (Etienne), prélat anglais, né à Farnborough (comté de Berk) en 1665, mort en 1742. 11 Se fie recevoir maître es arts a l'université de Cambridge, puis entra dans l'Eglise et fut nommé vicaire a Maple-Durham. Grâce à la protection de Walpole, Weston obtint l'archidiaconat de Cornouailles et l'évêché d'Exeter (1724). 11 acquit une grande réputation comme prédicateur, et il est regardé comme un des meilleurs orateurs de la chaire de l'Eglise anglicane. Ses Sermons ont été publiés à Londres (1749,2 vol. in-8").

WESTON (Edouard), écrivain anglais, fils du précédent, mort vers 1760. Apres avoir été secrétaire de lord Thownshend et de lord liarrington, il remplit diverses fonctions administratives et devint membre du conseil privé. On a de lui : Du bill des juifs (1753) ; Avis d'un gentilhomme de la campagne à son fils (1755); Lettre à l'évêque de Londres sur le tremblement de terre de Lisbonne (1756)* etc.

WESTONIE s. f. (ouè-sto-nî— de Weston, savant angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, appelé aussi uothia, et'dont 1 espèce type croît dans l'Asie tropicale.

WESTPHAL (Joachim), théologien protestant allemand, né a Hambourg en 1510, mort en 1574. Il fit ses études à l'université de Wittemberg, où il devint l'un des disciples les plus zélés de Luther et de Môlanchthon. Nommé en 1532, par la protection de ce dernier, sous-recteur de l'école de Saint-Jean, à Hambourg, il quitta cette ville en 1534, visita les principales universités de l'Allemagne et revint a Wittemberg, où il prit une part active aux polémiques religieuses de ses deux maîtres. Il se sépara cependant de Mélanchthon dans la controverse des sacramentaires et défendit même avec beaucoup

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de violence contre lui la doctrine eucharistique de Luther. Nommé en 1541 pasteur d'une des paroisses de Hambourg, il remplit ces fonctions jusqu'à î-a mort et devint, en outre, en 1572, surintendant de la même ville. On a de lui un grand nombre d'écrits, qui sont la plupart relatifs aux controverses religieuses de son époque, et parmi lesquels nous citerons : Lulheri sententia de adinphoris e scriplis ejus collecta; Historia vituli aurei Aaronis ad nostra tempora et controversias accommodata (Magdebourg, 1540) ; Recta fides de cœna Domini ex verbis apostoli Pauli et evangelisiarum demonstrata; Loti prxcipui de vi, usu et dignitate salutiferi baptismi, ex evongelistis et apostolis collectif epistola responsoria ad conuicia Johannis Caluini, etc.; Phil. Melanchthonis sententia de cœna Domini, etc. — Un autre Joachim Westphal, qui était contemporain du précédent et qui mourut en 1569, se signala par la violence avec laquelle il attaqua dans ses prédications la corruption des mœurs de son époque. Il a laissé différents écrits, entre autres : Mon adieu (1568); le Diable de Forgueil, inséré dans le Théâtre diabolique ; des Panégyriques, etc.

WESTPHAL, médecin allemand, né k Greifswalde en 1720, mort en 178S. Il fit ses études à l'université de Greifswalde, où son père était professeur de morale et doyen, visita ensuite celles de Berlin et de Halle et revint en 1741 se faire recevoir docteur en médecine dans sa ville natale. L'année suivante, l'Académie des curieux de la nature l'admit au nombre de ses membres. En 1743, il fut nommé adjoint à la Faculté de médecine et, en 1756, y devint professeur ordinaire. Parmi ses nombreux écrits, nous citerons : Départe intestini jejuni (Greifswalde, 1741, in-4°); De novis medicis, novis ccemeteriis (1742); De injeclionibus anatomicis (1745); De usu pains ad conseroandam restituendamque sanitatem (1745); Curationes morborum internorum,qute a chirurgis suscipiuntur, a magistratu non esse tolerandas (1745); De usu quarumdam solidarum partium corporis humani adhuc dubio (1757); De frictione, magno remédia antihypochondriaco (1762); De structura mammàrum sexus sequioris {1751) ; De angina (1767) ; De epilepsis motuumque convulsivorum infantum causis prscipuis (1765); De calore natnrali in febribus net aucto, vel minulo (17G7); De rubedine sanguinis (1767).

WESTPHAL (Ernest-Chrétien), jurisconsulte allemand, né à Quedlinbourg en 1737, mort en 1792. Nommé, en 1764, adjoint k la Faculté de droit de Halie, il devint plus tard doyeu de l'université, conservateur du cabinet des médailles et conseiller intime de justice. Il a laissé un grand nombre d'écrits, parmi lesquels nous citerons : Explication systématique des lois romaines sur le droit hypothécaire (Leipzig, 1770, in-s°); Interpretationes juris cieilis de libertate et servitutibus prœdiorum (Leipzig, 1773, in-S0) ; Introduction systématique à la connaissance des meilleurs livres de jurisprudence ( Leipzig, 1774, in- 8°); Droit particulier de l'empire d'Allemagne (Leipzig, 1783-1784,2 vol. in-8"); Droit public qui régit aujourd'hui l'Allemagne (Leipzig, 1780, in-8»); Droit féodal actuel de l'Allemagne (Leipzig, 1784, in-s°) ; Code criminel de l'Allemagne (Leipzig, 1785, in-s°); ta Torture cite! les Grecs, chez les Jtomains et chez les Allemands, avec explication des lois gui y ont rapport (Leipzig, 1785, in-8»), etc.

WESTPHALEN (Joachim-Ernest dis), historien allemand, né en 1700, mort eu 1759. Il fut successivement professeur de droit k Rostock, chancelier et président du conseil du prince de Holstein. On n'a de lui qu'un seul ouvrage, mais il lui coûta de longues années de recherches; il a pour titre -.Monumenta inedita rerum Germanarum, prxcipue Cimbricarum et Megapolensium (Leipzig, 1739, 4 vol. in-fol.).

WESTPHALEN (Angèle- Christine Axes, dame), femme de lettres allemande, née k Hambourg en 1758, morte en 1840. Ses compositions en vers et en prose ont obtenu à leur époque un certain succès, mais elles ne sont plus guère connues aujourd'hui. Nous citerons les suivantes : Charlotte Corday, tragédie (1804); Pétrarque, poëme dramatique (1806); Poésies (1809-1835) ; les Poésies du temps (1815).

WESTPIIALES,. peuple primitif de la Weslphiilie.

