BÉRANGER
XANTOLINEs. f. (ksan-to-li-ne).Bot. Syn.
de SANTOLINE.
XANXUS s. m. (gzan-ksuss). Moll. Grande coquille du genre buccin, qu'on trouve dans les mers de l'Inde : Les Indiens croient que ce fut dans un xanxus de cette espèce qu un de leurs dieux s'est autrefois caché. (V. de Bomare.)
— Encycl. Le xanxus est une grande coquille, du genre buccin, assez semblable k celle que les peintres donnent ordinairement pour attribut aux Tritons. On la pêche dans l'île de Ceylan ou dans les régions voisines. On trouve quelquefois des individus dont la spire est tournée k gauche, c'est-k-dire en sens inverse de la disposition normale. Le3 Indous en font un très-grand cas, parce que, d'après leurs croyances, une de leurs divinités s'est autrefois cachée dans une coquille de cette sorte. Autrefois les pêcheurs du pays ne vendaient qu'à une compagnie hollandaise les xanxus qu ils trouvaient, et que celle-ci revendait fort cher dans ce pays. Ce coquillage scié sert k faire des bracelets, des camées et autres bijoux.
XARAFFE s. m. (gza-ra-fe). Changeur qui se tient dans les rues, k Constantinople et dans certaines villes de l'Orient.
XATARDIE s. f. (gza-tar-dl — de Xatard, bot. fr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu des sésèlinées, dont l'espèce type croit dans les Pyrénées.
XATIVA, ville d'Espagne. V. Jàtiva.
XAUP1 (Joseph), littérateur français, né à Perpignan en 1688, mort k Paris en 1778. Il embrassa ds bonne heure l'état ecclésiastique, se lit recevoir docteur en Sorbonne, devint abbé de Saint-André-de-Jare, chanoine et archiprêtre de sa ville natale, employa ses loisirs k la culture des lettres, puis alla se fixer k Paris, où il fut nommé doyen de la Faculté de théologie. Xaupi comptait parmi les membres les plus assidus du cercle littéraire de M»' Doublet de Persan ; il coopéra aux Nouvelles à la main, qui donnèrent naissance aux Mémoires de Bachaumont. Outra des Discours, des Mémoires, une Graison funèbre de Louis XIV, on lui doit : Dissertation sur l'édifice de l'église primatiale de Saint- André de Bordeaux {1751, in-4°); Recherches historiques sur la noblesse des citoyens honorés de Perpignan et de Barcelone (Paris, 1763 in-12), ouvrage plein de savantes recherches et qui moutre chez son auteur une vaste érudition.
XAVEBO ou XAVIER, village d'Espagne, province de Navarre, au pied des Pvrénées, a 4 kilom. E. de Sangue^a, près de 1 Aragon. On y voit un ancien château où est né saint François-Xavier.
XAVIER (saint François), l'apôtre des Indes. V. François (saint).
XAVIER (Jérôme), jésuite et missionnaire espagnol, parent de saint François-Xavier, né dans la Navarre, mortk Goa en 1617. Admis dans l'ordre fondé par Loyola en 1568, il s'adonna d'abord k l'enseignement, puis partiten 1571 pour Goa, afin de se livrer à l'œuvre des missions. Xavier remplit dans cette ville les fonctions de directeur des novices, de recteur de la maison professe, passa ensuite dans le Mogol et se rendit k Lahore, où il fit de nombreuses conversions kla cour, fut admis près du roi, qu'il accompagna dans divers voyages, et alla mourir k Goa, au moment où Philippe III, roi d'Espagne, venait de le nommer archevêque d'Angamalé. Outre des lettres, on a de lui des ouvrages écrits en latin et en persan. Nous citerons de lui : Traité des mystères du christianisme (1600); De la aie, des miracles et de la doctrine de notre Sauveur Jésus-Christ ; Viedesapôtres :, Histoire et faits des saints martyrs ; Directoire des rois pour le gouvernement de leurs sujets; Histoire de Jésus-Chi-ist, en persan, etc.
XAVIER (François- Auguste), prince de Saxe et prince royal de Pologne et de Lithuauie, né en 1730, mort -en 1S0G. Il était le second fils d'Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne, et reçut une éducation littéraire et militaire des plus complètes. Au début de laguerredeSeptans, il fut enfermé par les Prussiens dans le camp suxon de Pirna, avec son frère Charles, plus tard duc de Courlande, se réfugia d'abord en Pologne, puis en Bohême, et, en 1758, se rendit en France, sous le nom de comte de Lusace. Promu lieutenant général au service de la France, il réunit un corps de troupes saxonnes, a la tête desquelles il marcha contre la Prusse a-vec noitre armée et nos alliés. A la mort de son frère, l'électeur Frédéric-Chrétien (17 décembre 1763), il fut chargé de la tutelle' du fils mineur du défunt, et sa prédilection pour le régime militaire et pour la guerre ue fut pas sans influence sur la manière dont il administra la Saxe. Il chercha surtout k relever l'état matériel de cette contrée, que de longues années de guerre avaient épuisée. En 1765, il renonça, au nom
( XENA
du jeune électeur, à toutes prétentions à la couronne de Pologne, avec d'autant plus de sagesse que ce prince n'aurait pu lutter contre le comte Stanislas Poniatowski, dont 'l'élection était soutenue par la Russie et par l'Autriche. Pour l'administration intérieure de la Saxe, il appela à faire partie du conseil la veuve de l'électeur Frédéric-Chrétien, lui confia la direction des affaires financières et lui laissa le soin de l'éducation de ses enfants. Il lit continuer les recherches relatives aux exactions commises pendant le ministère de Brubl, supprima toutes les sinécures, prit les mesures nécessaires pour amener le payement du cens, ainsi que l'amortissement graduel des dettes de l'administration des finances et des contributions, créa, en 1763, pour activer le développement de l'agriculture, du commerce et de l'industrie, une délégation économique, manufacturière et commerciale, et fonda, en 1765, l'école des mines de Freiberg. Il s'occupa, à partir de 1765 notamment, d'améliorer l'élève des races ovines en Saxe, en y acclimatant les moutons espagnols. Les réformes radicales qu'il voulut introduire dans l'armée nécessitant des dépenses considérables, il tomba dans les démêlés les plus vifs avec les états, ainsi qu'avec les ministres Einsiedel et Fritzsch; mais, en somme, les mesures qu'il prit pendant les cinq années de son administration eurent les plus heureux résultats pour l'amélioration de la situation politique et économique de la Saxe. En 1768, il se démit de ses fonctions d'administrateur et de régent et, après avoir vécu à Paris jusqu'en 1792, se rendit à cette époque à Rome, d'où il revint, en 1796, s'établir près de Dresde, dans la seigneurie de Zabeltitz, dont l'électeur Frédéric-Auguste lui avait fait présent. En 1767, il avait épousé morganattquement la comtesse Claire-Marie-Rose Spinucei, qui prit le titre de comtesse de Lusuce et qui mourut en 17S2.
