‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 904 sur 1042 · WEY · texte numérisé non relu

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mais qu'il n'eut pas le temps de publier en entier. Cet ouvrage, dont 1 édition originale a paru à Fribourg de 1851 à 1857, en 12 vol. in-S°, a été traduit en français par J. Gosehler (Paris, 25 vol. in-80 et 1 vol. de supplément). On a encore de Wetzer : Resiitutio vers chronologis rerum ex controversis arianis inde ab anno 325 usque ad anmtni 350 exortarum contra chronologiam hodie receptam exhibita (Francfort-sur-le-Mein , 1827); une traduction allemande de l'Ecriture sainte de l'Ancien et du Nouveau Testament, en collab. avec Van Ess (Sulzbach, 1840, 3 vol. in-S°), et un opuscule, intitulé : l' Université de Fribourg, d'après son origine, son but, ses moyens, sa qualité de corporation et de fondation pieuse, etc. (Fribourg, 1844), où il plaide avec chaleur pour le nviimieu du caractère catholique de cette université. Wetzer était membre de la Société asiatique de Paris et de la Société archéologique du Nord. .

WETZLAR, ville des Etats prussiens (province du Rhin), ch.-l. de cercle, dans un territoire montagneux, à l'embouchure de la Wetzbach et de la Dillin, à 80 kilom. E.-N.-E. de Coblentz; 6,000 hub. Belle cathédrale, gymnase luthérien et catholique réunis. Fabriques de bas, gants, cuir, tabac; tanneries. Ancienne ville impériale, Wetzlar fut donnée en 1815 par le congrès de Vienne à la Prusse. Les Français et les Autrichiens se livrèrent un combat près de ses murs, le 14 juin 179G.

WEVELGHKM, bourg de Belgique, province de la Flandre occidentale, arrond. et à 5 kilom. S.-O. de Courtrai; 4,000 hab. Affinage du lin; fabrication de tissus de tin et de coton. Commerce de colza et de lin.

WEXFORD, ville et port d'Irlande, capitale du comté de sou nom, sur la rive droite de la Slanay, à son embouchure dans la baia de Wexford, à 100 kilom. S.-O. de Dublin ; par 52» 22' de latit. N. et S° 49' de iongit. O. ; 14,000 hab. Elle est régulièrement bâtie, mais ses rues sont généralement étroites, son port est grand et beau, mais peu profond, et, à l'entrée, se trouve une barre qui ne permet pas aux navires tirant plus de 12 pieds d'eau d'arriver à la ville. Fabriques de lainages et exportation de bestiaux, bois, laines, tabacs, etc. Bains de mer fréquentés, Près do la ville on voit une colonne île granit, élevéo en mémoire des exploits d'Abercromby en Egypte. Bâtie par les Danois, qui la nommèrent Wessford, cette ville fut prise par les Anglais en 1170, après un siège de quatre jours. Elle devint plus tard le siège de la grande commatiderie dos Hospitaliers de iiaint-Jean-de Jérusalem dans les lies Britanniques. En 1649, assiégée par Cromwell, elle fut prise par la trahison du commandant du château. Le comté de Wexford, situé au S.-E. de l'Irlande, dans le S. du Leinster, est borné par le canal Saiut-George au S. et à l'E., par les comtés de Wicklow au N., de Kilkenuy et de Tallow à l'O.; 215,000 hectares; 90 kilom. sur 35; 150,000 hub. Quoique généralement uni, on y rencontre quelques montagnes, qui se rattachent à celles des comtés de Wicklow et de Kilkenny. A son extrémité orientale , les Black-Stairs atteignent 812 mètres d'altitude; et c'est dans le groupe de Taruhil que se trouvait, dit-on, le mont Temoras, tant célébré par Ossian. Ce comté renferme beaucoup de terres fertiles et de bons pâturages. On y recueille toutes les céréales, les légumes et les fruits de toute sorte, et on y élève beaucoup de gros et de menu bétail, qui, joints à du grain, ou beurre, du fromage, du suif et de la laine, forment ses principales exportations. Villes principales : Enniscorthy, New-Ross, Gorey, Newtoub:irry.

WEX1CE ou VEXIO, ville de Suède, dans la Gotiiie, chel'-lieu de la préfecture de son nom ou de Krouobcrg, à 410 kilom. S.-O. de Stockolm; 2,200 hab. Siège d'évèchô luthérien; gymnase, bibliothèque publique. Usines à fer. Pour la prélecture de Wexiœ, V. Kronobiirg.

WEY s. m. (ouè). Métrol. Mesure de capacité pour les grains, usitée eu Angleterre, et valant 14 hectol., 539. !l Unité de poids poulies laines, usitée dans Je même pays, ut valant 82 kildgr., 54.

WEY (Francis- Alphonse), littérateur français, né à Besançon le 12 août 1812. Il lit ses études classiques au collège de Poligny, ou il ne reçut qu'une éducation incomplète, et fut ensuite envoyé à Paris par sa famille, qui désirait le voir entrer à l'Ecole centrale des arts et manufactures. Sa vocation l'entraîna vers d'autres travaux, et à peine arrivé, il s'adonna tout entier à la littérature. L'Artiste, le Globe, le Courrier français, la Phalange littéraire et quelques autres journaux accueillirent ses premières productions, qui révélèrent des qualités sérieuses. Charles Nodier, son compatriote, s'intéressa à lui d'une façon toute particulière; il l'initia aux connaissances philologiques et le fit admettre, eu 1834, à l'Ecole des chartes. Wey ne tarda pas à s'y distinguer par les excellents travaux qu'il publia dans le journal de l'école. Tout en se livrant ainsi à l'étude des chartes, il fit paraître une série de nouvelles fort intéressantes. Sa première œuvre remarquée fut le roman des Enfants du marquis de Ganges (1838) qui inaugura dans la Presse le système du roman- feuilleton. ïl avait déjà donné le Sphinx et les Deux mas-

