‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 909 sur 1042 · WIEN · texte numérisé non relu

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auprès de ses compatriotes en essayant d'obtenir de l'empereur quelques concessions libérales; mais là encore il échoua, et la mort soudaine du prince Gortsehakoif, auquel il était parvenu à faire adopter quelquesunes de ses idées de réforme, le priva du seul auxiliaire surlequel il aurait pu compter. Il offrit alors sa démission, qui ne fut acceptée qu'au mois de décembre 1861. Mais il revint bientôt au pouvoir sous l'administration du grand-duc Constantin et fut placé à la tête de l'administration civile. Sa position devint bientôt plus difficile que par le passé, car il se vit k la fois suspect aux Russes et aux Polonais. Attribuant son -isolement à l'agitation publique, aux manœuvres de la jeunesse, il crut pouvoir remédier à tout en soumettant aux Russes, qui l'adoptèrent, un projet de recrutement basé sur le bon plaisir des autorités et destiné à englober tous les mal pensants. Mis dans la nécessité de s'enterrer dans l'armée russe ou de mourir en la combattant, les Polonais choisirent cette dernière alternative, et le jour marqué pour le commencement des opérations fut celui qu'ils choisirent pour se soulever. La mesure sur laquelle le comte Wielopolski avait compté pour mettre un terme à l'agitation n'eut d'autre effet que d'en activer les progrès et de la transformer en insurrection. 11 essaya vainement alors de revenir sur ce qui avait été fait. Il était trop tard. Reculant devant la réprobation universelle dont il était l'objet, il se décida, aprèsavoir échappé en février 1863 à une dernière tentative d'assassinat (la troisième depuis un an), à donner de nouveau sa démission et se retira a Dresde, qu'il a presque toujours habité depuis cette époque. Le comte Wielopolski a été diversement jugé en Pologne et à l'étranger. Bien que sa conduite, surtout pendant les dix dernières années de sa vie politique , n'ait présenté d'autre tableau que celui d'un abandon complet de tout sentiment patriotique, il a cependant trouvé des apologistes, même parmi ses compatriotes. On est allé jusqu'à soutenir que le seul but qu'il poursuivait était de rendre le joug de la Russie plus lourd et plus odieux que jamais, afin de pousser leu Polonais à l'exaspération et de provoquer ainsi un nouveau soulèvement; mais cette assertion tombe par son exagération même, et, dans tous les cas, rien dans la conduite du comte n'est venu la justifier après les événements de janvier 1863, qui, dans cette hypothèse, n'eussent été que la réalisation de ses prévisions. 11 est bien plus simple et conforme aux faits d'admettre que Wielopolski s'était tout bonnement rallié à la politique russe.

Voici comment un écrivain polonais, Ladislas Mickiewicz, fils du grand poète de ce nom, apprécie la conduite de cet homme politique : « Les Russes avaient placé à la tète de l'administration civile le marquis Wielopolski, grand seigneur, homme capable, d'un caractère ferme, mais altier, et, de plus, doctrinaire, c'est-à-dire nietlant ses théories au-dessus du sentiment public. Il eût voulu que la Pologne eût l'habileté de renoncer à l'indépendance pour gagner la confiance des Russes et arriver à les gouverner parla supériorité des lumières, comme les Grecs avaient fait des Romains. Ce machiavélisme de décadence révolta la loyauté de la nation, dont il contredisait les traditions et les aspirations. Aussi ne fit-on généralement aucune attention aux réformes, d'ailleurs utiles, que le marquis introduisait dans l'enseignement et dans les tribunaux du royaume; on eût craint en y adhérant de Sacrifier l'indépendance politique à quelques améliorations intérieures ; et, bien que Wielopolski incarnât visiblement le couservalorisuie social et plût par là aux grands propriétaires, cependant ils se tinrent à l'écart, ne voulant point paraître ses complices dans l'abandon des anciennes provinces lithuaniennes et ruihéniennes. ■

W1ELUN, ville de lajtussie d'Europe, dans l'ancienne Pologne, gouvernement et à 63 kilom. S.-E. de Kalisch, chef-lieu du district de son nom; 3,200 hab. Gymnase, collège de piaristes.

WIEN, nom allemand de Vienne. V. ce mot.

WIENBARG (Ludolf), littérateur allemand, né àAltona en 1802. Il fit ses études à Kiel et à Bonn, enseigna pendant quelque temps la littérature etl esthétique dans la première de ces villes'etse rendit ensuite à Francfort-sur-le-Mein, où il s'associa à Guizkow pour la publication de la Revue allemande, qui fut supprimée quelque ténias après. Atteint, lui aussi, par la proscription qui poursuivait lajeune Allemagne, il vécut plusieurs années sur les bords du Rhin et vint plus tard à Hambourg, où il rédigea longtemps la partie critique du journal la Bœrsenhulle, et où il devint ensuite rédacteur successivement de la Nouvelle gazette de Hambourg, du Mercure d'Altona et des Feuilles de littérature et de critique. Il se proposait d'émigrer en Amérique, lorsqu'il en fut détourné par l'explosion de la guerre du Slesvig-Holstein, à laquelle il prit part, en 1848, comme adjudant-major d'un corps franc, puis, en 1849 , comme simple volontaire dans les chasseurs. Depuis cette époque, il a vécu alternativement à Hambourg et à Altona, et, depuis que les duchés ont été affranchis de

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la domination danoise, il est devenu l'un des collaborateurs les plus actifs des Nouvelles d'Altona, organe du parti national allemand. Comme écrivain, M. Wienbarg unit de profondes connaissances au style entraînant du journaliste, et le mélange deeesdeux qualités donne à ses ouvrages un grand intérêt. Il a écrit principalement des relations de voyages et des études critiques. Ce qui fait surtout la valeurde ses relations de voyages, c'est qu'à côté de charmantes descriptions on y trouve de sérieuses esquisses politiques et une foule de documents d'histoire et de statistique. Ses productions les plus remarquables dans ce genre sont : la Hollande pendant les années 1831 et 1832 (Hambourg, 1833,2 vol.) et le Journal d' H elgoland (Hambourg, 1838). Il débuta comme critique par un ouvrage intitulé Campagne esthétique (Hambourg, 1834) et dédié à la jeune Allemagne. Puis vint un Recueil d'études pour servir à la littérature moderne (Manheim, 1835; Hambourg, 1838, 2e édit.), dans lesquelles il s'est attaché principalement à démontrer l'importance de Gœthe , non-seulement pour le passé et pour l'époque actuelle de la littérature allemande, mais encore pour son avenir. Ses Leçons historiques sur la langue et la littérature allemandes anciennes (Hambourg 1838) ne sont pas tout à fait à la hauteur des progrès qu'a faits ces dernières années la philologie allemande. On a encore de lui : Mélanges (Altotia, 1810); le Mystère du mot (Kiel, 1852); le Gant de guerre danois relevé par Wienbarg (Hambourg, 1846); Tableaux des campagnes militaires du Slesvig- Hulstein (Kiel, 185S-1S61, 2 vol.) et Histoire du Slesvig (Hambourg, 1861-1862, 2 parties).

WIENEH WALD, c'est-à-dire forêt de Vienne, chaîne de montagnes boisées de la basse Autriche. Elle s'étend du S.-S.-O. au N.-N.-E., entre les cercles supérieur et inférieur du Wienerwald; au N.-N.-E., elle entre dans le cercle inférieur du Wienerwald et prend le nom de Kahlenberg, sous lequel elle so termine sur la rive droite du Danube, au N.-O. de Vienne.

W1EPRZ, rivière de la Russie d'Europe (Pologne), dans le gouvernement de Lublin. Elle prend sa source dans la partie méridionale du gouvernement de Lublin, entre Zatnosc et Janow, baigne Krasnoslav, Leczna, Lubartow, Korck.et se jette dans laVistule, après uu cours de 275 kilom.

WIER, célèbre médecin belge, dont le vrai nom était Wcibor, né à Grave-sur-Meuse en 1515, mort en 1588. Il s'attira l'affection du célèbre Cornélius Agrippa, qui le prit pour élève et se chargea de son éducation. A l'âge de vingt ans, Wier perdit son maître. Privé de ce guide, il sa rendit en France pour y étudier la médecine. Poussé par le désir de voir des choses nouvelles, il entreprit plusieurs voyages, se rendit d'abord en Afrique, visita le royaume de Tunis et plusieurs contrées de l'Orient, où il étudia les prodiges opérés par de prétendus magiciens ou sorciers, puis il revint en Allemagne par l'île de Candie. C'est au retour de ses voyages qu'il publia son livre De prœstigiis dxmouum et incàntationibus ac veneficiis (Bàle, 1564, in-8<>). Cette œuvre ne manqua pas d'exciter contre lui la haine du clergé; mais la protection du duc Guillaume, seigneur de Clèves, homme fort éclairé pour son siècle et dont Wier était le médecin, détourna les persécutions dirigées contre celui qui, le premier, avait osé montrer l'atrocité et l'injustice des supplices infligés à de malheureuses femmes accusées de sorcellerie. On doit encore à Wier deux volumes qui ne manquent pas de valeur; il a traité aussi de la lièvre quarte, de l'hydropisie, de l'occlusiou du col de l'utérus, affection pour laquelle il inventa une sorte de spéculum qu'il nomme specillum et dont il donne la description et le dessin. La suette anglaise, la grippe, différentes inflammations épidermiques ont été également l'objet de ses études, ainsi que la syphilis, à laquelle il a consacré un livre intitulé; De morbo gallico.