XAVIER (J.-X. Boniface, dit), littérateur français. V. Saintinb.
XAXABÈS s. m. (ksa'-ksa-bèss). Syn. de sassébb, espèce de perroquet.
XÉ s. m. (ksé — mot chinois). Mamm. Espèce ou variété du chevrotain porte-musc, qui habile la Chine : Le %È est timide, et il s enfuit dès qu'on s'en approche. (V. de Bomare.)
— Encycl. Le ruminant que les Chinois désignent sous ce nom est une variété du chevrotain porte-musc, assez distincte du type pour que plusieurs auteurs en aient fuit une espèce à part. 11 est long d'un peu plus d'un mètre ; son pelage est brun en dessus, blanchâtre en dessous. Cet animal se trouve en Chine; il est commun surtout dans les province de Ken-si et de Sa-chuen. 11 est timide, et, comme son ouïe est très-fine, il entend de fort loin et s'enfuit dès qu'on l'approche. Il a sous le ventre une glande qui grossit beaucoup tous les mois au moment de la pleine lune, à ce qu'on assure. Elle renferme un musc très-odorant, bien plus estimé, diton, que les variétés ordinaires et dont les Orientaux font très-grand cas.
XÉDOR ou XEDOKIUS, fondateur d'une secte japonaise quia quelques rapports avec le bouddhisme.!) après ses sectateurs, Xédor, qui vivait à une époque incertaine, était fils de roi. 11 reconnaissait l'immortalité de l'âme et admettait après la mort des récompenses pour Les bons et des peines pour les méchants. 11 ordonna en- mourant qu'on lui rendit les honneurs divins.
XELLA, célèbre forteresse de l'empire du Maroc, a peu de distance de Rabat. Elle contient le tombeau de la famille royale des Beni-Mérienes. C'est un véritable sanctuaire dont l'approche est défendue auxjuifs etaux chrétiens. Les médailles trouvées dans celte forteresse et les inscriptions qu'on y lit ont fait penser que sa construction devait être - atiribuée aux Romains,
XÉMA s. m. (kzé-ma). Ornith. Genre d'oiseaux palmipèdes, formé aux dépens des mouettes.
xemple srm. (ksan-ple).Syn.desBMPi.K.
XÉNAGE s. m. (ksé-na-ge — gr. xenagos ; de xenos, étranger ; agâ, je conduis). Antiq. gr. Officier grec qui commandait une xénagie.
XÉNAG1E s. f. (ksé-na-jl — gr. xenagia, de xenos, étranger; agâ, je conduis). Antiq. gr. Contingent de troupes grecques, il Syn. de syntagme.
— Encycl. La plus fameuse xénagie fut celle de Sparte. On sait que les Spartiates éiaient à la tête de la ligue du Péloponèse et des cités doriennes, formée dans le but d'assurer l'indépendance des Etats de la Grèce. Ils avaient seuls le commandement des troupes confédérées en temps de guerre ; ils fixaient le contingent que chaque cité devait fournir, et ils nommaient les officiers destinés à se mettre à la tête des troupes de chaque contingent. Ces officiers portaient le nom de xéiiages, et leur commandement était une xénagie. Les généraux que les alliés envoyaient avec leurs troupes se trouvaient sous la dépendance de la xénagie; pourtant ils faisaient partie des conseils de guerre, et y représentaient chacun leur contrée respective. Après la paix d'Antalçidas,
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la ligue devint plus solide, quoique les Argiens refusassent d'en faire partie ; Sparte exigea avec une rigueur encore plus grande l'exécution des conventions militaires, et, étendant les pouvoirs de la xénagie, elle envoya quelquefois les xénsges lever eux-mêmes les contingents, quand les Etats alliés en retardaient l'envoi.
On donnait aussi le nom de xénagie à une subdivision de la phalange composée de 256 hommes; mais on l'apppelait plus ordinairement syntagme.
XENAIAS; évêque syriaque. V. Philoxène.
XÉNÉLASIE s. f. (ksé-né-la-zl — gr. xenêlasia ; de xenos, étranger; ela^mô, je chasse). Antiq. Loi qui interdisait l'entrée d'un Etat aux étrangers.
— Encycl. Tous les peuples primitifs furent exclusifs ; ils crurent que l'univers n'avait été créé absolument que pour eux, ou tout au moins que, la partie de terre qu'ils habitaient leur appartenant en propre, il leur était loisible d'en éloigner les étrangers. C'est ainsi que, de nos jours encore, les Chinois et les Japonais croient de leur devoir de repousser tout commerce avec les Européens, et qu'il a fallu plusieurs guerres pour les contraindre à nous ouvrir quelques-uns de leurs ports.
Les Phéniciens admettaient les marchands étrangers dans leurs ports, mais nous ne savons sous quelle garantie ; nou3 en dirons autant des Assyriens ; quant aux Egyptiens, leur conduite sur ce point était en tout pareille a celte des Chinois ; longtemps avant de s'adonnera la navigation, ils en réglèrent les lois à l'égard des étrangers auxquels ils assignèrent des ports où il leur était permis de trafiquer. Ces règlements variaient selon que ces différents peuples étaient 'gouvernés par des rois sages qui protégeaient le commerce ou par des despotes qui craignaient les , étrangers, toujours prêts à discuter des gouvernements qui ne sont pas les leurs et à établir des différences peu profitables à la tyrannie.
Dans aucun pays, la xénélasie né fut établie avec autant de rigueur qu'à Lacédémone. On peut dire, en général, que les autres peuples de la Grèce, peuples libres s'il en fut, ne connurent jamais l'exclusion des étrangers ou s'en montrèrent toujours assez peu partisans. Sparte seule, ayant un gouvernement à part, qui n'avait aucun rapport avec celui des autres nations grecques, admit la xénélasie et l'appliqua avec rigueur. En établissant la xénélasie à Lacédémone, Lycurgue avait eu pour but de prévenir les perfidies des étrangers. D'après son opinion, il fallait que Sparte n'eût plus à craindre qu'un Hercule, reçu dans ses murs, ne massacrât ses princes, ou qu'un Paris n'enlevât la femme de celui qui lui avait donné l'hospitalité. Le peuple devait être à couvert des espions, toujours prêts à dévoiler les forces de l'Etat; les moeurs devaient être sauvées de fatales innovations, et si l'inconstance et la malice des particuliers les portaient à changer la forme du gouvernement, du moins n'auraient-ils aucun exemple étranger pour exciter leur envie. Comme on le voit, tous les étrangers étaient suspects à Lycurgue, et il crut devoir les éloigner pour préveuir la corruption des mœurs.
