‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 965 sur 1042 · YPRE · texte numérisé non relu

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de manière qu'elles soient garnies de quatre boutons au moins. On les enfonce dans un terrain frais et préparé à l'ombre, en laissant un ou deux yeux dehors, et, k la troisième année, celles qui auront repris pourront être arrachées et transplantées dans les pépinières pour faire du plant forestier ou des arbres-tiges. Mais pour le repeuplement des forêts, lorsqu'on adopte ce nioyen de multiplication, on fait les boutures sur le sol forestier même, en les espaçant comme si l'on faisait une plantation. ■

On peut, pour les grands repeuplements, utiliser les drageons que l'ypréau produit en abondance et qui s'enracinent très-facilement; on les arrache avec les précautions voulues et on les traite comme les jeunes plants de pépinière. La plantation à demeure se fait pour Vypréau comme pour toutes les autres essences, mais elle exige beaucoup moins de soins. Dans un terrain aquatique, les jeunes sujets peuvent être abandonnés à eux-niémes ; dans les autres terrains, il faudra leur donner quelque entretien pendant un ou deux ans, suivant la manière dont ils se comportent. Pour les plantations de ligne, on prend des sujets de huit k dix ans, que l'on plante dans de grands trous ou dans des tranchées d'environ 0m,65de profondeur; on les étête ordinairement k la hauteur de 2 à 3 mètres.

h'ypréau a une croissance très-rapide ; il n'est pas rare de lui voir produire dans une année des pousses de l'n,50 de longueur. Des sujets âgés de quinze ans ont souvent une hauteur de 10 à 12 mètres sur l mètre de tour à la base. L'arbre, arrivé au terme de son accroissement, peut avoir 25 k 30 mètres de hauteur sur 3 k 4 mètres de tour. Toutefois, ces dimensions colossales ne se voient que sur les sujets isolés ou en lignes, jamais dans les massifs. Dès qu'il est arrivé k ce terme, Vypréau ne fait guère que décliner, et Sa longévité atteint k peine un siècle ; mais il n'est pas avantageux d'attendre ce terme pour l'exploiter. Toutefois, Bosc dit qu'on a exploité, en 1805, dans le parc de Versailles, des peupliers blancs beaucoup plus âgés, puisqu'ils avaient été plantés sous Louis XIV (il ne dit pas dans quelle année de ce long règne), et il ajoute que si ces arbres n'étaient pas sains pour la plupart, c'est qu'ils avaient été élagués à outrance.

« On doit, dit le même auteur, ne point oublier le peuplier blanc dans les plantations des jardins paysagers ; car, lorsqu'il est convenablement placé, il y produit toujours, soit isolé, soit en massif, soit en haute tige, soit en buisson, de très-agréables effets. Le contraste des deux surfaces de ses feuilles lorsque le vent agite sa cime est surtout extrêmement pittoresque. 11 est également trèspropre k être planté en avenue. Aucun autre arbre^ ne peut mieux remplacer les ormes déjà âgés qui ont péri, parce qu'il croit plus vite qu'eux et qu'il gagne bientôt ses voisins en hauteur. On lui reproche de tracer beaucoup, de fournir chaque année uue immensité de rejetons et de nuire par là aux productions des champs voisins. Cet inconvénient est vrui, et il est difficile d'en diminuer les effets. On a conseillé de le planter profondément pour cela; mais s'il ne périt pas, il pousse de nouvelles racines superficielles, de sorte que cette opération contre les principes ne peut jamais être utile. »

L'ypréau n'est pas propre k faire des futaies; on ne l'exploite qu'en taillis. Sou bois, d'un blanc sale ou un peu rougeâtre, est mou, sujet k se mâcher sous le rabot et de peu de durée. Peu employé dans l'industrie et les arts, il sert quelquefois pour la charpente légère ; le plus souvent, ou le débite en planches, qui servent aux menuisiers et aux layetiers; les sculpteurs l'utilisent pour divers ouvrages; on en fait aussi des sabots. Comme bois de chauffage, il est de qualité inférieure, brûle mal et donne peu de chaleur; on l'emploie cependant pour chauffer les fours.

YPRES, en latin Ipra, en flamand Yperen, ville de Belgique, province de la Flandre occidentale, k 45 kiloin. S.-O. de Bruges, sur l'Yperlée,ch.-l. d'arrondissement; 18,000 hab. Tribunal de ire instance; codége; Bourse. Industrie active; fabrication de lainages, indiennes, toiles, rubans, etc.; tanneries, teintureries. La fabrication des dentelles est la principale branche de l'industrie de l'arrondissement d'Ypres. On peut évaluer à soixante-dix le nombre des maisons qui s'occupent de la confection et de la vente de cet article, et à 40,000 le nombre d'ouvrières dentellières. On fabrique spécialement à Ypres la dentelle dite point de Valenciennes, qui a été importée de la ville de ce nom dans les Flandres au vue siècle. Ypres est une ville propre et bien bâtie. Quoique reconstruite en partie dans le style moderne, elle conserve encore un certain nombre d'anciennes maisons moyen âge, à toit terminé par des gradins, à la façade eu bois décorée de sculptures. Quant uses monuments proprement dus, ce sont : la halle, dont Baudouin deConstantinople posa la première pierre en 1200, nuds qui ne fut achevée qu'en 1304. C'est l'édifice le plus vaste de son espèce; il affecte la forme d'un trapèze irrégulier tle 133 mètres de longueur et compte deux étages, au-dessusd'un rez-de-chaussée, éclairés par des fenêtres ogivales. ■ Ce monument, dit M. du Pays, porte dans sa sévère et forte unité ce

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caractère de grandeur que les villes du moyen âge jouissant de libertés politiques ont imprimé, soit en Italie, soit en Flandre, à leurs constructions municipales... Sa façade présentait autrefois douze statues colossales des comtes et comtesses de Flandre ; mais, le 13 décembre 1792, les républicains français, commandés par quelques démagogues de la localité, brisèrent ces vénérables effigies, qui ont été remplacées par des statues modernes. Un lourd perron k deux rampes, qui avait été ajouté à l'entrée, a été démoli à l'époque de la restauration, qui a eu lieu il y a quelques années. » L'hôtel de ville n'est autre qu'une aile de cet immense édifice, que couronne une grosse tour carrée, flanquée de quatre tourelles et appelée beffroi. L'église Saint-Martin, ancienne cathédrale, jusqu'au moment où l'évêché d'Ypres fut réuni à celui de Gand, est d'une antiquité au moins égale, du moins pour quelques parties, k l'hôtel de ville. Le chœur, de style romano-ogival, remonte à. 1221 et est universellement considéré comme le plus bel échantillon de cette époque architecturale. Les nefs et les transsepts datent de 1254. i L'entrée latérale du transseptdu midi, dit un écrivain contemporain, est décorée d'un très-beau porche surmonté d'une magnifique rose. Ce porche ne parait dater que du xive siècle; resté inachevé, il a été restauré et complété il y a quelques années sur les dessins de M. Dumont. • La tour qui Surmonte l'édifice est du xve siècle. Quant à l'ancien cloître, ses dépendances ont depuis longtemps été converties en palais épiscopal, séminaire, etc. Entre autres tombeaux, on remarque dans le chœur celui de l'évêque Jansemus. Citons encore un très-beau tableau sur bois, à six compartiments, œuvre de P. Porbus, et qui fut longtemps attribué k Jean van Eyck.

— Histoire. Ypres ne se composait encore au vme siècle que d'un château fort qui, au commencement du xe, fut détruit par les Normands, rebâti et considérablement accru par le comte Baudouin vers 958 ; une ville ne tarda pas à se former k l'abri de ses murailles. Ypres joua un rôle important sous les comtes de Flandre, puis sous les ducs de Bourgogne, et fut plus d'une fois le théâtre des séditions si fréquentes au moyen âge. Louis VI en 1128, Philippe-Auguste en 1213, Philippe le Bel en 1297, s'en rendirent maîtres. La ville ne parait pas néanmoins avoir trop souffert de cet incessant état de guerre, car sa population, au Xive siècle, était bien plus nombreuse qu'aujourd'hui. Elle atteignit un instant le chiffre de 200,000 hab., et 4,000 métiers de tisserand, indice d'une grande prospérité commerciale, y furent en exercice. La peste de 1400 vint frapper Ypres au milieu de cette prospérité, et à peine la ville se relevaitelle de sa ruine, que le fléau la ftappade nouveau en 1552. Ce fut néanmoins à Ypres que fut transféré, en 1559, l'évêché de Thérouanne, la cité détruite par la colère de Charles-Quint. Le célèbre Jansénius fut évoque d'Ypres de 1635 k 1638. Cet évéchô est supprimé aujourd'hui. Les guerres du règne de Louis XIV furent pour Ypres une cause de troubles incessants; prise par les Français en 1643, 1658 et 1678, donnée k la France par le traité de Nimègue, reprise par les impériaux, puis de nouveau parles Français (1744 et 1749), Ypres était retournée k l'Autriche, lorsque la Révolution la lui enleva. La ville devint sous l'Empire un des chefs-lieux d'arrondissement du département de la Lys. Les traités de 1815 la comprirent dans le nouveau royaume des Pays-Bas. Elle a enfin été comprise dans la Belgique après l'es événements de 1830, et on l'a démantelée en 1853.

YPRES (Charles d'), peintre néerlandais, né k Ypres, mort en 1564. Il alla se perfectionner en Italie, où il étudia particulièrement l'art de la fresque. De retour en Hollande, il exécuta un assez grand nombre de travaux, remarquables par la correction du dessin, l'habileté de la composition, et qui rappellent souvent la manière du Tintoret. Cet artiste était'd'un caractère mélancolique et jaloux. Des plaisanteries que lui firent un jour ses amis au sujet de sa femme produisirentsurlui une telle impression qu'il se donna la mort d'un coup de couteau. On cite, parmi ses peintures : une Jlésurrection, à Tournay, et un Jugement dernier, dans une église près de Bruges. 11 a laissé un grand nombre de beaux dessins à la plume et lavés k l'encre de Chine.

YPROIS, OISE S. et adj. (i-proi, oi-ze). Géogr. Habitant d'Ypres; qui appartient à cette ville ou k ses habitants : Les Yprois. La population YPROISE.

YPSILANTI ou HYPS1LANT1S, famille grecque phanariote originaire de Trébizonde, et qui descendait, dit-on, des Comnèue. Ses membres, riches et considérés, occupaient au Xviiie siècle les emplois de médecin et de drogmau auprès des sultans. Les plus célèbres sont les suivants :

YPSILANTI (Alexandre, prince), homme d'Etat grec, né vers 1725, mort vers la tin du xvme siècle. Il descendait de Jean Ypsilanti, qui fut pendu par ordre de ta Porte en 1737. Alexandre acquit de bonne heure une grande considération parmi ses compatriotes à Constantinople,devintdroginandelaPorte, puis, à deux reprises, hospodar de Valachie,

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et reprit possession de cette dignité lorsque l'Autriche et la Russie déclarèrent la guerre à la Turquie en 1792. Non-seulement il ne dirigea pas la résistance, mais encore il ne se retira pas sur le territoire du Danube méridional, et, fait prisonnier k Bucharest, fut conduit à Brunn, d'où il ne revint en Turquie qu'après la conclusion du traité de Jassy. Les Turcs le soumirent k d'horribles tortures pour le forcer à restituer les trésors qu'on le soupçonnait d'avoir cachés.