WIERIX (Jean), graveur hollandais, né à Amsterdam en 1550, mort à La Haye vers 1617. On ne sait presque rien de la vie de ce maître. (Je qu'il y a de plus probable, c'est que, jeune encore, il fut le collaborateur de la plupart des peintres de son temps qui s'occupaient de la reproduction de leurs tableaux par la gravure. Otto Venius paraît être relui avec lequel il eut les relations les plus suivies. L'œuvre de Wierix est assez considérable et révèle deux manières bien tranchées. Dans la première, le burin est naïf, sans grande expérience ; mais le sentiment est exquis, l'impression profonde et rendue à tout prix avec une sorte de passion contre les difficultés du métier. La seconde, au contraire, nous montre un graveur hors ligne, si savane dans les choses du métier qu'elles le préoccupent exclusivement. Les planches capitales de J. Wierix sont :'la Madeleine en prière devant un crucifix, le Christ mort descendu de la croix, l'Assomption de la Vierge, u'après Otto Venius; le Sacrifice d'Abraham, d'après Martin de Vos; le Mariage de sainte Catherine, d'après Calvaert; les Quatre éléments, datés de 1601 ; Saint Hubert et Saint Jérôme, diaprés Albert Durer; le Jugement dernier, d'après Michel-Ange. On connaît encore de J. Wieiix divers portraits gravés d'après ses

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propres dessins, un portrait demi-quart nature du Prince d'Orange, celui de la Comtesse de Verneuil et celui de Marie de Mêdicis.

WIERIX (Jérôme) , graveur hollandais .

frère du précédent, né à Amsterdam vers 1551, mort dans la même ville vers 1621. Otto Venius fut aussi son maître très-probablement, car les documents concernant Sa vie ne sont pas nombreux et manquent de précision. On connaît de lui une Sainte Catherine baisant un pied de l'Enfant Jésus et la Sainte Famille de Calvaert ; Jésus à la table du pharisien, d'après Otto Venius; le Couronnement d'épines, d'après Mostaert; le Christ en croix, d'après Van den Broeck; un second Christ en croix, d'après un de ses propres dessins; la Descente de croix, d'après Aquilano, trois pages hors ligne, que les maîtres de la gravure n'ont pas dépassées ; le Baptême de Jésus-Christ, d'après Hondius; la Résurrection et la Mort de la Vierge, d'après Otto Venius ; V Enlèvement d'Enoch, d'après Martin de Vos ; les Visions de Daniel, d'après Van der Hauht ; la Mort du juste, d'après Frank; le Chemin du ciel et de l'enfer, d'après Van Baelen. Jérôme Wierix a, comme son frère, gravé quelques portraits d'après ses dessins; les plus connus sont ceux de la Reine Elisabeth, de Drake, d'A lexandre Farnèse et du médecin Recanus ; ce dernier est de 1580 et date, par conséquent, de la jeunesse du maître.

; WIERTZ (Antoine), célèbre peintre belge, l'une des figures d'artiste les plus originales du xixe siècle, né à Dinant en 1806, mort à Bruxelles en 1865. Son père, Louis-François Wiertz, né à Rocroi en 1782, avait d'abord servi comme remplaçant dans l'armée hollandaise, que les infirmités résultant de ses blessures 1 obligèrent de quitter en 1803. IL épousa, l'année suivante, une journalière de Leffe, près de Dinant, et, à 1 époque de la naissance de son rils, il était tailleur. Après diverses tentatives infructueuses pour améliorer sa position, il entra en 1814 dans la gendarmerie hollandaise, où il n'atteignit que le grade de caporal. C'était, malgré l'infériorité de sa position, un homme deT)eaueoup de jugement et de bon sens; il n'avait d'autre désir que de procurer à son fils une instruction supérieure et de faire de lui un homme capable de lutter contre les vicissitudes de la vie. Aussi lui mit-il entre les mains, pour premiers jouets, un livre, des crayons et uns flûte, afin que l'enfant apprît à la fois et en quelque sorte sans s'en apercevoir la musique, le dessin, la lecture, l'écriture et le calcul. Dans cette lutte de la volonté contre des ressources pécuniaires insuffisantes, la mère fut bien vite lassée , mais le père tint bon jusqu'au bout; son fils devait être un homme, et un homme doué d'un caractère supérieur et de connaissances étendues. L'enfant montra bientôt de remarquables dispositions pour les arts plastiques; il dessinait, sculptait et prenait un plaisir tout particulier à graver sur bois. On a même retrouvé dans son atelier, après sa mort, quelques-unes des planches qu'il avait exécutées à cette époque. En 1819, M. Maibe, membre des états généraux, le prit chez lui à Dinant, l'envoya à l'école et lui fit donuer, en outre, des ieçons de dessin et de musique. En 1820, il le conduisit à Anvers et le fit admettre à l'Ecole des beaux-arts de cette ville, qui était, k cette époque, sous la direction de Herreyns et de Matthieu van Brée, et où le jeune artiste obtint une pension annuelle de 140 florins, qui fut portée plus tard à 300. Des ces premières années d'études l'influence du péro eut pour l'avenir du fils des résultats décisifs. Les enseignements qu'il avait reçus étaient ceux d'un stoïcien : le travail comme l'unique base du succès, l'ordre, la force de se malti-iser^ enfin l'abstention de tout ce qui pouvait 1 empêcher d'atteindre le noble but qu'il poursuivait, tels étaient les sages principes que son père s'était efforcé de lui inculquer, et il y avait réussi. Il mourut en 1822; peu après mourut aussi M. Maibe, son unique protecteur. Dès lors, Ani. Wiertz dut chercher sa force en lui-même et n'avoir d'autre guide que sa raison. Dès 1826, ses maîtres le' jugeaient capable de concourir pour le grand prix de Rome; mais il voulut encore attendre et dessina à cette époque les esquisses Oo plusieurs des grandes compositions qu'il devait exécuter plus tard. Ce ne fut qu'en 1832 qu'il obtint le prix, et, après avoir passé quelques mois à Paris, il arriva, en mai 1834, à Rome, où il fut admis dans l'Académie de France, alors placée sous la direction d'Horace Vernet; avantd'entreprendre une grande œuvre, il consacra plusieurs mois à travailler dans les musées. Une des esquisses qu'il avait dessinées k Anvers, la Révolte des auges, avait, dès 1831, inspiré de magnifiques strophes à un poète belge; il n'exécuta le tableau que plus tard , les faibles ressources dont il disposait ne lui permettant pas d'entreprendre un tableau de dimensions aussi colossales que l'exigeait ce sujet; ta toile seule eût coûté 45 écus romains (240 francs). Il choisit alors un autre sujet, le Combat des Grecs et des Troyens autour des dépouilles de Palrocle. Le succès de ce tableau fut immense à Rome. Camuccini éprouva à sa vue une admiration enthousiaste ; Thorwaldsen et Minardi déclarèrent que depuis Rubens l'ait n'avait rien produit d'un effet aussi puissant et l'Académie de Saint-Luc admit aussi un lq

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jeune artiste parmi ses membres. Cet enthousiasme était exagéré; quoique le niBÎtre ait à diverses reprises retouché cette vaste composition, il ne parvint jamais à la rendre tout a fait acceptable. Il avait eu beau se restreindre autant que possible, les dimensions du Patrocle dépassaient encore toute mesure et mirent la municipalité en révolution, tiien que l'on sût, depuis Rubens tout au moins, ça qu'est un grand tableau, on n'avait aucune idée d'une machine de cette taille. Encore si l'œuvre exécutée, malgré' ses défauts de jeunesse, avait eu quelque grandeur, les dimensions du cadre auraient semblé moins étranges ; c'est ce que firent remarquer sous une tonne acerbe les journaux frondeurs, sans tenir aucun compte des mérites sérieux de l'œuvre.Soutenu par ses amis, le peintre ne songea pas à se modifier. Bien au contraire, il voulut lutter contre le mauvais vouloir de .son pays, faire l'éducation de la critique, l'élever jusqu'il lni a force de chefs-d'œuvre. Dans ce but, il se mit à préparer les cartons de sa Dévoile des auges, fameu.se création qui fit couler . des (lots d'encre etoccupa toutes les plumes d'Europe ; c'est le morceau capital de Wiertz. Dès qu il en eut terminé les travaux préparatoires etqu'il futàmême d'entreprendre l'exécution définitive, un obstacle matériel vint se dresser devant lui : aue.un atelier, aucune maison, aucune halle, ne lui offrait l'espace nécessaire pour peindre son gigantesque tableau. Le peintre ne put exécuter sa Révolte des anges qu'eu déroulant sa toile au fur et a. mesure qu il la couvrait. Or, personne ne l'ignore, on ne peut exécuter un tableau qu'à la condition d'avoir à chaque instant l'ensemble sous les yeux, de l'embrasser d'un coup d'oeil, afin de garder toujours harmonieuses les diverses parties du tout; il faut que le peintre voie d'un regard les morceaux qui doivent être montés ou éteints, à mesure que certains autres prennent de l'importance. Ne pouvant procéder ainsi, puisqu'il déroulait la toile pour la peindre, Wiertz dut forcément avoir des inégalités énormes dans son travail, et quand parut la Révolte des anges, elle fut accueillie encore plus mal que le Patrocle. Du talent, il y en avait certes dans cette vision étrange; mais des yeux sévères pouvaient ne pas le voir, noyé qu'il était dans le*- réminiscences de tous les maîtres et de toutes les écoles. Aussi la critique fut-elle féroce pour Wiertz.

