‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 950 sur 1042 · YAK · texte numérisé non relu

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au fur et à mesure qu'elles sont couvertes par la neige.

Le yak, h l'état sauvage, vit en troupes plus ou moins nombreuses. Il se plaît dans les lieux ombragés et aime à se vautrer dans la fange. Il aime aussi l'eau, comme le buffle, et nage fort bien. On a remarqué qu'en sortant du liquide il va se frotter contre le3 arbres et les rochers ou se rouler dans la poussière comme le cheval. D'un naturel très-farouche et irascible, il semble, de prime abord, tout à fait indomptable. Lorsqu'il entre en colère, il hérisse les longs poils qui le couvrent et relève la queue. Il ne mugit pas comme nos bœufs ordinaires; mais il fait entendre un grognement tout particulier, sourd et très-bas, d'où lui est venu le nom de bœuf grognant, un des noms vulgaires qu'il porte en français et en plusieurs autres langues. Les yaks, d'après Pallas, sont vifs, inquiets et bondissent légèrement; mais ils sont lourds et lents à s'accoupler; le mâle s'approche de la femelle la tête tendue en avant, la bouche béante, comme les buffles, et la queue levée.

Le yak, malgré son caractère farouche, se prête facilement à la domestication ; dans cet état, on l'emploie comme bête de somme ou de trait. « Partout, dit Duvernoy, où les voyageurs anglais ont tenté d'escalader les rochers escarpés du revers méridional do l'Himalaya, c'est au moyens des yaks domestiques qu'ils y sont parvenus. Ils en ont rencontré de nombreux troupeaux servant, dans les villages les plus élevés de ces contrées montagneuses, pour le trait et la monture. Leur pied est si sûr qu'ils ne glissent pas en traversant les rochers les plus escarpés et les plus déchirés, et même les neiges glacées à leur surface. Le voyageur Moorcroft les a vus sauter en bas de rocs abrupts de 10 k 14 pieds de hauteur sans se faire aucun mal. »

Le yak, en effet, est essentiellement un animai de montagne. Son extrême légèreté semblerait déjà l'indiquer. Il franchit l'acilement des distances considérables et pour ainsi dire d'un bond. Sa force est prodigieuse. M. de Montigny a vu un taureau yak noir renverser, dans ses fureurs amoureuses, un buffle presque du double de sa taille et atteindre un cheval au galop, qu'il aurait renversé avec son cavalier, si l'on n'était heureusement survenu. Il se plonge volontiers dans l'eau quand il est tourmenté par la chaleur et par les insectes. 11 s'apprivoise facilement, reconnaît la main qui le nourrit et s'attache à celui qui le soigne. Lorsqu'il vague librement dans de grands espaces, il revient aux mêmes heures à l'endroit où il reçoit son eau et sa nourriture, ce qui démontre son aptitude à contracter des habitudes réglées comme les troupeaux de nos animaux domestiques.

L'organisation même de cet animal serait une preuve suffisante de ses aptitudes comme bête de selle et de somme. Son dos et ses reins sont conformés d'une manière toute particulière pour cela. Son garrot est trèsélevé, et cette saillie s'abaisse insensiblement jusque vers les lombes. Les reins sont courts, élargis, bien musclés, b.en soudés à la croupe, qui est relativement longue, arrondie , horizontale, semblable à celle du cheval. Enfin, il a de grandes épaules, la poitrine haute, les membres courts, les cuisses bien emboîtées, les jarrets larges, le corps trapu et les sabots élevés, arrondis, petits, mais montrant, par leur disposition, qu'ils reçoivent avec fermeté le poids du corps dans cette direction, et non obliquement; tout cela indique un animal rustique, vigoureux et d'une démarche sûre.

Suivant Pallas, la viande des vieux yaks serait dure et de mauvais goût; celle des jeunes est très-mangeable. L'abbé Hue assure, au contraire, que la chair du yak est excellente, comme celle de tous les herbivores qui paissent les pâturages aromatiques des montagnes. Ce missionnaire confirme également ce qu'avait dit Turner au sujet des bonnes qualités du lait et du beurre de yak. Le lait est abondant, riche en beurre et en caséine; par sa composition, il se rapproche beaucoup du lait de la vacba et plus encore de celui de la chèvre. La proportion d'albumine y est aussi très-forte. Le beurre extrait de ce lait se conserve, dans les climats froids qu'habite l'animal, durant une année entière, enfermé dans des peaux ou daus des vessies, et il est l'objet d'un commerce important.

