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et s'en créa lord. L'île continua jusqu'en 1293 à être gouvernée par des seigneurs indépendants, qui y exerçaient une souveraineté absolue; en 1293, Edouard I<" acquit celte souveraineté, et dès lors le titre de lord de Wight fut réuni à la couronne. Enfin, k plusieurs reprises et jusqu'au xvne siècle, Wight ne cessa d'être le point de mire des corsaires français, jaloux de g»gner à notre pairie, sur les côtes anglaises, l'équivalent de Jersey et de Gueruesey sur tes cotes normandes; a car, ainsi que l'a dit M. Auguste Vacquerie dans un de ses livres, Jersey aux Anglais, c'est aussi insolent quo si nous possédions Wight. «L'île échappa toujours néanmoins à ces diverses tentatives, et la construction d'ouvrages fortifiés, jointe au stationnement permanent d'une escadre anglaise, y mit un terme. Aujourd'hui , comme nous l'avons dit, Wight est une île des plus pacifiques, et rien n'y ferait soupçonner son sombre passé.
WIGHTIE s. f. (oui-tî — de Wight, botan. angl.). Bot. Genre d'arbustes grimpants, de la famille des personnées, tribu des éhélonées, dont l'espèce type croit au Népaul. Il Syn. de décaneuron, genre de composées.
W1GNEIHES, bourg et commune de France (Nord), cant. de Trôlon, arrond. et à 11 kilom. d'Avesnes; pop. aggl., 2,862 hab. — pop. tôt., 3,519 hab. Filature de laine, blanchisseries de toiles, fabrication de bonneterie. *
WIGNEHOD (François de), général français, né en 1609, mort en 1646. Il était fils de René Wignerod, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, et de Françoise Duplessis, sœur du cardinal de Richelieu. Grâce h la protection de ce dernier, il obtint dans l'armée un avancement rapide, devint, à vingttrois ans, gouverneur de la ville et de la citadelle du Havre, commanda un peu plus tard un corps d'armée en Lorraine et, après s'être distingué au siège de La Molhe, fut nommé, en 1035, général des galères. Trois ans plus tard, il remporta sur les Espagnols une victoire navale devant Gênes. — Son fils, Armand'-Jkan, né en 1629, mort en 1715, fut substitué au nom et aux armes de son grandoncle le cardinal, et fut le père du maréchal de Richelieu (v. ce nom). C'est lui qui fit imprimer à ses frais la jolie édition de la Bible latine connue sous le nom de Bible de Richelieu.
WIGSTON -MAGNA, bourg d'Angleterre, comté et à S kilom. S.-E. de Leicester; 2,300 hab. Fabrication do bas et bonneterie.
W1GTJE s. m. (vi-tje). Métrol. Unité de poids des Pays-Bas, équivalant au gramme.
WIGTON, ville d'Angleterre, dans le comté de CumberUmd, à 18 kilom. S.-O. de Carliste; 6,500 hab. Fabrication 'de futaines, mousselines, guingamps; imprimerie de coton; tanneries. Bibliothèque publique considérable. Cette petito ville est bien bâtie, commerçante ; elle possède une église élégante, construite avec les matériaux de la station romaine, voisine de Virosidum, nommée par les Anglais Old Carlisle.'C'est la patrie du poëte Ewun Clarkô.
W1GTON, ville d'Ecosse, capitale du comté de son nom, sur la pente d'une colline, près do l'embouchure de la Blanedoch, k 168 kilom. S.-O. d'Edimbourg ; 2,500 hab. Elle est renommée par la salubrité de sa température.
W1GTON ou WEST-GALLOWAY (comté de), au S.-O. de l'Ecosse, entre la mer d'Irlande ou S., le comté de Kirkeudbright a l'E. et celui d'Ayr au N. ; 11,978 hectares , 60 kilom. sur 22 ; 40,000 hab. 11 projette au S. deux longues presqu'îles, dont l'une se termine par le Mull de Galloway et l'autre par le Barrow- Head; elles sont séparées par la baie de Luce. A l'E. de la plus orientale de ces presqu'îles est la baie de Wigton, qui sépare en partie ee comté de celui de Kirkcudbright. Le sol, dont un bon tiers se compose do marais, est fertile sur la côte et dans les endroits où pour l'amender on a profité d'un énorme banc de marne découvert en 1730. Le climat y est tempéré. Les habitants se livrent plutôt ii l'éducation du bétail et à la pêche qu'à l'agriculture. Ils s'adonnent aussi à la fabrication de la toile. Il existe dans quelques districts des carrières de marbre et d'ardoise. On en exporte de la laine, du suif, des peaux de bétail, de la toile, des huiles, etc.
WIGWAM s. m. (ouigh-ouamm). Village indien, en Amérique. II Hutte, chaumière indienne : Pour la propreté, la chaleur, pour la grâce élégante, te nid est supé-ieur de tout point au yfiawkude l'Indien, à la casedunèyre. (Michelet.) Au sortir de Bordeaux, on aperçoit des landes, des bruyères, et de loin quelques cahutes dans le goût des wigwams des Indiens. (Th. Gaut.)
WIHTISITE s. f. (vi-ti-zi-te — du Wihtis, nom d'une petite ville de la Finlande). Miner. Substance noire, terne, à cassure faiblement conchoïde, qui a été ainsi appelée du nom du lieu où on l'a trouvée. Il On l'appelle aussi ■wicimsiTG et "wichtyne:.
— Encycl. La wihlisite se présente en masses amorphes ; mais elle possède des traces de clivage conduisant, d'après Laurent, à uu prisme vhomboïdul presque reciangulaire.
WjXB
C'est un bisilicato d'alumine et de peroxydo de fer combiné avec un bisilicata de soude, de chaux, de magnésie et de protoxyde de fer. L'analyse y a fait découvrir 56,30 do silice, 13,30 d'alumine, 13 do protoxyde de fer, 4 de peroxyde de fer, 6 de chaux, 3 do magnésie et 3,50 de soude.
WIKES ou W1CCIUS (Thomas), historien anglais, mort dans les premières années du X-ivo siècle. Il appartenait à l'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin, et il passa la plus grande partie de sa vie au monastère d'Exeter, occupé de travaux d'érudition. Son ouvrage le plus important est une chronique qui's'éteud depuis la conquête de l'Angleterre par Guillaume de Normandie jusqu'à l'an 1304. Elle a été insérée par Thomas Gale dans le tome II de ses Historis Britannica, Suxoniex et Anglo-Danic& scriptores (Oxford, 1687-1691, 2 vol.). On y trouve d'intéressants détails sur les trois premières croisades ; mais l'auteur est loin de s'y montrer impartial à l'égard de la France.
