‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 94 sur 1042 · THIS · texte numérisé non relu

THIS

TiURSTY-SODND, baie du grand Océan équinoxial, sur la côte E. de .la Nouvelle- Hollande, par 220 a' de latit. S. Elle a reçu son nom du capitaine Cook.

THIS, ancienne ville d'Egypte, dans la Thébaïde, sur un canal, au N.-O. d'Abydos.Elle fut la résidence des deux plus anciennes dynasties royales de l'Egypte, puis le chef-lieu d'un nonce. Elle a entièrement disparu.

TH1SA ou DISA, déesse de la justice, dans la mythologie Scandinave. On a prétendu, à tort probablement ou d'après une mauvaise interprétation, qu'elle était l'épouse de Thor. Chaque année, à Upsala, on célébrait en son honneur, vers le commencement de février, une fête qui durait sept jours. Tous les habitants du royaume devaient y assister, k cause des grands débats judiciaires sur les questions les plus solennelles qui s'y tenaient. On raconte de Thisa l'histoire suivante. Une grande famine désolait le royaume du roi Sigtrug; le souverain, ne sachant quel parti prendre , ordonna de faire tuer toutes les vieilles gens qui ne servaient à rien. Thisa fit dire au roi qu'elle avait un meilleur conseil à lui donner. Sigtrug, se défiant de la science de la déesse et voulant la mettre à l'épreuve, la pria de venir ni habillée ni nue, ni a pied ni à cheval, ni en voiture ni en litière, ni le jour ni la nuit, ni à la croissance ni au déclin de la tune. La malicieuse déesse se revêtit d'un filet de. pêcheur, fit préparerun traîneau et y attela un bouc, puis, mettant un pied sur 1» traîneau et l'autre sur le bouc, arriva pendant le crépuscule, le jour même de la pleine lune, dans le château d'Upsaia et conseilla au roi d'envoyer une grande partie de ses sujets dans les pays du Nord, où ils pouvaient gagner leur vie à faire la récolte des fruits. Sigtrug suivit ce conseil et s'en trouva fort bien; aussi institua-t-il la fête de la déesse Thisa, et mit-il sous son invocation les juridictions du monde. A Orething, en Danemark, on a longtemps remarqué sur laplace publique de la ville une grosse pierre, sur laquelle on lisait : Efle Disaloyer ter gen kerdi diahid, c'est-à-dire: «Comme il faut tenir en honneur les lois de la déesse Thisa, les plaintes sont déposées ici. »

THISANTHE s. m. (ti-zan-te — du gr. this, amas ; anthos, fleur). Bot. Genre de plantes, de la famille des crassulacées, tribu des crassulées.

THISEÉ s. m. (ti-sbé). Entom. Genre d'insecies lépidoptères diurnes, formé aux dépens des papillons.

— s. f. Astron. Nom d'une planète télescopique.

— Enoycl. Astron. Thisbé est la 88e petite planète. Sa découverte, opérée le 20 juin 1866, est due à M. Peters, directeur de l'observatoire d'Elinton (New-Vork). Voici le tableau de ses principaux éléments :

Moyen mouvement diurne. . 7"o" 18

Durée de la révolution sidérale 1,082 j. 72

Distance moyenne au soleil, . 2,77

Excentricité 0,165

Longitude du périhélie. . . . 308" 41' 16"

Longitude moyenne de l'époque 304° 56' 56"

Longitude du nœud ascendant 277" 43' 21"

Inclinaison 50 14' 35"

Epoque en temps moyen de

Paris 4 août 1866.

THISBÉ, jeune Babylonienne, amante de Pvrame. V. Pyramb.

