‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 945 sur 1042 · MONA · texte numérisé non relu

MONA

XIMÉNÈS DE CISNEROS (François), archevêque de Tolède , cardinal , ministre d'Etat, grand inquisiteur, etc., né à Torre- Laguna (Castille) en 1436, d'une famille obscure , mort à Tolède en 1517. Il fit de brillantes études à Salamanque, entra dans les ordres, lit un voyage à Rome et acquit quelque réputation en plaidant les causes des Espagnols devant les tribunaux ecclésiastiques. De retour en Espagne, il n'obtint un bénéfice qu'après avoir subi de longues

fiersécutionsde lapartde l'archevêque deToède, devint archiprêtre d'Ueeda, puis grand vicaire de Siguenza, sous le cardinal Gonzalès de Mendoza. A l'âge de près de cinquante ans, soit que sa haute ambition ne fût point satisfaite des honneurs qu'il avait obtenus, soit par humilité chrétienne, il résigna ses bénéfices, fit profession chez les cordeliers de Tolède , acquit une grande célébrité comme prédicateur et finit par se retirer au couvent de Castagnar situé au milieu des forêts. Mais il était dans sa destinée de ne pouvoir fuir la célébrité et les distinctions éclatantes. La reine Isabelle de Castille le nomma son confesseur (1492) et lui fit obtenir trois ans plus tard l'archevêché de Tolède, ce qui le faisait de droit primat d'Espagne et chancelier de Castille. Il ne renonça point cependant aux austérités de la vie monastique et il fallut les ordres réitérés du pape pour qu'il se soumît au faste qui lui était imposé par ses hautes dignités. Partagé entre les atfaires publiques, les soins de son église et ceux de sou ordre, son vaste génie eut k lutter contre les intérêts particuliers, les prétentions des grands et la sourde opposition des monastères, qui se refusaient à toute réforme. Il sut triompher de toutes les résistances , obtint les bénédictions du peuple par la destruction d'abus monstrueux dans la perception des impôts, réforma lajustice ecclésiastique, accrut la cathédrale de Tolède, fit exécuter la bible polyglotte dite d'Alcala, qui devint le type et le modèle de celles qu'on a publiées depuis, travailla à la conversion des Maures du royaume de Grenade (nouvellement conquis), mais avec une violence dont l'excuse se trouve dans les mœurs du temps. La mort d'Isabelle ne fit qu'augmenter son crédit ; Ferdinand le Catholique obtint pour lui le chapeau de cardinal, lui confia l'administration de son Etat pendant son absence, et le nomma grand inquisiteur, fonction qu'il remplit avec une inflexible sévérité. Suivant les relevés de Llorente, plus de 50,000 condamnations furent prononcées pendant les onze années qu'il fut à la tête du terrible tribunal, et 2,500 victimes périrent (Tans les flammes. Toutefois, on a récemment cherché k affaiblir l'autorité de ce témoignage. Xiiuénès commença l'affranchissement du trône en opposant les villes aux seigneurs et en donnant aux communes le pouvoir de lever et d'entretenir des troupes; lui-même leva une armée k ses frais pour une expédition en Afrique, et fit la conquête d'Oran, de Bougie et de Tripoli (15 10). Ferdinand le nomma par son testament (1516) régent du royaume de Castille, pendant l'absence de son petit-fils Charles d'Autriche, alors âgé de seize ans. Les grands refusant de reconnaître ce prince du vivant de sa mère, la reine Jeanne, tombée dans une abjecte folie, le cardinal régent sut les y contraindre et abaisser l'orgueil de cette puissaute féodalité. Il prépara ainsi le règne de Churles-Quint, comme Richelieu (qu'on lui a souvent comparé) celui de Louis XIV. Cependant, dès son arrivée en Espagne, Charles, cédant aux suggestions de la faction des nobles, et jaloux peut-être de l'immense autorité du régent, lui envoya l'ordre de se retirer dans son diocèse. Ximénès, déjà attaqué d'un mal dont la source était attribuée au poison, ne put survivre à tant d'ingratitude et mourut quelques heures

XIMÉ

après (1517). Il était âgé "de quatre-vingt-un ans. Son histoire a été écrite en Espagne par Gomea de Castro (De rébus gestis a D. Franc. Ximenin, 1569), et en France par Fléchier. Ximénès avait un visage austère et noble. « Il s'expliquait nettement et en peu de mots, dit Fléchier, ne sortant jamais du sujetdont on lui parlait, et soit qu'il fût joyeux de quelque grande prospérité, soit qu'il fût obligé de menacer et d'être en colère, i) était toujours également précis et ménagé dans ses paroles. « L'austérité de ses mœurs était irréprochable et il portait un cilice sous ses habits. De bonne heure, il s'était habitué k se maîtriser et la passion avait sur lui peu de prise. Au moment de sa mort, « il se rendit le témoignage, dit de Maussion, de n'avoir par passion vexéni favorisé personne, de n'avoir rien détourné des trésors de l'Eglise pour des objets étrangers au bien public ou pour l'élévation de sa famille, à laquelle il ne procura que des établissements très-modérés. • On lui a reproché, non sans raison, trop de hauteur et de sévérité. Quelques seigneurs lui ayant demandé un jour la raison d'ordres qu'il venait de donner, Ximénès les conduisit sur un balcon, leur montra des détachements de soldats et, après avoir ordonné une décharge d'artillerie , « Voilà, dit-il, la dernière raison des rois » (Use est ultima ratio regum); puis, agitant de la main son cordon de l'ordre de saint François, il ajouta : « Cela me suffit pour mettre à la raison des sujets rebelles. •

Terminons cet article par le jugement suivant de M. Philarète Chaslessur ce célèbre homme d'Etat :

t ... Il y a un Ximénès qui attend son Tacite et ne le trouvera probablement pus ; un triple Ximénès : J'homme de l'avenir et le grand homme; l'homme du présent et de la politique; l'homme du passé et de la barbarie. Le grand homme a aimé l'intelligence et civilisé son pays. L'homme politique a fondé l'unité monarchique sur des assises sanglantes et sur les fragments de l'aristocratie mutilée. Mais le barbare survivait en Ximénès ; ces assises monarchiques, il les cimentait avec du sang humain ; le feu des bûchers les rendait plus solides; l'avenir était sacrifié, l'indépendance arrachée aux générations futures ; la religion servait d'instrument et le clergé de bourreau. L'unité se payait cher, au prix de la dignité et de l'avenir. Voilà les sacrifices qu'il a faits k son temps... La gloire de Ximénès est dans sa lutte partielle, mais effective, contre l'atmosphère qui l'environnait ; c'est cette lutte qui protège, honore, immortalisera sa mé"moire. Il a porté la hache dans les vieux abus des couvents, opposé une digue aux oppressions des Espagnols vainqueurs dans l'Amérique du Sud, créé des greniers d'aboodance, favorisé les lettres, propagé la science de l'agriculture, ouvert des asiles publics aux femmes et aux filles pauvres, protégé la presse naissante, contribué k la réforme du calendrier Julien, enfin employé l'imprimerie à la propagation {le la Bible, dont notre Sorbonne, k la même époque, redoutait et prohibait la lecture. >

XIMÉNÉSIE s. f. (ksi-mé né-sl — de Ximénès, botan. espagnol). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, comprenant deux espèces, qui croissent au Mexique.

— Encycl. Les sciménésies sont des plantes herbacées, à feuilles jaunes, disposées eu capitules radiés. La ximénésie encélioïde atteint la hauteur de 1 mètre ; elle est annuelle, rameuse, buissonnante et couverte, dans toutes ses parties herbacées, d'un duvet blanchâtre. Cette plante, originaire du Mexique, est abondamment répandue dans nos jardins, où elle fleurit depuis juillet jusqu'en octobre. Elle est très-ruslique et sj propage très-facilement de graines, qu'on sème en place ou en pépinière, en avril et mai. Bien que peu élégante, elle est assez recherchée, à cause de la richesse de sa floraison ; elle produit un bel eifet dans les plates-bandes, les corbeilles et les massifs des grands jardins et, comme elle n'exige presque pas de soins, elle convient surtout aux amateurs qui n'ont que peu de temps à consacrer k sa culture; elle aime les sols légers et ne craint pas la sécheresse.

