‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 973 sur 1042 · ZABO · texte numérisé non relu

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ZABABELLA (Jacques) , écrivain italien, dit ta Jeune. Il vivait au xvnosiècle. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il était comte de l'ordre de Saint-Georges. On lui doit, entre autres ouvrages : Trasea Peto ovoero origine délia famiglia Zeno diVenezia (Padoue, 1646, in-4<>); Elogia itlustrium Patavinorum (1670, in-4<>); Centum stemmala originum polonicarum; Aula heroum sive Fasti Itomanorum ab urbe condita (1674, in-4°) ; des généalogies, etc.

ZABATHAÏ-SÉVI, imposteur juif. V. Sabataï-Sbvi.

ZAB BAN, nom de l'un des deux anges qui, selon les musulmans, sont chargés de tourmenter les damnés.

ZABDAS, ZABAS on SABON, général palmyrénien, mort vers 272 de notre ère. Chargé par Zénobie, reine de Palmyre, d'envahir l'Egypte, il y pénétra avec une armée de 70,000 hommes , s empara de ce pays où il laissa une garnison, puis passa en Syrie pour y combattre les Romains, fut vaincu près d'Antioche, parvint à se retirer avec Zénobie et le reste de ses troupes à Emèse, concourut ensuite k la belle défense que cette reine opposa à l'empereur Aurélien et périt, croit-on, dans les derniers événements de cette guerre.

ZABDICENE, en latin Zabdicena, ancienne contrée de l'Asie, sur les deux rives du Tigre, entre laGordyène au N. et laMygdonie au S. Elle avait pour capitale Beaabde.

ZABDIEL, nom d'un Arabe qui trancha la tête à Alexandre I", surnommé Bêlas ou Balas (Pompale). Ce prince, ayant usurpé sur Démétrius Soter le trône de Syrie, fut battu a son tour par Démétrius et Ptolémée, puis forcé de se réfugier en Arabie. Josèphe nomme l'Arabe qui le tua Zabèlos (au lieu de Zabdèlos). Diodorede Sicile l'appelle Dioclès et prétend que ce ne fut pas lui qui assassina Alexandre, mais bien les propres compagnons de ce prince.

ZABELLB s. f. (za-bè-le — du russe sobel, nom de l'animal). Mamm, Un des noms vulgaires de la martre zibeline.

ZABERN, nom allemand de Saverne.

ZABIE s. f. (za-bî— du gr. za, beaucoup ; bia, force). Eutom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des inuscides, dont l'espèce type vit dansles Pyrénées.

ZABIEN s. m. (za-bi-nin), Hist.relig. Nom donné à d'anciens philosophes chaldéens, adorateurs des astres, qui s'occupaient à confectionner des talismans.

ZABIBA (Georges), érudit grec, né à Siatista (Roumélie) vers le milieu du xvme siècle, mort en 1804. Après avoir reçu une solide instruction à Thessalonique, il se rendit comme commis marchand en Hongrie vers 1764, apprit le latin et les principales langues de l'Europe, habita longtemps Oolotscka, où il se lia avec plusieurs savants, visita diverses universités d'Allemagne et se fixa dans la Petite Arménie, à Syzbadzallas, où il partagea sou temps entre le commerce et les lettres jusqu'au moment de sa mort. 11 légua en mourant ses livres et ses manuscrits à l'Eglise grecque de Putsch. On a de lui deux intéressants ouvrages restés manuscrits : les Aventures des familles Drancovan et Cantacuzêne, enmobiave, et la Biographie des auteurs grecs gui ont écrit en grec moderne depuis la prise de Constantinopte.

ZABIRNE, en latin Zabirna, ville de l'ancienne Asie Mineure, dans la Syrie, à 10. de Phasélis.Baochus, selon la Fable, délivra cette ville d'un monstre que l'infestait.

ZABLOCKI (François), écrivain dramatique polonais, néen 1754, mort en 1821. Après avoir terminé ses études à l'université de Varsovie, il devint secrétaire de la commission de l'instruction publique, se fit connaître par des poésies qui lui acquirent bientôt une grande réputation, puis, abandonnante carrière littéraire, il entra dans les ordres et obtint un canonicat à. Konska-Wola, où il termina sa vie. Zablocki est regardé comme le créateur de la comédie polonaise. Il a su reproduire avec un grand talent et mettre en scène la société de son époque. Ses comédies sont encore jouées aujourd'hui avec succès en Pologne. Nous citerons, parmi ses meilleures pièces, qui ontété représentées do 1780 k 1794 : Sarmatyzm, son chef-d'œuvre ; le Muscadin gui fait le galant auprès des dames et Une perte irréparable. Un Recueil de ses poésies a été publié à Varsovie (1805, in-4").

ZABO s. in. (za-bo — nom ar.). Mamm. Un des noms de l'hyène.