La toison du yak est formée d'un mélange de poils laineux et de poils soyeux. Les premiers, qui se développent surtout sur les flancs, sont assez ondulés, écailleux, d'une très-grande finesse, et présentent ainsi toutes les qualités qui caractérisent la laine la plus propre à être cardée et filée fin; on peut les utiliser pour tisser les étoffes les plus moelleuses. Suivant M. de Montigny, cette laine entre pour une partie, avec cède de la chèvre, dans la composition dos fils de cachemire. Les poils soyeux sont très-longs, surtout ceux qui tombent de la région la plus basse des flancs, de chaque côté du ventre; jusque près de terre, ces poils sont un peu ondulés, assez doux et flexibles. Leur diamètre ne permettrait pas d'en faire des tissus très-fins ; ils sont propres seulement à être peignés comme les longues laines. Mais leur abondance donnera du prix à la toison du yak si l'on parvient, comme on doit l'es-

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pérer, k les filer de manière k en faire des étoffes pour meubles, tapis, etc. Les Thibétains les emploient à la fabrication d'un gros drap avec lequel ils font des tentes imperméables à la pluie. Les poils blancs et surtout les crins de la queue sont recherchés par les Chinois, qui les teignent en rouge éclatant ou en bleu pour orner les bonnets d'été et d'autres objets. Cette queue, formée de crins fins et souples, sert de temps imraé- . morial dans l'Inde à faire des chasse-mouches. Chez les Persans et les Turcs, elle est l'insigne de certaines dignités militaires; on distingue les pachas & une, deux ou trois queues. Dans une grande partie de l'Orient, elle sert d'étendard. Au Thibet, où l'animal est en grande vénération, ces queues font l'objet d'un commerce considérable.

L'histoire du yak ne serait pas complète si nous ne parlions un peu du dzo. * On nomme ainsi, dit Isidore Geoffroy Saint-IIilaire, dans plusieurs parties de 1 Himalaya, le métis, encore fort peu connu, du taureau yak avec la vache zébu. C'est dans la vallée de Setludje que Jacquemont a commencé à voir des dzos. et depuis il a revu ces métis en beaucoup d autres lieux, où on tes emploie à la manière des yaks et souvent avec eux au transport de la laine et d'autres marchandises. Ces métis sont beaucoup plu3 grands que la race des zébus dont ils proviennent. Us rappellent surtout le yak par leur queue très-fournie, bien moins cependant que chez celui-ci et à crins plus grossiers. Les cornes du dzo sont grandes et presque droites; elles se dirigent en dehors et en avant. Son poil, plus long que celui du zèbre, est invariablement de couleur noire dans les lieux où Jacquemont l'a observé. •

Le yak s'accouple facilement aussi avec la vache ordinaire et donne des métis féconds, qui déjà, du temps de Marco-Polo, étaient employés aux travaux des champs. Toutefois, on a remarqué que ces métis, dans le pays, étaient inférieurs au dzo. Dans leur jeunesse, ils sont très-sujets aux maladies. Les eaux stagnantes leur sont tout à fuit nuisibles, et ils aiment surtout à se désaltérer dans les eaux de neige. Les Thibétains prennent beaucoup de précautions pour les introduire dans le voisinage des fleuves et dans des pays moins froids que les pâturages où ils sont nés. En France, on a déjà obtenu, du croisement du yak avec nos races indigènes, des résultats avantageux qui doivent faire rechercher l'acclimatation de ce ruminant.

YAKCHA s. ra. (ia-kcha). Mythol. ind.

Nom donné oux génies qui gardent les trésors de Couvera,

YAKÏYOPAVIDAM s. m. (ia-ki-o-pa-vidamm). Cordon sacré qui distingue les brahmes indous.