Cependant il reconnaissait aux magistrats le droit d'appeler certains étrangers et de leur donner le litre && citoyen. Les magistrats n'abusèrent point de ce droit; ils en usèrent même rarement, et le titre de citoyen de Sparte en acquit un grand prix.
Au moment de la guerre contre les Perses, le devin Tisamène, Eléen de nation, fut désigné par l'oracle pour être mis à la tète des troupes ; mais comme un étranger ne pouvait commander les troupes, il fallut accorder à Tisainène le droit de citoyen ; ce dernier ne voulut y consentir qu'autant que l'on accorderait la même grâce à son frère Hégias. Ce sont là, dit Hérodote, iles deux seules personnes pour lesquelles Sparte ait cru devoir faire une exception aux prescriptions de la xénélasie. Mais Hérodote commet une.erreur; ce droit fut étendu à plusieurs autres, parmi lesquels nous citerons : lo poète Terpandre, qui calma le peuple révolté ; le poète Tyrtée, Thaïes, les Egides, un grand nombre de médecins qui apportaient des secours dans les moments d'épidémie.
On ne croyait pas transgresser la xhiélasie en recevnnt des ambassadeurs et' tes troupes étrangères qui venaient au secours de la ville ; il était même permis, les jours de solennité et de fête, de recevoir les étrangers, qui étaient admis au spectacle des cérémonies; on les plaçait à 1 ombre, tandis que les Lacédémoniens demeuraient exposés aux ardeurs du soleil.
11 était cependant des étrangers que l'on refusait de recevoir ; ainsi, Archiloque de Paros fut chassé de Lacédémone pour avoir dit dans une pièce de vers qu'il vaut mieux fuir que de mourir les armes à la main.
La décadence de la xénélasie eut lieu après la prise d'Athènes par les Lacédémoniens, car alors tous les étrangers prirent le droit de s'établir à Sparte.
Les Romains eurent dans les premiers temps de la république quelques règlements h l'égard des étrangers ; mais bientôt devenus maîtres de l'univers, ils étendirent le droit
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de cité à une foule de peuples et reconnurent aux autres celui de voyager librement dans toute l'étendue de l'empire. La chute, l'abandon de la xénélasie fut l'un des résultats les plus heureux de l'extension de la puissance romaine. *
XÈNE s. m."(ksè-ne — dugr. xenos, étranger). Ornith. Genre d'oiseaux échassiers, de la famille des scolopacidées, formé aux dépons des barges, et appelé aussi térékib.
XEMA, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de l'Ohio, à. 78 kilom. N.-E. de Cincinnati; 4,000 hab. Ville bien bâtie, renfermant un beau palais de justice et située au milieu d'une contrée fertile. Commerce actif et en progrès.
XÉNIE s. f. (ksé-nî — du gr. xenos, hôte). Antiq. gr. Présent que l'on offrait à ses hôtes à la fin du repas. Il Présent que l'on envoyait à ses amis à certaines époques- de l'année. Il Sorte de contrat d'hospitalité.
— Zooph. Genre de polypiers antozoaires, type de la famille des xéniniens, comprenant des espèces qui habitent la mer Rouge.
— Encycl. Antiq. gr. La xénie était au temps héroïque de la Grèce un contrat d'hospitalité usité entre les chefs et les rois. Les contractants écrivaient leurs noms sur une tablette de métal ou d'ivoire, la brisaient et en conservaient chacun une moitié. Lorsqu'un des chefs porteurs de cette tablette réclamait l'hospitalité ou même un service, il obtenait immédiatement ce qu'il demandait. Plus tard, les citoyens des républiques firent des alliances a. peu près semblables; c'était une ressource dans les guerres ou les proscriptions. Plusieurs villes uvaienLdes proxènes, officiers ou magistrats chargés de remplir les devoirs de l'hospitalité envers les hab.iants d'une autre ville avec laquelle on avait contracté xénie. Ces proxènes recevaient chez eux les étrangers, les assistaient et jugeaient leurs différends; leurs fonctions avaient la plus grande analogie avec celles de nos modernes consuls.
Le mot xénie avait une autre signification : il désignait encore les présents faits à des hôtes pour renouveler l'amitié et le droit d'hospitalité; ainsi, lorsqu'un homme riche recevait la visite d'un ami, il lui faisait un cadeau, et celui-ci rendait présent pour présent. Les Romains, après la conquête de la Grèce, appliquèrent ce mot aux anciennes étrennes des saturnales, puis aux présents que les clients faisaient aux avocats, présents souvent interdits par les lois. Sous le Bas-Empire, les xénies étaient des présents que l'on faisait aux gouverneurs, selon l'usage asiatique.
Dans la littérature et dans la poésie, xénie a été souvent employé. Ainsi Martial donne ce mot pour titre au treizième livre de ses épigrammes, parce qu'i. y est surtout question des objets que l'on présentait le plus souvent à ses hôtes. Schiller et Goethe ont publié de petites épigrainmes dirigées contre certains écrivains de leur époque et leur ont donné le mémo titre. V. ci-après.
— Zooph. Lesxe'nies ont des polypes cylindriques, nus, inous, fixés et agrégés, s élevant en rameaux ou s'étalant en membrane. Ce qui distingue surtout ce genre, c'est la disposition des pinnules sur plusieurs rangs. « Les animaux, dit E. Baudement, sont pourvus de huit tentacules pinnés; les pinnules, peu ou point rétractiles à leur base, se groupent à 1 extrémité de productions assez courtes, lobées. Les polypes ainsi fascicules, presque en ombelles , au sommet des rameaux , y forment des têtes globuleuses, comme fleuries. » Les xénies ombellée et spongieuse sont les espèces les plus connues. On a signalé aussi la xénie bleuâtre, qui habile la mer Rouge, mais qu'on ne peut rapporter à ce genre qu'avec quelque doute.