Znboi (chant de), poëme slave, qui paraît dater du ixe siècle. Il retrace admirablement les mœurs et les croyances des populations bohèmes, longtemps hostiles au christianisme quo les Germains voulaient leur imposer par le fer. Zaboïj chef d'une tribu bohème qui, après la monde son prince, s'était vue opprimée parles Germains etforcémentsoumise k leur foi, réunit secrètement ses amis, les exhorte k une défense courageuse, et, joignant sa troupe à celle de Slavoï, son frère d'armes, il fond sur les ennemis commandés par Ludick, tue leur chef, fait un grand car-

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nage et rend la liberté k sa patrie. Tel est, dans sa simplicité, le sujet de ce poëme remarquable, dont l'enthousiasme et l'énergie dénotent un témoin oculaire. On croit entendre, dit M. Eichhoff (Tableau de la littérature du Nord), le génie expirant, mais encore indompté du paganisme, se roidissant une dernière fois contre l'ascendant irrésistible qui, par la persuasion ou par la force, imposa à l'Europe une religion nouvelle. Aussi le barde inspiré appelle-t-il k son aide et le nom de Lumir, le chantre des vieux temps, et celui de Wisehrad, berceau de la nation bohème, et les austères images des dieux infernaux et des monstres féroces, exécuteurs des célestes vengeances.

Quelques critiques ont cru reconnaître dans Zaboï le Samo contemporain de Dagobert, qui vainquit l'armée des Francs k Voigtbert, en Moravie; mais, suivant M. Eichhoff, cette époque est trop lointaine pour qu'on puisse y rattacher un poëme d une contexture déjà si parfaite. L'hypothèse là plus probable place ce poëme et le fait d'armes qui en est lo sujet sous le règne des trois hls de Louis le Germanique ; on ne peut guère lui assigner une date plus rapprochée, puisqu'au x« siècle, k l'extinction des Carlovingiens, nous voyons le christianisme partout admis chez les peuples slaves qui, cessant d'être ses adversaires, devinrent ses zélés défenseurs.

ZABOLCS, comitatde Hongrie. V. Szabc-i.cs.

ZABOROWA (Jacques dk), publiciste pololonais qui vivait au xvie siècle. II fut employé à lagraude chancellerie delacouronne sous le chancelier Jean Laski. Casimir III, dit le Grand, mort en 1370, avait présenté a la diète de 1347 la première collection des lois polonaises, imprimée à Cracovie sans date et sans nom d'imprimeur. Le roi Alexandre, voulant continuer l'œuvre de Casimir III, donna l'ordre au prélat Jean Laski de recueillir les constitutions et les lois du royaume à partir de 1374. Zaborowa fut charge de ce travail sous la direction du grand chancelier. Il y joignit le code des lois saxonnes, les statuts de la Lithuanie avec le traité de Raymond de Naples, et l'ouvrage parut sous ce litre: Commune inclyti Polonia regni privilegium constitutionum et indultuum pubiicitas decretorum approbatorumque (Cracovie. 1500, in-fol.).

ZABOROWSKJ (Stanislas), jurisconsulte polonais, né vers 1470, mort en 1549. Il suivit pendant quelque temp3 la carrière des armes, puis cultiva les lettres, s'adonna à la jurisprudence civile et ecclésiastique, devint secrétaire du trésor de la couronne en 1506, sous Je roi Alexandre, puis remplit les fonctions de sous-secrétaire sous ie roi Sigismond. On lui doit les ouvrages suivants : Tractaius de natura jurium et bonorum régis (Cracovie, 1507, in-4"), traité devenu trèsrare; Rudimenta grammatices seu octo partiumorationis examen (Cracovie, 1519, in-4»), grammaire qui, malgré son titre latin, est écrite en polonais et qui a été longtemps un livre classique.

ZABOHOWSE1 (Ignace) , savant polonais, né en 1754, mort eu 1803. Il entra dans l'ordre des piaristes et se consacra à l'enseignement. On a de lui : Géométrie pratique (Varsovie, 1786, in-80), livre classique dont se servent les arpenteurs en Pologne, et les Logarithmes pour les écoles nationales (Varsovie, 1787, in-4").

ZABRB s. m. (za-bre — du gr. sabras, quî signifie proprement voraee, glouton, et qui est sans doute formé de sa, beaucoup, très, et de boros, gourmand). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des caiabiques, tribu des féroniens, comprenant une cinquantaine d'espèces, répandues dans l'ancien continent,

— Encycl. Les zabres, réunis par plusieurs auteurs aux féronies, sent caractérisés par une tête assez grosse, presque triangulaire: des antennes minces, à articles presque cylindriques; des palpes assez courtes, k dernier article tronqué; les mandibules courtes, arquées, presque obtuses; le menton muni d une dent simple ; le corselet convexe, transversal, carré ou arrondi sur les côtés; les pattes courtes et fortes. Ces insectes, généralement de moyenne oude petite taille, ont des couleurs ,peu brillantes on des mouvements peu agiles; ils sont carnassiers, se tiennent sous les pierres et font la chasse aux insectes plus petits. Le sabre court est noir, avec les tarses d'un brun roussàtre et les élytres striés. Il est assez commun aux environs de Paris.