XIMÉNIE s. f. (ksi-mé-jat ■;- de Ximénès, botan. espagnol). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des olacinées, comprenant une dizaine d'espèces, qui croissent dans les régions tropicales.

— Encycl. Les ximénies sont de petits arbres ou des arbrisseaux inermes ou épineux, à feuilles alternes ; les fleurs, solitaires ou groupées en petit nombre sur des pédoncules axillaires, présentent un calice k quatre divisions très-petites, persistant ; une corolle à quatre pétales connivents k la base, enroulés au sommet, velus à l'intérieur; huit étamines k filets courts, à anthères longues, dressées ; un ovaire à une seule loge uniovulée, surmonté d'un style et d'un stigmate simples ; le fruit est un drupe renfermant un noyau nionosperme. Les espèces peu nombreuses de ce genre habitent les régions chaudes de l'Amérique; on remarque surtout la ximénie inerme, qui croît aux Antilles, et la ximénie américaine, qui croît k la Guyane et au Brésil. Ces végétaux se

XIPH

cultivent quelquefois dans nos serres chaudes, où ils mûrissent mat ; on. les propage de graines, qu'on fait venir de leur pays natal.

XIMEXO (Vieente), biographe espagnol, né à Valence vers la fin du xvue siècle, mort en 1703. Il entra dans les ordres, devint docteur en théologie et obtint un bénéfice ù la cathédrale de Valence. On lui doit, sous le litre de Escritores del regno de Yalencia ("Valence, 1747-1749, 2 vol', in-fol.), un ouvrage, fruit de longues années de travail, dans lequel on trouve la notice chronologique des écrivains du royaume de Valence, depuis la conquête de cet Etat sur les Arabes par Jacques d'Aragon. C'est un livre instructif et intéressant.

X1MO ou K10C-S10U,lle du Japon, la plus méridionale de l'archipel, séparée a l'E. de l'Ile de Sikof par le canal de Boungo; au N.-E., de l'île de Niphon par le détroit de Senovnosoki; au N., de la presqu'île de Corée par le détroit de Corée ; baignée au N.-E. par la Souvonada ou mer intérieure du Japon ; comprise entre 31" et 34° de latit. N. et 1270-1290 de longit. E. Elle mesure 350 kilom. du N. au S., sur 220 kilom. de l'E. à l'O. ; 1,000,000 d'hab. Capitale, Nangasaki. De nombreuses îles et plusieurs îlots et rochers entourent Kiou-Siou, dont les côtes, excessivement échancrées , présentent un grand nombre de baies, golfes et caps. La capitale de l'île est bâtie sur une des étroites presqu'îles que la mer de Corée découpe sur la cote occidentale. Cette île forme, dans l'empire japonais, la région dite Saï-kaï-do (contrée de la mer occidentale), et son territoire, sillonné par une chaîne de montagnes volcaniques, est divisé en neuf provinces, ce qui lui a valu le nom de Kiou-Siou (les neuf royaumes). Le sol, assez fertile dans les vallées, renferme de riches mines d'or, d'argent, de cuivre et de houille; on y élève beaucoup de vers à soie, dont les produits sont en grande partie exportés en Europe.

XINGB, rivière du Brésil. Elle prend sa source dans la partie méridionale de la vaste province de Mato-Grosso, au pays des Borroros, coule du S. au N., à travers d'immen- ,ses territoires habités par des peuplades sauvages, entre duns la province de Para, baigne la ville de Pombal , et se jette dans l'Amazone, près de l'estuaire de ce fleuve, après un cours sinueux de 3,000 kilom. environ. Ses principaux affluents Sont ; le Pacaja, le Rio-Fresco>le Guarini, l'Itabagua et l'Arinos.

XIPH, XIPHI ou XIPHO, prétixe qui existe dans un certain nombre de termes d'histoire naturelle, et qui indique un organe en forme de glaive. II vient du grec xiphos, épée.

XIPHANTHE s. m. (ksi-fan-te — du préf.

xiph, et du gr. anthos, fleur). Bot. Section des érythrines, genre de légumineuses.

XIPHASIE s. f. (ksi-fa-zt — du gr. xiphos, épée), Iclithyol. Genre de poissons anguilliformes, du groupe des donzelles.

XIPHIADIN, ine (ksi-fi-a-dain, i-ne). Ichthyol. Syn. -de xiphioïde.

XIPH1AS s. m. (ksi-fi-ass — du gr. xiphos, épée). Ichthyol. Nom scientifique du genre espadon, il Nom donné aux raakairas, aux tétraptères et aux voiliers, autres genres de poissons.

— Astron. Constellation de l'hémisphère austral, qui n'est pas visible pour la latitude de Paris, il On l'appelle aussi la Dorade.

XIPHICÈRE s. m. (ksi-fl-sè-re — du préf. xiphi, et du gr. Jceras, corne). Entom. Syn. de pamphage, genre d'insectes.

XIFHICHTHYS s. m. (ksi-fi-ktis — du préf. xiph, et du gr. ic/ithus, poisson). Ichthyol, Genre de poissons, du groupe des ténioïdes.

XIPHIDICÈRE s. m. (ksi-fi-di-sè-re — du gr. xiphidion, petite épée ; Itéras, corne). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des tanystomes, tribu des»empides, dont l'espèce type se trouve aux environs de Paris.

XIPHIDIE s. f. (ksi-fl-dî — du gr. xiphidion, petite épée). Bot. Genre de plantes, de la famille des hémodoracées, dont l'espèce type croit dans l'Amérique tropicale.

XIPHIDIE, ÉE adj. (ksi-fi-di-é).. Ichthyol. Syn. de xiphioïde.

xiphidien, IENNE adj. (ksi-fi-di-ain, iè-ne). Ichthyol. Syn, de xiphioïde.

XIFHIDION s. m. (ksi-fi-di-on — mot gr. qui signifie petite épée). Entom. Genre d'insectes orthoptères sauteurs, de la famille des locustiens, dont l'espèce type vit aux environs de Paris.

— Bot. Nom donné par les auteurs anciens aux sparganiers.

XIPHIDRIE S. f. V. XIPHYDRIK.

XIPHIFOLIÉ, ÉE adj. (ksi-fi-fo-li-é — du préf. xiphi, et du lat. folium, feuille). Bot. V. xiphOPhYLLB, qui est plus régulier.

XIPHILIN (Jean), patriarche de Constantinople, né à Trébizonde d'une famille sénatoriale, mort en 1078. Il embrassa la vie monastique et se retira dans une des solitudes du mont Olympe. Son mérite lui valut d'ètro nommé sénateur et d'être appelé, après la mort de Lichude (1066), à occuper le siège patriarcal de Conslaniinople. L'impératrice Eudoxie ayant promis d'épouser le frère de Xiphilin .si un la relevait du serment qu'elle

XIPH

avait fait de ne point se remarier, le patriarche l'autorisa à transgresser son serment; mais à peine l'impératrice eut-elle eu cette autorisation, qu'elle épousa Romain Diogène et le plaça sur le trône (1067). Xiphilin gouverna avec sagesse l'Eglise d'Orient. On a de lui des Constitutions ecclésiastiques, imprimées dans le Jus grsco-romanum de Leunclavius; des Sermons, publiés avec ceux de saint Basile (Moscou, 1775), et un recueil A'Homélies, conservées en manuscrit à la bibliothèque du-Vatican.