WESTPHALIE, contrée de la région occidentale de l'Allemagne, comprise entre le Rhin et le Weser et tirant son nom des Westphales, la plus occidentale des trois grandes tribus qui occupaient jadis la Saxe. La Westphalie a souvent changé de limites, de titre et de possesseurs. Elle a appartenu successivement aux ducs de Saxe, aux archevêques électeurs de Cologne, k la France et à la Prusse. Elle a été un duché, donné en dernier lieu à la Hesse-Darmstadt en 1802; un cercle électoral, qui cessa d'exister lors de la dissolution de 1 empire d'Allemagne en 1806 ; un royaume, formé par Napoléon en 1807, eu faveur de son frère Jérôme ; enlin, depuis 1814, elle forme une province administrative de la monarchie prussienne. Chacune de ces révolutions modifia son étendue, en changeant ses limites, que nous allons indiquer dans les articles suivants.

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WESTPHALIE (duché dk) , nom qui fut

donné d'abord à la partie occidentale de la Saxe comprise entre le Weser et l'Elbe, puis, quand elle en eut été détachée en 1180 par Frédéric Barberousse. ce nom resta à la province que forma la Westphalie dans l'éiectorat de Cologne, avec la ville d'Arensberg pour chef-lieu. Elle avait alors pour limites la principauté de Waldeck k l'E. et le comté de la Mark à l'O. Ce duché fut donné à la Hesse-Darmstadt en 1802.

WESTPHALIE (cercle de), grande division de l'ancien empire germanique, qui comprenait le territoire situé entre la mer du Nord, les provinces-Unies (Pays-Bas), les cercles de Bourgogne, de basse Saxe, du haut Rhin et du bas Rhin. Ce cercle, formé de l'ancien duché de Westphalie, de la Lotharingie septentrionale, de l'Ostphalie et de la Thuringe, comprenait les évèchés de Munster, de Paderborn, d'Osnabruck et de Liège; les principautés de Minden,de Nassau, de Meurs et de Verden; les duchés de Clèves, dejuliers, de Berg et d'Oldenbourg ; les comtés de la Mark, de Schaumbourg, Ravensberg,Hoya, Pyrmont, Deltnenhorst, Lippe, Benlheim et Diepholz; les seigneuries d'Anhalt; les abbayes de Corvey, de Stablo, de Malinédy ; les villes libres de Cologne, Aix-la-Chapelle et Dortmund. Ce cercle, qui cessa d'exister à la dissolution de l'empire germanique en

1806, avait alternativement pour directeurs: l'électeur de Brandebourg (comme duc de Clèves), l'électeur palatin (comme duc de Juliers), enlin l'évêque de Munster.

WESTPHALIE (royaumb de), Etat de l'ancienne confédération du Rhin. Formé en

1807, il avait pour limites : au N., les duchés de Mecklembourg ; à l'E., les royaumes de Saxe et de Prusse; au S., les grands-duchés de Hesse-Cassel et de Francfort; à l'O., l'empire français et le grand-duché de Berg. La ville de Cassel en était la capitale. Il comprenait la partie méridionale de l'éleetorat de Hanovre, de l'évéché de Paderborn et quelques autres districts de l'ancien cercle de Westphalie, les principautés de Verden et d'Halberstadt, les duchés de Brunswick et de Magdçbourg, enfin quelques portions des anciens cercles de basse Saxe et du haut Rhin. Les événements de 1814 amenèrent la dislocation du royaume de Westphalie. Quelques parties de son territoire tirent retour à leurs souverains primitifs, et la Prusse forma de la partie centrale de l'ex-royaume une province qui conserva le nom de Westphalie et dont nous allons nous occuper.

- WESTPHALIE (froviîîcb de), une des grandes divisions administratives de la monarchie prussienne, formée en 18U de l'ancien duché de Westphalie, de l'évéché de Munster, de la principauté de Minden, des comtés de Ravensberg, de la Mark, de Tecklenburg, du comté de Lingen, des principautés de Paderborn, de Dortmund, de Siegen et de plusieurs autres seigneuries médiatisées. Elle a pour limites : au N.-O., le royaume de Hollande ; au N., la province prussienne de Hanovre; à l'E., la province de Hesse (ancien duché de Hesse-Cassel), les principautés de Lippe, le duché de Brunswick et la province de Hanovre; au S.E., la principauté de Waldeck; au S., ie grand-duché de Hesse-Darmstadt, la province de Hesse (la partie qui formait naguère le duché, de Nassau) et la Prusse rhénane, qui limite la Westphalie à l'O. Elle est comprise entre 50°40'-52"l' "de latit. N. et entre 40 4f-7°2' de longit. E. Superficie, 20,180 kilom. carr.; 1,566,441 hab. , dont 835,845 catholiques, 652,801 protestants, le reste israélites. Ch.-I., Munster. Au point de vue administratif, la province se subdivise en trois régences qui portent le nom de leurs chefs-lieux : Munster, Minden et Arensberg, subdivisées en 35 cercles, renfermant 99 villes, 10 bourgs et 6,112 villages.

L'aspect général de cette province présente quelques montagnes au S. et à l'E., ce sont des ramifications du Westerwald ; au N.-E., on trouve la chaîne du Teutobuigei- Wald et du Wessergebirge ; mais à l'O. et surtout au N.-O., ou rencontre de vastes plaines parsemées de marais et de bruyères. Au point de vue hydrographique, la Westphalie appartiont au bassin de la mer du Nord; les principaux cours d'eau qui l'arrosent sont : le Weser, l'Ems, la Lippe, le Rhur, la Lenne, la Werre et le Diemel. On y trouve du fer, du plomb, du cuivre, du zinc, du vitriol, de la calamine, de la houille, de l'antimoine et de l'alun ; de riches carrières de pierre à bâtir, de gypse, d'ardoise et des salines. Il existe des eaux minérales à Vœstel, Bunde, Dribury, Schwelm, etc. La température y est variable et généialemeut humide, froide sur les montagnes du Westerwald, niaisassez tempérée dans la plaine. Le sol est assez fertile et produit des céréales de toute espèce, du sarrasin, des pommes de terre, des plantes oléagineuses, du chanvre, du lin, du houblon et du tabac. Les prairies naturelles et artificielles y occupent de vastes étendues et nourrissent un grand nombre de bêtes à cornes, porcs, chèvres, chevaux d'excellente race; on y compte environ 150,000 chevaux, 542,000 bêtes à cornes, 455,000 moutons et 260,000 porcs. Les contrées montagneuses sont riches en bois, et la propriété foncière y est en grande partie morcelée et entre les mains des paysans.