WIKSTHOEM (Jean-Emmanuel), médecin et botaniste suédois, né à Wenersborg en 1789, mort en 1856. Reçu docteur, en 1817, k l'université d'Upsal, il y devint professeur dans la suite et fut, en outre, intendant du muséum de l'Académie des sciences, professeur d'histoire naturelle au gymnase et membre de l'Académie, dont il fut le représentant au congrès des naturalistes de Hambourg en 1821 et au congrès de Copenhague en 1847. On a de lui : Dissertatio de Daphue (Upsal, 1817, in-4°) ; Conspectus littérature botanicB in Suecia ab aniiquissimis temporibus usque ad finem (1831-1832); Flore de Stockholm (1840). Il avait fourni, en outre, un grand nombre de mémoires im recueil de l'Académie des sciences, pour lequel il rédigea de 1820 à 1850 des Rapports annuels sur les travaux et ouvrages relatifs à la' botanique.
WILA, divinité infernale, suivante de Nija, la Proserpine de la mythologie slave. Wila était la déesse des sorciers, des sorcières et de tous ceux qui s'occupaient de magie. Elle venait en aide aux hommes de bien, quand ils avaient affaire aux méchants, mais était impitoyable pour ceux quo les dieux avaient résolu de punir. Bien quo les sorcières fussent vieilles et hideuses, elle était jeune et belle. Elle avait à ses ordres ie monstre Kochtohey. V. ce mot. .
WILBERFOnCE(Guil!aume),hommed'Etat anglais, célèbre par ses efforts pour l'abolition de la traite des nègres, né à Hull en 1759, mort en 1833. Descendant d'une ancienne famille du Yorkshir,e, il fit ses études à l'université de Cambridge, où il se lia d'une étroite amitié avec Pitt. A peine au sortir des bancs de l'université , Wilberforce fut envoyé au Parlement par les habitants de sa ville natale (1780) et suivit attentivement les débats de cette assemblée, sans y prendre d'abord, par prudence, une part très-active.Ils'y rangea parmi les membres qui attaquèrent le ministère de lord North et s'opposèrent à la guerre d'Amérique. Il avait retrouvé Pitt à Londres, et leur intimité ne fit que s'accroître. Aussi, lorsque ce dernier fut placé à la tète du cabinet en 1783, trouva-t-il un partisan zélé dans Wilbeiforce, qui contribua plus que tout autre à assurer au nouveau ministre une imposante majorité dans la Chambre des communes, et qu'il soutint, k son tour, dans ses tentatives en faveur du but qu'il s'était proposé depuis longtemps. Dès l'âge de quatorze ans, Wilberlbrce avait adressé à un journal d'York une lettre remarquable, dans laquelle il condamnait l'odieux trafic de la chair humaine, et, dès son entrée k la Chambre, il avait résolu de se dévouer k son abolition. C'o ne fut cependant qu'en 1789 qu'il lui fut permis d'élever au sein du Parlement la voix contre la traite des nègres, et, bien qu'il eût été appuyé par Fox, Pitt, Smith et autres, il ne réussit qu'à obtenir une ordonnance pout l'adoucissement du traitement des esclaves pendant la traversée. Lorsque éclata la Révolution française, il se déclara contre la guerre et vit dans les principes de cette grande transformation un progrès de l'humanité. En ' 1790, il remit de nouveau k l'ordre du jour du Parlement la question de l'esclavage; mais ce ne fut qu'en 1792 qu'il réussit à faire passer le bill d'après lequel le commerce des esclaves devait être aboli en 1795. Toutefois, la guerre et la position critique des colonies anglaises empêchèrent cette mesure d'être mise à exécution à l'époque fixée. Lorsque, eh 1806, le ministre Fox eut' fait de la question de l'esclavage l'affaire du gouvernement, Wilberforce eut enfin la joie de voir la Chambre des lords et le Parlement adopter (23 février 1807) le bill par lequel le commerce des esclaves devait être interdit dans les colonies anglaises k dater du 8 janvier 1808. Après ce triomphe, son unique préoccupation fut d'engager ie gouvernement anglais à faire en faveur de la môme cause des démarches auprès des autres gouvernements. Ce fut par son inspiration que Costlereagh mit cette question eu discussion au congrès do Vienne, tandis que l'infatigable philanthrope adressait de son côté k la même époque des requêtes à Talleyrand, au roi de . Prusse et k l'empereur Alexandre. Après la conclusion du traité par lequel ia France, l'Espagne et le Portugal s'engageaient k abo-
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lir la traite, il éleva souvent ia voix au sein du Parlement contre les violations faites à cette convention soit par les gouvernements, soit par les simples particuliers. En 1816, il fit le premier pas vers l'abolition définitive de l'esclavage, en proposant de diminuer le nombre des nègres des colonies anglaises aux Indes occidentales. Dans la même session, il seconda Folkstone et Tierney dans leur lutte contre l'ineome-tax (impôt sur le revenu) et prononça, le 18 mars, un brillant discours qui obtint un succès sans exemple et qui eut pour résultat la suppression immédiate de l'impôt, Lorsque le gouvernement eut entrepris de préparer graduellement, à partir de 1823, l'émancipation complète des nègres, il déploya de nouveau la plus grande activité pour accélérer l'accomplissement de cette grande oeuvre. Secondé par son ami Buxton, il discuta cette question sous toutes ses faces au sein du Parlement et rassembla une immense quantité de matériaux pour réfuter ses adversaires. Mais il ne devait pas lui être donné de vivre assez pour voir ie triomphe de ses efforts; il mourut le 29 juillet 1833, deux jours après qu'avait eu lieu au Parlement la seconde lecture du bill du gouvernement pour l'affranchissement des nègres dans les colonies anglaises. Il eut du moins la consolation, en mourant, de prévoir dans un avenir prochain la réalisation de la grande réforme qu'il avait poursuivie toute sa vie. Outre quelques brochures relatives à la truite des nègres, il avait publié sous ce titre : Examen pratique des systèmes religieux dominants des chrétiens de profession dans ta haute et dans la basse classe en opposition aoec le véritable christianisme (Londres, 1797, souvent réédité), un ouvrage qui obtint un succès extraordinaire et qui fut traduit en français, en italien, en espagnol, en hollandais et en allemand. Edmond Burke mourant passa les deux derniers jours de sa vie à le lire et envoya à l'auteur un message particulier de remerclment pour l'avoir écrit. La vie de Wilberforce, avec des extraits de son journal, a été publiée par ses fils. V. ci-dessous.
W1LBEKFOKCE (RoberMsaac), théologien anglais, fils du précédent, né en 1802, mort en 1857. Il fit ses études à Oxford, entra dans les ordres, fut pourvu successivement des bénéfices de Farleigh et de Burton et devint, en dernier lieu, archidiacre d'York. Pendant dix-neuf ans, il fut l'une des principales colonnes du puseysme, et dans ses ouvrag'-s intitulés les Cinq empires et l'Histoire de l'éraslianisme il exposa des opinions qui étaient en complète opposition avec les principes du protestantisme. Après avoir encore, dans un livre Sur la sainte eucharistie, défendu ouvertement la doctrine de la transsubstantiation et s'être ainsi attiré le blâme de l'archevêque de Cantorbéry, il se convertit, en 1851, au catholicisme. Lié avec le cardinal Wiseinan, il ne cessa, depuis cette époque, de le seconder avec zèle. Les motifs qui l'avaient déterminé à embrasser la foi catholique sont exposés dans un livre qu'il publia en 1855, sous le titre de Principes de l'autorité de l'Eglise.