Tout ce qu'on a dit de Wagner et tout ce que l'on en dit encore ne saurait donner qu une faible idée des rudes vérités qui fuma jetées h ta face de ce peintre excessif. Il n oublia jamais ces procédés de ta critique, et, décidé a lu combattre avec la plume, il émit cette théorie audacieuse que la critique est impossible et doit tâtonner daus les ténèbres, tant que Ta science de l'art n'est pas tonnée. C'est cette science qui, basée sur l'étude approfondie de toutes les productions et de toutes les découvertes du génie créateur, doit seule être appelée à donner des lois à l'art. A quelque temps de là, à l'occasion du second centenaire de la mort de Rubens (1840), un prix fut proposé pour l'éloge du grand artiste; Wiertz, son rivai, obtint ce prix. Jamais Rubens n'a été loué avec plus de science et d'une façon plus digne de son génie, que dans cette brochure où Wiertz faisait preuve du talent d'un écrivain de premier ordre. Quelque vingt ans plus tard, 1 Académie de Belgique mettait au concours un prix pour le meilleur mémoire sur les Caractères constitutifs de la peinture flamande. Notre artiste, parvenu à la maturité de l'âge et du talent, n'hésita nullement à se soumettre au jugement d'un de ces tribunaux artistiques dont il avait si souvent décliné la compétence. Son mémoire fut couronné, et ce sera pendant longtemps le meilleur écrit que I on aura sur la matière. Ces deux opuscules sérieux ne furent pas les seules armes avec lesquelles il combattit les préjugés alors dominants en peinture. A dater de J839, il écrivit une foule de pamphlets et de satires contre la goût du temps. Le jury de l'exposition lui accorda une médaille; il y répondit par une épUre comique, enrichie d'illustrations. II ouvrit lui-même un concours et promit son Patrocle à celui qui établirait de la façon la plus éclatante « la pernfeieuse influence de la critique sur l'art. ■ Dans son Eloge de Rubens, il avait traité l'un français de petite-mailresse ; un journaliste attaqua cette épithéte et devint, dès lors, la cible des sarcasmes acérés de l'artiste. A l'une des Expositions de Paris il envoya deux tableaux dont l'un, qui était l'œuvre de Rubens, ne fut pas plus admis que le second, peint par Wiertz et portant pour inscription : le liuilleur; le triomphe de l'artiste belge fut complet. Apres l'ouverture de l'Exposition triennale de Bruxelles en 1842, il se mit à écrire une série de critiques du Salon, qu il continua jusqu'en 1851. Il -y flagelle à la fois 1 anarchie au goût et le droit que s'arrogent les artistes de s'affranchir de toutes les règles de l'art; il expose ses propres principes, juge les œuvres et finit toujours par mettre "les autres critiques en contradiction avec eux-mêmes et. par prouver qu'ils disent tantôt blanc, tantôt noir, en appréciant les moines œuvres. Sa maxime favorite sembla être le mot de Sganarelle : • L'un dit oui, l'autre dit non ; moi, je ne dis ni oui ni non. » 1 Tantôt, il caricatunse l'un de ses adversaires, : sous le nom de Don Qui blague; tantôt, il ex- |

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pose comme un modèle du style parfait dans la peinture une Carotte peinte au patientiotype; ici, il fronde • les esprits philosophiques » et adresse d'ironiques interrogations au jury parisien ; lit, il soulève des questions d'art et engage les maîtres de la critique à les résoudre. La nudité du cadavre de Patrocle avait scandalisé la commission d'examen, qui lui demanda de la dissimuler sous une draperie; il y colla une feuille de papier sur laquelle était peinte une feuille de vigne, dont les côtes formaient le mot nigauds; mais ee n'étaient là que des distractions pour l'infatigable lutteur. Cette première période de sa carrière artistique abonde en œuvres remarquables, telles que : le Martyre de suint Denis et un second Patrocle. deux toiles de dimensions "colossales; puis l'Education de la sainte Vierge; Une jeune fille à sa toilette; l'Attente; ia Belle Rosine; Esmeralda; Quasimodo ; l'Âge d'or; les Quatre âges delà vie; le Satyre, etc. Deux essais de sculpture, qu il fit à la même époque et dans lesquels il réussit parfaitement, prouvèrent la souplesse et la fécondité de son talent. Il se créait, en même temps, des ressources pécuniaires en peignant une foule de portraits. Pour ses grandes compositions, il montrait le plus louable désintéressement; il ne demandait généralement que le prix de la toile et des couleurs ; c'est à ces conditions qu'il peignit le Mai-tyre de saint Denis.

Grâce à l'initiative d'une société de né"ociaiïts, Bruxelles s'étunt enrichi d'un nouveau et magnifique quartier, le quartier Léopold.au milieu duquel -avait été construite une église, Wiertz, qui avait déjà dans sa tête l'esquisse d'une épopée chrétienne, offrit de peindre pour le maltre-autel, consacré a saint Joseph, un tableau de dimensions colossales, pourvu qu'on lui fournit les éléments nécessaires, et qu'on lui abandonnât un local qu'il avait en vue. Sa proposition fut accueillie, mais il dut se contenter [la l'atelier d'une forge hors d'activité. C'est la qu'il exécuta pour l'église une Fuite en Egypte, et, pour lui-même, un Triomphe du Christ, son chef-d'œuvre.

Un succès unanime accueillit cette toile; partout on la proclama ■ une idée sublime, une épopée gigantesque. » Les railleries et les reproches que l'artiste avait adressés au public, sa bizarrerie, ses excentricités, tout fut oublié à la fois; Wiertz vit enfin récompensés les eiforts et les sacrifices qu'il avait faits pour remettre en honneur la grande peinture. « Chapeau 'bas, messieurs, dit la Ilcoue de Belgique, voici venir un génie. • Après ce brillant succès, il lui restait à prouver qu'il n'aimait pas la lutte a cause de la lutte même, mais bien qu'il y avait été conduit par une passion irrésistible pour l'art et par de puissantes convictions; qu'il n'était pas de ceux auxquels lesuccèssuf'fitet qui se hâtent d'en recueillir tous les profits, mais bien qu'il poursuivait un but plus élevé que sa satisfaction personnelle et qu'il se regardait comme un missionnaire de l'art, dont les progrès devaient être son unique préoccupation. Sa dernière œuvre était de celles qui, suivant l'expression d'Achille Jubinal, devraient être payées un million, mais qui ne trouvent pas d'acheteurs, parce que l'acquéreur risquerait de mourir de faim à côté d'elles.Wiertz n'aurait pas cédé son Triomphe du CUrist pour un million, mais il en fit présent a »a patrie, ea même temps que de cinq autres tableaux.Heureusenieiit qu il se trouva un ministre ami des arts, Rogier, qui alla audevant du vœu de l'artiste et qui lui fit construire un atelier où il put placer les toiles qu il avait déjà exécutées, en créer de nouvelles et former ainsi graduellement un véritable musée. Dès cette époque, Wiertz s'occupait du recherches, dont les résultats sont peut-être appelés à opérer une révolution dans la peinture. Ces recherches avaient pour objet de combiner entre eux les avantages de la peinture à l'huile et de la peinture à fresque. Sa première idée fut de supprimer les murs, comme cause première de la plupart des difficultés de la peinture à fresque et des dangers auxquels l'œuvre de l'artiste est exposée ; il chercha alors h exécuter de la peinture mate sur toile. 11 y réussit au delà de ses espérances. Son procédé, dont il exposa les avantages dans une brochure publiée en 1859, et dont il a révélé le secret dans un ouvrage qui n'a vu le jour qu'après sa mort (Peinture mate, procédé nouveau, pur A. Wiertz, Bruxelles, 1867), permet de peindre sur toile en supprimant le reflet de la lumière, tout en donnant aux couleurs le moelleux du pastel, ainsi qu'une solidité inakéra.ble. Wienz », en quelque sorte, trouvé la fresque des coloristes.

