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la seconde femme de Wharton laissèrent beaucoup a désirer et il paraît qu'il avait également eu à se plaindre de la première.
WHARTON (Philippe, duc de), hommo polilique anglais, fils du précédent, né en 1698, mort en 1731. I! reçut une éducation brillante, se maria secrètement k l'âge de seize ans, puis se rendit, d'après l'ordre de son père, k Genève, pour y étudier le calvinisme. Après avoir employé son temps à faire des dettes, Wharton quitta cette ville et alla à Avignon, où il offrit ses services au prétendant. De là, il passa k Paris, visita la veuve de Jacques II, à laquelle il lit un gros emprunt, et y continua sa vie de dissipation. De retour en Angleterre en 1717, il artu siéger à la Chambre des pairs, se montra un zélé partisan de la nouvetlo dynastie, prit une part nctive aux débats de la Chambre, bien qu'il n'eût pas vingt ans, et reçut le titre de duc. Mais bientôt il se jeta dans l'opposition et combattit le ministère. En 1723, Wharton, criblé de dettes, ayant dévoré la grande fortune de son père, fut réduit à vivre d'une pension relativement modique. Il fonda alors (3 juin 1723) le Vrai Breton, journal dans lequel il fit une vive opposition au gouvernement jusqu'en février 1724. A cette époque, il quitta l'Angleterre, se rendit à Vienne, puis à Madrid, s'y déclara pour le prétendant, prit le titre de duc de Nortliumberland, que celui-ci luj avait ac-* cordé, se remaria à Madrid (1726), et alla alors à Rome, où il fit profession de catholicisme. N'ayant point reçu l'accueil qu'il espérait, il retourna en Espagne, prit part, dans les rangs espagnols, à l'attaque de Gibraltar, et reçut le brevet de colonel. Mais, accusé en Angleterre d'avoir porté les armes contre son pays, il fut déclaré déchu de touies ses dignités. Quelque temps après, Wharton revint en France, où il mena une vie d'aventurier, s'avilissant de plus en plus, escroquant de l'argent et s'adonnant k l'ivrognerie. De retour en Espagne, il revint à son régiment, fut atteint de paralysie en 1731, et mourut peu après dans un couvent, où il avait été recueilli. Les discours qu'il prononça à la Chambre des lords ont été recueillis et publiés à Londres (1792), avec une notice biographique. On a aussi de lui quelques pièces de vers médiocres.
WHAUTON (Henri), théologien anglais, né à Worstead , dans le comté de Norfolk , en 1664, moit en 1695. Il fit ses études k l'un versitè de Cambridge et, en 1686, devint le secrétaire du docteur William Cave, qu'il aida dans la composition de sa Scriptorum ecclesiasticorum historia litteraria. 11 parait même que sa collaboration k cet ouvrage fut assez considérable pour qu'il demandât à an être désigné comme l'un des auteurs, prétention qui lui attira une violente polémique avec Cave. CeTlemier reconnut cependant, dans la préface de son livre, qu'il devait beaucoup k son jeune secrétaire, et, l'ouvrage ayant été publié en 1688, le nom de Wharton commença k être connu. Il devint, à la même époque, chapelain de l'archevêque Saticroft et fut nommé, en 1689, recteur de Charlhaui, dans le comté de Kent. Il mourut à la lieur de l'âge, épuisé par les travaux auxquois il se livrait, et dont on peut avoir une idée rien que par la liste de ses principaux ouvrages, savoir : Traité sur le célibat du clergé, dans lequel son origine et ses progrès sont considérés au point de vue historique (1688); Aiiglia sacra (Londres, 1691, 2 vol. in-fol.), recueil qui renferme l'histoire des archevêques et des évèques anglais depuis l'introduction du christianisme jusqu'en l'année 1540; Défense des pluralités (1692, in-S°); Bedx venerabilis opéra qusdam theologica (1693, in-40) ; Spécimen de quelques erreurs et omissions dans l'histoire de la information de l'Eglise d'Angleterre de G. Burnett (1693, in-su) ; Histoire des troubles et du procès de l'archevêque Laud (1695, tome I"; 1700, tome II, publié par le père de l'auteur), etc. Apres sa mort parut encore un recueil de ses sermons en deux volumes.
WHATELY (Thomas), chirurgien anglais, mort en 1821. Il se lit une grande réputation dans le traitement des maladies de lu vessie et de l'urètre, et devint membre du collège royal des chirurgiens de Londres. Nous citerons parmi ses nombreux écrits : Observations pratiques sur la guérison des blessures et ulcères aux jambes, sans repos, éclaircies par des exemples (1799, in-8°) ; Observations pratiques sur le traitement de la gonorrhée virulente' chez les hommes (1801, in-8u); Méthode perfectionnée pour traiter le rétrécissement de l'urètre (1804, in-8»), etc.
WHATELY (Richard), économiste et théologien anglais, né k Londres en 1787, mort en 1865. Apres avoir fait ses études k l'université d'Oxford, il devint successivement ! professeur répétiteur au collège d'Oriei (18 11), I recteur d'Halesworth (1822), principal du collège de Saint-Albans Hall (1825) et pro- I fesseur d'économie politique k Oxford (1830). | L'année suivante, il fut promu archevêque I de Dublin et évèque de Ulendalagh, sièges auxquels fut joint plus tard l'évèché de Ivildare. La carrière littéraire de l'archevêque Wttately commença vers 1821. 11 s'était déjà fait connaître par son oppositiou aux doctrines du docteur Pusey et du docteur Newinan. A cette époque, il publia Trois sermons
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sur les devoirs d'un chrétien vis-à-vis du gouvernement et des lois établies, et la môme année un traité anonyme intitulé : Doutes historiques sur Napoléon Bonaparte. Il fit paraître ensuite des Eléments de logique (1826) et des Eléments de rhétorique (1S2S). Le premier de ces deux traités, qui donna en Angleterre une vive impulsion aux études philosophiques, a depuis longtemps pris place parmi les ouvrages les plus importants publiés sur cette science. Nous citerons, parmi ses autres écrits : Essais sur les difficultés qui se rencontrent dans les écrits de saint Paul et d'autres parties du Nouveau Testament (1828); un Essai sur le sabbat (1829); Leçons préparatoires à l'élude de l'économie politique; un Essai sur les erreurs liturgiques à propos du Nouveau Testament (18UI); Recueil de sermons (1831); la Lumière sur la question irlandaise, préseïitée à la Chambre des lords (1832); Pensées sur les peines secondaires (1832); Réplique à l'adresse du clergé, sur l'éducation nationale en Irlande (1832); Introduction à l'économie politique (1832); Leçons sur les épiires de saint Paul (1849); Traité des synonymes anglais (1851); les Essais de Bacon (1856), avec un commentaire fort estimé ; De la philosophie morale de Patey (1859); Leçons faciles sur les monnaies, etc. Au Parlement, Whately combattit généreusement en faveur de l admission des israéirtes dans la Chambre haute et provoqua des mesures en faveur des malheureux Irlandais. Il était, depuis 1848, membre correspondant de l'Institut de France.
WHEATLEY (François), peintre anglais, né àLondri'sen 1747, morten 1801. Son père, qui était tailleur, lui fit donner des leçons pur un peintre médiocre; néanmoins, il rit de rapides progrès et remporta des prix à la Société des arts. Condamné k ta prison pour avoir enlevé une jeune fille, il quitta Londres à l'expiration de sa peine et se rendit k Dublin. En 1791, il fut nommé membre de l'Académie royale. Wheatley fit un grand nombre de portraits et de paysages, genre dans lequel il réussit particulièrement. On cite, parmi ses œuvres les plus importantes, un grand plafond dans le château de Brockett et la Vue d'une séance du Parlement irlandais.
WHEATON (Henri), diplomate et jurisconsulte américain, né k Providence (Etat de Rhode-lsiand) en 1785, mort en. 1848. Après avoir étudié le droit k l'école de sa ville natale, il parcourut, pendant les années 1804 et 1805, la France, la Hollande et l'Angleterre, pour s'y familiariser avec le droit romain, français et anglais, et surtout pour y étudier les différences de ce dernier avec le droit américain. De retour dans sa patrie, il exerça la profession d'avocat, d'abord k Rhode-Island, de 1806 k 1812, puisa New-York, où il fonda, vers la fin de 1812, l'Avocat national, feuille qui acquit rapidement une grande influence. Nommé en 1814 juge-avocat de l'armée, il fut, en outre, de IS15 k 1819, membre de la cour de la marine et publia, dans l'intervalle, un Recueil des tois sur tes captures et les prises maritimes (New-York, 1S15). Nommé, k la même époque, rapporteur près la cour suprême des Etats-Unis k Washington , il fit paraître, en douze volumes (Washiugiun, 1816-1817), un recueil des décisions de cette cour, qui exerça une grande influence sur l'administration judiciaire et sur la jurisprudence américaine. Il publia encore, en 1821, un examen des décisions de la même cour, depuis 1789. Elu, en 1S23, membre de l'assemblée générale de l'Etat de New-York, il devint, en outre, deux ans plus lard, membre de la commission des trois, chargée de reviser la constitution, et prit part, vers le même temps, k l'élaboration d'un nouveau code de droit privé pour l'Etat de New- York. En 1824, il fonda k New -York l'Alhenxum, institut littéraire public, et publia, en 1820, une Vie de William Pinckney. En 1827, il fut envoyé k Copenhague pour y réclamer du gouvernement danois une indemnité pour les bâtiments américains dont les Danois s'étaient emparés pendant la dernière guerre entre les Etats-Unis et l'Angleterre, mais ce ne fut qu'au bout de quelques années qu'il réussit k atteindre le but de samiss'on. Pendant son séjour à Copenhague, qui dura jusqu'en 1833, il consacra ses loisirs k l'étude de la langue, de l'histoire et de l'archéologie Scandinaves, et il écrivit son Histoire des hommes du Nord ou des Danois et Normands (Londres, 1831), qu'il corrigea et augmenta considérablement dans la traduction française qui eu fut faite par P. Guiliot (1844). A ce premier ouvrage succéda une Histoire de ta Scandinavie (Londres 1S58J, puis plusieurs autres travaux sur l'histoire et le droit Scandinaves.
Après différents voyages en France, en Angleterre et en Allemagne, Wheaton était revenu, en 1833, aux Etats-Unis, où il fit paraître un ouvrage sur l'Histoire et les progrès de la législation et de ta jurisprudence en Europe depuis la révolution américaine. Il repartit, dès l'année suivante, pour l'Europe et fut nommé, en 1835, ambassadeur extraordinaire près la cour de Berlin, où il eut k s'occuper surtout des négociations avec le Zollverein. Elevé en 1837 au rang de ministre plénipotentiaire près la même cour, il fut rappelé de ce poste en 1845, passa une année a Paris et repartit, en 1847, pour
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l'Amérique, où, dès son arrivée, il fut nommé professeur de droit a l'université d'Harward ; mais il mourut avant d'avoir pris possession ae cette chaire. La renommée de Wheaton se fonde principnlement sur ses Eléments de droit international (1836), qui ont été traduits en français (Leipzig, 1848, 2 vol. ; 1864, 4e édit.), et sur son Histoire du progrès du droit des gens' en Europe depuis ta paix de Westphalie jusqu'au congrès de Vienne, etc. (Leipzig, 1841 ; 1864,4eédit.),qu'ilavaitécrite an français pour concourir au prix proposé par l'Académie des sciences morales et politiques de Paris. 11 la refit, dans la suite, sur vin nouveau plan et la publia en anglais" sous ce titre : Histoire du droit des gens en Europe et en Amérique depuis les temps les plus reculés jusqu'au traité de Washington (New- York, 1845). Ces deux ouvrages obtinrent un succès universel dans tous les cercles diplomatiques et politiques et fuient traduits dans toutes les langues de l'Europe. Les Eléments de droit international l'ont été, en outre, en japonais (1860), puis en chinois, par Martin (Pékin, 1865, i vol.). Lawrence a écrit pour ces deux traités un Commentaire détaillé, auquel il a joint une biographie de l'auteur (Leipzig, 1858 et années suivantes).
WHEATSTONE (Charles), célèbre physicien anglais, né k Glocester en 1802, mort k Paris le 19 octobre 1875. Issu d'une famille pauvre, il fut placé, comme commis, chez un marchand d'instruments de musique. Là il eut l'idée de fabriquer un violon mécanique et fut amené à faire des recherches sur
I acoustique. De curieuses expériences sur le son, qu'il publia en 1S23, commencèrent k attirer sur lui l'attention des physiciens et furent reproduites dans les Annules de Chimie.
II s'occupa ensuite de la résonnance des colonnes d air, de la transmission des sons dans les conducteurs solides linéaires (1831), inventa le téléphone, lut en 1833, devant la Soeiété royale, un curieux mémoire sur ies figures obtenues quand on sème du sable sur des surfaces vibrantes, essaya d'imiter mécaniquement la voix humaine et construisit une machine parlante qui imitait udmirnblement certains sons articulés. En i834,\Vheatstone fut nommé professeur au liing's Collège de Londres ; mais, absorbé par d'incessantes recherches expérimentales, il abandonna sa chaire au bout de quelques années. < Ce fut en 1834, dit M. Tresca, qu'il publia les expériences à l'aide desquelles il était parvenu à prouver que la vitesse de l'électricité est de même ordre que celle de la lumière. Puis, précisant davantage les éléments numériques de cette étonnante vélocité, qui devait l'occuper B;ins relâche, il indiqua pour la vitesse dtf l'électricité l'énorme chiffre de 333,800 kilomètres par seconde. En 3 837, il publia dans le Quarterly Journal of Scieixce de nouvelles expériences sur le son et la description d'un appareil ingénieux, le kaléidoscope phonique, qui devint le point de départ de l'acoustique optique. L'année' suivante, il communiqua à la Société royale de Londres un mémoire sur une de ses plus remarquables découvertes, les phénomènes de la vision binoculaire et le stéréoscope. Il avait été amené a inventer cet instrument, perfectionné depuis par Brewster, par une théorie entièrement neuve du concours que se prêtent mutuellement les deux yeux pour transmettre le sentiment du relief des corps. Ses expériences sur la vitesse de l'électricité avaient amené Wheatstone à chercher le moyen de s'en servir pour établir des communications à distance. Le 1er février 1838, il prenait k Londres un brevet constatant sa découverte du télégraphe électrique à cadran, puis il perfectionnait son appareil, qui, le premier, fonctionna sur un chemin de fer français, celui de Paris à Saint-Germain, après avoir été adopté en Angleterre sur toutes les lignes existantes. En 1840, l'Académie des sciences de Paris le nomma un de ses membres correspondants. Cette même année, il appliqua le principe do son télégraphe k l'aire lire simultanément en un grand nombre do lieux l'heure donnée par une seule horloge régulatrice. Depuis cette époque, la presque constante préoccupation de l'illustre savant a été d'améliorer la télégraphie it ses applications. Sa création des relais fut comme une nouvelle invention du télégraphe lui-même, puisqu'elle en agrandissait indéfiniment le domaine. On le vit successivement inventer l'appareil de résistance, connu sous Je nom de pont de Wheatstone, pour la vérification des causes de dérangement dans les lignes; le cryptographe indéchiffrable, permettant de modifier à son gré l'alphabet et de rendre les dépèches secrètes; le télégraphe écrivant (18G9), etc. Parmi ses autres inventions, nous citerons ; le pseudoscope, dans lequel les deux images reçues par les deux yeux en face d'un objet quelconque produisent le même effet que ces imagtis retournées produiraient dans le stéréoscope; son photomètre, qui a été adopté dans toutes les usines à guz pour la eom-
araison du pouvoir éclairant do différents ecs; le rhéostat, qui permet de changer brusquement la puissance muitiplicatrice d'un galvanomètre, en allongeant ou raccourcissant la longueur du circuit, par l'établissement ou la soustraction d'une communication convenable établie entre deux bobines; enfin l'appareil à miroir tournant,
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qui a depuis servi de modèle a M. Foucault dans ses recherches sur la vitesse de la lumière, et que M. Wheatstone avait construit pour obtenir celle cla la propagation d'un courant électrique.
• Lors de l'Exposition universelle de Paris en 1855, il fut nommé membre du jury pour la classe chaleur, lumière et électricité, et il reçut alors la croix de la Légion d'honneur. Membre des principales sociétés savantes de l'Angleterre et de l'étranger, il succéda à Liebig le 30 juin 1873 comme associé de l'Académie des sciences de Paris. En 1875, il se rendit à Paris pour montrer à l'Académie des sciences un instrument enregistreur pour les câbles sous-marins. Atteint d'une bronchite aigu8, il fut emporté en quelques jours. (Je savant de premier ordre n'a point laissé d'ouvrage de longue haleine. Ses observations et ses inventions si remarquables et si nombreuses ont été consignées par lui dans un grand nombre de mémoires et de notes. En mourant, il laissa à son fils et à ses trois filles une fortune considérable et légua au King's Collège de Londres sa bibliothèque et ses instruments avec 12,500 francs. 11 lit, en outre, plusieurs donations k des établissements scientifiques.
WHEEIER ou WHELER (sir George), voyageur anglais, né à. Bréda en 1050, mort en 1724. Il ctait encore étudiant à l'université d'Oxford, lorsqu'il partit en 1672 pourle continent. Après avoir employé deux ans à visiter la France et l'Italie, il se rendit en Grèce et dans l'Asie Mineure, où il passa près de huit années à copier les inscriptions, à recueillir des plantes, ou à dessiner les monuments et les monnaies de l'antiquité. De retour dans sa patrie enM68i, il embrassa bientôt après l'état ecclésiastique et fut pourvu de différents bénéfices, en dernier lieu de la cure d'Houghton. On a de lui ; Voyage en Grèce (Londres, 1682, in-fol.), traduit en français (Amsterdam, 1689, 2 vol. in -8°); Description des églises et des lieux d'assemblée des premiers chrétiens dans les Eglises de Tyr, de Jérusalem et de Constantinople (1689) ; le Monastère protestant ou i'Econornie chrétienne,
WHEELER (Hugh-Massy), général anglais au service- de la compagnie des Indes, mort en 1857. Il était uu des vétérans les plus estimés de l'armée anglo-indienne, où il comptait cinquante-quatre ans de glorieux services. Il servait déjà sous lord Luke. Il avait pris part aux guerres de l'Afghanistan, aux deux campagnes contre les Sikhs, etc. 11 commandait la station de Cawnpore, à l'époque do l'insurrection des cipayes de Meerut (13 mai 1857). Il n'avait alors sous ses ordres que 61 artilleurs européens et 3,500 cipayes. Il prit aussitôt ses dispositions. Se croyant certain de recevoir sous quelques jours des renforts suffisants, il résolut de s'enfermer dans un double corps de bâtimentqui servait autrefois d'hôpital. 11 s'entoura d'un retranchement, consistant en un simple fossé, dont la terre rojetée à l'extérieur formait tant bien que mal un grossier parapet. Ce fut dans cet asile si faiblement défendu que vinrent s'entasser tous les résidents européens et leurs familles, environ 700 ou 800 âmes, dont 330 femmes et enfants. Le lendemain 22, un faible renfort arriva de Lucknow, sous la conduite d'un vaillant officier, le capitaine Moore. Une semaine entière s'écoula ensuite (du 22 au 31 mai) sans amener d'incidents nouveaux. Le 31 mai elle l«juin arrivèrent 165 hommes envoyés de Calcutta, l'avant-garde d'un renfort plussérieux: on se crut sauvé. Sir Hugh Wheeler crut mémo pouvoir renvoyer h Lucknow une partie de ses hommes et ne garda que 210 baïonnettes. Mais dans la nuit du 4 au 5, les 3,500 cipayes se révoltèrent et, après avoir pillé le magasin d'armes et la trésorerie, partirent sur la route de Delhi. Mais, arrivés à Kullumpore, ils furent rejoints par le fameux rajah de Bithoor, Nana-Sahlb, qui leur persuada de revenir sur leurs pas et de massacrer les malheureux réfugiés dans le retranchement. Dès le lendemain 7, le feu s'ouvrit, et, nuit et jour, 13 pièces d'artillerie se mirent à battre le faible asile où s'entassait un millier de misérables Européens sous un soleil torride. La résistance fut héroïque. Sir Hugh Wheeler, accablé par l'âge, les soucis, la maladie, avait cessé de pouvoir y prendre une pare active. Le capitaine Moore le remplaçait. Cependant les secours n'arrivaient pas et les vivres commençaient à manquer; les maladies se mettaient en outre dans les rangs des malheureux assiégés. Ce fut alors que Nana-Sahib offrit une capitulation honorable k sir Hugh Wheeler. Ceux qui se rendraient devaient être épargnés et envoyés à Allahabad sur des barques. Là capitulation acceptée de l'avis général le 25 juin, le retranchement fut évacué le 27 , à sept heuresdu matin, et les infortunées victimes s'entassèrent dans les barques. Mais à peine ces barques eurent-elles commencé à nager, qu'une fusillade partit du rivage et vint mitrailler les passagers. Sir Hugh Wheeler périt un des premiers.
WIIEELING, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de la Virginie, à 92 kilom. S.-O. de Pittsburg, sur l'Ohio et a son confluent avec la petite rivière de Wheeling- Creek ; 8,yoohab. Portde commerce très-actif; chantiers de constructions navales.
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WHERBY s. m. (ouèr-rè — mot angl.) Navig. fluv. Embarcation pointue aux deux extrémités, très-inclinée et munie d'une étrave.