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?ue$ de fer dans le même journal ; le CAetia» ier de Marsan, dans le Siècle; le Diamant noir, la Balle de plomb, Un amour d'enfance, Ottavio Rinuccini et Madame de Fresnes, dans la Revue de Paris. Le principal mérite de ces écrits est un soin très-louable de la fqrme • il n'évite pas toujours la recherche, mais il atteint souvent la concision et l'originalité. De 1837 à 1842, M. Wey parcourut la Belgique, la Hollande, une partie de la Suisse et de l'Italie et le midi de la France. Ou trouve le récit pittoresque de ses voyages dans un livre publié sous ce titre : Scilla e Caribdi et dans une série d'articles publiés dans le Musée des familles. L'enthousiasma est un bon et utile compagnon de route; il soutient, il ranime, il inspire le mépris des fatigues et les fait oublier. Il communique aux récits un reflet de la poésie des lieux parcourus. M. Wey a rencontré l'enthousiasme sur son chemin, et ils ont voyagé de concert. Les Souveni7-s d Oberlund, qui ont paru plus tard sous ce titre : Une passion avant la lettre, ont été écrits sous l'impression de ce sentiment, si bien qu'en le lisant nous voyons non-seulement le pays visité, mais aus?i le visiteur, et nous partageons toutes les sensations qu'il a lui-même ressenties. Deux ouvrages ont surtout contribué à établir la réputation de M. Francis Wey, ce sont les Remarques sur la langue française au xix» siècle (Paris, 1S45) et Y Histoire des révolutions du langage en France (Paris, 184S). Ces fruits de tardives, mais sérieuses études, recommandèrent M. Wey comme écrivain et comme philologue, et le ministre de l'instruction publique le nomma membre du comité de la langue et de l'histoire, puis du comité des travaux historiques et enfin, en 1852, inspecteur général des archives départementales. L'un des membres les plus influents de la Société des gens de lettres, M. Wey en a été président de 1853 à 1805. C'est sous sa direction qu'a été exécuté le Trésor littéraire de la France ( Paris, 1SGG), recueil des morceaux en prose des écrivains français les plus remarquables depuis le xlie siècle jusqu'à nos jours.

Un voyage officiel fournit à M. Francis Wey l'occasion d'appliquer a un pays trèsrestreiiit, mais singulièrement remarquable, l'habitude de voir et le talent de décrire dont il avait déjà donné tuut de preuves dans les ouvrages que nous avons cités plus haut. Invité à dresser l'inventaire pittoresque, historique, littéraire et inoral d'une partie do province redevenue française en 1S59, il le publia sous ce simple titre : la Haute Su voie. Le premier préfet chargé, après l'annexion, d'administrer ce département « s'avisa qu'on ferait bien d'appeler, par un ouvrage de littérature et d'art, l'intérêt public >ur une province qu'il avait été exposé it méconnaître, avant d'y être naturalisé par décret. » M. Wey reçut la mission d'écrire cet ouvrage, et il fit dans ce pays une de ces « tournées officielles qui ressemblent, dit-il, à des voyages de découverte. > Il multiplia ses tournées, porta ses recherches sur tous les points et remplit le programme qu'il s'était proposé. « Explorer à fond dan;; l'histoire et dans la nature, dans les mœurs aussi bien que dans les aspects, arpenter par les sentiers et par les bibliothèques, suivant toutes les directions de l'espace et du temps, un simple coin de terre pour le copier de près, pour le saisir animé de sa vie propre et Je faire apparaître aux lecteurs de manière à leur donner l'illusion d'avoir séjourné là. » Daus la Haute- Savoie, M. Wey, dont nous avons fait connaître les qualités d'écrivain, se montra penseur. Outre les ouvrages que nous avons cités plus haut, on a do il. Wey : un volume do ' Rumans et nouvelles (Paris, 1S43) ; Vie de Charles Nodier (Paris, 1844); Manuel du citoyen, dictioimaire démocratique (Paris, 1848); Manuel des droits et des devoirs, dictionnaire démocratique (Paris, 1848); le -Bouquet de cerises , romuu (Paris , 1S52) ; les Anglais chez eux (Paris, 1S53); Christian, roman (Paris, 1859) ; Gitdas, roman (Paris, 1861); Wyrsch et les peintres bisontins (Besançon, 1S61); Dicte Moon en France, journal d'un Anglais ù furis (Paris 1802); 'Trop heureux, roman (Paris, 1803); enlin, Stetla, comédie en quatre actes, représentée au Théâtre-Français en 1852, et qui eut peu de succès ; Rome, uescriptiou et Souvenirs (1871, in-4"); Chronique du siège de Paris (1871, iu-12). M. Wey a publié, en outre, plusieurs articles daus les Français peints par euxmêmes:

WEYDALOTE s. m. (vèî-da-lo- te). V.

WliJDALOTK.

WEYDELOTE s. m. (vèî-de-lo-te). V.

WKJDALOTUI.

WEYDEiV l'Ancien (Rogier van DliR), peintre flamand, connu en Italie sous lo nom de uiaoslro Rugpicri (Rugerius Brugicuaiti, Rogeriu»Gal!icuii),nè à Tournai en 1399 ou 1400, mort en 14G4. Sou véritable nom était Roger db Le Pasturu, dont Rogier van der Weyden est la fidèle traduction eu flamand. Cesdëtails biographiques, qui ne sont acquis à l'histoire* que depuis quelques années et qui <jnt donné lieu à de nombreuses dissertations et discussions en Belgique, ressortent des documents suivants, extraits d'un ancien registre de lu corporation des peintres tournaisiens : « Rogelet de Le Pasture, natif de Tournay, commencha non apresure (apprentissage) le cin-

WEYft

tmfi

quième jour de mars l'an rail CCCC vingt-six.