XIPHILIN (Jean), dit le Jeune, historien grec, neveu du précédent. Il vivait sous Michel Ducas, vers la fin du xie siècle, et passa la plus grande partie de sa vie dans un couvent, il Constantinople. C'est à lui qu'on doit X Abrégé de Dion Cassius, que la perte d'une grande partie de l'ouvrage rend extrêmement précieux. Il commence au trente-cinquième livre de Dion et contient la suite de l'histoire romaine 'depuis les guerres entre César et Pompée jusqu'à la mort d'Alexandre Sévère. Xiphilin n'a guère fait que copier l'original, en en retranchant les digressions. Son travail a été imprimé pour la première fois à Paris par Robert Estienne (1551, in-4<>). Le président Cousin en a donné une traduction française eu 1678.

XIPHIOÏDE adj. (ksi-ii-o-i-de — du lat.

xiphias, espadon, et du gr, eidos, aspect). Ichthyol. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre espadon.

— s. m. pi. Famille de poissons, voisine des scombéroïdes, et ayant pour type le genre espadon.

— Bot. Qui a la forme d'un glaive : Iris xiphioïde.

XIPHION s. m. (ksi-fi-on — du gr. xiphos, épée). Bot. Syn. et section des mis., genre type des iridées. n On dit aussi xiphium.

XIPHIRHYNQUE adj. (ksi-fi-rain-ko — du gr. xiphos, épée ; rhugehos, bec). Zool. Qui a le bec ou le museau en forme d'épée.

— s. m. pi. Groupe de poissons, qui a pour type le genre xiphias.

XIPHISTEBNAL, ALE adj. (ksi-fi-stèr-nal, a-le — du préf. xiphi, et de sternal), Anat. Se dit de l'une des pièces du sternum.

— s. m. Nom de l'une des pièces du sternum.

XIPHIURE s. m. (ksi-fi-u-re — du préf.

xiphi, et du gr. aura, queue). Entom. Syn. de xiphydrie, genre d'insectes.

XIPHOCARPE s. m. (ksi-fo-car-pe — du préf. xipho, et du gr. karpos, fruit). Bût. Genre de plantes, de la familie des légumineuses, tribu des lotées, dont l'espèce type croît à la Martinique.

XIPHOCÈRE s. m. (ksi-fo-sè-re — du préf. xipho, et du gr. keras, corne). Entom. Genre d'insectes orthoptères sauteurs, de la famille des acridiens, appelé aussi xiphicère. a Genre d'insectes diptères, de la famille des tanystoines, tribu des asiliques, dont l'espèce type habite Sumatra.

XIPHOCHÈTE s. m. (ksi-fo-kè-te — du préf. xipho, et du gr, chaitê, chevelure). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des vernoniées, dont l'espèce type croit au Brésil.

XIPHOCOLAPTE s. m. (ksi-fo-ko-la-pte — du préf. xipho, et du gr. kolaptà, je creuse en frappant). Ornith. Section du genre picucule, comprenant les espèces qui ont le bec recourbé.

XIPHODONTE s. m. (ksi-fo-don-te — du préf. xipho, et du gr. odous, dent). Mainm. Section du genre anoplotliérion.

— Encycl. Les xiphodontes sont des anoplothériums à formes légères et sveltes, qui devaient être agiles comme les gazelles ou le chevreuil. Leur queue était grêle et courte et leurs pieds diclactyles. Leurs dents formaient une série continue, les antérieures en forme de palmettes, à bords tranchants et lobés, les arrière-molaires à deux croissants, rappelant beaucoup celles des ruminants, la dernière inférieure à trois lobes. On en connaît trois espèces du terrain parisien.

XIPHODYME adj. (ksi-fo-di-me — de xiphoïde, et du gr. didumos, jumeau). Tératol. (se dit d'un monstre dont le corps est double supérieurement jusque vers l'appendice xiphoïde, et qui a deux membres inférieurs,

XIPHOÏDE adj. (ksi-fo-i-de — du préf. xipho, et du gr. eidos, aspect). Anat. Se dit d'un appendice cartilagineux qui termine inférieurement le sternum : Cartilage xiphoïde. Appendice xiphoïde.

— s. m. Cartilage xiphoïde : Le xiphoIde.

— Ichthyol. Syn, de xiphioïde.

XIPHOÏDIEN, IENNE adj. (ksi-fo-i-di-ain,

i-è-ne — rad. xiphoïde). Anat. Qui a rapport au cartilage xiphoïde. Il Ligament xiphoïdien, Ligament qui s'étend de la septième côte au cartilage xiphotde.

XIPHONIE, en latin Xiphonia, ville de la Sicile ancienne, sur la cote orientale, au N. de Syracuse et au S.-E. de Leontiuin. C'est actuellement la petite localité d'Agosta.

XIPHONOTE adj. (ksi-fo-no-te — du préf.

xipho, et du gr. nàcos, dos). Zool. Qui a ie dos tranchant comme un sabre.

XIPHOPAGE adj. (ksi-fo-pa-je — de xi-

XIPH

phoîde, et du gr. pageis, réuni). Tératol. Se dit d'un monstre formé de deux individus unis depuis l'appendice xiphoïde jusqu'à l'ombilic.

XIPHOPHORE s. m. (ksi-fo-fo-re — du gr. xiphos, épée ; phoros, qui porte). Bot. Genre d'algues, de la tribu des fucées, formé aux dépens des fucus ou varechs, et dont l'espèce type se trouve d;\ns les mers de la Polynésie et de l'Australie.

XIPHOPHYLEE adj. (ksi-fo-fi-le — du préf. xipho, et du gr. phullon, feuille). Bot. qui a des feuilles en forme d'épée.

XIPHOFTÈRE s. m. (ksi-fo-pto-re — du gr. xiphos, épée; pteron, aile). Ichthyol. Genre de poissons fossiles, de la famille des scombéroïdes.

XIPHOPTÉRIS .s. m. (ksi-fo-pté-riss — du gr. xiphos, épée; ptêris, fougère). Bot. Section des grammitis, genre de fougères.

XIPHORA.IHPHE s. m. (ksi-fo-ran-fe — du préf. xipho, et du gr. ramphos, bec). Ichthyol. Genre de poissons, du groupe des characins.

XIFBORHINE s. f. (ksi-fo-ri-ne — du préf. xipho, et du gr. rhin, nez). Erpét, Genre de reptiles ophidiens, du groupe des couleuvres et de la famille des dendrophides.

XIPHORHYNQUE s. m. (ksi-fo-rain-ke — du préf. xipho, et du gr. rhugehos, bec). Ornith. Genre d'oiseaux grimpeurs, formé aux dépens des dendrocolaptes ou picucuies.

— Erpét. Genre de reptiles ophidiens, du groupe des couleuvres.

— Ichthyol. Genre de poissons, du groupe des characins.

— Encycl. Ornith. Les xiphorhynques, réunis par plusieurs auteurs aux picucuies, s'en distinguent par leur bec très-long, grêle et fortement arqué. L'espèce type de ce genre est le xiphorhynque à bec en faucille, appelé aussi promérops. Cet oiseau est généralement roux ; mais cette couleur passe, sous le menton, à une teinte blanchâtre, et elle est marquée de raies longitudinales d'un blanc roussâtre sur la tête, la gorge et le cou ; le bec et les pieds sont noirs. Ce xiphorhynque se trouve au Brésil ; il se tient dans les grands bois des hautes montagnes, où il vit solitaire. Il grimpe le long des troncs d'arbres, autour desquels il tourne pour chercher sa nourriture ; celle-ci consiste en insectes et en larves, qu'il saisit en introduisant son bec dans les fentes.

XIPHO SI E s, f, (ksi-fo-Zl — du gr. xiphos, épée). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides, comprenant trois espèces, qui vivent aux environs de Paris.

XIPHOSOME s. m. (ksi-fo-so-me — du préf. xipho, et du gr. sàma, corps), Erpét. Genre de reptiles ophidiens, de la famille des pythoniens , groupe des boas, comprenant trois espèce.s, qui habitent l'Amérique et l'Ile de Madagascar.

XTPHOSTOME s. m. (ksi-fo-sto-me — du préf. jipAo.etdugr. stoma, bouche). Ichthyol. Genre de poissons, du groupe des characins.

XIPHOSURE adj. (ksi-fo-zu-re — du préf.

xipho, et du gr. oura, queue). Zool. Qui a la queue en forme d'épée.