WHETSTONE (George), littérateur anglais de ta dernière moitié du xvjo siècle. Après avoir dissipé son patrimoine, il alla faire la guerre dans les Flandres, essaya ensuite vainement de s'enrichir en s'oceupant d'agriculture, fitpartie d'une expédition a, Terre-Neuve,'qui ne rapporta aucun profit, et, de retour en Angleterre, y chercha des ressources dans les travaux littéraires. On a de lui : Excellente et fameuse comédie de Promos et Cassandra (1578), l'une des premières pièces qui aient été publiées en Angleterre ; le Miroir des magistrats, contenant les ordonnances de l'empereur Alexandre surnommé le Sévère (1584) ; le Miroir anglais (1586) ; le Miroir du véritable honneur et de \'a noblesse chrétienne (1585), biographie élo-
fieuse du comte de Bedford ; Sir Philippe ydney, sa vie, sa mort et ses vertus (t5S6) ; Aurëlien ou la Heine des amusements de Noël (1593).
WHEWELL (William), savant et philosophe anglais, né à Lancaster vers l'année 1705, mort k Cambridge, des suites d'une chute de cheval, le 5 mars 1866. Il était fils d'un humble marchand. Il fut élevè'k l'Ecole libre de grammaire de Lancaster, puis au collège de la Trinité de Cambridge, dont il devint successivement membre {fellow), tuteur (ftiiw), professeur (professor) et maître (master) , passant ainsi par les divers grades universitaires anglais. En 1828, il fut nommé professeur de minéralogie, poste qu'il conserva quatre ans, et, en 1838, professeur de philosophie morale. Trois années après, il fut élevé à la maîtrisa (masterskip) et, dans cet office, il s'appliqua activement k introduire dans l'enseignement les sciences naturelles et morales et à élargir ainsi les bases de l'éducation. Il fonda des prix pour encourager les nouvelles études. C'est a lui surtout qu'est due la renaissance de la philosophie k Cambridge. Distingué de bonne heure pour ses connaissances scientifiques, il fut nommé président de l'Association britannique en 1841 et écrivit des rapports sur les marées et sur les théories de la chaleur, du magnétisme et de l'électricité. Il fut aussi membre actif de la S.ociété géologique et de la Société philosophique de Cambridge. En 1855, il résilia ses fonctions de professeur en devenant viee-chaneelier de 1 université.
Whewell était un homme de grandes facultés physiques et intellectuelles, d'un savoir étendu, varié, vraiment encyclopédique, d'une grande hardiesse à aborder tous les sujets de discussion, d'un caractère viril et
fénéreux, incapable d'envie et d'hypocrisie, on principal défaut était une certaine rudesse de formes et une certaine arrogance d'esprit qu'il portait dans la discussion et qui étaient blessantes pour ceux qu'il réduisait au silence ; mais cette âpreté s adoucit avec l'âge, et elle ne put affaiblir l'estime, le respect et l'affection avec lesquels il était considéré comme le représentant et le champion intelligent de l'université. Il était fier de son collège, et l'université était fière de lui. Quelques années avant sa mort, if avait fait bâtir, pour en faire don a son collège, un hôtel de maître (master's hôtel), contenant un certain nombre de chambres pour les étudiants sans grade. Les ouvrages de Whewell sont nombreux. Les plus importants sont : Histoire des sciences inductives (1837) ; Philosophie des sciences inductives (1840). Cet ouvrage en comprend deux, qui ont paru séparés : Histoire des idées scientifiques et Novum Organum renovatum {Y Histoire des idées scientifiques est la première partie de la Philosophie des sciences inductives, le Novum Organum renavalum en est la seconde partie) ; Philosophie de la découverte (1856); Discours sur la moralité systématique (1846) ; Essai sur la pluralité des mondes (1856). Ce dernier fut publié sans nom d'auteur et donna naissance à de vives controverses.
En philosophie, Whewell soutenait vigoureusement les idées et les théories aprioristes contre les doctrines sensationnistes. Il fut le plus puissant adversaire du système qui domine aujourd'hui en Angleterre sons l'influence de John Stuart Mill. Les deux penseurs se tenaient d'ailleurs en haute estime. Mill, dans la préface de sa Logique, n'hésite pas k déclarer • que, sans l'aide des faits et des idées exposés dans l'Histoire des sciences inductives, la portion correspondante do son propre livre n'aurait probablement pas été écrite. »
Le principal objet de discussion entre Stuart Mill et Whewell est la question des axiomes. C'est le point dont part l'opposition radicale de leurs philosophies; il convient de s'y arrêter et de le faire bien connaître. Quel est le fondement de notre croyance aux axiomes ? Sur quoi repose leur évidence? Ce sont, répond Stuart Mill, des vérités expérimentales, des généralisations de l'observation. La proposition : « Deux lignes droites ne peuvent enfermer un espace, > ou, en d'autres termes, • Deux lignes droites qui se sont rencontrées une fois ne se rencontrent plus et continuent de diverger, » est une induction résultant du témoignage de nos sens. Whewell soutient que l'axiome est suggéré, mais non prouvé par l'expérience ; que sa vérité est perçue à priori par la constitution mémo de l'esprit,
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dès l'instant où la signification da la proposition est comprise, et sans qu'il soit oes.oin. de la vérifier par des épreuves répétées, comme c'est nécessaire pour les vérités réellement constatées par l'observation.
C'est aux aprioristes, fait observer Stuart Mill, à établir leur théorie et k prouver que la source reconnue des autres connaissances naturelles ne suffit pas pour expliquer les axiomes. ■ Us ne peuvent nier que la vérité ,de l'axiome: « Deux lignes droites ne peu- » vent enfermer un espace, » serait-elle évidente indépendamment de l'expérience, est évidente aussi par l'expérience. Que l'axiome ait ou non besoin de confirmation, il est, en fait, confirmé presque k tout instant de notre vie, puisque nous ne pouvons pas regarder deux lignes droites qui se croisent sans voir que de ce point d'intersection elles divergent de plus en plus. La preuve expérimentale nous arrive avec une telle profusion et sans qu'il se présente un cas qui puisse seulement faire soupçonner une .exception k la règle, que nous aurions une raison plus forte do croire k l'axiome, même commV vérité expérimentale, que nous ne l'avons même pour les vérités générales acquises, de ra"Ve*u ile tous, par le témoignage dès sens. Nous V croirions assurément, indépendamment <a& toute évidence à priori, avec une'énergie de conviction bien supérieure k celle que nous accordons aux vérités physiques; et cela,. à une époque de la vie beaucoUpmoins'avancêe que celle dont datent presque toutes i.iios connaissances acquises, et trop peu avancée pour admettre que nous ayons gardé quelque souvenir de l'histoire de nos opérations intellectuelles dans ce temps-lk. Où est donc la nécessité d'admettre que la connaissance de ces vérités a une autre origine que celle du reste de nos connaissances, lorsqu'elle s'explique parfaitement en supposant que l'origine est la même ; lorsque les causes qui déterminent la croyance dans touslesautrés cas existent égalementdans celui-ci, et avec un degré de force supérieure, proportionnel k l'énergie supérieure de la croyance ellemême ? La preuve reste k la charge des défenseurs de l'opinion contraire ; c'est k eux. de montrer quelque fait inconciliable avec la supposition- que cette portion de notre connaissance de la nature dérive des mêmes sources que toutes les autres. »
La preuve demandée de la thèse aprioriste, répond Whewell, n'est pus difficile à donner. Si notre acquiescement à la proposition que deux lignes droites nepeuventenfermer un espace provenait des sens, nous ne pourrions être convaincus de sa vérité que par une observation actuelle, c'est-k-direen voyant ou touchant les lignes droites ; tandis que, en fait, elle est reconnue vraie seulement en y pensant. Nos sens peuvent bien percevoir qu'une pierre jetée dans l'eau .descend au fond ; mais la simple pensée d'une pierre jetée dans l'eau ne nous eût jamais conduits a cette conclusion. Or, il n'en est pas de même de l'axiome relatif aux lignes droites. Nous ne pouvons concevoir une ligne droite sans reconnaître du même coup que deux de ces lignes ne peuvent enfermer un espace. Si la seule conception de lignes droites nous en fait connaître telle propriété, le fondementde cette connaissance ne peatêtrele sens. Nonseulement l'évidence de cet axiome n'est pas obtenue par le témoignage actuel des yeux, mais encore il est impossibie qu'elle le soit. Que dit l'axiome? que deux lignes.droites ne peuvent pas enfermer un espace ; que prolongées k l'infini, après leur intersection, elles ne se rencontrent jamais et continuent k diverger l'une de l'autre. Or, comment cela peut-ii être prouvé dans un ;ca«: particulier par une observation directe ? Ou peut suivre les lignes k la distance qu'on veut, mais non k l'infini ; et, quelque soit le témoignage des sens, rien n'empêche qu'au delk du point le |)lus éloigné jusqu'où on les a suivies elles commencent k se rapprocher et finissent par se rencontrer. Si donc nous n'avions pas d'autre preuve de cette impossibilité que celle que donne l'observation, nous n'aurions pas du tout de raison de croire k l'axiome. iNousn'avons jamais vu, enfuit, deux lignes droites renfermant un espace, mais nous osons dire, en outre, sans la moi», dre hésitation, que nous ne le verrons jamais ; et, si quelqu'un venait nous" dire que, suivant son expérience, une telle forme a été souvent vue, nous supposerions simplement qu'il ne savait pas ce dont il parlait. Aucun nombre d'actes d'expérience ne peut ajouter k la certitude de notre connaissance sous ce rapport; ce qui montre que^ cette connaissance n'est pas faite d'actes d'expérience. Nous ne pouvons vérifier une telle connaissance par l'expérience, car pour faire cette vérification nous devons d'abord savoir que les lignes sur lesquelles portera l'épreuve sont droites, et nous n'avons pas un meilleur critère d udroit (ofstrainiglitness) que celui-pi, savoir : que deux lignes droites na peuvent renfermer un espace. Donc, puisque l'expérience ne peut détruire, ni augmenter, ni vérifier notre connaissance axiomatique, cette connaissance ne peut être dérivés de l'expérience. Puisque aucun acte d'espôrience ne peut affecter notre connaissance, aucun nombre d'uetes d'expérience ne peut la produire.»
Stuart Mill opposa k ces argumenta la parfaite ressemblance de nos idées géomé-
WHEW
triques avec les sensations qui les suggèrent, propriété caractéristique qui fait que ces idées se trouvent des objets aussi convenables d'expérimentation que les réalités ellesmêmes. « Nous sommes ainsi, dit-il, en état, d'abord, de nous faire des images mentales de toutes les combinaisons possibles de lignes et d'angles qui ressemblent aux réalités aussi exactement que celles qu'on pourrait tracer sur le papier; et, ensuite, d'expérimenter géométriquement sur ces images aussi sûrement que sur ces réalités mêmes ; attendu que ces peintures, si elles sont suffisamment exactes, manifestent toutes lesproriétés qui seraient offertes par les réalités
un moment donné et par une simple vue. Or, en géométrie, c'est de ces propriétés seules que nous avons à nous occuper, et non de ce qui ne pourrait pas être montré par des images, l'action mutuelle des corps les uns sur les autres. Les fondements de la géométrie seraient, par conséquent, encore dans l'expérience directe, quand même les expériences (qui dans ce cas ne consistent qu'en une inspection attentive) ne s'appliqueraient qu'à ce que nous appelons nos idées, c'est-àdire aux figures tracées dans notre esprit et non aux objets extérieurs. En effet, dans tous les genres d'expérimentation, nous prenons certains objets commodes représentants de tous ceux qui leur ressemblent ; et, en géométrie, les conditions qui rendent un objet npte à. représenter la classe à laquelle il appartient sont complètement remplies par un objet existant seulement dans notre imagination. Sans nier donc la possibilité de s'assurer que deux lignes droites ne peuvent enfermer un espace, en y pensant seulement et sans les voir actuellement, je maintiens que ce n'est pas simplement par l'intuition imaginaire que nous croyons a cette vérité, mais parce que nous reconnaissons que les lignes imaginaires ressemblent exactement aux lignes réelles et que nous pouvons conclure de celles-là à celles-ci avec autant de certitude que nous pourrions conclure d'une ligne réelle à une autre. Far conséquent, la conclusion est toujours une induction de 1 observation. Et nous ne serions pas autorisés .à substituer l'observation de l'image mentale à l'observation de l'objet réel, si nous n'avions appris par une longue expérience que les propriétés de la réalité sont fidèlement représentées dans l'image ; précisément comme nous serions scientifiquement autorisés à décrire, d'après son image daguerréotypée, un animal que nous n'avons jamais vu, mais pas cependant avant d'avoir appris par l'expérience que l'observation d'une image semblable équivaut complètement à l'observation de l'original. Ces considérations détruisent l'objection fondée sur l'impossibilité de suivre oculairement les lignes prolongées à l'infini. Car, bieri que, pour voir actuellement que deux ligues données ne se rencontrent jamais, il fût nécessaire de les suivre à l'infini, nous pouvonscepentlant savoir sans cela que, si elles se rencontrent, ou si, après avoir divergé, elles commencent à se rapprocher, cela doit arriver, non à une distance infinie, mais à une distance finie. En supposant donc qu'il en est ainsi, nous pouvons nous transporter en imagination à ce point et nous représenter mentalement l'apparence qu'offriraient là les deux lignes, apparence à laquelle nous devons nous fier comme absolument semblable à la réalité. Maintenant, soit que nous considérions cette peinture imaginaire, soit que nous nous rappelions les généralisations d'observations oculaires antérieures, c'est toujours le témoignage de l'expérience qui nous apprend qu'une ligne droite qui, après avoir divergé d'une autre droite, commence à se rapprocher produit sur nos sens l'impression qu'on désigne par l'expression de ligne courbe, et non pas celle de ligne droite. >
Whewell réplique en alléguant le caractère de nécessité des vérités axiomatiques, caractère que ne saurait leur donner l'expérience, i Les vérités nécessaires, dit-il, sont celles qui ne nous apprennentpas seulement que la proposition est vraie, mais par lesquelles nous reconnaissonsqu'elledoit être (must be) vraie; celles dont la négation est non-seulement fausse, mais impossible, et dans lesquelles nous ne pouvons pas, même par un effort d'imagination ou par hypothèse, concevoir le contraire de ce qui est affirmé. Qu'il y ait de telles vérités, on ne peut en douter. On peut prendre, par exemple, toutes les relations de nombre; trois et deux font cinq ; nous ne pouvons pas concevoir qu'il en soit autrement. Nous ne pouvons par aucun tour de force de pensée imaginer que trois et deux font sept... L'expérience ne peut pas fournir le moindre fondement à la nécessité d'une proposition. Elle peut observer et noter ce qui est arrivé ; niais elle ne peut, ni dans un cas quelconque ni dans une accumulation de cas, trouver une raison pour ce qui doit arriver. Elle peut voir des objets côte à côte, mais non voir pourquoi ils doivent être toujours ainsi juxtaposés. Elle trouve que certains événementssesuccèdent, mais la succession actuelle ne donne pas la raison de son retour; elle voit les objets extérieurs, mais elle ne peut pas découvrir le lien intérieur qui enchaîne indissolublement le futur au passé, le possible au réel. Ap prendre une proposition par expérience et 70ir qu'elle est nécessairement vraie sont
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deux opérations intellectuelles complètement différentes. » Et ailleurs : « Nous affirmons que sept ethuit fontquinze.Nous trouvonsce résultat si nous le vérifions avec des jetons, ou d'une autre manière. Mais nous ne disons pas là-dessus que cette connaissance estdérivée de l'expérience. Nous nous adressons à nos conceptions de sept, de huit et d'addition, et, aussitôt que nous possédons ces conceptions distinctement , nous voyons que la somme doit être quinze. Qu'on ne parle pas de vérification à faire, car nous ne pourrions croire au résultat apparent de la vérification s'il était différent. Si quelqu'un venait dire que ia table de multiplication est une table de résultats de l'expérience, nous saurions que ce quelqu'un serait incapable de nous suivre dans nos recherches sur les fondements de la connaissance humaine, incapable de poursuivre avec succès des spéculations quelconques sur ce sujet. »
Ici Stuart Mill invoque l'association des idées. L'association des idées lui paraît offrir une explication simple et suffisante du caractère de nécessité de certaines propositions, du caractère d'inconcevabilité des propositions contraires^ « Rien dans la nature humaine, dit-il, de plus universellement reconnu que l'extrême difficulté qu'il y a à concevoir comme possible une chose qui est en contradiction avec une expérience ancienne et familière, ou même à de vieilles habitudes de pensée. Cette difficulté est un résultat nécessaire des lois fondamentales de l'esprit humain. Lorsque nous avons vu ou pensé souvent deux choses ensemble et ne les avons, en aucun cas, vues ou pensées isolément, il y a, en vertu des lois primitives d'association, une difficulté croissante, qui peut à la fin devenir insurmontable, de concevoir ces choses à part l'une de l'autre. Ceci est surtout manifeste chez les personnes sans culture, qui en général sont tout à l'ait incapables de disjoindre deux idées qui se sont fortement associées; et si des personnes d'une intelligence cultivée ont quelque avantage sur ce point, c'est uniquement parce que, ayant plus vu, plus entendu, plus lu, et étant plus accoutumées à exercer leur imagination, elles ont varié les combinaisons de leurs sensations et de leurs pensées, de telle sorte que ces associations indissolubles n'ont pu s'établir dans leur esprit. Mais cet avantage a nécessairement des limites. L'intelligence la plus exercée n'est pas exempte des lois universelles de notre faculté de penser. Si une longue habitude offre constamment à un individu deux faits liés ensemble, et si, pendant tout ce temps, il n'est pas amené, soit par accident, soit par un acte mental volontaire, à les penser séparément, il deviendra probablement à la fin incapable de le faire même avec le plus grand effort, et la supposition que les deux faits peuvent être réellement séparés se présentera à son esprit avec tous les caractères d'un phénomène inconcevable. On voit dans l'Histoire des sciences de curieux exemples d'hommes trèsinstruits rejetant comme impossibles des choses que leur postérité, éclairée par la pratique et par une recherche plus persévérante, a trouvé très-aisées à concevoir et que tout le inonde maintenant reconnaît vraies. 11 fut un temps où les esprits les plus cultivés et les plus libres de tout préjugé ne pouvaient pas croire à l'existence des antipodes ni, par suite, concevoir, à l'encontre d'une association d'idées, la force de gravité s'exerçant en haut et non en bas. Les cartésiens repoussèrent longtemps la doctrine newtonienne de la gravitation de tous les corps les uns sur les autres, sur la foi d'une proposition dont le contraire leur paraissait inconcevable, à savoir qu'un corps ne peut pas agir là où il n'est pas... Si dune il est si naturel à l'esprit humain, même à un degré élevé de culture, d'être incapable de concevoir et, sur cette raison, de juger impossible ce qui ensuite non-seulement est trouvé concevable, mais même est démontré vrai, quoi d'étonuant que dans les cas où l'association est encore plus ancienne, plus confirmée, plus familière, et où jamais rien ne vient ébranler la conviction ni même suggérer quelque idée en désaccord avec l'association, 1 incapacité acquise persiste et soit prise pour une incapacité naturelle?... Pour le cas de cet axiome géométrique, que deux lignes droites ne peuvent enfermer un espace, vérité attestée par les impressions les plus primitives du monde extérieur, comment serait-il possible (soit que la croyance ait pour fondement ces impressions, soit qu'elle vienne d'ailleurs) que l'inverse de la proposition pût n'être pas inconcevable pour nous? Quelle analogie, quel ordre semblable de faits trouverons-nous dans tout 1b domaine de l'expérience pour nous faciliter la conception de deux lignes droites enfermant un espace?... N'est-il pas clair que, de quelque manière que se soit formée d'abord la croyance, l'impossibilité de concevoir la négative doit, dans l'une et l'autre hypothèse, être la même? De même, donc, que le docteur Whewell exhorte ceux qui éprouvent quelque difficulté à reconnaître sa distinction entre les vérités nécessaires et les vérités contingentes à étudier la géométrie, j'exhorte, en retour, avec une égaie confiance, ceux qui partagent Son opinion à étudier les lois de l'association, bien convaincu que rien n'est plus nécessaire qu'un peu de familiarité avec
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ces lois pour dissiper l'illusion qui attribue une nécessité particulière à nos inductions primitives et qui mesure la possibilité des choses en elles-mêmes sur la capacité de l'esprit humain à les concevoir. »
A cette explication associatiorïîste des propositions nécessaires et inconcevables, Whewell fait une réponse générale, où l'on désirerait plus de développements et aussi peui-être plus d'efforts pour se placer au point de vue et pour entrer dans lé cœur de la doctrine qu'il combat. « On a essayé, dit-il, d'expliquer l'origine des vérités axiomatiques en la rapportant à l'association des idées. Mais c'est un des cas où le mot association a été appliqué d'une manière si large et si lâche {so widety and loosely) qu'aucunsetis ne peut y être attaché. Ceux qui ont écrit avec quelque degré de précision sur le sujet ont enseigné avec vérité que l'association habituelle des idées nous conduit à croire à une connexion des choses; mais ils ne nous ontjamaisdii que cette association nousdonnait le pouvoir de former des idées. L'association peut déterminer la croyance, mais elle ne peut déterminer la possibilité de nos conceptions. Le roi africain ne croyait pas que l'eau pût devenir solide, parce qu'il ne lavait jamais vue dans cetétat. Mais cet accident ne lui rendait pas le fuit impossible à concevoir, pas plus qu'il ne nous est impossible de concevoir du vif -argent gelé, ou du diamant fondu, ou de l'air liquéfié, toutes choses que nous n'avons jamais vues, niais que nous n'avons aucune difficulté à concevoir. S'il y avait un philosophe des tropiques réellement incapable de concevoir l'eau solidifiée, cette condition mentale où il aurait été amené devrait être attribuée à des spéculations abstruses sur les relations nécessaires de la solidité et de la fluidité et non à l'association des idées. •
Au commencement de son Navum Orgamun renovatum , Whewell a condensé en aphorismes les principes de sa philosophie. Voici quelques-uns de ces aphorismes :
« L'homme est l'interprète de la nature, la science en est la légitime (righl) interprétation.