YPSILANTI (Constantin , prince), homme d'Etat grec, fils du précédent, né à Constantinople vers 1760, mort k Kiew (Russie) en 1816. Ses connaissances étendues dans la " plupart des langues de l'Orient et de l'Europe lui firent acquérir une grande influence dans les conseils de la Porte, et ce fut lui qui détermina ce gouvernement k entrer dans la coalition contre la Révolution française. Nommé hospodar de Moldavie (1799), puis de Valachie (1802), il rédigea pour cette dernière principauté, régie par, des coutumes incohérentes, un code de lois qui fut conservé par ses successeurs. En 1806, l'influence de la France le fit destituer', à cause de son dévouement aux intérêts de la Russie. Il se réfugia en Transylvanie, d'où il parvint à faire insurger contre la Porte les Berviens et Czerni-George. Peu après, il reprit ses fonctions d'hospodar de Valachie, grâce k l'intervention de l'empereur Alexandre l«r de Russie. Malgré le traité de Tilsitt, qui stipulait l'indépendance des principautés danubiennes, les Russes ayant envahi la Valachie, Ypsilanti se retira k Temeswar, et le général russe s'empara du gouvernement avec le titre de sénateur général. Trompé dans ses espérances et ne pouvant lutter contre l'influence russe, qu'il avait constamment favorisée, il prit le parti de se soumettre k Alexandre Ie*, qui lui donna une forte pension, et alla habiter Kiew avec sa famille. En 1816, il alla trouver ce souverain à Saint-Pétersbourg et fut comblé par lui de biens et d'honneurs. Il laissait huit enfants dont l'alné devint aide de camp du czar et dont quatre autres servirent dans la garde impériale. On a de lui, outra des traductions à'Anacréon en vers italiens, ù'Hésiode et de Pindare en vers français, quelques ouvrages, entre autres : Anecdotes Sur le serait et Nouveaux détails sur latjuerre austro-turque.

YPSILANTI (Alexandre, prince), général russe, deuxième fils du précédent, né en 17S3, mort k Vienne en 1828. Il entra jeune au service de la Russie, parvint au grade d'officier général, perdit un bras à la bataille de Dresde et futaitle de camp de l'empereur Alexandre. Vers 1820, il devint le chef des hétairisies, conjurés pour la délivrance et la régénération de la Grèce, fut encouragé, dit-on, dans cette entreprise par le czar, parcourut la Russie pour recueillir des souscriptions, auxquelles il contribua pour de fortes sommes, se rendit ensuite en Bessarabie, où il établit le foyer de l'insurrection qu'il organisait, en- • voya des proclamations secrètes k toutes les éphories grecques avec des émissaires, vit Ali, pacha de Jauina, se joindre au parti des hétairistes pour se rendre indépendant dans son gouvernement, pénétra en Moldavie en 1821, souleva cette province et appela, le 20 mars de la même année, les Hellènes k prendre les armes, par une proclamation dans laquelle il prenait le titre de régent. La désapprobation formelle du consul russe en Moldavie atténua l'effet de sa proclamation ; il n'en persévéra pas moins dans son entreprise, vit se joindre à lui la garde de l'hospodar de Valachie, Soutzo, qui venait de mourir, franchit le Pruth à la tête d'un corps de troupes et porta sou quartier général à Targowiiz, sur la frontière de l'Autriche. Bientôt après, une armée turque entra dans les principautés et battit un corps d'insurgés k Galatz. Ypsilanti marcha alors contre l'ennemi, fut vaincu dans divers combats et enfin écrasé à Skullera (1821), où périt l'élite de la jeunesse grecque. Il se réfugia sur le territoire autrichien, où il fut arrêté et retenu captif jusqu'en 1827. Rendu alors k la liberté, il alla à Vienne, où il mourut k trente-six ans d'une hydropisie de poitrine. Ypsilanti avait du courage, mais il manquait de caractère, de talent; il s'entoura d'intrigants, distribua les emplois sans réflexion et se laissa dominer pur des personnes qui méritaient peu de confiance.

YPSILANTI (Démétrius), frère puîné du précédent, né en 1793, mort en 1812. Il rit ses premières armes au service de ia Russie, se distingua surtout pendant la campagne de 1814, et, s'étant associé plus tard aux projets de son frère, relatifs k l'Hétairie, fut envoyé par lui en Grèce en 1S21 pour s'y mettre k la tête du soulèvement qui venait d'éclater dans la Morée. Il débarqua k Hy-dra au mois de juin, mais vit rejeter ia constitution qu'il uvait présentée au gouvernement de celte ville et qui lui conférait la commandement des forces en armes. Au début, du reste, il se montra animé d'intentions trop égoïstes, s'en remit presque exclusivement à l'appui de la Russie, et s'aliéna bientôt les primats et le parti de Maurocordato, en sorte qu'il fut un instant sur le point de quitter la Grèce. Il se laissa cependant décider à continuer k prendro part à l'insurrection et reçut le commandement du corps

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qui assiégeait Tripolitza et qui, en octobre, prit cette. ville d'assaut. Mais dans une tentative qu'il fit en décembre suivant pour s'emparer de Napoli-di-Romania, il fut complètement battu et éprouva dus pertes considérables. Cet échec et les machinations du parti du Muurocordato affaiblirent Considérablement son influence politique. Il la perdit entièrement par suite de l'organisation établie en janvier 1822 par l'Assemblée nationale d'Epidaure, qui 1 avait cependant élu président du Corps législatif, et il se vit alors forcé de se rapprocher du parti militaire, qui avait Colocotroni à sa tête. Après s'être emparé, en janvier, de l'Acro-Corintho , il passa l'isthme, en mars suivant, à la tête d'un petit corps pour aller renforcer Odysseus (Ulysse), qui se trouvait alors dans lesThermopyles ; mais ses tentatives sur l'Eubée et sur la Thessalie n'obtinrent encore aucun succès, et il dut revenir dans le Péloponèse. Dram-Ali ayant pénétré dans la presqu'île au mois de juillet avec des forces considérables , et le gouvernement révolutionnaire ayant pris la fuite devant lui , Ypsilanti se renferma dans la citadelle d'Argos, y soutint énergiquement les attaques do l'ennemi, et fournit ainsi aux généraux grecs l'occasion de détruire complètement, quelques jours plus tard, l'année turque dans les défilés situés entre Argos et Corinthe. Il prit luimême une part éclatante à cette phase de la lutte ; mais ayant échoué dans ses efforts pour assurer la prépondérance au parti militaire, il se retira, en 1823, de la vie publiue. Dès lors, on ne le vit plus reparaître que ans les moments critiques. Ce fut ainsi qu'en juin 1825 il s'opposa avec audace et succès, près des moulins de Lernu, à la marche victorieuse d'Ibrahim-pacha, et que, dans l'été de 1826, il combattit vivement le projet du parti anglais, qui voulait placer la Grèce sous le protectorat de la Grande-Bretagne. Ce ne fut qu'après l'avènement de Capo-d'Istria au pouvoir qu'il reparut d'une manière durable sur la scène politique. Nommé en janvier 1828 commandant en chef des troupes de la Grèce orientale, il fut cependant peu soutenu par le gouvernement, et l'incapacité dont fit preuve Augustin Capo-d'Istria, inspecteur général des troupes, en s'ingèrant dans les affaires militaires, lui fit donner sa démission le 1" janvier 1830. Après l'assassinat du président (octobre 1831), il demeura encore tranquille spectateur des événements, et ce ne fut que lorsque Augustin G'apo-d'Istria eut pris la fuite (avril 1832), qu il consentit à l'aire partie de la commission des Sept, établie pour calmer les dissidences des partis. 11 mourut à Nauplie quelques mois plus tard.

YPSILANTI (Nicolas, prince), frère des précédents, né vers 1797, mort a Odessa en 1832. Il fut des premiers à donner en 1820 à la Grèce le signal de l'insurrection, servit sous son frère Alexandre, commanda le corps célèbre appelé le Bataillon sacré, qui comptait dans ses rangs les enfants des familles grecques les plus illustres, et sa signala par sa bravoure et ses talents militaires à la tète de celte vaillante troupe, qui périt presque tout entière a la bataille de Skullem (1821). Nicolas partagea ensuite la captivité de son frère dans les cachots de l'Autriche et eut beaucoup k souffrir pour sa santé de l'insalubrité de sa prison. Rendu à la liberté, il se relira à Kiseheniew, où résidait sa famille, et de là k Odessa, ou il termina sa vie à l'âge de treme-cinq ans.

YFSILON s. m. (i-psi-lonn). Nom que quelques-uns donnent à l'uPSiLON.

YPSILQNIE s. f. (i-psi-lo-nî — rad. ypsilon). Bol. Genre de champignons de la tribu des spiiéropsidés, dont l'espèce type a été trouvée à Manille, Sur des feuilles d'arbre.

YPSILQPHE s. f. (i-psi-lo-fe). V, vpso-

LOPHli.

YPSIPÈTE s. f. (i-psi-pè-te — du gr.

upsipetés, qui vole haut). Entom. Genre d'inseeies lépidoptères nocturnes, de la tribu des phalénides ou géomètres, dont l'espèce type habite le nord de l'Europe.

— Encycl. Les ypsipètes sont caractérisées par des antennes simples chez les deux sexes; des palpes droites, plus longues que la tête, presque aiguBs, peu velues ; la trompe longue j le corps mince; les ailes amples, les supérieures traversées par plusieurs lignes brunes, ondulées, sur un fond bleuâtre ou verdatre. Les chenilles sont courtes, cylindriques, k tête arrondie et assez grosse; elles vivent sur les arbres, et se métamorphosent dans un tissu léger, entre les feuilles. Elles vivent ordinairement sur l'aune. Toutefois, celle de l'ypsipète élevée se rencontre plus fréquemment sur l'airelle myrtille. Cette espèce se trouve aux enviions de Paris , dans le nord de la France et en Allemagne. L'ypsipète rouge ne se rencontre guère que dans les Alpes de la Suisse.

YPS1STOME s. m. (i-psi-stome — du gr.

upso, en haut; stoma, bouche). Infus. Genre d'infusoires trichodés, de la famille des mystacinés.