W1LBEUFORCE (Samuel), prélat et littérateur anglais, frère du précédent, né en 1805. Après avoir fait ses études à Oxford, où il prit ses grades en 1829, il devint successivement pasteur de Brightstone, archidiacre de Surrey et chapelain du prince Albert, chanoine de la cathédrale de Winchester (1840), doyen de Westminster (1845) etenlin, ia même année, évêque d'Oxford, siège auquel est attaché l'ofrîce de chancelier de l'ordre de la Jarretière. Ce prélat devint enfin, en 1847, grand aumônier de la reine. Bien que soupçonné de tendances catholiques, il a évité de se compromettre par des démarches trop apparentes et a pu ainsi conserver la position éminente qu'il occupe dans l'Eglise unglicane. A la Chambre des lords, au parlement ecclésiastique du diocèse de Cantorbéry, dans les meetings tenus pour des questions religieuses, il s'est acquis la réputation d'un orateur émiuent, et le parti de la haute Eglise le regarde comme 1 une des colonnes de sa politique. Outre plusieurs recueils de serinons, on a de lui : Vie de Guillaume Wilberforce, par ses fils. etc. (1838, 5 vol. in-8°) ; Eucharistia (1839); l'Ile Jiocheuse et autres paraboles (1840); Agathos et autres histoires du dimanche (lgio) ; la Correspondance de Cuil. Wilberforce , publiée par ses fils, etc. (1840, £ vol. in-8°); Histoire de l'Eglise épiscopale en Amérique (1844, in-S°) ; Tablettes d'un pasteur de campagne; le Temps de la séparation ; le Temps de la résurrection (1863), etc.
WILBEBG (Jean-François), pédagogue allemand, né en 1766, mort en 1846 à Elbonfeld, où, dès longtemps, il se livrait à l'enseignement. On a de lui un grand nombre d'ouvrages qui ont pour but la inoralisation des basses classes. Tels sont, entre autres : l'Instituteur et l'ami des enfants (1795-1799, 2 vol.) ; Livre d'éducation des bourgeois et des paysans (1798); Mailre Leberecht, sa manière de penser et d'agir dans sa profession (1820) ; Feuilles pour servir à l'instruction et à l'éducation (1824-1826); Instruction et sujets diuers (1836); Pensées et jugements du compère Christian sur la vie et l'action dans là classe moyenne (1843), etc.
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WUBRAND (Jean-Bernard), médecin allemand, né à Klarholz en 1779, mort en 1846 à Giessen, où il était professeur d'anaiouiie et intendant du jardin botanique. On a de lui un grand nombre d'écrits, parmi lesquels nous nous contenterons de citer : Du râle de l'air dans l'organisme (1807. in-S»); De l'origine et du sens du mouvement sur la terre (1813, in-8°); De la classification des animaux (1815); Physiologie de l'homme (1815, in-8°); Manuel de botanique basé sur le système de Linné (1819); Exposé du magnétisme animal en tant que phénomène conforme aux lois de la nature (1824) ; Qu'est-ce que la physiologie? (1828), écrit dans lequel l'auteur se montre partisan du naturalisme et attaque vivement la physiologie expérimentale ; Manuel d'histoire du règne animal (1829); Physiologie générale, et en particulier la physiologie comparée des plantes et des animaux (1833, in-8"), etc.
WILBRANDIE s. f. (ouil-bran-dî — de Wilbrand, n. pr.). Bot. Genre de plantes, rapporté avec doute à la famille des cucurbitacées, et dont l'espèce type croît au Brésil.
WILBYE (John), compositeur anglais, mort dans la première moitié du xviie siècle. Il n'est guère connu que par ses ouvrages, et tout ce que l'on sait de sa vie, c'est qu'en 1598 il était professeur de musique à Londres. Cette même année, il publia un recueil de Af/idrigaux à trois, quatre, cinq et six voix, qui fut suivi, en 1609, d'un nduveau recueil du même genre. On y trouve quelques-unes des compositions les plus charmantes et en même temps les plus savantes que la musique anglaise ait produites en ce genre. Telles sont, entre aunes, celles qui commencent ainsi : Flore m'a donné de trèsbelles fleurs; Lady, lorsque je contemple les roses en bouton; Douces abeilles qui sucez le miel; Au fond d'une vallée et Attendes, Corydon, votre amante. Quelques-unes de ces compositions ont été rééditées avec un grand luxe par la Société des antiquaires musiciens de Londres.
W1LCKIE s. f. (ouil-ki). Bot. Syn. de mal-
COI.M1Ë et de GATTILIKR.
WILCOCKS (Joseph), littérateur anglais, né en 1723, mort en 1791. Il lit ses études k l'université d'Oxford; mais, possesseur d'un patrimoine indépendant, il n'embrassa aucune profession et ne s'occupa que de littérature et d'archéologie. Il fit sur le continent plusieurs voyages et employa une partie de sa fortune à fonder des écoles gratuites pour les enfants pauvres. Outre différents écrits, insérés dans des recueils littéraires et dans les Transactions philosophiques, on a de lui un grand ouvrage intitulé Conversations romaines ou Description succincte des antiquités de Home avec le caractère des Romains illustres (1792-1794, 2. vol.), qui peut encore être consulté avec fruit, quoiqu'on y trouve de fréquentes digressions et quelques négligences de style.
WILD (Jean), en latin Ferua, prédicateur allemand, né dans les environs de Mayence vers la fin du xve siècle, mort en 1554. 11 entra dans l'ordre des cordeliers et devint, en 1528, prédicateur de la cathédrale de Mayence. Il s'acquit une telle vénération, que, lorsqu'en 1552 les protestants s'emparèrent de Mayence, son couvent fut le seul qu'ils épargnèrent, tandis qu'ils pillèrent tous les autres et chassèrent de la ville tous les ecclésiastiques et tous les religieux des autres ordres. Nous citerons, parmi les écrits de Wild : m Euangelium secundum Joaimem et ejnsdem apostpti epistolam f enarrationes (Mayence, 1550, in-tol.), ouvrage qui fut violemment attaqué par le Père Dominique de Soto et défendu par le Père Michel de Médina; Annotationes in Ecclesiastem (Mayence, 1550, in-8°); Historia dominiez passionis (Lyon, 1555, in-8°); In Evangelium secundum Matthsum commentariorwn libri quatuor (Mayence, 1559, in-fol.), etc.