» Les sens placent devant nous les caractères du livre de la nature, mais ces caractères ne nous communiquent aucune connaissance, tant que nous n avons pas découvert l'alphabet par lequel il faut les lire.
» L'alphabet au moyen duquel nous interprétons les phénomènes consiste dans les idées qui existent dans nos esprits ; car les idées donnent aux phénomènes cette cohérence et cette signification qui n'est pas un objet des sens.
» L'antithèse des sens et des idées est le fondement de la philosophie de la science. Aucune connaissance ne peut exister sans l'union, aucune philosophie sans la séparation de ces deux éléments.
> La distinction du fait et de la théorie correspond à celle du sens et de l'idée, en tant que nous sommes conscients de nos idées ; mais tous les faits renferment des idées inconsciemment, et ainsi la distinction des faits et des théories n'est pas tenable comme l'est celle des sens et des idées.
• Les sensations et les idées dans notre connaissance "sont comme la matière et la forme dans les corps. La matière ne peut exister sans la forme, ni la forme sans la matière; cependant elles sont distinctes et opposées. Il n'y a possibilité ni de les séparer, ni de les confondre. Il en est de même des sensations et des idées.
> Les idées ne sont pas des sensations transformées, mais des sensations informées ; car, sans les idées, les sensations n'ont pas de forme.
» Les sensations sont la partie objective, les idées la partie subjective de tout acte de perception ou de connaissance.
• Les termes généraux dénotent des concertions idéales, comme un cercle, une orbite, une rose. Ce ne sont pas des images des choses réelles, comme le soutenaient les réalistes, mais des conceptions; ces conceptions sont liées ensemble, non par un simple nom, comme le voulaient les nomitialistes, mais par une idée.
» L'expérience ne peut nous conduire aux vérités universelles et nécessaires; aux"vérités universelles, parce qu'elle n'a pas vérifié tous les cas ; aux vérités nécessaires, parce que la nécessité n'est pas matière dont l'expérience puisse témoigner.
> Les vérités nécessaires tirent leur nécessité des idées qu'elles renferment; et l'existence de vérités nécessaires prouve l'existence d'idées non engendrées par l'expérience.
» L'idée de l'espace n'est pas dérivée de l'expérience, car l'expérience d'objets externes présuppose l'existence des corps dans l'espace. L'espace est une condition sous laquelle l'esprit reçoit les impressions des sens, et par conséquent les relations d'espace sont nécessairement et universellement vraies de tous les objets perçus. L'espace est Une forme de nos perceptions ; il les coordonne [régulâtes), quelle qu'en puisse être la matière.
< L'espace n'est pas une notion générale obtenue par abstraction de cas particuliers ; car nous ne parlons pas d'espaces en général, mais de l'espace universel et absolu. L'espace absolu est infini. Tous les espaces par-
" WHIS
ticuliers sont dans l'espace absolu et en «ont
des parties.
• L'idée de temps n'est pas dérivée de l'expérience , car l'expérience de changements présuppose que des événements ont .lieu dans le temps. Le temps est une condition sous laquelle l'esprit reçoit les impressions des sens, et par conséquent les relations de temps sont nécessairement et universellement vraies de tous les événements perçus. Le temps est une forme de nos perceptions ; il les coordonne, quelle qu'en puisse être la matière.
> Le temps est analogue à l'espace d'une dimension ; les portions de l'un et de l'autre ont un commencement et une fin, sont longues ou courtes. Il n'y a rien dans le temps qui soit analogue à l'espace de deux ou de trois dimensions, etainsi rien qui corresponde à la figure.
> La répétition d'une suite d'événements, par exemple de sons forts et faibles, ou longs et courts, suivant un ordre constant, produit le rhythme, conception particulière au temps, comme la figure l'est à l'espace.
• La forme la plus simple de la répétition est celle dans laquelle il n'y a pas de variété et qui ainsi donne naissance à la conception de nombre.
» L'idée de cause n'est pas dérivée de l'expérience ; car en jugeant les événements que nous contemplons, nous les considérons comme étant, universellement et nécessairement, causes et effets, ee qu'une expérience finie ne saurait nous autorUer à faire. L'axiome que tout événement doit avoir une cause est vrai indépendamment de l'expérience et au delà des limites de l'expérience,
» La conception de force implique l'idée do cause, en tant qu'appliquée au mouvement et au repos des corps. La conception de force est suggérée par l'exercice de l'action musculaire; la conception de matière naît de la résistance que rencontre l'action musculaire. Nous attribuons nécessairement à tous les corps la solidité et l'inertie, parce que nous concevons la matière comme ce qui ne peut être comprimé ni mis en mouvement sans résistance.
i La supposition d'une cause finale dans la structure de chaque partie des animaux et des plantes est aussi inévitable que la supposition d'une cause efficiente pour tout événement. La maxime que dans les corps organisés rien n'existe en vain est aussi nécessairement vraieque la maxime que rien n'arrive par hasard.
■ En contemplant la série des causes et des effets qui constituent le monde, nous admettons nécessairement une première cause de ia série totale. «
Outre les ouvrages dont» nous avons parlé plus haut, Whewell a laissé : Statistique analytique (1834) ; Traité de dynamique (1834) ; Sermons sur le fondement de la morale (1837); Doctrine des limites (iszs); Principes de l éducation de l'université anglaise (1838); la Mécanique des ingénieurs (1841); Notes d'architecture sur les églises allemandes (1842) ; ï'JSuelide mécanique (1843) ; De l'éducation libérale (1845) ; Eléments de moratilé(lSifi) ; Indications-d' un créateur (1846) ; Sermons au collège de la Trinité de Cambridge (1847) ; Traité de mécanique (1847); Jlemarques sur l'éducation libérale (1850) ; Leçons sur l'histoire de la philosophie morale (1852); Sections coniques (1856); Dialogues de Platon (1860).
WHlBAs. m. (oui-ba). Métrol. Nom d'uno mesure de capacité usitée à Tunis, pour les grains, et valant environ 48 litres.
WHICHCOTE (Benjamin), théologien anglican, né en 1610, mort en 1683. 11 fit ses études à Cambridge au collège Emmanuel, dont il fut élu felloto en 1633, prit les ordres en 1636, devint, la même année, l'un des prédicateurs de l'université, et fut, en outre, chargé de faire un cours à l'église de la Trinité. En 1644, il remplaça, comme prévôt du collège du roi, le docteur Collins, qui avait été dépossédé de cet emploi. Whichcote lo conserva jusqu'à l'époque de la restauration, et devint, peu après, curé d'une église de Londres, qui fut détruite par le grand incendia de 1666. 11 fut alors nommé vicaire de Saint-Laurent dans le quartier des juifs k Londres. Whichcote est regardé comme l'un des chefs, sinon comme le fondateur de l'école anglaise latitudinaire de théologie; car il avait adopté ces principes du christianisme qui n'attribuent qu'une minime importance à 1 observation miuutieuse de certains points de doctrine , et était de ceux qui croient qu'un petit nombre seulement de ces points Sont fondamentaux et essentiels. Mais ce fut surtout par ses sermons et par ses cours que Whichcote répandit ses opinions. Ses Observations et apophthegmes, recueillis par un de ses élèves, furent publiés eu 1688 et obtinrent deux éditions. Le premier recueil de ses Sermons fut édité, en 1693, par le troisième comte de Shaftesbury, l'auteur des Caracteristici; trois autres volumes de Sermons lurent publies de 1701 à 1703, d'après les manuscrits de Whichcote,
WH1G s. m. (ouigh. — On sait que le parti da la cour, en Angleterre, appliqua ce mot à ses adveisaires, en les comparant aux paysans d'iicosse, qu'on avait d'abord affubles de ce sobriquet ; mais l'origine primitive da ce terme injurieux est fort controversée :
WHIG
les uns veulent qu'il vienne de l'anglais wigk, voiturier de blé, qui est fait de l'écossais totthig, aller vite ; d'autres le font dériver de wkigaus, mot dont les charretiers .écossais se servaient pour stimuler leurs chevaux, et dont on se servit pour désigner les presbytériens rebelles, qui, persécutés par Charles II, marchèrent alors sur Edimbourg. Plusieurs veulent que ce nom ait eu originairement le même sens que loryt et le font venir d'un mot écossais signifiant voleur de grand chemin. Quelques autres enfin le tirent du mot écossais whig , qui signifie petite bière ou petit-lait, lait aigre, soit parée que c'était là la boisson favorite des paysans sobres, soit par allusion k la roideur et à l'âpreté des puritains. On a dit aussi que lorsque le duc d'York, frère de Charles II, fut obligé de se retirer en Irlande, son parti, qui était très-fort en ce pays-là, réduisait souvent l'autre à fuir dans les montagnes et dans les bois, où quelquefois ces malheureux fugitifs ne subsistaient pendant plusieurs jours que du lait des vaches qu'ils rencontraient^ Les tories, leurs ennemis, les auraient appelés whigs pour leur reprocher leur misère). Partisan de la liberté, chez les Au-
fluis, par opposition aux tories ou partisans a l'autorité : O'Connell n'est ni im whig, ni un tory, ni un radical, à la manière des Anglais,
— Adjectiv. Qui appartient aux whigs ou à leur parti : Ministère whig. Parti whis. Administration 'WHIG.
— Encycl. Les whigs et les tories sont depuis longtemps les deux grands partis politiques de l'Angleterre; à tour de rôle, ils ont gouverné le pays, l'un entrant aux affaires dès quo l'autre en sort. Les premiers, les whigs, ont toujours eu pour but d'amener la royauté, par suite d'améliorations introduites dans la constitution, à développer les libertés intérieures et. la grandeur nationale. Us forment un parti nombreux et puissant, assez comparable à ce qu'on appelle en Franco le parti libéral. Les tories, au contraire, sont les conservateurs, les réactionnaires.
« Partout, dit Maeauluy, vous rencontrez une classe d'hommes qui s'attachent avec passion à tout ce qui est ancien, et mie autre classe d'hommes prompts h l'espérance, hardis en spéculation, marchant toujours en, avant et empressés de découvrir les imperfections de tout ce qui existe, enclins enfin à traiter légèrement les risques et les embarras qui accompagnent les améliorations. 11 n'y a aucun doute que, dans nos premiers Parlements, on pouvait déjà discerner un corps de membres préoccupés de la conservation, et un second ardent aux réformes, mais ce n'est guère qu'après la proposition <lc la loi A'attainder contre Strufford que l'on vit dans la Chambre des communes une désunion sérieuse. Lorsque, en octobre 1641, le Parlement se rassembla après six semaines de vacances, les deux partis hostiles, absolument les mêmes qui, sous des noms différents, ont toujours combattu et combattent encore pour la direction dus alfaires publiques, se rangèrent en ordre do bataille visà-vis l'un de l'autre ; pendant plusieurs années, ils furent appelés cavaliers et têtes rondes. Plus tard, ils prirent les noms de tories et de whigs, et ces appellations ne paraissent pas prés do devenir surannées. 11 ne serait pas difficile d'écrire un pamphlet ou un panégyrique sur l'une ou l'autre do ces factions célèbres; car aucun homme, à inoins qu'il ne soit absolument privé de jugement et de bonne foi, ne niera qu'on ne découvre plusieurs taches sur la réputation du parti auquel il appartient, ou que le parti opposé peut à juste titre se glorifier de plusieurs noms illustres , d'un graud nombre d'actions héroïques et de grands services rendus à l'État. La vérité est que, quoique les deux partis soient souvent tombés dans do graves erreurs, l'Angleterre n'aurait pu se passer ni de l'un ni do l'autre. Si, dans ses institutions, la liberté et l'ordre, les avantages résultant de l'innovation et ceux qui résultent du maintien des choses établies ont été combinés h un degré inconnu ailleurs, nous devons attribuercette heureuse particularité aux énergiques débats et aux victoires alternatives do ces deux associations rivales d'hommes d'Etat, l'une attachée à l'autorité et à la tradition, l'autre ardente pour la liberté et le progrès. Il ne faut pas oublierque la différence entre les deux grandes sections des hommes politiques anglais a toujours été une différence de degré plutôt que do principe. Il y a des limites à droite comme à gauche qui ont été rarement dépassées. Un petit nombre d'enthousiastes d'un côté ont pu concevoir la pensée de faire litière aux pieds du roi de nos lois et de nos franchises; de l'autre côté un petit nombre de fanatiques ont pu, s'appliquer à poursuivie, k travers une guerre civile salis fin, le fantôme décevant do la république. Mais la grande majorité de ceux qui combattaient pour la couronne étaient opposes au despotisme, et le plus grand nombre des champions du droit populaire étaient ennemis de l'anarchie. Deux fois dans le cours du xvno siècle, les deux partis suspendirent leurs dissensions et unirent leurs efforts pour une cause commune. Leur première coalition restaura la monarchie héréditaire, leur seconde coalition rétablît la liberté commune. »
"WHIG
Raconter dans ses moindres détails l'histoire dûs whigs et des tories serait faire un récit complet de l'histoire de l'Angleterre depuis la révolution de 1688; nous ne nous occuperons que de ce qui a trait au développement historique des deux partis. Avant d'entrer dans ces détails, il convient de remarquer, contrairement à l'assertion de Maeaulay, que jamais l'Angleterre ne fut plus puissante que lorsque les whigs eurent en mains le gouvernement de ses intérêts. Ce furent les wkigs qui, en haine de la monarchie absolue, combattirent et abattirent l'orgueil de Louis XIV. Quand les tories régnèrent, au contraire, il arriva souvent que l'Angleterre commit de lourdes fautss. Ainsi, le soulèvement des Etats-Unis, les guerres contre la révolution française, etc., sont dus à l'entêtement des tories.
Les whigs furent, depuis le milieu du xviie siècle, les libéraux d Angleterre ; à cette époque, ce pays était divisé en trois grands partis irréconciliables, les républicains ou dissenters, parti intelligent, patriotique, trop pauvre pour gouverner, trop honnête pour s'enrichir, qui fut anéanti, et dont l'un des derniers représentants était le vieux poète Milton; les tories, absolutistes, papistes et monarchiques, et enfin hswhi{js ou libéraux; accusés de républicanisme, niais en réalité ne préférant aucune forme de gouvernement, pourvu que la liberté fût sauvegardée.
Les dissenters ont dispain depuis longtemps; les whigs et les tories seuls ont subsisté, et de leur antagonisme interminable est née la grandeur de l'Angleterre. C'est en 1678 que les dénominations de tories et de whigs commencèrent surtout a être usitées, à la suite de la découverte de la conspiration de Titus Oates. Dès ce jour, les whigs firent de l'opposition, non' pas a la royauté, mais au système oppressif qui conduisait l'Angleterre à une ruine certaine par les impôts et les abus de pouvoir. Les whigs eurent leur moment de puissance parmi le peuple. La Parlement en comptait un grand nombre dans son sein, et le roi Charles II, en se déclarant leur ennemi, prépara le révolution dont les dissenters faillirent profiter. Les wkigs, auxquels on refusait la liberté de la tribune, puisque les assemblées étaient dissoutes, maudirent la tyrannie, et, à l'avènement de Jacques II, ils ne cachèrent pas leur colère. Les tories, au contraire, applaudissaient à outrance à l'odieuse oppression qui pesait sur leur patrie et, profitant de la puissance dont ils jouissaient auprès du roi, ils organisèrent une terreur royaliste dont les whigs furent les victimes. Fort de leur appui, le roi entreprit de restaurer le catholicisme, dont la cause a été liée de tout temps au monarchisme. Alors on vit un exemple bien rare dans l'histoire: les whigs et les tories se réunirent contre cette restauration que voulait faire la royauté et se déclarèrent pour la liberté. Quant aux dissenters, profitant de l'union des deux autres partis et de la faiblesse de la monarchie, ils consommèrent une révolution dont ils ne retirèrent aucun fruit, car la république rie fut pas proclamée. Guillaume , stathouder de Hollande, appelé par les whigs, ne put être que l'instrument de ces derniers. Il reconnut leurs principes et sembla affirmer la consécration des libertés anglaises. Les whigs , victorieux, furent tout-puissants, composèrent le ministère , disposèrent des places, anéantirent le parti républicain et firent subir d'assez mauvais traitements aux tories, accusés hautement de rêver la restauration de Jacques II, le triomphe de Louis XIV et du papisme. Mais le règne des whigs dura peu, et la cour inclina bientôt vers les tories, plus favorables à l'extension de l'autorité royale; Guillaume III, suivant en cela la politique de tous les fondateurs de dynasties, renia bientôt son origine pour passer dans le camp des conservateurs. Les whigs se mirent alors à faire une vive opposition au'sein du Parlement et il paraît même qu'ils conspirèrent un moment pour renverser celui qu'ils appelaient l'usurpateur. Mais Guillaume, avec une astuce digne d'un grand roi, devina leur pensée et sut les flatter, tout en les éloignant du pouvoir autant qu'il le pouvait.
Lors de la révolution de 1688, on vit les mliigs royalistes et partisans du maintien de l'ordre de choses existant, tandis que les tories aspiraient au renversement de la maison régnante. Les rôles étaient donc changés, grâce à l'entêtement des légitimistes; mais, peu à peu, les tories s'habituèrent a leurs nouveaux princes et redevinrent les meilleurs amis du pouvoir, pourvu que celui-ci fût conservateur. Guillaume se rapprocha d'eux avec un instinct admirable. Tourmenté par les tories qui le haïssaient au fond et par les whigs qui l'accusaient de rétrograder, Guillaume passait d'un camp dans l'autre avec une facilité qui u'a rien de bien surprenant quand ou connaît le caractère de ce roi.
La reine Anne, fille de Jacques II, était naturellement l'ennemie des whigs; mais telle était leur puissance, que, toute sa vie, elle fut gouvernée par eux, et ils surent profiter de leur ascendant pour déclarer la guerre à Louis XIV, dont ils ruinèrent la puissance. Parmi les whigs de cette époque, nous citerons Marlborough, dont la femme tenait la reine dans une honteuse sujétion.
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Cependant il se fit une réaction dans les iàées politiques et les tories ne tardèrent pas a reconquérir la faveur qu'ils avaient perdue; tout en prêchant l'économie et la paix, ils firent une rude guerre aux whigs, auxquels ils parvinrent a enlever le pouvoir en 1711. Leur triomphe amena la paix d'Utrecht, qui consacra les .victoires de Marlborough et des whigs. Dans le camp des tories, on remarquait Bolingbroke, Addison et plusieurs autres qui arrivèrent au ministère. Un acte important du règne de la reine Anne, qui fut également accompli sous l'administration des whigs, fut la réunion définitive de l'Ecosse (1707). La domination des whigs fut donc habile et elle produisit des résultats favorables k la grandeur nationale. Pendant les deux années qui suivirent la chute des whigs, les tories n'eurent, pour ainsi dire, qu'à récolter ce que leurs adversaires avaient semé et cultivé.
A la mort de la reine Anne, les whigs reprirent une partie de leur ancienne influence et firent nommer roi Georges !«■", électeur de Hanovre. Les whigs furent alors généralement appelés les Hanovriens, taudis que les tories portaient le surnom de jaoobites. C'est ainsi que, dans tous les siècles, des noms différents cachent les mêmes partis. Les tories Bolingbroke, Mathieu Prior? Oxford et plusieurs de leurs amis, disgraciés, furent arrêtés. Bolingbroke réussit à s'enfuir, mais les autres furent accusés de haute trahison. Le peuple manifesta en maintes occasions sa colère, et les whigs, craignant une explosion, osèrent défendre aux citoyens de se réunir au nombre de douze ou au delà. Us se mirent, à la même époque, à quereller le vieux Louis XIV. Le personnnge sur lequel on rejette les fautes des whigs est le ministre Robert Walpole. C'est lui qui organisa la fameuse triple alliance qui assura la puissance aux whigs jusqu'à la mort de George îet (1717). Les whigs pouvaient craindre que leur influence cessât avec lui ; mais George II s'empressa de conserver le ministère whig présidé par Walpole. Ce nouveau règne des whigs ne dura pas moins de quinze années, pendant lesquelles Walpole fut le véritable souverain de l'Angleterre. D'ailleurs, il se montra partisan de la paix et la maintint facilement, grâee aux complaisances des ministres français.