YPSOLOPHE S. m. (i-pso-lo-fe — du gr, upso, en haut; top/cos, aigrette). Entoin. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des tinéides. Il Syn. d'ALUClTB, autre genre de tinéides. Il On dit aussi vpsilophe

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— Encycl. Les ypsolophes sont caractéri- [ ses par des antennes épaisses k la base, aussi longues que le corps; la tête hérissée d'écaillés; le corselet arrondi ; les ailes antérieures a angle courbé en crochet, les postérieures à bord interne non sinué. Les chenilles sont grêles, fusiformes et de couleurs tranchées ; elles vivent ordinairement sur les arbres fruitiers, et se renferment dans une coque soyeuse pour se transformer en chrysalides. Parmi les espèces peu nombreuses de ce genre, nous citerons Yypsolophe du pêcher; il a près de on*, 02 d'envergure; les ailes antérieures jaune soufre, ponctuées de noir, avec deux lignes obliques gris cendré, les inférieures d'un gris luisant. 11 est commun en France et en Allemagne.

YRAI-A (Domingo-MartineK du), capitaine espagnol, un des conquérants de l'Amérique méridionale, né à Vergara (Guipuseoa) en 1486, mort à. l'Assomption en 1557. Rempli d'audace et d'ambition, il partit vers 1534 pour l'Amérique du Sud, où il ne tarda point à se faire remarquer en prenant part, sous les ordres de don Pedro de Mendoza , a la périlleuse exploration des contrées arrosées par le rio de la Plata et par ses affluents. Après la mort d'Ayolas, assassiné par les indigènes, Yrala devint gouverneur de la petite colonie de Buenos-Ayres (1538). Il fit preuve dans ces difficiles fonctions d'autant d'audace que de'prudence, fonda la puissance espagnole dans ce pays, fut remplacé, de 1542 à 1544, dans son commandement par Nuûez Cabeça de Vaca, reçut la direction de diverses expéditions difficiles et lointaines, et, Nuflez Cabeça ayant été déposé à la suite d'une révolte, il fut réintégré dans ses fonctions (1544). Dirigeant la turbulente . activité des Espagnols, il sut maintenir son autorité et entreprit, grâce aux indications d'un ancien soldat d'Ayolas, de se rendre au Pérou par Santa-Cruz-de-la-Sierra. Il pénétra, k travers de grands périls, jusqu'aux frontières du Pérou, vainquit ou soumit plusieurs peupiades, dut s'arrêter au pied des montagnes et revint, sans les avoir franchies, à l'Assomption. Après avoir apaisé une révolte, il fit, de 1550 k 1552, avec 400 Espagnols et 4,000 Indiens, un voyage d'exploration jusqu'au pied de la Cordillère, dans le but de découvrir dus gisements d'or; mais ses efforts ne furent point couronnés de succès. De retour de cette malheureuse expédition, Yrala reçut de La Gasea le titre à'adetanlado (gouverneur) [1554], fonda plusieurs ville» dans l'immense territoire placé sous ses ordres et organisa par des règlements des agrégations d'Indiens, appelées encomiendas, qui fournirent d'importantes ressources aux Espagnols.

YlUAItTË (don Juan de), savant espagnol, né k Orotava (lie de Ténériffe) en 1702, mort k Madrid en 1771. Il fit ses études à Paris, au collège Louis-lo-Grand, où il fut condisciple de Voltaire, se fixa, en 1724, k Madrid, et devint précepteur de don Manuel, infant de Portugal. Ferdinand VI le nomma garde de la bibliothèque royale (1732), qu'il augmenta de 2,000 manuscrits et du plus de 10,000 volumes. 11 obtint aussi une place de traducteur interprète à la secrétuirerie d'Etat, un fauteuil h l'Académie de Madrid (1743), et devint un des principaux collaborateurs du Dictionnaire et Grammaire de la Iwiyue espagnole. Yriarte dut à ses vastes connaissances, à sa probité, k l'agrément et à la sûreté de son commerce 1 estime générale et de nombreux amis, notamment J. de Ferreras et le P. Clarke. Il donna la plus vive impulsion k la réforme de la langue espagnole. On lui doit un assez grand nombre d'ouvrages dont les plus remarquables sont.: Iiegia bibliotheca geographica et chronologica (Madrid, 1729, in -4»); iiegia M adrilanènsis bibliotheca mathematica (Madrid, 1730); Novus artiutn orbis (Madrid, 1754); Hegi& bibliotheese Madnlanensis codices grmci manuscripti (àladrid, 1769, in-t'ol.), catalogue dont le premier volume seul a paru ; Paléographie grecque {Madrid, in-4") ; ùramaiica latiua en verso castellauo, à laquelle il travailla toute sa vie et qui ne fut publiée qu'après sa mort (Madrid, 1771); des épigrammes, des proverbes latins et espagnols, de petits poSuies épiques publiés après sa mort, Sous ce titre : (Èuures choisies en vers et en prose (Madrid, 1773, 2 vol. in-4°); enfin, il a laissé des articles littéraires insérés dans des journaux de Madrid et plusieurs ouvrages manuscrits.

YHIARTE (Bernardo de), diplomate espagnol, neveu du précédent, né vers 1734, mort en 1814. Successivement membre du conseil d'Etat et du conseil des Indes, il fit également partie de l'Académie royale de Saint- Ferdinand , dont Charles IV le nomma protecteur en 1792. Après l'entrée des Français en Espagne, il fut nommé conseiller d'Etat par Joseph Bonaparte, mais au retour de Ferdinand VII il dut se réfugier en France et se retira k Bordeaux, où il mourut l'année

YHIARTE (don Domingo de), diplomate espagnol, frère du précédent , né k Orotava en 1746, mort en 1795. Il fut successivement secrétaire d'ambassade à Vienne, chargé d'affaires à Paris, et enfin ministre plénipotentiaire près le roi et la république de Pologne. Le 22 juillet 1795, il signa a Bàle, avec Barthélémy, le traité de paix conclu entre le

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roi d'Espagne et la République française. Il venait d'être nommé ambassadeur en France, lorsqu'il mourut k Girone.

YHIARTE (Thomas de), poste espagnol , frère des précédents , né à Orotava (lie de Ténériife) vers 1750, mort à San-Lucar, près de Cadix, en 1791. Appelé à Madrid par .son oncle Juan, il y reçut une éducation distinguée, fut nommé à vingt ans archiviste de la première secrétairerie d'Etat, employa ses loisirs k cultiver les lettres, se fit promptement connaître en publiant des traductions de plusieurs pièces du théâtre français, et reçut en 1771 la direction dû Mercure de Madrid, gazette jusqu'nlors insipide, dont il sut faire un recueil aussi agréable qu'utile. L'étude des différentes littératures de l'Europe lui inspira la pensée do réformer le théâtre espagnol, et il donna plusieurs comédies qui eurent un grand succès , notamment Et Senorito mimado (l'enfant gâté), en trois actes et en vers (1778), et la Senorita malcriada (la demoiselle mal élevée) en 1788. Son beau po5me en cinq chants sur la Musique (Madrid, 1779), un peu froid, mais écrit dans un style élégant et pur, d'une ordonnance simple et régulière, obtint un succès plus éclatant encore et passe pour un des chefs-d'œuvre de la poésie espagnole, La gloire que lui acquirent ses travaux littéraires lui suscita de nombreux ennemis, et il se vit en butte aux injures les plus grossières. Soupçonné de professer les opinions philosophiques, il fut poursuivi, en 1786, par l'inquisition , déclaré légèrement suspect, mais enfin absous moyennant une pénitence qui lui fut imposée. Outre les ouvrages précités et son poème didactique, la Musique, qui a été traduit en français par Grainville (1800, in-12), puis en italien et en anglais, on lui doit : une élégante traduction de VAri poétique d'Horace , une traduction en vers des quatre premiers livres de l'Enéide, etc. Mais son principal titre de gloire est son recueil de Fables littéraires (Madrid, 1782, in-4°), les premières qu'on ait publiées en espagnol, et qui sont devenues classiques. Dans ces fables, Yriarte ne s'est attaché qu'à signaler les travers et les défauts des littérateurs espagnols de l'époque, en établissant leurs rapports avec les animaux qu'il met en scène. Elles sont remarquables, non-seulement par l'élégance de la versification, par la pureté du style, mais encore par la grâce, par la naïveté et surtout par la finesse et par une causticité mordante. Ce qui les caractérise avant tout, en effet, et les distingue des fables de La Fontaine, c'est qu'elles sont essentiellement satiriques et quelles sont toutes le fruit de son imagination. Ces fables ont servi de modèle k Fiorian, qui déclare en avoir tiré ses apologues les plus heureux. On en compte plusieurs traductions françaises, notamment celle de Lanos (Paris, 1801, in-12), en vers ; celle de Lhomandie, en prose (1804, in-12), et celle de Ch. Lemesle, en vers (1841, tn-is). Citons encore du premier fabuliste de l'Espagne des Epitres morales, des Mélanges critiques et littéraires, la Libéria , drame en un acte, etc. Ses Œuvres complètes ont été publiées à Madrid (1787, 6 vol. in-S°,et 1805, 8 vol. in-12). Malgré la grande réputation dont Yriarte jouit à juste titre dans son pays, quelques critiques lui ont reproché d'a\oir créé l'école du prosaïsme en poésie, en sacrifiant k la clarté et à la simplicité les ornements du style. Il mourut à quarante ans d'une attaque d'épilepsie.

YRIARTE (Charles), littérateur français, né k Paris en 1833, d'une famille d'origine espagnole. Doué d'aptitudes très-variées, il cultiva les arts et les lettres en amateur, obtint un emploi au ministère d'Etat et devint inspecteur des asiles nationaux, puis de l'Opéra. Tout en remplissant ces fonctions, qui lui laissaient la libre disposition de la plus grande partie de son temps, M. Yriarte envoya des articles et des dessins à divers journaux illustrés français et étrangers et commença ainsi à se faire connaître. Lorsque, en 1859, l'Espagne envoya contre le Maroc un corps d'armée -sous les ordres d'O'Domiell, M. Charles Yriarte se joignit k l'état-major, assista aux brillants faits d'armes qui signalèrent cette guerre, et envoya au Monde illustré une série de dessins et d'articles relatifs k cette campagne, lesquels furent très-reimirqués. De retour en France, le jeune écrivain se démit de l'emploi qu'il occupait dans l'administration, et, depuis lors, il s'est exclusivement occupé de littérature. En 1860, il refit en Italie ce qu'il avait fait au Maroc, se rendit en Sicile lorsque Garibaltli en fit la conquête avec une poignée d'hommes, visita les Marches, l'Ombrie,quise séparèrent des Etats de l'Eglise pour s'annexer au royaume d'Italie, et devint, k son retour en France, rédacteur en chef du Monde illustré, dont il dirige en même temps la partie artistique et où il n'a cessé, depuis lors, de faire la chronique hebdomadaire. Cet écrivain, qui joint une extrême facilité k un talent littéraire très-fin et très- élégant, a donné, outre des traductions d'ouvrages espagnols d'Alarcon, de Fernandez y Gonzalez, d'Antonio deTrueba, etc., un grand nombre d'articles au Figaro, k la Vie parisienne, au Grand journal, etc., soit sous son nom, soit sous les pseudonymes de Junior et de Marquia de Villemer. Des Portraits, pleins de délicatesse et d'esprit, qu'il

YRIE

a fait paraître sous ce dernier pseudonyme, ont eu un vif succès et ont beaucoup contribué à sa réputation. On a de lui, en volumes: la. Société espagnole (18G1, in-18) ; Sous la tente, souvenirs du Maroc, récits de guerre et de voyages (1862, in-18); Paris grotesque, les célébrités de la rue de 1815 à 1863 (1SG4, in-8°), avec gravures; les Cercles de Paris de 1828 à 1864 (18S4, in-8"), avec gravures; les Portraits parisiens (1865); Portraits cosmopolites (1869); les Tableaux de la guerre (1870, in-s°); Campagne de France, 1870- 1871, la lietraite de Mézières (1871, in-18) ; les Prussiens à Paris et le 18 mars (1871, m-S°); les Princes d'Orléans (1872, in-8»); la Vie d'un patricien de Venise au xvie siècle (1874, in-8"), ouvrage fort bien fait et trèsintéressant.