Et fut sqn maistre muistre Robert Cnnpin,

paintre. Lequel Rogelet a parfaict son npresure deument avec son dit maistre. » Et plus

loin : « Maistre Rogier de Le Pasture, natif

de Tournay, fut reçeu k la francise du mestier des paintres le premier jour d'aoust l'an dessus dit (1432). » Le compte annuel de la corporation pour 1463-1464 donne le renseignement suivant : « Item, payet pour les chandelles qui furent mises devant saint Luc, k cauze du service (mortuaire) de mais-

tre Rogier de Le Pasture, natyf de cheste ville de Tournay, lequel demorait à Bronselles, pour ce : iiij gros 1/2. « Enfin, M. le comte de Laborde, dans son livre sur les Ducs de Bourgogne, a publié un extrait des mémoriaux do l'abbaye de Saint-Aubert, de Cambrai, ainsi conçu : « Le XVI de jung l'an LV, je Jehan, abbé, marchanday k maistre Rogier de Le Pasture, maistre ouvrier de painture de Bruselles, un tableau, etc. ■ De ces diverses pièces, il résulte que l'artiste qui se rendit célèbre à Bruxelles vers ' ie milieu du xve siècle sous !e nom de Rogier van der Weyden était né k Tournai d'une famille nommée de Le Pasture, qu'il s'affilia en qualité d'apprenti à la corporation des peintres tournaisiens en 1426, qu'il étudia pendant plus de six ans sous la direction de Robert Oaupin, artiste sur lequel nous n'avons absolument aucun renseignement, et qu'il fut reçu maître en 1432, l'année même où Jean van Eyek terminait le fameux retable de V Agneau mystique, k Bruges.

Longtemps, sur la foi de Vasari et de Barthélémy Facius {Liber de viris illustribus), on avait cru que c'était il l'école même île Jean van Eyek que s'était formé Rogier. Celui-ci ne quitta sa villa natale qu'après 1432. Sa réputation aurait été établie avant cette date, c'est-à-dire avant qu'il eût reçu le titre de maître, s'il était vrai, comme l'assure Waagen, que le triptyque qui figure sous son nom au musée de Berlin (n« 534 a) et dont le sujet central représente une Pietd, eût été envoyé en présent au roi d'Espagne, Juan II, par le pape Martin V, qui mourut en 1431 ; mais il faut croire, selon nous, que ce triptyque, s'il est bien l'œuvre de Rogier, a été exécuté pour un autre pape (Eugène IV ou plus vraisemblablement Nicolas V), Ce qui est certain, c'est que Rogier était déjà établi à Bruxelles avec sa femme et deux enfants le 21 avril 1435. Le 2 mai de l'année suivante il remplissait déjà les fonctions de peintre ou « pourtraicteur • de cette ville, et il les conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 16 juin 14G4. 11 fut chargé en cette qualité de décorer la salle de justice de l'hôtel de ville et i! y peignit trois grands tableaux relatifs l'un à Herkenbald (juge à Bruxelles an xig siècle, qui exécuta de ses propres mains son neveu, coupable d'avoir déshonoré une jeune tille), et les deux autres k la justice do Tiajan. Ces peintures, dont Albert Durer a parle avec éloge dans la relation de son voyage dans les Pays-Bas, se voyaient encore dans leur place primitive au xvno siècle. On pense qu'elles ont disparu dans l'in-

• cendie de l'hôtel de ville, lors du bombardement de Bruxelles en 1695. Il parait, s'il faut en crotfe Facius, que Rogier avait orné aussi de peintures admirables une église de Bruxelles (Urusellx xdem sacrum pinxit absolutissimi operis), mais il n'existe aucune trace de ce grand travail. Facius, qui écrivait vers le milieu du xve siècle, nous apprend encore que Rogier était à Rome en 1450, l'annéa du jubilé, et il signale de visu plusieurs tableaux de ce maître : à Gènes, une Femme sortant dit bain et épiée par deux jeunes gens; h Na« [des, dans le palais du roi Alphonse, la Vierge apprenant l'arrestation de Jésus et diverses scènes de la Passion; à Ferrure, une Déposition de croix. Ce dernier ouvrage est également mentionné par Cyriaque d'Ancône (Antichita picene, de Colucci, tome XV) qui dit l'avoir vu, le 8 juillet 1449, chez Leonello d'Esté, marquis de Ferrure, et qui en fait un éloge enthousiaste. Faut-il croire, avec quelques auteurs, que Rogier exécuta ce tableau à Ferrare même et qu'il s'arrêta assez de temps dans cette ville pour y enseigner l'art de peindre à l'huile, qu'il aurait lui-même appris de Jean van Eyek? Vasari dit que celui-ci étant devenu vieux révéla son secret à Rogior de Bruges, son élève et que Rogier, à son tour, communiqua ce secret à Atisse, son disciple, et à d'autres. Rogier n'était guère plus âgé que Jan van Eyck ; nous avons vu qu'il ne l'eut pas pour maître, mais il n'est. pas impossible qu'il l'ait connu après avoir quitté Tournai, en 1432, et qu'il ait rei,u de lui quelques conseils et même quelques leçons sur la manière do peindre à l'huile. Wuoi qu'on en ait dit, les Van Eyek ne tirent point un mystère de leurs proceués; bien avant d'être arrivé a la fin de sa carrière, qui fut du reste assez courte (il mourut en 1441), Jean avait initié de nombreux élèves k sa méthode. Que Rogier ait propagé cette méthode à, Ferrare, à Rome, à Najites même, en même temps qu'Antonello de Messine l'enseignait à Venise, cala n'a rie» d'invraisemblable Laussi croit même qu'il travailla aussi à Venise; il en donne pour témoignage un tableau de Saint Jérôme entre deux vierges, qui se voyait de son temps au palais Naiini, et sur lequel il a lu cette tière inscription; Sumus lluggieri manu (nous tommes sortis de la main de Rogier); il