Plusieurs années (de 18-18 à 1853) s'étaient écoulées pendant ces essais; l'inventeur les avait utilement employées et elles n'avaient pas été perdues pour l'artiste. Dès que son atelier fut prêt, il se remit h retoucher sa Recolle des anges, à laquelle succédèrent rapidement plusieurs toiles , qui représentent des drames de la vie domestique, telles que : l'Enterrement précipité; le Suicide; l'Enfant brillé ; la Liseuse de romans ; la Paint; la Démence; le Crime, etc. On voit déjà là chez lui une tendance à s'éloigner des traditions adoptées par la grande peinture. Cette tendance finit par dominer complètement et l'artiste, abandonnant la mythologie, la religion et l'histoire, va chercher sas

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sujets tantôt dans les plus tristes phénomènes psychologiques et sociaux de son époque, tantôt dans les plus nobles aspirations etlea rêves les plus élevés de la pensée moderne. C'est ainsi que ses Pensées et hallucinations d'un guillotiné et ses Enfants orphelins, de même que les toiles que nous venons de citer en dernier lieu, retracent les égarements et les faiblesses de la société contemporaine. D'autres, tels que le Lion de Waterloo et le Soufflet d'une dame belge, traduisent la protestation du-patriûtisrae belge contre les idées de conquêtes de la France; "la Civilisation du xixe siècle. Une scène de l'enfer, et le Dernier canon semblent avoir pour but d'inspirer l'horreur de la guerre ; dans la toile qui représente Les choses du présent devant tes hommes de l'avenir, l'humeur satirique du peintre s'attaque ii la grandeur surfaite du monde moderne, que sa plume a persillée avec une finesse et une causticité qui rappellent Guilliver et Micromégas. D'autres toiles, en revanche, ont pour sujet i'union fraternelle des hommes, telles que les Partis devant le tribunal du Christ et les Partis dans le sens du Christ, ou célèbrent les victoires de la science et la puissance de l'esprit humain, comme la Puissance des hommes ne connaît aucune limitera bien enfin montrent le néant de la grandeur humaine : Une seconde après la mort, les Consolations de la doctrine de l'immortalité et A revoir au ciel. Citons encore parmi les œuvres de cette seconde période de la vie de l'artiste, deux immenses toiles : Polyphème et le Phare du Colgotha, ainsi que trois groupes de marbre, d'une rare hardiesse de conception et d'exécution, et dans lesquels se traduit la même tendance philosophique, car ils représentent trois grandes époques de l'humanité : la Naissance des passions, le Combat et le Triomphe de ta lumière. Tout en travaillant à ces diverses œuvres, l'artiste s'occupait de trouver un procédé rapide pour les reproduire, et il avait fait un grand nombre d'essais avec la photographie. Il pensait aussi à illustrer l'Iliade, et un de ses amis avait entrepris pour lui utte traduction en vers de ce poSme.

Cependant son vaste atelier, que l'on ne désignait plus que sous le nom de Musée Wiertz, et qui était devenu l'une des plus grandes curiosités de Bruxelles, avait fini par se trouver trop étroit, et il résolut d'eu faire construire un autre encore plus vaste, dans lequel il se proposait de peindre lu Vieillesse du monde. Pour se soustraire à la nécessité de faire des portraits, lafin d'avoir de quoi vivre, • et pour se consacrer tout entier à l'exécution de ce projet et à l'installation de ce nouveau musée, dont le premier ne devait, eu quelque sorte, que former l'antichambre, il se décida k livrer à la publicité le secret.de son procédé de peinture mate, et il entra, à ce sujet, en pourparlers avec le gouvernement belge. Ses prétentions étaient loin d'être exagérées; il ne demandait qu'une rente viagère de 3,000 francs. Une demande aussi modeste ne tut pas acceptée. Il n'en poursuivit pas moins l'exécution de ses projets; mais l'affaiblissement de sa santé vint tout à coup l'arrêter. Le principal obstacle à ses travaux dans la première période de sa carrière avait été son manque de ressources; dans la seconde, ce fut une soutfrance physique, qui produisait en lui un abattement continuel, et qui provenait soit de l'humide atmosphère de son atelier, soit de la fatigue qu'il se donnait en remuant les échelles nécessaires pour ses toiles gigantesques, soit enfin des matières vénéneuses dont il avait dû respirer les vapeurs pendant ses expériences. Il avait toujours été trèsvigoureux et modéré en tout, sauf dans le travail. Sa pauvreté volontaire lui avait valu la réputation d'un misanthrope; sa maladie étrange, sans nom, le fit regarder comme hypocondriaque. Cette maladie n'était pas dangereuse, mais elle était .fort douloureuse, et ce qui affectait le plus l'artiste, c'est qu'elle l'empêchait de travailler, réduisait ses plans à néant et brisait sa force créatrice. Pendant dix années, il lutta contre le mal ; ni les médecins, ni les traitements les plus opposés ne purent le guérir. Sa maladie n'inquiétait pas ses amis, car elle lui avait laissé le temps de remplir son musée. Elle semblait même, depuis quelques mois, être devenue moins douloureuse, et l'artiste songeait plus sérieusement que jamais à faire construire un second atelier, lorqu'un anthrax pernicieux llenleva tout à coup, le 13 juin 1865. Sa mort excita une vive émotion dans toute la Belgique ; sa patrie perdait en lui un homme doué des plus rares qualités. Né pauvre, il avait vécu pauvre, et mourait pauvre, mais il avait atteint le but qu'il s'était proposé; le fils du gendarme laissait à sa patrie un musée complet, qui, conformément à sa dernière volonté, est devenu un musée national.

Un magnifique album de ce musée, exécuté à. l'aide de la photographie, a figuré à l'exposition internationale de Paris, en 1867, •et, une société belge s'occupa de reunir et de publier ses œuvres littéraires. Lorsque les discussions passionnées des partis sa seront calmées, lorsqu'il 11e restera de Wiertz que ses œuvres et ses écrits, alors on reconnaîtra pleinement sa véritable valeur, et on admirera en" lui non-seulement le grand peintre, le Rubens moderne, mais encore 1 homme au caractère énergique et persévé-

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rant, qui n'eut que des aspirations élevées, et qui, par la force de sa volonté sut triompher des obstacles sans nombre qui lui barraient la roule de la renommée.

WIERCSZOW, ville de la RusYie d'Europe (Pologne), dans le gouvernement de Kniisch, district et à 33 kilom. N.-O. de Wiehen, sur la Prosna; 3,500 hab. Fabrication de lainages et bonneterie.

WIERZBICKIE s. f. (vièr-zbi-kl — de Wierzbick, natural. allem.). Bot. Syn. d'AL- SINE, genre de caryophyllées.

WIESAND (Georges-Krédèric), jurisconsulte allemand, né à Wittemberg en 1777, mort à Dresde en 1842. Après avoir été avocat dans sa ville natale, il devint successivement juge provincial à Gommern (1800), consultant juridique (1813) et conseiller à Jessnitz, dans In Lusace. On lui doit deux ouvrages : Appréciation du droit particulier régissant la haute Lusace (1832) ; Du mainlien de la sécurité publique, etc. (1835).

WIESBADEN (ancienne Mattiacas aqux) , ville de Prusse, capitale.de 1815 à 186G, du duché de Nassau qui a été annexé aux Etats prussiens, à 1 0 kilom. N.-O. de May ence, au pied du Taunus; 31,000 hab. Eaux thermales renommées, bibliothèque, musée d'antiquités romaines et du moyen âge, galerie de tableaux, évêché luthérien, hôtel des monnaies, gymnases, école secondaire, institut agronomique, laboratoire de chimie, tribunal de commerce, etc. Wiesbadeti doit à la réputation toujours croissante de Ses eaux thermales d'avoir presque entièrement changé d'aspect depuis trente années. Des quartiers neufs ont été bâtis et les quartiers vieux considérablement embellis. C'est une ville de luxe et de plaisirs, où la société la plus riche et la plus élégante se donne rendez-vous, et où se trouve un splendide kursaal, que l'on peut regarder coinma le plus somptueux de tous ceux qui s'élèvent sur les bords du Rhin et dans les contrées avoisinantes.

L'eau de Wiesbaden, thermale, chlorurée, sodique, émerge par vingt-trois sources, des schistes du Taunus, dans le voisinage de roches quartzeuses et de basaltes. Nous donnons ici le nom des sources avec l'indication de leur température en degrés centigrades : Kochbrunnen (source bouillante), 68", 7 ; Adlerbrunnen (source de l'Aigle), 620,5 ;SehU<zenhofbrunnen (source de l'hôtel de l'Arquebusier), 500; le Miroir, C8°,5; la Ërùhbrunnen, G2°,5; l'Etoile, 60"; les Quatre Saisons, 58»,8 ; l'hôtel de Paris, 57°,5 ; la Chaîne d'or, 570,5; la B&ckerbrunnen, 56°; le Lis blanc, 530; la ville d'Anspach, 58", 8; la Croix d'or, 5lo,2; la Sonnenberg, 500; les Deux-Boucs, 48o:9; le Gùnther-Klein, 4S°,9; hôtel de Cologne, 470,8; lu source Neuve, 47",6; chez Spengler-Jung, 40»; la Hiilippsburg, 370,5.