YRIEIX (SAINT-), ville de France (Hante- Vienne), chef-lieu de canton et d'arrond., h 41 kilom. S. de Limoges, sur la rive gauche de la Loue ; pop. aggl., 3,473 hab. — pop. tôt. 7,086 hab. L'arrond. comprend 4 cantons, 27 communes et 41,910 hab. Tribunal de ire instance et justice de paix. Carrières de kaolin et de pétunsé; fabrication de porcelaine, fil, toiles; forges et usines k fer ; exploitation d'antimoine. Commerce de porcelaine, peaux, chanvre, porcs, etc. C est de nos jours une ville ouverte, assez mal bâtie et toute industrielle, qui n'a conservé de ses anciennes fortifications qu'une antique tour, dite tour du Plot. Mais la ville possède une église qui est un des plus intéressants monuments archéologiques de la France. Le Moutier (comme on l'appelle encore aujourd'hui) appartient k l'époque de transition, où le gothique et le roman s'allient pour créer une œuvre complète d'un seul jet. La nef, lo chœur, jusqu'au pentagone du chevet, les transsepts, offrent le mélange visible des deux styles et de leurs qualités les plus rares de solidité et de richesse, de délicatesse et de majesté. Le plan de l'édifice est bizarre. Il affecte la forme d'une croix latine, avec une nef sans bas-côtés et trois chœurs parallèles, celui du centre terminé par un chevet pentagonal, ceux des côtés par des murs droits, et dont ia réunion forme un massif de même largeur exactement que le transsept. Une porte ogivale k trois voussures s'ouvre au-dessous d'une rangée d'arcatures k plein cintre, dont celle du milieu est occupée par un Christ dans une gloire d'un aspect complètement byzantin. Un peu en saillie sur l'édifice et en dehors de son axe, le clocher appartient k une époque antérieure, bien que présentant également dans ses arcatures et ses baies ouvertes un mélange de roman et d'ogive. Sa flèche en bois est insignifiante. C'est pour l'ornementation de 1 œuvre intérieure que l'architecte semble d'ailleurs avoir réservé toutes les richesses et toutes les ressources de son art.

De ia base du clocher au pentagone du chevet central s'échelonnent quatre iravées seulement, de dimensions inégales, mais se développant par une progression habilement ménagée. Les deux travées de la nef (longueur de 20 mètres sur 15'n,23 de largeur et 18m,60 de hauteur) sont séparées par un arcdoubleau, soutenu par une grosse colonne que termine une tète grimaçante. Suus les fenêtres, le mur s'épaissil et, aboutissant au pavé par des arcatures évidées, rend inutile l'emploi extérieur des lourds contre-forts. Il en résulte une saillie qui sert de base k une galerie très-large. La croisée du transsept, haute de 19™,60 sur 13i>,90 de largeur, porte sur quatre groupes^ chacun de douze demicolonnes, dont les fûts, de diamètres variés, s'alignent en retraite contre les angles saillants des murs et soutiennent sur leurs chapiteaux les arcs-doubleaux, les forinerets et les arcs d'ogive des deux croisillons du chœur, de la nef et du tmnssept même. Le chœur d'une seule travée, longue de 14">,60 sur une largeur de 16ia,32 et une hauteur de 21 mètres, est décoré comme ia nef d'une galerie supportée par des arcatures ; l'extrados en est surchargé d'entrelacs, de fleurs et de rinceaux du plus délicat travail. «C'est ici, dit M. Port, le siège de l'autel qu'on ne sauruit trop admirer. Les chapiteaux, qui, dans la nef, ne sont parés que de quelques feuilles d'eau enroulées, s'épanouissenten corbeilles de palmettes et d'acanthe du meilleur goût et d'un Siyle vraiment antique. Sur les modifions des galeries, les figures grimaçantes des démons de la nef ont fait place k des têtes charmantes de jeunes hommes et de jeunes filles, et si quelque diable s'est aventuré dans le sanctuaire, sa gueule béante aux crocs de sanglier est bâillonnée vigoureusement par les mains d'un ange invisible. • De vieilles tapisseries masquent une partie de ces sculptures. Les chœurs latéraux, tout k fait indépendants du chœur central, ne communiquent avec lui que par une petite porte pratiquée dans l'intérieur des murs de refend. »

Enfin, le mattre-autel est surmonté d'un ange suspendant en l'air une sorte de voile, d'une étoffe brochée de soie et d'or qui recouvrait jadis une colombe en métal doré, servant de ciboire dans les premiers temps de l'Eglise. Il faut encore mentionner deux beaux reliquaires du xiiio siècle, décorés de médaillons où des anges k mi-corps se dé-' tachent sur fond d'émail, et un troisième, plus ancien, où l'on voit à coté des anges uu

YSAB

Christ bénissant entre les symboles des quatre évnngélistes, et les deux grands apôtres appuyant sur leurs épaules, les clefs et l'épée. leurs attributs ordinaires. L'église de Siiint-Yrieix mesure, dans son plus grand axe, 65m,40 de longueur et 31m,30 dans le transsept.

— Histoire. Environ six siècles après la fondation de Chalus-Chabrol (Castra Lucii Caprioli), un pieux personnage, auquel la légende donne le nom d'Aredius et dont nous avons fait Yrieix, se retira à 6 lieues plus loin environ et fonda sur la rive gauche de la Loue un monastère dont il futle preinierabbé. Des habitations ne tardèrent pas a se grouper autour du monastère, et Aredius étant mort, la petite ville de Saint-Yrieix, grossie par l'affluence des pèlerinages au tombeau du saint, se trouva fondée. L abbaye de Saint-Yrieix jouit au moyen âge d'une prospérité brillante, sous la règle de saint Basile et de Cassien. Son église fut érigée en paroisse en 1100 et soumise à la métropole de Saint- Martin de Tours. Le roi et le chapitre se partageaient la justice de la ville et étaient représentés chacun par un prévôt. Le parlement de Bordeaux était la cour suprême en cas de contestation. Plus tard, on transporta à Saint-Yrieix le tribunal de Ségur, et une sénéchaussée y fut établie. En 15S9, Saint-Yrieix, assiégé par M. de Pompadour, un des lieutenants de la Ligue dans le Limousin, tomba au pouvoir des assaillants. Les royalistes l'ayant repris, M. de Pompadour entreprit de nouveau de s'en emparer. La ville, battue en brèche par trois fortes pièces de canon et mal approvisionnée, allait tomber entre ses mains, quand le lieutenant général de la province fit essuyer aux ligueurs une défaite complète. Ces derniers parvinrent cependant à reprendre l'offensive et a rentrer dans la place, qui fut longtemps déchirée et rançonnée pur les deux partis. Les guerres de religion amenèrent pour Saint-Yrieix de nouveaux désastres. Cette petite ville avait enfin reconquis un peu de repos et l'histoire n'avait plus depuis longtemps à la mentionner, quand, au xvmc siècle, on découvrit dans son territoire un gisement considérable de terre propre à fabriquer de la porcelaine ; c'était du pétunsé et surtout du kaolin d'une grande pureté, mêlé à des masses de gneiss et s'étendant autour de la ville sur une longueur de plusieurs kilomètres. Aujourd'hui encore, les carrières de Saint-Yrieix alimentent non-seulement la manufacture de Sèvres, niais toutes les fabriques de porcelaine de Paris. On exporte cette terre jusqu'aux Etats-Unis.

YRlEIXouYIlIER (saint), en latin Arediua ou Aridiui, né à Limoges l'an 511, mort en 591. Il fut chancelier de Théodebert, roi d'Austrasie, et fonda le monastère d'Atane, autour duquel s'est formée plus tard la ville de Saint-Yrieix, aujourd'hui sous-préfecture de la Haute-Vienne. Il s'est surtout distingué pur l'atfranchissement d'un grand nombre d'esclaves des deux sexes. Mabiilon a inséré sa Vie dans ses Analecta (VIII). L'Eglise célèbre Sa fêle le 25 août.

■ YRMILYKMEDJID s. in. (ir-mi-li-kmèdjid). Métrol. Monnaie d'argent turque, valant 20 piastres, soit 4 francs 50.

YltOlSlî (canal de), bras de l'océan Atlantique, sur les côtes du Finistère, entre l'île d'Ouessant au N. et le Beo-du-Raz au S. Il est parsemé d'Ilots et d'écueils.

YSABEAU (Alexandre-Clément), conventionnel, né dans le département de l'Indre vers 1760, mort k Paris en 1823. Il entra dans la congrégation de l'Oratoire, fut préfet au collège de Tours, vicaire général de l'évêque constitutionnel de cette ville en 1791 et nommé, l'année suivante, député à la Convention. 11 prit place k côté des montagnards les plus exaltés, vota la mort de Louis XVI sans appel au peuple ni sursis, fit abjuration de la préirise en 1793, se inaria et fut envoyé en mission à Bordeaux, avec Tallien. Ils se montrèrent d'abord impitoyables, remplirent les prisons de suspects et en firent Ilérir un certain nombre sur l'échafaud ; mais lientôt, subissant l'influence des riches négociants de la vilie, leur conduite devint visiblement plus modérée. Le comité de Salut public rappela Tallien. Peu de temps après, le 14 mai 1794, Ysabeau fut l'objet d'une semblable mesure ; mais, se sentant soutenu par les gens notables, il différa son départ, s'enivrant des flatteries qu'on lui prodiguait. Dans les rues, dans les clubs, ou criait en sa présence : « Vive Ysabeau! notre ami, notre père. • Un soir, au théâtre, cette étrange devise apparut dans un ballet: «Ysabeau, liberté, égalité.» De. pressantes demandes pour son maintien à Bordeaux étaient adressées au comité de Salut public, qui, pour toute réponse, envoya un de ses agents, Jullien (v. Jui.likn de Paris), pour presser sondépart.etil dut se mettre en route pour Paris le 3 juin. Après la chute de Robespierre, Ysabeau se signala parmi les thermidoriens et se tit encore envoyer en mission à Bordeaux, d'où la Convention dut proraptement le rappeler pour des actes trop ouvertement réactionnaires. Appelé au comité de Sûreté générale, il proposa des mesures sévères, à la fois contre les terroristes et Je3 émigrés, puis il passa au conseil des Anciens, ou il tit le rapport sur l'organisation de l'Ecole polytechnique (1795).

