‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 948 sur 1042 · PÉNÉLOPE · texte numérisé non relu

PÉNÉLOPE

YACOUD ou IACOUB (Ibn-Leith ou Laïth), surnommé Al-Sollur {te Chaudronnier), fondateur de la dynastie des Soffarides en Perse, ué dans la province de Seïstan, mort en 879.

YACO

Comme son père, il exerça d'abord la profession de chaudronnier; mais son caractère audacieux et entreprenant, son besoin de commander lui tirent prendre vite en dégoût son état. Il se mit à la tête d'une troupe de bandits, avec lesquels il pilla les caravanes et se signala bientôt par sa bravoure, par son audace et en même temps par son extrême générosité envers ses compagnons.

Surle bruit de ses aventures, le gouverneur de la province, Salih, voulant chasser les Tahérites, le prit à son service et trouva en lui un précieux auxiliaire. Darham, qui succéda à Salih, donna le commandement de ses armées à Yaeuub. En 862, ceprincej faible et sans capacité, ayant abdiqué le pouvoir, Yacoub fut choisi par l'année pour lui succéder et devint ainsi maître du Seïstan. L'ancien chaudronnier s'attacha à se concilier par son équité l'affection de ses sujets, mit par sa fermeté un terme aux dissensions intestines, déploya une infatigable activité pour augmenter ses forces militaires et contraignit le calife à lui donner l'investiture. Profitant desrévoltesquiébranlaient la trône des Abbassides, l'ambitieux Yacoub ne songea bientôt plus qu'à se tailler un empire dans les possessions des califes. Ayant envahi le Fursistan (871), il obtint Balkh et ses dépendances, puis il soumit les principautés de Caboul et de Rokhadjé, où il implanta l'islamisme, prit Hérat, battit l'émir Mohammed, possesseur du Khoraçan (873), s'empara de cette province et conquit, l'année suivante, le Tabaristan, qu'il dut abandonner toutefois après de grandes pertes, a la suite de pluies torrentielles et d'une peste violente. Le calife Motamed résolut de profiter de cette circonstance pour renverser Yacoub en lui suscitantde nombreux ennemis. Forcé d'abandonner Balkh,- Termed, le Djouzdjan, etc., il ne.se laissa point abattre (875), réunit toutes ses forces, envahit le Farsistan, remporta une éclatante victoire sur le souverain de ce pays et marchasurBagdad,dnns l'intention de renverser les Abbassides. Pour le désarmer, MotamedJui offrit en vain l'investiture du Khoraçirn, du Farsistan et du Tabaristan. Yacoub continua sa marche et rencontra près de Waseth les troupes du calife, sous les ordres de Mowafek. Malgré sa valeur, la fortune lui fut contraire, et il dut abandonner le champ de bataille, criblé de blessures. Il se préparait à reprendre l'offensive lorsqu'il mourut d'une colique inflammatoire, a Djondischabour. II laissa le pouvoir k son frère, Amrou Yacoub, qui porta un si grand coup à l'empiré religieux et temporel des Abbassides, et qui joignait à l'équité et à' la modération une grandeur d'âme peu commune. 11 ne se laissa jamais abattre dans les revers, se montra tolérant en matière de religion, ennemi de tout.luxe personnel, plein de sobriété; mais son orgueil excessif et son ambition démesurée nuisirent à l'affermissement et à la durée de sa puissance.

YACOUB (At-Modjahed Al-Mansour), roi de Maroc, V. Mansour.