ZABROÏDB adj. (za-bro-i-de — de zabre, et du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble k un zabre.

— s. m. pi. Groupe d'insectes, ayant pour type le genre zabre.

zabucajos. m. (dza-bu-ka-io). Bot. Nom que les naturels delà Guyane donnent à une espèce de lécythis.

ZABOESMG (Jean-Christophe m), littérateur allemand, iiéàAngsbourg en 1747, mort vers la tin du xvnio siècle. Il se livra au commerce, devint président du corps des marchands de sa ville natale et publia des ouvrages originaux, ainsi que de nombreux écrits traduitsdu françaisen allemand. Nous

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citerons, entre autres : Sermons de Billot (Augsbourg, 1773 , in-8°) ; Dictionnaire de l'abbé Nonnotte (Augsbourg, 1775, 2 vol. in-8°); Nouvelles historiques et critiques sur la vie et les écrits de Voltaire et des autres prétendus philosophes de nos jours (Augsbourg, 1777,2 vol. in-8°); Histoire des temps anciens et modernes, de Conilillac (Augsbourg, 1778-1780, 14 vol. in-8<>) ; les Philosophes à la mode, comédie en cinq (actes (Augsbourg, 1779, in-8°); Elisabeth ou l'Enlèvement, tragédie en cinq actes (Augsboug, 1731) ; la Mort d'Abel, drame (Augsbourg, 1779), etc.

ZABULON, une des douze tribus hébraïques qui se partagèrent le territoire du pays de Chanaan. La tribu de Zabulon, à l'O. du cours supérieur du Jourdain et du lac de Génésareth, qui la séparaient de la demi -tribu orientale de Mallassé, confinait au N. aux tribus d'Aser et de Nephtali, à l'E. aux tribus d'Aser et d'Issachar, enfin au S. à cette dernière. Les villes principales étaient : Séphoris, Tibériade, Cnna, Béthulie et Nazareth. Dans la partie S.-E. s'élevait le mont Thabor.

ZABULON, sixième fils de Jacob et de Lia, né en Mésopotamie vers l'an du monde 2556, mort, d'après le Testament des douze patriarches, à l'âge de cent quatorze ans. 11 ne prit aucune part dans le projet criminel que conçurent ses frères pour se débarrasser de Joseph et essaya au contraire de les en détourner. Pendant qu'il habitait la terre de Chanaan, il fabriqua une embarcation munie de voiles et d'un gouvernail pour se livrer à la pêche pendant l'été et faisait paître pendant l'hiver les troupeaux de Jacob. A son lit de mort, Son père le bénit. Ses descendants, qui formèrent la tribu de Zabulon, eurent en partage, en arrivant diins la terre promise, la partie qui s'étend depuis le lac de Galilée à l'orient jusqu'à la mer à l'occident. En sortant d'Egypte, cette tribu, qui avait pour chef Elon, petit-fils de Zabulon, se composait de 57,400 hommes en état de porteries armes. Enfin, c'est cette tribu que la prophétesse Déborah, pendant sa judicature, appela k combattre dans la guerre de Barac contre Sisara, général des années de Jahin.

ZACAGM ou ZACCAGNI (Laurent-Alexandre), érudit italien, né en 1657, mort à Rome en 1712. Il entra dans l'ordre des moines augustins, devint très-versé dans la connaissance du grec et du latin, s'adonna à l'étude de3 antiquités et obtint la place de conservateur de la bibliothèque du Vatican. On a de lui : Collectanea monurnentorum veterum Ecclesix grxcx et latins otite hactenus in bibliotheca Vaticana delituerunt (Home, 1698, in-4°), ouvrage important pour la philologie, lequel contient des pièces remontant toutes au premier âge de l'Eglise; Disserlatio de summo apostolics sedis imperio in urbem comitatumque Comachi (Rome, 1709, in-8°), écrit dans lequel Zacagni essaye de démontrer que la ville de Comaccbio appartenait à 1 évéque de Rome avant le règne de Gharlemagne.

ZACAH s. m. (za-kâ). Relig. Partie des biens que le Coran prescrit de donner aux pauvres, sans en déterminer la quotité.