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L'industrie manufacturière de cette province est très-importante; la branche principale est la fabrication des toiles et le travail du fer; viennent ensuite les fabriques de lainages, de bas, de rubans, de draps, de cotonnades, de cuirs, de verre, de machines, de papier, de poudre, de tabac, de potasse, d'huile, de savon et de sucre. Le commerce exporte les produits des fabriques, beaucoup de bois de construction et surtout de grandes quantités de charcuterie. Tout le inonde connaît la grande renommée des jambons de Westphalie.

We«pbalEo (TRAITÉ de), traité fameux qui mit fin k la guerre de Trente ans. Le traité de Westphalie en comprend en réalité deux, dont l'un fut rédigé à Munster et l'autre à Osnabruck; mais tous deux furent signés dans cette première ville le 24 octobro 1648. Le premier, conclu entre la France, l'empereur et l'empire, se rapporte principalement aux satisfactions accordées à la France; te second, supposé signé à Osnabruck et conclu entre la Suède, l'empereur et l'empire, a trait aux satisfactions réclamées par la Suède; c'est celui qui, à proprement parler, a décidé les affaires intérieures de l'empire.

Pour bien comprendre la paix de Westphalie, il ne faut pas perdre de vue qu'elle a été conclue après trente années de guerres, de violences et d'actes arbitraires qui avaient causé un tel bouleversement, qu'on se vit obligé de terminer bien des diflérends sans avoir égard à la justice et au bon droit; elle est le fruit de négociations qui se prolongèrent pendant quatre ans et demi; de là de fréquents changements dans la rédaction, ce qui est cause des longues paraphrases, de la foule des parenthèses et des défauts du style. De la également les efforts qu'on fit pour s'accorder sur quelques mots, uniquement dans le but d'en finir, et bien qu'on n'ignorât pas que ces mots étaient susceptibles de différentes interprétations, et que des clauses nécessaires, mais qui auraient fait surgir de nouvelles difficultés, y étaient omises. Les négociations avaient lieu entre des partis religieux, dont aucun n'avait une idée de la véritable tolérance et dont chacun ne consentit qu'à regret à accorder une existence politique k l'autre. La paix était conclue en partie sous l'apparente médiation du pape, qui ne voulait pas avoir affaira à des hérétiques, tandis que ceux-ci, d'un autre côté, rejetaient sa médiation. Enfin, elle différait de toutes les autres paix en ce qu'elle était à la fois un traité de pacification entre les parties belligérantes et une loi fondamentale réglant la constitution politique de l'empire germanique. La participation des Etais au gouvernement de l'Allemagne et k la puissance législative générale, ainsi que leur supériorité sur leurs sujets, qui n'avaient été dans l'origine que leurs administrés ou leurs justiciables, furent constituiionnellementreconnues, et il en fut de même des droits politiques qui constituent l'essence de la souveraineté, teis que le droit de guerre et do paix et celui de conclure des alliances. On peut donc considérer les traités de Westphalie comme un instrument de paix entre des parties belligérantes et comme une charte constitutionnelle. Ce double caractère constaté, venons-en à l'exposé sommaire des articles. Mais rappelons auparavant que l'Espagne se tint obstinément eu dehors des négociations ; malgré le récent désastre do Lens, elle ne se croyait pas encore forcée de courber la tète. Elle espérait ainsi retarder la conclusion de la paix, et l'empereur tu résignait difficilement lui-même à briser le lien qui unissait les deux maisons d'Autriche. Mais l'Allemagne entière se réunit pour lui forcer la main, et le double traité fut enfin signé à Munster, comme nous l'avons dit en commençant.

Les paragraphes 69 et suivants du traité de Munster attribuaient à lu France la souveraineté qu'exerçnii l'empire sur les trois évèchés de Metz, 'foui et Verdun, et sur les districts de ces évèchés; mot assez vague auquel les plénipotentiaires allemands attribuèrent peut-être la signification de territoire ou de Image, mais auquel Louis XIV donna une interprétation beaucoup plus étendue, car il prétendit que cette expression de district comprenait également la cession de la souveraineté sur les territoires de tous les Etats immédiats de l'empire qui étaient vassaux des Trois Evèchés. Les historiens sont encore partagés sur cette question, et ce n'est pas nous qui essaj-erons de lu trancher.

La France acquérait de même la souveraineté et les droits de l'empire sur la ville do Pignerol, cédée à la France en 1632 pur la maison de Savoie, à la suite du traité de Chérasque;

Le Vieux-Brisach avec sa banlieue et son territoire et les villages de Hochstatt, Niedeiimbsing, Harteu et Acbarren, en dépendant;

Le droit de garnison dans Pbilippsbourg, sauf à l'évêque de Spire ses droits de propriété et de supériorité territoriale (§§ 76 e 77). On comprend tout ce que cette restriction présente d'obscur;

Le landgraviat de la haute et de la basse Alsace, avec le Sundgau et la préfecture des dix villes impériales d'Alsace (Haguenau, Colmar, Schlestadt, Wissembourg, Landau,

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Obereinheim, Rosheim , Munster-en-Gregorienthal, Kaiserberg, Furingheim. Toutefois, le roi de France se reconnaissait obligé de maintenir la religion catholique dans ces pays, comme sous les princes d'Autriche, et d en bannir les nouveautés introduites pendant la guerre. L'empereur et l'empire dérogeaient, en ne qui concernait l'Alsace, aux constitutions de l'empire et à la capitulation impériale, qui défendaient les aliénations des biens et droits de l'empire.

La liberté du commerce sur les deux rives du Rhin était rétablie, de même que celle de la navigation sur ce fleuve, sauf la visite ordinaire des marchandises et les péages accoutumés, qui no devaient subir aucune augmentation.

La France restituait à t'a rchiduc Ferdinand- Charles, comte de Tyrol, les quatre villes frontières du Rhin, le comté de Hauenslein, • le Brisgauaveo la forêt Noire et tout l'Ortnau. Elle s'engageait en plus à lui payer 3 millions d'indemnité pour le landgraviat d'Alsace et la préfecture des dix villes.

L'article 10 du traité rédigé à Osnabruck spécifiait les satisfactions accordées il la Suéde par l'empereur et l'empire.

On cédiiit à cette puissance :

10 La Poméranie Ultérieure avec une partie de l'Ultérieure, nommément la ville de Stettin et celles de Gnrz, Dam, Golnau, situées sur les deux rives de l'Oder, vers son embouchure, avec l'Ile de "Wolin.