La Kochbrunnen est abritée par un massif que supportent deux colonnes; elle est assez abondante pour alimenter, en même temps que la fontaine , les bains des neuf hôtels principaux. L'eau de cette source, a. cause de sa température élevée, ne peut être bue que dix minutes ou un quart d'heure après que les verres ont été remplis. Sa saveur est salée et a beaucoup d'analogie avec celle d'un bouillon léger. Son poids spécifique varie de 1,0062 à 1,0065. L'analyse de l'eau de la Kochbrunnen, faite en 1849 par le professeur FresiniuBj a donné les résultats suivants :

Chlorure de sodium 6,83565

— potassium 0,14580'

— lithium 0,00018

— ammonium 0,01672

— calcium 0,47099

— magnésium 0,20301

Bromure de magnésium 0,00355

Iodure de magnésium faibles traces

Sulfate de chaux 0,00902

fjlfce 0,05992

Silicate d'alumine 0,00051

Carbonate do chaux. 0,41804

— magnésie 0,01039

■ — baryte . j

— strontiane ( lraees

— fer . O.0O5GÎ

— manganèse 0,0005'*

— cuivre ..... faibles traces

Bicarbonates non désignés Ô, 19169

Phosphate de chaux 0,00039

Arséniale de chaux 0,00015

Substances organiques. , traces

On n'utilise en boisson que l'eau de trois sources : Kochbrunnen , Alderbrunnen et Schuizeiihofbrunnen. Les eaux de Wiesbaden sont employées en boisson, en bains et en douches d eau, en bains et en douches de vapeur; souvent même ces moyens sont combinés Jes uns avec les autres.

t Les eaux de Wiesbaden, dit M. Armand Rotureau, prises à l'intérieur, tint pour premier effet d'augmenter la sécrétion de toutes les membranes muqueuses, et principalement de celle du tube digestif, surtout dans les premiers jours. Lorsqu'on les prend à la dose de deux à quatre verres, elles sont purgatives ou au moins laxatives, et il est remarquable que cette vertu est d'autant Plus développée qu'on les a laissées se refroidir davantage. Elles déterminent un accroissement de sécrétion du foie et du puu-

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créas. Elles augmentent aussi notablement et constamment la sécrétion urinaire. Elles sont diurétiques, et l'on reconnaît, dans les urines, la présence d'une plus grande quantité de chlorure de sodium. Le seul usage des bains produit ce même effet, tant est considérable l'absorption qui se fait par la peau. Elles sont diaphoniques, excitent puissamment la transpiration et déterminent la moiteur. » Sous forme de bains, elles agissent sur la peau, où elles déterminent de la rougeur et quelquefois la poussée, caractérisée par de l'érythème et même par de l'urticaire, des éruptions vésieuleuses, pustuleuses, etc. L'eau de Wiesbaden est tonique, reconstituante; elle active et facilite les fonctions digestives.

Le kursaal de.Wiesbaden s'élève sur une place dite place Wilhelm, ornée à son centre d'une pelouse verdoyante et bordée par le théâtre, plusieurs hôtels et une colonnade couverte qui sert de bazar. La description suivante est empruntée au Magasin pittoresque. « Les six colonnes ioniques qui décorent la façade sont surmontées d'une inscription latine que l'on ne saurait trouver prolixe : elle se -compose de deux mots et d'un chiffre : Fontibus mattiacis MDCCCX, ce qui rappelle que l'on a élevé le monument un 1810, mais que les eaux hygiéniques de Wiesbaden étaient connues des Romains...

Après avoir passé sous te portique, on entre dans une salle longue de plus de 43 mètres, large de 20 et haute de 16. Ornée de colonnes de marbre, de statues et de bustes, elle sert tour k tour aux danses, aux concerts, aux festins, et aussi à la roulette... A gauche, on trouve les salles à manger du restaurant; à droite, un cabinet de lecture et plusieurs salons de danse et de jeu. Du côté opposé à la Wilhelmplatz, la kursaal a une façade qui domine un joli jardin bien dessiné, où l'on peut prendre le café et des glaces, entendre les symphonies, les ouvertures et les polkas d'un kiosque orchestre, ou bien encore à l'ombre des saules et des acacias jeter des miettes de pain aux carpes et aux canards de l'étang. »

Le palais ducal ou Sehlœsschen contient, entre autres curiosités : une bibliothèque de vingt-cinq mille volumes et de curieux manuscrits, dont quelques-uns sont ornés de miniatures du xne siècle; un musée d'antiquités romaines et du moyen âge; un cabinet d'histoire naturelle; une collection d'insectes et une galerie de tableaux. Nous signalerons dans le musée d'antiquités un beau relief trouvé en 1842 à Haddernheim,près de Francfort, et représentant le dieu Mithra coiffé d'un bonnet phrygien, et sacrifiant un bœuf abattu, entouré de figures symboliques, et surmonté des douze signes du zodiaque. Les toiles qui composent la galerie de.tableaux sont généralement médiocres pour la plupart; nous devons signaler cependant : Maa Sainte famille, d'Albart Durer; les Saintes femmes, de Rogier de Van der Weyden ; un beau Paysage, de Swanewelt; un Déjeuner, de Heein; une Marine, de Van der Velde; le Saint Chrysostome et la Sainte Cécile, du Dominiquin,et unsSainte Famille, de l'école du Corrège.

Parmi les autres curiosités de Wiesbaden nous citerons : le Ministerium, ou palais du gouvernement; l'église catholique ; la nouvelle église réformée; la Heidenmauer, fragment de muraille de pierre qui faisait probablement partie de la forteresse romaine de Wiesbaden ; des débris (pfahtgraben) de la muraille fortifiée que fit élever l'empereur Probus, etc. Les environs île Wiesoaden sont bien loin de rivaliser avec ceux de Bade; ils offrent cependant des promenades agréables. On y visite avec intérêt: le Dietenmukle, moulin très-fréquenté pendant la belle saison ; le nouveau Geisberg ; l'ancien Geisberg; le Mausolée, chapelle grecque élevée en mémoire de la duchesse Elisabeth Miehaclowno; le Neroberg, colline où se voient des débris de constructions romaines; le couvent de Clarenthal, et le château de la Platte, d'où l'on découvre une belle vue, etc. Les bains de Wiesbaden sont fréquentés chaque année par trente à quarante mille personnes.

Wiesbaden est une des villes les plus anciennes de l'Allemagne. Elle était, à l'époque de la conquête romaine, la capitale des Maltiaci, tribu germanique établie dans le pays, d'où le nom de Fontes Mattiaci (Fontaines Mattiaces) donné par les Romains aux sources thermales qu'ils connurent de bonne heure, au témoignage de Pline le naturaliste; Sunt et Mattiaci in Germania fontes calidi, dit-il en effet, au livre XXXI, chapitre H de *on œuvre. De plus, lés Romains firent de Wiesbaden une lorte position stratégique en y établissant un camp retranché (castrum) dont les vestiges sont encore très-apparents. Après avoir été pendant longtemps la capitale du duché de Nassau, Wiesbaden a été annexée aux Etats prussiens à la suite des événements de 1866.

WIESELBCIIG, ville de Hongrie, dans le comitat de son nom, à 33 kilom. S. de Presbourg, près d'un bras du Danube; 3,500 hab. Fabriques de draps et de salpêtre, teintureries, tuileries. Entrepôt du commerce des grains. Le comitat de Wieselburg, dans le cercle en deçà du Danube, et, de 1853 à 1860, dans le cercle d'QEilenburg, est borné au N.-O. par l'Autriche, à l'O. et au S. par

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le comitat d'CEdenburg, au S.-E. par celui de Raab, au N.-E. par celui de Presbourg ; il a 2"ll,02S hectares, 43 kilom. sur 53, et 78,000 hab. Oh. -1. Ungarisch-Altenburg. C'est un pays de plaines, mal arrosé, excepté au N.-E., où il est traversé par la Letha. Le lac de j^eusiedel y est en partie compris à l'E., et le grand marais de Wasen-Hanschag, au S. Le sol cultivé y est d'ailleurs fertile et on y récolte tous les genres de céréales et de légumes.