Pendant ce temps, les tories ou jacobites, désespérant do renverser la maison de Hanovre, firent une évolution vers la nouvelle dynastie, comme ils en avaient fait une vers la maison d'Orange, et, au nom de la puissance royale , ils minèrent sourdement la puissance des whigs, car ils avaient soif de puissance et ils voulaient gouverner à leur tour, fût-ce même au nom de ta dynastie usurpatrice. Bientôt parurent les premiers symptômes de la décadence des whigs, qui gouvernaient l'Angleterre depuis plus de vingt-cinq ans. La chute de Walpole se fit avec fracas. Déjà le peuple soulevé avait brûlé tout le ministèra whig en effigie à Westminster et à Londres en 1733, et Walpole eut beau, jusqu'en 1740, se cramponner au pouvoir, il devait comprendre, aux injures dont il était l'objet, que son règne était fini. Sa chute, arrivée en 1742, n'entraîna pas celle de tous les whigs, puisque quelques-uns de leurs chefs restèrent au pouvoir, où ils se montrèrent nou moins corrupteurs et non moins égoïstes quo leur ancien chef, sans posséder son habileté ni son éloquence. Grâce k eux, l'Angleterre s'unit, contre la France, à la reine de Hongrie, et cette guerre impolitique fut aussi malheureuse que possible; elle amena un changement de ministère, mais non la chute des whigs, puisque les nouveaux ministres appartenaient k ce parti, toujours ennemi de la France et qui lui déclara une guerre acharnée.
La mort de George II (1760) faillit changer brusquement la marche des afl'airos, car le roi George III, élevé dans l'amour de l'absolutisme et des tories, pencha vers ce parti qui avait cessé d'être légitimiste. Alors ou vit Pitt et Legge, chefs des tories, siéger au ministère à côté de Fox et de Neweaslle, chefs des whigs. .
Dépossédés de la longue domination qu'ils exerçaient si arrogainmont depuis la révolution de 1688, les whigs se résignèrent difficilement à partager le pouvoir avec leurs adversaires, et ils les attaquèrent de toutes les 'façons, principalement par le ridicule qu'ils répandaient sur eux dans une foule de journaux et de caricatures. De plus les tories absolutistes commirent une faute immense en donnant un prétexte de soulèvement à l'Amérique. Les whigs oh devinrent plus agressifs et formèrent une opposition compacte, dont Burke fut le chef et Fox, Wilkes, Sheridan les plus brillants orateurs. Ils arrivèrent au pouvoir en 1782 et firent tous leurs efforts pour réparer les fautes de leurs devanciers, et ils y seraient certainement parvenus si Fox, par suite d'un froissement d'orgueil incompréhensible chez un homme de cette valeur, n'eût donné sa démission de ministre au moment où l'on s'y attendait le moins. En 1784, les whigs, redevenus opposants , s'efforcèrent de renverser le jeune Pitt, fils de lord Chatham.
A l'époque de la Révolution française, les vieux noms de whigs et de tories avaient beaucoup perdu de leur valeur; mais, dès
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que le peuple français eut donné le signal de l'émancipation, les deux partis reparurent plus acharnés que jamais l'un contre l'autre.
Fox et les whigs se déclarèrent nos admirateurs; Fox principalement ne manqua aucune occasion d'exprimer ha,'' tentent son opinion à cet égard ; mais Burke, un autre chef des whigs, ayant refusé de le suivre sur ee terrain , ce dissentiment brouilla les deux amis et scinda en deux fractions le grand parti des whigs. Il y eut alors les whigs révolutionnaires et les whigs conservateurs, et, grâce à cette division, les tories et Pitt purent gouverner l'Angleterre au grand préjudice de la France et de la liberté. L'Angleterre elle-même a-t-elle gagné à cette longue guerre qu'elle entretint pendant plus de vingt ans? N'eût-il pas été plus noble pour elle de suivre les conseils si justes do Fox et des whigs qui parvinrent enfin à faire signer la paix d'Amiens (1802)? A la même époque, les whigs se montrèrent favorables à. l'émancipation des catholiques et k la réconciliation de l'Angleterre et de l'Irlande. Malheureusement, Pitt les combattait k outrance et n'admettait aucune de leurs réformes. Bientôt même, et malgré l'avis des whigs, une nouvelle guerre éclata contre la France, guerre malheureuse pour les Anglais, et William Pitt, accablé par la douleur que lui causaient nos triomphes, mourait en 1806, laissant le pouvoir aux whigs, qui en profitèrent pour signer la paix avec Napoléon. Malheureusement, Fox mourut bientôt, et son parti, éloigné du pouvoir, justement parce qu'il désirait la paix, n'obtint plus d'autre concession qu'ici bill d'émancipation en faveur des catholiques. D'ailleurs, les whigs étaient réduits k un petit nombre et ils ne pouvaient ae permettre qu'une opposition peu vive, en face des victoires que 1 Angleterre remportait sur nous, victoires qui établissaient la toute-puissance des tories. Le roi, d'ailleurs, aimait les tories autant qu'il détestait leurs adversaires. Il manifestait son mécontentement chaque fois que ces derniers l'emportaient au Parlement. Mais ses sujets do mécontentement étaient rares; car les tories f uren t v ictorieux sur toute la ligne, et leur parti atteignit l'apogée de sa puissance lorsque la France épuisée eut succombé sous les coups multipliés de ses ennemis. Le triomphe des tories était assuré pour de longues années, si bien que, de nos jours encore, ils ont conservé une influence considérable malgré de nombreuses défaites.
Après la chute définitive de Napoléon, les whigs, vaincus sur le^ terrain de la politique étrangère, essayèrent de prendre leur revanche sur celui des questions intérieures, qui devenaient les principales. Ces questions étaient importantes. Rétablir l'agriculture et l'industrie, la liberté du commerce'des grains, l'émancipation des catholiques, tel fut le but que les whigs se proposèrent, et ils finirent par l'atteindre. A l'extérieur, ils condamnèrent la Sainte-Alliance, l'invasion française en Espagne et décidèrent le peuple anglaisa prendre fait et cause pour la Grèce. Le gouvernement les éloignait toujours des affaires et repoussait leurs nommes et leurs idées autant que possible. Seul, le ministre Canuing, bien que tory', sembla les protéger. Malgré la répulsion qu'ils inspiraient a la cour, les whigs ont obtenu de grands succès. Grâce à eux, les catholiques furent émancipés et O'Connel, le catholique O'Connel, put s'asseoir au Parlement. Aussi les catholiques se tirent-ils whigs avec un ensemble remarquable, et les mêmes hommes qui sont rétrogrades sur tous les autres points du globe passent pour des révolutionnaires en Angleterre.
La révolution do 1830, qui eut un contrecoup très-violent de l'autre côté du détroit, amena le triomphe des whigs; ils rentrèrent au gouvernement et signalèrent leur victoire par un franc libéralisme. Sous la conduite du comte Grey et ayant pour adversaires Peel et Wellington, ils obtinrent la réforme électorale et soutinrent, avec l'appui de Palmerston, qui dirigeait les affaires étrangères, les libéraux dans tous les pays de l'Europe et même'en Belgique. Grâce aux principes qu'ils soutenaient, les whigs furent victorieux sur toute la ligne, et la liberté eût été assurée si palmerston n'eût tout à coup trahi son parti, sans que l'on ait jamais pu comprendre quel était son but, bien que le transfuge ait allégué sa haine contre la France. Voila comment l'Angleterre redevint rétrogrude en 1840. Les whigs, bien loin de se décourager, attirèrent le tory Robert Peel dans leur parti. Peel mit tous ses soins à réconcilier les whigs et les tories et il chercha à composer un troisième parti aussi éloigné des uns que des autres ; mais ses efforts ont été k peu près inutiles. Whigs et tories ont subsisté en Angleterre, les premiers toujours partisans de la liberté , les seconds défendant toujours pied à' pied les derniers débris des privilèges de l'aristocratie. Depuis cette époque, les whigs sont presque toujours restés au pouvoir; Palmerston est rentré dans leur sein, le comte Russell a été un de leurs champions ; mais il faut dire que tel est le faible intervalle qui sépare les deux partis actuellement, que l'on voit avec indifférence les chefs passer d'un camp dans l'autre pour la moindre sujet. Une des .dernières victoires du parti whig,, dirigé par M. Bright; homme
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d'une grande éloquence, a été, en 1868, la séparation de l'Eglise et de l'Etat en Irlande. Les whigs poursuivent, avec Une énergie qui sera t&t ou tard victorieuse, une reforme électorale dont l'Angleterre a le plus grand besoin, il faut ^reconnaître.
Avant le.xi\ siècle, tout homme qui n'eût pas opiné en faveur de l'un ou de l'autre de ces partis était réputé un être sans valeur et sans principes; mais les anciennes limites qui séparaient autrefois les partis sont maintenant effacées, et l'on voit osciller de l'un à l'autre cette masse toujours nombreuse qui voudrait bien la liberté, mais qui tremble au seul mot de révolution. Il ne faut pas oublier que l'Angleterre, poussée lentement, mais infailliblement, vers la démocratie, voit se réunir quelquefois whigs et tories contre les idées nouvelles. Un troisième parti est ne auquel on a quelquefois donné le nom de parti radical, car le temps des vieilles discussions est passé; le xixe siècle veut des choses nouvelles et, s'il ne les accomplit pas toujours, il lès prépare.
Selon les temps, les tories se sont distingués en tories exaltés et en tories modérés, les premiers réclamant un retour pur et simple a la féodalité, tandis que les seconds admettaient les progrès accomplis et se contentaient de s'opposer à des libertés nouvelles. Quant aux- whigs, ils se subdivisèrent longtemps de la même façon, les uns jetant des regards pleins de tristesse vers un pusse républicain, les autres se posant simplement eu libéraux et réclamant le couronnement de l'édifice.
La lutte entre whigs et tories, tout en étant aujourd'hui tombée dans ie domaine du plus parfait parlementarisme, n'en dégénère pas moins quelquefois en violentes diatribes ou' en injures. Ainsi, le célèbre docteur Johnson demandait un jour : « Qu'est-ce qu'un whig? • et il s'empressait de répondre : ■ C'est un tory hors du pouvoir (a tory ont of place).' Cette définition, qui tendrait à faire supposer que les whigs ne font d'opposition que pour s'.emparer des places, pourrait tout aussi bien s'appliquer aux tories, car le but de tout parti a été et sera toujours de s'emparer du pouvoir pour faire prévaloir ses idées. Nous croyons donc que cette phrase du docteur Johnson, trouvée si spirituelle de l'autre coté du détroit, no mérite pas l'honneur qu'on lui a fait de lu traduire dans toutes les langues.
WH1GGISME s. m. (oui-ghi-sme). Opinion, parti des whigs.
WHIP-POOR-WILL s. m. (ouip-pour-ouil — mots angl. qui signif. fouetter pauvre Guillaume). Ornith. Espèce d'engoulevent, qui habite la Virginie et le Canada : Le whip-poor-Will arrive en Virginie vers le 15 du mois d'avril. (V. de Bomare.)
— Encycl. Cet oiseau est un peu plus petit que notre engoulevent ; son plumage est d'un brun obscur en dessus, gris fauve endessous, du reste varié de teintes très-diverses. Il habite le Canada et la Virginie et se tient de préférence sur les montagnes et les lieux escarpés. A partir du coucher du soleil et durant toute la nuit, il pousse un cri si aigu et si perçant qu'il en est incommode. Sa ponte est de deux œufs d'un vert sombre ; la femelle les dépose fort négligemment à terre, au milieu même d'un sentier battu, sans rien faire qui ressemble à un nid. Néanmoins elle couve avec assiduité, car on peut l'approcher de très-près sans qu'elle s'envole. Cet oiseau parait être de passage au printemps.
WU1SHAW (John), littérateur anglais, né à Chester en 1764, mort en 1841. Il fit ses éludes de droit à Cambridge et plaida avec succès à la cour de la chancellerie ; mais des infirmités précoces le forcèrent à renoncera la pratique du barreau, et il ne s'occupa plus que de liltéiatu*. Il prit plus tard la direction de l'Institut africain et devint en 1815 membre de la Société royale. On n'a de lui qu'un seul ouvrage, le Journal d'une mission exécutée dans l'intérieur de l'Afrique, en 1805, par Mungo-Park (1815), qui mérita les éloges , des organes les mieux accrédités delà presse anglaise.
WHISKEY ou WHISKY s. m. (oui-skè — mot angl.). Sorte d'eau-de-vie obtenue par la distillation de la drèche; eau-de-vie de grain en général : Le whiskey de pommes de terre flambait de tous eûtes. (P. Féval.) Je ne vis pas sans consternation mon hôte casser une douzaine d'œufs dans une soupière et les arroser de 'whisky. (E.-D. Forgues.) il L'Académie écrit wismsv.
WHIST s. m. (ouistt — mot angl. qui signif. silence. Ce jeu est ainsi appelé parce qu'il y est défendu de parler et de faire connaître, même à son partenaire, le jeu qu'on a dans la main). Jeu de cartes qui se joue deux contre deux, et qui a été emprunté aux Anglais : Une partie de whist. On a longtemps cité le whist pour son action sur la faculté du calcul. (Baudelaire.) Nous faisons de la politique comme on joue au whist : d'abord en assemblant et divisant les caries par couleurs, ensuite par importance relative. (E. de Gir.) Le whist, le whist qui devient le tyran de nos prétendues récréations, le whist qui nous coûte encore des heures si nombreuses, le whist qui éteint la conversation, ce jeu silencieux, ce jeu funèbre, jus-
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ques à quand doit-il dominer? (P. Boiteau.) Honni soit qui joue au whist lorsqu'il n'y est pas forcé. (P. Boiteau.)
— Encycl. Le jeu de whist fut introduit en France sous le règne de Louis XV, et il faisait déjà fureur chez la Du Barry. Le whist se joue à quatre, deux contre deux, les partenaires ou associés pour la partie étant assis l'un vis-à-vis de l'autre. On se sert d'un jeu complet. L'usage est d'en avoir deux, qui servent à tour de rôle; c'est le hasard qui désigne le partenaire avec lequel on sera associé; généralement, la maîtresse de la maison présente aux joueurs quatre cartes triées, et les joueurs qui ont tué la même couleur se trouvent ensemble. On tire aussi de manière que les joueurs qui ont amené les deux plus hautes ou les deux plus basses cartes soient associés.
Les partenaires, une fois placés, conviennent de l'ordre des parties. Ordinairement on joue en parties liées, c'est-à-dire que, pour être gagnant, il faut gagner deux parties de suite, ou, si les deux premières se partagent, deux sur trois. La réunion de ces deux ou trois parties ou manches forme ce qu'cni appelle un rob ou robre.
Ces préliminaires terminés, le donneur distribue les cartes, après avoir fait couper par son adversaire de droite; il les donne une à une, au nombre de treize pour chacun, en commençant par la gauche, puis il retourne la dernière, qui indique la couleur de l'atout; cette carte lui appartient, mais il doit la laisser sur la table jusqu'à ce que ce soit à son tour de jouer. Tous les joueurs ayant rangé et examiné leur jeu, le voisin de gauche du donneur, qui a été le premier servi, joue le premier, et chacun ensuite jette une carte en continuant parla gauche; comme aux autres jeux, c'est la plus forte carte qui emporte la levée. On est tenu de fournir de la couleur demandée si l'on en a, mais non de forcer; si donc on n'en a pas, on est libre de couper ou de renoncer. Celui des deux partenaires qui le premier a fait une levée ramasse toutes les levées qui sont faites par lui ou par son associé; il doit les disposer devant lui de façon que les adversaires puissent toujours les compter. Le but du jeu est, pour chaque association, de faire plus de levées ou plus de points que l'association opposée. Six levées réunies constituent ce qu'on appelle le devoir; chaque levée en sus est un trick. A-t-on fait sept levées, on dit qu'on a un do trick; a-t-on huit levées, on a deux de trick, et ainsi de suite.
La partie de whist ou manche se joue en dix points, en sept points, en six points, en cinq points ou en quatre points, suivant les conventions, c'est-à-dire que pour la gagner il faut qu'un des deux partis atteigne dix points, sept points, six points, etc., avant l'autre parti. Le whist en dix points est eelui que l'on joue ordinairement dans les salons. Dans cette forme du jeu, chaque trick vaut deux points. De plus, si deux partenaires ont à eux deux les quatre honneurs (as, roi, dame, valet), ils marquent quatre points ; s'ils en ont trois seulement, ils ne marquent que deux points. Deux honneurs seuls ne comptent pas, parce que ceux d'un parti annulent ceux de l'autre. Les honneurs ne se marquent qu'après les levées, à moins qu'on ne chante. Dans ce cas, quand ou possède huit points, le partenaire qui a deux honneurs entre les mains peut, avant qu'aucune carte ait été jouée, en informer son associé en disant : i J'appelle ou Je chante. «Si ce dernier a un honneur, il doit répondre, et, sur la représentation des trois honneurs, qui assurent deux points, la partie est gagnée sans jouer. Au whist en sept points, chaque trick ne vaut qu'un point. Les honneurs comptent pour un point chacun, et chaque association marque les siens, tandis que, lorsqu'on joue en dix points, il n'y a jamais qu'un seul parti qui puisse les compter. Au whist en six points ou en cinq points, chaque trick vaut un point. Quant aux honneurs, on les compte de la même manière qu'à la partie en dix points, c'est-à-dire que l'on gagne quatre points si l'on en a quatre, deux points si l'on en a trois, et qu'on ne marque rien si l'on n'en a que deux. Enfin, au whist eu quatre points, on néglige entièrement les honneurs. Les tncks seuls comptent, et chacun vaut un point.
Dansleie/ifs* en dix points, quand on a déjà fait neuf points, on est, comme on dit, « au puits » ou c dans le puits, < et l'on ne peut plus gagner par .les honneurs. 11 en est de même au whist en sept points quand on a marqué six points, au whist en six points quand on a marqué cinq points, et enfin au whist en cinq points quand on a marqué quatre points. Dans toutes ces formes de la partie, le gain comme la perte peut être simple, double ou triple. Au whist en dix points, deux points faits par le perdant empêchent de perdre la partie triple, et six points de perdre la partie double. Au whist en sept, six ou cinq points, un seul jeton garantit contre la perte triple, et trois jetons sauvent de la perte double. Au whist en quatre points, un seul jeton suffit aussi pour empêcher la perte triple, et il en faut deux pour empêcher la perte double.
Dans tous les cas, les points se marquent avec des jetons que l'on place devant soi sur la table, et le gain de la partie s'indique par des
whis
fiches. On en marque une pour la partie simple, deux pour la partie double et trois pour la partie triple. Ces fiches se comptent à la fin du rob et donnent lieu à un payement particulier qui s'effectue d'après la valeur conventionnelle que l'on a attribuée d'avance à chacune d'elles. Indépendamment du gain ordinaire, le parti qui gagne le rob reçoit un supplément ou ■ consolation, • qui est en général de quatre fiches dans le whist en dix points, et de deux seulement dans le whist en sept, six, cinq ou quatre points. Il arrive quelquefois que deux des partenaires font les treize levées d'un coup ; c'est ce qu'on appelle ■ faire chelem. • Cette chance ne compte pas dans la partie ; elle se paye immédiatement et à part et^produit dix fiches.
Outre les règles qui précèdent, il y en a encore un certain nombre d'autres qu'il est indispensable de connaître. Quand le donneur commet une erreur dans la distribution des cartes, il est d'usage de refaire, mais la donne passe au joueur suivant. Si, par un accident quelconque, une carte est montrée ou vue, les adversaires de celui qui a fait la faute ont le droit d'exiger que cette carte soit « étalée, « c'est-à-dire qu'elle reste à découvert sur la table. Cela fait, ils ont aussi le droit de « commander » cette carte, en d'autres termes d'indiquer dans le cours du jeu le moment où elle doit être acceptée ou refusée. Le même droit des adversaires existe aussi lorsque, au lieu d'une seule carte vue ou montrée, il y en a plusieurs; mais, dans ce cas, ils ne peuvent en commander qu'une. Toute carte jouée hors tour est à la discrétion des adversaires. Ceux-ci sont maîtres ou de la maintenir en faisant tourner l'erreur k leur profit, ou de la faire étaler en exigeant que l'ordre du jeu soit rétabli, et alors cette carte est soumise au commandement. Toutefois, pour qu'ils puissent user de ce privilège, il faut qu'ils aient aperçu la faute avant la fin du tour, car si les quatre cartes ont été fournies, la levée se relève, et l'on passe au tour suivant. La renonce, quand on a de la couleur demandée, est la plus grave faute que l'on puisse faire. Elle est punie différemment, selon le moment où on la reconnaît. Ainsi, quand on l'aperçoit dans le cours du tour, chaque joueur reprend la carte qu'il a jouée; niais les adversaires ont le droit do faire étaler et de commander la carte indûment jouée. Quand, au contraire, la renonce n'est consultée qu'après la levée, le parti qui l'a faite perd deux ou trois points, selon les conventions. De plus, si malgré cette perte il compte encore assez de points pour gagner, il doit rester au puits. Il ne peut non plus marquer le chelem, lors même qu'il le ferait. Lorsque, par un geste ou une parole quelconque, l'un des joueurs a indiqué à son partenaire, même involontairement, quel peut être le côté fort ou le côté faible de son jeu, les deux associés sont punis par la pei te de deux points; en outre, s'il a désigné une carte d'une manière assez précise, cette carte doit être égalée et jouée au commandement des adversaires. Si un joueur, au lieu de jouer ses cartes une à une, les jette toutes ensemble sur la table vers la lin d'un tour, les adversaires peuvent l'aire étaler les trois autres jeux et comiminder les cartes à volonté, sans avoir néanmoins le droit de faire renoncer aux couleurs. Enfin, quand une association marque plus de points qu'elle n'en a réellement, l'association opposée fait effacer sur-le-champ les points marqués en trop et les compte à son profit.
Tout ce qui précède se rapporte au whist ordinaire ou whist proprement dit ; mais ce jeu présente plusieurs modifications dont il convient de dire quelques mots.