— s. m. Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la famille des iguaniens.

— s. m. pi. Crust. Ordre ou sous-classe de crustacés, caractérisé surtout par une longue queue ensiforme, et comprenant le genre lunule : La place naturelle des xiphOSures aurait été à côté des branchiopodes. (H, Lucas.)

— Encycl.Crust. La famille dés xiphosures a pour caractères essentiels : un corps divisé en deux parties ; la première, recouverte patun bouclier lancéolé, porte les antennes, les yeux et six paires de pattes épineuses, servant à la fois à la marche et à la mastication ; la seconde, recouverte par un autre bouclier presque triangulaire, porte cinq paires de pattes natatoires, dont la face postérieure est garnie de branchies et se termine par une longue queue mobile, très-dure, en forme de stylet. Ces crustacés sont pélagiens et errants. Leur chair n'est d'aucun usage comme aliment; mais leur test sert a quelques usages économiques. On a trouvé en Suisse un crustacé fossile qui paraît appartenir k ce groupe. La famille des xiphosures ne se compose que de deux genres, les limules et les tachyplées, que plusieurs auteurs y rattachent comme simple sous-genre.

XIPHOTHÈQUE s. f. (ksi-fo-tè-ke — du gr. xiphos, épée; thékê , gaine), bot. Syn. de priestleye, genre de légumineuses.

XIPHURE s. m. (ksi-fn-fe — du gr. xiphos, épée; oura, queue). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famiile des titulaires, tribu des terricoles, comprenant deux espèces, du nord de la France.

XIPHYDRIE OU XIPHIDRIE S. f. (ksi-fi-tlri). Entom. Genre d'insectes hyménoptères térebrants, de la famille des siriciens, type de la tribu des xipliydriées, comprenant trois espèces, qui habitent l'Europe : Lu xiphydrie chameau se trouae fréquemment aux environs de Paris. (E. Deaiuarest.) Les larves des xiphydrie3 doivent vivre dans le bois. (H. Lucas.)

XOIT

— Encycl. Les xiphydries ont la tête arrondie en avant; les antennes insérées près de la bouche, grêles à l'extrémité; les yeux assez petits, saillants, arrondis; un cou allongé, bien distinct; les mandibules courtes et dentelées; la lèvre renfermée dans une sorte de gaîne tubuleuse; le corps linéaire, assez large; l'ècusson grand; l'abdomen cylindrique, terminé par une longue et robuste tarière ; les pattes courtes. Ces insectes sont généralement de taille moyenne; leur démarche est vive et leurs mouvements saccadés. On les trouve ordinairement sur les bûches dans les chantiers. La femelle dépose ses œufs dans le bois, où vivent les larves. La xiphydrie chameau est noire, avec quelques lignes et taches blanches ; on la trouve aux environs de Paris.

XIPHYDRIE, ÉE adj. (ksi-fi-dri-é — rad.

xip/njdrie). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte a la xiphydrie. Il On dit aussi xiPHV-

DRIAD13, ÉE, XIPUYDR1ADE, XIPHYDRIDE et XI-

PHYDRIIDE.

— s. f. pi. Tribu d'insectes hyménoptères térébrants, ayant pour type le genre xiphydrie.

XIPHYINÉ, ÉE (kxi-fi-i-né). Ichthyol.

Syn. de XIPHIOÏDE.

XIR s. m. (ksir). Alchim. Couleur noire.

XIRIGA s. m. (ksi-ri-ka). Crust. Espèce do crabe, des mers de la Guyane et du Brésil.

XISTON s. m; (ksi-stonn), Alchim. Vertde-gris en poudre.

XITOTÈQUE, ville du Guatemala. V. Martin-Xitotèqub (San-).

X1TRAGUPTEN, secrétaire du dieu des enfers, dans la mythologie indoue. C'est lui qui est chargé d'inscrire sur un registre les actions de chaque homme pendant sa vie, et qui présente ce registre au juge du tribunal infernal lorsque arrive un mort.

XIVREY (Jules Berger de), helléniste et critique français. V. Berger.

X1XONA, ville d'Espagne, province et à 28 kilom. N.-O. d'Alicante, ch.-l. de juridiction civile; 5,000 hab. (Jette ville est située comme un nid d'aigle au milieu de montagnes arides et tourmentées, dont la patience du génie valencien a su faire un jardin florissant. Partout aux environs l'industrieux paysan a réussi à soutenir et à faire courir sur le flanc de la montagne des eaux retenues dans un lit artificiel, formé de pierres sèches et soigneusement gazonné. Aussi , partout oit circulent ces canaux fertilisants, est - on ravi de voir, sur des pentes que l'homme a peine à gravir, pousser et fleurir le caroubier, le figuier, l'abricotier et surtout l'amandier, qui est la principale richesse du pays, et avec lequel les habitants fabriquent une sorte de nougat, véritablement cligne de sa renommée et connu dans toute l'Espagne sous le nom de turron de Xixona.

XOARCAM , le premier des cinq paradis, dans la mythologie indoue. C'est le séjour des trente-trois millions de dieux, qui vivent au milieu de femmes d'une beauté rare et en compagnie de quarante-huit mille pénitents jugés dignes de partager leur félicité. Le principal personnage de ce lieu de délices se nomiïie Devandiren.

XOCHICAPAL s. m. (kso-chi-ka-pal — mot mexicain). Bot. Nom du liquidambar ou copalme, au Mexique.

XOCHIM1LCO, lac du Mexique, un des cinq de la vallée de Mexico, non loin de la ville de ce nom. Ses eaux, très-limpides, s'écoulent au N. dans le petit lac de Tezcuco.

XOCHITOTL s. m, (kso-chi-toll — mot mexicain). Ornith. Espèce de loriot, qui habite le Mexique : On dit que le ramage du xochitotl est assez agréable. (V. de Boiuare.) Il On dit aussi xochiton.

— Encycl. L Le xochitotl ou xochiton est de la taille de notre merle; la couleur générale de son plumage est un jaune nuancé de diverses teintes; la gorge, le bec, les pennes, les pieds et les ongles sont noirs. Cet oiseau se trouve au Mexique; on le trouve désigné par quelques auteurs sous les noms de loriot du Mexique ou troupiale de la Nouvelle- Espagne; d'autres prétendent que c'est une variété, ou même simplement la femelle du costototl ; il est certain du moins que ces deux oiseaux se ressemblent beaucoup par le plumage. Le xochitotl a un ramage assez agréable ; il se nourrit d'insectes, de vers et rie graines et suspend son nid à l'extrémité d.!S rameaux des arbres; il passe dans le paya pour un mets délicat.

XOCOATL s. m. (ksoko-atl). Boisson que les anciens Mexicains fabriquaient avec du maïs.

XOÏS, ville de l'Egypte ancienne, dans le Delta, à ï kilom. N.-O. de Busitis, 4 kilom. de Sébannyte, chef-lieu du nome Xoïte et berceau des rois de la quatorzième dynastie égyptienne.

XOÏTE s. et adj. (kso-i-te). Géogr. anc. Habitant de Xoïs ; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les Xoïtes. La population xoïte.

— llist. Dynastie xoïte. Quatorzième dynastie égyptienne, suivant Manéthon,

XUTA

XOLISME s. m. (kso-li-sme). Bot. Syn. de lyonik, genre d'éricinées.

XOLNE s. m. (ksol-ne). Ornitb. Syn. de

TIÎNIOPTÈHK.

XOLO s. m. (kso-lo). Ornith. Espèce d'oiseau gallinaoé, originaire des Philippines, et plus connu sous Je nom de poulk hwpée.

XOMOTL s. m. (kso-motl). Ornith. Espèce de canard du Mexique, dont les plumes servent à confectionner des vêtements de luxe.