ajoute : t Cet ouvrage, qui annonce plus do talent quant au coloris que quant au dessin, est peint sur du sapin de Venise, et non sur du chêne de Flandre. » Ce Saint Jérôme est aujourd'hui au musée de Berlin ; il a été étudié attentivement par.de savants connaisseurs, notamment par Waagen et par M. N. Crowe et Cavalcaselie ; ils ont déclaré qu'il n'avait rien de commun avec les productions de Van der Weyden et qu'il devait être classé parmi les œuvres de l'école lombarde ou vénitienne. On ne sait pas combien de temps Rogier séjourna en Italie. Suivant M. Wanters, des actes conservés dans les archives de Bruxelles prouvent que de 1436 à 1449 ce maître remplit régulièrement ses fonctions de peintre ou • pourtraicteur t de cette ville, et nous 'avons vu, d'autre part, que Rogier reçut à Bruxelles, au mois de juin 1455, la commande d'un tableau de l'abbé de Saint- Aubert, à Cambrai. Pour ce qui est de la date de sa mort, 16 juin 1464, elle résulte de documents découverts dans les mêmes archives et qui nous apprennent, en outre, que l'épouse du peintre se nommait Elisabeth Goffuerts. Rogier eut quatre' enfants: CornkiLLE et Marguerite, qui naquirent à Tournai, le premier en 1427, la seconde en 1432 ; Pierre et JEAN, qui naquirent à Bruxelles, le premier en 1437, le deuxième en 1438. Pierre s'adonna seul à la peinture ; il mourut plus que septuagénaire; on pense qu'il fut le père de Rogier van der Weyden le jeune, qui fut reçu franc-maître de la confrérie de Saint- Luc, à Anvers, en 1528, et de Groswin van der Weyden, qui travailla dans la même ville et peignit, en 1535, pour l'abbaye de Tongetloo un triptyque représentant la Mort et 1 Assomption de la Vierge, On a cru retrouver ce dernier ouvrage dans une peinture sur le même sujet qui est au musée de Bruxelles; mais cette opinion a été combattue par M. Fétis.

Parmi les œuvres qui sont attribuées k Rogier van der Weyden l'ancien, la plus considérable est le Jugement dernier, qui appartient à l'hôpital de Beaune (Côte-d'Or) ; c'est un tableau d'autel divisé en neuf compartiments, dont le principal, placé au centre, représente le Christ assis sur l'arc-enciel, quatre anges sonnant de la trompette et l'archange saint Michel pesant les âmes ; quatre des cadres latéraux nous font voir les élus agenouillés sur les nuées et, au-dessous, des morts sortant de leurs tombeaux ; sur les deux panneaux extrêmes sont peints, d'un côté, la porte du paradis gardée par un ange, et de 1 autre, l'enfer où culbutent des damnés; deux petits volets, destinés à couvrir la partie supérieure du compartiment central, représentent des anges portant les instruments de la Passion. Sur les faces extérieures de ce grand retable, l'artiste a peint en grisaille l'Annonciation, Sjiint Sébastien, Saint Antoine et les portraits des donateurs, Rollin, chancelier de Philippe le Bon, et sa femme, Guigonne de Salins. On sait que ce fut pour ce même Rollin que Jean van Eyek peignit sa Vierge, qui est au musée du Louvre. Un autre personnage important de la cour du due Philippe, le trésorier Pierre Rladolin commanda à Rogier, pour l'église de Middelbourg, un triptyque qui est aujourd'hui au musée de Berlin; le sujet central est une Nativité où l'on voit le donateur agenouillé devant l'Enfant Jésus, à, côté de la Vierge et de saint Joseph. Les volets représentent V Adoration des mages et la Sibylle réoélant à Auguste l'avènement dit Christ. Ce triptyque est regardé par le docteur Waagen « comme l'une des œuvres les plus remarquables et les mieux conservées de Rogier van der Weyden. ■ Le musée de Berlin possède deux autres ouvrages qui proviennent l'un et l'autre d'Espagne, la Pielà, dite de Martin V, dont nous avons parlé plus haut, et un triptyque représentant trois scènes de la vie de saint Jean-Baptiste. Au muség Stâdel, ii Francfort, un triptyque, qui passe pour avoir été exécuté par ordre de Pierre et de Jean de Médicis, représente les saints patrons de ces princes, ainsi que ceux de leur famille, saint Côme et saint Damien entourant la Vierge et l'Enfant Jésus. A la pinacothèque de Munich, il y a deux ouvrages de Rogier, un Saint Luc peignant la Vierge et un triptyque qui a été attribué à Jean van Eyek et qui représente l'A dora lion des rois, Y Annonciation et la Présentation au temple. Au musée de Vienne, sous le nom de Martin Sehongauer , ligure un Crucifiement que MM. Crowe et Cavalcaselie ont reconnu étro un ouvrage de Rogier ; cette attribution a été confirmée par Waagen. Ce dernier savant a signalé aussi comme étant du même maître un triptyque du musée d'Anvers, qui ornait autrefois l'autel d'une église de Dijon, et qui représente les Sept sacrements. Dans l'église deLouvain estime Déposition de croix, qu'une inscription, récemment découverte, nous apprend avoir été peinte en 1443 pour la famille Edelheer; or, il résulte d'un document, publié par M. Ruelens, que ce fut Rogier que cette famille chargea de l'exécution de ce retable. D'autres ouvrages, attribués à ce maître, se voient dans la gulerie du marquis de Westminster, kGrosvenor-House, dans la galerie de Kensirigton et dans la collection de M. Van Houthem, à Bruges. Le Louvre no possède rien de ce maître.