WILD (Henri), orientaliste anglais, né à Norwich en 1684, mort vers 1730. Il exerçait depuis quatorze ans le métier de tailleur, lorsqu'il fut atteint d'une dangereuse maladie qui le réduisit pour longtemps à l'inaction. Pendant sa convalescence, il chercha des distractions dans la lecture de quelques vieux ouvrages de controverse que le hasard lui avait mis sous la main, et comme le fond de ces livres l'intéressait fort peu, son attention se porta sur les longues citations hébraïques dont ils étaient émaillés. Désireux d'en comprendre le sens, il résolut d'apprendre l'hébreu et y réussit sans maître, à l'aide d'une grammaire et d'un lexique. Il apprit ensuite, dans l'espace de six ans et toujours de la même manière, le latin, le grec, l'aiabe, le persan, le chaldéen et le syriaque. 11 n'en continuait pas moins de travailler de son aiguille, et son érudition courait risque de demeurer ignorée, lorsqu'un heureux hasard le mit en rappoitavec le docteur Prideaux, par l'intermédiaire duquel il obtint un emploi à la bibliothèque Bodlcienne d'Oxford. Il donna, en outre, aux élèves de cette université des leçons, dont le produit lui permit d'améliorer sa position, qui avait été fort précaire jusqu'alors. En 1720, il revint à Londres, qu'il habita jusqu'à sa mort, dont on ignore la date. On n'a de lui qu'une traduction du Voyage de Mahomet
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aux deux, qui ne parut qu'après sa mort (1734).
WILD (François), ténor allemand, né à Hollabrunn, dans la basse Autriche, en 1791, mort en 1856. Après uvoir été enfant de chœur à Klosterueuburg et à la chapelle de la cour k Vienne, il fut attaché, en 1809, à la chapelle particulière du prince Eslerhazy, k Eisenstadt, passa, en 1811, au Théâtrcsur-la-Wien et, deux ans plus tard, devint premier ténor à la cour de Vienne. En 1816, il parut sur l'opéra de Berlin et, l'année suivante, fut nommé chanteur de chambre à Datmstadt. Il jouissait à cette époque d'une si brillante réputation, que, comme il n'avuit pas obéi à l'ordre qui le rappelait à Vienne, l'Autriche demanda son extradition k la cour de Hesse-Darmstadt ; mais celle-ci refusa de le livrer, et il continua à faire l'ornement de l'opéra de Darmstadt jusqu'en 1826, époque où la décadence dans laquelle était tombé ce théâtre le décida k se rendre à Paris. Il y parut avec beaucoup de succès sur la scène de l'Opéra italien et accepta ensuite un engagement à Cassel. Par suite de la triste situation du théâtre de cette ville, il consentit enfin à revenir, en 1830, k Vienne, où son retour excita des transports fanatiques. Il y demeura depuis cette époque jusqu'en 1847, attaché au théâtre de la Porte de Carinlhie, et lit, dans le même intervalle, des excursions artistiques à.Munieh, à Dresde, à Berlin et à Saint- Pétersbourg. Si l'ctendue etla puissance de la voix, ainsi que le talent de la conduire dans toutes les régies de l'ait, sont les qualités essentielles d'un chanteur dramatique, Wild est le plus grand chanteur qu'ait jamais possédé l'Allemagne, car sa voix dépassait en sonorité, en éclat eten puissance toutes celles que l'on avait connues jusqu'alors, et, comme bien peu d'artistes, il savait chanter nonseulement en se conformant strictement aux règles de l'école et en tirant tout le parti possible de ses moyens extraordinaires, mais encore avec une expression et un sentiment qui s'élevaient parfois jusqu'au ton de la passion; il était surtout inimitable dans les récitatifs.
WILDA (Guillaume-Edouard), jurisconsulte allemand, né à Altona en 1800, mort en 1856. Il commença ses études à l'université de Gœttingue sous la direction de Hugo, de Meister et d'Eichhorn, les continua à Huidelberg sous celle de Thibaut, de Mittentiaier et de Schlosser, et, après avoir parcouru le Danemark, l'Allemagne, la Suisse et la Fiance, s'établit comme avocat k Hambourg. Mais, désireux d'embrasser le professorat, il se lit recevoir, en 1831, agrégé k l'université de Halle et y fut nommé, peu de temps après, professeur extraordinaire. Appelé, en 1842, k une chaire de droit k Breslau, il la quitta en 1854 pour aller en occuper une analogue k Kiel. Ses travaux le classent au premier rang parmi les jurisconsultes qui se sont occupés du droit allemand, que sa connaissance des langues du Nord l'avait mis ii même d'étudier k fond, en le comparant avec ses sources originales. Son ouvrage intitulé les Corporations au moyen âge (Halle, 1831 ; Beilin, 183S, 2° édit.) retrace dans toutes ses | hases lo développement de cette institution, d'origine essentiellement germanique, depuis sa fondation dans le but d'une sauvegarde mutuelle des droits des hommes libres, jusqu'à sa transformation en association des membres d'un corps de métiers. A cet ouvrage s'en rattache un autre non moins estimable, le Droit pénal des Germains (Halle, 1842), que devait compléter une Histoire du droit allemand, interrompue par la mort de l'auteur. Ce dernier avait, en outre, fondé, en 1839, avec Reyscher le Journal du droit allemand et fourni un grand nombre d'excellents articles au Dictionnaire de droit de Weiske.
WILDBAD, ville du royaume de Wurtemberg, cercle de la forêt Noire, bailliage et à 15 kilom. S, de Neuenburg, à 45 kilom. S.-O. de S tu ttgard, dans la vallée sauvage de i'Enz; 3,035 hao. Fabrication de papier ; commerce de bois de construction. On y voit plusieurs constructions modernes remarquables. A l'extrémité de la rue-principale se trouve un magnifique casino, nouvellement construit, avec salie de conversation, café, cabinet de lecture et bains fort bien organisés. Les eaux thermales de cette ville, qui ont de 33° à 3S° centigrad.es, s'emploient contre la goutte et les rhumatismes. C'est une station de bains très- fréquentée, qui compte environ six mille baigneurs chaque année.
W1LDBAD-GASTEIN ou GASTEIN, village des Etats autrichiens. V. Gastein.