2° L'expectative de toute la Poméranie et de l'évêché de Cammin, à l'extinction des mâles de la maison do Brandebourg.

3» L'Ile de Riigen.à titre de principauté. 4° La ville et le port de Wismar, sous le titre de seigneurie, avec les bailliages mecklembourgfois de Pœl et de Neukloster.

5° Enfin l'archevêché de Bremeu, y compris les1 droits sur la cathédrale et le chapitre de Hambourg et l'évêché de Verden.

Ce fut h l'occasion de ces diverses clauses qu'on se servit pour la première fois du mot séculariser, dont les plénipotentiaires français enrichirent la langue.

En vertu de ces diverses conventions, la Suède prenait rang en Allemagne comme Etat d'empire, avec séance et triple voix à ta diète pour Bremen, Verden et la Poméranie. On lui accordait également le privilège d'opter entre le conseil aulique et la chambre impériale, si on lui intentait une action en justice au sujet de ses possessions en Allemagne.

l.a Suède, de son côté, promettait de maintenir les privilèges des pays cédés, et de laisser particulièrement à la ville de Stralsund le libre exercice de la religion évuugôlique, selon la confession d'Augsbourg.

Nous allons maintenant passer rapidement en revue les clauses qui réglèrent les afl'uires intérieures de l'Allemagne.

L'empereur et l'empire cédaient :

îo a l'électeur de Brandebourg et à ses héritiers miles, en compensation de leurs droits sur la Poméranie Citérieure, etc., les évéchés de Minden et de Halberstadt; l'archevêché de Magdebourg devait leur revenir après l'administrateur actuel.

20 Au duc de Meckleiiibourg-Schweriti, en compensation de Wismar, les évéchés de Sehwerin et de Ratzebourg.

On attribuait l'alternative de l'évêché d'Osnabruck avec les catholiques aux ducs de Bruiiawick-Lunebourg, en compensation des coudjutoreries qu'ils avaient sur certains des évéchés cédés.

Le landgrave de Hesse-Cassel conservait l'abbaye de Hirsfeld et quatre bailliages détachés de l'évêché de Minden ; il devait, de plus, recevoir de» princes ecclésiastiques du voisinage une somme de 600,000 reichthalers a titre d'indemnité.

Les électeurs, princes et Etats de l'empire contribueraient de 5 raillions de reichthalers pour, la satisfaction et le licenciement delà milice suédoise. Toutes ces transactions devenaient une loi perpétuelle et une pragmatique sanction de l'empire, ainsi que les autres lois et constitutions fondamentales.

Le traité de Wesiphalie fut arrêté, conclu efsigné en dehors de l'intervention du nonce du pape, Fabio Cliigi. Aussi le pape, sur la tin ilcs négociations, lui prescrivit-il de s'éloigner et de protester, à cause des nombreuses atteintes portées par le traité aux principes et aux biens de l'Eglise, par la tolérance accordée aux hérétiques et par la sécularisation des biens ecclésiastiques. L'Espagne protesta également il cause de la cession de la partie autrichienne de l'Alsace. Les princes catholiques ne s'émurent en aucurte façon, et la ratification de l'empereur arriva la première à Munster dès le 5 décembre, puis celle du roi de France, et c'est ainsi que le traité de Wesiphalie devint la loi de l'Europe, tandis que le saint-siége, do sa • certaine science et pleine puissance a (Bougeant, Histoire du traité de Westphalie), le déclarait « nul, invalide, réprouvé, sans force et sans effet. •

i On no saurait, dit M. Henri Martin, se défendre d'une certaine impression do respect en présence de ce pacte, le plus grand monument du plus grand siècle de la diplomatie. (J'est là comme i'arc de triom- Ijhe sur lequel le génie de la Renaissance a écrit sa victoire, achetée par les veilles ardentes de Richelieu, par le sang do Henri IV et do Gustave-Adolphe. L'Eu-

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rope centrale est réorganisée sur des bases nouvelles: la France, constituée garante du maintien du système fédératif en Allemagne, s'indemnise de ses services en s'asseyanl enfin sur la rive tant désirée du Rhin; la Germanie restitue l'Alsace à la vieille Gaule, qui franchit joyeusement les Vosges pour retrouver son humide frontière des anciens jours; mais la Germanie achète à ce prix l'avenir et la vie; elle échappe à. la main étouffante de l'Autriche-, et le salut de la civilisation protestante d'Allemagne, si nécessaire au progrès de la société européenne, est assure par l'intervention franco-suédoise. La Suède ne donne pas seulement, comme la France, une garantie extérieure; aucun Etat allemand du Nord n'étant assez fort pour faire contre-poids à l'Autriche dans le corps germanique, la Suède se charge de ca rôle, au moins pour un temps, en entrant dans la famille allemande.

• Rome, continue l'éminent historien après avoir rappelé l'annulation du traité par le saint-siége, Rome fulmina en vain : sa protestation, qui jadis eût ébranlé l'Europe, vint mourir sans écho sur le seuil des chancelleries. C'en était fait, sans retour, de. la république catholique du moyen âge; les Etats chrétiens venaient d'en déposer implicitement l'antique médiateur. Un nouveau droit des gens apparaissait dans la chrétienté ; le principe n'en était plus la communauté de culte religieux, mais l'indépendance des Etats, soumis seulement les uns envers les autres aux lois générales de l'humanité. L'équilibre, dont on a longtemps parlé et que l'Europe s'est longtemps proposé d'obtenir, en empêchant une puissance quelconque d'acquérir une prépondérance accablante pour les autres, n'était que la garantie matérielle de ce principe moral de l'indépendance des nations. La politique laïque et internationale avait remplacé la politique ecclésiastique. Heureuse la France, principal auteur de cette révolution, si, dans la période de grandeur qu'elle allait parcourir après un orage passager, son gouvernement fut resté fidèle â l'esprit qui avait fondé cette grandeur si légitime et si pure 1 »

Disons, pour terminer, que le traité do Wesiphalie, si habilement préparé par Mazarin, constitue son vérituble titre de gloire, et que ce ministre s'est acquis par là des droits à la reconnaissance de la nation française.

Wutiphnlio (ordre royal de). Le roi Jérôme Napoléon institua cet ordre le 15 décembre 1809, pour récompenser les services rendus k l'Etat et à sa personne, les actions héroïques, les découvertes utiles. Civil et militaire à la fois, l'ordre était divisé en trois classes. Il fut aboli en 1813, après la chute du. gouvernement napoléonien.