— Encycl. Le xornoll est une espèce de canard, remarquable par les teintes riches et variées de son plumage. D'après Saba, la tête est d'un beau rouge; le dos et la poitrine d'un rouge pâle : le haut des ailes d'un jaune clair et le bas d'un rouge incarnat; la queue, qui se déploie en éventail, est nuancée d'un rouge éclatant et d'un beau jaune à l'extrémité. Le bec est jaune, terminé par une pointe très-aiguë, et offre en dessous une tache noirâtre, semblable à celle qu'on trouve au coin des yeux. D'après V, de Bomare, le dos et le dessus des ailes sont noirs et ia poitrine brune. Quand cet oiseau est en colère, les plumes de sa tète se relèvent en forme de huppe. Les Indiens emploient ses plumes pour se parer.

XONALTITE s. f. (kso-nal-ti-te). Miner.

Silicate de calcium hydraté, que l'on rencontre à Tetela-de-Xonatla, au Mexique.

— Encycl. La xonallite est un silicate de calcium hydraté, qui a été trouvé k Tetelade-Xonatla, au Mexique. Ce minéral sa rencontre interposé à l'apophyllite et à la bustamite , avec lesquelles il forme des couches concentriques blanches ou d'un gris bleuâtre II est tantôt compacte, tantôt à grains lins. Il est très-dur et en même temps tiès-liexible. Sa densité varie de 2,710 à 2,7 18. Les analyses donnent pour la variété blanche (A) et pour la variété grise (B) des nombres qui s accordent, à peu de chose près, avec ceux qu'exige la formule

(Ca"SiO»)* + H«0.

XORIDE s. in. (kso-ri-de). Entom. Genre d'insectes hyménoptères térébrants, de la famille des ichneumoniens, tribu des ophionites, comprenant un assez grand nombre d'espèces, qui habitent l'Europe : Le xoiudk indicateur se trouve aux environs de Paris. (K. Desmarest.)

XOHULLO , volcan du Mexique. V. Jo-

RULLO.

xoxom s. m. (kso-ksomm). Nom donné à certains prêtres indous.

— Xoxom pringri. Grand prêtre d'Aracan.

XOXOMA s. m. (kso-kso-ma). Corps des xoxonis ou prêtres indous.

XCARÈS (Rouerie), jurisconsulte espagnol.

11 vivait au xve siècle, du temps de Ferdinand et d'Isabelle, exerça avec un grand éclat la profession d'avocat k Valladolid , puis devint membre de l'audience royale de cette ville et décurion k Salamanque. Son opinion fit longtemps autorité parmi les jurisconsultes espagnols. On a de lui : Allegationes et cortsilia (Medina-del-Campo, 1555); fiepetitiones sive lecturx in quasdam leges (Salamanque, 1556) et divers Opuscules de droit. Ses ouvrages ont cté réunis et publiés avec notes (Valladolid, 1590, in-fol.) et plusieurs fois réédités.

XUAKÙS (Gaspard), écrivain et botaniste américain, né k San-Iago-del-Estero (Paraguay), mort à Rome en 1804. Il entra dans l'ordre des jésuites, s'adonna k l'enseignement de la philosophie et de la théologie et se rendit, après la suppression de son ordre, en Italie, où il s'occupa principalement de botanique. Outre une Histoire de ia province de Buenos- Ayres et des Dissertations restées manuscrites, on lui doit : Osservazioni filologiche sopra alcune plante esottche (Rome , 1789-1792, in-4<>); Vida iconolonica del apostol de tas Indias, S. Francisco Xavier (Rome, 1798, in-8»), etc.

XUARÉZIE ou XDARÉSIE s. f. (ksu-a-rézl — de Xuares, savant espagn,). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des personnées, tribu des graliolées, dont l'espèce type croît au Pérou.

XUCAB ou JUCAR, le Sucro des anciens, rivière d'Espagne. Elle prend sa source dans la province de Cuença, au Cerro-San-Felipe, coule d'abord au S. , puis à l'E. , baigne Cuença, Jorquera, Coiïentes, Alcira et.Callora, où elle se jetta dans la Méditerranée, après un cours d'environ 350 kifum,. Ses affluents principaux sont le Gabriel et le Mago.

XUCARAY, rivière de l'Amérique du Sud, dans la république de l'Equateur. Elle prend sa source au versant oriental de la chaîne des Andes, coule ad S.-E. et se jette dans l'Amazone par la rive gauche, après un cours de 150 kilom., vers le milieu duquel il forme un lac.

XULLA ou XOULLA, groupe de quatre Iles de l'Oceaiiie, dans la Malaisie hollandaise, à VE. de l'Ile Célcbes, entre 1° 55'-2« 30' de latit. S. et entre 122" 20'-l24» 10' de longit. E. Ces îles sont hautes, bien boisées et assez peuplées.

XUTAS s. m. (ksu-tass — mot péruvien), Ornith. Espèce d oie, qui vit au Pérou,

XYLÂ

XDTHUS , fils d'Helien, petit-fils de Deucalion. H devint roi du Péloponèse. Ayant porté secours aux Athéniens engagés dans une guerre, il obtint, après la victoire, en récompense de sa valeur, la main de Creuse, fille d'Erechthce. D'après certains mythologues, il eut d'elle deux fils, Ion et Aeliœus, qui devinrent la tige des Ioniens et des Achéens. D'après une autre tradition, il n'eut point d'enfant après plusieurs mariages et consulta k ce sujet l'oracle d'Apollon. Ce dieu, qui avait en de Creuse un nls nommé Ion, conseilla à Xuthus de reconnaître pour fils le premier enfant qu'il apercevrait en sortant du temple, et t'enfant que rencontra le roi fut naturellement Ion, dont il lit son héritier.

XYA s. m. (ksi-a — du gr. xuâ, je racle, j'égratigne). Entom. Syn. de tridactyle , genre d insectes orthoptères.

XYALASFIS s. m. (ksi-a-la-spiss — du gr. tcualê, racloir; aspis, bouclier). Entom. Genre d'insectes hyménoptères térébrants, de la famille des cynipsiens.

XYÈLE s. f. (ksi-è-le — du gr. xuêlâ, coutelas courbé; venu de xuô, racler, raboter, polir, couper, lequel appartient peut-être, aussi bien que son allié œeâ, gratter, racler, à la même famille que le latin scabere, gratter ; c'est du moins l'hypothèse proposée par Curtius. Eichhoff, toutefois, indique, pour sa part, une racine sanscrite kshi, rompre, détruire), Antiq. gr. Epée recourbée dont se servaient les Lacédémoniens.

— Entom. Genre d'insectes hyménoptères térébrants, de la famille des tenthrédines, type du groupe des xyélites, comprenant deux espèces, qui habitent l'Europe : Chez Us xyélks le corps est grêle et comprimé. (E. Desmarest.)

— Encycl. Entom. Les xyèles sont des insectes à corps grêle et comprimé, à antennes composées de treize articles; l'abdomen des femelles se termine par une tarière presque aussi longue que le corps. Ce genre, type de la tribu des xyélites et désigne aussi sous les noms de mastigocère et de pinicole, ne renferme jusqu'à présent que deux espèces, qui toutes deux habitent l'Europe; elles vivent sur les arbres' résineux, particulièrement Sur les pins et les genévriers. La xyèle naine habite la France ; la xyèle longuette se trouve en Suède. Ces insectes doivent leur nom générique à la forme de leur corps. Leurs mœurs sont peu connues; elles paraissent se rapprocher de celles des céphus.

XYÉLITE adj. (ksi-é-lî-te — rad. xyèle). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre xyèle. Il On dit aussi xyélide et xyélide, KE.

— s. m. pi. Groupes d'insectes hyménoptères, de la famille des tenthrédines, ayant pour type le genre xyèle : Les xyélites ont toujours la tarière des femelles presque aussi longue que le corps. (E. Desmarest.)

XYL, XYLO, préfixe qui veut dire bois, et qui vient du grec xulou, même sens.

XYLADÉNIE s. m. (ksi-la-dé-nl —dupréf.

xyl, et dugr. adên, glande). Bot. Genre d'arbres, de la famille des bixacées, dont l'espèce type croit à la Guyane.