YACOUB AL- MANSOUR -B1LLAH (AboU- Yousouf), roi de Maroc, de ta famille des Mérinides, né vers 1209, mort à Algésiras en 1286. 11 succéda, en 1258, h son frère Abou- Bekr comme roi de Fez. Ce prince, juste, courageux et libéral, inaugura son règne par des actes de bienfaisance qui lui gagnèrent l'affection de ses sujets. Après avoir repris Salé aux chrétiens (1260), il assiégea Muroc, battit complètement le sultan Abou-Dabbous (1269), conquit toute la Mauritanie, repoussa diverses agressions des chrétiens d'Espagne et, de concert avee.le roi de Grenade, résolut de porter la guerre sur leur territoire. Yacoub s'empara d'abord de Tanger, puis débarqua dans la péninsule avec 50,000 fantassins et 17,000 cavaliers (1275). Arrivé sur les bords du Guadalquivir, il rencontra le gouverneur de l'Andalousie, Nufio de Lara, qu'il battit complètement à Ecija (1275). Il poursuivait sa marche victorieuse, lorsque le manque de vivres et la crainte de voirie passage intercepté la décidèrent à, conclure une trêve avec Alphonse X, roi de Castille. De retour en Afrique, il embellit Fez, réunit de nouvelles troupes et, au bout de deux ans, revint en Espagne (1277). Dans cette nouvelle expédition, il battit l'ennemi à Séville, s'empara d'Alcala, de Malaga, de diverses autres villes et regagna le Maroc. Ses conquêLO'î lui ayant été enlevées pendant son absence, il envoya en Espagne son fils Yacoub,' dont la floLte remporta une éclatante victoire sur les chrétiens près d'Algésiras (1279). Sur ces entrefaites, il se brouilla avec le roi de Grenade, Mohammed II, qui redoutait de voir s'établir eu Espagne son puissant allié, accueillit lu demande de secours que lui fit Alphonse, roi de Castille, contre qui s'était révolté son fils, l'infant don Sanche, assiégea avec lui Cordoue, qu'il ne put prendre ; il revint encore une fois en Espagne (1285), où il remporta de nouveaux succès, et mourut pendant cette campagne, laissant à son fils Yacoub ses immenses Etats. Tout en faisant constamment la guerre, il n'avait cessé de protéger les lettres, de fonder des collèges et des Académies, s'était montré plein de justice et de bienveillance pour ses sujets, anciens et nouveaux, et avait maintenu la tranquillité dans les pays soumis à. sa domination.

YACOCT ou YAKOUT (Sehéhab-Ëddin-

YAGH

Abou-Abd-Allah), géographe arabe, né en Grèce vers U78, mort a Alep en 1227. Tout enfant, il devint l'esclave d'un marchand de Bagdad, qu'il aida par la suite k diriger ses affaires commerciales, pourquiil fit plusieurs voyages et qui le récompensa de son zèle en lui rendant la liberté. Yacout se mit alors a vendre des livres et divers autres objets pour son compte, visita une partie de l'Asie jusqu'aux frontières de l'Inde et perdit, pendant une invasion de Tartares, presque tout ce qu'il possédait. Tout en s'adonnantau négoce, il n'avait cessé de s'instruire, de cultiver les lettres et avait acquis une vaste érudition. Nous citerons, parmi ses ouvrages : Irschad el-alibba (Manuel de lettrés), sorte d'histoire littéraire en 4 volumes; Moudschem et-schoara (Dictionnaire des poêles); Moadschemetodaba (Dictionnaire des philologues) ; Moaéschem el-boldan (Dictionnaire de géograj>hie)} dont un abrégé, attribué à Sari Ed-Din, a été publié à Leyde (1849-1861, in-8»), et traduit eii fiançais par Barbier de Meynard (Paris, 1861, in- 8<»); Kitub el-dowul (Histoire des dynasties arabes), etc.

YACOUTE adj. (ia-kou-te). Lingnlst. Se dit d'un dialecte turc, tt On dit aussi yacou-

TIEN, 1BKNE.

YACBNDA, rivière du Brésil. Elle prend sa source dans la province de Para, coule au N. et se joint à l'Amazone par le canal qui réunit ce fleuve au Tocantin.

YÂDAVA s. m. (ia-da-va). Hist. ind. Prince descendant de Yadou, un des ancêtres de Cricbna.

YADJGNAVALKYA, sage fameux de l'antiquité indoue, législateur regardé comme inspiré et à qui l'on attribue un code qui porte son nom. Il n'y est qu'interlocuteur, comme Manou dans le Manuva dharma sâstra. C'est lui quienseigna la partie de \'Yad~ jour-Véda appelée le Ûlanc-Yadjour. S'étant "brouillé avec son maître Vèsumpàyana, parce qu'il avait refusé de partager le péché que celui-ci avait commis eu tuant, sans intention, le fils de sa sœur, il reçut î'ordre de renoncer à ce qu'il avait appris. Alors, pour réparer cette perte, il s'adressa au Soleil, qui, sous la forme d'un cheval, lui accorda une nouvelle révélation de Y Yad jour-Véda, surnommé le Blanc.