— Whist à trois ou au mort. On y joue quand il n'y a pas assez de personnes pour former une table de whist à quatre. Le joueur manquant porte le nom de mort, en anglais dummy ou damby, et l'on tire au sort pour savoir qui l'aura pour partenaire. Les caries de ce joueur fictif sont étalées sur le' tapis, à la place qu'occuperait le joueur réel. De cette manière, chacun connaît un des quatre jeux, ce qui simplifie beaucoup les combinaisons. Du reste, les choses se passent absolument comme ci-dessus, sauf qu'il n'y a pas de chelem. La partie est généralement en dix ou en cinq points. Quelquefois on joue aussi le whist à deux personnes, en taisant deux morts; mais la partie offre alors très-peu d'intérêt, car trois jeux étant sous les yeux de chacun, rien n'est plus facile que de connaître le quatrième.
— Whist avec la favorite. Il ne diffère du whist ordinaire qu'en ce que, avant de commencer une partie ou un rob, on tire au hasard une couleur favorite, et que, toutes les fois que cette couleur est atout, les pertes et les gains sont doubles.
— Whist prussien. Ce qui le distingue du whist ordinaire, c'est que, au lieu de retourner la dernière carte du jeu en distribution, pour indiquer la couleur de l'atout, on cherche cet atout dans le jeu qui est momentanément sans emploi. De cette manière, le donneur n'a aucuu avantage sur les autres joueurs.
— Short-whist ou Whist abrégé. Ce n'est autre chose que le whist ordinaire dont on
WflîS
a supprimé te chant, le chelem, etc. De pluâ, la partie ne se compose que de cinq points. Par opposition, ou donne le nom de longwhist ou whist complet au whist ordinaire en dix points.
— Whist de Gand. Jeu de cartes qui, malgré son nom, a beaucoup plus de rapport avec le boston qu'avec le whist. On y joue à quatre, avec un jeu complet. La donne so tire au sort; elle appartient à la plus basso carte. Chacun ayant mis une fiche dans un petit panier, le donneur distribue treize cartes à chaque joueur et à lui-même, en commençant par la gauche, et il retourne la dernière , qui lui appartient et qui indique la couleur de l'atout. Les choses se passent alors comme au boston. Comme il s agit de faire huit levées à deux ou cinq tout seul, chacun passe, propose ou soutient, suivant la composition de son jeu. La demande de solo l'emporte sur la demande à deux, et, dans les deux cas, la demande en atout a la primauté sur toute demande en une autre couleur. Quand celui qui a demandé le solo a réussi à le faire, il gagne tout le contenu du panier; de plus, il reçoit de chacun de ses trois adversaires une fiche pour le solo et une autre pour chaque levée qu'il a pu faire en sus de cinq; si, au contraire, il a échoué, il paye au panier une bêle, ou remisa égale à ce qui s'y trouve déjà, et, à chaque autre joueur, une fiche pour le solo et une autre pour chaque levée qu'il n'a pas faite. Lorsque la demande à deux a réussi, chacun des gagnants reçoit de l'un des autres joueurs une fiche pour lu partie, plus autant de fiches qu'il a été fait de levées au delà de huit. L'inverse a lieu quand l'association n'a pu faire le nombre de levées de rigueur ; de plus, dans ce cas, les perdants payent au panier une bête, comme ci-dessus. A chaque tour de cartes, les joueurs mettent chacun une nouvelle fiche au panier, ce qui a pour résultat d'en doubler, tripler, etc., le contenu e^ par cela même, de rendre les bêtes très-couteuses; mais on remédie ordinairement à ce dernier inconvénient en ne mettant une bête au panier qu'après que les fiches qui y ont été d'abord placées ont été gagnées. Au whist de Gand, la partie n'a pas de limites. On joue généralement à l'aune, c'est-à-dire à l'heure, ou bien on convient d'avance qu'on s'arrêtera après un certain nombre de tours.
Terminons par la citation suivante, dans laquelle les joueurs de whist liront les maximes générales qu'ils doivent mettre en pratique pour réussir autant que possible et no pas s'exposer à des reproches mérités de la part de leurs partenaires. L'auteur a trèsbien concentré ces principales règles ou conseils en une douzaine de distiques, sous le titre de Vade-mecum du joueur de whist :
Sur votre jeu rangé, compté, faites d'avance, D'après sa farce, un plan d'attaque et de défense.
Montrez au partenaire en quoi vous êtes fort, Et mariez vos jeux d'un mutuel accord.
Dans fia longue couleur, par l'invite on commence, Ou, mieux, par quelque carte offrant une séquence.
D'entamer les couleurs sachez vous abstenir; Souvent te gain du trick dépend du voir-venir.
Qui joue un singleton est traité de maiette; Evitez-en l'abus et bravez l'épithete.
Comptez chaque couleur; rappelez-vous surtout Et le nombre restant et le maître en atout.
Faites avec prudence usage de l'impasse ; Assurez-vous du trick, qui fuit si la main passe.
L'usage seul apprend à couper a propos;
Mieux vaut laisser la main que de couper à faux.
Observez de chacun l'invite et la réponse. Et la carte qu'on jette, ayant une renonce.
Savoir jouer atout assure des succès; On pèche par défaut plutôt que par excès.
Ménagez votre jeu ; rendez par des finesses,
Four les dernières mains, plusieurs cartes maîtresses.
Un habile joueur sait vorier son jeu;
Aux maximes il tient, mais ni trop ni trop peu.
— Prestidigit. Coup de whist. Coup dans lequel on fait chelem ses adversaires. « On met, dit Robert Houdin, treize cartes d'une même couleur, et, pour le classement par faux mélange, on procède par l'opération suivante : îo ayant pris les treize cartes dans la main droite, faites-en glisser la dernière sur le paquet des autres, que vous tenez dans la main gauche; £■> placez tout aussitôt cette carte avec les trois suivantes sur le paquet de la main droite ; 3<> faites encore glisser la dernière de ce paquet sur celui de la main gauche et procédez comme précédemment
Îiour la faire passer avec les trois autres sur e dessus du jeu. Continuez ainsi jusqu'à épuisement du paquet de la main gauche. Ce faux mélange est d'une parfaite illusion. Fausse coupe et distribution. Avec treize atouts en main, le donneur doit immanquablement faire le chelem. >
— Partie de whist. • Partie dans laquelle chaque joueur a treize cartes d'une même couleur, ce qui n'empêche pas le donneur de. faire le chelem. Toutes les cartes devront être classées par pique, cœur, trèfle, carreau, sans qu'il soit utile de faire une distinction d'ordre dans leur valeur. Faites un faux mû-
WHIT
lange et donnez k couper, sans crainte de voir la combinaison dérangée. La distribution se fait uns par une, Après la distribution, chacun aura une séquence de treize cartes ; seulement, celle du donneur aura l'avantage d'être en atout. • (Robert-Boudin.)
WIHSTON (William), mathématicien et ihéologien anglais, né à Norton (comté de Leicester) en 1667, mort en 1752. Il termina ses études à l'université de Cambridge. D'abord chapelain de l'évêque do Norwieh, puis recteur dans le comté de Suffolk, il se fit connaître par une Nouvelle théorie de la (erre (1690), qui suggéra à Newton l'idée de la prendre pour le suppléer à l'université de Cambridge. H eut bientôt après l'honneur de succéder à ce grand homme (1701). Il s'occupa d'abord avec zèle de ses fonctions do professeur et donna, en 1703, une nouvelle édition d'Euclide, avec ries notes estimées; il publia, en 1707, l'Arithmétique universelle de Newton, qui sans "lui se serait peut-être perdue, car l'illustre géomètre ne l'avait rédigée que pour ses élèves et ne s'en souciaii pas autrement; il mit enfin au jour, la même année, ses Prsslecliones astronomis. Mais il se jeta bientôt dans les controverses religieuses, s'attira une foule d'ennemis par la publication d'écrits hétérodoxes sur l'arianisme, sur le dogme de la trinité, sur les frères et sœurs de Jésus-Christ, etc., et se lit enfin expulser de l'université. 11 se plongea alors de plus en plus dans le mysticisme, s'entoura île douze disciples, dans le but de rétablir !a primitive Eglise, et se posa en prophète. Il continua, toutefois, jusqu'en 1747 de faire partie de l'Eglise anglicane; il en sortit à cette époque pour fuire profession de foi dans une congrégation d'anabaptistes. 11 avait fait des efforts pour se faire admetire à la Société royale de Londres ; mais Newton, qui la présidait, le fit échouer dans sa candidature. Au milieu dos extravagances qui signalèrent sa carrière, on doit reconnaître eu lui une entière bonne foi, une probité rigide et un désintéressement rare. On cite, parmi ses ouvrages sur la religion : Exposé de la chronologie de l'Ancien Testament et de l'harmonie des quatre évan'./élisles (1702); Essai sur la Bévélatiun de saint Jean (170G); le Christianisme primitif rétabli (1711). Ou a encore de lui : Mémoires sur la vie du docleur Saniuel Clarke (1730); enfin ses propies: Mémoires (1749).
WH1TAKEH (John), écrivain anglais, né à Manchester en 1735, mort en 1S0S. 11 lit ses études à l'université d'Oxford, y devint agrégé du collège du Christ et s'appliqua avec aiduur à l'étude de l'histoire. L'Histoire de Manchester (1771-1775, 2 vol.), le premier de ses ouvrages, en est aussi le plus estimé. Par la nature même de ses travaux, il se trouva mis en relation avec les principaux écrivains de l'Angleterre, avec Johnson et Gibbon entre autres. Il fut, de 1773 à 1775, prédicateur k la chapelle Berkeley, à Londres, et obtint, en 1778, la cure de Ruan-Lanyhorn, qu'il conserva jusqu'à sa mort. On a encore de lui : Histoire véritable des habitants de la Grande- Dretagne (1772, in-go), ouvrage composé en partie pour réfuter les théories émises par Maepherson dans son Introduction à l'histoire de la Grande-Bretagne; Sermons (1783); Défense de Marie, reine d'Ecosse (1787-1790, 3 vol. in-8°), curieuse et savante apologie de Marie Stuart; Oriijine de l'arianisme (1791); itinéraire d'Annibal à travers le$Alpes{lTH), avec un examen critique imprimé en 1825; la Véritable origine du gouvernement (1795); Supplément aux Antiquités de Cornouailles de Polwhele; l'Anciewie cathédrale de Cornouailles (1808); Vt'e de saint Neot (1809), ainsi que des articles insérés dans diverses publications périodiques , English lieview, British Critic, et des poésies qui ont été réunies en 2 volumes.
WH1TAKBR (Thomas-Dunham), théologien et archéologue anglais, né k Rainham (comté de Norfolk} on 1759, mort en 1821. Il étudia d'abord le droit, entra plus tard dans les ordres et fut successivement recteur de Whalley et de Blackburn. Outre un grand nombre de sermons, publiés séparément, on a de lui: Histoire de la paroisse de Whulley,etc. (1801, in-4°); Histoire du doyenné de Creaven (1805, in-*»}; Lie motu per Britanniam civico unnis 1745 et 1746 (ISÛ9, in- 12); Vie et correspondance originale de sir George Badcli/fe (1810, iu-4°); Loidis et Almete ou Essai pour expliquer quels sont /es districts désignés sous cas noms par Bédé, elc. (1816, in-4o); Histoire du Yurkshire, publiée après la mort do l'auteur; enfin des éditions de plusieurs ouvrages d'un intérêt purement local, comme la plupart de ceux de Whitaker.
WHITAKEE (John -William), théologien anglais, né k Manchester en 1790, mort en 1854. 11 fut successivement fcllow du collège Saint-Jean, à Cambridge, vicaire de Blaokburn et chanoine honoraire de Manchester. On a de lui : Becherc/tes historiques et critiques sur l'interprétation des saintes Ecritures, avec des remarques sur la nouvelle version de M. Bellamy; l'Eglise catholique, recueil de sermons (iS35, in-12); Lettres adressées au révérend Nicolas Wiseman; Traité de l'Eglise du Christ (1842)', Des anciennes étymotogies, en particulier des étymologies celtiques (1850), etc.
WU1TBREAD (Samuel), homme politique
WHIT
anglais, né à Londres en 1758, mort par suicide la 6 juillet 1815. 11 entra k la Chambre des communes en 1790, fut un des adversaires les plus redoutables de Pitt, lutta avec énergie pour empêcher la guerre contre la république française, eut une grande part à l'abolition de la traite, fut moins heureux dans ses efforts pour obtenir la réforme parlementaire , devint le chef de l'opposition après la mort de Fox, son ami, s'éleva en vain, en 1814 et 1815, contre l'acharnement des alliés à l'égard 'de la France, et se coupa la gorge de désespoir quand il vit le triomphe de la coalition assuré. Whitbread n'était pas un orateur brillant, mais un dialecticien serré, clair, véhément.
WHITBURN, village d'Angleterre, dans le comté de Durham, à 5 kilom. N. de Sunderland, sur la mer du Nord; 1,200 hab. Bains de mer très-fréquentès. Carrières considérables de pierre à chaux.
WHITBY, ville d'Angleterre, dans le comté et à 67 kilom. N.-E. d'York, sur la mer du Nord, où elle a un bon port de commerce k l'embouchure de l'Esk; 12,000 hab. Construction de navires. Mines d'alun. Fabrication de toiles à voiles. Exportation de grandes quantités d'alun et importation considérable de charbon.
Whitby se partage en ville ancienne et en ville nouvelle. Le vieux Whitby {Old Whitby) est situé à l'E. et environné de toutes parts d'un cercle de falaises et de précipices. A peu près abandonné aujourd'hui, if n'offre plus guère d'intéressant que les pittoresques ruines de son antique abbaye. Le nouveau Whitby (New 'Whitby) s'élève à l'O. et présente une jetée occidentale qui s'avance à 340 mètres dans la mer et présente un phare à son extrémité. Bains de mer fréquentés.
Whitby doit son origine à une antique abbaye fondée au vue siècle par Oswy, roi de Northumberland. Détruite une première fuis par les Danois, cette abbaye fut rétablie lots de la conquête des Normands; un village no tarda pas à se grouper sous ses murs, et, des 1450, il comptait déjà près de 60 k 80 maisons. Une branche d'industrie, en 1615, lui donna un accroissement subit et inattendu : de nombreuses fabriques d'alun s'y établirent, et le village, prospérant de jour en jour, devint peu à peu la ville actuelle. A part les mines de 1 abbaye, dont nous avons parlé plus haut, Whitby possède un bel hôtel de ville, une bibliothèque, un muséum et une église placée sous l'invocation de sainte Marie. Cette église est située au sommet d'un monticule à pic, auquel donne accès un escalier de 190 marches; elle contient plusieurs tombes seigneuriales. Mentionnons encore les quais et les bains. Le voisinage de la mer, joint aux vues pittoresques que les côtes <!o Whitby offrent aux paysagistes, en ont fait rapidement une des stations balnéaires les plus recherchées de l'Angleterre.
WHITBY (Daniel), théologien anglais, né à Rushden (comté de Norlhampton) en 1638, mort en 1726. Il fit ses études au collège do la Trinité à Oxford et devint chapelain de l'évêque de Salisbury , Sethward , qui lui donna en outre deux canonicats dans sa cathédrale, et le nomma en 1672 recteur de l'église Saint-Edmond k Salisbury, fonctions qu'il devait remplir pendant plus d'un demisiècle. On a de lui un grand nombre d'écrits, dont les premiers sont dirigés contre la papauté, et dont les autres ont pour objet l'apologie des dissenters et différentes questions rie théologie, de morale et même de politique. Nous citerons, entre autres : les Lois ecclésiastiques et civiles faites par les papes, tes empereurs, etc., contre les hérétiques (Londres, 1682, in-4") ; le Béconcitiateur protestant (1683, 2 parties), ouvrage dans lequel l'auteur réclamait l'indulgence de l'Eglise anglicane envers les dissidents, et qui fut l'objet des plus violentes attaques, à ce point qu'il fut brûlé publiquement par l'ordre de
1 université d'Oxford, et que Whitby dut signer une rétractation de son livre ; Elhices compendium (1684, in-8<>); Traité pour la réfutation du service latin dans l'Eglisede Borne (1S87, in-4°); la Faillibilité de l'Eglise romaine démontrée (1687, in-4»), traite contre le culte des images; Démonstration des erreurs de i' Eglise de Borne et de ses conciles (1688, in-4o); Traité des traditions [15&&-IC&3,
2 vol. io-4o); Considérations sur le serment de fidélité à prêter aurai Guillaume et à lareine Marie (168S, in-4<>); Relation historique de certaines choses concernant la nature du gouvernement anf//aw{1690,in-4o), ouvrage écï-it, comme le précédent, pour la défense de la Révolution de 1689 ; Iractatus de liera Chrisli deitate (1691, m-4»); Paraphrase et commentaire du Nouveau Testament (1703 , 2 vol. iu-fol.), le principal ouvrage de l'auteur, et dont la meilleure édition est celle de 1760 (2 vol. in-fol.); Tractatus de imputatione divina peccati Adumi posteris ejus (17 11, in-8»), traite contre la doctrine du péché originel; Véritable relation et réfutation de la doctrine des Sabetliens (1616, in-8"); Disquisiliones
.modests in bulli defensionem fidei Nicense (1720, in-40) ; les Dernières pensées du docteur Whitby (1728, in-8°), recueil posthume où se trouvent ses corrections pour certains passages de son Commentaire du Nouveau Testament, etc.
WHiTCBCRCn, bourg et paroisse d'An-
WHlT
gleterre, comté et à 35 kilom. de Shrettsouryj 6,700 hab. Récolte de houblon. Fabrique de drèche; cordonnerie. Belle église moderne sur une hauteur.
WH1TK, rivière des Etats-Unis d'Amérique. Elle prend sa source dans l'Etat de Missouri par cinq branches aux montagnes d'Ozark, coule d abord au N.-E. dans l'Etat de Missouri, et après un vaste circuit de 120 kilom. se dirige au S.-E. dans l'Etat de l'Arkansas, où elle reçoit la rivière Black, passe à Elisabeth, coule au S., et se jette dans te Missouri, un peu au-dessus du confluent de l'Arkansas, après un cours très-sinueux de 875 kilom., navigable en toute saison pour les bateaux k vapeur jusqu'au confluent du Black.
WH1TE, rivière des Etats-Unis, dans l'Etat de l'Indiana. Elle se forme, au S.-O. d'Anderson, par la réunion de deux branches, dont l'une vient de l'E., l'autre de l'O., baigne Indianopolis, coule au S.-O., passe à Bloomrield et se jette dans le Wabash, après un cours de 425 kilom.
WHITE (sir Thomas), fondateur du collège de Saint-Jean il Oxford, né à Reading en 1492, mort en 1566. Fils d'un marchand de drap, il fut placé dans une maison do commerce, devint, à la mort de son père (1523), possesseur d'une grande fortune, qu'il accrut considérablement par d'heureuses spéculations, et devint en 1553 lord-maire de Londres. La reine Marie récompensa la fermeté de sa conduite lots de la révolte de Thomas Wyatt en lui donnant le titre de chevalier. White employa une partie do sa fortune à fonder k Oxford lo collège de Saint-Jean (1555), pour lequel il obtint le privilège d'enseigner la théologie, le droit canon et la jurisprudence.
WHITE (Jean), prélat anglais, né en 1511, mort en 1560. Il était professeur au collège de Westminster et gardien de cet établissement, lorsqu'il fut arrêté en 1650, comme coupable de manœuvres dirigées contre la nouvelle religion établie par Henri VIII. Enfermé k la Tour de Londres, il y fut détenu jusqu'à l'avènement de Marie, qui lui rendit la liberté et le nomma, en 1554, évêque de Lincoln, et, trois ans plus tard, évêque de Winchester. Mais, après la mort de cette princesse, il ne craignit pas de se livrer publiquement k des attaques contre la nouvelle reine, Elisabeth, et, un jour même, il osa la menacer de l'excommunication. Elisabeth le fit enfermer à la Tour, où il languit plus d'une année, et d'où il ne sortit que lorsque sa santé était déjà trop affaiblie pour qu'il pût survivre longtemps. On a de lui ; Epigrammatum liber; Carmina in malrimonium Philippi régis cum Maria regina Anglim.
WHITE (Richard), jurisconsulte et antiquaire français, mort en 1602. Il fit ses premières études à Oxford, partit ensuite pour. l'Italie et se lit recevoir k Padoue docteur en droit civil et en droit canon. II devint ensuite professeur au collège royal de Douai, et, quelques années avant sa mort, entra dans les ordres. On a de lui : jElia Lslia Crispi (Padoue, 1568, in-4°), ouvrage dans lequel il explique les anciennes épitaphesqut sont conservées dans le territoire de Bologne et qui avaient maintes fois déjà exercé la' sagacité des savants; Notas ad leqes decemvirarum (Arras, 1597, in-8") ; historiarum Britannics insulse, ab origine mundi ad amium 800, libri JX (Douai, 1602, in-8°); Explicalio brevis privilcgiorum jnris et consuetudinis circa meramemum eucharistie (Douai, 1609, in-S»); De-reliquiis et vemrationc sanclorum (Douai, 1609).
WHITE (Robert), graveur anglais, né à Londres en 1645, mort en 1704. 11 eut pour maître de dessin David I.oggan, puis s'adonna à la gravure et lit en même temps dos portraits à la mina de plomb, qui eurent une grande vogue, il n'en mourut pas moins dans la misère. Ses gravures au burin sont recherchées. White réussissait surtout dans les vues d'architecture.