YSSE

Sorti du conseil en 1798, il obtint un emploi subalterne dans les postes, d'abord à Bruxelles, puis à Paris, le perdit en lâu et mourut pauvre et oublié.

YSABEAU (Victor - Frédéric - Alexandre), médecin et agronome français, fils du précédent, né à Rouen en 1793.11 fit la plus grande partie de ses études à Liège, en Belgique, apprit la médecine, prit part comme enrôlé volontaire à la campagne de 1813, assista à l'affaire de' Montereau, où il reçut une blessure, et obtint le diplôme de docteur. Mais il s'occupa beaucoup moins de médecine que d'agronomie, de sciences et de littérature. Pendant près de douze ans, il dirigea en Belgique la Sentinelle des campagnes et une feuille populaire, le Fermier. De retour à Paris, il devint, pendant l'épidémie cholérique de 1832, médecin en chef du quartier Popincourt, se signala par son dévouement, puis abandonna la pratique médicale pour retourner à ses travaux favoris. Outre de nombreux articles sur des questions agricoles, publiés dans divers recueils spéciaux, entre autres dans la lievue villageoise (1848-1350), on lui doit les ouvrages suivants : VAiguillon (1831), recueil de contes et de chansons; Entretiens sur la minéralogie (1837, in-18); Guide manuel de l'épicier droguiste, ou Traité des substances]simples et composées, de leur valeur et de leur préparation (1837, in -12); le tome V de la Maison rustique (1833, in-8»); le Jardinage ou l'Ar< de créer et bien diriger un jardin (1854, in-12); Leçons élémentaires d'agriculture (1857, in-18); De la basse-cour (1858, in-12) ; De la vigne et des arbres fruitiers (1858, in-12) ; Leçons élémentaires d'horticulture (1850, in-12) ; le Jardinier de tout le monde (1859) ; le Médecin de la famille (1859, in-12); la Ferme et le presbytère (1859, in-12) ; Entretiens familiers d'un instituteur sur les insectes nuisibles (1860, 2 vol. in-18); Entretiens familiers sur lesinsecles utiles (I860,in-18) ; Cours d'agriculture pratique (1860-1862,4 vol. in-18); Traité d'hygiène (1861, in-18); Défrichement, irrigations et drainage (1861, in-12); Lavater et Gall (1862, in-12); Histoire naturelle populaire de la France (1864, in-18) ; Hygiène et économie domestique (1864, in-12); le Jardinier des satons (1870, in-18), etc. On lui doit encore plusieurs volumes faisant partie de la bibliothèque agricole de l'Encyclopédie populaire.

YSARDs.m. (i-zar). Mamm. Autre orthographe du mot ISARD.

YSENDOORN (Gilbert), philosophe allemand, né a, Ede, dans le Vélan, en 1601 ,mort à Harderwick en 1655. Pour compléter son instruction, il visita successivement les académies deGroningue, de Fraheker, de Leyde, de Sedan, de Saumur, passa deux ans k Paris, où il obtint le titre de docteur (lGïo), et, après avoir parcouru l'Espagne et l'Italie, il revint en Allemagne, où|il professa successivement la philosophie à Deventer et a Harderwick. On lui doit : Effatorum philosophicorum centurix dus ; Compendium logicx peripaleticx ; Physiologia logica et ethiea ; Medulla physicB generalis.

YSER, petite rivière de France. Elle prend sa source dans le canton de Cassel, département du Nord, se dirige au N.-K., entre en Belgique, dans la province de Flandre occidentale, et se jette dans l'Yperlé, k Nieuport, après un cours de 52 kilom., dont 20 navigables.

Y SIR s. m. (i-zir). Alchim. Pierre philosophai sous forme sèche.

YSLY, rivière d'Afrique. V. Isly.

YSQUI-ATOI.E s. f. (i-ski-a-to-le). V. TO-

LATOLK.

YSSAUDON (Jean), musicien français, né à Lesart, comté de Foix. Il vivait dans la seconde moitié du x.vi« siècle. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il passa une partie de sa vie à Avignon, auprès du cardinal d'Auvergne, en qui il avait trouvé un protecteur. Yssaudon a laissé un ouvrage, aujourd'hui très-rare, intitulé Traité de la musigue pratique, divisé en deux parties contenant en braf les règles et pratiques d'icelle (Paris, 1582, in-fol.J.

YSSEL , en latin Sala ou Isala, dit aussi OVEttYSSEL ou YSSEL SUPÉRIEUR, rivière du royaume de Hollande, formée dans la province de Gueldre, à Doe.s bourg, par la réunion du Vieux et du Nouvel Yssel. Le Vieux Yssel prend sa source dans la province prussienne de Westphalie, au N.-E. de Borken, coule dans la direction du N.-O-, entre près d'Anholt dans la province hollandaise de Gueldre, passe près deDoetinchem et se joint au Nouvel Yssel près de Doesbourg, après un cours de 67 kilom. Le Nouvel Yssel est une branche du Rhin qui occupe le lit d'un canal creusé par Drusus dans la province hollandaise de Gueldre; il" se sépare du Rhin un peu au-dessous d'Arnbeim, se dirige au N.-K. et se joint au Vieux Yssel, après un cours de 27 kiiom. L'Over-Yssel, ainsi formé, coule au N., passe k Zuphten, Deventer, limite eu granue partie les provinces de Gueldre et u'Over-Yssel et se jette dans le Zuyderzée, un peu au-dessous de Kampen, après un cours de 90 kilom.

YSSEL (MEDER-) ou YSSEL INFÉRIEUR, rivière du royaume de Hollande, qui n'est autre qu'une branche du Leek, laquelle s'en

YTAP

sépare dans le S. de la province d'Utrecht, à l'O. de Vianen, passe à Oudewater et Gouda et se jette dans la Meuse, au-dessus de Rotterdam, après un cours de 50 kilom.

YSSEL (OVER-), province du royaume de Hollande. V. Over- Yssel.

YSSEL-SUPÉR1EUR, nom d'un des anciens départements du premier Empire français, l'un des sept formés dans le royaume de Hollande, compris entre ceux des Bouches-del'Yssel et do la Lippe k l'E., des Bouches-du- Rhin au S., du Zuyderzée à l'O. et le golfe du Zuyderzée au N. Chef-lieu, Arnheim.

YSSEIJHONDE, lie du royaume de Hollande, formant partie de la province de Hollande méridionale, arrond. de Dordrecht. Elle est formée par deux bras de la Meuse, qui reçoit en face de cette île, au N., le Leek et l'Yssel Inférieur. Elle mesure 22 kilom. ds l'E. k l'O. et 7 kilom. du N. au S. Le chemin de fer de Rotterdam à Dordrecht traverse l'île d'Ysselmonde.

YSSELSTEIN, ville du royaume de Hollande, province et k 12 kilom. S. d'Utrecht, sur la rive gauche de l'Yssel Inférieur; 3,000 hab. Industrie agricole; fabrication et commerce de toiles.

YSSINGEAUX, ville de France (Haute- Loire), chef-lieu de cant. et d'arrond., k 26 kilom. N.-E. du Puy; pop. aggl., 3,476 hab. — pop. tôt., 8,270 hab. L'arrondissement comprend C cantons , 42 communes et 86,387 hab. Tribunal de 1" instance, justice de paix. Fabrication de rubans, dentelles et blondes. Commerce de bois, toiles, grains et bestiaux. Cette petite ville est bâtie sur une colline rocailleuse fort élevée que dominent d'autres collines encore plus âpres et plus dénudées. C'est une ville irrégulièrement bâlie et assez triste. Elle possède une belle église moderne, d'une architecture élégante et légère; une ancienne chapelle des pénitents, surmontée d'une flèche élancée; les débris d'un ancien château, occupé aujourd'hui par l'hôtel de ville et le palais de justice et dont on remarque encore les hautes murailles couronnées de créneaux; un hospice; une fontaine monumentale, ornant le centre de la principale place de la ville , et une promenace spacieuse, d'où l'on découvre un admirable panorama. Aux environs d'Yssingeaux, on remarque le château de Treslemont, l'ancienne forteresse connue sous le nom de Maison-Forte de Chouinouroux, et Bessamorel,où se trouvent le* ruines d'une ancienne commanderie de l'ordre de Malte.

Yssingeaux parait avoir eu les Romains pour fondateurs. A l'époque où ils étaient maîtres de la Gaule, ils donnèrent à cette ville le nom d'Icidmagus, qui, sauf corruption, s'est transmisjusqu'k nous. Les Wisigoths s'en emparèrent en 474 et y commirent, dit-on, de nombreux excès. Enfin, les Francs en devinrent maîtres et, dès 613, la réunirent au domaine de la couronne. Yssingeaux n'en subit pas moins le joug des Sarrasins d'Espagne en 729. Les Normands y pénétrèrent k leur tour vers 863. Depuis lois jusqu'au xmo siècle, l'histoire est muette sur les vicissitudes que la ville eut à subir. On voit seulement qu'elle fut successivement incorporée k 1 Auvergne et au comté de Toulouse, mais les dates de ces événements sont incertaines. Néanmoins, il paraît positif qu'Yssingeaux faisait encore, en 1229, partie du comté de Toulouse, car la cession en fut consentie vers cette époque k Louis IX par le comte Raymond VIL Le roi plaça Yssingeaux sous lajuridiction du sénéchal de Beaucaire et de Nîmes. Au xvie siècle, la ville embrassa le parti de la Ligue. En 1595, les états du parti du roi étant assemblés k Pézénas et les consuls du Puy ne pouvant s'y rendre, Yssingeaux s'empressa d'envoyer k leur place un député qui siégea aux .états. Plus tard, en 1621, dom Vaissette nous apprend que les protestants furent un instant maîtres de la ville. • Ceux de Privas, dit l'historien, au nombre de quatre cents, sous la conduite de Blacous, se portèrent vers le Velay et surprirent la ville d'Yssingeaux, où ils entrèrent ; mais ils y fuient si vivement repoussés par le curé, homme septuagénaire, à la tète des habitants, qu'ils furent obligés de prendre la fuite, après avoir laissé plusieurs des leurs sur la place. Les autres furent défaits par Chast, sénéchal du Velay, et par les paysans du Velay qui les poursuivirent, en sorte qu'il n'en retourna pas quarante à Privas. ■ C'est la le dernier souvenir historique d'Yssingeaux.

En 1754, les environs furent en proie à la bande de Mandrin, et la ville fournit son contingent d'hommes pour combattre le célèbre aventurier.

YSTAD, en latin Istadium, ville de Suède, dans le lan ou préfecture et k 58 kilom. S.-E. de Malmo, sur la Baltique ; 4,300 hab. Place forte; fabrication de draps et lainages; port de commerce. Exportation de bestiaux, blé, alun, potasse et fer.