XYLANDER (Guillaume Holtzmann, plus Connu sous le nom gréeisé de), célèbre érudit allemand, né de parents pauvres à Augsbourg en 1532, mort en 157C. Grâce k un généreux protecteur frappé de ses étonnantes dispositions, il fit de rapides progrès dans les langues et les littératures anciennes, se rendit k Tubingue, où il apprit la philologie, l'histoire, la théologie, la philosophie et les mathématiques, changea, à l'exemple des Savants du temps, son nom de Holtzmann qui signifie en allemand homme de bois pour le nom de Xylander, dont la signification est la même en grec, et obtint à vingt-six ans, en 1558, unechairo de langue grecque k l'Académie de Heidelberg. L'électeur palatin Frédéric III, qui avait son talent en haute estime, le nomma secrétaire des assemblées tenues à l'abbaye de Maulbrun pour discuter les points controversés entre les protestants. Malgré sou traitement comme professeur, les gratifications qu'il recevait de l'électeur et le produit de ses livres, il vécut constamment dans la gêne. Scaliger nous apprend qu'il s'enivrait tous les jours. IL mourut dans la force de l'âge, épuisé par un travail excessif joint à l'abus des liqueurs fortes. Xylander, grâce à son étonnante facilité, a traduit pour les libraires un grand nombre d'ouvrages, et, malgré quelques négligences, ses traductions sont très-estimées des philologues. Nous citerons, parmi les plus remarquables : celles des Œuvres de Plutar- • que (Bâle, 1561-1570); de Strabon (Bâle, 1571); de la Chronique de Cedrenus (Bàle, 1565); de Tryphiodore (Bâle, 1578); du traité De quatuor disciplinis mathematids de Michel Psellus (Bàle, 1556) ; de l'Histoire de Dion Cassius (Bâle, 1558) ; des Méditations de l'empereur Marc-Aurèle (Bâle, I558);de Diophante (Bâle, 1575); des six premiers livres d'Euclidis (1572), qui n'avaient pas encore été traduits ; de ï' Histoire de Polybe, du Nouveau Testament., etc. On a aussi de lui divers ouvrages originaux, entre autres: De philosophia et ejus partibus carmen (Bàle, 1556) et une introduction k la philosophie d'Aristote, sous ce titre : Institutions

XYLE

aphovistiex logics Aristotelis (Heidelberg, 1577, in-4°). Quelques pièces de vers de lui ont été recueillies dans les Deliciœ poetarum germanorum. Xylander était un homme d'une rare érudition pour son temps, et il écrivait en latin avec une grande pureté.

XYLANDER (Joseph-Charles-Auguste von), écrivain militaire et homme politique allemand, né k Munich en 1794, mort à Francfort en 1854. Après être sorti de l'école militaire, il fut nommé à dix-huit ans lieutenant du génie, travailla en 1813 aux fortification d Augsbourg, puis à la défense de la ligne du Lech, fit partie après la paix de la commission chargée de la détermination des frontières et publia, en 1818, un volume sur la stratégie, qui lui valut d'être nommé professeur de tactique à l'école militaire de Munich. D'autres ouvrages qu'il fit ensuite paraître fondèrent sa réputation, et il reçut, vers 1825, la mission d apprendre l'art mili • taire au prince Maximilien de Bavière et au prince Auguste de Leuchtenberg. Vers la même époque, Xylander parcourut les principaux Etats de t'Europe pour y étudier l'organisation des armées. En 1846 et en 1847, il représenta la Bavière k la commission militaire de la diète germanique et reçut, en 1848, le grade de colonel d'état-major. Nommé celte même année par les électeurs de Munich, membre du parlement national allemand, il fit partie de cette assemblée jusqu'au commencement de l'année suivante, fut promu général peu de temps après, remplit avec habileté des missions diplomatiques près de diverses cours, et il était depuis 1S52 le représentant militaire de ia Bavière près la diète germanique lorsqu'il mourut. On lui doit les ouvrages suivants : la Stratégie (L818); De l'art moderne de la fortification (1819); Cours de lactique (1820-1823, 4 vol.), traite fort estimé; De la création des armées (1821); Réflexions sur l'art ancien et moderne de la guerre (182-4) ; Histoire de la guerre en Suède en 1808 et 1809 (1825, in-8°) ; Considérations sur l'infanterie (1827); Recherches sur l'organisation des armées de notre époque (1831). On lui doit encore quelques ouvrages tte linguistique : De la langue des Albanais (1834); De l'étude des langues et de l'histoire moderne (1838), etc.; enfin une traduction de la Défense des places fortes mise sur un pied d'égalité avec les moyens d'attaque, par le général suédois Virgin (1819).

XYLANTHÈME s. m. (ksi-lan-tè-me — du préf. xylon, et du gr. anthêma, floraison). Bot. Syn. de cirsb, genre de carduaeées.

XYLATE s. m. (ksi-la-te — du gr. xulon, bois). Chim. Sel de l'acide xylique.

XYLÈME s. m. (ksi-lè-me — du gr. xulon, bois). Bot. Genre do champignons, comprenant plusieurs espèces, qui croissent en parasites sur les feuilles des arbres : Le xyléme du châtaignier est blanchâtre et parsemé de points noiJ'î.'(Bosc.)

— Encycl. Les xylèmes sont des champignons constitués par un péridium assez dur, de forme diverse, et qui se rompt en divers endroits pour laisser sortir une sorte de gelée charnue dont il est rempli. Les espèces peu nombreuses de ce genre croissent sur la face supérieure des feuilles vivantes ou mortes et y forment des taches noires, souvent luisantes. Lorsqu'elles sont abondantes sur un végétal, elles ne peuvent qu'être trèsnuisibles, car elles contrarient l'accomplissement des fonctions de la respiration et de la nutrition. Le xylème des érables croit sur les érables plane et sycomore, quelquefois en si grande abondance que les feuilles paraissent toutes noires. Le xylème des peupliers ressemble beaucoup au précédent et est souvent aussi commun sur les peupliers tremble, noir et giisard; quelquefois il n'y a pas sur ces arbres une seule feuille qui ne soit tachée. Le xylème du châtaignier est blanchâtre et parsemé de points noirs; toutefois, il est rarement assez abondant pour nuire k la végétation de l'arbre ou à la production du fruit. Malheureusement, on ne connaît pas jusqu'à présent de moyen pratique et efficace de s'opposer k la propagation de ces cryptogames. On a remarqué qu'Us infestent surtout les sujets plantés dans les terrains secs et arides ; c'est lk une indication dont on peut tirer parti.

XYLÈHE s. f. (ksi-lè-ne — du gr. xulon, bois). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuides.

— Chim. Nom donné k plusieurs carbures d'hydrogène isomères, qui renferment 8 atomes de carbone et 10 atomes d'hydrogène.

— Encycl. Chim. On donne le nom général de xylènes & des hydrocarbures isomères qui répondent à la formule brute C8£P0. Ces hydrocarbures sont au nombre de deux : l'éthyl-benzine C«11&(02HS) et la diméthylbenzine ou xylène proprement dit, que l'on appelle encore méthyl-toluène C6H*(CII3)2.

La diméthyl-benziue peut théoriquement exister sous les trois modifications ortho, meta et para, suivant que les groupes môthyle occupent, dans sa molécule, l'un par rapport k l'autre, les positions 1 : 2, 1 : 3 ou 1 : 4.

— Ethyl-benzine C6HB,CaH5. On obtient ce corps en faisant agir du sodium sur un mélange de monobromobenzine et de bro-

XYLÈ

mure d'étiiyle dissous dans l'éther. Sa formation est représentée pur l'équation :

C6H»Br + CîHSBr -f NaS Monobromoben- Bromure d'éthyle. Sodium, zine.

2NaBr + CSH^CW)

Bromure Rodique. Ethyl-benzine.

Il se produit encore, en même temps que la diéthyl-benzine et une petite quantité de benzine, en chauffant pendant quelque temps, de la naphtaline ou du cinnamène avec vingt fois son poids d'une dissolution saturée d'acide iodhydrique :

Naphtaline. Hydrogène. Diétbyl-benztao.