WHITE (Gilbert), naturaliste anglais, nék Se!bonieeul720,morten 1793.11 fît ses études au collège d'Oriel à Oxford, y fut reçu maître es arts en 1740, et devint, en 1752, senior protector de l'université. Mais il renonça bientôt après à ces fonctions pour se retirer dans sou village natal et s'y livrer à son goût pour l'étude de l'histoire naturelle. On a de lui une Histoire naturelle de Selborne (1789, iu-40) qui lui assigne un rang émineat parmi les naturalistes anglais. Après sa mort, le docteur Aikin publia un ouvrage intitulé : Calendrier du naturaliste, avec des observations sur les différentes branches de l'histoire naturelle, qui était extrait en entier d'un journal rédigé par White pendant vingt-cinq ans. L'Histoire naturelle ot ce Calendrier ont été réédités, en 1813, en un volume in-4°, où se trouvent aussi quelques poésies de l'auteur.
WHITE (William), médecin anglais, né h York en 1744, mort dans cette ville en 1793. Il est connu par les publications suivantes : Essui sur les maladies de la bile , plus particulièrement sur les concrétions catcuteuses appelées pierres ("York, 1771, in-8°); Observations sttr la nature et la méthode de traitement de la phtàisie pulmonaire (York, 1782, in-80).
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.WHITE (Joseph), orientaliste anglais, né k Glocester en 1746, mort en 1814. Il était fils d'un tisserand, et était destiné à exercer le même métier que son père ; mais les rares dispositions qu il montra à l'école de charité où on l'avait envoyé lui valurent la bienveillance d'un riche propriétaire, qui se chargea de lui faire terminer sou éducation et l'envoya» l'université d'Oxford. White s'y adonna à 1 étude de la théologie et des langues orientales, devint en 1774 fellow du collège Wa» dham, puis en 1779. l'un des chapelains de Whitchall, et fut nommé dans la suite chanoine de la cathédrale de Glocester ut pasteur de Welton dans le comté de Suffolk. C'était l'un des plus habiles théologiens de son temps; mais sa réputation se fonde surtout sur ses travaux relatifs aux langues syriaque et persane. On a de lui : De utilitate linguse arabiese in studiis theologicis (1775); Sacrorum Evangeliorum versio syriaca philoxe-
niana nunc prhnvm édita, cum interpreta-
tione et adnolationibus (Oxford, 1778, 2 vol. in-4°); Institutions civiles et militaires de l'imour ou Tamerlan (17S3, in-4°); Dialcssaron sive intégra historia Domini Nostri Jesit- Christi armes (Oxford, ISOO, in-8°; Ie édit., 1826); j'Égyptiaca ou. Observations sur quelques antiquités de l'Egypte (Oxford, 0800, in-40); Novum Testamentum 0r«ece(lSO3, 8 vol.
WHITE (Robert), médecin anglais, qui vivait dans la seconde moitié du xviito siècle. Il est connu par les publications suivantes : Observations sur les fièvres (Londres, 1777, in-8°) ; l'Usage et l'abus de l'eau de mer examinés avec impartialité, etc. (Londres, 1776, in-s°) ; la Pratique actuelle de la chirurgie (Londres, 1786, in-8»); Analyse de la nouvelle pharmacopée de Londres (Londres, 1792, in-8°); Sommaire de ta théorie pneumato-chimique (Londres, 1796, in-8»), etc.
WHITE (Charles) chirurgien anglais, mort k Manchester, où il exerça son art dans la seconde moitié du xvmo siècle. Il est surtout connu par son histoire de la Phlegmatia atba dolens puerperarum, par la résection dos extrémités articulaires des os, qu'il pratiqua lo premier, et enfin par sa méthode de réduction des luxations de l'épaule.
WHITE (James), publiciste et romancier anglais, né en Irlande en 1754, mort en 1799. Il fit paraître en 1788 un plan d'abolition do la traite des noirs, qui contribua beaucoup a meute cette question philanthropique k 1 ordre du jour. Lorsque la Révolution française eut éclaté, il en défendit les principes dans ses écrits. James White est un des premiers écrivains anglais qui aient fait des romans historiques, genre dans lequel devait s'illustrer Waller Scott. On lui doit dans ce dernier genre : le Comte de Strongbovs (17S9, 2 vol. in-12); les Aventures de Jean de Gaud (1790, 3 vol. in-12) ; les Aventures du roi Richard Cœur de Lion (1791, 3 vol. in-12).
WHITE (Thomas), chirurgien anglais, mort dans les premières années de notre siècle. Outre plusieurs articles publiés dans les journaux, nous lui devons les deux ouvrages suivants, remarquables k plus d'un titre : Traité sur les scrofules (Londres, 17,84, in-12) ; Chirurgie pratique (Londres, 1801, in-8?).
WHITE (Joseph-Blanco), théologien anglais, né à Séville en 1775, mort en 1841. Il était issu d'une famille catholique établie en Espague depuis près d'un siècle, et il entra dans les ordres pour obéir à la volonté de ses parents ; mais il ne tarda pas k se dégoûter de la profession ecclésiastique et vint en 1810 en Angleterre, où il résida jusqu'à sa mort. II fonda k Londres, l'année même de sou arrivée, l'Espagnol, journal eu langue espagnole, qui parut jusqu'en 1814, époque où White reçut du gouvernement anglais une pension de 250 livres sterling (6,250 francs), dont il jouit pendant toute su vie. Vers la même époque, il se convertit k la religion anglicane, dans le but d'exercer les fonctions de miuistre j mais il renonça bientôt k cette idée et, après avoir tour k tour embrassé les opinions de l'Eglise évangélique et de l'Eglise unitaire, tinit par tomber dans le rationalisme, puis dans le scepticisme. Il se lit connaître pour la première fois aux lecteurs anglais en 1S20 par une série d'articles insérés dans le New Monthly Magazine, sous le titre de : Lettres d'Espagne par don Leucadion Doblado, ot qui furent publiés k part en 1822. La même année, il fonda un nouveau journal espagnol, les Variétés, qui parut pendant trots ans. Il publia, en outre, depuis cette époque : l'Evidence pratique et intérieure contre le catholicisme (1825); le Préservatif du pauvre contre le papisme (1825); Second voyage d'un gentilhomme irlandais à la recherche d'une religion (Dublin, 1833, 2 vol. iu-8°), en réponse k l'ouvrage si connu de Moore, elc. Mais de tous les écrits de While, ceux qui lui survivront le plus longtemps sont peut-être ceux qui ont été publiés après sa mort par John Hamilton Thom, sons ce titre : Vie du révérend Joseph-Blanco White, écrite par lui-même, avec une partie de sa correspondance (Londres, 1845, 3 vol. in-8°). White avait collaboré k une foule de journaux et recueils périodiques, tels que la Quarterty Beview, la London Jieview, la London and Westminster Revièu}, le Journal of Education, etc.
WHITE (Henri-Kirke), poète anglais, aé à
tVHlf
Nottingham on 1785, mort on 1806. Il était fils d'un boucher qui, le destinant à son état, ne prit aucun souci de le faire instruire. Le jeune-White fit lui-même son éducation. On voulut le forcer à apprendre le métier de fabricant de bas, mais il s'y refusa et consentit à entrer chez un procureur. Un penchant irrésistible l'entraînait vers la littérature. A peine âgé de quinze ans, il se rit recevoir à l'Académie de Nottingham, devant Inquelle il improvisa un discours sur le génie, qui dura deux heures et enleva tous les suffrages. Quelques essais poétiques avant fait pressentir son talent, il fut placé à l'université de Cambridge pour y achever ses études ; niais il mit tant d ardeur au travail qu'il succomba nu bout de peu de temps. Ses poésies ont été réunies pur Robert Southey, sous le titre de : Ce qui reste de U.-K. White, précédées d'une notice biographique (i807;6eédit., 1815,2 vol. iri-8°). Un troisième volume a été publié en 182S.
WHITE (Charles), officier et littérateur -anglais, né en 1793, mort en 1861. Entré à seize ans au service, il prit part à la campagne d'Espagne, fut promu capitaine après le siège de Badajoz et, de retour en Angleterre en 1812, fut nommé aide de camp du duc de Cuinberland, qu'il suivit peu après en Allemagne. 11 prit part ensuite, dans le corps russe de Bennigsen, aux opérations contre l'armée de Davout (1813-1814). Il quitta le service en 1827, avec le grade de colonel, et se lança dans la littérature. Se trouvant à Bruxelles lorsque éclata la révolution de septembre 1830, il combattit dans les rangs des insurgés et fut ensuite employé aux négociations qui tirent obtenir aux Belges l'appui de l'Angleterre. Plus tard, il alla faire un long voyage eu Orient et revint ensuite se fixer à Bruxelles. Outre trois romans, Une nouvelle .visita à Atmack, le Page du roi et les Epoux non mariés, ou a de lui : In+Itévoluiion. de Uelyique en 1830 (Londres, 1835, 2 vol.) et Trois années à Constuntiuople (1B40; 3« édit., .1844).
Vliiie (ci.UB de), club de Londres, célèbre surtout au xvmo siècle. 11 est situé dans Saint- James street. C'était d'abord un café, ou chocolaté house, oit se réunissaient des grands seigneurs, des hommes de lettres et beaucoup do joueurs ; on y jouait très-gros jeu ; Ilogunh y a placé lu. sixième scène delà Vie du débauché. Un incendie éclate; lus joueurs sont tellement ucharnés sur leurs dés, que ni les wati'hmen qui se précipitent en citant: Au feul ni les flammes qui sortent par les fenêtres ne peuvent distraire l'attention de ces fanatiques et les éveiller au moment du danger. Cet incendie, qui détruisit rétablissement, date de 1733. Whitû fut rebâti et, en 1736, transformé en club. Parmi les membres figuraient : le duc de Devonshire, le comte do Cholmondely, lord Chesterfield, lord Rockinghum, tir John Cope, le major général Churchill, Bubb Doddington etCoiley Ciber. Ce club fut essentiellement une maison do jeu. La passion du jeu était alors exalté© jusqu'à la fureur. Cinq jours par semaine ne t>uflisaient pas aux membres du club de Whilc. « L'autre jour, écrit Walpole en 17^9, en traversant Richmond, 'je vis lord Bath, lord LotiMlula et une demi-douzaine encore de : membres du club de White flâner devant la porte d'une maison qu'ils ont louée dans cet endroit pour y jouer au whist le samedi et le dimanche. ■ Ce fut en vain que les fiancées, sur le point de se marier, mettaient pour condition que leurs prétendus renonceraient au club de White, aux dés et aux cartes. White ne perdit pas un seul habitué, le pharaon et le whist un seul adorateur. Les têtes les plus fortes étaient attirées vers cet abîme comme pur une fascination invincible ; ni les talents de lord Edgecumbe, ni l'esprit de George Si'lwyn, ni l'amabilité de lord Carliste, ni le génie de Charles Fox ne purent leur faire éviter le gouirre. Lord Carlisle perdit à ce club des sommes effrayantes ; sir John Blund, de Kippax-Pnrk, se lit sauter la cervelle, ainsi que lord Mountford. Ce dernier lit venir un homme de loi et trois témoins, dicta se.» dernières volontés, se lit lire l'acte deux fois ci demanda à l'homme de loi si un testament était valable bien qu'après l'avoir fait la personne dût su tuer, Sur la réponse uflumative de ce dernier, il lui dit : « Attendez-moi un instant, je passe dans l'autre pièce. ■ Il sortit, en effet, et se tira un coup de pistolet dans la tête.
Les livres de paris du White et d'un autre club célèbre de cette époque, celui de Brookc, existent encore ; on trouve des paris sur tous les sujets imaginables. Il y en a Sur le3 naissauces, sur les morts, sur les mariages. 11 y en a sur la vie de tel ou tel individu, sur la durée de tel ou tel ministère. Il y en a sur les chances qu'un coquin a d'être pendu et qu'un homme en place a d'être culbuté. Il y en a sur les résultats d'une élection et sur la santé du roi, sur une secousse de tremblement de terre, sur le dernier scandale de Ranelagh, sur le caprice dételle femme à la mode. Un M. Black parie 1,500 livres sterling qu'un homme no peut pas vivre douze heures sous l'eau. 11 trouve un individu qui consent à tenter l'aventure, l'enferme dans un vieux bateau et coule le bateau à fond ; ni l'individu ni le bateau ne reparaissent. ■ On va renouveler l'expérience sur un autre individu et sur un autre bateau, dit Walpole; mais ne devrait-on
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pas plutôt la renouveler sur M. Black lfassassin ? i
Ces clubs de White et de Brooke existent encore dans Saint-James street; mais tes jeux de hasard ont disparu. Les membres sont généralement des hommes appartenant au inondo politique.
WH1TEFIELD, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat du Maine, à 24 kilom. N. de Wiscasset, sur la Sheepscot; 3,000 hab.
WHITEFIELD (George), l'un des chefs des méthodistes anglais, né à Glocester en 1714, mort en 1770. Il était fils d'un marchand de vin et avait déjà reçu une certaine éducation première, lorsqu'à la mort de son père il fut obligé de venir le remplacer dans son cabaret. Cependant, à l'âge de dix-huit ans, il obtint une bourse à l'université d'Oxford, où il alla étudier la théologie et où il se lia avec les frères Wesley et leurs adhérents, qui, depuis quelques années déjà, étaient connus à cette université sous le nom de méthodistes. Ordonné diacre en 1736, il revint prêcher dans sa ville natale et dès son premier sermon y produisit une profonde sensation. Jamais véhémence, jamais enthousiasme pareil n'avait encore tonné du haut d'une chaire anglaise devant les auditeurs de cette époque. Il partit en 1738 pour l'Amérique, où 1 appelait Wesley, mais il en revint dès l'année suivante et obtint une place de prédicateur â Oxford. Cependant, il choisit toujours de préférence les églises de Londres pour scène de son activité religieuse et entreprit, en outre, la conversion des habitants des mines de houille situées dans les environs d'Oxford. Ce fut lui qui, le premier, donna l'exemple de la prédication en plein air, et bienlôt il ne put guère réunir autrement ses autiiieurs, car les églises de l'Etat lui furent interdites en 1740. Il retourna, la même année, pour quelques mois en Amérique, où il fonda, près deSavannah (Géorgie), une grande maison d'orphelins. Ce fut à son retour, en 1741, que commencèrent, à propos de la prédestination, ses démêlés avec Wesley. Ce dernier se déclarait pour la théologie arminienne, et Whitelield, quoique d'un caractère beaucoup plus doux, soutenait la doctrine calviniste et les décrets éternels d'élection et de réprobation.
Après sa séparation d'avec Wesley, Whitelield avait construit à Londres, à côté do l'église de ce dernier, une église particulière, qu'il appela le Tabernacle et où se réunirent bientôt autour de lui un grand nombre de méthodistes. L'Eglise écossaise lui ouvrit aussi son enceinte et il y prêcha avec succès. Au retour d'un voyage en Ecosse, où il s'était activement occupé de l'établissement d'écoles et d'asiles d'orphelins , il épousa en 1742, à Abergavenny, une veuve qui, s'il faut l'en Croire, n'était ni belle ni riche, et avec laquelle il ne fit pas trop bon ménage. A dater de 1744, il fit fréquemment des voyages de peu de durée dans l'Amérique du Nord, où le nombre des méthodistes de son parti croissait de jour en jour. Ce fut là qu'il mourut à Newbury, près de Boston. Outre une édition des Commentaires sur la Bible de Clarke, qu'il publia en 1759, ses œuvres consistent surtout en sermons, en écrits de controverse, en un journal de sa vie et en 3 volumes de lettres (le tout publié k Londres en 1771). Il avait aussi fait paraître de son vivant, à l'exemple de Wesley, l'histoire de sa vie, dont une seconde édition, considérablement corrigée, parut en 1756.
WhJiofrinr», roman anglais, anonymefl 851). Whitefriars est un ancien quartier, mal famé et mal hanté, de la ville de Londres ; autrefois, par exemple au temps de Charles II, sous la règne duquel se passe l'action, ce quartier servait de refuge aux gens Sans aveu, aux filles de mauvaise vie, et de rendez-vous aux grands seigneurs désireux de varier leurs débauches. Un gentilhomme français, Claude Du val, porteur d'un permis royal et accompagné d'un petit garçon de cinq ans, est admis dans l'eucein te intérieure de la Tour de Londres, auprès du gouverneur de cette Bastille, qui l'autorise à avoir une entrevue, avec un prisonnier d'Etat. Le détenu, lord Aumerle, est accusé de haute trahison et de participation à la tentative faite pour s'emparer du château de Dublin. Le noble lord, détesté de sa femme, qui vit publiquement avec un amant cupide, et persuadé que l'accusation portée contre lui émaue de sa femme intéressée à sa mort, fait part à son visiteur des craintes qui l'obsèdent; il redoute d'être assassiné par quelque émissaire de ladj' Aumerle. Cette femme perverse et implacable avait déjà poussé, l'impudeur et la perfidie jusqu'à lui déclarer que son enfant, là présent, n'était pas son fils à lui, dans l'espoir de lui faire déshériter cet enfaut. Mais il sait que Mérvyn est bien son fils légitime et il confie son héritier à la vigilance de Claude Duval, pour le conduire à Saint-Omer chez les jésuites. Les appréhensions du prisonnier sont justifiées par l'événement qui se produit la nuit même ; le lendemain, on le trouve assassiné dans sa cellule. L'assassin est le colonel Blood, bretteur déterminé et second amant de lady Aumerle. Claude Duval parvient à remettre son pupille entre les mains des jésuites de Saint-Omer, non sans avoir couru le risque d'être assassiné par le capitaine Oates, transfuge de tous les partis, jouant les rôles les plus ignobles et cher-
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chant partout des conspirateurs. Plus tard, quand Mervyn est devenu un jeune homme, un frère du couvent lui promet de lui révéler le secret de sa naissance, à condition que certains papiers compromettants pour les bons pères leur seront dérobés. Mervyn s'enfuit avec le tentateur et arrive à Londres. Son compagnon (Oates) annonce au peuple qu'il a découvert un complot des jésuites, complot contre les protestants, peu rassurés déjà par les sentiments personnels du catholique Charles II. D'autre part, 0;>tes s'empresse d'aller trouver lady Aumerle pour la faire capituler au moyen du secret dont i! dispose. Le colonel Blood sert d'intermédiaire et partage avec le capitaine le produit de l'escroquerie. Par suite de diverses circonstances, Mervyn devient, pour ainsi dire, le prisonnier du colonel Blood, dont la retraite est une espèce de forteresse. Bien qu'un peu tard, les remords l'assiègent; maintenant il protège à sa manière le fils de celui qu'il a assassiné; il le protège contre les entreprises de son compère Oates. Le jeune homme, obligé de prendre part à leurs expéditions contre les papistes, est blessé. On le porte chez le colonel Sydney, qui le soigne avec l'aide de sa fille Aurore. Les jeunes gens s'aiment ; mais Charles II veut avoir Aurore pour maîtresse. Repoussé par la jeune fille, il la fuit enlever. Mervyn la défend; on l'arrête. Déjà Oates l'a accusé d'avoir conspiré avec Sydney et lord Howart, époux de la veuve de lord Aumerle. Charles II fait grâce à Mervyn, purce qu'il espère fléchir Aurore. Cependant, Sydney est condamné à mort pour crime de haute trahison ; avant de mourir, il unit les deux jeunes gens. Devenu possesseur de l'héritage paternel, par suite d'une sorte de suicide de sa mère et grâce à la fermeté de Blood, qui meurt empoisonné par un juif aux gages de lady Howart, Mervyn pardonne à l'assassm de son père et épouse sa fiancée. Quant au bandit Oates, il finit ses jours dans une prison, après avoir été attaché au pilori. Ce roman est compliqué d'aventures et encombré de pérsonnuges. Tant d'acteurs et tant d'épisodes nuisent à la clarté et à l'enchaînement de l'action ; mais l'intérêt du récit soutient et ranime à temps l'attention du lecteur. L'auteur anonyme a voulu peindre les mœurs sociales et politiques au temps de Charles II ; il a atteint son but. Presque tous ses personnages, même le roi, se rencontrent dans le quartier de Whitefriars, le terrain neutre de la bonne et de la mauvaise compagnie ; les hommes de cour ne valent pas mieux que les chevaliers d'industrie et les spadassins mêlés à leurs orgies; de là le titre donné à son récit historique. Ce roman a été traduit en français.
Wkiiebatl, palais situé sur la rive gauche de la Tamise, qui fut la résidence de plusieurs souverains d'Angleterre et près duquel fut exécuté Charles I«. Le terrain sur lequel Whitehal! est bâti appartenait primitivement k l'abbaye de Westminster qui, dans le commencement du xiito sièéle, le vendit à Hubert de Burgh, seigneur de Kent et chef de la justice d Angleterre. De Burgh y fit construire un beau palais, et à sa mort, en 1212, il légua sa propriété aux moines noirs d'IIolboru. Treize ans plus tard, ces religieux le cédèrent à Wulter Grey, archevêque d'York, qui l'embellit beaucoup et le laissa à ses héritiers.
Le célèbre cardinal Wolsey fit de ce palais une habitation capable d'éclipser par son luxe et sa magnificence, non-seulement les demeures royales d'Angleterre, mais celles de tous les souverains d'Europe. Ce prélat ambitieux, qui prétendait à la tiare et qui disait moi et le roi, donna aux ambassadeurs de François I^r une fête qui surpassait tout ce qu'on avait vu jusque-là.