Xéniea (les) , recueil d'épigrammes de Goethe et de Schiller (1797, in-12). Le succès du journal les Heures n'ayant pas répondu à l'attente des auteurs, Gœihe conçut l'idée de réveiller le monde littéraire de sa torpeur ; peut-être aussi voulut-il se venger de l'indifférence générale par des épigrammes. 11 communiqua à Schiller son projet, et il fut convenu que dans l'Almanach des Muses de 1797 on ferait paraîtro une attaque, rédigée envers et dirigée contre les journaux littéraires et les écrivains médiocres. Les deux poëtes se mirent h l'œuvre et firent paraître sous le nom de Xénies, titre emprunté à Martial, une série d'épigrammes. Le tumulte fut incroyable, c'était le feu mis aux poudres. Goethe lui-même appelait ses poésies < des renards enllammés lancés dans le pays des Philistins. > Les partisans de liant, les puristes, les dévots en tout genre, les folliculaires, Reichardt, Nicolaï, liflaiid, les Stolberg, liolzebue, etc., jetèrent les hauts cris. On avait outre-passé, disaient-ils, les droits de la critique, qui ne doit jamais s>e mêler de la vie privée. Avec raison on avait depuis Lessing adopté ce principe, mais Gœthe et Schiller ne l'avaient en aucune façon violé ; ils ne s'étaient servis de pareilles armes que dans le cas où dans leurs écrits mêmes les auteurs y avaient donné lieu. Les deux collaborateurs avaient mêlé et confondu leurs épigrammes, de sorte qu'on ne pouvait pas en rechercher l'exacte paternité ; mais, depuis, le manuscrit a été re-
XÉNO
trouvé, et la distinction a été faite. Schiller est plus violent que Gœthe, plus piquant et plus incisif; bien souvent il ne lui a fallu qu'un seul distique pour exprimer toute sa pensée. Bien des allusions et des finesses sont aujourd'hui perdues pour nous; mais plus d'un jugement exprimé par les Xénies a été adopté depuis, plus d'une formule aussi a pris cours dans la, polémique littéraire. Au milieu de l'orage que souleva cette publication, Gœthe resta calme et impassible; Schiller, plus nerveux, s'irrita et supporta difficilement les représailles qu'il avait provoquées. Les imitations ne manquèrent pas, et les écrivains attaqués dans les Xéniei s'emparèrent même de la forme trouvée et dirigèrent contre Schiller et Gœthe les Xénipkores. Disons encore que dans les Xénies toutes les épigrammes n étaient pas personnelles ; il y en avait de générales et d'innocentes, exprimant des principes de l'art ou des leçons de sagesse. Celles-là formèrent un groupe à part, sous le litre de Ex-volo.
XÉNIEN, IENNE adj. (ksé-ni-ain, i-è-ne — gr. xenias, hospitalier; de xenos, hôte). Mythol. gr. Surnom de Jupiter et de Minerve, a Lacédémone.
XÉNIL ou GÉML,le Singulis des Romains, rivière d'Espagne. Elle prend sa source au versant septentrional de la sierra Nevada, dans la province de Grenade, coule au N.-O., passe à Grenade, Loxa, Ecija, sert de limito aux provinces de Cordoue et de Sévilla et se jette dans le Guadalquivir, près de Palma, après un cours de 243 kilom.
XÉNILLE s. m. (ksê-ni-lle; Il mil. — dimin. du gr. xenos, étranger). Arachn. Genro d'arachnides, de l'ordre des acarides.
XÉNINIEN , IENNE adj. (ksé-ni-ni-ain, i-è-ne — rad. xénie). Zooph. Qui resssemble ou qui se rapporte au genre xénie.
— s. m. pi. Famille de polypiers antozoaires, ayant pour type le genre xénie.
XÉNISME s. m. (ksé-ni-sme — gr. xe~ nisma; de xenos, hôte). Antiq. gr. Sacrifice que les Athéniens offraient à Castor et Pollux.
XÉNISMIE s. f. (ksé-ni-smî — gr. xenismos, voisinage ; de xenos, hôte). Bot. Genre de plantes, du la famille des composées, tribu des sénêcionées, dont l'espèce type croît au Cap de Bonne-Espérance.
XÉNISTE s. m. (ksé-ni-ste — du gr. xenos, étranger). Helininth. Genre de vers, type de la famille des xénistides, qui tient û la fois des planaires, des némertes et des sangsues.
XÉNIST1DB adj. (ksé-ni-sti-de — de xéniste, et du gr. eidos, aspect). Helminth. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre xéniste.
— s. m. pi. Famille ds vers, ayant pour type le genre xéniste.
XÉNOCARPE s. m. (ksé-no-kar-pe — du gr. xenos, étrange; karpos, fruit). Bot. Syn. de cinéraire, genre de composées.
XÉNOCÈRE s. m. (ksô-no-sè-re — du gr.
xenos , étranger; keras , antenne). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétrainères, de la famille des charançons, tribu des anthribides, comprenant trois ou quatre espèces, qui habitent l'Inde et les lies voisines.
XÉNOCHLOÉ s. f. (ksé-no-klo-é — du gr xenos, étrange; càloa, herbe). Bot. Genre de plantes, rapporté avec doute h la famille des graminées, et dont l'espèce type croit au Cap de Bonne-Espérance.
XÉNOCLÉB, prêtresse de Delphes. Elle refusa de répondre a Hercule qui venait consulter l'oracle d'Apollon, parce qu'il était couvert du sang d'Iphitus qu'il venait de mettre à mort. Irrité de ce refus, Hercule lui enleva son trépied et ne consentit a, le lui rendre que lorsqu'elle eut elle-même ' consenti à répondre à ses demandas.
XÉSOCLÈS, poète tragique grec, né à Athènes. Il vivait au iv« siècle av. J.-C, du temps de Philippe de Macédoine. On a peu de renseignements sur sa vie. Il obtint dans la xcio olympiade le prix de la tétralogie sur Euripide avec quatre pièces intitulées : Œdipe, Lycaon, les Bacchantes et Athamas, et qui ne sont pas parvenues jusqu'à nous. Son style était obscur par le fréquent emploi qu'il faisait des allégories. Toutefois, d'après Desmothèue, c'était un poste estimable.
