‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 949 sur 1042 · YAK · texte numérisé non relu

YAK

qui gouvernait avec sagesse Malaga, Algésiras, Tanger et Ceuta,' fut appelé par les habitants de Cordoue à gouverner de nouveau cette ville. Ses talents, son affabilité, sa bouté faisaient espérer un règne heureux, lorsqu'il fut tué dans une embuscade près de Ronda en marchant sur Séville, dont le gouverneur refusait de lui rendre hommage.

YA1TÇA, ville de la Turquie d'Europe (Bosnie). V. Jaïtzej.

YA-JOUAN-KIANG, fleuve de Chine, dans la presqu'île de Corée. Il descend du versant oriental des monts Chan-Aline, coule au S.-O. et se jette dans la mer Jaune, après un cours de 450 kilom.

YAK ou YAC s. m. (iak — mot angl.). Angle supérieur du drapeau anglais, du côté de la hampe, portant dans un carré deux croix superposées. I! Carré disposé de la même manière et portant diverses figures, dans le drapeau d'une nation quelconque.

YAK ou YACK s. m. (iak). Mamm. Espèce de buffle à queue de cheval, qui habite les montagnes du Thibet : Les Thibétains ont pour le yak le même respect que les brarnines pour le zébu. (Cuv.)

— Encyci. Le yak, appelé aussi bœuf grognant ou bœuf à queue de cheval, est connu depuis une assez haute antiquité; nous le trouvons pour la première fois mentionné

! au nie siècle de notre ère. Elien en parle sous le nom de poephagos, que lui a plus tard restitué Pallas. Il faut arriver ensuite jusqu'à la lin du xmo siècle pour trouver sur cet animal quelques détails donnés par Marco- Polo et d'autres voyageurs. Puis nous passons sans transition jusque vers le milieu du xviiib siècle. Gmelin eut alors l'occasion d'observer à Touolsk, chez le gouverneur de la province, une femelle de yak qui avait été amenée du pays des Kalmouks, où cette espèce n'est pas indigène, dit-il, car elle est

! originaire du royaume de Tangut, au Thibet.

, Buffon, en rapportant simplement la description faite par Gmelin, en conclut que le yak est le même animal que le bison. Pallas, en 1772, observa aussi des yaks à Irkoutsk, en Sibérie. Le gouverneur les avait eus d'un chef mongol, sujet de l'empire chinois. Turner, dans le récit de son ambassade au Thibet et au BoutaD, qui eut lieu en 1783, compare le yak a un taureau de race anglaise. Ce ruminant était si peu cohnu au commencement de notre siècle que Cuvier, en 1817, signalait la nécessité de nouvelles observations pour décider si le yak n'était pas la souche originaire du zébu ou même de notre bœuf domestiqué. Le premier individu vivant observé en Europe lit partie de la ménagerie de lord Derby, mais, pendant Icngtemps, l'espèce ne fut représentée en France que par une peau mal empaillée, conservée au Muséum de Paris. Enfin, en 1854, M. de Montigny amena de Chine à Paris un troupeau de douze tètes qu'il avait fait venir à grands frais du Thibet. D'autres individus ont été introduits depuis à diverses époques, et aujourd'hui cet animal vit et se reproduit sous nos climats.

Le yak ressemble au buffle par ses formes ; il a une grosse touffe de poils crépus couvrant le sommet de la tête ; une sorte de crinière sur le cou ; le pelage en général ras et lisse en été, plus fourni et hérissé en hiver, de couleur noire; le dessous du corps et la naissance des quatre jambes couverts de crins très-touffus, très-longs et tombants; la queue généralement blanche et" garnie de très-longs crins; les cornes rondes et unies, latérales, à pointes un peu recourbées en arrière; une loupe sur le dos; les quatre mamelles du mâle placées sur une ligne transversale. Cet animal présente quelques variations, soit dans sa taille, soit dans la couleur de son pelage, où le blanc et le noir prédominent k la vérité, mais sont diversement répartis. Il y a des yaks blancs, noirs, gris et de couleur toncée. Les Thibétains et les Mongols cherchent à propager ceux qui ont une partie du corps blanche, surtout l'arrièretrain et la queue, les poils blancs étant les plus avantageux au commerce, parce qu'ils sont lés plus propres à la teinture. Les irèsjeunes individus sont couverts d'une toison très-fnsée qui ressemble à l'astrakhan.

Le yak est originaire de l'Asie centrale, et spécialement des montagnes de l'Himalaya. Il habite surtout le revers méridional de cette chaîne, entre 27» et 28» de latitude, et s'étend de là dans le Thibet et le nord de la Chine. 11 devient rare en Mongolie. Les individus que Gmelin et Pallas ont vus en Sibérie s'y trouvaient comme un objet de curiosité. 11 ne descend guère plus bas q<ie 10,000 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer. A cette hauteur, Al. Gérard a vu les plus beaux yaks paissant avec des chèvres de Cachemire et des moutons à laine fine. Plus haut, il a vu ces animaux traîner la charrue; enfin, àla hauteurde 16,000 pieds, tout près de la limite des neiges éternelles. ils trouvaient moyen de se nourrir en broutant de maigres pâturages. Le yak, en effet, se contente de 1 herbe la plus courte, qu'il coupe très-adroitement presque au niveau du sol. Il peut encore se nourrir des arbrisseaux qui végètent dans les froides montagnes dont il fait son séjour de prédilection. Toutefois, il abandonne les localités élevées

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