W1ESELGREN (Pierre), historien et prédicateur suédois, né dans la paroisse de Wieslantla, près Wexiœ, en isoo. Kils d'un simple paysan, il montra de bonne heure des dispositions remarquables qui lui valurent la protection d'un ecclésiastique, dont il reçut les premières leçons de latin. Il continua ensuite ses études à l'école de Wexiœ, puis k l'université deLund,oùil prit ses grades en 1823, et où il devint, l'année suivante, professeur d'histoire littéraire et professeur adjoint d'esthétique, puis, en 1830, conservateur de la bibliothèque de l'université. Bien que ses cours y obtinssent beaucoup de succès, il renonça, en 1833, à l'enseignement pour devenir pasteur de la paroisse de Westerstad, d'où il passa, en 1847, à Helsingborg, en la même qualité. En 1857, il a été nommé prévôt du chapitre de Gothenburg. M. Wieselgren est auteur d'un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on cite comme les plus remarquables : la D'elle littérature suédoise (Lund, 1833-1835, 3 vol,; Upsal, 1845-1849, 5 vol. 2e édit.) ; une description de l'évéché de Wexiœ, intitulée Nouvelle description du Smalaud (Wexiœ, 1845-IS47, 3 vol.), ainsi qu'une édition des Archives de la famille de La Gardie (Lund, 1831-1844, 21 vol. in-S°), qui renferment une foule de documents précieux pour l'histoire de la Suède. Il »,en outre, été le collaborateur de Palmblad (v. ce nom), pour son Dictionnaire des hommes célèbres de la Suéde (Upsal 1835-1859, 23 vol.; supplément, (Erebro, 1857-1867, tomes I k V), dont il est demeuré l'unique rédacteur depuis 1852, époque de la mort de Palmblad. Le nom de M. Wieselgren jouit, en outre, d'une popularité universelle en Suède, à cause de ses efforts pour la propagation des sociétés de tempérance. Non content d'écrire dans ce but une foule de brochures, entre autres celle qui a pour titre : Dissertation historique sur la législation relative à l'eaude-vie en Suède depuis les deux derniers siècles (Lund, 1840), il a entrepris, pendant plusieurs années, des voyages dans toutes les provinces de la Suède, prêchant partout la doctrine de l'abstention des liquides alcooliques. Aussi a-t-il été, ajuste titre, surnommé l'Apôtre de la tempérance. 11 a, de plus, déployé le plus grand zèle en faveur de ce qu'on appelle en Allemagne et en Suède les missions intérieures.

WIESEN, rivière d'Allemagne. Elle a sa source il Eeldberg, dans la forêt Noire, se dirige vers le S.-O., arrose Sehopfheim et Loiruch, cnLre dans le canton de Baie et, après un cours d'environ 66 kilom., se jette dans le Rhin, entre Baie et Huningue.

W1ESLOCII , bourg du grand-duché de Bade, cercle du bas Rhin, ch.-l. du bailliage de son nom, sur la Leimbach; 29,000 hab. Source minérale; mines de calamine.

WIEST (Etienne), théologien allemand, né k Teispacli (Bavière) en 1748, mort en 1797. Il entra de bonne heure au couvent des cisterciens d'Alderspach, qu'il quitta, en 1781, pour devenir professeur de théologie dogmatique, de patrologie et d'histoire littéraire de la théologie à l'université d'ingolstadt. En 1794, il revint dans son couvent, qu'il habita jusqu'à sa mort. On a de lui, entre autres ouvrages : Initia philosophie purioris cum positionibus mathematicis (Ratisbonne, 1776, in-8u) ; Demonstratio religionis christiunie contra xtatU noslrss incredutitatem, sive institutiones théologie» (Ingolstadt, 1785-1790, 7 vol.); De justilia Dei punitioa (lngulatadt, 1787, in-8u) ; Orutio de necessario scieilli& et pietatis nexu (Ingolstadt, 1788, in-4°) ; tntro- Unctio iit historiam literariam iheologix ingolstadt, 1794, in 8°); Institutiones patroloyias (Ingolstadt, 1795, in-S°), etc.

YVIETIUtSlIElM (Edouard de), homme politique et publicisie allemand, né k Luxembourg en 1789, mort en 1865. Il étudia le droit à Leipzig, prit part en 1813, comme officier de volontaires, à la guerre de l'indépendance allemande et enira ensuite dans le service administratif de la Saxe, où il remplit successivement plusieurs emplois importants. Nommé, eu 1840, ministre de l'instruction publique, il déploya en cette qualité une activité féconde, fonda l'Académie royale des sciences et réorganisa coniplétementl'université de Leipzig. Les événements pulitiques de l'année 1848 l'obligèrent à résigner son portefeuille ; mais il n'en conserva pas moins jusqu'en 1853 la direction des établissements artistiques. On cite comme ses écrits les plus remarquables : la Démocratie (Leipzig, 1848) et Etude sur l'histoire primitive de ta nation allemande (Leipzig, 1852).

WIFFEN (Jérémie-Holme), littérateur anglais, né dans les environs de Woburn en 1792, mort en 1856. 11 fut pendant plusieurs années maître d'école, et il s'était déjà fait connaître par des poésies insérées dans dif-

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fêrents recueils , lorsqu'il publia en 1819 sous ce titre : Heures aoniennes, plusieurs pièces de vers, qui attirèrent l'attention du duc de Bedford. Nommé par ce dernier conservateur de la bibliothèque qu'il possédait à Woburn, ainsi que son secrétaire particulier, Wiffen y vécut jusqu'à la fin dans une tranquille retraite, consacrée en grande partie aux travaux littéraires. On a encore de lui : Julia Alpimtla, la Captive de Stamboul et autres poèmes (1820) ; Mémoires historiques sur la première race d'ancêtres d'où la maison de Itussell tire son origine (1833) ; Mémoires historiques sur la maison de Itussell, depuis l'époque de la conquête normande (1834), ainsi que des traductions des poésies de Garcilasso de La Vega (1822), de la Jérusalem délivrée du Tasse (1830) et de différentes poésies hébraïques et gaéliques.

Wigalois, roman chevaleresque de Wirnt de Gratenberg, uiinnesinger du xnt° siècle. Ce roman appartient au cycle de la Table ronde. Wigalois est fils du célèbre Gauvain et de la belle Florie; mais il ignore le nom de son père, disparu depuis longues années. A peine sait-il conduire un cheval et manier une lance, qu'impatient de courir les aventures, il se sépare de sa mère, muni d'une ceinture magique que celle-ci lui a donnée. Le jeune homme arrive à la cour du roi Arthur, la veille d'un grand tournoi, et demande au roi à faire ses premières arme-;; Arthur l'accueille avec bonté et lui donne même l'accolade. A quelques jours de là, comme Te roi était assis avec ses preux autour de la Table ronde, une belle demoiselle, montée sur un palefroi blanc, entra tout à coup dans la salle du festin; elle était escortée d'un nain qui se mit aussitôt à chanter d'une voix mélodieuse; puis, elle prit elle-même la parole et demanda, au nom de sa maîtresse Lariette, reine de Korantin, l'assistance d'un chevalier qui ne craindrait pas d'affronter la mort. Wigalois demande aussitôt à Arthur la permission de tenter l'aventure, et le roi y consent; mais la messagère, indignée de ce qu'on ose confier la défense de sa maîtresse a un aussi jeune chevalier, s'éloigne en laissant Wigalois tout interdit. Celui-ci ne s'en décide pas moins à suivre la demoiselle, mais à une distance respectueuse; il n'ose lui adresser la parole.

Cependant, sur le déclin dujour, l'inconnue s'humanise ; elle a besoin d'être protégée. Un terrible chevalier se présente devant eux et leur défend d'aller plus avant. Wigalois le tue d'un coup de lance. La demoiselle comprend alors que ce jeune guerrier n'est pas le premier venu. Ils continuent leur route, et Wigalois se signale par des exploits merveilleux. Enfin, ils arrivent à Koraiiliu chez la reine Lariette, Cette princesse vivait dans de continuelles alarmes depuis l'apparition dans ses Etats d'un cruel dragon et d'un célèbre magicien, nommé Roaz de Glois, qu'on disait voué au diable. Wigalois renouvelle à ses pieds le serment de vaincre ou de mourir pour elle. Il se fait dire la messe et vole à la recherche du dragon. Eu son chemin, il rencontre un léopard qui n'est autre que le père de Lariette, assassiné par Roaz de Glois et métamorphosé ainsi par le ciel en punition de ses péchés; il promet à Wigalois la main de Lariette s'il triomphe du dragon, et il lui apprend qu'il est fils de Gnuvuin, ce qui transporte de joie le jeune héros. Wigalois se dirige vers le repaire du monstre, engage le combat, lui plonge son épée dans le liane; mais, atteint pur un coup de queue du dragon expirant, il est jeté sans connaissance au fond d'un ravin. Une jeune et belle châtelaine le recueille dans son manoir; il se guérit, se repose et part de nouveau pour vaincre l'enchanteur.

Roaz de Glois avait lu dans les astres la prochaine arrivée du fils de Gauvain et s'était assuré, par son art magique, de l'assistance des puissances infernales; mais Wigalois déjoue ses maléfices avec l'aide de la sainte Vierge, Poursuivi jusque dans son palais et réduit à se défendre t'èpéeà la main, Roaz opposa une vigoureuse résistance. Le combat dura une nuit entière; a la fin, l'enchauteur reçut un coup mortel, mais le chevalier, épuisé par ses blessures, tomba inanimé k ses côtés.