— Encyci. Le yakiyopavidam, ou cordon brahmanique, est un signe distinctif que les Indous de la caste des bruhmes ont le droit de porter, droit dont ils sont très-fiers et dont ils se réservent absolument le privilège. Cet insigne est formé de trois cordons qui représentent les trois grandes lois que Kartâ (l'Etre suprême) révéla à Brahma et que celui-ci transmit aux brahmes ou brahmanes. Ces trois cordons sont reunis par un nœud qui représente le dieu Brahma, et qui fait quelquefois appeler ce cordon brahmamoudi, nœud de Brahma. Les brahmanes seuls peuvent préparer ce triple cordon, et ils ne peuvent le faire que suivant certains rites. Us doivent passer cent huit fois le fil de chaque cordon autour de la main, en l'honneur des cent huit visages de Brahma ; c'est la mesure qu'il doit avoir pour être rais en sautoir sur 1 épaule. Ce fil doit être tressé de manière que chaque cordon soit formé de neuf brins. Le brahmane peut perdre le cordon de trois manières : ou par accident, ou avec intention, ou par violence. S'il le perd avec intention, comme en le rompant par dépit ou par colère, il tombe par le fuit même dans l'indignité du crime; il est, dès ce moment, regardé comme. un homme qui a abandonné la loi des' dieux et leur culte, et ne peut plus, suivant leur discipline, remplir aucune fonction de sou ministère. Si le brahmane perd le cordon par violence, comme en se battant avec un autre brahmane, il tombe par le fait même dans l'indignité produite par le défaut de réputation, parce qu'il est, dès lors, atteint d'infamie publique; il lui est interdit de remplir aucune des fonctions qui lui sont attribuées par la loi. Si le brahmane perd lo cordon par accident, s'il le rompt, par exemple, en se baignant ou en dormant, il peut en prendre un autre, sans observer aucune cérémonie. Mais, pour se réhabiliter dans les deux premiers cas, il doit prendre un nouveau cordou avec toutes les cérémonies de l'investiture; il ne lui est fait grâce d'aucune.

YAKOHSI, ville du Japon, dans l'Ile de Niphon, à 180 kilom. N. de Magani, dans la province de Dewa ; 6,000 hab.

ÏAKOCT (Moheddhib-Eddin-Abou'i Door), poëte.arabe, surnommé Itoumi, mort à Bagdad en 1225 de notre ère. Il avait été l'esclave d'un négociant avant d'être attaché à un collège de Bagdad. Yakout cultiva avec succès les lettres et la poésie. Ses pièces de vers, pour la plupart erotiques, ont été très-répandues dans l'Irak, la Syrie et les contrées

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orientales de l'empire musulman. Elles ont été réunies en recueil.

YAKOUT(Schehab-Eddin-Abou-Abd-AllHh), géographe arabe, V. Yacout,

YAKOUTSK, ville et gouvernement de la Russie d'Asie. V. Iakoutsk.

YALDEN (Thomas), poète anglais, né à Exeter en 1671, mort en 1736. Il devint en 1700 ngrégéau collège de la Madeleine, à Oxford.obtint peu après une chaire de philosophie morale à cette université, puis divers bénéfices ecclésiastiques, et se lia avec Congrève, Atterbury, Addison et autres hommes éminents.'Il vivait paisiblement dans une heureuse aisance, lorsqu'il fut impliqué en 17î2 dans la conjuration Atterbury et mis en prison. Ses juges n'ayant rien trouvé qui prouvât sa culpabilité lui rendirent la liberté, mais il n'en fut pas moins privé de tous ses bénéfices. Yalden a laissé des poésies, dont quelques-unes, notamment l'Hymne à la lumière, attestent de l'imagination, de la vigueur dans l'expression et un style très-pur. Samuel Johnson et Anderson ont inséré dans leurs recueils un choix des œuvres de Yalden. Nous citerons de lui : Ode pour le jour de sainte Cécile, mise en musique (1693); le Temple de la Renommée , poSuie sur la mort du duc de Glocester (1700); Esope à la cour, recueil de fables (1702); lissai sur le caractère de sir Willovgltby Ashlon, poome (1704); des hymnes, des piéees de vers diverses, eu:.