• On ne voyait, dit un historien presque contemporain, dans les plafonds et dans les lambris que peintures et sculptures faites par les meilleurs artistes d'Europe. L'or et l'azur brillaient de tous côtés. Les ameublements et les tapisseries d'or et de soie éblouissaient la, vue ; les buffets étaient chargés de vaisselle d'or et d'urgent, et de quelque côté qu'on jetât les yeux, on ne rencontrait que des richesses inappréciables. Trois cents lits magnifiquement drapés avaient été préparés pour les conviés. Les chambres étaient éclairées par des lustres en vermeil. L'ameublement de chaque pièce était différent des autres, mais tous étaient également beaux et merveilleusement riches. •
Disgracié en 1529, le favori de Henri VIII dut quitter cette superbe habitation, qui devint propriété de la couronne.
C'est en ce palais que fut célébré le mariage de Henri VIII avec Anne de Boleyn. Lorsque ce prince en prit possession, il y ajouta quelques constructions, qui avaient pour objet de le réunir entièrement au palais de Saint-James. Il y résida pendant toutela durée de son règne et y mourut.
On ne peut fixer avec certitude l'époque où ce palais reçut le nom de White hall. Il est probable, toutefois, qu'une partie des bâtiments était ainsi appelée du temps du cardinal de Wolsey, et que c'est sous le règne d'Elisabeth que cette désignation fut définitivement adoptée.
Le roi Jacques I«, qui y tint sa cour après cette reine, se proposait de reconstruire Whitehall d'après les dessins d'Inigo Jones ;
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mais le Banquetting-House (maison (les banquets) est la seule partie de ce vaste plan qui fut mise à exécution.
Whitehall a été la résidence des rois d'Angleterre jusqu'à la reine Anne en 1697, époque à laquelle il fut consumé par un incendie, à l'exception de Banquetting-House.
L'événement le plus mémorable dont ce palais ait été le théâtre est, sans contredit, le supplice de Charles 1er, L'échafaud fut dressé contre les murs de Whitehall, et Charles 1er y arriva en passant par une fenêtre aujourd'hui murée.
Ce qui subsiste de Whitehall a été restauré au commencement de ce siècle; ce palais, tel qu'il est aujourd'hui, est encore regardé comme un des plus beaux monuments de Londres. Le dôme de la chapelle est peint par Rubens et représente, dans une suite de neuf tableaux, l'histoire et l'apothéose de Jacques 1er ; ce beau travail, restauré depuis par Cipriani, valut à son auteur 3,000 livres sterling et le titre de chevalier,
WHITEHALL, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-York, à 112 kilom. N. d'Albany, à l'extrémité méridionale du lac Champlain , près de la limite de l'Etat de Vermont; 4,900 hab. Commerce actif avec le Canada. Manufacture de lainages; exploitation et vente de bois de charpente.
WH1TEHAVEN, ville et port d'Angleterre (Cumberland), k 52 kilom. S.-O. de Carlisle, sur le chemin de fer de Maryport et sur la mer d'Irlande ; 18,000 hab. Ecole des arts et métiers, école de navigation, douane, bains de mer. Beau théâtre. Son port, qui assèche U marée basse, est protégé par plusieurs môles.Des steamers relient la villeaveo Belfast et Liverpool. Manufactures importantes de coton, cordes et toiles à voiles. Chantiers de construction. Commerce de houille, pierres calcaires, fils, graines, toiles, lin, bois, fruits, vin, savon. Foire le 12 août. Ce n'était qu'un hameau du temps d'Elisabeth.
WHITEHEAD (Paul), poète satirique anglais, né à Londres en 1710, mort en 1774. Il étudia le droit à Londres , mais n'exerça jamais la profession d'avocat, un riche mariage qu'il fit en 1735 lui permettant de vivre dans 1 oisiveté. En 1733, il publia sous ce titre : les Sots politiques (State dunces),une satire contre le ministère, qu'il dédia à Pope et qui, tout en la faisant connaître du public , lui valut la faveur de l'opposition , à la tète do laquelle se trouvait alors le prince de Galles. Une autre satire du même genre, les Mœurs, qui parut eu 1739, était écrite avec si peu de ménagements que, sur la motion de lord Deluwara , la Chambre des lords cita à sa b»rre l'auteur et l'éditeur du libelle, et Whitehead fut obligé de se cacher pendant quelque temps. Il devint ensuite, avec Ralph, un certain docteur Thomson et autres, l'un des valets littéraires que Bubb Dodington réunissait autour de lui, et il se distingua par sou dévouement à son protecteur, nonseulement dans ses écrits, mais encore dans les élections et dans plusieurs autres occasions. Il eut aussi pour protecteur le eêlèbro sir Francis Dashwood, dont il fut le compagnon d'orgies à l'abbaye de Medtnenham, et qui, en récompense, lui fit obtenir l'emploi de député trésorier de la Chambre, qu'il conserva jusqu'à sa mort. Nous citerons encore, parmi ses écrits : la Cymnasiade, diatribe contre les boxeurs (1744) ; VHonneur, satire contre legouvernement, publiée vers le même temps, et une Epitre au docteur Thomson (1755). Ses œuvres complètes, qui sont presque toutes, dit l'Encyclopédie Aeliu'ight, «de véritables ordures, » furent réunies et publiées, avec une biographie de l'auteur, par le capitaine Edouard Thomson (1777, in 4°).
WHITEHEAD (Guillaume), poète anglais, né à Cambridge en 1715, mort en 1785. Il était fils d'un boulanger; mais son intelligence excita l'intérêt de lord Montfort, qui lui fournit les moyens de commencer son éducation. Il étudia ensuite à l'université de sa ville natale, devint, en 1745, précepteur du comte de Jersey et, après avoir parcouru avec son pupille une partie du continent, fut nomme, en 1755, secrétaire de l'ordre du Bain. Deux ans plus tard, il reçut le titre do petite lauréat (officiel) , vacant par la mort de Colley Cibber. Il avait débuté de bonne heuro «uns la littérature et il publia luimême k plusieurs reprises (1754 et 1774) des recueils de ses poésies, qui consistent en épîtres, contes, odes, etc. Une troisième édition, précédée de sa biographie, en fut donnée immédiatement après sa mort, et elles ont, en outre, été insérées dans la collection des Poêles anylais de Chalmer (1810, 21 vol. in-8°); mais elles sont complètement oubliées aujourd'hui. L'œuvre la plus remarquable de Whitehead est sa tragédie intitulée le Père Jtomain, qui est, en partie, une imitation des Horaces de Corneille, et qui, représentée à Drury Lane en 1750 , resta longtemps au répertoire. On lui doit encore: Creuse, reine d'Athènes, tragédie (1754); VJicole des amoureux , comédie (1762), et Une tournée en Ecosse, farce populaire, qui fut jouée avec beaucoup de succès en 1770.
WHITEHEAD (Jean) , médecin et théologien anglais, mort en 1802. Après avoir terminé ses éludes théologiques, U se fit quaker et devint un des prédicateurs les plus populaires de cette secte. Chargé d'accom-
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pagner un jeune Anglais dans un voyage à travers l'Europe, u séjourna longtemps à Leyde, où il s'appîiqua'à l'étude de la médecine et de l'anatûmie, sciences dans lesquelles il fit des progrès rapides. A son retour en Angleterre, il obtint une place de médecin au dispensaire de Londres et devint, deux ans plus tard, médecin en chef de l'hôpital des quakers de Mile-End, dans la même ville. Peu de temps après, cependant, cédant aux exhortations de Wesley, dont il était l'ami depuis longtemps, il embrassa les doctrines des méthodistes et se signala bientôt par l'éloquence de ses prédications. Il prononça plus tard l'oraison funèbre de son ami, dont il a écrit la biographie détaillée sous ce titre: Vie du révérend Jean Wesley...., avec la vie de Charles Wesley (Londres, 1793-1796, îvol.).
WI11TEIIUBST (Jean), mécanicien anglais, né à Congletori (Chestershire) en 1713, mort en 17S8. Fils d'un horloger, il commença de bonne heure à travailler daiss l'atelier de son pèra et acquit fort jeune une grande habileté dans l'horlogerie. 11 s'adonna ensuite avec ardeur à l'étude de la mécanique et établit une manufacture d'instruments do physique, dans laquelle il fabriqua notamment des thermomètres et des Daromètres d'une construction entièrement nouvelle, ainsi que des appareils hydrauliques d'uno granda puissance. En 1775, il fut chargé de tn briquer les étalons et les trébuchais de l'hôtel des monnaies de Londres et, quatre ans plus tard, devint membre de la Société royale. Ou a de lui les écrits suivants : Recherches sur l'état originaire et la formation de la terre (Londres, 1778, in-so ; 1702, 3o édit.); Essai. pour obtenir des mesures Égales de longueur, de capacité et de poids par la mesure du temps (Londres, 1787) ; Traité des cheminées , des ventilateurs et des serres chaudes dam les jardins (Londres, 1794, iii-8"). Il avait, en outre, fourni plusieurs mémoires aux Transactions philosophiques.
W1UTELOCKE (Bulstrode), homme politique anglais, né à Londres en 1605, mort en 1676. Fils d'un juge et destiné lui-même a la magistrature, il étudia le droit à Oxford, tuais quitta l'université sans avoir pris aucun grade, ce qui ne l'empêcha pas d'être admis au barreau de Middle-Temple, où il s'acquit une grande réputation. Eu 1640 , il fut élu membre du Long Parlement et devint, peu de temps après, président de la commission chargée de poursuivre le procès du comte de Stralford. Il se trouva ainsi amené de bonne heure à combattre les mesures arbitraires du gouvernement de Charles I^f, mais il le rit avec modération. En 1641, dans le débat sur la milice, il soutint que le pouvoir n'appartenait ni au roi ni au Parlement séparément, mais bien à ces deux autorités réunies. En 1642, il prit part à lu défense de la ville de Brentford, devint, peu après, l'un des commissaires chargés de traiter de la paix à Oxford et fut nommé, en 1644, gouverneur du château de Windsor, puis, l'année suivante, l'un des commissaires de l'amirauté. Lors des négociations du traité d'Uxbridge, il insista fortement pour que l'on acceptât les propositions du roi, et au Siège d'Oxford, en 1646, il conseilla à Fairfax d'offrir d'honorables conditions aux assiégés, afin de préserver de tout dommage les bâtiments de l'université de cette ville. Peu de temps après la dispersion de la Chambre des communes par Cromwellet ses soldats (6 décembre 1648), il s'en retira, quoiqu'il fût du nombre des membres qui n'avaient pas été expulsés. Il refusa de faire partie de la commission chargée de dresser l'acte d'accusation contre le roi.
Les Mémoires deWhiteloekenous le montrentd'un caractère assez consciencieux pour ne pas faire ce qu'il regardait comme injuste, maison même temps trop faible pour s'opposer aux actes d'un parti puissant, dont il partageait d'ailleurs la plupart des opinions ou qu'il servit en tout cas comme s'il les partageait. Quoiqu'il eût refusé de prendre part aux débats de la haute cour de justice , il n'en avait pas moins de fréquents entretiens avec Croinwelt, Nommé, en 1649, l'un des commissaires du grand sceau, il s'opposa à la vente de la bibliothèque royale et do la collection de médailles de Saint-James et les lit garder soigneusement. Eu décembre 1651, il proposa h la Chambre d'entrer en accommodement avec le prince de Galles ou avec le duc d'York et, un pou plus tard , revint sur le même sujet auprès de Cronvwell, qui, dit-il lui-même, commença dès lors à le regarder avec froideur et voulut même l'envoyer comme commissaire en Irlande. White- .ocke refusa. Eu avril 1653, il s'opposa, mais sans succès, à la dissolution du Parlement, et Cronvwell irrité ne voulut pas l'admettre dans sou premier Parlement. Vers la tin de la même année , cependant , il fut envoyé connue ambassadeur en Suède, où il conclut un traité avantageux avec la reine Christine. A son retour (1654), il fut élu membre du second Parletuentde Cronvwell, devint, après la dissolution de celte assemblée , commissaire de la trésorerie, siégea comme président intérimaire au troisième Parlement et fut l'un desjnembrcs de la commission de la Chambre qui alla engager Cronvwell à prendre le titre de roi. 11 n'en continua pas moins a combattra plusieurs des mesurés du pro-
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teçteur, mais son opposition n'altéra en rien l'estime que lui portait celui-ci, dont l'un des derniers actes fut le décret qui créait Whiteloeke vicomte (31 août 1658). Whitelocka ne voulut pas accepter ce titre. Sons Richard Cronvwell , il devint commissaire du grand sceau et membre du conseil d'Etat, fut l'un de ceux qui proposèrent d-e ne plus supporter le gouvernement monarchique, bien qu'il eût proposé à Cromwell de prendre le litre de roi.
Le général Monk, qulétait alors en Ecosse, l'engagea à venir l'y rejoindre; mais il refusa et continua, h soutenir le gouvernement jusqu'au moment où, les débris du Long Parlement s'étant réunis (décembre 1659), il jugea prudent d'abandonner un poste dans lequel il devenait dangereux de rester. Il rentra alors, pour toujours, dans la vie privée. Après la Restauration, son nom fut inscrit dans l'acte de pardon et d'oubli, à une faible majorité dans la Chambre des communes. Il a laissé plusieurs ouvrages qui ne furent imprimés qu'après sa mort, savoir : Mémoires sur les affaires anglaises depuis le commencement du règne de Charles te* jusqu'à .ta restauration de Charles II (1682; Oxford, 1853, 4 vol. in-fol.); Journal de l'ambassade de Suède en 1653 et 1654 (1772; 2» édit., 1855); Mémoires sur les affaires anglaises depuis l'expédition supposée de Bruius dans cette ile jusqu'à la /indu règne de Jacques 11, etc., publié d'après ses manuscrits par W. Penn, gouverneur de la Pensylvanie (1709).
W11ITE-MOUISTA1NS. V. Blanches (montagnes).
WHtTE-POOL s, m. (oui-te-poul). Mamm.
Espèce de cachalot.
WH1TÉK1TE s. f. (oui-té-ri-te). Miner.
Carbonate de baryte.
WU1TB9TOWN, bourg des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-York, sur la rivière Mohawk, non loin du lac d'Onéidu; 5,900 hab. Manufactures diverses; commerce actif.
WHITFIELD1E S. f. foui-tlil-d! — do Whitfietd, voyageur angl.). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des acanthacées, dont l'espèce type croit dans la Sierra-Leone.
WIHTFORD (Richard), théologien anglais, mort en 1550. D'abord chapelain de l'évêque de Winchester, il entra ensuite comme religieux au -monastère de Sion, et, lorsque cette maison eut été supprimée sous le règne de Henri VIII, il vécut dans une retraite si profonde, que l'on ignore l'époque de sa mort. C'était un homme de beaucoup d'érudition, et il fut en correspondance avec Erasme, Thomas More et autres illustrations de sou époque. On a de lui : Défense des trois vœux de religion contre Luther (1532); des traductions de la Règle de saint Augustin et de VAIphabetvm religiosum de saint Bonaventure(l532 ,iu-4<>) ;' Traité de la patieiv/e {Mil, in -4«); Martyrologe de l'Eglise de Salisùwij ; le Psautier de Jésus, qui est encore en usage de nos jours parmi les catholiques anglais. WHITGIFT (Jean), prélat anglais, né en 1530, mort en 1603. Il lit ses études à l'université de Cambridge et y fut reçu docteur en théologie avec une thèse intitulée Papa est Me Autichristus. Il ne tarda pas à se fuira remarquer par son talent pour la prédication, devint successivement professeur royal de théologie, principal du collège de lu Trinité, deux fois vice-chancelier de l'université de Cambridge, évêque de Worcesler (1577) et enfin archevêque de Cantorbéry (1583). Déjà connu par la vigoureuse réponse qu'il avait faite en 1572 à l'ouvrage de Cartwright, intitulé -An Admonition to the Parliament, qui était une violente attaque contre l'ensemble de la constitution de l'Eglise réformée, Whitgift, une fois noirimé archevêque do Cantorbéry, travailla efficacement k maintenir l'intégrité de la doctrine anglicane contre les puritains et, par l'énergie de ses mesures, la fermeté et l'inflexibilité de son caractère, réussit, à triompher de tous les obstacles que lui opposaient les divers partis . religieux , dont l'un surtout comptait à la cour de nombreux protecteurs, quoique la reine le vit de mauvais œil. Jusqu'à la fin, cette princesse mit en Whitgift une confiance sans bornes; elle le fit entrer au conseil privé et voulut le nommer chancelier d'Angleterre, mais l'archevêque refusa; il n'en fut pas moins chargé, tant que vécut Elisabeth, do la direction des affaires ecclésiastiques et du choix des évêques. A l'avènement de Jacques le', il craignit que ce prince ne voulût introduire quelques changements dans la constitution et la liturgie de l'Eglise anglicane; mais le roi lui donna lui-même l'assurance que rien ne serait modifié dans l'ancien état de choses, Whitgift mourut quelques mois plus tard, des suites d'une paralysie. Il avait été le troisième primat d'Angleterre depuis la Réformation. Sa Vie a été écrite par G. Paule (1699, in-8°) et par J. Strype (1718, in-fol.).
WHITHOIIN, ville d'Ecosse, dans le comté et à 17 kilom. S. de Wigtowu, avec un petit port de commerce sur la baie de Wigtown ; 1,800 hab. Vastes carrières d'ardoise et de marbre. Tanneries. Cette ville s'élève sur l'emplacement de l'ancienne Leucophibia, capitale des Novajites. On y voit les vestiges de la.cathédrale d'un siège épiscopal fondé
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au iv* siècle; c'est là que le christianisme fut introduit pour la première fois en Ecosse par l'évêque Ningas.
WHÎTJE s. f. {oui -Il — de White, savant holland.). Bot. Genre d'arbrisseaux , do la famille des. gesnéracées, tribu des cyrtandrées, comprenant deux espèces, qui crois-, cent à Java. . . , ; ,. .
WHITLAVtE s. i.(oui-Ua-vl — de Whitla», botan. américain). Bot. Genre de plantes, <lé la famille des polémoniaoées , dont l'espèce type croit en Californie.
WHÏTLEYÉ s. f. (oui-tlè— de Whitley, naturaliste angl,). Bot. Syn. d'ANlSODB, genre de solanées.
WHITTIER (John-Gre.enleaf), poSté et lit- (orateur américain, né à Ha verni!!, dans le Massachusetts en 1807. Il était lil.s, d'un pauvre fermier et vécut à, la campagne jusqu'à l'âge de vingt ans, où il lui fut possible de sa rendre à Boston et de s'y livrer à l'étudei Adversaire déclaré de l'esclavage, en sa qualité de quaker, il l'a combattu dans les différents journaux qui l'ont eu pour rédacteur ou pour collaborateur, ainsi que' dans quelques-unes de ses plus belles pièces de poésie, qu'il a réunies sous ce titre : Voix de la liberté (1850). Depuis 1840, il habite Amesbury,dnns le Massachusetts, et ne s'occupe que d'études et de travaux littéraires. "On lui doit encore : Chants de travail et attires poèmes (l85t); Ballades et poèmes dit foyer (1859), ainsi que (les chants de guerre et (les chants patriotiques-, qu'il a écrits pendant la guerre civile et qui respirent une sauvage énergie,
WHITTINGTON (Robert), grammairien et poète anglais, né k Lichtfield vers 14S0, mort après 1530. Il fit ses études à Oxford, entra dans les ordres et, vers 1501 , ouvrit k Londres une grammar-schaol. On no sait plus rien sur lui, sinon qu'il vivait encoro en 1530 et qu'il fut le dernier poëte lauréat (poeta laureatus) qui ait été couronné a Oxford. Cet honneur lut inspira un tel orgueil qu'il prit alors le titre de protovates Anglim. Outre des Epigrammala (1519, in-4» rare), on a de lui différents écrits sur la grammaire, entre autres un Traité des synonymes, qui est à peu près introuvable aujourd'hui; puis d'autres traités : De difficultale jnstitiie servands in reipublics adminislratione et De quatuor virtutibus cardinalibus, etc.
WHITTINGTON (G-D.), archéologue anglais, mort dans le commencement de ce siècle. Après avoir terminé ses études a, Cambridge, il voyagea sur le continent et s'y occupa surtout de l'étude des monuments religieux. Une mort prématurée l'empêcha do mettre au jour tous les résultats de ses recherches ; une partie en, a été publiée sous ce titre : Description historique des antiquités ecclésiastiques de la France, ayant pour objet d'éclaircir la naissance et les progrès de l'architecture gothique en Europe (Londres, 1809, iu-so).
WI11TT1KGTON, personnage populaire en Angleterre. Il y a sous le nom de Whittington une histoire aussi populaire dans la Grande-Bretagne que colle de Robinson Crusoé. Dick Whittington, pauvre petit' orphelin, sans pain et sans abri, frappait au hasard à la" porte d'un riche négociant de Londres, M. Pitzwairen ; uno vieille cuisinière ouvre, et lui donne une place sous la cheminée. 11 devient marmiton , tournant les rôtis Sans y goûter et supportant sans se plaindre lés injures et les soufflets de la vieille. Son seul bonlieur était de jouer et de causer la nuit, dans un coin du grenier, avec un chat, qu'il avait acheté un sou, au grand mécontentement de la vieille, qui l'appelait chaque jour pour ce l'ait prodigue, vaurien, etc., avec mille autres injures. Un jour, au milieu d'une grande colère, cette méchante femme tombe sur lui et le frappe sans pitié. Le maître de la maison vint à passer avec sa tille Alice; il fut touché de la patience du pauvre Dick. • Petit, lui dit-il, j'envoie Un vaisseau en Afrique ; tu sais que chacun de mes commis et de mes domestiques y place à ses frais uno pacotille que l'on échange lii-bus ù son profit. N'as-tu rien à envoyer aux Africains? — Je n'ai que mon chat, dit le petit tout honteux, — Donne-moi ton chat, je l'enverrai aux côtes de Barbarie, » répondit le maître en riant.