ZACATECAS, ville du Mexique, ch.-l. de l'Etat de son nom, dans une vallée, à la source de la Santander, à 465 kilom. N.-O. de Mexico, par 230 de latit. N. et I03« 55' de longit. 0.; 32,000 hab. Evêché. Palais du gouvernement. Douane.Hôtel des monnaies, bazar, hatle aux grains. Collège fondé vers la fin du xvme siècle. On y remarque une grande place entourée de jolies maisons, mais les rues sont généralement sales et étroites. Les églises et les couvents y sont nombreux. L'église paroissiale est un bel éditice, où l'on admire des fonts baptismaux en argent massif. Fabriques de coton et de poudre.

ZACATECAS (EtATde), Etat du Mexique, au centre de la Confédération mexicaine, entre ceux de Cohahuila au N., de Nouveau-Léon auN.-E., de San-Luis-Potosi au S.-E., d'Aguas- Calientes au S., de Xalisco au S.-O. et de Durango au N.-O. ; 47,000 kilom. carrés environ, 400 kilom. sur 280 ; 300,000 hab. Sa surface, traversée par la sierra Madré, est très-montagneuse et ressemble sous beaucoup de rapports à la Suisse. Le climat n'y est pas chaud, et le Zacatecas est rangé, au Mexique, dans la région des tierras frias. Les cours d'eau ne sont que d'insignifiants ruisseaux. Au N. on trouve neuf petits lacs, dont l'eau contient de la soude en abondance. 11 y existe de nombreuses mines d'argent et de cuivre. La Veta-Negra de Sombrerete est la plus riche mine d'argent qui ait été découverte dans les deux hémisphères. Le sol est en général très-aride. C'est seulement lorsque la maison des pluies est favorable qu'il se couvre d'une végétation luxuriante et que les céréales, les plantes potagères prospèrent dans les localités mites en culture; mais la pluie fait souvent complètement défaut, et de violents vents du nord augmentent encore la sécheresse. Le commerce ne consiste que dans l'échange des métaux précieux fournis par l'exploitation des mines contre les produits de 1 industrie étrangère ou de celle des Etats voisins et contre les produits agricoles de ceux-ci. La grande industrie de cet Etat, la source principale de l'aisance dont jouit sa population,

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c est 1 exploitation de ses mines d'argent, qui remonte à l'an 1555.

ZACATLAN , ville du Mexique, dans l'Etat et à 130 kilom. N.-O. de Puebla; 8,000 hab.

ZACCAKIA (François-Antoine), savant jésuite italien, né à Venise en 1714, mort à Rome en 1795. 11 fut admis à quinze ans dans la société, professa quelque temps la rhétorique à Goritz, se rendit ensuite à Rome, où il reçut les ordres (1740), et se livra à la

frédication dans la plupart des villes d'Itaie, où ses talents oratoires et ses connaissances étendues lui firent une réputation immense. Nommé par le duc de Modène conservateur de la bibliothèque ducale en remplacement du célèbre Muratori, qui venait de mourir (1754), il garda cet emploi jusqu'à l'expulsion des jésuites, se retira à Rome, où il devint bibliothécaire du collège des jésuites et historiographe de l'ordre pour la partie littéraire. Zaccaria se fit à cette époque l'ardent défenseur du saint-siége contre les prétentions de l'Eglise gallicane et attaqua vivement les adversaires de la suprématie papale. Son zèle fut récompensé par une pension que lui donna le pape Clément XIII; mais bientôt après l'ordre des jésuites, qui avait excité contre lui des plaintes universelles, fut dissous, et Zaccaria non-seulement perdit sa pension, mais encore fut sur le point d'être enfermé au château Saint-Ange. Il se réfugia chez le cardinal Marefoschi, qui lui ouvrit sa bibliothèque pour continuer ses travaux, fut remis en possession de sa pension après l'avènement de Pie VI et fut nommé par ce pontife directeur de l'Académie instituée pour les nobles (1775), puis professeur d'histoire ecclésiastique à la Sapience. Zaccaria mourut à quatre-vingt-un ans, laissant la réputation d'un des hommes les plus instruits de son temps. Dix-neuf Académies italiennes et étrangères le comptaient au nombre de ses membres. C'était un critique éclairé et spirituel, mais qui ne fut pas toujours impartial et qui fut en butte à de nombreuses attaques. Il lui est arrivé fréquemment, en certains cas, de prodiguer les louanges outre mesure, et dans d'autres cas, au contraire, d'avoir trop cédé k certaines antipathies et aux caprices d'un caractère acerbe et bilieux. On a remarqué, comme une chose singulière, qu'il écrivait en latin avec plus de pureté et d'élégance que dans sa langue maternelle. Zaccaria a composé un nombre immense d'ouvrages (106 imprimés et une infinité d'autres restés en manuscrit). Les plus importants sont : Sloria letteraria d'Italia (Modène, 1751- 1757, 14 vol. in-8°) ; ce volumineux monument se rapporte tout entier aux publications contemporaines , qui sont analysées avec beaucoup de sagacité et de goût ; le style pèche par l'emphase et l'excès des formules louangeuses, défauts ordinaires des écrivains de l'Italie; Annali letterari d'Italia (Modène, 1762-1764, 3 vol. in-8»), continuation de l'ouvrage précédent; Anecdotorum medii &vi... cotlectio, recueil des monuments civils et sacrés du moyen âge , avec cartes et plans (Turin, 1755, in-fol.); T/ieologia moralis II. P. Tamburini (Venise, 1755, 3 vol. in-8") , ouvrage auquel Zaccaria a joint des prolégomènes dans lesquels il fait une complète apologie de son ordre; Diblia sacra (Venise, 1758, 2 vol. in-fol.), avec des prolégomènes dogmatiques et théologiques ; Apologie de la théorie morale des Pères liusenbaum et Lacroix, jésuites (1758, in-12) ; Instituiiones numismatiese (2 vol. in-S°), etc.