YSTRADVELTAN, bourg d'Angleterre, dans le pays de Galles:, comté de Brecknock, à 38 kiiom. S.-O de Brecon, au milieu des montagnes ; 2,300 hab. Elève de bestiaux.

YSUM s. m. (i-zoïiiw). Idole qu'adorent les Japonais.

YTAPUA, ville de l'Amérique du Sud, dans

YTTR

la république ou Paraguay, sur la rive droite du Parana. à 213 kilom. S.-E. de Villarica ; 3,000 hab. On y récolte en quantité des feuilles de yerva ou thé du Paraguay. C'est une des deux places par lesquelles les Brésiliens peuvent commercer uvec le Paraguay.

YTTERB1TE s. f. (i-tèr-bi-te). Miner. Gadoiinite d'Ytterby, en Suède.

YTTRIA s. m. (itt-tri-a — rad. yttrium). Miner. Oxyde naturel d'yttrium.

— Encycl. "L'yttria, YO , fortement calciné, se montre sous forme d'une poudre blanche un peu jaunâtre, presque aussi hygrométrique que l'alumine, insoluble dans 1 eau et ne se combinant pas avec elle, même par un . contact prolongé. Il est soluble dans les acides azotique, chlorhydrique et sulfurique, et partiellement dans les acides faibles et trèsétendus. L'yltria ne paraît pas se combiner par voie sèche avec les alcalis caustiques et s'unit à l'eau lorsqu'il est, k l'état naissant, en contact avec elle, par exemple lors de la décomposition des sels d'yttria par l'ammoniaque. La composition de l'hydrate est représentée par la formule YQ + HO. Il se contracte beaucoup par dessiccation et se rassemble en petites masses irrégulières, qui décrépitent vivement par une chaleur brusque. L'yttria décompose les sels ammonia- . cau% à la température de l'ébullition et s'empare des acides en expulsant l'ammoniaque. L'yttria est une base k peu près aussi énergique que la magnésie ; les dissolutions des sels neutres rougissent très-faiblement la teinture de tournesol. L'yttria forme des sels solubles avec les acides azotique, chlorhydrique, sulfurique, acétique, et des sels insolubles avec les acides carbonique, oxalique, tartrique, phosphorique, arsénique, etc. L'yttria ne présente aucun caractère spécial au chalumeau ; il fond aisément en une perle incolore avec le borax et avec le sel de phosphore (phosphate double de soude et d'ammoniaque); la perle devient laiteuse parle refroidissement, lorsque la proportion d'yttria est un peu considérable ; l'yttria ne donne d'ailleurs aucune coloration particulière à la flamme du chalumeau. V. yttrium.

— Tantalate d'yttria. V. tantalatr.

— Silicate d'yttria. V. gadolimte.

YTTRICO-AMMONIQUE adj. (i-tri-ko-nmmmo-ni-ke). Chim, Se dit d'un sel double d'yttrium et d'ammoniaque.

YTTRICO-POTASSIQUE adj. (i-tiï-ko-pota-si-ke). Chim. Se dit d'un sel double d'yttrium et de potasse.

YTTRIFÊRE adj. (i-tri-fè-re — de yttria, et du lat. fero, je porte). Miner. Qui contient de l'yttria : Minéral KTTRiFkRE.

YTTRIO-TANTALITE S. f. (i-lri-0-tan-ta- H-te). Miner. Pierre grise, qui se rencontre dtuis les minerais, et qui contient de l'yttria et du tantale. Il On l'appelle aussi yttrio-co-

LUMBITE et YTTRITANTALK.

YTTR1QUE adj. m. (i-tri-ke — rad. yttrium). Chim. Se dit d'un oxyde d'yttrium, et des sels qu'il produit avec les bases : Acide

YTTRIQUE. SeU YTTRIQOKS.

YTTRIUM s. m. (i-tri-omm). Chim. Nom d'un métal qui appartient k la classe des métaux terreux, qui ne se trouve que dans quelques minéraux rares, et qui a été découvert k l'état métallique par Berzélius.

— Encycl. Vyttrium est un métal que l'on représente clans tes formules chimiques par le symbole Y. Son poids atomique, sur lequel il existe quelque incertitude, seraitde6l,7 d'après Bahr et Bunsen et de 71,4 d'après Belafontaine. C'est un élément qui appartient à la classe des métaux terreux et que l'on ne rencontre que dans quelques minéraux rares.

Gadolin, en 1794, retira de l'ytterbite ou gadolinite d'Ytterby, en Suède, un oxyde partiticulier semblable k la chaux et à l'alumine. Ekeberg, en 1797, vint confirmer ces résultats et donna à cet oxyde le nom d'yttria. Dans un examen ultérieur de l'yttria, qui dans l'intervalle avait été également étudié par Klaproth et Vauquelin, Ekeberg trouva que cette terre renferme toujours de la glucine. En 1819, Berzélius démontra que 1 yttria renferme en outre des oxydes de cérium, de lanthane et de didyme.

Scheerer, en 1842, fit voir que l'yttria, même après avoir été débarrassé des oxydes de cérium, de lanthane et de didyme, renfermait très-probablement un autre oxyde, et Mosander, en 1843, par un examen très-minutieux, arriva k conclure que l'yttria était un mélange de trois terres, k l'une desquelles il conserva te nom d'yttria, tandis qu'il donna aux deux autres les noms d'erbia et de terbia, et qu'il séparait les unes des autres par précipitation fractionnée eu s'appuyant sur leur différence d'allumé pour les acides. De nouvelles expériences, exécutées par différents chimistes, ont fait naître depuis des doutes sur l'existence réelle de la terbiu. Les expériences toutes récentes, et faites avec le plus grand soin, de Bahr et Bunsen semblent avoir confirmé ces doutes et démontré que l'yttria brut, après avoir été complètement débarrassé des métaux du groupe du cérium, est un mélange de deux terres, l'yttria et l'erbia, sans aucune trace d'une troisième terre qui serait le terbiu. Les méthodes de séparation employées par Bunsen ont été décrites par nous au mot tkrbium.

YTTR

On obtient l'yttrium métallique en chauffant du chlorure d'yltrium anhydre avec du potassium en petits fragmenta. Berzélius décrit ce métal comme une poudre gris noirâtre, formée par une masse de petites écailles, dont chacune possède l'éclat métallique, et devenant, dans sa masse, brillante sous le brunissoir, comme le fer. Disons toutefois que le métal ainsi caractérisé était un mélange d'erbium et (i'yttrium et que Vyllrium métallique pur n'a point été préparé jusqu'à ce jour,

h'ytlrium est un élément dintomique. Il formé une seule série de composés répondant aux formules générales YX'2, YX". lise combine directement, aux températures élevées, avec le chlore, l'oxygène, le soufre et probablement d'autres métalloïdes encore.

— Bromure d'yltrium YBi-2. C'est une masse saline très-déliquescente, que l'on obtient en évaporant une solution d'yttria dans l'acide bromhydrique.

— Chlorure d'yltrium. C'est un composé volatil, que l'on obtient en chauffant le métal dans un courant de chlore gazeux.

Le chlorure d'yltrium hydraté prend naissance lorsqu'on dissout l'yttria dans l'acide chlorliydrique aqueux. Il reste, par l'évnpoi a lion de culte solution, sous la forme d'une masse saline, lentement déliquescente.

— Fluorure d'yltrium. Ce sel se rencontre, uni en différentes proportions aux fluorures de cérium et de calcium, dans l'ytlrocérite, minéral trouvé a Finnbo et Broddbo, en Suède, à Amity,à New-York et dans le Massachusetts, et qui forme soit des cristaux grenus d'un bleu violet, soit des masses terreuses imprégnant des fragments de quartz. Le fluorure de cérium est aussi un des éléments constituants de la fiuocérite; mais ce dernier minéral en renferme une moins forte proportion que l'yttrocérite.' En mélangeant une solution de chlorure d'yltrium avec une solution de fluorure potassique, on obtient du fluorure à'yttrium hydraté, sous la forme d'un précipité amorphe, jouissant d'une saveur astringente, rougissant le tournesol, insoluble dans l'eau et dans l'acide fluorhydrique aqueux. Chauffé en vase clos, ce fluorure hydraté se convertit en fluorure anhydre.

— Borofluorure d'yltrium. Ce sel, obtenu

Ear double décomposition, au moyen d'un orofluorure et d'un sel à'yttrium solubles, est insoluble dans l'eau et soluble dans les acides, même si l'acide est l'acide fluoborique. Ses solutions acides l'abandonnent en cristaux par l'évaporation.

— Silicofluorure d'ytlrium. Il s'obtient comme le borofluorure et jouit de propriétés semblables.

— lodttre d'ytlrium. On prépure ce sel comme le bromure. Comme ce dernier, il est très-déliquescent.

— Oxyde d'yttrium-yltria. On l'obtient par la ealcination de l'oxalate. C'est une poudre molle, presque blanche qui, lorsqu'on la calcine, devient incandescente et répand alors une lumière d'un blanc pur dont le spectre, analogue à celui de l'erbia, ne renferme aucune raie brillante. L'yttria ne se combine pas directement à l'eau; il existe néanmoins un hydrate d'erbium qui prend naissance lorsqu'on précipite un sel é'ytirium soluble par une lessive alcaline. Les acides chlorliydrique, azotique et sulfuiique dissolvent lentement, mais complètement, l'yttria en formant des solutions incolores qui ne présentent aucun spectre d'absorption.

— Sels oxygénés d'ytlrium. L'azotate basique à'yttrium Y"(AzO?)î,VO,31{20, préparé comme le sel d'erbium correspondant, cristallise on aiguilles incolores déliquescentes. L'oxalate CV'O^.IiîO est une poudre blanche et molle qui ne perd son eau qu'a la température où il se décompose.

Le sulfaie 3Y"SO*,sHîO forme des cristaux incolores bien dèlinis, isomorphes avec les sels d'erbium et de didyme correspondants et qui offrent, lorsqu'on les calcine et lorsqu'on les dissont dans l'eau, les mêmes caractères que les sels d'erbium.

— Sèléniure d'ytlrium. On l'obtient, d'après Vôhler, en fondant l'yttria avec du sélénium. C'est une substance noire, insoluble dans l'eau. Traité par les acides étendus, il dégage de l'acide sélénhydrique.

• Le sèléniure d'ammonium précipite les sels à'yttrium.

— Sulfure d'yltrium. Il se produit, par ignition, lorsqu'on chauffe I'yttrium métallique dans de la vapeur de soufre et lorsqu'on chauflé l'yttria dans la vapeur du disulfure de carbone. C'est un corps pulvérulent gris, que l'eau ne décompose pa3 et qui dégage de 1 acide sulfhydrique sous l'influence des acides étendus.

— Recherche et dosage de l'yttrium.