Wigalois revint à la vie, comme bien on pense, et épousa Lariette. Les noces furent célébrées en présence de Lanceiot, de Gauvain, d'Y vain et des plus célèbres paladins de la chrétienté.

Wigarour, poërae chevaleresque allemand de la fin du xme siècle, lise rattache au cycle d'Arthur et k l'école du célèbre Wolfram d'Esehenbach. L'auteur en est inconnu. En voici l'analyse : Wiganiur, fils d'un roi de Lendrie. avait été dans son enfance enlevé par une sirène, qui l'avait emporté dans soii palais de corail au fond de l'Océan et l'avait donné pour compagnon de jeux à sa fille. Mais bientôt un monstre marin, ennemi de la sirène, déroba le jeune homme ; ce monstre, digne émule du centaure Chiron, consacra ses soins à l'éducation de Wigamur et s'occupa à en faire un nouvel Achille. Il lui apprit à manier la lyre et l'épée, à lutter, à tirer de l'arc et s'efforça surtout de graver dans son cœur les principes d'honneur et de loyauté dont tout bon chevalier ne doit jamais sa départir. Puis il le conduisit dans le pays des Dologiens et se sépara de lui.

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La jeune Wigamur , fort inexpérimenté malgré les bons enseignements de l'homme marin, court toutes sortes de périls, dont il se tire grâce à sa bravoure. Ayant rencontré un cheval tout harnaché et sans cavalier, il saute en selle, et le cheval part aussitôt emportant Wigamur qui ne sait comment le diriger. Un chevalier, le voyant venir à lui bride abattue, croit avoir affaire à quelque intrépide jouteur, et il s'élance k sa rencontre la lance en arrêt. Un combat terrible s'engage, qui dure douze heures; k la fin le chevalier est vaincu. Ensuite, le jeune héros arrive au bord de la célèbre fontaine d'Aptor, qui avait l'étrange propriété de se transformer en un étang fangeux à l'approche d'un voluptueux, d'un envieux ou d un médisant, tandis que les personnes dont le cœur était pur de toute souillure y puisaient lu force et là santé. Wigamur, accable de chaleur, se plonge dans cette fontaine merveilleuse ; aussitôt deux dames d'une admirable beauté sortent d'un bosquet de roses et s'avancent vers lui d'un air modeste pour le ' servir au bain. Le pauvre jeune homme, rouge de honte, veut fuir. Mais les deuxda-' mes l'enveloppent J'un drap parfumé, lui essuient tout le corps avec leurs mains blanches et délicates et l'invitent à se reposer sur des coussins moelleux qu'elles avaient étendus au pied iKun arbre. Une foule de chevaliers et de valets viennent lui présenter à genoux du vin et des ragoûts epicés, l'aident à passer une robe de soie bordée d'hermine et le conduisent en triomphe vers un magnifique château, où tout semblait disposé pour le recevoir. Le jeune paladin y étudie pendant un mois entier le noble métier de la chevalerie, puis il se rend k la cour du roi Arthur, à Karidol. Chemin faisant, il délivre des serres d'un vautour un jeune aigle qui s'attache à lui etdevient, dès ce moment, son compagnon de fortune et de gloire; si bien que le poète ne le désigne plus à partir de ce passage que sous le nom de Chevalier ù I aigle.

Au service du roi Arthur, Wigamur accomplit une longue suite de prouesses étonnantes, dont le résumé aurait peu d'intérêt. Qu'il nous suffise de raconter le dénouaient de ces aventures : un jour le héros se trouve avoir à combattre en un combat singulier le roi Paltriot, qui, avant de se mesurer avec Wigamur, veut savoir s'il est chevalier ou écuyer, vassal ou homme d'armes. Wigamur raconte son histoire, et Paltriot reconnaît en lui le fils que la sirène lui avait enlevé. A la suite de cette scène touchante, la guerre finit, tout le monde se réconcilie, et le brave Wigamur épouse la fille du roi Atroclas de Rerat, la belle Doulce -Fleur. Ce poème a un peu plus de six mille vers.

WIGAN , villa d'Anglelerre , comté et à 71 kilom. de Lancastre, sur le Douglas et le canal de Leeds k Liverpool ; 26,000 hab. Ecole de sciences appliquées-, importantes manufactures de coton, usines de bronze et d'étain. Dans les environs, riche exploitation de houille ; fabrication de toiles, filature de lin. On y remarque une imposante église, dédiée k tous les saints et renfermant quelques beaux monuments ; un hôtel de ville, deux chapelles catholiques et une colonne monumentale, érigée à la mémoire de sir Tyldisbey. Aux environs, source sulfureuse, surmontée d'un joli pavillon.

WIGAND (Just-Henri), médecin allemand, né à Revêt en 1769, mortk Manheim en 1817. Après de bonnes études littéraires et mathématiques faites dans sa ville natale, il alla, en 17SS, étudier la médecine k léua et en 1791 à Erlaugen: il fut reçu docteur l'annéa suivante, et, après avoir fait un voyage a. Saint-Pétersbourg, se fixa k Hambourg, où il acquit beaucoup 'de réputation par la pratique de son art. En 1814, l'état de sa santé l'obligea de quitter cette ville, et il alla habiter successivement Heidelberg et Manheim. II. ne put se rétablir et succomba le 10 février 1817. Le professeur F.-C. Nsegelé, à qui l'on doit l'édition posthuma de son principal ouvrage, a donné une notice sur sa vie et apprécié, comme pouvait le fuire un homme tel que lui, le mérite de Wigand. Outre un grand nombre de mémoires insérés dans divers recueils, nous devons encore à Wigand plusieurs ouvrages remarquables, parmi lesquels nous citerons : Traite' d'accouchements (Hambourg, 1798, in-S°).

WIGAND (Kugène-Antoine), helléniste allemand, mort à Berlin en 1843, où il était professeur au gymnase Frédéric-Guillaume. On a de lui : Coup d'œit sur les formes du dialecte homérique (1826 ; 3« édit., 1837); Indications sur le principe religieux dans la narration historique de Thucydide (1829) ; Aperçu tabellaire de l'Uisloire ancienne, du 7>wyen âge et des temps iiiûdernes, en. collaboration avec Bœtticher (1835); l'Empereur Tibère, document pour l appréciation de ce César (1840).

WIGAND (Paul), jurisconsulte allemand, né k Cassei en 17S6, mort en 1866. Il lit sea études à l'université de Marbourg et prit ensuite, dans sa ville natale, la direction d'un journal politique, dont le privilège avait été accordé à son père, mais qu'il céda à un autre éditeur en 1807, sous la domination française. Après avoir été, pendant quel que temps, procureur près les tribunaux do

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Cassel, il devint juge de paix à Rœxter et, lorsque cette ville eut passé à lu Prusse, y fut nommé assesseur près la cour provinciale. Consacrant tous ses loisirs aux études historiques, il fut l'un des premiers k appeler l'attention du gouvernement prussien sur les collections d'archives, qui, depuis plusieurs années, étaient livrées à l'abandon ; il adressa au roi, dans ce but, le premier volume de son Histoire de l'abbaye princière de Corvey (Hœxter, 1819). Le chancelier Hardenberg l'appela en 1820 à Pyrmont, puis, en 1821, à Berlin, pour y travailler à la mise en ordre des archives de la Prusse. Après s'être occupé de celles de Corvey et de Paderborn, dont il rédigea' des catalogues complets, il entreprit de classer celles de la Westphalie. Dans ce but il provoqua, en 1824,1a fondation de la Société d archéologie de Westphalie, qui eut pour organe les Archives pour l' histoire et l'archéologie de la Westphalie (Hamm 1826- 1827; Lemgo, 1828-1838, 7 vol.), dont Wigand fut aussi le fondateur. En 1828, il commença, de concert avec Strombeck, la publication des recueils des droits provinciaux de sa patrie et fut chargé, peu après, par le ministère de la justice, d'élaborer les codes des provinces comprises dans la juridiction de la cour suprême de Paderborn. Ses travaux à cet effet eurent pour résultat deux ouvrages d'une haute importance pour l'histoire du droit allemand, savoir : le Droit provincial des principautés de Paderborn et de Corvey (Leipzig; 1832, 3 vol.) et le Droit provincial de la principauté de Minden, des comtés de Jlavensbery et de Jlietberg, de la seigneurie de Rheda et du bailtiage de Reckenbcrg (Leipzig, 1834 , 2 vol.). Nommé dans l'intervalle (1833) président du tribunal de Wetzlar, il fut, en outre, chargé de remanier en partie la législation particulière de la province rhénane et prit une part active k la controverse au sujet de l'authenticité du Chronicon Corbeiense. Outre sa brochure intitulée les Sources historiques de Corvey (Leipzig, 1841), il publia encore, a ce sujet, une édition critique des Traditiones Corbeienses (Leipzig, 1843), dans laquelle il prouvait quo ce recueil avait subi de nombreuses altérations. En 1839, il fut nommé membre de la commission chargée par la diète germanique de l'organisation et de l'administration des archivés de l'ancienne cour de l'empire, et déploya une rare activité dans ces fonctions. Outre les ouvrages que nous avons cités dans le cours de cette notice, on a encore de lui : Essai d'une exposition systématique des devoirs administratifs et du cerele d'activité des juges de paix (Mai bourg, 1810); Manuel à l'usage des juges de paix (Gœttinguc, 1813); le Tribunal secret de Westphalie (Hamm, 1825); les Servitudes (Huinui, 1828); \a Pos~ session des biens de Corvey (Hamm, 1831) ; Mémoires (Leipzig, 1854); Matériaux importants pour l'histoire et le droit ancien, extraits des archives westphaliennes ( Hamiri, 1858).

