‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 941 sur 1042 · V. XANTHICUS · texte numérisé non relu

V. XANTHICUS

XANTHUS, un des chevaux immortels d'Achille. Le héros lui ayant reproché d'avoir laissé Patrocle sur le champ de bataille, Xanthus, à qui Junon donna soudain une voix humaine, se tourna vers son maître, lui annonça que sa fin était proche et qu'il ne pourrait en accuser la lenteur de ses chevaux. Il avait k peine prononcé ces mots que les Furies le réduisirent au silence.

XANTHOS DE LYDIE, un des plus anciens historiens grecs; il vivait, à ce qu'on croit, dans le vie siècle av. J.-C. Il avait composé un ouvrage intitulé les Lydiaques, qui comprenait, outre l'hisioirede Lydie depuis les temps héroïques, une description géographique de cette contrée. Il n'en reste que des fragments recueillis et commentés par Fr. Creuzer et réunis dans la collection Didot, Fragments des historiens grecs par C. Muller (184 1).

XANTIPPE, général athénien , fils d'Ariphron et père du fameux Périclès ; il vivait dans la seconde moitié du ve siècle avant notre ère. Il se distingua par son courage pendant les guerres médiques, accusa, dit-on, Miltiade lorsqu'il eut échoué devant Paros, succéda en 479 k Thémistocle comme commandant de la flotte athénienne, contribua puissamment k la victoire remportée sur les Perses près de Mycale, parcourut ensuite triomphalement les côtes de la Chersonèse, força à capituler la ville de Sestos, que défendaient les Perses (478), et ternit l'eclatde ses victoires en condamnant au supplice de la croix Artayctès, gouverneur de cette ville. Les Athéniens lui érigèrent dans l'Acropole une statue auprès de celles d'Anacréon et de Périclès.

XANTIPPE, femme de Socrate, dont le caractère difficile, violent et colère est passé en proverbe. On prétend que le philosophe, qui connaissait son humeur acariâtre, ne l'avait épousée que pour s'exercer k la patience. On cite une foule de traits d'emportement et d'aigreur qui devaient mettre en effet k une rude épreuve la patience de Socrate. Un jour, après un torrent d'injures, elle lui jeta au visage un vase plein d'eau sale : « Je savais bien, dit Socrate, qu'après le tonnerre devait venir la pluie. » Une autre fois que Socrate avait invité Euthydème sans en prévenir Xantippe, elle renversa la table dans un accès d'emportement. Alcibiado ayant envoyé un excellent gâteau k Socrate, Xantippe l'arracha de la corbeille et le foula aux pieds. Le philosophe se contenta de lui dire en souriant : « Maintenant tu n'en pourras plus manger. »

Ces anecdotes ne paraissent pas avoir une grande valeur historique.

Un savant professeur de Gœttingue, Chr.- Aug. Heumann, s'est attaché k réhabiliter la mémoire de Xantippe et a fort bien montré le peu de créance que méritent la plu- . part des traits d'emportement que des auteurs .racontent d'elle. Dans un mémoire, inséré dans le recueil de l'Académie des inscriptions et belles lettres, M. Gail justifie la femme de Socrate des méchancetés qu'on lui attribue. M. Meiners, dans son Histoire des sciences chez les Grecs, dit, non sans raison, que, avec le peu d'attention que Socrate parait avoir donné à sas intérêts domestiques, la mère de ses enfants a dû posséder k un degré peu commun les qualités d'une bonne ménagère, l'économie, l'activité et la prudence pour que sa modique fortune ait pu suffire k 1 éducation de ses fils et k l'entretien de sa maison. Ce qui est certain, ce qui est attesté par Platon en quelques mots pleins d'énergie, c'est l'excès de la douleur de Xantippe dans la matinée du jour où Socrate but la ciguë. Et l'on a encore d'autres preuves historiques que cette douleur persista pendant longtemps. Un satirique attribuerait peut-être ce désespoir à la convictiou de ne jamais retrouver un mari aussi doux, aussi patient que Socrate. Pour nous, nous nous contentons de citer le fait.

Quoi qu'il en soit, Xantippe est restée la personnification de la femme acariâtre, violente et emportée.

< M°" Sauraaise assistait toujours aux conférences qui se tenaient dans le cabinet de son mari. Elle avait le verbe très-haut et prononçait sur tout avec un ton dogmatique. Saumaise, au contraire, avait ta parole mielleuse et la plume très-caustique, parce que notre moderne Xantippe le pressait continuellement de la souiller par des diatribes. • (Curiosités de la littérature.)

« Galien nous apprend que sa mère, vertueuse d'ailleurs, était avare et d'une humeur acariâtre ; que, dans ses emportements, elle mordait ses servantes et que, nouvelle Xantippe, elle rendait son mari très-malheureux. »

(Biographie Michaud.]

■ Ma goulte me tourmente un peu ; mais je ne puis trop me plaindre, elle s'y prend si joliment avec moi 1 Elle s'approche avec tant

XAVI

de civilité, de peur de m'effrayer : c'est le bout du pied que d'abord elle me pince ; elle montera sans doute insensiblement, et quand elle arrivera à l'estomac, je serai fait a elle comme Socrate l'était à sa femme. Au fait, ce pourrait bien être là ma Xantippe. •

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