Les sels d'yltrium sont incolores et ressemblent à ceux de thorium par la manière dont ils se comportent au chalumeau et dans beaucoup de réactions par voie humide. L'yttrium se distingue du thorium par la solubilité dans l'acide ehlorhydrique de son oxyde hydraté, par la fixité de son chlorure anhydre et par fa solubilité dans un excès de sulfate potassique du sulfate yttrio-potassique.

La solubilité de l'yttria calciné dans l'a-

YU

cide ehlorhydrique sert aussi à distinguer l'yttria de 1 alumine et de la zircone. Il se distingue, en outre, de l'alumine et de la glucine par son insolubilité dans la potasse. La précipitation de l'yttria par les alcalis n'est pas prévenue par la présence de l'acide tartrique (ce qui distingue cette terre de l'alumine, de la glueine, de la thorine et de la zircone) ; l'yttrium est, en effet, lentement, mais complètement précipité à l'état de tartrate. Les solutions acidulées des sels i'yttrium n'altèrent pas la couleur de la teinture de tournesol, ce qui les distingue de la zircone.

Pour doser l'yttrium, on précipite ce métal à l'état d'hydrate par l'ammoniaque ou la potasse, ou à l'état d'oxalate par l'acide oxalique. Le précipité, dans l'un comme dans l'autre cas, laisse par la ealcination un résidu d'yttria anhydre. Si la solution renfermait des sels de potassium, le précipité formé par l'acide oxalique renferme de l'oxalate yttriopotassique, qui, calciné, laisse un mélange d'yttria et de carbonate potassique. On redissout le précipité dans l'acide ehlorhydrique et l'on en reprécipite l'yttria par l'ammoniaque.

On peut séparer Yyttrium du fer, lorsque ce métal existe dans la solution à l'état de sel ferr'tque, au moyen du succinate d'ammonium, ou, mieux encore, du carbonate de baryum. On le sépare des métaux du groupe du cérium en plongeant dans la solution un excès de sulfate de potassium en cristaux ; le sulfate yttrio-potassique se dissout alors, tandis que les sulfates doubles de potassium et de métaux cériques se précipitent. On le sépare de l'aluminium et du glucinium soit en précipitant l'yttrium par l'acide oxalique, soit en le précipitant par l'ammoniaque après avoir additionné la liqueur d'acide tartrique. Enfin, pour séparer 1 yttria de la magnésie, ou ajoute à la solution un excès de chlorhydrate d'ammoniaque et l'on précipite ensuite l'yttria par l'ammoniaque.

Dans tous ces modes de précipitation, Yyttrium se précipite uni à l'erbium. Jusqu'à co jour, la seule méthode satisfaisante pour séparer ces deux derniers métaux l'un de l'autre est celle de Bahr et Bunsen, décrite au mot terbium. Encore celte méthode estelle trop imparfaite pour permettre la détermination quantitative des deux métaux mélangés.

On a déterminé le poids atomique de Yyttrium par l'analyse du sulfate, Au moyen du sel anhydre Y''SO*, Bahr et Bunsen ont obtenu, dans deux opérations, 49,30 et 49,24 pour 100 d'oxyde anhydre YO et 50,69 à 50, 7G pour 100 d'anhydride sulfurique SO3. Ces chimistes déduisent de là, pour le poids atomiqwàe Yyttrium, 61,7. Delafontaine, comme moyenne de trois analyses, a obtenu 48,23 pour 100 d'yttria anhydre YO ', d'dù il déduit le chiffre 74,5. Ces divergences tiennent probablement à la difficulté où l'on est de séparer l'yttria de l'erbia et à l'impureté plus ou moins grande 'des produits sur lesquels on opère.

YTTROCÉRITE s. f. (i-tro-sé-ri-tô — de yttrium, et de cérite). Miner. Fluate naturel (i'yttrium et de cérium.

— Encycl. L'yttrocérite est un minéral trèsrare, qu'on n'a encore trouvé qu'à Broddbo et à Finnbo, en Suède, où elle est disséminée dans les pegmatites. Plusieurs minéralogistes la regardent même comme une simple variété de mélange de la fluorine. Elle est opaque. Sa couleur, qui est le bleu vioiet, le gris blanchâtre ou le gris bleuâtre, change suivant que le cérium est en proportion plus ou moins grande. Sa densité varie entre 3,44 et 4,015. Quant à sa dureté, elle est inférieure à celle de l'acier et supérieure à celle de la fluorine. Elle est infusible au chalumeau, mais y devient d'un gris clair. Les acides la dissolvent, et la solution, traitée par l'ammoniaque, donne un précipité qui, avec le borax, forme un verre jaune à froid et un verre rouge à chaud. L'yttrocérite se présente en petites masses cristallines possédant trois clivuges rectangulaires, ce qui indique que le cube est sa forme primitive. Les proportions de ses éléments sont très- variables. Outre le fluor, l'yttrium, le cérium et le calcium, qui sont communs à tou3, certains échantillons ont fourni à l'analyse de la silice, de l'oxyde de fer et de l'albite.

YTTROTANTALITE s. f. (i-tro-tan-ta-li-te — de yttrium, et de tantatiie). Miner. Tanlalate d'yttrium.

YU s. m. (lu). Métrol. Mesure de capacité chinoise, qui équivaut à 112 litres environ.

— Bot. Plante textile des Chinois.

— Miner. Espèce de jade, avec lequel les Chinois font des instruments de musique.

YC, empereur de la Chine, le premier de la dynastie des Hia, né en 2298 avant notre ère, mort à Koeiki en 2198, à l'âge de cent ans. Il descendait de l'empereur Hoang-ti et était lils de Pé-kouen, un des principaux officiers de l'empereur Yao. Ses talents et son honnêteté lui gagnèrent de bonne heure l'estime publique et attirèrent l'attention de l'empereur, qui le nomma intendant des travaux publics en remplacemennt de Pé-kouen, son père. Yu remplit ces fonctions avec un grand zèle, fit exécuter des travaux considérables pour remédier aux désastres d'une grande inondation, rétablit les communica-

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lions qui reliaient les neuf provinces de l'empire et fut, en récompense de ses services, nommé prince de Hia. Lorsque le prince Chun parvint au trône, il nomma Yu son premier ministre et l'associa solennellement au pouvoir suprême en 2223. Cette nouvelle dignité ne fit que mettre davantage encore en évidence l'amour de Hia pour le bien public, et il fut appelé, à la mort de Chun, à monter sur le trône (2025). Bien qu'il eût alors quatre-vingt-treize ans, il voulut visiter toutesles provincesde l'empire pour recueillir les observations des sages et remédier aux abus. Il modifia les superstitions idolàuiques des Chinois, composa, sous le titre de Yu-koung, un des plus beaux chapitres du C/iou-king, établit une sorte d'impôt proportionnel et mourut entouré d'une vénération qui s'est transmise en Chine jusqu'aux temps modernes. Divers ouvrages sur l'agriculture et les mathématiques qui lui ont été attribués sont apocryphes. Ce vertueux prince associa à son pouvoir le sage ministre Pé-y, qu'il dé-

i signa pour lui succéder. Mais, après sa mort,

■ Pé-y désigna pour monter sur le trône Ti-ki, fils d'Yu, et, à partir de ce moment, l'empire

! chinois d'électit devint héréditaire. Le Père Amiot a envoyé à la bibliothèque de Paris la copie d'une inscription en l'honneur d'Yu, existant sur un rocher du Hou-kouang. Elle a été publiée par Iluger sous le titre de Mo-

| miment d'Yu ou la Plus ancienne inscription de la Chine (Paris, 1802, in-fol.).

VDBA, rivière des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de la Californie. Elle descend du versant oriental de la sierra Ntviida, coule au S.-O. et se jette dans le Feather, au-dessous de Maryville, après un cours de 252 kilom. On recueille de l'or sur ses bords.

YUCATAN, presqu'île de l'Amérique centrale et l'un des Etats de la confédération mexicaine, entre les Eiats de Tabasco et de Chiapan à l'O., la république de Guatemala au S., la mer des Antilles à l'E. et le golfe du Mexique au N., par 170-21030' de latit. N. et 89«-94o de longit. O.; 445 kilom. sur 280; 600,000 hab,, chiffre dans lequel les Espagnols ne figurent que pour un douzième; ce sont les indigènes qui en forment l'élément principal ; mêlés depuis trois siècles à leurs vainqueurs^ ils ne se son t point confondus avec eux. Cap., Merida; villes principales, Campêche, Valladolid, Cet Etat forme une péninsule qui ne consiste qu'en une vaste plaine, traversée du N.-E. au S.-O. par une chaîne de montagnes peu élevées. Sur la côte, il existe bon nombre de petits cours d'eau, mais tous sans importance. Les plus grands sont le rio Hondo ou rio Grande, à l'extrémité S. -E. ; à l'O,, le Champoton et Te San-Francisco,' dont l'embouchure forme le port de Campèche, et le Bolina au N.-E. Le climat y est chaud, mais sain. Quant au sol, il est très-fertile et l'on y recueille du maïs, du manioc, du coton, de l'indigo, etc. On y élève une grande quantité de gros bétail, des volailles domestiques et des abeilles. Les forêts servent de refuge à beaucoup d'animaux sauvages. Il n'y existe point de mines, mais ce désavantage est suffisamment racheté par la quantité de bois précieux, surtout de campèche et d'acajou, que fournissent les immenses forêts qui couvrent la majeure partie de sa surface. Les forêts sont habitées par différentes tribus indigènes, principalement dans la partie méridionale. La partie orientale, autrefois la mieux peuplée et la mieux cultivée, est aujourd'hui déserte, par suite de la défense que fit autrefois le gouvernement espagnol aux colons de s'y établir afin d'empêcher la contrebande qui avait lieu avec les établissements anglais. Les exportations du Yucatan consistent en coton, cire, miel, bois de campèche, chanvre de Sisal, espèce d'agave dont la fibre sert à faire îles câbles, des hamacs, de3 chapeaux, etc. Le commerce réside principalement entre les mains des Espagnols nés en Europe , qui possèdent tout ce qui est nécessaire pour réussir dans une contrée dont ils connaissent de longue date les ressources et les besoins. A côté de ces marchands économes végètent les créoles sur les débris de leur ancienne opulence. Une antipathie pour ainsi ire traditionnelle divise ces deux classes de citoyens, dont l'une hérita peu à peu des richesses et des dignités de l'autre.