XÉNOCHATE, philosophe grec, né à Chalcédovne vers 406 avant 1 ère chrétienne, mort vers 314. Il étudia sous Platon, qu'il accompagna dans son voyage en Sicile. Condisciple d Aristote, il lui était sous certains rapports inférieur, car il avait l'esprit lourd et la conception lente, tandis que son brillant émule avait l'intelligence vive et pénétrante, ce qui faisait dire à Platon que > l'un avait besoin d'éperon et l'autre de bride. • Il le surpassait, toutefois, dans la pratique de la philosophie morale. Il était grave, austère, sobre et d'un caractère si !>érieux,que son maître l'exhortait souvent à • sacrifier aux Grâces. • Sa chasteté et son empire sur ses passions étaient tels que Phryné, lu plus belle courtisane de la Grèce, Je trouva in- -sensible à ses séductions, ]f quoiqu'elle eût gagé de le faire succomber. Il succéda à Speusippe dausl'enseignementde l'Académie (339), resta d'abord fidèle aludoctrinede,Pla-
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ton, puis se rapprocha cependant du pythagorisme. Sa réputation de franchise et de droiture était si bien établie, que les magistrats d'Athènes le dispensèrent de confirmer son témoignage par le serment. On sait qu'un jeune débauché entra un jour dans son école avec l'intention de l'insulter et de le railler, et qu'il fut tellement frappé de la noblesse et de la dignité avec lesquelles il parlait de la tempérance, qu'il se rangea parmi ses disciples et renonça au genre de vie qu'il avait mené jusqu'alors. Ce jeune homme était Polémon, qui lui succéda dans sa chaire de philosophie. On connaît aussi le désintéressement avec lequel il refusa les présents d'Alexandre le Grand. Vendu par les collecteurs de la république, parce qu'il était hors d'état de payer l'impôt sur les étrangers, il fut racheté par Démétrius de Phalère, qui le mit sur-le-champ en liberté. Peu de jours après, il rencontra le fils de son libérateur : > Votre père, lui dit-il, est payé avec usure du bien qu'il m'a fait, car je suis cause qu'il est loué de tout le monde. » Ses ouvrages ne nous sont point parvenus. On lui a attribué un Traité de la mort, imprimé dans le JambUque d'Aide (1497).
XKNOCRÀTE, médecin grec, né à Aphrodisias. Il vivait au ter siècle de notre ère. On connaît de lui deux ouvrages, l'un Sur l'utiité médicale des animaux, dontOribase nous a. conservé un fragment; l'autre intitulé De la nourriture tirée des poissons, que nous possédons en entier. Galien cite des recettes tirées du premier de ces traités et dans lesquelles, auprès d'indications absurdes et puériles, on trouve des prescriptions sages et rationnelles. La meilleure édition de ce qui nous reste lie Xénoerute est celle du docteur Coray (Paris, 1814).
XÉNODOCH1UM s. m. (ksé-no-do-ki-omm
— mot lai. l'orme du gr. xenos, étranger; Jokeâ, je reçois). Antiq, chrét. Hospice, lieu où l'on donnait l'hospitalité aux étrangers.
XÉNODON s. m. (ksé-no-don — du gr. xenos, étrange; odous, dent). Erpét. Genre de serpents venimeux, comprenant huit espèces de grande taille. || On dit aussi xénodontb.
— Ichthyol. Genre de poissons, du groupe des sclérodermes.
XÉNODOQUE s. m. (ksé-no-do-ke — du gr. xenos, étranger; dokeâ, je recois). Hist. ecclés. Officier de l'Église grecque qui était chargé de recevoir les étrangers.
— Bot. Syn. de torulb, genre de champignons.
XÉNOGRAPHE s. m. (ksé-no-gra-fe — du gr. xenos, étranger; graphâ, j'écris). Celui qui se livre à l'étude des langues étrangères. Il Peu usité.
XÉNOGRAPHIE s. f. (ksé-no-gra-fî — rad.
xénographe). Etude des langues étrangères. Il Peu usité.
XÉNOGRAPHIQUE adj. (ksé-no-gra-fi-ke
— rad. sténographie). Qui a rapport à la xénographie : Eludes XÉNOGRÀPHIQUES.
XÉNOMANE adj. (ksé-no-ma-ne — du gr.
xenos, étranger; mania, passion). Qui a une passion maniaque pour les étrangers. Il Peu
— Substantiv. Personne qui a une passion maniaque pour les étrangers.
XÉNOMANIE s. f. (ksé-no-ma-n! — rad.
xénomane). Passion maniaque pour les étrangers et pour ce qui leur appartient. Il Peu usité.
XÉNOMÈRE s. m. (ksé-no-mè-re — du gr.
xenos, étranger; méros, cuisse). Entom. Genre d'insectes hyménoptères térébrants, de la famille des proctotrupiens.
XÉNOMORPHE adj. (ksé-no-mor-fe — du gr. xenos, étrange; morphê, forme). Hist. •iiat. Qui a une forma étrange, insolite.
— s. f. Genre d'insectes diptères, delà famille des notacanthes, tribu des stratiomydes, comprenant des espèces exotiques.
— s. m. pi. Famille d'insectes coléoptères, ayant pour type le genre hypocéphale ou mésoclaste.
XÉNOPE s. m. (ksé-no-pe — du gr. xenos, étrange ; pous, pied). Erpét. Syn. de dacty-
LÈTHRE.
XÉNOPELTIS s. m. (ksé-no^pèl-tiss — du gr. xenos, étrange ; pelle, bouclier). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, du groupe des boas ou des couleuvres, suivant les divers auteurs, et dont l'espèce type habite Java. tl On dit aussi xénopeltide.