ZACC111A ou ZACCH1AS (Paul), médecin italien, né à Rome en 1584, mort en 1659. Il jouit de son vivant de la plus haute considération, fut médecin du pape Innocent X, protomédecin des Etats pontificaux et publia plusieurs ouvrages classiques , parmi lesquels nous citerons les trois suivants : Dei mail ipochondriaci libri tre (Venise, 1665, in-4°) ; Il vitto quaresimale ove insegnasi corne sensa offendere la sanità si passa viver nella quaresima (Rome, 1637, in-S"); Qusstiones medico- légales (Amsterdam, 1651, infol.). Dans ce dernier traité, Zacchia s'est occupé des questions de médecine légale, t il en forma un' corps d'ouvrage, dit Ozanam, où sont traitées amplement toutes les questions qui concernent la grossesse, l'avortement, les morts non naturelles, l'empoisonnement, le suicide, les assassinats; il y comfirit la folie, la démonomanie, les sortilèges, es prestiges, les maléfices et autres pratiques superstitieuses qui, dans ces temps-là, étaient encore du domaine de la crédulité publique. La profonde érudition et l'exquis jugement qui distinguent l'ouvrage de Zacchias l'ont rendu classique non-seulement pour le médecin chargé de faire des rapports en justice criminelle, mais encore pour le théologien qui s'applique à des cas de conscience. On regrette seulement que certaines parties présentent une rédaction diffuse. » — Son frère, Sylvestre Zacchia, fut un savant jurisconsulte et devint auditeur de la rote de Sienne, de Florence et de Lucques. Il a publié, entre autres ouvrages de jurisprudence : De obligatione camerali resolutiones , neenon de modo valide contrahendi societales super officiis romans curias.

ZACCONE s. m. (za-ko-né — mot hébreu).

Bot. Nom du balanite d'Egypte, dans la Bible. U On dit aussi zacijum et zacon.

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— Encycl. L'arbre désigné sous ce nom est de la taille d'un oranger; ses feuilles ressemblent à celles de l'olivier, mais elles sont plus petites, moins larges, plus pointues et d'un beau vert; il porte des fleurs blanches; ses fruits globuleux, du volume d'une prune, renfermant un noyau, sont d'abord verts et deviennent jaunes à la maturité. Il croît en Orient et abonde surtout près des églises de Zaccheus, dans la plaine de Jéricho; de là sans doute son nom. On retire de son fruit, par expression, une huile employée comme fondant pour résoudre les humeurs froides et visqueuses. Il en est question dans la Bible, qui l'appelle aussi sachum et zaccon. On l'avait pris d'abord pour un prunier; on pense aujourd'hui que c'est le balanite d'Egypte.