TH1STED (Waklemar-Adolphe), écrivain danois, plus connu dans son pays sous le

pseudonyme de Emmanuel do Suint-llerml-

dad, né à Aarhuus en 1815. Il esc le fils d'un pasteur protestant qui s'est occupé de littérature et a publié do petits romans et dos ouvrages de théologie. En 1840, M. Thisted passa ses examens de théologie et fonda à Skanderborg une maison d'éducation libre dont ii conserva la direction jusqu'en 1844. Il parcourut ensuite l'Allemagne et la Suisse et, revenu en Danemark, fut nommé professeur à l'Ecole des arts et métiers d'Aarhuus. Trois ans après, en 1849, le roi lui ayant accordé une subvention, il voyagea de nouveau en Allemagne et parcourut pour la première fois l'Italie. L'Ecole des arts et métiers ayant été supprimée, M. Thisted s'adonna de nouveau à l'étude de la théblogie et fut nommé pasteur successivement à Hœirup, dans le Slesvig septentrional (1855), et àThœmmerup dans l'Ile de Seeland (1862). Son premier ouvrage, intitulé Etrennes, a paru en 1834; il a publié depuis : le Cœur du désert (Copenhague, 1850); la Fiancée (Copenhague, 1851); le Danemark existe (1849); Une excursion dans le Sud (1843); la Femme de mer, épisode de la vie de mon grand-oncle (1846); Perdu et gagné (1849); Contes, esquisses et traditions (1850); Episode d'une vie de voyage (1850); Mosaïques romaines (1851); Aquarelles napolitaines (1853) ; Chez soi et en voyage (1854) ; IV le des Sirènes (1853); le Trésor de famille (1854) et divers recueils de sermons. Plusieurs de ces ouvrages ont été traduits en allemand. L'auteur s'est aussi essayé dans différents genres de poésies, mais le recueil de ses œuvres poétiques, qui a paru en 1861, est bffen inférieur à ses œuvres en prose. M. Thisted, qui a été longtemps réducteur en chef du

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Nord, revue de la littérature française, a traduit en daaois plusieurs romans d'Alexandre Dumas.

TH1STLE, île sur la côte de la Nouvelle- Hollande, à l'embouchure du golfe de Spencer, par 34° 56' de latit. S. et 33» 43' de lcngit. E. Elle a environ 20 kilom. de longueur sur 5 de largeur. Le centre en est très-élevé. Elle a été explorée par le capitaine Fli ridera.

THISTLEWOOD (Arthur), conspirateur anglais, né en 1772, exécuté le 1er mai 1820. Il émit fils d'un fermier qui le fit entrer comme lieutenant dans la milice du comté de Lincoln. Grâce à ses avantages extérieurs, il épousa une riche jeune tille, qui mourut au bout de quelque temps. Thistlewood, à partir de ce moment, mena une vie de désordre, perdit au jeu et dans des paris des sommes considérables, puis voyagea en France et aux Etats-Unis, d'où il rapporta en Angleterre une haine profonde contre la royauté. Arrêté lors des troubles de Spafields comme un des complices de Watson, il fut relâché peu après, parce qu'il n'y avait pas contre lui des charges suffisantes. Un duel qu'il proposa à lord Sidmouth lui attira de nouvelles poursuites, à la suite desquelles il se montra plus circonspect S'é ta nt lié avec deux hommes d'une grande audace, le boucher James ïngs et le cordonnier Thomas Brunt, ils complotèrent ensemble de renverser le gouvernement. Dans ce but, ils projetèrent d'assassiner les ministres, qui devaient se réunir, le 23 février 182J), chez le président du conseil, tord liarrowby, puis d'appeler le peuple aux armes, de proclamer la déchéance du roi et de constituer un gouvernement provisoire. Thistlewood était parvenu à faire entrer dans ses vues une trentaine de conjurés et tout était prêt pour le coup de main, lorsqu'un des affiliés, Thomas Hidon, révéla au premier ministre le danger qu'il courait. Des mesures furent prises aussitôt pour s'emparer des conjurés, qui se rassemblèrent r le 23, dans une maison voisine de l'hôtel de lord Harrowby; où ils avaient réuni des armes, pendant qu'ils rédigeaient des proclamations au peuple et à l'armée, en attendant l'heure d'agir, des agents de police, accompagnés d'un détachement de gardes, pénétrèrent tout à coup dans la maison. Les eonjurés se précipitèrent sur leurs armes; un combat s'engagea, et Thistlewood et Brunt parvinrent à s'échapper ; mais quelques heures plus tard, Thistlewood était arrêté, ainsi que Brunt. Deux mois après, onze des conjurés turent traduits devant le tribunal d'Old-Bailey. Thistlewood déclara, ainsi que se3 coaccusés, qu'il avait eu l'intention de renverser le gouvernement et de se débarrasser des ministres, dans le but du rendre sa patrie libre et heureuse ; et il demanda ce qu'était devenu un nommé Edwards, un des plus actifs promoteurs du complot, qui avait fourni l'argent, demandé les mesures les plus violentes et s'était éclipsé au moment de l'exécution du complot. On se garda bien de lui répondre, etildevintévident que cet Edwards n'était autre qu'un agent provocateur. Lesouzeconjurés furent condamnés àla peine capitale. Six d'entre eux demandèrent leurgrace etobtinrentque leur peine fût commuée en celle de la déportation. Quant à Thistlewood et à ses einq autres compagnons, ils montrèrent en face du supplice autant de fermeté que de résolution (l«inai 1820). Lorsque les cinq condamnés eurent été pendus, 1 exécuteur sépara du tronc la tête de chacun d'eux. Un eri d'indignation s'éleva alors de la multitude, jusque-là silencieuse, qui ussistaità l'exécution, et un homme du peuple s'écria en montrant l'exécuteur : « Tirez un coup de fusil à cet assassin. •