WESTPHALIEN, IENNE s. et adj. (vè-sfali-ain, i-è-ne). Géogr. Habitant de ta Westphalie; qui appartient à cette contrée ou à ses habitants : Les Westphalikns. Les Saxons westphàlœns. Le dialecte westfhaliln.

WESTPHALIQUE adj. (vè-sfa-li-ke). Géogr.

Qui appartient a la Westphalie ou à ses habitants : Les pays ■westphaliques.

— Hist. Cour westphalique. 5>yn. de wehme.

WEST-PHILADELPH1E, bourg des Etats- Unis d'Amérique, dans l'Etat de Pensylvame, sur la rive 0. du Schuykill, en face de Philadelphie, avec laquelle elle est reliée par deux ponts ; 6,700 hub. Nombreuses usines, fabriques de locomotives, produits chimiques et verreries. Ses rues sont régulières, propres et bordées de belles constructions. Aux environs, nombreuses et élégantes villus,

WEST-POHST, place forte des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat et à 95 kilom. N. de New-York, près de la rive droite de l'Hudson ; 6,600 hab. Cette ville est défendue par le fort Patnam, construit pendant la guerre de l'émancipation américaine ; elle l'entonne l'Ecole militaire fédérale, fondée en 1802. L'instruction y est gratuite; mais les élèves, dont le nombre ne doit pas dépasser 250, duiveiit huit ans de service à l'Etat, après avoir suivi les cours, qui durent quatre ans.

WEST-PORT, ville d'Irlande , comté de Mayo, k 14 kdom. S.-O. de Castlebar, sur la baiu de Clew; 4,500 hab. Port de commerce assez actif. Exportation de toiles, beurre, salaisons et grains. Parmi les édilices de la ville, nous citerons l'église pr.roissiale, la chapelle catholique romaine et deux conventicules pour les presbytériens et les méthodistes. West-Portest une station de bains de mer assez fréquentée pendant la bello saison.

WEST-PORT, bourg des Etats-Unis, dans l'Etat de' Massachusetts, à 30 kilom. S. de Tauuton, sur la Buzzard's bay ; 3,500 hab.

WESTHAY, petite île d'Ecosse, dans l'archipel des Orcades, au N.-E. de Pomona et } à t'O. de Suniw Elle mesure 14 kilom. de longueur sur 8 de largeur ; superficie, 36 kilom. carrés; 2,500 hab. Elle est couverte de montagnes élevées. Pêche ; fabrication de soude de varech.

WESTIiEENEN VAN TIELLAKDT ( Guillaume-Hemi-Jacob), archéologue hollandais, né à La Haye en 1783, mort en 1848. Il s'adonna do bonne heure à l'étude de l'histoire et il s'était déjà fait connaître par quelques

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écrits, lorsqu'il publia un Essai sur les anciens ordres de chevalerie (1807, in-S»). Cet ouvrage lui a valu l'emploi deconservatenrndjoint des archives du royaume et le titre d'historiographe de l'ordre de l'Union, que le roi Louis venait de fonder. Après la réunion de la Hollande à la France, il vécut dans la retraita jusqu'en 1814, époque à laquelle il prit une part active il la restauration de la maison d'Orange. Nommé député a la diète, il no joua qu'un rôle politique fort effacé et se remit bientôt complètement à ses travaux favoris. En 1842, il fut nommé conservateur de la bibliothèque royale de La Haye, à laquelle il légua en mourant sa riche collection de livres rares, de manuscrits et de médailles. On a de lui : La Baye au xm« siècle (1804) ; Sur l'invention et les premiers progrès de la ty- j pograpkie (1809); Recherches sur l'ancien Forum d'Adrien et ses vestiges auprès de La Haye (1826); Recherches sur la langue nationale de la majeure partie du royaume des Pays-Bas (1830); Esquisse des progrès de l'imprimerie dans les Pays-Bas dans le xvo, le xvie et te xvne siècle (1830), etc. , .

WEST-RIDING, nom anglais de la partie occidentale du comté d'YoïtK. V. ce mot.

WESTRINGIEs. f. (ouè-strain-^1 — de Westring, savant angl.). Bot. Genre d arbrisseiux, de la famille des labiées, tribu des prostanthérées, comprenant une douzaine d'espèces, qui croissent en Australie.

WESZPREM1 (Etienne), médecin hongrois, né â Weszprem en 1723, mort à un âge peu avancé. Après avoir fait da bonnes études dans diverses villes de Hongrie, il entreprit de visiter les universités les plus célèbres des pays étrangers et alla d'abord à Zurich, oit il passa dix-huit mois, puis en Belgique et en Angleterre. En 1756, il fut reçu docteur en médecine àUtrecht et, rentré dans sa patrie, y occupa divers postes de médecin pensionné. Il a publié quelques écrits, étrangers à la médecine, et les travaux suivants qui rentrent dans le domaine de cette science : De inocu- Innda peste (Londres, 1755, in-8°); Obsarvationes medicx (Utrecht, 175G, in-4°); Traité d'accouchements (1760 , in-Su), le premier ouvrage publié en Hongrie sur la matière.

WETAPAHATOS s. m. (ôuè-ta-pa-a-toss).

Linguist. Dialecte des tribus de ce nom, do la famille des Panis-Arrapahoes, peuplades du plateau central de l'Amérique du Nord : Le wetapaiiatoS est regardé comme un dialecte ou plutôt comme une langue sœur du Iciaways, idiome d'une peuplade qui demeure prés des sources du Platte.

WETHEUELL (Charles), homme politique anglais, né à Oxford en 1770, mort en 1846. Après avoir fait ses études de droit à Oxford, il se lit inscrire, en 1794, au ban eau de Londres et s'acquit une grande réputation, surtout comme avocat consultant. Nommé, eu 1S1G, membre du conseil privé, il plaida, l'année suivante, pour les conspirateurs Thistlewood, Watson et Preston, fut élu, en 1820, au Parlement par la ville d'Oxford, et devint, eu 1824, solijitor général, puis attorney gé- ■néral. 11 se démit de^es fonctions à l'avénement du ministère Canning, mais il les reprit lors du retour de lord Wellington aux affaires. 11 donna de nouveau sa démission, en 1829, lorsque commencèrent les débats sur le bill de l'émancipation catholique, mesure à laquelle il s'était toujours opposé. Il fut également l'adversaire du bill de la réforme parlementaire, en 1831, et dut à son attitude en cette circonstance de ne pas être réélu au Parlement.