ZACCONE (Pierre) , littérateur français , né à Douai en 1817. Il fut d'abord enfant de troupe dans un régiment où son père était officier. Pendant le cours de ses études, il connut Emile Souvestre, qu'il eut pour professeur k Brest, et débuta sous ses auspices dans la carrière des lettres, tout en entrant, pour avoir une position assurée, dans l'administration des poste'. Le jeune employé occupa tous ses loisirs à composer des nouvelles et des pièces de vers, qu'il publia, à partir de 1837, dans divers journaux de la Bretagne : l'Hermine, Y Auxiliaire breton, la Vigie du Morbihan, la Bévue bretonne. Pendanfson séjour à Brest, il tenta la fortune dramatique en donnant au théâtre de .cette ville un vaudeville intitulé Aurélie ou l'Amant sous clef, puis il se rendit à Paris en, 1843 et fut attaché à la direction générale des postes. Depuis cette époque, M. Zaccone a composé un grand nombre d'ouvrages, qui consistent pour la plupart en romans-feuilletons, a collaboré à divers journaux littéraires et fait jouer quelques pièces de théâtre. Nous citerons de lui : Tableaux de l'histoire littéraire universelle (1844, in-18); Epoques historiques de la Bretagne (1845, in-S0); Histoire des sociétés secrètes politiques et religieuses (1847, 5 vol. in-8°); les Ouvriers de Paris et les ouvriers de Londres (1850, 2 vol. in-8°), en collaboration avec Paul Kéval; les Mémoires d'un roi (1851, 4 vol. iu-8°), avec le marquis de Poudras; Marguerite et Béatrix (1851, 2 vol. in-8°), avec Paul Féval; le Dernier rendez-vous (1851 , 2 vol. in-8°) ; le Roi de la Basoche (1853, 2 vol.); Eric le mendiant (1853, in-12); Nouveau langage des /leurs (1853, in-18) ; les Mystères du vieux Pa7-is (1854,3 vol. in-8°); le Vieux Pari* (1854, in-12); les Plaisirs du roi (1855, 2 vol. in-8°) ; le Nouveau Paris (1856) ; le Fils du ciel (1857, in-12); l'Orphelin du temple (1853, in-4°) ; les Hues de Paris ou Paris chez soi (1859, in-8«) ; les Zouaves (1859, in-12); les Volontaires de 93 (1860, in-4«); le Pirate de Canton (1860, in-40); les Mystères de la Chine (1860, in-40); le Gamin de Paris (1861, in-40); le Conscrit de Palkrme (1860, in-40) ; ia Bohémienne (1861, in-4°) ; une Banqueroute frauduleuse (1861, in-4°); les Drames des Catacombes (1863, in-40); les Deux Bobinsons (1854 , in-12); les Mystères de Bicê'.re (1864, in-4°) ; De Batna à Tuggurt et au Souf (1865, in-18) ; le Condamné à mort (1866, in-8°) ; la Poste anecdotique et pittoresque (1867, in-18) ; WFils du forçat (186.7, in-4») ; Histoire des bagnes (1868 et suiv., in-40) ; Histoire de l'Internationale (1871, in-go): les Gueux (1874, in-8«) ; les Misérables de Londres (1874, in-so): la Cellule n<> 7 (1875, in-4°); Mémoires d'un commissaire de police (1875. in- 18); Noies sur la régence de Tunis (1875, in-8«), etc. Ce très-fécond, mais médiocre écrivain a composé, en outre, quelques pièces pour le théâtre : le Vingt-quatre février, scène dramatique en vers , avec P. Féval (1848); le Cousin Verdure (1855), vaudeville en un acte, en collaboration avec Saint-Yves ; les Dimanches de Pampette, en un acte (1858), avec E. Frèbault; tes Odalisques de Ka-ka-o , en trois actes (1858), avec le même; le Sou de Lise, opérette (1861), avec Saint-Yves; l'Oncle Traub, opéra-comique (1862), avec Valois, etc.

ZACCOM (Louis), musicien italien, né à Padoue vers 1555. Il se fit admettre dans l'ordre de Saint-Augustin, acquit de vastes connaissances musicales et devint successivement directeur du chœur dans le couvent de son ordre à Venise, maître de chapelle de l'archiduc Charles à Vienne, maître de chapelle du duc de Bavière. Vers 1620, il revint à Venise et vécut depuis lors dans l'obscurité. On ignore l'époque de sa mort. On lui doit un ouvrage rare et estimé, intitulé Pratica di musica utile et necessaria (Venise, 1592-1622, 2 parties); on y trouve d'intéressants renseignements pour la connaissance de l'art k cette époque.

ZACH (Clara, comtesse de), dame hongroise, morte en 1329. Elle était attachée comme dame d'honneur à Elisabeth , femme du roi de Hongrie, Charles-Robert ou Charobert, lorsque le frère de cette princesse, Casimir, depuis roi de Pologne sous le nom de Casimir III, conçut pour elle une passion violente que la reine lui fournit le moyen de satisfaire. Désespérée de l'outrage fait k son honneur, Clara de Zach révéla ce qui lui était arrivé à son père, le magnat Félibien. Celui-ci, transporté de fureur, pénétra dans le palais du roi, fondit sur Elisabeth pour l'immoler, ainsi que ses enfunts, lui coupa

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quatre doigts en la frappant de son épéc, blessa le roi et les gouverneurs des jeunes princes, fut arrêté par les gardes et mis en pièces. La mort de Félibien ne parut point à Elisabeth une expiation suffisante pour l'attentat dont elle avait été l'objet. Sur ses instances, la belle et infortunée Clara, arrêtée au milieu des dames de sa cour, eut le nez, les lèvres et les doigts des mains coupés, puis elle fut conduite de ville en ville et exposée aux regards de la populace. Cet acte de barbarie ne parut point encore suffisant à l'implacable reine. Le jeune frère de Clara fut arrêté et traîné k la queue d'un cheval, sa sœur eut Ut tête tranchée, et la diète hongroise décréta, en 1330, que les descendants de Félibien, de l'un et l'autre sexe, seraient décapités et leurs biens confisqués.