TH1VA, l'ancienne Thbbes.

THIVIERS, ville de France, ch.-l. de cant. (Dordogne), arrond. et à 32 kilom. de Nouti-on, station du chemin de fer de Paris à Bordeaux, au sommet d'une petite collino abrupte que domine à l'E. une riante vallée; pop. aggl., 1,899 hab. — pop. tôt., 3,011 hab. Fabriques de poterie et de faïence émaillée; commerce considérable de truffes, de vins du pays et de bestiaux; foires très-fréquentée». « C'est, dit M. Célestin Poit, une jolie petito ville, gaie, active, aisée, remuante, campée au sommet d'une colline abrupte, que traverse dans toute sa longueur la route impériale, formant une rue bruyante, bordée sur la pente extérieure de riches et élégantes maisons bourgeoises, qui dominent une riante vullée. Les derniers hôtels au midi, presque en dehors de la ville, vers Périgueux, sont ; à gauche, la gendarmerie, installée dans un badinent moderne accosté d'une vieille tourelle; à droite, l'Hôtel-Dieu, qui, des deux côtés, découvre un horizon infini de verdure,

» Vers le milieu de la rue Neuve, à gauche, l'église, édifice du xm» siècle (1245), vient d'être rajeunie de fond en comble. Un massif clocher carré roman, nu jusqu'au faîte et qu'éclairent sur chaque face trois étroites fenêtres ogivales à léger meneau trilobé, forme un porche intérieur dans lequel est percé un portail bas et écrasé, à multiples voussures en retrait correspondant à une série de légères colonnettes. En dehors, sur le mur plut, à hauteur des chapiteaux, se continue un cordon de fausses baies d'ogive, dont chaque arc se termine de chaque côté par une'têie grimaçante. La nef est coupée en trois tra-

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vêes d'inégale grandeur par de larges piles plates, dont les côtés, s'évasant à angles droits, supportent les retombées des arcs d'une voûte k cinq pans et le formeret latéral, tandis que la face antérieure reçoit i'arc de chaque travée.

• Le transsept s'appuie sur de grosses colonnes engagées dans la face du pilier et couronnées de très-curieux chapiteaux historiés, i .

Le presbytère est une ancienne maison forte, a mâchicoulis. Le château, détruit en grande partie au xvic siècle, mats restauré depuis, est, dit M. Joanne, une sorte de pentagone irrégulier, dont la façade principale est flanquée à droite d'une tourelle ronde avec terrasse, mâchicoulis et toit pointu. L'antique château de Plaman a complètement disparu, mais la ville a conservé quelques maisons à tourelles et à baies ogivales ou romanes.

La position même de Thiviers, sur un des points culminants des Marches du Périgord, en fit dès les temps antiques une place forte, exposée, par suite, à toutes les ruines. Gui V, comte de Limoges, la prit d'assaut au commencement du xnr= siècle (12U); les protestants la saccagèrent en 1575.