XÉNOPHANE, philosophe grec, fondateur de l'école d'Elée, né à Colophon (Asie Mineure) vers 620 av. J.-C. Banni de sa patrie peut-être pour impieté, ou plus vraisemblablement à la suite de l'invasion des Perses dans les colonies grecques de l'Asie, il erra en Sicile, déclamant ses poëmes philosophiques à la manière des rapsodes, et finit par se fixer à EJée, dans la Grande-Grèce. On croit qu'il vécut près de cent ans. Il fut le maître de Parménide. Il avait composé des ïambes contre les fictions mythologiques d'Homère et d'Hésiode, 2,000 vers sur la fondation de Colophon et la colonisation d'Elée, des élégies et un poème sur la Nature des choses, dont il nous reste quelques fragments. Il est difficile, au milieu des opinions diverses des anciens eux-mêmes, de
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restituer les idées de Xénophane dans leur pureté primitive. Cependant, en interprétant les fragments que la tradition lui attribue ainsi que les traits disséminés dans Sextus, dans Diogène, dans Athénée, etc., on peut le Considérer comme l'antagoniste de Thaïes, de Pythagore, d'Homère et d'Hésiode, c'est-àdire l'ennemi de la poésie mythologique et des croyances populaires, des cosmogonies, de la philosophie ionienne et des mystères, « Horaère,et Hésiode, disait-il, ont attribué aux dieux tout ce qui est déshonorant parmi les hommes :1e vol, l'adultère et la trahison, i II attaquait l'anthropomorphisme païen : « Ce sont les hommes qui semblent avoir produit les dieux et leur avoir donné leurs sentiments, leur voix et leur air... Si les bœufs ou les lions avaient des mains, s'ils savaient peindre avec les mains et faire des ouvrages comme les hommes, les chevaux se serviraient des chevaux et les bœufs des bœufs pour représenter leurs idées des dieux, et ils leur donneraient des corps tels que ceux qu'ils ont eux-mêmes, etc. » Il attaquait également le dogme pythagorique de la métempsycose. Voyant maltraiter un chien : « Ne frappez plus, dit-il, c'est l'âme d'un ami, je le reconnais à sa voix. » La manière dont il comprenait l'essence d.e Dieu et ses rapports avec le monde était extrêmement remarquable pour l'époque. Il enseignait la notion d'un Dieu unique, immatériel, éternel, immutable ; il est l'unité suprême, l'unité sphérique, partout et toujours égale, identique à elle-même, absolue, distincte de l'univers phénoménal, dont elle est le principe et le moteur. Quant à l'opinion de l'incomprçhensibilité absolue de toutes choses qui est souvent attribuée à ce philosophe, elle pourrait bien être une conséquence exagérée tirée par ses disciples et ses successeurs. Sa physique était tout à fait barbare, si l'on s'en rapporte aux notions qui nous en restent, et bien inférieure à celle des pythagoriciens. On trouve les fragments attribués à Xénophane et les passages qui s'y rattachent dans Karsten, Philosophorum grxcorum veterum reliquix (1830), et dans Brandis, Comment alionum Eleaticarum pars prima (1813).
XÉNOPHASIE s. m. (ksé-no-fa-zî — dugr.
xenos, étrange ; phasis, apparence). Ornith. Syn. de glyphorhykqob.
XÉNOPH1LE, sculpteur grec qui vivait à une époque incertaine. Il ne nous est connu que par Pausanias, qui cite de lui une fort belle statue en marbre d'Esculape et une statue à'Hygie, placées dans un temple à Argos. Pausanias prétend qu'auprès de ces statues se trouvaient deux autres statues assises, représentant les sculpteurs Xénophile et Straton.
XÉNOPHON, illustre historien, philosophe et général athénien, né à Erchie, dans l'Attique, vers 445 av. J.-C, mort en 355. Son père s'appelait Gryllus; on ne sait rien de plus de sa famille. Vers l'âge de seize ans, il devint un des disciples favoris de Socrate, Il était dans sa jeunesse d'une rare beauté, avantage fort estimé des Grecs, qui ne pensaient pas que le génie ou le talent pût se loger dans uh corps mal bâti. Socrate le rencontra, raconte Diogène de Laërte, et, frappé de sa jolie figure, lui barra Je passage avec son bâton. • Où achète-t-on les choses nécessaires à la vie? lui demanda-t-il. — Au marché, répondit le jeune homme. — Et où peuton apprendre à devenir honnête homme ? • Comme Xénophon hésitait : • Suis-moi, lui dit Socrate, et tu l'apprendras. > Xénophon s'attacha au maître, qu'il accompagna partout; il était près de lui à la bataille de Délium (424) et Socrate lui sauva la vie. Quelques années plus tard, dans une affaire resiée inconnue, il semble avoir été fait prisonnier par les Béotiens. Selon Philostrate, il suivit les leçons de Prodicus de Céos, « atprs qu'il était prisonnier des Béotiens. * Entre cette bataille et le départ de Xénophon pour l'armée de Cyrus, vingt-trois ans plus tard, il y a une lacune absolue dans sa biographie. 11 est supposable qu'il servit dans quelqu'une des expéditions de la guerre du Peloponèse; l'habileté militaire qu il déploya dans la retraite des Dix mille et la confiance de ses compagnons d'armes en témoignent suffisamment, il dut aussi écrire quelques-uns de ses ouvrages durant cette période, le Banquet, par exemple, dont la date peut être fixée à 421 av. J.-C; le festin qui est le prétexte de ce dialogue fut, en effet, donné à l'occasion de la victoire d'Autolycus au pancrace, victoire qui, selon Athénée, fut remportée la quatrième année de la lxxxixb olympiade. Cet écrit serait donc postérieur de quelques années seulement à 1 affaire de Déliuin. On assigne à un autre dialogue de Xénophon, VHiéron, la date de 402'. Entre le Banquet et YHiéron, Xénophon dut suivre les cours d'éloquence d'Isocrate, dont l'hittuence au point de vue du style semble manifeste aux critiques dans le second de ces ouvrages. Isoci ate était, il est vrai, plus jeune que Xénophon, mais il fut célèbre de bonne heure, et il arrivait souvent en Grèce que l'élève fût plus vieux que le maître. On croit aussi que Xénophon séjourna de 405 à. 401 à la cour de Denys l'Ancien, tyran de ia Sicile; Athénée rapporte, en effet, un mot' de Xénophon, fils de Gryllus, à Denys le Tyran, et cette date est la seule qui convienne à ce voyage. A la même époque, c'est-à-dire entre 405 et 401,
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il acheva et publia YHistoire de la guerre du Peloponèse, de Thucydide, dont il possédait seul le manuscrit.