WILDBERG (Frédéric-Louis-Chrétien), médecin allemand, né k Neu-Strelitz en 1765, mort en 1850. Après avoir été quelque temps précepteur dans une famille noble, il étudia, à dater de 1789, la médecine aux universités de Halle et d'Iena, devint médecin ducal en 1795 et, dans la suite, professa à Berlin (1819) et à Rostock (1821). On a de lui : Pathologia sanguinis (1791, in-S^) ; Résumé du système de la législation médicale (1804, in-8") ; Manuel de la connaissance physique de soi-même à l'usage des jeunes gens des classes aisées (1807); Decistones medico-legales, quxstionum dubiarum de infaniibus neo-genitis (1808); Théorie de la nature du sexe féminin (1811 , ia-S°); Manuel de médecine légale (1812);
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De l'économie et de la structure du mécanisme séminal de l'homme (ÎS17, in-8°) ; Hygiastique ou l'Art de maintenir la santé de l'homme (1818, in-8°) ; [iibliotheca medicinm public» (1819, in-4") ; Manuel pratique du médecin (1823, in-8»); Du dualisme de la vie et de la santé de l'homme (1824); Manuel de diététique pour l'homme à l'état de santé
WILDE (Jacques de), numismate hollandais , mort dans les premières années du xvnio siècle. 11 s'occupa toute sa vie de l'étude des antiquités et sut faire partager ses goûts à sa fille, Marie de Wilde, dont les poètes du temps ont célébré à l'envi la grâce et les talents artistiques. Ce fut elle qui grava à 1 eau-forte les planches des Signa •anliqua, publiés par son père (Amsterdam, 1700, in-4°). On a encore de ce dernier : Selecta numismata anliqua (Amsterdam, 1692, in-40) ; Gemmas seleciss antiqux (Amsterdam, 1703, in-4»),
WILDE (Jacques), historien suédois, né dans la Courtaude en 1679, mort en 1755. Il fut successivement professeur d'éloquence et de poésie latine k l'Académie de Pernau et professeur de droit naturel et de droit des gens à Kiel, et devint, en 1719, historiographe de Suède. C'est lui qui, le premier, a introduit la critique dans 1 histoire suédoise et qui a doté cette dernière d'une chronologie régulière et suivie. On cite comme ses écrits les plus remarquables : Suecis historia pragmatica , guse vulgo jus publicum dicitur (Stockholm, 1731, in-4<>); le Fondement, la nature, l'origine et l'antiquité des lois suédoises, avec un exposé des chimgementa qui y ont été faits (Stockholm, 1736, 111-40); Introduction à ^'Histoire de Suède, par Pufendorf (Stockholm, 1738-1743, 2 parties in-4"); Pr»parutio hodegetica ad întroductiouem Pufendorfii in Soethici Status histoiiam (Stockholm, 1741, in-40).
WILDE (Jean), héros d'une tradition populaire de l'île de Bergen (Norvège). Jean Wilde était un paysan qui, fort instruit des mœurs et coutumes des nains qui habitaient l'intérieur des montagnes, résolut de mettre à profit ces connaissances pour arriver k la fortune. Il savait que ces nains ouvraient quelquefois la porte de la montagne et allaient courir de nuit dans les champs. Il savait aussi que, si, dans ces excursions, un nain venait à perdre un des objets dont il faisait journellement usage, soit son petit bonnet à grelots, soit un de ses souliers de verre, il fallait qu'il le rachetât coûte que coûte. En conséquence, Jean Wilde sortit à minuit, portant un flacon d'eau-de-vie, et, se couchant sur le flanc de la montagne habitée par les nains, il feignit d'être ivre et de s'endormir profondément. Les nains passèrent auprès de lui sans méfiance et se mirent à danser au clair de lune. Mais l'un d'eux ayant laissé tomber son soulier, Jean Wilde s'élança, s'en saisit et retourna chez lui. Le lendemain, le nain prend la figure et les vêtements d'un colporteur et va marchander le soulier perdu. Jean Wilde, reconnaissant le nain, ne rendit la précieuse chaussure qu'à lu condition de trouver un ducat dans chaque sillon qu'il tracerait avec sa charrue. Le marché fut conclu, mais il tourna contre la rusé et cupide paysan. En effet, celui-ci, trouvant un ducat dans chaque sillon, ne se donna plus de trêve ni de repos. Enflammé par la soif de l'or, il traça tant de sillons, qu'un beau jour on le trouva mort de besoin et de fatigue au milieu de son champ.
Wiidenbonrg, château féodal de Suisse, dont les ruines se dressent a. environ 5 kilom. rie' Zug, sur un escarpement à peu près inabordable. Ce château fut, au moyen âge, le rt-paire de ces seigneurs brigands qui désolaient des contrées entières par leurs exactions sans nombre. Deux fois, dans le xmo siècle, la ville de Zug faillit tomber entre leurs mains. Le dernier des seigneurs de Wildenbourg mourut en 135J. Par crainte de représailles , il avait renoncé à détrousser les voyageurs et les marchands; mais, pour charmer sa solitude, il se permettait encore de temps en temps, dit la légende, quelque enlèvement du jeune fille. Un jour, il eut eu sa puissance la fille d'un riche bourgeois de Zng qui, 11e voyant aucun moyen de lui échapper, écoute ses paroles et feint d'ètro attendrie par son amour et vaincue par ses promesses; sous prétexte de tranquilliser Ses parents, qui pourraient, k l'aide des Zugois, tenter un coup de main contre Wildenbourg s'ils ne voyaient pas revenir leur fille, il lui permet de le quitter en lui faisant jurer rie revenir à la nuit; il l'attendra dans le bois. La jeune fille revient en effet, mais accompagnée de son père, le bourgeois Elsener, qui me le baron avec sa hache d'armes, lui coupe une jambe et rentre dans sa ville avec ce trophée au haut de sa hallebarde. Le peuple se précipite contre le château, qui n'était pas préparé à l'attaque, et n'en laisse que des ruines. Ainsi finirent la maison et le château de Wildenbourg.
WILDENFELS, ville de la Saxe royale, cercie et à 10 kilom. de Zwickau, sur la Mnlde; 2,800 hab. Carrières de marbre; fabrication de toiles et de bonneterie. Château des comtes de Solms,
WILDENS (Jean), peintre flamand, né à
WILÎ)
Anvers en 1584. mort en 1653. Il reçut des leçons de Verhulst,-puis il devint un enthousiaste admirateur de Rnbens. Excellent paysagiste, il peignit plusieurs fonds de paysages dans les tableaux de ce maître et travailla de lu même façon à la Sainte Famille de Rombonts, qu'on voit au musée d'Anvers.
Une manière large, un coloris vigoureux sont les qualités dominantes de cet artiste remarquable, dont \V. Hollar et J. Matham ont gravé plusieurs tableaux. Il reste peu d'oeuvres de Wildens. Nous citerons, de lui une Sainte Famille avec un fond de paysage, à Anvers, et un Paysage dans la galerie du comte Ellesmère. Van Dyck, son ami, a fait son portrait.
WILDENSCH WEI1T, ville de l'empire d'Autriche, dans la Bohême, cercle etk53 kilom. E. de Chrudim, sur l'Adler; 3,500 hab. Fabrication de draps, cotonnades et toiles.
W1LDENSTEIN, ancien bourg de France (Haut Rhin), prés de Wesserling, sur la Thur, céilé a la Prusse pur le traité de Franc- ' fort (10 mai 1871) et ini-orporô alors dans l'AlSaee-l.orraine; 700' hab. Importante verrerie; filature de tissus. On y remarque les ruines d'un ancien château fort, qui l'ut démantelé par les Suédois en 1644.