WIGAND (Jean), théologien allemand.V.Vi- GAND.

WIGANDIE s,f. (vi-gau-dl — de Wigand, évêque de Lithuanie). Bot. Genre de plantes» de la famille des hydroléaeées, comprenant six espèces, qui croissent au Mexique et .au Pérou : La ■wiGaNdie de Caracas se recommande par son beau feuillage. (A. Dupuis.) Il Syn. de disparage, genre de composées.

V1GBEUT ou wiPEUT, général au service de la Bohême, mort en 1130, Il descendait d'un roi de Danemark. Ayant pris du service en Bohême, il contribua à l'avènement du duc Wratislas 1er, fit ensuite avec l'empereur Henri IV une campagne en Italie, prit part au siège de Rome, puis revint en Bohême, où il épousa une des filles du duc, q.ui lui donna le comté de Groiek, Après la mort de Wratislas, il prit parti pour Borzivoy contre Swientopelk, qui monta sur le trône et fit assassiner, dil-ou, ce dernier (1109). Wladisla*B ayant succédé à Swientopelk, Wigbert essaya de le renverser, mais son fils fut fait prisonnier et Borzivoy emprisonné (U10). Il excita alors à la révolte Lobieslas, quatrième fils de Wratislas, et sollicita vainement en sa faveur l'appui de l'empereur. En 1122, il se révolta contre l'empereur. Wladislas fit alors ravager les terres qu'il possédait en Lusace, et, en 1128, il se vit contraint par l'empereur Lolhaire de céder an jeune dis de Lobieslas, devenu duc de Bohême, tous les fiefs qu'il avait reçus de Wratislas. *

W1GGEUS (Gustave-Frédéric), philologue allemand , né à. Bistow en 1777 , mort en 1860, après avoir consacré toute sa vie à l'étude et à l'enseignement. On a de lui : Examen argumentorum Platonis pro immortalitate animi humani (1804); Commentarius in Platonis Eutyphronern (1805); Socraie envisagé comme homme, comme citoyen et comme philosophe (1807; 30édit., 1811) ; De Juliano Apostata (1810) ; Essai d'un exposé pratique du pélagianisme et de l'augustiuisme (1810; 20 édit., 1821); De Grégoire le Grand et de ses considérations anthropologiques (1838).

. WIGGERSIE s. f. (vig-ghèr-sî — de Wiggers, natural. allem.). Bot. Syn. de vescis, genre de légumineuses.

WIGGLESWORTH (Michel), poëte américain, né eu 1631, mort en 1705 à Maldon

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(Massachusetts), où il remplissait les fonctions de pasteur. On a de lui : ie Jour redoutable ou Tableau poétique du jugement dernier, poëme qui obtint beaucoup de succès et dont la cinquième édition est de l'année 1702, et Méditations sur la nécessité, la fin et l'utilité des afflictions pour les enfants de Dieu.

WIGHT, anciennement Vectis, île anglaise de la Manche , sur la côte du comté do Southampton, dont un détroit la sépare; 35,158 hectares de superficie, 35 kilom. sur 20; 70,000 hab. Ch.-l., Newport. Elle est traversée dans toute s-a longueur par une haute chaîne de collines couvertes d'excellents pâturages. L'aspect du pays est très-diversifié et très-agréable. Les cotes sont généralement élevées, surtout au S., et offrent quelques mouillages sûrs. L'île est arroséo par les petites rivières de Médina, de Yar et de Wooten, et possède de nombreuses sources, dont l'eau est extrêmement pure' et transparente. Le climat y est très-salubre, en même temps que sa température, tout exceptionnelle, y permet même pendant l'hiver la culture des myrtes, des géraniums et autres arbustes exotiques qu'on chercherait vainement ailleurs. Ces avantages spéciaux k l'île de Wight, l'extrême fertilité de son sol, l'abondance et la beauté de ses fruits, en font une sorte de terre privilégiée et elle est, pendant la saison des bains notamment, le rendez-vous de la plus haute société anglaise. Les postes l'ont chantée et l'ont appelée tour à tour une miniature de l'Angleterre, une corbeille de fruits et de fleurs, la perle du détroit, le jardin de l'Angleterre, le grenier des comtés de l'Ouest. On y recueille tous les genres de céréales. Les prairies fournissent aussi toutes les espèces de plantes fourragères. On y élève des chevaux, des bœufs, des vaches et surtout une grande quantité de moutons, qui tous sont d'espèce excellente. Il y existe des inities de houille, des carrières de pierre à bâtir et à chaux, do l'ocre rouge , de la terre de pipe et à foulon, etc. ; enfin les côtes sont très-poissonneuses. L'industrie y a pour objet la fabrication de lainages, sacs, amidon, poudre k poudrer, dentelle et sel. Le commerce est très-actif. Les principales exportations consistent en blé, farine, orge, drèche et sei.

Les principales villes de l'île sont Newport, le chef-lieu, Ryde et Cowes. A peu de distance cUEast-Cowes se trouve Osborne- House , résidence d'été de la reine Victoria. Osborne-House appartenait du temps de Charles le h Fustace Mann ; niais l'«ditice primitif a été entièrement métamorphosé par la restauration qu'y fit exécuter la prince Albert. Parmi les curiosités de l'île, nous mentionnerons : les ruines de Quarr Abbey, ancienne abbaye fondée au xii» siècle par Baldwyn de Hivers et son fils Richard, sous l'invocation de sainte Madeleine et sous la règle deC'îteaux; une ferme oceupe aujourd'hui l'ancien domaine du couvent; la carrière (quarry) h laquelle il devait son nom a fourni, dit-on, les pierres dont fut construite la célèbre cathédrale de Winchester; Appuldurcombe, résidence de la famille des Worsley, commencée en 1710 par sir Richard Worsley et terminée, par sou petit-fils. L'édifice, carré et terminé par deux ailes en avant-corps, est immense et d'un aspect imposant; ou y remarque une belle galerie de tableaux, parmi lesquels figurent les portraits de plusieurs rois, donnés directement aux Worsley par ces souverains ; Appuldurcombe possède également un musée d'antiquités. Le parc qui entoure le château est un des plus beaux et des mieux entretenus de l'Angleterre; la baie d'Alun, ainsi nommée du minéral qui abonde sur sa grève; la source de Saint-Roch, découverte en 1809 par le docteur Walerw orth, médecin de Newport et recommandée contre les maladies nerveuses; les Nedles, sortes de blocs de rochers crayeux, battus par les vagues et formant sur une partie des côtes tes figures les plus bizarres (l'un d'eux, dit la Femme de Loth, & été entraîné par la mer en 1764). Ne quittons pas Wightsans rappeler que le poète Tennyson y habite un élégant cottage appelé Freshwater.

A l'époque de la conquête romaine, l'île de Wight s'appelait Vecta ou Vectis. Les Romains la possédèrent de l'an 45 k l'an 495, où elle passa sous l'obéissance de Cerdic le Saxon. Wight fut, pendant les guerres qui ensanglantèrent l'Heptarchie , le fréquent théâtre d'incessants combats. Ses habitants demeurèrent jusqu'en 678 attachés au culte des druides. A cette époque, Ccedwalla, roi des Saxons de l'Ouest , ayant déclaré la guerre k Eldewach, roi des Saxons du Sud, auquel appartenait l'île, fut vainqueur et, pénétrant dans Wight après avoir tué Eldewach, fit un carnage général des habitants. Trois cents familles seulement échappèrent en promettant d'embrasser le christianisme. Quelque temps après, les incursions continuelles des pirates danois amenèrent pour les malheureux habitants de nouveaux désastres. Enfin, en 1052, le comte Godwyn, alors proscrit et exilé , ayant obtenu une flotte du comte de Flandre, vint débarquer sur 'les côtes de l'île et acheva par le pillage l'oeuvre que le meurtre avait commencée. La conquête normande ne fut pas pour Wight un signal d'apaisement. William-Filz Osborno (1058) la réduisit sous son obéissance

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