ZACH (Antoine, baron de), général autrichien, né à Pesth en 1747, mort eu 1826. Entré de bonne heure au service, il fit, comme premier lieutenant de pionniers, la campagne de 1778 1779 contre la Prusse, devint eiisu'te professeur de mathématiques à l'Ecole militaire de Wienerisch-Neustadt , fut employé en 1789, comme major de tranchée, au siège de Belgrade, prit part en 1792 à la guerre contre la France, fut promu en 1796 major général et quartier-maître général de l'armée d'Italie et se distingua pendant toute la campagne dans cette contrée, notamment à Marengo, où cependant il fut fait prisonnier. Créé baron en 1801 et nommé successivement lieutenant-feld-marêchal et gouverneur de Trieste (1806), il commando en 1S09 une division du 9e corps d'armée et, après le traité de Vienne, fut appelé au commandement de la forteresse d'Olmutz. En 1825, il prit sa retraite avec le grade de feldzeugmestre (général d'artillerie). On a de lui : Leçons sur les fortifications, la défense et l'attaque (Vienne, 1783, in-8°) ; Eléments de l'art de manoeuvrer (Vienne, 1812- 1814, 2 vol. in-S°) et divers articles sur les mathématiques et l'astronomie, insérés dans le journal de son frère.

ZACH (François, baron de), astronome allemand , correspondant de l'Institut, frère du précédent, né à Presbonrg en 1754, mort du choléra k Paris en 1832. Il entra k dixhuit ans dans l'armée autrichienne, prit part à la guerre de 17SS contre les Turcs, se retira du service en 1790 avec le grade de liuutenant-colonel et se livra avec ardeur à l'étude de l'astronomie. A cette époque, il se mit à voyager, se rendit à Paris, où il entra en relation avec Laplace, lit ensuite un long séjour à Londres comme instituteur des enfants du comte Brùhl , ambassadeur de Saxe, et se mit en rapport avec Hersehel, Bank, Maskelyne et autres savants célèbres. De retour en Allemagne, Zaoh entra au service du duc de Saxe-Gotha, Ernest II, qui était lui-même très-versé dans les sciences, et fut nommé par ce prince directeur d'un magnifique observatoire qu'il venait d'établir à Seeberg, près de Gotha (1794). Zach rnit tous ses soins k rendre cet établissement célèbre, y rit des cours qui obtinrent un grand succès et où se formèrent des astronomes distingués, et publia en 1798 ses Ephémêrides astronomiques, recueil important, plein de renseignements précieux, qu'il continua, k partir de 1800, sous le titre de Correspondance mensuelle. En 1804, après la mort d'Ernest II, il s'établit une liaison intime entre lui et la jeune duchesse douairière de Saxe -Gotha, qui le nomma son grand maréchal du palais. A partir de 1807, ils habitèrent alternativement Paris, Marseille et Gênes. La duchesse étant morte en 1827, Zach en ressentit un profond chagrin, se relira k Berne, vint en 1832 k Paris pour se faire traiter de la pierre, mais succomba au fléau qui désolait alors la capitale. Ce savant a dirigé la construction des observatoires de Naples et de Lucques. La science astronomique lui doit des découvertes importantes. Les principaux ouvrages de Zach sont : Novx et corrects tabula; motuum solis (Gotha, 1792, in-4o) ; Explicatio et usas tabeltarum solis et catatogi stellarum fixarum (Gotha , 1792) ; De vera latiludine et tongitudine Erfordim (Erfurt, 1794, in-40); Nouveau calendrier séculaire français (Gotha, 1797, in-fol.); Carrespondance'mensuetle pour hâter la connaissance du ciel et de la terre (1800-1814, 25 vol.), recueil qu'on consulte encore aujourd'hui et dont Zach reprit la publication à partir de 1818, sous le titre de Correspondance astronomique , géographique , hydrographique et statistique (1818-1826, 15 vol. in-S»); Fixarum stellarum catalogus novus (1804, in-80) ; Tabulx spéciales aberraiionis et nutatianis (1806- 1807, 2 vol. in-80) ; Arpentage trigonométrique et astronomique de ta Thuringe, exécuté par ordre du gouvernement de Prusse (Gotha, 1806, in-S°), en allemand; Tables abrégées et portatives du soleil (Gotha, 1809, 2 vol. in-40); Nouvelles tables d'aberration et de nutation pour 1,404 étoiles (Marseille, 1812, in-8°) ; Attraction des montagnes et ses effets sur les fils à plomb ou sur tes niveaux des instruments d'astronomie ( Avignon , 1814 , 2 vol. in-S°), ouvrage qui fit sensation dans le monde savant et qui abonde en faits intéressants.