WETlIEllELL (miss), pseudonyme d'une femme de lettres américaine, V. Warnkr.

WETHERSF1ELD, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de Connecticut, à G kilom. S. de Hartford, sur le Ominoctieut; 4,500 hab. Industrie agricole; commerce da céréales.

WETSCII, médecin allemand, né à Saint- Florian (haute Autriche), mort a. Moscou en 1772. Il fit ses études médicales il Vienne, alla à Paris, pour apprendre de Bordeu luimême ses doctrines sur le pouls, puis revint à Vienne, où il pratiqua quelque temps. Eiant passé en Russie, il fut nomme en 1776 professeur de physiologie et de pathologie a l'université de Moscou. Parmi ses principaux écrits, nous signalerons : Examen chemicomedicum-aquss aciduls, vulgo pinte» feldensis dictE (Vienne, 1763, in-S°) ; Medicina ex pulsu,seusySiemadoclriuiûsphyumiC8{'Vionne, 1770, iu-8°) ; JJe vomiiu inteslinorum, siue de Calcula confirmait) (Vienne, 1771, iu-8°) ; Oratio de arte obseroandi et experiendi in medicis (1777, in-80).

•WETSTEIN ouWETTSTEIN, nom d'une famille de savants, originaire de Kybourg, dans le canton de Zurich. — Jean-Rodolphe Wetstein, né à Bàle eu 1594, mort en 1S66, entra d'abord au service de la république de Venise, devint en 1620 membre du conseil de sa viile natale, puis consul eu 1645 et représenta le cant<^ aux conférences qui amenèrent la conclusioi. "*e la paix de Westphalie. 11 fut élevé en 16S> * la noblesse de l'empire. — Jean-Rodolpa ■■ Wetstkin, fils du précèdent, né à Bâle eu 1614, mort en 1684 dans la même ville, où il occupait une chaire de théologie, fut l'un des principaux adversaires de l'introduction de la Formula consensus et aida Suicer k composer le Thésaurus

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eeclesiasticus. — Son fils alnê, Jean-Rodolphe Wetstein, né h Bâle en 1647, mort en 1711, fut également professeur de théologie dans sa ville natale et publia des éditions de différents ouvrages d'Origène. — Un second fils, Jean-Henri Wetstein, né a Bile en 1649, mort en 1726, établit a Amsterdam une imprimerie et une librairie qui, sous son habile et savante direction, prirent un grand développement, et que ses deux fils surent maintenir dans un état florissant. Il en est sorti des éditions des classiques anciens, remarquables par la beauté de leurs caractères, In correction de leur texte et leurs magnifiques reliures.

WETSTEIN (Jean-Jacques), théologien allemand, né à Bâle en 1693, mort en 1754. Il était lils de Jean-Rodolphe Wetstein le jeune et fut le plus célèbre des membres de sa famille. Après avoir étudié la théologie sous la direction de son père et l'hébreu sous cello de Buxtorf, il devint en 1713 ministre de l'Eglise nationale et publia à cette occasion une thèse De vuriis Novi Testamenti lectionibus, qui fut, en quelque sorte, l'indice des travaux auxquels il devait vouer sa vie. En effet, dans le but de rechercher les différentes leçons du Nouveau Testament, il parcourut la France, l'Angleterre et la Hollande, et recueillit, dans les bibliothèques de ces différentes contrées, les matériaux de ses Proiegomma pour une nouvelle édition du Nouveau Testament, qui ne parurent qu'en 1730. Mais, dans l'intervalle, ses investigations critiques avaient alarmé ses confreres ecclésiastiques, qui eurent assez d'influence pour obtenir du conseil de Bade un décret qui condamnait son projet comme inutile et dangereux et qui lui interdisait l'exercice de son ministère. Il se retira alors à. Amsterdam, où les remontrants ou arminiens le choisirent pour succéder à Leclerc dans la chaire de philosophie et d'histoire, qu'il occupa jusqu'à sa mort. Ce fut dans cette ville qu'il travailla a. son édition critique du Nouveau Testament (Leyde, 1751-1752, B vol. in fol.), qui, bien que défigurée pur beaucoup d'erreurs, n'en a pas moins encore aujourd'hui une grande valeur pour l'étude critique du Nouveau Testament. Wetstein avait inséré à lu fin de l'ouvrage deux épHres, transcrites d'un ancien manuscrit syriaque et faussement attribuées à Clemens Romanus.

WETSTEIN (Charles-Antoine de), poëte latin moderne, né k Amsterdam en 1743, mort en 1797. Reçu, en 1762, docteur en droit à Leyde, il exerça quelque temps auprès du barreau de La Haye, mais il renonça bientôt à cette profession pour se consacrer à l'étude des littératures anciennes. Outre une traduction en vers latins d'Hésiode, de Théoerite et da CJoluthns (Leyde, 1778), on a de lui r Epistatx viutus inter co-niiem de Vaux, galtici exercitus dticem, et Puscalem (Paoli), Ubertutis eorsicx defensoran slrenuissimiun (Luydu, 1769, in -4») ; Leida ab tibsidione Uispanorum auno 1574 liberata (1771, in- 4"); Citim Aruivsiacts (1772, in-4°), poiSme sur la naissance du prince d'Orange, qui fut Guillaume I", roi des Pays- Bas; Janu Schradeio et Etisabethx Vttringx spoitsis ; Pietas Belgica ; Virgo Uataaica (1772, in-4°) ; Carmen eiegiacum in iieeularia altéra académies Leidensis, puense qui ne fut publié qu'en 1825. Wetstein a, eu outre, traduit eu vers hollandais VOLiude et Sophrunie de Mercier, la Sophonisbe et le Doit Pèdre de Voltaire et le Guillaume Tell du Lemierre.