TU 1ZY, villa et commune de France (Rhône), ch.-l. de cant., arrond. et à 30 kilom. de Vitlefranche, pittoresquement assise sur un plateau qui s'avance comme un promontoire, en se détachant des flancs d'une montagne, que dominent les restes d'un ancien château fort ; pop. aggl., 2,831 hab. — pop. tôt., 3,089 hab. Nombreuses fabriques de toiles, de fil et de coton. Thizy est une des plus anciennes villes du Beaujolais ; elle fut prise par les protestants le 23 mai 1570.

THLADIANTHE s. m. (tla-di-an-te — du gr. thladias, eunuque; anthos, fleur). Bot. Genre de plantes, de la famille des cucurbitaeées, dont l'espèce type croit en Chine.

— Encycl. Le thladianthe est une plante vivace, à racines très-allongées, portant de distance en distance des rendements tuberculeux, jaunâtres, ovoïdes ou arrondis. Sa tige grimpante, rameuse, haute de plusieurs mètres, est munie de feuilles hérissées, entières,, ovales, çordiformes. Les fleurs sont dioïques; on ne connaît jusqu'à présent que les mâles, qui sont très-nombreuses, campanulées, k pétales dressés, connivents, d'un beau jaune d'or ; elles se succèdent tout l'été. Cette plante, originaire de la Chine, est rustique et vient bien en terre ordinaire, meuble et un peu fraîche ; elle peut servir k garnir les berceaux, les tonnelles et les treillages. On la multiplie facilement par la division de ses tubercules, opérée à l'automne ou au printemps. Ces tubercules ressemblent à ceux des pommes de terre, mais sont impropres à l'alimentation.

THLASPI s. m. (tla-spi — gr". tklaspis; de thlâo, je comprime; aspis, bouclier, par allusion k la forme du fruit). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, type de la tribu des thlaspidées, comprenant un grand nombre d'espèces, qui croissent presque toutes dans les régions mo3'ennes de l'Europe et de l'Asie : Les thlaspis varient singulièrement dans leur taille. (Th. de Berneaud.) t) Nom donné improprement aux ibérides.

• — Encycl- Les tklaspis sont des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, à feuilles alternes, entières ou dentées, glabres, souvent un peu glauques, et à fleurs blanches, réunies en grappes terminales; le fruit est une silicule comprimée latéralement, oblongue et échancrée au sommet, a deux valves carénées et ailées. Les espèces assez nombreuses de ce genre croissent presque exclusivement dans les régions moyennes de l'Europe et de l'Asie. Quelques-unes ont une certaine importance en agriculture, bien qu'elles ne soient cultivées nulle part.

Le ihlaspi des champs a des tiges rameuses, hautes de 0m,35, et des feuilles glabres, lancéolées, dentées. « Il croit dans les champs sablonneux, dit le Dictionnaire d'agriculture, quelquefois en si grande quantité qu'il semble y avoir été semé exprès ; ses fleurs s'épanouissent au milieu de l'été. Tous les bestiaux le mangent, mais ne le recherchent pas. 11 donne un mauvais goût k la viande des moutons, au lait, au fromage et au beurre des vaches qui s'en nourrissent pendant quelques jours. Les semences Sont acres et laissent dans la bouche un guût d'ail ou d'oignon. On les emploie comme salivaires, incisives, détersives et apéritives. Elles entrent dans la grande thériaqne. Le meilleur usage qu'on puisse faire de cette plante lorsqu'elle est très-abondante dans les champs, c'est de l'arracher au moment de sa floraison pour la porter sur le fumier et augmenter ainsi les engrais. On peut aussi, avec avantage, l'enterrer avec la charrue à la même époque. • D'après Haller, on met dans les greniers de petits tas de cette plante, dont l'odeur éloigne les charançons. On assure qu'on peut aussi l'employer pour chasser les punaises des lits.

Ces propriétés se retrouvent, k un degré plus énergique, dans le thlaspi alliacé, plante commune dans nos champs, et dont la saveur est plus agréable que ne pourrait le faire croire son odeur caractéristique. On l'a employé en guise de masticatoire, et k Texte-

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rieur pour déterger les ulcères. On mange en salade les feuilles des thlaspis alpestre et perfolié. Le thlaspi champêtre a des graines d'une saveur acre et piquante. Le thlaspi bourse à berger est une plante commune partout; ses feuilles sont mangées par les bestiaux, et ses graines par les petits oiseaux.

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