En 401, Xénophon partit pour l'Asie, appelé à la cour de Cyrus le Jeune. Socrate, à qui il avait demandé avis, n'avait voulu ni le retenir ni l'engager à quitter la Grèce ; il lui conseilla seulement de s'en référer à l'oracle de Delphes; mais Xénophon, à qui le voyage souriait, au lieu de demander s'il ferait bien ou mal de l'entreprendre, se borna à demander quel sacrifice il devait faire pour se rendre les dieux favorables; ce dont Socrate le blâma vivement. Xénophon, au retour de Delphes, prit congé de son maître et s'embarqua. A Sardes, il trouva Proxène, envoyé au-devant de lui par Cyrus. Ce prince, qui allait entreprendre contre Artaxerxès ia lutte où il perdit la vie, ne dit rien à Xénophon de ses projets ; Cléarque seul, de tous les Grecs, étant dans le secret de l'expédition ; il lui parla seulement de le garder jusqu'à la fin de la guerre contre les Pisidiens, ce à quoi Xénophon consentit. Après que ia lutte contre Artaxerxès se fut dénouée par la victoire de celui-ci à Cunaxa et par la mort de Cyrus, la situation des Grecs que ce dernier avait à sa solde devint critique; cette situation empira encore lorsque Cléarque et vingt-quatre autres chefs de l'armée, attirés dans un guetapens par Tissapherne, eurent été assassinés. C'est en ce moment que commence à se dessiner le rôle de Xénophon. Alors que tout semblait désespéré et que les Grecs, séparés de leur pays par plus de 600 lieues de pays inconnus et hostiles, privés des chefs en qui ils avaient confiance, étaient prêts à se débander pour chercher individuellement leur salut, Xénophon releva le courage des soldats, montra ce qu'une troupe de 10,000 hommes, bien armés et bien disciplinés, était encore capable de faire et, réunissant ies principaux chefs, parvint à leur faire adopter ses idées. Il fut choisi, avec quatre autres, pour ( exercer le commandement, et, quoique placé ' à l'arrière-garde, comme étant le plus jeune des cinq, il fut en réalité l'âme de cette belle retraite des Dix mille qu'il a immortalisée en la racontant (v. Dix mille [retraite des]). Xénophon ne quitta l'armée qu'il avait sau- .yée qu'après l'avoir remise entre les mains de'Thymbron, sous les ordres duquel les mercenaires grecs retournèrent en Asie faire la guerre contre Pharnabaze et Tissapherne, à la solde de Sparte (399).
Au moment où. Xénophon rentrait à Athènes, Socrate venait d'être mis à mort. On peut supposer que c'est à cette époque qu'il écrivit les Dits mémorables, Y Apologie de Socrate, Y Economique et le Maître de la cavalerie. Comme apologiste de Socrate, il avait pour rival Platon; mais il paraît avoir existé peu de sympathie entre eux ; Platon n'a jamais parlé de Xénophon; celui-ci n'a nommé qu'une fois Platon, et à propos d'un fait in signifiant. Ces divers travaux remplissent suffisamment pour Xénophon l'intervaile qui sépare son retour d'Asie, avec les Dix mille, de son départ pour le même pays, k la suite d'Agésilas. Il rejoignit l'expédition du roi de Sparte avec une petite troupe de mercenaires grecs qu'il avait levée, ce qui lui valut un décret de bannissement prononcé contre lui pour cause de laconisme, c'est-à-dire d'attachement k Lacédémone. C'est par erreur que Pausanias fait remonter la date de ce décret au départ de Xénophon pour l'armée de Cyrus, puisque Xénophon nous apprend lui-même qu'au retour de la retraite des Dix mille il n'était pas encore banni. Il accompagna Agésilas en Asie, revint avec ce prince en Grèce lorsque la coalition excitée par les Mèdes contre Lacédémone força la république à rappeler son année, et il se trouvait aux côtés du roi de Sparte k la bataille de Coronée. Les Athéniens, alliés des Thébains dans cette guerre, eurent beaucoup de peine à pardonner à leurs concitoyens d'avoir combattu contre eux, et ce ne fut qu'au bout de vingt-sept ans qu'ils se décidèrent à abroger le décret d'exil. Xénophon passa toute cette longue période tantôt a Sparte, tantôt à Scillonte, entre Sparte et Olympie. Il s'était marié à son premier retour d'Asie et avait deux enfants, qu'on surnommait les Dioscures, soit parce qu'ils étaient jumeaux, soit à cause de leur adresse dans l'équitation et les jeux de la palestre ; il les appela près de lui, puis ies envoya faire leurs études à Sparte. 11 paraît avoir possédé à Scilloute des domaines considérables, qui lui avaient été donnés par Sparte; Pausanias dit même qu'on lui avait fait cadeau de la ville de Scillonte, colonie de Lacédémone, ce qui est impossible ; tout au plus pourrait-on admettre que les Spartiates lui en avaient confié le gouvernement ; mais Xénophon n'a parlé de rien de semblable. Il s'est cependant étendu avec complaisance, dans ÏAnabase, sur son séjour à Soillonte; il a fait le tableau de la vie aisée et libre qu'il y menait, son temps étant partagé entre l'étude, la rédaction de quelques ouvrages et les plaisirs de la chasse, qu'il aimait passionnément. C'est dans sa retraite de Soillonte qu'il écrivit YAnabase (retraite des Dix mille), la Cyropédie, les Cynégétiques, le petit traité de YEquitation et qu'il acheva les Helléniques, donc il avait déjà écrit deux livres antérieurement, pour faire suite à YHistoire de Thucydide. Il vivait là en repos depuis vingt-quatre ans environ, lorsque les Eléens envahirent le territoire de Scillonte
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(368); les domaines de Xénophon furent saccagés, lui-même dut prendre la fuite. Il se retira à Lepreum, puis à Corinthe; ses deux fils réussirent à s'échapper avec lui. L'année suivante, les Athéniens, sur la proposition d'Eubulus, révoquèrent le décret de bannissement dont il avait, été frappé; il est douteux cependant qu'il soit rentré à Athènes ; il avait quatre-vingts ans et peut-être hésitat-il à se déplacer dans un âge aussi avancé. Démétrius de Magnésie le fait mourir à Corinthe, où il aurait mis la dernière main à la Cyropédie et aux Helléniques; il y écrivit aussi un petit traité d'économie sur les Revenus de lAllique. « Avant de descendre dans la tombe, que je vqie du moins ma patrie tranquille et florissante", » y dit-il au début; ce qui montre que l'exil n'avait pas altéré son patriotisme. Ses deux lils s'enrôlèrent sous les drapeaux athéniens. Les rôles étaient alors changés en Grèce : Athènes était l'alliée de Sparte contre les Thébains, et les fils de Xénophon, tout en combattant pour leur patrie, restaient fidèles à la politique de leur père, toujours attaché à Sparte. L'un d'eux, Gryllus, périt k Mantinée. Xénophon reçut cette triste nouvelle à Corinthe, au moment où il célébrait un sacrifice. IL ôta la couronne qu'il avait sur sa tête ; puis, apprenant que son fils était mort vaillamment et qu'il avait de sa main blessé Eparainondas, il la remit sans verser de larmes et se contenta de dire : « Je savais bien que j'avais un fils mortel 1 ■ Un grand nombre d'éloges et d'épitaphes furent composés en l'honneur de Grvllus et envoyés à Xénophon ; l'un deux e*t du à Isocrate.