Le code de Yadjgnavalkya, qui est parvenu jusqu'à nous, se compose de trois livres et est écrit en vers. Il contient beaucoup de prescriptions qu'on trouve dans Munou. L'ordre des sujets traités est beaucoup moins régulier que dans Manou, et les développements en sont beaucoup plus concis. Ce code a été publié, avec texte et traduction allemande, parStenzler de Breslau (Berlin, 1849, in-8<>). • Ce qui a donné au code de Yadjgnavalkya une grande, importance, dit Barthélémy Saint-Hilaire, c'est qu'il a été, vers le x<* siècle de notre ère, lobjet d'un commentaire qui a eu un immense succès et a fixé la jurisprudence indoue sur une foule de points. Ce commentaire, appelé Mitaksltara, est étudié dans toutes les écoles de droit, depuis Béiiûrès jusqu'à l'extrémité méridionale de la presquile, et, d'après l'opinion de Cotebrooke, la Mitakshura mérite sa réputation par la science consommée qu'elle renferme et les services qu'elle vend.»

YADK1N, rivière des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de la Caroline du Nord. Elle prend sa source au versant oriental des montagnes Bleues, coule au S.-E., entre dans l'Etat de la Caroline du Sud, où elle prend le nom de Pedee, et se jette dans l'Atlantique près et au N. de Georgetown, après un cours de 526 kilom. C'est une belle et large rivière roulant un volume d'eau considérable; mais la navigation est entravée par des rochers et des rapides.

YAGAM1, ville du Japon, dans l'Ile de Niphon, province d'Inaba, à 140 kilom. N.-Û. de Meaco ou Kioto, sur la mer du Japon ; 15,000 hab. Commerce avec la Chine.

YAG11A, pays de l'Afrique centrale, à. l'E. du Tombo et au N. du Gourma, près de la rive droite du Kouaraou Niger. Exportation de poudre d'or et dents d'éléphant.

YAGHSIOCIIASSEN ( Abou - Yahia - Ben- Zeïan ), fondateur de la dynastie des Zefanides et du royaume deTiemcen, en Afrique, mort en 1282 de notre ère. Il appartenait à la puissante tribu des Zénates et prétendait descendre d'Ali, gendre de Mahomet. Profitant de la profonde décadence dans laquelle était tombée en Afrique et eu Espagne la dynastie des Alraohades, il s'empara de Tlemcen, d'Alger, de Bougie, etc., se déclara prince indépendant et prit le titre de calife (1244). Ce prince eut à lutter contre Abou- Hufs, roi de Tunis, qui devint ensuite son allié contre le roi de Maroc Ali-al-Saïd, qui perdit la vie dans un combat (1248), fut battu quelque temps après par Abou-Bekr, roi do Mequinez et de Fez, qui lui prit un immense butin et s'empara, en 1264, de la ville de Maroc, qu'il garda pendant douze uns. Quelque temps après, Yaghmourassen entreprit dû faire la guerre kson puissant voisin Yacoub, roi de Fez, fut battu par lui en 12G8, en 1272, perdit Sedjelmesse, fit la paix, s'allia avec lo roi de Grenade pour essayer de nouveau de renverser son puissant ennemi, éprouva encore une fois une défaite complète sur le bord duTafuét (1281) et mourut l'année suivante.

YAHI

dans un âge très-avancé, après avoir assisté à soixante-deux batailles. C'était un prince d'un grand courage, qui ne se laissa jamais abattre par ses nombreux revers. 11 aimait et cultivait les lettres et avait attiré à sa cour un grand nombre de poètes et de savants. Son fils, Omar, lui succéda. Entamé, après trois siècles, par le pirate Barbei ousse, qui forma de ses débris le royaume d'Alger, le royaume de Tlemcen fut définitivement anéanti en 1560.

Yagoua s. m. (ia-goua). Mamm. Syn. de jaguar, j On dit aussi jagouar.

YAGOUA-ETE s. m. (ia-goua-é-té). Mamm.

Espèce de jaguar.

YAGOUA- PARA s. ra. (ia-goua-pa-ra).

Mamm. Espèce de jaguar.

YAGOUARÈTEs. in. (ia-goua-rè-te). Mamm.

Espèce de jaguar : Le manteau de I'yagova.rÈtb, richement orné de taches symétriques, sert de parure aux guerriers,

YAGOUAROUNDI s. m. (ia-goua-roun-di).

Mamm. Mammifère carnassier du genre chai.