YALHQÏ s. m. (ia-lo-i). Bot. Nom vulgaire du niounina à nombreux épis, arbrisseau qui croit au Pérou, dans les bois des Andes.

YALI , petite Ile de la Turquie d'Asie , près de la côle S.-O. de l'Anntolie, au S.-K. de l'île Piseopi, par 36<> 22' do latit. N. et 25» 8' de longit. E.

YA LOUNG-KIANG, rivière de l'empire chinois. Elle prend sa source dans le pays de Khoukhou-noor, près de la frontière du Thibet, coule au S.-E., puis au S., arrose la province thibétaine de Kam, entre ensuite dans la Chine propre, se joint au Kin-cha-kiang pour former le Yang-tsé-kiang , après un cours d'environ 1,250 kiloni.

YALPUCU, petite rivière de l'Europe méridionale, formant depuis 185G une partie de la limite entre la Bessarabie et la Moldavie. Elle prend sa source dans la Bessarabie, coule au S. et se jette dans le petit lac de son nom, qui communique par un petit canal avec lo Danube, près d'Ismaïl. Cours de 100 kilom.

YALSOUS1KO, ville du Japon, dans l'Ile de Kiou-Siôu,à 225 kilom. S.-E. de Nangusoki, dans la province de Figo, près de la côte de la mer de Corée; 17,000 bat).

YAM s. m. (iamm). Espèce de grosse racine comestible.

YAMA, dieu indien. V. Iama.

YAMA-BOUS s. m. (ia-ma-bouss). Solitaire japonais.

YAMASAWA , volcan du Japon , dans la partie septentrionale de l'île de Niphon, province de Tsugaru, non loin de la côte de la mer du Japon. Ce volcan, appelé aussi Pireniai, est en pleine activité.

YAMDO ou JAMBO, autrefois Charmuthas, ville maritime de l'Arabie, dans l'Hedjaz, sur la mer Rouge, à 160 kilom. S.-O. de la ville sainte de Médine, dont elle est le port, comme Djedda est le port de La Mecque, mais sans approcher de la même importance. Le havre, mal abrité, appelle peu de navires étrangers et n'est guère fréquenté que par les 70 à 80 barques des habitants. Le commerce de terre n'y est représenté que par un petit nombre de boutiques, où se' voient quelques produits de l'Inde et de l'Egypte, qui s'écoulent difficilement au milieu d une population arabe, qui n'est ni agricole ni industrielle.

YAMOUNA, nom primitif de la Djoumnah, rivière de l'Inde. V. Djoumnah.

YANAON, ville de l'Indoustan français, dans le pays des Circas du Nord, à 780 kilom. N. de Pondichéry, sur la côte d'Orixa, par 15» 43' de latit. N. et 80" 5' de longit. E., au confluent du Coringuy et du Godavéry, ch.-l. d'un district qui a 3,298 hectares ; 7,000 hab., presque tous Indiens, Les navires peuvent remonter le Coringuy jusqu'à la ville, en tenant compte des moussons qui régnent du S.-O. de mars en septembre, de celles du N.-E. d'octobre à février. L'exportation se compose de menus grains et de tissus de coton; l'importation, do cuivre et de diverses marchandises.

YANDAROU, ville de l'empire birman, dans le royaume et à 100 kilom. S.-O. d'Ava, près de la rive gauche de l'Iraouaddy. C'est là qu'en 1826 fut conclu, entre les Anglais et 1 empereur des Birmans, le traité qui cédait aux Anglais une partie de l'Inde au delà du Gange.

YANEZ DE LA BARBUDA (dom Martin), capitaine portugais, parfois désigné sous le nom d'Yvan Bcnida, mort en 1394. Il appartenait à une des premières familles du Portugal. Do bonne heure, il se signala par de brillants faits d'armes et devint grand trésorier de l'ordre d'Aviz. Lorsque Jean I*' s'empara du pouvoir (1383), Yauez resta Adèle à la cause d'Eléonore Tellez, accompagna en Castille cette princesse dissolue, eut ses biens confisqués, en fut dédommagé par le titre de

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