Or, quelques mois après, comme un roi des côtes de Barbarie et son épouse étaient assis par terre pour prendre leur repas, le capitaine de vaisseau remarqua avec surprise que les rats et les souris avaient l'effronterie de venir disputer les meilleurs morceaux aux deux majestés." Comment souffrez-vous ces impertinences? observa le capitaine. — Je ne puis pas les empêcher, dit le roi avec un soupir. — Vous voulez rire, Majesté I • répondit le capitaine surpris. Et il lit venir le chat de Whittington, qui en quelques instants dévora la moitié des rats et mit l'autre moitié en fuite. Le roi, enthousiasmé-, voulut à tout prix garder dan3 son palais cet animal inconnu, défenseur de ses festins.
Pendant ce temps, l'histoire dit qu'un matin Whittington, ennuyé de son état de marmiton et des mauvais traitements qu'il éprouvait, sortit de l'hôtel tout découragé et résolu k n'y plus rentrer de sa vie ; mais voilà
WBIIÏ!
qu'il crut entendre les cloches d'une égljso lut dire par trois fois'en bon anglais':
Whittingtoa, Whittington;
Rentre, rentre j. la maison^ f
et une sourde vibration, en se prolongeant, ajoutait:
Thrite. mayor o[ Lonilon
(Trai3 fois de Londres lord^inaire tu Beras).
Diok revint tout pensif au. logis, 'heureux
s'il apercevait quelquefois' au loin dans, loi
jardins la robe blanche de miss Alice! ','' '
Quelque temps après, on annonça le retour du vaisseau. Whittington assistait tristement au débarquemeitt; il espérait qu'on lut aurait ramené son chat. Mais le maître l'appela K lui montrant une tonne pleine'de poudra ij'or, de pierreries et d'objets préuieiix : «Voici, lui dit-il, ce qu'on t'envoie de Barbarie on échange dé foin cllat; veux-tu, placer ta fortune dans ma maison? » Whittington donna une larme "de regret a soti chat et embrassa la main de son maître, On devine le reste Ile l'histoire. Whittington , grâce a snniprsttfeteur et à sa fille, s'instruit, travaille, centà. pie son capital, envoie à son tour de petites barques, puis des vnisseanx eu Afrique, en Asie et, devenu riche- et honoré, épousé miss Alice et est nommé trois fois lord-moârb de Londres. - -, . '
li est inutile de.diseuter sérieusement l'asithanticité de cette légende populaire. Noui ajouterons seulement qu'en effet un Rtobut-â Whittington fut nommé- trois'fois ioid-imiire de Londres,- dans les années l397j 1400 et 1410. Il était né en 1300 et s'était -enrichi par la commerce ; les noms de sa femme étiiiunt vraiment Alice Fitzwarren; et dans son portrait, peint par Elstrnck, il est représenté -uni rossant un chat. Il est ensuite constaté que Whittington a été armé chevalier pair HonriV, qui lui avait emprunté du fortes sommes d'ar- Kent pour ses frais d& guerre- contre ■■ la Franco.
Voici comment Riley cherche k expliquer à l'aide de l'êtymologi* l'origine de cotte légende : au xivo siècle et au commencement du xve, le négoce était connu en Anglctniue, dans les. classes élevées, sous le nuiiiTrâuçais achat, lequel s'écrivait et probablement se prononçaic dans ce pays acat. Voilà donc l'origine des richesses de Whittington; mais comme le français fut plus tard dé|>bssedô"pitr l'anglais moderne, Ou oublia probablement ce quo signifiait acat (on sait qu'en anglais a cai, veut dire un chat), et quelque esprit iiVr veiitif , k une époque bien postérieure, put piftftter de cet oubli pour fonder un nouveau récit sur le double sens d'un vieux mot qu|i disparaissait de l'usage. Cette légende monl -tre avec quelle facilité de telles fictions prennent naissance' lorsqu'il s'agit, coinuie .dans le cas q'ii nous occupé; de lever des difficultés suscitées par des noms que l'on ne comprend plus. ''!'''
WH1TTLESEA, ville d'Angleterre, comté de Cambridge, à 15 kilom. O. de UuuirB'boroufjhJ; 8,000 hab. Belle église dédiée à sainte Mtfriu et surmontée d'un beau clocheiv Kuole'et maison de charité. ;.
WlllTTBEDGE{Worlhîngton), peintie américain , né dans l'Ohio en 1820, Il commença ses études artistiques à l'Ecole des beauxarts de Dusseldorf, parcourut la Hollande ef; la Belgique et, après avoir passé qimt'rç 'uns k Rome, retourna se fixer aux Etals-Unis. On cite, parmi ses meilleures toiles : le Crépuscule sur les monts Shawangunk; les Anciens tewains de chasse ; les Ruines de Tufcuhiia ; plusieurs pa.ysages, dont il a recueilli en parlie les esquisses, en 1866, dans l'Etat d'Idaho,, où il accompagnait le général Pope 'dans une tournée^ d'inspection. La. vivacité dû cor loris et la pureté du dessin sont les qualités distiuctives de cet artiste. ' '
W1IITWORTH (Charles), diplomate anglais, né a. Aldbaston dans la deuxième moitié du xvne siècle, mort eu 1725, Après uvoir été attaché à plusieurs ambassades, il devint en 1702 résident k la diète de Ratisbonue et fut envoyé, deux ans plus tard, à la cour de Russie, où il revint en 1710, pour apaiser Pierre le Grand, irrité de ce que son ambassadeur avait été arrêté dans les rues de Londres U la requête de quelques marchands anglais. Dans la suite, Whitworth représenta l'Atigloterre successivement aux diètes d'Augsbourg et de Ratisbonne (1714), auprès des cours de Prusse (1716) et de La Haye (1717), et on 172â il devint ambassadeur extraordinaireet ministre plénipotentiaire au congrès do Cambrai. En 1721, il avait été créé baron Whitworth de GuLway. Sa Relation de ta Russie telle qu'elle était «ji 1710 tomba plus lard aux mains d'Horace Walpole , qui la, lit imprimer à ses presses de Shrewsbm-y.
■WïllTWOBTH (Charles) .diplomate anglais, petit-neveu du précédent, né en 1754, mort eu 1825. Entré d'abord dans l'armée, il abandonna la carrière militaire pour la diplomatie et devint, en 178G, ministre plénipotentiaire de l'Angleterre près la cour de Pologno. " Deux ans plus tard il passa, en la mémo qualité; à la cour de Saint-Pétersbourg, ou "il résida jusqu'en 1800. Il y acquit une grautlè influence sur la czarioe Catherine; muisi'k la mort de cette princesse (1795), il se trouVa aux prises avec " de sérieuses dîfneuïlë's. Paul 1er, résolu à faire tout le contraire1 de ce qu'avait fait sa; mère, refusa de rafinéï'lb
WHIT
traité qu'elle avait conclu avec l'Angleterre peu de temps avant sa mort. Par son adresse et par sa patience, Whitworth réussit aie faire revenir sur cette décision, et, en 1797, Paul ratifia un traité fie commerce avec l'Angleterre. En décembre 1798, Whifworth si.urna un traité provisoire par lequel le czar s'engageait à entrer dans la coalition contre la France et, en juin 1:99, un traité définitif fut conclu pour ie même objet. Le ministre anglais était à cette époque placé si haut dans les bonnes grâces du fantasque souverain , que Paul 1er sollicita pour lui de George III le titre de pair. Cette requête fut accordée ; mais lorsque la nouvelle du décret qui le créait pair d'Irlande arriva à Saint-Pétersbourg, le czar s'était querellé avec Whitworth et lui avait ordonné de quitter ses Etats. En ISOO, lord Whitworth fut envoyé à Copenhague pour terminer a l'amiable le différend qui s'était élevé au sujet de l'enlèvement de la frégate danoise Freya et de son convoi par des vaisseaux de guerre anglais. Les difficultés fuient aplanies par une convention conclue le 29 août avec le comte de Bernstorff. En 1802, Whitworth fut nommé ambassadeur et ministre plénipotentiaire auprès du gouvernement français. Il résida à Paris jusqu'au 13 mai 1803. Mais cette mission ne produisit aucun résultat : la querelle entre Bonaparte et l'Angleterre était déjà devenue une querelle de vie et de mortel les deux parties le comprenaient. Le plus rem;irqiiuble incident de l'ambassade de lord Whitworth à Paris fut la brutale réception que le premier consul lui fit, le 13 mars 1803, aux Tuileries, en présence de tous les ambassadeurs de l'Europe. De retour en Angleterre, il demeura plusierrs années sans autre emploi que celui de conseiller privé. En 1313, il fut créé lord de la Chambre, puis pair d'Angleterre avec le titre de vicomte Whitworth d'Aldbastim, et la même année il succéda au duc de Riehmond comme vice-roi d'Irlande. Il se démit de ces fonctions en 1817, et, deux ans plus tard, fit k Paris un voyage qui donna lieu à une foule de commentaires, bien qu'il n'eût aucun caractère officiel. On n'en supposa pas moins, et avec toute vraisemblance , qu'il avait été chargé par le gouvernement anglais d'une mission Secrète auprès de Louis XVIII. La même année, il se rendit à Naples, et, cette fois encore, 011 attribua une portée politique à son voyage. De retour en Angleterre, l'année suivante, il passa ses dernières années dans une retraite absolue. Napoléon, qui n'aimait guère ce diplomate, l'a jufjé de la fnçon suivante dans ses conversations de Sainte-Hélène : ■ Lord Whitworth était un homme habile, un peu intrigant, autant que j'ai pu l'observer, mais udroit. C'était de plus un fort bel lionnnu. Les ministres anglais n'avaient aucune raison de se plaindre ne lui, car il entrait bien iluns leurs projets. ■ Cette appréciation est tojnplétée par celle que Walter Scott fait du Irème personnage, mais a laquelle on pourrait reprocher peut-être un peu trop de partialité. « A beaucoup d'expérience et de sagacité, dit-il, lord Whitworth. réunissait une loyauté reconnue et un honneur intact; doué d'une fermeté à toute épreuve, il était encore d'un sang-froid imperturbable et admirablement calculé pour lui procurer l'avantage avec un antagoniste hautain, impatient et emporté. » Lord Whitworth avait épousé, en 1801, la duchesse douairière de Dorsat, de laquelte il n'eut pas d'enfants.
■WHITWORTH (Joseph), mécanicien anglais, né dans le Lancastiire, vers le commencement de ce siècle. Etabli comme fabricant à Manchester, il commença sa renommée en inventant une machine à raboter perfectionnée et divers autres outils, qui figurèrent à l'Exposition internationale de 1851. Lorsque, après la guerre de Crimée, l'attention du gouvernement anglais se porta sur le perfectionnement de l'armement militaire et que le ministère de la guerre eut proposé un prix pour l'invention de nouveaux canons, Whitworth figura parmi les concurrents au premier rang avec Armstrong , comme constructeur des canons qui portent aujourd'hui son nom et qui unissent une force extraordinaire de projection à une grande justesse de tir. Ce furent cependant les canons d'Armstrongqui obtinrent d'abord le prix. Mais les rares qualités des armes de Whitworth furent reconnues de tous et il en résulta pour lui un triomphe encore plus grand, car, lorsque, après de longs essais, on eut constaté en 1863 les défauts des canons d'Armstrong, on revint sur la première décision et l'on donna la prééminence à ceux de Whitworth. Une illustration encore plus glorieuse est venue s'attacher récemment au nom de ce dernier : il a fondé en 1S6S une grande institution, destinée a accélérer les progrès tle l'éducation mécanique en Angleterre, ei pour laquelle il a donné une somme de 100,000 livres sterling (2,500,000 francs), dont il a confié l'administration uu déparlement du conseil d'Etat pour les arts et les sciences. Les revenus de cetto somme doivent être divisés en trente bourses annuelles de 100 livres sterling, qui seront données k autant d'étudiants vainqueurs dans un coucours ouvert tous les trois ans sous la présidence du même département. Cette somme doit être employée par eux exclusivement
WIAZ
à la continuation de leurs études mécaniques.
WHYDAH, village de la côte occidentale d'Afrique, dans le golfe de Guinée, situé par 6<> 18' 30" de huit. N. et par 6° 15' 39" de îon-
§it. O., k près de 4 kilom. du rivage, sur les ords d'une lagune. Whydah fut longtemps un des principaux foyers de la traite des esclaves , et n'a pas tout à fuit cessé ce criminel trafic; cependant le commerce licite y a depuis une vingtaine d'années organisé d'importantes transactions en huile de palme, en bois dit camwood, en ivoire , que l'on troque contre de la poudre, des fusils, du tabac, et des vins et eaux-de-vie. Ce commerce peut s'étendre beaucoup encore, l'arachide, le cotonnier, l'indigotier, la canne a sucre, le piment venant à peu près spontanément dans le pays, aussi bien que les patates, l'arbre à pain, le mais et le manioc, qui sont les principaux aliments des noirs. A Whydah
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trouvent trois forts en ruine , construits par la Eiance, l'Angleterre et le Portugal, à l'abri desquels les nationaux de chacun de ces Etats ont établi des factoreries; mais les navires hambotirgeois, brésiliens et américains prennent aussi part au commerce.
WHYTT (Robert), physiologiste anglais, né k Edimbourg en 1714, mort en 1766. Il fit ses études aux universités de Saint-André, d'Edimbourg, de Londres, de Paris et de Leyde, se fit recevoir à Edimbourg licencié en médecine, et exerça la pratique de son ai t avec un succès qui lui valut en 1746 la chaire de médecine k l'université. Il fut, en outre, nommé en 1752 membre de la Société royale de Londres ; en 1761, premier médecin du roi en Ecosse, et, en 1764, président du collège royal des médecins d'Edimbourg. Expérimentateur habile et critique ingénieux dans | ses écrits physiologiques, il s'est montré ex- : cellent observateur dans ses ouvrages do 1 médecine pratique, dont voici les titres : Es- I stii sur le mouvement vital et sur les autres | mouvements involontaires de l'animal (Kdimbourg, 1751, in-8°); Essai sur les vertus de l'eau de chaux et du savon dans le traitement de la i/ravelte (Edimbourg, 1752, in-12); Essais physiologiques sur les causes qui amènent la circulation des fluides dans les vaisseaux capillaires des animaux (Edimbourg, 1755, in-12); Observations sur la nature, les causes et la guérison des maladies appelées ordinairement nerveuses, hypocondriaques et hystériques (Edimbourg, 1765, in-8°); Observations sur t'/iydropisie du cerveau (Edimbourg, 17S8, in-8°).
WIANAQUB s. m, (via-na-ke — altér. de guanaco ou huanaco, lama). Ma mm. Un des noms du lama, dans l'Amérique australe.
WUKDA (Tiiemann-Dothias), littérateur allemand , né à Emden en 1746, mort en 1826. Il appartenait à une ancienne famille frisonne ; il étudia le droit à Duisbourg et à Halle, devint assesseur près le gouvernement de la Frise orientale et, après avoir occupé différents emplois judiciaires , fut nommé, en 1808, syndic de la province. Les Etats provinciaux ayant été supprimés sous la domination hollandaise, il reçut le titre de conseiller de préfecture en 1811, et, lors du rétablissement des états, en 1818, reprit ses fonctions de syndic provincial. Riche et indépendant, possesseur, en outre, d'une précieuse bibliothèque et d'une collection de monnaies de la Frise orientale, il consacra ses loisirs à l'étude de la langue, des mœurs, des lois et des usages de sa patrie, et on lui doit une foule d'ouvrages importants pour l'histoire de la Frise. Nous citerons, entre autres : Histoire de la Frise orientale (Aixrich, 1791-1798, 9 vol.; Leer, 1SI7, tome X); Des diètes des Frisonsprès d'Upstalsboom (Brème, 1777); Dictionnaire de l'ancien frison (Aurieh, 17S6) ; le Livre d'Asega, ancien code frison des lïustringiens (Berlin, 1805); Histoire et explication de la loi salique et de la glose de Malberg (Brème, 1808); les Arbitres des Drockmanns, ancien peuple libre de la Frise (Berlin, 1820).
WIASEMSKI (Pierre-Andreiévitch, prince), poète et homme d'Etat russe, né près de Viuzma (gouvernement de Smolensk) en 1793. Il appartenait à la famille des Ruryk ; il prit part, en 1812 , comme volontaire il la guerre contre les Français, et s'occupa ensuite à Saint-Pétersbourg de travaux littéraires. 11 fut avec Joukovski et Pouchkine l'un des fondateurs de la société Arsamos, qui était le centre de réunion des jeunes littérateurs. Il accepta plus tard un emploi au ministère des finances, devint conseiller d'Etat et chambellan , puis vice-directeur du commerce étranger, et, en 1855, fut appelé au ministère de l'instruction publique, qu'il conserva jusqu'en 1858. On a de lui des poésies écrites avec beaucoup de grâce et de facilité, et parmi lesquelles on cite surtout ses Poésies patriotiques, qui parurent pendant la guerre de Crimée. On lui doit, en outre, des éditions des Œuvres d'Ozerof (ISIS) et de Dmitrieff (1823) et une Notice biographique sur l'auteur comique Visin. Il avait été l'un des collaborateurs les plus actifs du Sovremiennik (le Contemporain), recueil littéraire fondé par Pouchkine et continué par Pletnef, et il était devenu, en 1841, membre de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.
W1AZIUA, ville de la Russie d'Europe. V.
VlAZMA.
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W1BALD ou WIBOLD,prélat français, né à Cambrai vers le commencement du X« siècle, mort en 965. Il entra de bonne heure diins l'état ecclésiastique, s'acquit une grande réputation de savoir et d'érudition, et était depuis plusieurs années archidiacre de Noyon, lorsqu'on 964 il fut élu évêque d'Arras et de Cambrai; mais il mourut quelques mois à peine après avoir pris possession de son siège épiscopal, Wibald est l'inventeur d'un jeu de hasard, qu'il avait appelé lui-même Lndus regularis seu clericalis , et auquel Swert donne le nom d'Aléa regularis contra aleam SBseularem. Ce jeu est une imitation de la Rythmomachie ou Jeu philosophique, de Pythagore : ■ La pièce essentielle, dit Glay, en est une table ou carte offrant les noms do cinquante-six vertus rangées à peu près comme les figures du jeu de l'oie. Les vertus théologales, à commencer par la charité, occupent les premières places; viennent ensuite les vertus cardinales, etc. Chaque vertu est précédée de trois nombres, dont le plus haut ne s'élève jamais au-dessus de six. A la suite du nom de chaque vertu se trouve un autre nombre formant le total des trois qui le précèdent. On jette le dé trois fois et le joueur qui amène tes trois nombres correspondants à telle vertu est obligé de travailler spécialement à l'acquérir. Du reste, pour accorder aussi quelque chose aux avantages temporels, celui à qui le sort faisait échoir les vertus les plus éminentes jouissait pendant la journée d'une certaine supériorité sur ses confrères. Ce jeu offrait encore d'autres combinaisons soumises aux lettres de l'alphabet. ■ Wibald avait, en outre, composé un petit poetne, qui renfermait l'explication de son jeu et que Baudry a inséré dans Son Càronicon Cameracense et Atrebatense.
■WIBALD ou WIBOLD, en latin WÎl.alJu.ou
GuitiuiduB, célèbre théologien belge, né à Liège en 1097, mort en 1158. Il fit ses études aux monastères de Wasor, de Liège et de Stavelot , fut élu, en 1130, "bbé de ce dernier, obtint quelque temps après de l'empereur Lothaire, qui était venu à Stavelot, la confirmation des privilèges de cette abbaye, et, sur les instances de ce prince, consentit à le suivre en Italie, où il fut employé à plusieurs missions importantes. Les religieux du Mont-Cassin le choisirent même pour abbé; mais , 'n'ayant pu rétablir l'ordre dans leur monastère, il le quitta secrètement et revint auprès de Lothaire, qui mourut peu après. Conrad III, successeur de Lothaire, eut aussi une grande confiance en Wibald, dont il fit un des vice-chanceliers de l'empire. En 1147, ce religieux fut élu abbé de Corvey ou la Nouvelle-Corbie en Hongrie; mais, dès l'année suivante , il revint à Stavelot. il remplit encore plusieurs missions importantes sous Frédéric 1er, fut envoyé en 1157, comme ambassadeur , auprès de Manuel Comuène, et mourut, en revenant de cette ambassade, à Butelieen Paphlugonie. L'opinion générale fut qu'il avait été empoisonné. On a de lui quatre cent quarante et une lettres, qui forment un recueil de sources précieuses pour l'histoire du xn? siècle et qui ont été insérées par Martenne et Durand dans le tome II de leur Amplissima collectio oererum monumentorum.
WIBÉLIE s. f. (vi-bé-ll — de Wibel, savant Mllem.). Bot. Syn. de paypayrola et de