Les œuvres de Rogier van der Weyden révèlent l'influence de Van Eyek. • Sa ma-

niàre de comprendre le côté moral de l'art, dit Waagen, le rapproche bien plus de Hubert que de Jean; comme Hubert, il traita avec un vif enthousiasme le mysticisme du moyen agej par la pureté du style des draperies, il tient davantage encore de Palné des deux frères; mais il ressemble à Jean par sa façon magistrale de rendre les objets et par le peu de soin de la beauté qu'on remarque parfois dans ses ouvrages. La préoccupation trop absolue du réel le conduisit même quelquefois à représenter des objets repoussants et sans goût. Ainsi, les uns sont maigres, les doigts trop longs, les pieds, surtout dans ses premiers ouvrages, mal conformés. Sa couleur, en revanche, sans égaler en profondeur celle du maître, possède une étonnante vigueur. »

WEYER (Sylvain van de), homme d'Etat et littérateur belge, né a, Louvain en 1803, mort en 1874. Il étudia le droit à. l'université do sa ville natale, exerça quelque temps la profession d'avocat à Bruxelles et fut nommé bientôt après conservateur de la bibliothèque de cette ville. Il s'adonna, dès lors, de préférence aux travaux littéraires et publia à Louvain, en 1825, une édition des œuvres philosophiques de François Hemstershuys, fils du savant philologue de ce nom. Dans une Lettre à M. Munch sur la tangue nationale, il fit preuve pour le français d'une préférence qui lui attira, en 1829, une vive polémique avec Willems. Cette question de langue fut l'une de celles qui contribuèrent le plus à envenimer les conflits qui existaient alors entre le peuple belge et ses gouvernants. A la même époque, M. Van ite Weyer devint l'un des rédacteurs de l'influent Courrier des Pays- Vas, l'organe principal du parti populaire, et, lorsque M. de Polter fut persécuté par le gouvernement, sous prétexte de rébellion, il fut l'un de ses défenseurs et se révéla, pour la première fois, comme un avocat éininent. De Potterfut condamné et Van de Weyer destitué de sa place de bibliothécaire; mais la révolution de Juillet en France et celle de Belgique, qui eu fut la conséquence, arrivèrent si peu de temps après qu'il eut à peine le loisir de regretter la perte de son emploi. Il fut alors nommé l'uirdes membres du comité de sûreté, chargé de rétablir l'ordre à Bruxelles après le départ des autorités hollandaises, pois membre du gouvernement provisoire formé le 24 septembre. Au commencement .de novembre, il fut chargé d'une importante mission en Angleterre, et réussit à faire agréer au gouvernement anglais la proposition de réunir à Londres une conférence des grandes puissances dans le but de consolider la nouvelle constitution belge. Il assista luimême à cette conférence et contribua éminemment à en amener l'heureuse issue. Sous la régence de Surlet dé Chokier, il fut appelé au ministère des affaires étrangères, et, en cette qualité, proposa le prince Léopold ciiiimi; candidat au trô.ie. 11 parvint k iaire accepter ce prince, et les trente-cinq années de prospérité dont la Belgique a joui sous son règne ont prouvé qu'il l'avait bien jugé. Après son avènement, Léopold le nomma ambassadeur à Londres; mais, en 1845, à la chute du ministère Nothomb, il le rappela de ce poste pour le mettre à ia tête du nouveau cabinet. N'ayant pus réussi, comme il l'espérait, k mettre d'accord les catholiques et le3 protestants sur l'enseignement public, M. Van de Weyer alla, dès l'année suivante, reprendre k Londres ses fonctions, qu'il conserva jusqu'en 18G7. On a de lui.: Choix d'opuscules philosophiques, historiques, politiques et littéraires (1803-1869,2 vol. in-iî) et deux brochures relatives à la question belge, et publiées, sous les pseudonymes de Victor do La Marre et de Geubcau île Ko»pocl.

■WEYER (Jean), célèbre médecin belge. V. Wier.

WEYERMAN (Jacques-Campo), peintre et littérateur hollandais, né k Bréda en 1679, mort en 1747. Après avoir fait des études complètes, il étudia la peinture dans l'atelier de Ferd. van Kessel et acquit de bonne heure une certaine réputation comme peintre do fleurs et de fruits. Mais le dérèglement de sa conduite l'empêcha de-se faire une position indépendante. Il habita successivement Londres, Anvers, Lille et Paris, s'adonnant partout aux plus honteux excès, partit ensuite pour l'Italie et prit à Rome le nom de Campo. Mais il fut bientôt après obligé de sortir de cette ville pour échapper aux poursuites que lui attirait l'enlèvement d'une femme. Il se rendit alors en Allemagne et finit par revenir en Hollande, où, en 1739, il fut condamné k plusieurs années d'emprisonnement pour avoir attaqué dans une pièce de vers les directeurs de la Compagnie des Indes. Il termina ses jours en prison. Entre autres écrits, on a de lui les suivants : VMermès d'Amsterdam, tableau poétique et satirique (Amsterdam, 1723, 2 vol. in-4u); Histoire de ia papauté on Tableau des faussetés et des croyances erronées qui ont été introduites peu à peu dans l'Eglise (Amsterdam, 1725-1728, 3 vol. in-4°); lo Subtil /termite épiant du fond de sa cellule, à l'aide de sa lunette qui porte fort loin, les défauts cachés des hommes (Amsterdam, 1728, in-4°); Vies des peintres hollandais (1729-1769, 4 vol. in-*»), etc.