WILDEB1HUTI1 (OttilieRoNSCHUTZ, dame), femme de lettres allemande, ne à Rottenboiirg-snr-le-Neeker en 1817. Elle passa ses premières années à Murbach , où était né Schiller, et écrivit de bonne heure des poésies qui ne furent guère connues en dehors de la société au milieu de laquelle elle vivait. En 1843, elle épousa le docteur Wildermuth, professeur de mathématiques et de langue française à Tubingue, et, qjiatre ans plus tard, publia sous le voile de l'anonyme, dans le Morgenblalt, des nouvelles dont le succès l'engagea à persévérer dans la carrière littéraire. L'ouvrage qui commença sa réputation fut ses Tableaux et écrits de la vie de Soiitibe {SlutlgarJ , 1852, 2 vol.; 5° édit., 1865), que suivirent les Tableaux de la vie des femmes (Stuitgard, 1855; 5e édit., 1865). Depuis lors, elle a publié différentes nouvelles qui ont été accueillies avec faveur et parmi lesquelles nous citerons: Auguste, biographie (Stuttgard, 1860, 3e édit.); A la lumière du jour, tableaux empruntés à la vie réelle (Stuitgard, 1881); Problèmes de la vie résolus et à résoudre (Stuttgard, 1863); Perles extraites dv sable (Stuligard, 18G7), etc. Dans la plupart de ses récits, elle s'attache à peindre sous des couleurs aussi vraies qu'attrayantes les joies tranquilles du bonheur domesiique, et ses œuvres sont surtout goûtées des jeunes femmes et des jeunes tilles. Elle a iiussi écrit pour l'enfance de charmants livres, tels que : le Salut des enfants (Stutigard, 1865, 2 édit.); De la montagne à la vallée (Siutt^nrd, 1867, 30 édit.); Du château et de la chaumière; Du monde des enfants, etc.
Wildernesa (bataillg de), bataille indécise, livrée, le 4 mai 1864, entre les armées fédérales de l'Union américaine et les confédérés (campugne de la Virginie). Dans la matinée «lu 5 mai, toutes les forces de Grant, à l'exception du corps de Burnside, se trouvaient au sud du Rapidan et traversaient rapidement les soliiu<les de Wilderness , fourré presque inextricable de pins et de chênes rabougris, où la cavalerie, où l'artillerie elle-même n'ont pas assez de place pour manœuvrer. La plupart des canons avaient été laUsés en arrière. avec le convoi des bagages. 11 est probable que le général Grant désirait éviter toute rencontre sérieuse avec l'ennemi avant d'avoir gagné la position de Spottsylvaniaeourt-House, située au sud des bois de Wilderness; grâce à cette avance, il lui serait ensuite devenu très-facile de saisir sur une grande partie de son parcours le chemin de fer du Potomae à Riuhmond par Fredericksbuig. Grant espérait sa/is doute tromper son adversaire sur ses véritables intentions en feignant de vouloir tourner le camp solidement fortifié que les confédérés occupaient à quelques milles plus à l'ouest, au delà d'un ruisseau appelé le Mine-Run; mais Lee, bien renseigné par ses éclaireurs, ne tomba point dans le piège qui lui était tendu et se porta en toute hâte au travers de la ligne de marche suivie par l'armée du général Grant. Sans même attendre le corps de Longstreet, trop éloigné sur sa gauche, il lança contre les fédéraux les forces d'Ewell et de Hill par deux chemins qui traversent les fourrés de l'est à l'ouest, parallèlement nu cours du Rappahannock, distant de 3 kilomètres en moyenne. L'armée du Nord se forma aussitôt en ligne de bataille pour re- . cevoir le choc. Le corps du général Sedgwick, appuyé sur la rivière, qu'il venait de franchir, devint la droite; Hancock, déjà trèsavancé sur la route de Spottsylvarf'ia, revint sur ses pas pour occuper l'extrême gauche, non loin de Chancellursville, taudis qu'une partie des forces de Burnside, accourue des bords du Rappahannock, arrivait a temps pour remplir le large espace laisse libre entre le corps de Hancock et celui de Warren. La lutte commençait déjà; les confédérés venaient su heurter avec fureur contre les régiments de Hancock; ceux-ci soutinrent vaillamment l'assaut et repoussèrent avec succès les colonnes ennemies. Mais ce n'était que le prélude du sanglant conflit de
Wilderness, qui 'devait dépasser en horreur le carnage des champs de bataille voisins, Fredericksburg et Chaneellorsville. Le lendemain, 6 mai, le général Lee garda l'offensive; employant le moyen qui lui avait déjà réussi plusieurs fois, il lança successivement ses forces par grandes masses sur différents
Iioints de 1 armée opposée. Il attaque d'abord e centre, mais il ne peut ie rompre; Longstreet, qui venait d'arriver sur le terrain, cherche à tourner la gauche fédérale pour l'aissaillir en flanc, par une-manœuvre analogue a celles qui ont fait la gloire de t Stonewall i Jackson ; mais il est blessé grièvement, le général Jenkins est tué à ses côtés et les soldats, découragés, reculent sans avoir donné la charge. Il était déjà, tard et la nuit venait. Alors, par un rapide mouvement d'attaque, le général confédéré Gordon emporte les retranchements qui couvraient l'extrême droite des unionistes, quelques régiments de Sedgwick faiblissent, deux brigades sont débordées et capturées en partie, la déroute commence, et des fuyards se précipitent sur les chemins qui mènent vers les gués du' Rapidan. Bientôt cependant Sedgwick rallie ses hommes, des renforts arrivent au pas de course, de nouveaux retranchem nts s'élèvent, puis l'obscurité croissante empêche les confédérés de poursuivre leurs avantages. Le général Grant, dont la droite était ainsi menacée, profita de la nuit pour menacer à son tour et de la même manière la droite des séparatistes en consolidant sa propre gauche par des forces considérables. Le lendemain matin, lorsque Lee s'aperçut que ses ligues de Communication avec le sud étaient en danger,"il abandonna toute idée d'offensive, et les deux armées, invaincues l'une et l'autre, attendirent vainement l'attaque. Près de 20,000 morts et blessés étaient tombés dans cette bataille in^ décise, au milieu des broussailles de Wilderness. Le général Wadsworih, un des plus ' honorables et des plus respectes de l'Amérique, était parmi les victimes.
WUDESHAaSEN, ville de l'Allemagne du Nord,- dans le duché d'Oldenbourg, à 35 kilom, S.-K. de la ville de ce nom, sur !a liunte ; 3,300 hab. Institut de sourds-muets ; fabrication de faux.
WILDGRAVE s. m. (vild-gra-ve). Comte forestier, dans quelques Etats allemands.
WILDGRAV1AT s. m. ( vild-gra-vi-a ).
Charge, dignité de wildgrave.