WETTIi (Guillaume-Martin-Lebrecht de), célèbre théologien allemand, né à Ulla, près de Weimar, en 1780, mort à Bàle en 1849. Après avoir fait ses études à léna, il se fit recevoir agrégé à l'université de cette ville (1805), d'où il fut appelé, deux ans plus tard, comme professeur extraordinaire de philosophie, à Heidelberg. Nommé en 1809 à une chaire de théologie, il passa, l'année suivan.e, on la même qualité, à l'université de Berlin. D'un caractère noble et indépendant, il écrivit eu 1819 à la mère de Karl Sand, assassin de Kotzebue, une lettre de consola ion qui lui valut, de la part de ses ennemis, le reproche d'avoir excusé l'assassinat. Lb parti féodal, alors au pouvoir et qui poussait le gouvernement dans la voie réactionnaire, n'eut pas de peine h obtenir la destitution do De Wette, qui se retira à Weiimtr. La paroisse de Sainte-Catherine à Brunswick lu choisit alors h l'unanimité pour un de ses pasleurs, mais le gouvernement du pays refusa obstinément de le confirmer; aussi se rendit-il en Suisse & l'appel du l'université de Bâte. Sur cette terre de liberté, il put achever en paix sa carrière et se distingua autant comme prédicateur que comme professeur. Il uppar tenait à l'école rationaliste et libérale; mais, d'un esprit très-conciliant, il sut gagner l'estime de tous; il fut nommé membre du conseil d'éducation et reçut des lettres de bourgeoisie. Ses travaux historiques, exégétiques et critiques sur les livres sacrés montrent Un jugement sain, indépendant de toute préoccupation dogmatique, une érudition profoude et un esprit vraiment philosophique. On cite divers ouvrages servant d'introduction k la lecture de l'Ancien Testament, entre autres : Eludes pour servir d'introduction, etc. (1806- 1807, 2 vol.); Manuel historique et critique servant d'introduction à la lecture de l'Ancien et du Nouveau Testament (Berlin, 1817, 2 vol.) ; Précis d'archéologie judaïque (ÎSM); Commentaire sur les psaumes (Heidelberg, l811),.Ua-

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nuel exêgétique du Nouveau Testament (Leipzig, 1839-1849, 5 vol.), qui a eu de nombreuses éditions. N'oublions pas son excellente Traduction de ta Bible, qui est très-recherchée en Allemagne. Parmi ses ouvrages do théologie systématique, on apprécie son Manuel de dogmatique chrétienne (Berlin, 1813), dont le point de vue philosophique est profondément libéral, 11 a donné aussi trois ouvrages différents sur la Morale chrétienne, l'un, sous . ce titre même (Berlin, 1819-1821, 3 vol.), le second sous la forme de Leçons (1823, 3 vol.), et le troisième sous celle de Précis (1833). On a recueilli un certain nombre de discours, de sermons et de mémoires de lui. 11 s'était aussi appliqué à populariser les idées rationalistes sous la forme de romans : Théodore ou la Consécration du doute (1822, 2 vol.) ; Henri Melchthaï ou l'Education et te sens commun (1829).

. WETTER, rivière du grand-duché de Hesse- Darmstadt. Elle prend sa source vers le centre de la province de Hesse supérieure, près du Laubach, coule d'abord à l'O., puis au S. et se jette dans la Nidda à Assenheim, après un cours d'environ 55 kilom. Elle donne son nom à la WiiTTSRAViB.

WETTER, ville de Prusse, province de Hesse, à 13 kilom. N.-O. de Mai-bourg, sur la Wottschuft, chef-lieu du district de son nom ; 2,000 hab. Cette ville, autrefois plus importante, fut ruinée pendant la guerre rie Trente ans; on y voit encore les beaux bâtiments d'une ancienne abbaye, fondée en 1015, et dans laquelle l'une dés abbesses établit au xvo siècle une école qui devint bientôt l'une des plus célèbres de la Hesse.

WETTER (lac), lac de Suède. V. Visiter.

WETTERAV1E, en allemand Wetterau et Weltergau, contrée de l'Allemagne occidentale, arrosée par la Welter, qui lui donne son nom ; elle formait jadis une province dans la cercle du Bas-Rhin et se divisait en Wetteruvie propre ou méridionale et*en Wctteruvie septentrionale ou Wetterwald. Elle comprenait le Rheingau, le Lalingau, le Meingau, les comtés de Kœnigstein, Welzlar, Kranel'ortsur-le-Mein, Hanau et Muyence. Elle fut ensuite répartie entre les duchés de Hesse et de Nassau ; de nos jours, elle est presque complètement comprise dans la province prussienne de Hes»e.

WETTEREN, bourg de Belgique, province de la Flandre orientale, arrond. et à 13 kilom. O. de Termonde, chef-lieu de canton ; 8,500 hab. Fabrication de toiles, étoffes de laine et de coton ; nombreuses brasseries renommées; savonneries, tanneries et poudrerie.

WETTEUHORN, littéralement Corne de 10raye, montagne de la Suisse, dans le canton de Berne , entre les vallées de Hasle et de Orindwald , dans l'Oberland ; elle appartient à un des rameaux des Alpes bernoises. Sa cime, qui s'élève à 3,910 mètres au-dessus du niveau de la mer, est souvent voilée de nuages, dont la disposition fournit aux paysans des pronostics d'orage ou de beau temps ; de là le nom qu'elle porte.

WETTEKSTKDT ( Gustave , comte dk ) , homme politique suédois, né en 1776, mort en 1837, Fils d'un ingénieur qui devint gouverneur d'Upsal, il obtint, en 1796, un emploi à la chancellerie, et devint, en 1820, membre de la diète de Norkoping, puis secrétaire d'Etat pour la correspondance extérieure. Nommé, en 1805, secrétaire de l'ambassade suédoise à Saint-Pétersbourg, il suivit le roi du Suède pendant la campagne do 1804, devint chancelier uulique, après la révolution qui amena en Suède un changement de dynastie, ne quitta pas le prince royal (Gei'uudotte) pendant les campagnes de 1813 et 1815, et eut une part importante à la conclusion des traités avec le Danemark et uvec la France, ainsi qu'à celui qui eut pour résultat l'union de la Norvège à la Suède. Créé comte en 1819, il accompagna le prince Oscar dans ses voyages, et, en 1824, devint ministre dus iill'airus étrangères, fonctions qu'il conserva jusqu'à sa mort.

WETT1N , ville des Etats prussiens (Saxe), à 37 kilom. N.-N.-O. de Mersebourg sur la Saale; 3,400 hab. Direction des mines. Fabriques do tabac, huile, chicorée. Cette ville a donné son nom à la maison princièru qui règne sur la Saxe.

WETTIN1E s. f. (ouètt-ti-nî — de Wettin, natur. allem.). Bot. Genre d'arbres, de la famille des pandaiiées, tribu des cyelanthées, dont l'espèce type croît dans les forêts montueuses du Pérou.

WETTSTEIN , nom de plusieurs écrivains et théologiens. V. Wutstein.