WEYERSHEIM, ancien bourg de France

^EYÎ*

(Bas-Rhin), arrond. et a 16 kilom. de Strasbourg, cédé à la Prusse par le traité de P'ranefort (10 mai 1871) et qui fait partie depuis lors de l'Alsace-Lorraine; 2,180 hab. Filature de laine, fabrique de poterie de terre.

WEYLAND (Auguste-Théophile), médecin allemand contemporain, né h Weininr. Reçu docteur k Iénn en 1831, il exerce k Paris depuis 1833 et a publié: Traité du choléra asiatique (1831); Notice sur les dépôts mortuaires en Al lemagne ( 1 834) ; Galerie des médecins célèbres de toutes les époques, écrit en allemand. Enfin, il a traduit du français en allemand les Leçons orales de Dupuytren, l'Onanisme de Des:landes et l'Hygiène des femmes nerveuses du docteur Aubert.

■ WEY9IER (Marguerite-Georges), artiste dramatique française. V. Gkobges. (M11*}.

WEVMOUTI1, bourR et paroisse d'Angleterre (Dorset), k l'embouchure de la Way dans la Manche et k 12 kilom. S. de Dorchester ; 12,000 hab. Les deux villes de Weymouth et de Meïcomb-Regis, séparées par un pont qui établit la communication entre les deux quais du port de Weymouth, mais réunies sous la direction d'une seule municipalité, ne forment plus aujourd'hui qu'une même ville portant le nom de Weymouth.

Principal port du comté de Dorset. Bains de mer fréquentés. Presque toutes les importations s'effectuent par des navires anglais ; les navires étrangers y viennent rarement; Weymouth se divise en ville vieille et en ville neuve ; celle-ci est désignée sous lo nom de Melcomb-Regis et est reliée à l'ancien Weymouth par un pont construit en 1770. Au centre de la grande esplanade de la nouvelle cité, esplanade formée peu k peu par les décombres qu'on y jetait autrefois, s'élève le monument de George III. Une belle promenade publique, d'une étendue de plus d'un mille et demi, domine la mer. Les principaux édifices sont : l'église Sainte-Marie, bâtie en 1855, ornée d'un tableau représentant la cène, par sir James Thornhill, député au Parlement sous George II; l'église Saint- Jean, construite en 1850, édifice vaste et assez imposant; l'hôtel de ville, commencé en 1837, inauguré k l'occasion du couronnement de la reine Victoria; le marché; plusieurs écoles publiques dues au docteur Coule et pouvant recevoir 600 enfants des deux sexes; un. théâtre; plusieurs maisons da conversation; le Koyul Lodge, habitation de George III et de sa femme pendant leur séjour k Weymouth. L'établissement de bains, où l'on peut prendre au choix des bains de mer ou des bains d'eau douce, est aménagé avec un profond sentiment du confortable.

— Histoire. Weymouth est une ville fort ancienne-nmis sa prospérité actuelle, dont la source est dans son établissement de bains de mer, le plus en vogue de toute la côte, ne remonte pas au delà de ce siècle. Sous Edouard III, on la voit figurer parmi les villes qui durent contribuer pour une certaine quantité de vaisseaux k l'expédition du roi en Gascogne. Plus tard, la ville fournit, lors du siège de Calais, 80 navires et 264 marins. En 1471, c'est à Weymouth que débarqua Marguerite d'Anjou, revenant do France pour replacer son marLsur le trôno d'Angleterre. Trente ans plus tard, Philippo de Castille fut jeté sur la même côte par uno tempête et retenu captif jusqu'à ce qu'il eût pu en référer au roi. En 1588,, Weymouth contribue pour 6 vaisseaux aux armements faits en vue de résister kl'invincible Armada de Philippe II. Depuis cette époque jusqu'au milieu du xvm6 siècle, aucun épisode na vient rappeler Weymouth k l'attention de l'histoire. Après une période de prospérité relative, la ville était tombée au rang infime d'un village de pêcheurs, lorsqu'en 1763 un riche particulier, nommé Ralph Allen, étant venu prendre des bains de mer dans la baie de Weymouth, répandit dans la haute société le bruit de l'excellence de cette station de bains. Il n'eu fallut pas davantage pour rendre subitement k la ville une animation et une vie qu'elle ne connaissait plus depuis longtemps. Enfin, en 1789, George III et la reine, sa femme, vinrent k leur tour s'installer a Weymouth, et ce séjour royal mit le sceau k la nouvelle prospérité de la ville. Depuis lors, Weymouth n'a cessé d'êlre la ville de bains fréquentée par la haute aristocratie anglaise.

WBVMOUTH, bourg des Etats-Unis (Massachusetts), k 16 kilom. S. de Boston ; 3,900 hab. Fromages estimés.

WBYPBECHT (Charles), marin et voyageur autrichien, né k Trieste vers 1843. Il fit ses études k 1 académie militaire da Fiume, puis attira par sa vive intelligence l'attention do l'amiral Tegetthoff, qui l'attacha en 1867 k sou état-major lors du voyage de la Nooara au Mexique, pour rapporter les restes de l'empereur Maximilien. M. Weyprecht était lieutenant lorsqu'il prit part, avec le lieutenant Payer, au voyage de l'isbjovn dans In mer Polaire, de juin à septembre 187 1, et parvint jusqu'au 790 degré de iati t. N. L'année suivante, les deux hardis explorateurs firent, sur le Tegetthoff, un nouveau voyage d'exploration entre le Spitzberg et la Nouvelle- Zemble. Pendant cette expédition, qui dura deux ans, le lieutenant Weyprecht découvrit un détroit long de 100 milles sur 90 de large .