C10H8 + 4H« = C»H1» + C«H« Naphtaline. Hydro- Ethyl- Hydrure

gène. benzine. d'éthyle.

C10H.8 -f 5H2 = C6H« + 2CW Naphtaline. Hydro- Benzine. Hydrure

gfine. d'éthyle.

C8H8 + H* CSfltO

Cînnamcne. Hydrogène. Ethyl-benzine.

L'éthyl-benzine est un liquide mobile, incolore, qui ressemble beaucoup au toluène et qui bout d'une manière constante à 133°. Elle se décompose presque en totalité lorsqu'on la fait passer en vapeur k travers un tube en porcelaine chauffé au rouge, avec formation de cinnamène et de petites quantités de toluène, de benzine, denophtaliue et d'hydrure de naphtaline CWH10:

3C8H10 « 2Cm» -}- ClOH» + 3H8 Elhyl-ben- Toluène. Naphtaline. Hydro-

zine. gêne.

3C8HW =» «CTO + CI0H10 + 2H* Ethyl- Toluène. Hydrure de Hydro-

benziqe. naphtaline. gène.

Par oxydation prolongée avec de l'acide azotique, ou avec de l'acide chromique, l'éthyl-benzine se convertit en acide benzoïque, sans que cotte production soit précédée de la formation préalable de l'acide o-toluique, comme on pourrait théoriquement le supposer.

— Dérivés bromes de l'éthyl-bensine. L'éthyl-benzine est lentement attaquée par le brome à froid, avec formation de monobromôthyl-benzine CBtI>Br(C2H6); k 100<>, il se forme des produits de substitution qui sont liquides comme la raonobro-méthyl-benzine elle-même. La monobro-méthyl-benzine est un liquide qui bout à 199° et dont la densité est de 1,34 à 35°. Oxydée par l'acide chromique, elle donne de l'acide parabromobenzoîque ; Soumise 0 l'action simultanée du sodium et de l'anhydride carbonique elle se convertit en acide éthyl-benzoïque isomère de l'acide xylique ou diméthylbenzoïque:

C8H*,Br,CSHK + 2Na -f- CO* Brométhyl-benzine. Sodium. Anhydride

carbonique.

= NaBr + C«H*,C02Na,C2HS Bromure so- Ethyl-benzoate sodique.

dique.

— ; Dérivés nilrés de l'éthyl-bensine. Beilstein a démontré qu'il existe deux modifications de mononitro-éthyl-benzine. Lorsqu'on ajoute à l'éthyl-benzine de l'acide azotique de 1,475 de densité jusqu'k ce qua l'on ait une solution claire, qu'on traite ensuite la liqueur par l'eau, puis qu'on lave l'huile à 1 ammoniaque et qu'on la distille, on obtient un liquide qui passe k la distillation entre 226° et 251». Après une vingtaine de distillations fractionnées, ce liquide se scinde en deux portions u et p, toutes deux liquides et incapables de se solidifier dans un mélange réfrigérant. L'a-mononitro-éthyt-banzine bout entre 245» et 246", présente une densité de- 1,24 à 25° et se transforme .facilement en acide nitrodracylique sous l'influence oxydante de l'acide chromique. La p-mononitrôéthyl-benzine bout de 227° a 228°, présente une densité de 1,126 k 24»,5. Sous l'action oxydante de l'acide chromique elle ne donne aucun acide , mais se transforme, si cette action se prolonge, en produits de combustion complète. Les xylidinea et les acides sulfoconjugués qui proviennent de ces deux nitro-éthyl-benzines isomères présentent, comme les dérivés nitrés qui leur ont donné naissance, des propriétés différentes. La xylidine o, C6H*(AzH2)CsH5, est un liquide clair de 0,975 de densité k 22<>; elle bout entre 213° et 214° et brunit rapidement au contact de l'air. La B-xylidine a une densité de 0,975 à 220; elle bout à210o-211« et brunit, comme son isomère, au contact de l'air. La modification a de l'acétoxylids

C6HS,C*H*(AzH,C2H30),

qui prend naissance lorsqu'on soumet l'une ou 1 autre de ces xylidinea à une ôbullition prolongée avec de l'acide acétique, fond k 94», bout entre 3i50et3i7<> et se dissout trèsfaiblement dans l'eau bouillante, tandis que la modification % bout entre 304° et 305° etso dissout dans l'eau bouillante avec beaucoup do facilité.

Les acides sulfoconjugués a et p, produits par l'action très-prolongée à 100° de l'acide sulfurique fumant sur les deux variétés de nitro-éthyl-benzine, sont également isomères. Le sel de baryum de l'acide a cristallise en grosses aiguilles aplaties, d'un demi-pouce delongueur.renferinantdefeaude cristallisation et très-peu solubles dans l'eau froido.

XYLE

'Le sel de barj'um de l'acide p cristallise en lamelles anlndres d'un blanc d'argent brillant, cmi se dissolvent aussi fort peu dans l'eau iroide.

— DlMÉTHYL-BliNZINB OU XTMJNB. NOUS

avons déjà dit qu'il existe théoriquement, et nous allons voir que ces trois variétés existent en fait, trois variétés de xytène ou diméthyl-benzine : l'orthoxylène, le paraxylène et le métaxylène.

Le xylène a été d'abord obtenu par la distillation fractionnée de l'huile de houille, ou du liquide huileux qui se sépare de l'esprit de bois brut lorsqu'on traite ce liquide par l'eau. Pour le retirer de l'huile de houille, on soumet à la distillation fractionnée les portions de cette.huile qui bout entre 130° et 1 6Û<>. Ou en sépare ainsi une partie volatile à 141». Celle-ci, agitée avec de l'acide sulfurique renfermant un peu d'acide fumant, abandonne à ce liquide le xylène, qui se dissout à l'état d'acide sulfoconjugué, tandis qu'il reste à l'état insoluble un hydrocarbure volatil à 151° de la série du gaz des marais, qu'on sépare à l'aide d'un entonnoir de la solution sulfurique, et un hydrocarbure également insoluble, que l'on sépare également de la solution sulfurique et qui appartient à la série de l'essence de térébenthine. La liqueur sulfurique, décomposée par la distillation, fournit du xytène pur qu'on lave à l'eau, qu'on dessèche et qu'on distille.

Le xytène synihétique prend naissance lorsqu'on fait agir le sodium sur un mélange de monobroinotoluène et d'iodure de méthyle ;

C6HBBr,CH3 + CHS,I + 2Na Bromotoluêne. lodure de mé- Sodium,

thyle.

= Nal 4. NaBr + C<W

Cil»

lodure Bromure Xylène. ■

Bodique. sodique.

Au début, on a supposé que le xylène synthétique était identique au xylène du goudron de houille; mais en 1867 Fittig, Ahrens et Mattheules démontrèrent que les dérivés bromes, nitrés etamidés du m^thyl-toluène diffèrent sous plusieurs rapports importants de ceux du xylène du goudron de houille, ce qui a conduit à cette conclusion que ces deux hydrocarbures sont isomères et non identiques. Dans le courant de la même année, Fittig et Velguth, en chauffant, avec de la chaux sodée, l'acide mésitylénique CWOCrê, obtinrent une autre modilication du xylène, auquel on donna le nom d'isoxylène, suivant l'équation :

CSH10O2 «. CSfUO -J- CO« Acide mésitylé- lsoïylène. Anhydride

nique, carbonique.

L'isoxylène diffère du méthyl-toluène en ce qu'il ne s'oxyde pas, ou ne s oxyde que fort peu, par l'acide azotique et ne fournit pas, sous son influence, d'acide toluique, tandis que ce dernier acide se. produit facilement par l'action de l'acide azotique sur le méthyltoluène. Oxydé par l'acide chromique, l'iso- Xylène donne naissance non à l'acide téréphtalique pulvérulent, mais à de l'acide isophtalique qui cristallise en longues aiguilles déliées insolubles dans l'eau froide, peu solubles dans l'eau chaude, très-solubles dans l'alcool.