WETTZ (Jusliuien-Ei-nest, baron de), écrivain protestant allemand qui vivait au xvnc siècle. 11 avait eu une jeunesse assez orageuse lorsque , abandonnant tout à coup les plaisirs du monde, il s'adonna à la lecture de la Bible et aux pratiques d'une ardente piété. L'idée lui étant venue do propager l'Evangile et le luthéranisme parmi les peuplades idolâtres de l'Afrique et de l'Asie, il fonda un séminaire, destiné à recevoir -des élèves en théologie qui y apprendraient les idiomes étrangers, et donna à cette association le nom du Société des amis de Jésus. La diète protestante de Ratisbonne se prononça contre le dessein qu'il poursuivait. 11 se reii-

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dit alors en Hollande, fit venir h Amsterdam les élèves en théologie qu'il avait réunis; mais il ne put obtenir des Etats l'autorisation d'y établir son institut. De Wetz, forcé de renoncer à son entreprise, se lit recevoir pasteur , quitta l'Europe et alla lui-même évangeliser les sauvages, au milieu desquels il mourut on ne sait a quelle époque. Outre des Annonces, des Avis, des Projets, il a publié : Traité sur la vie solitaire et tes moyens de s'y conduire, conformément à ta parole de Dieu (Ulm, 1660).

WETZEL ou WEZEL (Jean-Gaspard), théologien et érudit allemand , né à Meiningen en 1691, mort en 1755. Fils d'un cordonnier, il put faire ses études grâce à la générosité du duc Bernard de Saxe-Meiningen, et, après avoir été quelque temps précepteur, il fut chargé, en 1721, de l'éducation des petits-fils I de ce prince. Plus tard, il devint aumônier de la duchesse douairière de Saxe (1724), puis ! curé de Rœmhild (1728). Nous citerons, parmi | ses écrits : Biographie historique des plus célèbres auteurs de cantiques (Helinsitedt, 1717- 1728, iu-S°); Hymnoloijia sacra- (Nuremberg, 1728, in-S°); Hymnoloijia passionis (Nuremberg, 1723, in-8") ; Histoire ecclésiastique et scolaire de Rœmhild (Rœmhild, 1735, in-s°); Ilymnologia polemica (Arnstœclt, 1737, in-8°j ; Analecta hymnica (Gotha, 1752-1756, 2 vol. in-8°).

WETZEL ou WEZEL (Jean-Chrétien-Frédéiic) , philologue allemand, né en 1762, mort en 1810. Il fut successivement professeur à la maison des orphelins de Bunzlau et au collège de Berlin , et laissa plusieurs ouvrages, qui ont longtemps été classiques en Allemagne, Tels sont, entre autres, sa Méthode abrégée pour apprendre la langue grecque d'après les principes de l'analogie (Leipzig, 1802, in 8°) ot sou Dictionnaire manuel de l'histoire universelle ancienne (Leipzig, 1804, 3 vol. in-8°). Un lui doit, en outre, des éditions de Quatorze discours choisis de Cicéron (Halle, 1801, in-8°), de Cornélius Nepos I (Leipzig, 1801, in-â°), de Justin (Leipzig, 1S00, iu-8°), des Scripta rhelorica minora de Cicéron (Leipzig. 1807, 2 vol. in-8u), etc.

WETZEL (Frédéric-Dieudonné), littérateur allemand, né à Bautzen en 1780, mort en 1819. Il fit ses études aux universités de Tubingue et d'Iéua, suivit à cette dernière les cours de Sohelling, et vécut ensuite du produit de ses travaux littéraires, qui suffisait à peine à ses besoins et à ceux de sa famille. Lorsque Schubert, qui était au nombre de ses amis, fut appelé à Nuremberg (1809), il lui succéda connue rédacteur du Mercure de Franconie de Bamberg, qui, sous sa direction, devint un des premiers journaux de l'Aile magne. 11 avait vu, avec une profonde douleur, se dérouler les événements de 1805 et 1807, qu'il avait prédits l'année précédente dans sun ouvrage intitulé : le Miroir magique, où l'on peut lire l'avenir de l'Allemagne, etc. On a encore de lui deux ouvrages humoristiques : le Rhinocéros (Nuremberg, 1810) et Prologue pour les grands estomacs (Alteubourg et Leipzig, 1815); Essais littéraires (Bamberg, 1814-1818, 2 vol.); Chant» de guerre (Alteubourg et Leipzig, 1815); Jeanne Dure (1817), tragédie, qui, sous le rapport du plan et de l'exécution, et surtout à cause de l'exactitude avec laquelle l'auteur a suivi l'histoire, n'est pas au-dessous de la Pucelle d'Orléans de Schiller; Hermaufried dernier roi de Thuringe, autre tragédie qui appartient aux productions dramatiques les plus orignales de cette époque. Une édition des Poésies complètes et œuvres posthumes de Wetzel a été publiée par Z. Funek (Leipzig, 1838), qui avait t'ait paraître antérieurement : Extraits de la vie de deux poètes E.-T.-YS. Hoffmann et F.-D. Weisei (Leipzig, 1836).

WETZER (Henri-Joseph), orientaliste et théologien allemand, né h Anzefahr (Hesso électorale) en 1801, mort en 1853. Il étudia la théologie et les langues orientales aux universités de Marbourg et de Tubingue, fut reçu, en 1824, docteur en théologie dans cette dernière ville, et partit ensuite pour Paris, où, pendant dix-huit mois, il suivit les cours de Sylvestre de Sacy sur les langues arabe et persane, et ceux de Quatreinère sur la langue et la littérature syriaques. Il découvrit, à la grande bibliothèque de Paris, un manuscrit arabe inédit qui renfermait l'histoire des chrétiens coptes en Egypte, et qu'il publia, en y ajoutant la traduction latine, sous ce titre : Taki- Eddini-Makrizii historia copiorum chrislianorumin Fgypto (Sulzbach, 1828). lieçu, en 1828, privat-docent à l'université de Fribourg en Brisgau, il y devint, la même année, professeur extraordinaire, puis, deux uns plus tard, professeur Ordinaire de philologie orientale, et, dans la suite, y fut successivemnt appelé aux fonctions do doyen, de sénateur, de député, de bibliothécaire provisoire et de bibliothécaire en chef (1850) de l'université. Il se mêla activement, dans le même intervalle, aux agitations que les dissidences religieuses occasionnèrent au sein de cette université ; mais, malgré tous ses efforts pour lui faire conserver son caractère exclusivement catholique, il ne put empêcher l'élément protestant d'y obtenir la majorité. La publication la plus importante do Wetzer est lo Dictionnaire encyclopédique de théologie catholique, dont il dirigea et surveilla la rédaction en commun avec Welto,

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