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se dirigeant vers le nord et partageant la masse des terres en deux grandes parties. L'expédition s'avança au printemps de 1874 jusqu'à 82° 5' et vit la terre au delà du 83" degré de latit. Elle constata que l'on ne pouvait atteindre le pôle par cette route et que la théorie d'après laquelle il existerait une mer polaire non fermée par les glaces était insoutenable. l-'orcée d'abandonner le navire engagé dans les glaces, l'expédition revint en ir;ilneaux et en bateaux, longea la côte de la Nouvelle-Zemble, rencontra à Dunnenbai , près du cap Bretwin, le Nicolay, commandé par le capitaine russe Th. Wonnin et revint en septembre 1874 en Autriche. En 1875, la Société géographique de Londres a décerné une médaille d'or au lieutenant "Weyprecht. Le récit de son premier voyage a été publié sous le titre d' Expédition polaire de MM. C: Weyprecht et J. Payer, officiers de la marine d'Autriche, en juin-septembre 1871 (Vienne, 1872) et traduit en fiançais par M. Saillet (Brest, 1873, in-8°).

WEYSE (Christophe-Ernest-Frédéric), musicien danois, né à Altona en 1774, mort en 1842. Il reçut de son grand-père, qui était maître de chœurs à Altona, les premières leçons de musique et alla continuer ses éludes à Copenhague sous la direction de Schultz. Il débuta par un opéra, la Grotte de Ludlam, qui posa les bases de sa répmation de compositeur et que suivit en 1809 le Narcotique, dont le succès valut à l'auteur une place ■dans la chapelle de la cour. Depuis lors, Weyse résida à Copenhague, où, en dehors de son emploi, il s'occupa de l'enseignement particulier de la musique. On a encore de lui des opéras, tels que: Floribella et Une aventure au jardin du roi; des ouvertures pour les tragédies do Macbeth et de Earuk; des Sonates pour piano; enfin un recueil intitulé : Cinquante anciens chants de bardes à voix seule avec accompagnement de piano.

WEZEL (Jean -Charles), romancier et auteur dramatique allemand, né k Sondershausen en 1747, mort en 1819. Il fut longtemps précepteur dans une famille de lu Lusace, visita ensuite les principales capitales de l'Europe, puis devint le. poëte dramatique de l'empereur Joseph II, auprès duquel il fut en grande faveur, et s'établit plus tarda Leipzig, où il s'occupa uniquement de littérature. En 1786, il tomba dans un jtat complet de démence, qui dura jusqu'à sa mort. Sa folie consistait à se croire un dieu et à mettre sur . ses œuvres l'inscription Opéra Dei Weselii. Outre un Essai sur ta connaissance de l'homme (Leipzig, 1784-1785, 2 vol.), on a de lui un grand nombre de romans, dont les plus remarquables sont : l'Histoire de iavie de Tobie Knaut le Sage (Leipzig, 1774-1775, 4 vol.) et Hermann et Ulrique (Leipzig, 1780, 4 vol), ainsi que des Comédies (Leipzig, 1778-1W6, 4 vol.), dans lesquelles il semble avoir pris Marivaux pour modèle et qui plaisent plus à la lecture que sur la scène, parce que le dialogue y est souvent trop précipité et trop concis. Il entreprit aussi de refaire le Robinson, ce qui lui attira une querelle des plus vives avec Campe, et traduisit de l'anglais le Troisième et dernier voyage de Cook. Une brochure qu'il avait publiée Sur la langue, ta science et te goût des Allemands (Leipzig, 1781) dunna lieu à une violente polémique entre lui et le professeur Platner, de Leipzig.

WEZEL, nom de plusieurs écrivains. V.

Wbtzel.

WE7.IK.ON, village et paroisse de Suisse, can t. de Zurich, bailliage et à 6 kilom. N. do Gruningen ; 3,500 hab.

WHALLEY (Pierre), critique anglais, né à Rugby en 1722, mort en 1791. Il fit ses études à Uxlord.y devint en 1743 fellota du collège Saint- Jean, entra ensuite dans les ordres, et, après avoir rempli dans diverses paroisses les fonctions de sou ministère, obtint, en 1768, la classe de grammaire à l'hôpital du Christ, à Londres, d'où il passa en 177G à Southwark, en qualité de directeur de l'école et de juge de paix de cette ville. On a de lui : Essai sur ta méthode d'écrire l'histoire (Londres, 1746) ; Jlecherches sur l'érudition de Shakspeare (Londres, 1748) ; Défense de l'évidence et de l authenticité des Evangiles (Londres, 1753); Histoire des hôpitaux royaux de Londres, ouvrage dont sa mort arrêta la publication. Il avait aussi donné une édition dus Œuores de Ben Johnson (Londres, 1756, 7 vol. in-S°).

WHAMPOA ou HOUANG-FOU, port de Chine, dans une île du Pe-hiang, k 3 kilom. au-dessous de Canton. La tour ou pagode de Wliainpoa, appelée Haï-ngéou-tah ou Pi-patchéou-tuh, s'élève au milieu de l'Ile. Elle a été bâtie à la tin du xvia siècle, a 9 étages et 56 mètres de hauteur. La France a obtenu, en 1745, du gouvernement* chinois, le droit de s'établir sur cette lie en payant 100 taels par navire français. C'est la que s'arrêtent les navires européens qui font du commerce avec Canton. Un traité y fut signé entre la France et la Chine le 24 octobre 1844.

WHARF s. m. (ouarf — mot anglais). Sorte de pont en planches supporté par des poteaux de bois, qui s'avance dans la mer, et qui sert au chargement et au déchargement des navires.