WILDHACS, village de Suisse, canton et à 22 kilom. S. de Saint-Gall; 1,500 hab. Patrie de Zwingle,
W1LDNER DE MA1THSTE1N (Ignace), jurisconsulte et économiste allemand, né à Hanovre en 1770, mort à Vienne en 1855, où il exerçait la profession d'avocat. Ou a de lui, entre autres écrits : Du fideicommis d'après la législation générale de l'Autriche (1835); Du droit autrichien en ce qui concerne les fabriques (1838) ; De la preuve deuant les tribunaux autrichiens d'après les codes de commerce et d'Industrie indigènes ■ et étrangers (1838) ; Commentaire théorique et pratique des' lois sur ie crédit en Hongrie "(184 1-1845, ï vol.); Apprécia ion de ta constitution hongroise (1849); Dictionnaire de tous les mots employés dans le code civil de l'Autriche (1843 et aimées suiv.).
WILDT (Jean-Chrétien-Daniel), philosophe et mathématicien allemand, né à Hanovre en 1770, mort en 1844. Il professa la philosophie a Gosttingue et les mathématiques à Cassel, et obtint plus tard un emploi important à la Monnaie de Hanovre. On cite, parmi ses écrits: De rotatione annuli Salurni (1793) ; Table systématique et complète des catégories (1795; 6e édit., 1S15); Introduction à l'ensemble de la philosophie (1797); Logique et encyclopédie générale des sc»'eHCes(l80l ;3eêdit., 1809) ; Aperçu des affaires d'Etat au point de vue de la politique pratique (1817).
W1LDCNGEN, ville del'Allemagne du Nord,* dans la principauté et à 13 kiloin. S.-E. de Waldeck, sur la petite rivière de la Wilde, affluent de l'Eder; 2,000 hab. Sources minérales acidulés, dont il s'exporte annuellement 50,000 cruchons. Château ducal ; établissement de bains,
V?l LD UN GEN (Charles - Louis - Eberhard - Henri-Frédéric 1>B) , littérateur allemand, né à Cussel en 1754, mort en 1828. Après avoir occupé différents emplois au service du duc de Nassau-Wissingen et de l'électeur de Hesse, il devint, eu 1799, directeur de l'administration des eaux et forêts et conserva ce poste jusqu'à sa mort, malgré les changements politiques qui, dans l'intervalle, s opérerent dans la Hesse. On a de lui des poésies et des écrits en prose qui se rapportent tous à la chasse et qui ont été réunis dans les deux recueils suivants : le Livre vert ou Chant des amis de ta chasse (Leipzig, 1783) et È trémies aux amis de la cjiasse (Marbourg, 1794-1799, 6 Vol.), continués sous le titre d'Almanach des chasseurs (1800-1812, 8 vol.).
W1LE1KA, ville de la Russie d'Europe, gouvernement et à "165 kilom. E. de Wilna, sur la Wilia, chef-lieu du district de son nom ; 3,000 hab. Récolte et commerce de céréales.
WILFORD (Francis) , orientaliste anglais , mort en 1822. Il était originaire du Hanovre
WILBÎ
et fut envoyé, en 1781, aux Indes orientales, comme lieutenant d'un corps de Hanovriens, qui allait renforcer les troupes anglaises. Peu de temps après la paix de Mangalore . (1784), il fut mis en garnison à Rnssupugla, et y consacra les loisirs que lui laissait le service à l'étude des antiquités indoues, qu'il chercha à expliquer au moyen des renseignements qu'il put trouver à ce sujet dans les auteurs grecs et latins; mais Ce travail lui fut rendu très-difficile par son ignorance absolue des langues orientales, et, dans son premier essai, qui fut inséré en 1785 dans les Asiatic liesearches, il se plaint de n'avoir pas le temps d'étudier ces langues. Peu de temps après, il fut envoyé à Bénarès, ville qui était alors le centre de l'érudition indoue, et il y chargea un pandit de lui enseigner les dialectes sacrés de l'Inde, et surtout de lui indiquer les passages des Védas et des Purûnas qui avaient rapport à l'histoire de l'Occident. Le premier résultat des nouveaux, travaux de Wilford fut un essai sur \' Egypte et le NU d'après tes livres des anciens Indons (17U2). Il est bon de dire que, pour satisfaire aux désirs de son élève, qui était sans défiance aucune, le pandit avait fabriqué des documents, mais avec une telle habileté que le savant W.Jones s'y laissa prendre lui-même. Voiei,-du reste, comment s'y prit le ptmdit pour induire son élevé en erreur, Wiliord désirait savoir s'il y avait jamais eu des relations entre l'Egypte et l'Inde ; et le pandit, peu soucieux de la vérité historique, se contenta de substituer dans les extraits qu'il faisait des livres sacrés, le nom de l'Egypte à celui de toutes les autres contrées qui s'y trouvaient mentionnées.- Ce ne fut qu'en 1804 que Wilford découvrit la mauvaise foi de son maître, et il en éprouva un lel chagrin, que sa santé, déjà très-faible, en fut sérieusement compromise pendant longtemps. Il était devenu l'un des premiers membres de la Société asiatique et associe étranger de l'Institut de France (Académie dos inscriptions et belles-lettres). Ou a de lui différents mémoires inséiés dans les Asiutic Hesearchrs , et qui témoignent d'un grand zèle de sa part pour les recherches orientales; mais il faut se tenir en garde contre ceux qui ont été écrits avant 1804. Kn voici la liste : Démarques sur la ville de Tagara (I7S7) ; Sm\ l'Egypte et sur le A'il (1792); Dissertation sur Semiramù (1795); Description de quelques inscriptions anciennes (1797) ; De la chronologie des Induits (1797); Démarques sur les noms des divinités cabires (1797) ; Sur le mont Cuncase (1799) ; Essais sur les iles sacrées de l'Occident (1805-1810); Chronologie des rois de AlÛgadhn (1805) ; les Eres de Vikramâditya et de Salivâhana (1805); Sur la géographie .ancienne de l'Inde (1822).
W1LFH1D (saint) , moine anglo-saxon du vu* siècle , né vers 634 , mort en 709. Il séjourna à Rome, 'puis en France, retourna en Angleterre, où il fonda les monastgres de Staiiifort et de Ripon, fut nommé par le roi Alefrid évêque de Norlhumberlaud (664), eut part aux négociations qui rétablirent Dagobert 11 sur le trône, et porta le christianisme chez les Frisons, qui l'honorent comme l'apôtre de leur pays. Les Catholiques célèbrent sa fête le 12 octobre.
AVlifrldc , opéra-comique , livret de M. *", Marseillais, musique de M. Ginouvès, musicien ég dément marseillais; représenté au Grand-Théâtre de Marseille en avril 1869. Le sujet a été emprunté à la littérature allemande. La partition a obtenu un succès local tres-marqué. Chanté par Ismaèl, Fakhieri et Mme Geraizer.