YAIIIA (Abou-Zakharia), fameux capitaine maure, désigné par les historiens espagnols sous le nom de Ben-Gmua, mort en 1140. Il était allié à la famille souveraine des Almoravides, qui régnait sur les deux Mauritanies et sur la plus grande partie de l'Espagne. Wali ou gouverneur de Lerida en 1134, il fut, après une grande victoire sur Alphonse I" d'AragoD, chargé du gouvernement de Cordoue, puis du commandement général de toutes les forces des Almoravides en Espagne. Il soutint longtemps cette dynastie contre les révoltes des Arabes dans la péninsule et contre les entreprises des Almohades; mais il fut successivement dépossédé de ses places principales et enfin blessé mortellement à Grenade en 1149. Les historiens espagnols disent qu'il fut massacré par les siens à Jaën.

YAIIIA (Abau-Ali), médecin arabe. V. Buhahylyha-Byngezla.

YAIIIA ou JAUIA-AL-EARMEKi (Abou-Ali), homme d'Etat arabe, de l'illustre famille des Barmécides, qui vivait au vin» siècle de notre ère. Il était fils du sage Khaled, qui fut chargé de. l'éducation du calife Haroun-al- Rasebid. D'abord secrétaire du prince Haroun, Yahia contribua à son élévation au trône en dissuadant le calife Hady de prendre pour successeur son propre fils. Devenu calife, Haroun-al-Raschid prit son secrétaire pour vizir (786). Yahia se montra digne de ces hautes fonctions par ses talents civils et militaires, par sa sagesse, son éloquence, ses vertus, sa libéralité, i II pourvut à la sûreté des frontières, dit Audiffret, maintint la tranquillité dans l'intérieur, remplit le trésor public, fit fleurir l'ugriculturo et l'industrie dans les provinces, protégea les lettres et les arts, dirigea toutes les affaires de l'empire, porta au plus haut point l'éclat du trône et eut la principale part aux actes du règne heureux et brillant de Haroun-al-Raschid. ■ Il laissa quatre fils dignes de lui, Fadhl, Djafar, Mohammed et Mousa.

YAMA-AL-DHAFEH-BILLAII, roi de Tolède et de Valence, mort en 1092 de notre ère. Il succéda sur le trône de Tolède, en 1080, à son oncle Hescham-al-Cader-Billah, fut attaqué, dès l'année suivante, par Mohammed-ben-Abad, roi de Séville, et par Alphonse, roi de Castille, se vit assiéger dans sa capitale, dut capituler lorsque cette ville fut ravagée par la famine (1085) et se retira alors à Valence, dont il avait la souveraineté. Peu après, il entra dans la coalition des princes musulmans d'Espagne qui appelèrent à leur secours le roi de Maroc, Yousouf-ben-Taschfyn, pour combattre le3 princes chrétiens; mais, après la bataille de Zalaka, à laquelle il assista, il entrevit les projets ambitieux de leur formidable allié et fit alliance avec le roi de .Castille. Ses craintes ne tardèrent point à se réaliser. Le roi de Maroc, après s'être emparé de Grenade, de Séville, de Murcie, vint attaquer Valence. Abandonné par ses alliés, Yahia se défendit vaillamment et trouva la mort en combattant à la tête de sa garde.

YÀH1A-AL-MOTALY, roi de Cordoue, mort en 1026 de notre ère. 11 était fils d'Aly-ben- Hamed, gouverneur de Ceuta, qui, après avoir pris Malaya, voulut s'emparer du trône de Cordoue, possédé par le calife oinmiade Abd-el-Rahman IV. Aly-ben-Hamed ayant été assassiné (1018), son fils Yahia quitta Ceuta, dont il était devenu gouverneur, et marcha sur Cordoue, où son oncle Cacem s'était fait proclamer calife. Après plusieurs combats sao3 résultat, l'oncle et le neveu convinrent de partager la royauté de Cordoue et de tourner leurs forces contre Abdel-Rahman ; mais, dès qu'il eut vaincu ce dernier, Yahia, profitant d'une absence de son oncle, se fit proclamer seul souverain. A cette nouvelle, Cacem revint à Cordoue avec une année, contraignit Yahia à se réfugier à Algésiras, mais se rendit odieux par ses cruautés, provoqua contre lui une conspiration, alla chercher un asile à Xérès et fut livré à son neveu, qui le fit jeter dans une étroite prison. Cordoue passa successivement alors au pouvoir d' Abd-el-Rahman V et de Mohammed III. Ce fut seulement après la mort tragique de ce dernierqué Yahia,

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