Les écrits de Xénophon se divisent en quatre séries : écrits historiques, YAnabase, les Helléniques, la Cyropédie, la Vie d'Agésilas; écrits didactiques, YHipparchique ou le Maître de cavalerie, YEquitation, les Cynégétiques; écrits politiques, la République de Hparte, la République d'Athènes, les Revenus de l'Attigue; écrits philosophiques ou "moraux, Dits mémorables de Socrate, Apologie de Socrate, YEconomique, le Banquet, YHiéron. Nous avons consacré des articles spéciaux aux principaux de ces écrits.
« Lucien parlant de Xénophon comme historien, dit M. Letronne, l'appelle par excellence Sixeioç (ru^porçii;. Cette épithete Simioî donne ici l'idée d'une sincérité de caractère et d'une rectitude de jugement dont le résultat chez l'historien doit être l'impartialité. Xénophon mérite cet éloge dans YAnabase, que Lucien paraît avoir spécialement en vue. Tout ce qu on pourrait trouver, c'est qu'en diverses circonstances il ne s'est pas tenu assez en garde contre ses affections. Xénophon, de même que son condisciple Platon, hérita des opinions antidémocratiques de Socrate. De là un penchant marqué pour tes institutions et les hommes de Sparte, penchant que développèrent encore l'étroite amitir; qui l'unit à Agésilas et son admiration profonde pour les vertus rigides de ce grand homme. Celte disposition égara plus d'une fois son jugement et lui lit taire, sinon altérer, la vérité à l'a van tage des Lacédémoniens, Quant à son style, Denys d'Halicarnasse lui accorde « toute la douceur possible, » mais il prétend qu'il n'a pas « toute la beauté désii rable. • Si le critique, entend par là que ce style n'a ni la profondeur ni le nerf de celui «le Thucydide dans les ouvrages historiques, ni l'élévation, la variété et renlralueiueut de celui de Platon dans les ouvrages philosophiques, il a pleinement raison ; car ce qui distingue ce style, c'est une clarté parfaite, une grande simplicité, la grâce et l'abandon , c'est-à-dire les qualités mêmes" du caractère de l'auteur. Xénophon, en effet, de quelque côté qu'on le cousidère, ne présente aucune qualité transcendante; une réunion très-rare de facultés diverses à un degré ordinaire et dans un parfait équilibre entre elles, voilà son caractère distinctif. Il n'a été doué ni de la puissauce de reflexion ni de cette activité interieure,qui entraînait Platon à s'élever sans cesse aux spéculations les plus sublimes, ni de cet esprit d'observation qui révélait à Thucydide les causes les plus secrètes des événements et lui faisait pénétrer les intentions les plus cachées des acteurs du grand événement dont il avait entrepris l'histoire. Ce qu'il a possédé par-dessus tout, c'est le talent d'exposer et de narrer. Aussi, quoique Xénophon ait écrit sur l'histoire et la philosophie, si l'on disait qu'il ne fut à proprement parler ni historien ni philosophe, ce paradoxe pourrait bien n'être pas très-loin de la vérité. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il ne s'était point formé, par ses méditations propres, une opinion à lui sur une branche quelconque de ia science philosophique; ses ouvrages en ce genre sont d'admirables narrations, des conversations aimables , une exposition claire, une défense noble et simple des opinions de sou maître, plutôt que des traités de philosophie composes pour obéir à ce besoin impérieux de répandre au dehors les créations ou les combinaisons de la pensée. Ce n'est point un penseur profond qui prend de loin et de haut le parti d'approfondir, comme Platon, les grandes questions de la morale et de la philosophie, ou de reproduire, comme Thucydide, le tableau complet d'une époque historique ; c'est un homme essentiellement pratique, mâle aux choses et aux hommes de son temps, et qui, lorsque l'occasion l'y conduit, se met à raconter les événements dont il a été témoin et les impressions qu'il a re-
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çues, ou rédige les observations qu'il a faites sur lés chevaux, la chasse, l'agriculture, l'éducation, le gouvernement, les finances. Tous ses ouvrages ont plus ou moins, ce caractère. »
La première édition des Œuvres de Xénophon est due à Ph. Junte (Florence, 1516, in-fol.); elle est incomplète; la première édition complète fut entreprise par Mélanchthun (Halle, 1540) ; Henri Estienue en a donné uf.e meilleure (l56M58l),à laquelle il a joint une traduction latine. Gail a entrepris une édition qui donne à la fois le texte grec, une version latine et la traduction française (1797-1804, 6 vol. in-40); un septième volume, publié en 1814, contient des variantes et des observations critiques; notons encore l'édition Didot, dans la grande collection : Bibliotheca greeca (1838,-in-go); elle est due à M. Oublier. Parmi les traductions françaises, outre celle de Gail, nous citerons celle de M. H. Trianon (Lefèvre, 1843, S vol. in-12), qui s'est borné à réunir, en les améliorant, les traductions d'ouvrages faites séparément par Dacier, Dumas, Larcher, Lévesque, etc , et celle de M. Talbot (Hachette, 1S59, 2 vol. in- 12). h'Anabase, la Cyropédie, Y Apologie de Socrate, les Dits méniorables, l'Équitalion ont eu un grand nombre d'éditions et de traductions séparées. Une des plus remarquables parmi ces traductions est celle de YÈquitation, par P.-L. Courier; elle est accompagnée du texte grec, collationné sur les manuscrits, et remarquable par sa correction.
XÉNOPHON D'ÉPllESE, dit Xénophou le
Jeune, romancier grec. 11 vivait au ne siècle de notre ère et écrivit un traité sur la ville d'Ephèse et divers ouvrages, dont un seul est parvenu jusqu'à nous. (J'est un roman en cinq livres, intitulé les Ephésiuques ou Amours d'Babrocome et d'Anthia. Le style en est pur, élégant, dénué de toute affectation et d'enflure ; l'action marche avec rapidité,et reste constamment dans les règles de la vraisemblance. La première édition a paru avec une traduction latine à Londres en 1728 (in-so), et l'ouvrage a été souvent réimprimé depuis. 11 a été traduit en français par un anonyme (Paris, 1736), par Jourdan (1748), dans la Bibliothèque des romans grecs (1797) et dans les Romans grecs traduits en français, par M. Ch. Zévort (Paris, 1855, 2 vol. iu-18).
XÉNOFOME s. m. (ksé-no-po-me — du gr.
xenos, étrange ; pâma, couvercle). Bot. Syn. de micromérie, genre de labiées.
XÉNOPS s. m. (ksé-nopss — du gr. xenos, étrange ; ops, aspect). Ornith. Syn. de sit-