WHABNCLIFFE (James-Archibald StuaKT Wohiley Mackknziis, lord), homme d'Etat

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anglais, né en 1776, mort en 1845. Entré d'abord dans l'armée, il fit deux campagnes au Canada (1792-1795) et au Cap de Bonne-Espérance (1796-1797), quitta le service en 1801 et devint peu après membre de la Chambre des communes, où il ne se fit cependant connaître comme orateur qu'en 1812, à l'occasion de l'assassinat du ministre Perceval. Entré à la Chambre des lords à la mort de son père (1826), il fut en 1831 l'un des adversaires les plus acharnés du bill de réforme, et, en 1834, fut appelé k faire partie, comme lord du sceau privé, du cabinet tory formé par Robert Peel et qui tomba en avril 1S35. Lors du retour des conservateurs au pouvoir en 1841, il fut nommé président du conseil et, pendant les sessions de 1342, 1843 et 1S44, fut l'orateur du cabinet, car à celte époque le duc de Wellington et lord Aberdeen ne prenaient que fort peu de part aux débats. On doit à Wharncliffe, qui s'occupait aussi de littérature, une édition des Lettres de lady Wortley Montague.

WHAUTON (Thomas), anatomiste anglais, né dans le duché d'York en 1610, mort k Londres en 1673. Il fit ses études médicales k Cambridge et à Oxford, prit en 1647 le grade de docteur et alla alors se fixer à Londres, où il fut admis en 1650 dans le collège de médecine. Il exerça avec beaucoup do succès, devint professeur au collège de Giesham et acquit une grande célébrité par la publication de son traité des glandes, dans lequel se trouve consignée sa découverte des conduits salivaires des glandes sous-maxillaires. Ce traité a pour titre : Adenographia, sive glandularuni totius corporis descriplio (Londres, 1665, in-8°). C'est le seul ouvrage que l'on ait de Wharton.

WHARTON (George), astronome anglais, né k Kirby-Kendal (Westmoreland) en 1617, mort en 1681. Il lit ses études à l'université d'Oxford, s'y appliqua surtout aux mathématiques et k l'astronomie et vécut ensuite dans la retraite, occupé de paisibles travaux, juqu'au moment où éclata la révolution d'Angleterre. Il leva alors, à ses frais, un régiment de cavalerie, avec lequel il, rejoignit l'armée royale et se signala en diverses rencontres, notamment à Stow-on-the-Would (mars 1645), ou il fut blessé. Après la chute définitive de la cause royale, il se rendit à Londres, et, comme il avait sacrifié toute sa fortune pour cette cause, il se créa des ressources en composant des almanachs ; mais ayant eu l'imprudence d'y insérer des allégories satiriques et des prédictions relatives aux affaires du temps, il s'attira la colère du Protecteur et fut enfermé dans le château de Windsor. Il y trouva également prisonnier le célèbre William Lilly, dont il facilita l'évasion peu après. Rendu lui-même k la liberté, il mit une prudente réserve dans sa conduite et se tint silencieux jusqu'à la restauration, qui le rit baronnet et payeur do l'artillerie. On a de lui différents écrits qui ont été recueillis et publiés après sa mort par Godbury (1683, in-S°).

WHAUTON (Thomas, marquis de), homme d'Etal anglais, né vers 1640, mort en 1715. Membre de la Chambre haute sous Charles II et Jacques II, il siégea constamment dans les rangs de l'opposition, donna, k ce qu'on croit, l'esquisse de la fameuse invitation à Guillaume d'Orange, qui le nomma k sou avènement (1683) contrôleur du palais, juré du conseil privé, puis lord lieutenant du comté d'Oxford. Au commencement du règne de la reine Anne, il fut dépouillé de la plupart de ses dignités, reprit dans la Chambre des lords son système d'opposition à la cour, fut nommé vice-roi d'Irlande (1708), fonction qu'il ne remplit que pendant deux ans, etdevint-sous George 1*' lord du sceau privé, marquis de Wharton et de Malmesbnry. Lo marquis de Wharton. avait .été marié deux fois, d'abord à Anne Lee, dont il n'eut pas d'enfants, puis à Lucie Loftus Lisburne, dont il eut un lils. Ces deux dames cultivèrent la littérature, et l'on peut lire le portrait et quelques écrits de la première dans les tomes 1 et 11 de la Collection de Nichols ; Waller, de son côté, loue beaucoup la traduction qu'elle avait faite du lui* chapitre d'Isaïe. On a de la seconde quelques vers d'amour intitulés A Cupidon, insérés également dans le recueil de Nichols. Enfin, selon toute vraisemblance, le marquis de Wharton lui-même fut l'auteur de la fameuse ballade de Lilliburlero, écrite contre le comte de Tyrconuel, qui avait été créé en 1686 lord lieutenant d'Irlande par Jacques 11. On sait que cette chanson contribua beaucoup à amener la révolution de 1688 et devint le signe de ralliement des orangistes. Cet homme d'Etat, en raison de ses capacités et surtout des services qu'il avait reudus k son parti, fut toute sa vie l'objet de la haine et des attaques des tories. Swift a fait de lui deux portraits, dont l'un, qui est loin d'être flatteur, se trouve dans l'ouvrage du doyen intitulé: les Quatre dernières années de la reine Anne; l'autre, qui est daté de Londres, 30 août 1710, est, suivant l'expression de l'Engtish Cyciopxdia, « une concentration d'amertume et de venin. • Swift y dit, entre autres choses mordantes : « Il supporte les galanteries de sa femme avec l'indifférence d'un stoïcien et les trouve bien compensées par la venue d'enfants qui doivent soutenir sa famille. ■ Os est forcé de conclure de là que les moeurs de

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