Un des principaux officiers de Cortès, don Francisco de Montejo, obtint de Charles- Quint l'autorisation d'entreprendre à ses frais la réduction du Yucatan. Cette péninsule, indépendante des Etats mexicains, distincte par son idiome et par son régime politique, avait été si profondément oubliée au milieu des grands événements qui s'accomplissaient à l'autre extrémité du golfe, qu'on la croyait une Ile. Montejo, a la tête d'un corps expéditionnaire levé à ses frais, quitta l'Espagne en 1527, toucha d'abord à 1 lie de Cozamel, puis débarqua sur le continent voisin, dont il prit possession. « Dépourvu d'interprète et de guide, dit M. A. Morelet, le chef espagnol résolut d'agir avec une extrême circonspection; il s'avança donc de village en village, sans perdre de vue la côte, aujourd'hui silencieuse et déserte, mais florissante alors par sa population et sa culture. Ce fut ainsi qu'il atteignit Conil, où i! s'arrêta pour recueillir des renseignements et méditer son plan de campagne. La péninsule que les Espagnols venaient d'envahir était alors frac-

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tionnée en différentes principautés, gouvernées par des caciques indépendants, souvent en guerre les uns avec les autres. Le nom de Yucatan, qui lui fut appliqué de bonne heure, n'a pas une origine certaine. Beruard Diaz l'explique par les deux mots yuea et taie., champ de yuca (manioc) ; mais cette étymologie est peu satisfaisante, et il vaut mieux croire avec Herrera que ce fut le résultat d'une équivoque entre gens qui cherchaient inutilement à se comprendre. Un pays qui manquait aussi complètement d'unité politique ne devait pas, suivant cet historien, être compris sous unedénomination générale. Toutefois, les indigènes appartenant à une même race et parlant un langage identique d'une extrémité du territoire à l'autre prenaient le nom de Mayas, qu'ils se donnent encore aujourd'hui. Montejo, après avoir mûrement délibéré, se décida à prendre la direction de Choaca. Cette partie du Yucatan n'était qu'une solitude pierreuse, brûlante, infestée de broussailles , sans routes, sans abri et sans eau; le soleil avait tari les sources, et les Indiens avaient emporté dans leur fuite le secret de leurs réservoirs souterrains. Cependant l'ennemi ne se montrait nulle part; mais on avait à lutter contre la fatigue, le besoin, la maladie, et lorsqu'au bout de plusieurs jours on atteignit la ville de Choaca, on la trouva déserte et dénuée de toute espèce de ressources. Les Espagnols, trompes dans leur attente, poursuivirent leur ronto sur Aké. La contrée était toujours solitaire. Tout à coup, au milieu des bois, s'élève une clameur inopinée; le bruit grandit, ce sont les Indiens! Une multitude furieuse se précipite sur la petite armée en poussant d'effrayantes clameurs. A l'aspect de ces guerriers sauvages, peints d'une manière bizarre et bondissant comme des lions, les compagnons de Montejo s'arrêtent indécis; le son rauque des instruments de guerre, le sifflement des flèches, la confusion, la soudaineté, cet appareil barbare, paralysent un instant le courage des plus aguerris. Avant qu'ils aient pris l'offensive, une grêle de traits pénètre dans leurs rangs et blesse un grand nombre d'entre eux. Enfin, le combat s'engage des deux côtés; il se prolonge jusqu'à la nuit avec le même acharnement; tes Indiens, que la supériorité des armes et la tactique européenne ont accablés, mais non vaincus, bivaquent sur le champ de bataille sans perdre de vue l'ennemi. Le général espagnol, ne connaissant*^ les ressources ni le nombre des assaillants , attendit avec anxiété le retour de l'aurore ; au matin, il fit sonner la charge, et le combat se renouvela avec des succès partagés. Cependant, vers le milieu du jour, découragés par tant de résistance, les Indiens commencent à plier sous le feu de la mousqueterie et finissent par abandonner le terrain, jonché d'une multitude de morts. On n'osa pas les poursuivre dans les bois où ils se dispersèrent. Tel fut l'accueil que nos aventuriers reçurent au Yucatan. Cette première rencontre fit juger que les indigènes de la péninsule étaient plus belliqueux que ceux de l'empire mexicain. Ils possédaient une certaine tactique militaire; leurs combattants se rangeaient sur deux ailes, appuyées sur un corps do bataille; ils se servaient de frondes, d ares, de longues lances terminées par une pointe de silex, de haches et d'épées à deux mains d'un bois très-dur et très-pesant; pour armes défensives, ils portaient des casaques de coton piquées et fortement doublées; ils connaissaient, en outre, l'art d'elèver des retranchements pour défendre un passage, et ils y pratiquaient des meurtrières d'où ils incommodaient beaucoup leurs adversaires, car ils étaient excellents archers... Le 6 janvier 1542, après seize ans de luttes opiniâtres, les Espagnols fondèrent, sur l'emplacement de Tihoo, la ville actuelle de Mérida; dès lors, ils furent les maîtres du pays. • La civilisation du Yucatan n'était pas inférieure à celle de l'Anahuaq ; les lois civilesy étaient analogues, bien que la constitution politique fût différente, et ou y trouvait le meute culte. Les moeurs des Mayas étaient moins sanguinaires toutefois que celles de leurs voisins. L'anthropophagie, qui déshonorait l'état social des Mexicains, n'y était également pratiquée que d'une manière accidentelle. ■ L'art de transmettre et de perpétuer les faits au moyen de peintures hiéroglyphiphes et même de caractères symboliques consacrés à l'expression des idées, dit l'écrivain précité, était connu au Yucatan comme au Mexique; les ruines de Kabah, de Kewich et de Chichen-Ilza en gardent de précieux témoignages, qui ont échappé aux ravages du temps et au fanatisme de Ja conquête. Indépendamment des légendes gravées sur la pierre et sur le bois, il existait chez les Mayas de véritables livres, où étaient figurés la marche des saisons, les animaux, les plantes et la topographie de la contrée. Enfin, l'éducation de la jeunesse se complétait dans des écoles où l'on confiait à sa' mémoire tous les faits relatifs à l'histoire du pays, les poésies nationales, les recettes médicales, la somme enfin des connaissances acquises, dont le dépôt se conservait ainsi par une tradition continue. La civilisation du Yucatan se rattachait encore à celle de l'Anahuac par une particularité essentielle qui, même isolée, semblerait concluante; nous voulons parler de la méthode usitée par les

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deux peuples pour mesurer le temps et de lft rédaction de leurs calendriers, qui différaient seulement par de légères nuances de détail. Ils avaient la même année solaire de 365 jours, divisée d'abord en 18 mois de 20 jours chacun, avec 5 jours complémentaires; puis en !8 semaines, chacune de 13 jours, avec un jour additionnel ; c'était par une combinaison identique de ces deux séries qu'ils fixaient les jours de l'année; enfin, leur cycle, soumis aux mêmes calculs, se résumait en une période de 52 ans. Cet accord singulier prouve évidemment que, malgré la différence du langage et celle du régime politique, ils avaient puisé à une source commune les principes de leur civilisation. Cette contrée nourrissait une population nombreuse, qui vivait dans des conditions bien éloignées de l'état primitif et possédait même, outre le goût du luxe, l'instinct du beau et du grandiose. Les recherches archéologiques d'un voyageur moderne (M. Stephen), qui a suivi à travers la péninsule les traces de cette civilisation éteinte, ont amené la découverte do quarante-quatre villes, dont les ruines, presque toutes intéressantes, gisaient au sein des bois, ignorées de la génération actuelle. Quelques-unes, comme Tuloun, étaient ceintes de murailles, ou comme Menral, renfermaient de vastes édifices dont les façades étaient enrichies d'arabesques et de reliefs en stuc; à Labna, des terrasses élégantes et solidement assises, d'un développement de 190 mètres, supportant des palais à moitié écroulés; puis, au milieu de la plaine, s'élèvent des tumulus semblables à des collines, avec de gigantesques escaliers. Ailleurs, ce sont des monuments analogues à nos arcs de triomphe, comme celui de Kabah ; des colonnes, des portiques, des bas-reliefs en pierre, des pilastres sculptés, des solives curieusement travaillées (Kabah, Labphak, Ake, Tuloun), Plusieurs de ces constructions ne laissent rien à désirer au point de vue du bon goût et des règles de l'art ; on peut citer, entre autres, la porte de Labna, ouvrage remarquable par lu justesse des proportions et l'élégante simplicité des détails. ■ Sous la domination espagnole, le Yucatan formait l'intendance de Merida du royaume de la Nouvelle-Espagne ou Mexico, et, après la déclaration d'indépendance, il rit partie de la confédération mexicaine comme Etat indépendant hous le nom de Yucatan. Le Yucatan s'est séparé deux fois du Mexique, en 1829 et en 1S45. Mais le Mexique ne voulut jamais reconnaître l'indépendance du Yucatan, et l'état de guerre exista entre ces deux républiques pendant plusieurs années. La concession de divers privilèges put seule déterminer les habitants du Yucatan à se rapprocher du Mexique.

YUCATAN (baie du), baie de l'Amérique centrale, formée par la mer des Antilles sur la côte occidentale du Yucatan, entre les caps Brava et Roja. De nombreux bancs de sabla, des Ilots et des lies l'embarrassent et gênent la navigation.

YUCATAN (détroit ou canal du), bras de mer de l'Amérique centrale, qui fait communiquer la mer des Antilles au S. avec le golfe du Mexique au N. ; il est resserré entre le cap Catoche, extrémité N.-E. de la presqu'île du Yucutan, et le cap San-Antonio, extrémité occidentale de l'île de Cuba. Largeur, 165 kilom.

YUCCA s. m. (i-iu-ka). Bot. Genre de plantes, de la famille des liliacées, tribu des aloïnées, comprenant une trentaine d'espèces, qui croissent dans les régions chaudes de V Amérique : Le fruit des yuccas est vue capsule oblongue. (P. Duchartre.) Depuis longues aimées, les yuccas contribuent à la décoration et à la variété de nos parterres. (Th. de Berneaud.) Les yuccas conoiennent à l'ornement des parties accidentées et rocailleuses des jardins pittoresques. (Vilmorin.) Il On trouve aussi ce nom employé au féminin.

— Encycl. Les yuccas sont des plantes vivaces, à liges souterraines ou arborescentes, à feuilles roides, épaisses, étroites, lancéolées, souventdeutées, épineuses, trèa-rapprochées et groupées en faisceau. Les fleurs, réunies sur une longue hampe droite et formant une belle panicule terminale, présentent le type général qui caractérise les liliacées. Le fruit est une capsule oblongue, à six angles obtus, à parois un peu charnues, à trois loges polyspermes. Ce genre renferme une trentaine U'espèces, qui croissent dans les régions tempérées et surtout chaudes de l'Amérique, et dont plusieurs sont cultivées dans nos jardins.

L'yucca glorieux a des racines très-nombreuses; la tige haute de om,3 à 0">,4 ; les feuilles alternes, serrées, lancéolées, entières, roides, piquantes a l'extrémité ; les fleurs nombreuses, blanches, grandes, disposées en longue panicule terminale, d'une odeur désagréable. Il est originaire des régions chaudes et tempérées de l'Amérique du Nord, et s'avance, dit-on, jusqu'au Canada. • C est une superbe plante quand elle est en fleur, dit Bosc, mais elle n'y est pas tous les ans dans le climat de Paris. On s'en sert pour faire des haies qui, quand elles ne laissent point de vide, sont d une très-bonne défense et d'un très-bel aspect. On le place dans les jardins paysagers au milieu des gazons, a ç/jelque distance des massifs, contre les io-

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