WILH (Louis) , poète allemand, né à Wevelinghoren, près de Dusseldorf, en 1807. Il appartenait à une famille isruélite et fit ses études aux universités de Bonn et de Munich ; mais la religion qu'il professait lui ayant fermé la carrière académique, il se rendit à Francfort, s'y lia avec Gutzkow, et débuta dans le Phénix, journal édité par ce dernier. Il visita ensuite Londres et Paris, revint diriger à Francfort un établissement penagogique, et, tout en collaborant au Télégraphe de Gutzkow, édita lui-inêine l'Annuaire artistique et littéraire. En 1848 , il devint le collaborateur d'un journal politique de Paderborn, et se vit condamner , à cause • du ton acerbe et démocratique de ses 'articles, à un an de détention dans une forteresse. H sa réfugia alors en France , où il se créa des ressources en enseignant ia langue allemande. Il a publié à part les ouvrages Suivants : les Hirondelles (Manheim, 1847; 2« edilion, Paris, 1860); le Mendiant pour la Pologne, poésies allemandes et françaises (Paris, 1864, in-8°); le Pays bleu (Paris, 1865, in-lS), etc.
WILHELM (Jean), en latin Jonn» Gullclmi»,
philologue allemand, né à Lubecken 1550 ou 1554, mort en 1584. Après avoir suivi pendant plusieurs années les cours de l'université de Cologne, il vint en France, étudia à Paris et de là se rendit -à Bourges dans l'intention d'entendre Cujas ; mais, à peine arrivé dans cette ville, il succomba à une lièvre ardente. Malgré sa mort prématurée, il s'était déjà fait connaître par des ouvrages qui dénotaient une profonde érudition et une grande sagacité critique. 11 était, en outre, en grande estime auprès des savants de son temps, et Juste Lipse l'appelait le nouvel
WILH
astre de l'Allemagne. De Thou, qui était très-lié avec lui, a porté sur lui le jugement suivant : Tanta erat in eo morum probitas, lantnm in litteris jndicium, tanta in sermocinando snavitas, ut alium vix meminerim qui latine simili cnm facilitate et puritale loqueretur. ut omittam raram in poelica facullatem sive grseca verleret, sive ex ingénia face-
ret fixe vero proftteri possum me semper
ab amicissimi juvenis cotloquiis metinrem ae doctiorem discessisse. On a de Wilhelm : De magistratibus reipublicx romanx libellas (Ro- Btock, 1577, in-8<>); Verisimilium libri très (Anvers, 1582, in-fol.) ; Plautinarum quiestionum commentarius (Paris, 1583, in-80).
WILHELM (Philippe), médecin allemand, né en 1795, mort à Munich, où il était professeur de chirurgie et directeur de la clinique chirurgicale, en 1839. On a de lui : De la fracture de la clavicule et des diverses méthodes appliquées du redressement de cette partie du corps (1822, in-8<>), le meilleur tr*ailé que l'on eût eu jus"U alors sur la matière; Chirurgie clinique (Munich, 1830, in-8°).
Wiiiiclm MoUccr, roman de Gcetlie (1777, 4 vol. in-so). Celte oeuvre de Goethe, qu'on appelle généralement un roman social, se divise en deux grandes parties : les Années d'apprentissage de Wilhelm Afeister , parues de 1777 à 1785, et- les Années de voyage de Wilhelm Meister, qui ne virent le jour qu'en 1821. Comme toujours, on a-chenhé à retrouver dans Wilhelin Meister Goalhe lui-même; un auteur écrit rarement un roman psychologique sans tomber sous le soupçon d avoir fait une autobiographie. Il est vrai que Gœthe a écrit les mots suivants : »J'ni eu l'occasion pendant mon voyage d'Italie de réfléchir beaucoup sur moi-même, sur les autres, sur le monde et l'histoire; de celte réflexion j'ai tiré maintes choses, assez peu neuves peut-être, mais bonnes à dire et que j'exprimerai à ma façon. Tout cela forme un ensemble dans Wilhelm Meister. > C'est donc l'histoire des espérances, des craintes, dus illusions, des regrets d'un homme du xvtuo siècle, un tableau de ia société entière, que Goethe a voulu retracer. Wilhelm Meister est un jeune marchand qui se croit la vocation de l'artiste; à travers maintes aventures, il cherche le vrai but de la vie et trouve enfin sa véritable voie dans la pratique da la médecine. Le sujet du livre est donc un homme qui se cherche lui-même. Dans les Années a apprentissage , nous trouvons une série de caractères, les uns réels, les autres idéalisés; tout un mélange d'événements vulgaires et d'aventures bouffonnes qui font un singulier contraste avec les parties élevées et purement artistiques de l'ouvrage. On a eu certainement tort de comparer celle oeuvre dont la portée est purement philosophique au Donnai comique de Scarron, qui n'avait d'autre prétention que d'exciter le rire par des scènes grotesques. La même peinture de la vie des comédiens a pu amener cette comparaison que rien au fond ne justifie. C'est dans cette première partie de Wilhelm Ateistèr que se trouve l'épisode si charmant et si connu de Mignon. Une jeune tille italienne est l'enfant d'un amour criminel qui a entraîné un moine à oublier se> serments. Les deux époux, déjà si coupables, découvrent après leur hymen qu'ils étaient frère et sœur, et que l'inceste est pour eux la punition du parjure. La mère perd la raison ; le père parcourt le monde comme un malheureux et ne trouve le. repos dans aucun asile. L'enfant né de cet amour incesiueux est enlève par des saltimbanques; c'est parmi eux, alors qu'elle a déjà dix ans , que Meister la trouve et prend pitié d elle à cause des cruels ■ traitements qu'on lui fuit éprouver. Mm(i de StaSl a admirablement compris ce caractère de Mignon. « Dans celle créature extraordinaire, dit-il, il se développe un mélange singulier d'infime et de profondeur, de sérieux et d'imagination; ardente comme les iialieni5es, silencieuse et persévérante comme une personne réfléchie , la parole ne semble pas son langage. Le peu de mots qu'elle dit cependant est solennel, et repond à des sentiments bien pltls forts que son âge et dont elle-même n'a pas le secret. Elle s'attache à "Wilhelm avec atnour et respect; elle le sert comme un domestique fidèle , elle l'aime comme une femme passionnée; sa vie ayant toujours été malheureuse , on dirait qu'elle n'a point connu l'enfance , et que , souffrant dans l'âge auquel la nature n'a destiné que des jouissances , elle n'existe que pour une seule affection, avec laquelle les battements de sô"n cœur commencent et Unissent. Enfin la jalousie, celte impression trop forte pour de si jeuues organes, brise la pauvre enfant qui a senti la douleur avant que l'âge lui donnât la force de lutter contre elle. Ou ne peut se représenter sans émotion les moindres mouvements de celle jeune fille ; il y a je ne sais quelle simplicité magique en elle, qui suppose des abîmes de pensées et da sentiments;! on croit en tendre gronder l'orage au fund de son âme lors même que l'on ne , saurait citer une parole ni une circonstance qui motive l'inquiétude inexprimable qu'elle tait éprouver. » Tout le monde connaît cette admirable chanson dans laquelle elle exprime ses regrets pour l'ituliô :
Connais-tu le pays où tes citron» mûrissent t etc.