Plus tard, en 1869, Fittig fit voir que le xytène du goudron n'est point une substance définie, mais un mélange de méthyl-toluène et d'isoxylène, mélange dans lequel l'isoxylène domine de beaucoup. En oxydant, en effet, cet hydrocarbure avec de l'acide chromique, Fittig obtint un mélange d'acide isophtalique et d'une petite quantité d'acide téréphtalique qu'il sépara au moyen de l'eau touillante, dans laquelle l'acide téréphtalique est à peine soluble. Toutefois, même au bout de douze à quatorze heures, près de la moitié de l'hydrocarbure restaitinattaquôe. Cette partie, soumise pendant seize heuresencore a l'action de l'acide chromique, ne donna plus que de l'acide isophtalique et des traces d'acide téréphtalique. Ce résultat prouva que le xylène du goudron renfermait 90 pour 100 d'isoxylène et 10 pour 100 de méthyl-toluène.

Comme l'iBoxylêne se forme par la décomposition de l'acide mésitylénique, les deux groupes méthyle ont probablement dans la molécule la position l : 3, tandis que, dans le méthyl-toluène, qui correspond a 1 acide parachlorobenzoïque, les atomes de méthyle occupent la position l : 4. En d'autres termes, l'isoxylène estdela métadimétbyl-benzine ou métaxylène, tandis que le méthyltoluène est du puraxylène ou paradiméthylbenzine.

Depuis lors, il a été démontré par Fittig, Laubinger et Jannasch que, lorsqu'on introduit un nouveau groupe méthyle dans la diméthyl-benzine, soit que l'on parte de la modification para, soit que l'on parte de la modification meta, on obtient un seul et même hydrocarbure C6H3{CH3)3, connu sous le nom de pseudo-cumène. Il en résulte que dans la triméthyl-benzine ou pseudo-cumène les trois groupes méthyle occupent les positions 1 : 3 : 4. Ce pseudo-cumène, oxydé par l'acide azotique étendu, donne à la fois deux acides isomères, l'acide xylique et l'acide paraxylique CS>H10Os. La seule différence qui puisse exister entre ces deux acides, provenant l'un et l'autre de la triméthyl-benzine, réside

XYLÊ

aans ce fait que, pour l'un, 1 oxydation qui a transformé un méthyle CH* en carboxyle CO!H a porté sur un des trois groupes de méthyle, tandis que, pour l'autre, c'est sur un groupe différentde méthyle que l'oxydation a porté. Le pseudo-euinène renferme donc deux mélhyles également oxydables.

Pour déterminer quels sont ces deux groupes doués de la faculté de s'oxyder et quel est celui des deux qui donne, en s'oxydant, l'acide paraxylique et celui qui donne l'acide xylique, il est nécessaire d'enlever aux deux acides leur groupe carboxyle et de voir quelle est la modification de la diméthylbenzine ainsi préparée. L'expérience a été faite : , l'acide xylique donne, lorsqu'on le distille avec de la chaux sodée, du métaxylène pur, volatil entre 137» et 138°, inattaquable par l'acide azotique étendu et susceptible de se convertir en acide isophtalique, sous l'influence de l'acide chromique.

Comme dans le métaxylène les deux méthyles occupent les places 1 : 3, on peut conclure que, dans la formation de l'acide xylique au moyen du- pseud.o-cumène, c'est le méthyle qui occupait la place 4 qui a été oxydé et converti en carboxyle, tandis que, dans la formation de l'acide paraxylique, l'oxydation a porté sur le méthyle occupant la place 1 ou 3. Si c'est le groupe 3 qui a été oxydé et converti en carboxyle C02H, l'élimination du groupe CÛ2H doit donner naissance au paruxylène (1 : 4). Si, au contraire, c'est le groupe l qui a été oxydé, i'élimination du carboxyle de l'acide paraxylique doit donner lieu à une troisième modilication isomérique de la diinéttiyl-benzine dans laquelle les deux méthyles occuperont les places i : 2 et qui sera l'orthoxylène ou orthodiméthyl-benzine.

Or, Bieber et Fittig ont trouvé que l'acide paraxylique, distillé avec de la chaux sodée, donne un xylène différent des deux modifications para et meta. Cette décomposition par la chaux sodée exige une température élevée, ce qui ne l'empêche pas d'être assez régulière pour que l'hydrocarbure qui en provient, l'orthoxylène, soit pur après une ou deux rectifications.

L'orthoxylène bout d'une manière constante entre 140° et 141», c'est-à-dire 3<> plus haut que le métaxylène. Son odeur est particulière et un peu moins agréable que celle des modifications meta et para. Use distingue facilement de ces deux variétés par la manière dont il se comporte avec les acides sulfurique et azotique. Le para et le métaxylène sont, en effet, très-facilement convertis par le mélange en un dérivé trinitré eristallisable, tandis que l'orthoxylène ne se convertit que très-difficilement en un. dérivé cristallisé. L'acide azotique étendu oxyde lentement l'orthoxylène, qu'il transforme en un acide volatil.isomère avec l'acide toluique, qui n reçu le nom d'acide ortliotoluique. V.

TOLUIQUG.

Le xytène prend naissance, en même temps que d'autres hydrocarbures de la même série ; sous l'action du l'acide iodhydrique il se convertit en octane C^i'ilS. L'iodure de phosphonium PHM le convertit en diiuéthylbenzoline C8HH. Dans l'organisme animal, il se convertit en une modification particulière d'acide tolurique.

XYLÉNIQUE adj. (ksi-lé-ni-ke). Chim. Se dit d'un alcool; ou plutôt d'un phénol diatomique, qui résulte de l'action de l'eau sur l'azotate de diazobenzidme.

— Encycl. Le phénol xylénique C12H10O2 (syn. dip/iénylique, acide dipkénylique) est un phénol diatomique que Giiess'a obtenu en traitant l'azotate de diazobenzidine par l'eau :

ClSH6Az4,2HAz03 + 2H2Q

Azotate de diazobenzidine. Eau.

= CiSHlOO* + 2HAz03 + 2AzS

Alcool Acide Azote.

xylénique. azotique.

Il cristallise en petites plaques blanches ou faiblement colorées, quelquefois en aiguilles ; il est peu soluble dans l'eau, facilement soluble dans l'alcool et l'éther. Il fond lorsqu'on le chauffe et peut être sublimé, lorsqu'on n'opère que sur de petites quantités, avec soin, dans un tube de verre fermé par un bout. La potasse le dissout et les acides le précipitent de cette dissolution. L'ammoniaque aqueuse concentrée le dissout aussi, et le composé formé donne, par l'acétate de plomb, un précipité blanc volumineux. L'acide azotique concentré le convertit en un acide nitré qui cristallise en cristaux jaunes, arrondis, et qui forme un seï ammonique crjstullisable en longues aiguilles.

XYLÉNOL s. m. (ksi-lé-nol — r&d. xylène). Chim. Phénol dérivé du xylène.

— Encycl. Il existe deux xylénols, qui dérivent l'un et l'autre du xylène

par la substitution de l'oxhydryle à l'hydrogène dans la chaîne principale j leur formule est donc

CanS(OH) j £$3 = C8H10O.

Ces deux corps isomères viennent d'être obtenus par M. Wurtz par une méthode découverte en 1867 simultanément par lui, par M. Kékulé et par M. Dusort. Cette méthode, nous le rappellerons en peu de mots, consiste

XYLÎ

a transformer les hydrocarbures aromatiques en acides sulfoconjugués au moyen de l'acide sulfurique fumant ou même de l'acide sulfurique ordinaire, et à fondre ensuite les sels de ces acides conjugués avec un excès rie potasse. Dans ces conditions, il se forme du sulfite de potassium et une combinaison potassique du phénol cherché:

Acide sulfobeozidique.

Benzine.

Eau.

2KIIO Potasse.

CW.OK

Acide sulfurique

om

OC6H5 Acide Gulfobenzidique.

ont

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