ZACI1A1RB (Denis), alchimiste français, ne dans la Guyenne vers 1510. Ses parents

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l'enToyèrent achever ses études a Bordeaux, où il s'éprit des chimères de l'hermétisme, puis il se rendit à Toulouse pour y étudier la jurisprudence. En 1535, il retourna dans sa famille; mais, dès qu'il fut en possession de son patrimoine, il revint a Toulouse , dépensa une partie de ce qu'il possédait k acheter île prétendus secrets, s'associa à un abbé qui s adonnait aux mêmes folies recherches et vit s'engloutir le reste de sa fortune en essais infructueux. S'étant procuré quelque argent," il prit lu route de Paris {1539), y fréquenta les alchimistes en renom et trouva un gentilhomme étranger qui consentit à lui révéler un prétendu secret pour faire de l'or. Zaohaire lit alors informer le roi de Navarre, Antoine d'Albret, grand-père de Henri IV, qu'il était parvenu à faire de l'or, et ce prince lui promit de lui payer son secret 4,000 écus. Sur cette promesse, Zachaiie se rendit à Pau (154S) ; mais quand il eut terminé son opération, il reçut du roi, pour toute récompense, un grand merci et retourna k Toulouse, trèsmécontent de son voyage. Là, il fit rencontre d'un religieux qui lui conseilla de renoncer à ses essais d'alchimie pour s'occuper de sciences naturelles. Il revint dans ce but h Paris en 1546; mais il reprit bientôt ses recherches favorites et étudia les ouvrages rie Raymond Lulle et d'Arnaud de Villeneuve. De retour dans son pays natal, il parvint, à ce qu'il prétend du moins, k convertir du vif-argent en or le jour de Pâques 1550. Par la suite, il partit pour Lausanne, gagna l'Allemagne et mourut obscurément, on ne sait en quel lieu et en quelle année. On a de lui : Opuscule de la philosophie naturelle des métaux, traitant de l'augmentation et perfection d'iceux (Anvers, 1567, in-8°), avec une préface dans laquelle il raconte sa vie. Cet ouvrage, plusieurs fois réimprimé, a été traduit en latin, avec des notes, et est encore très-recherché des curieux.

ZACUARIJS (Just - Frédéric - Guillaume), poète allemand, né à Frankenhausen (Thuringe) en 1726, mort en 1777. 11 commençait l'université de Leipzig des études de droit, qu'il abandonna bientôt après pour se consacrer k la littérature. Ses premiers essais poétiques firent beaucoup de sensation à Leipzig et attirèrent l'attention de Gottsched, qui était alors l'arbitre du goût dans le nord de l'Allemagne et qui lui ouvrit les colonnes de ses Récréations de l'esprit et de l'intelligence, dans lesquelles le jeune poète publia, en 1744, son poème héroî-comique intitulé le Jiodomont. C était la première œuvre de ce genre qui parût en Allemagne, et l'auteur l'avait écrite à l'imitation de la Boucle de cheveux enlevée de Pope; mais il était demeuré bien au-dessous de son modèle. Bientôt après, Zachariœ, k l'exemple de plusieurs autres jeunes écrivains! qui sentaient en eux quelque génie et quelque originalité, se sépara complètement de Gottsched et entra dans une société de littérateurs qui travaillaient à la régénération du bon goût en Allemagne, en insistant sur la nécessité d'étudier les auteurs grecs et romains, les anciens postes allemands et les chefs-d'œuvre des littératures étrangères. Le succès que le Jiodomont avait obtenu, malgré ses imperfections, encouragea Zachariœ à persévérer dans la même voie et il publia successivement plusieurs autres poëmes comiques, tels que Phaéthan, traduit en français par Fallet (Paris, 1775); le Mouchoir et Jtaton aux enfers, traduit en français (Paris, 1774). Après avoir passé l'année 1747 à l'université de Gosttingue, il fut nommé en 1748 professeur au Carolinum de Brunswick, où il obtint en 17QL la chaire de poésie. Il y devint en outre, l'année suivante, directeur de l'imprimerie et de la librairie de la maison des orphelins et rédacteur en chef de i'Jntelligenzblatt, En 1764, il renonça à ces derniers emplois et se consacra exclusivement à ses devoirs de professeur. Cependant, il édita encore, de 17G8 k 1774, la Nouvelle Gazette de Breslau, et c'est k sa plume que sont dus tous les articles littéraires qui

? parurent dans cet intervalle. Zachariœ lut un des meilleurs poètes allemands de son époque. Il réussit moins dans la poésie descriptive, et tes seules de ses compositions en ce genre qui méritent d'être mentionnées sont les Quatre périodes du jour, traduites en français par Muller (Paris, 1769), et les Quatre époques de la vie de tu femme. Il se piquait aussi d'un certain talent dans la composition musicale, et outre un oratorio, les Pèlerins du Golgotha (Brunswick, 1756), qui fut favorablement accueilli, on a de lui des symphonies, des poèmes musicaux et des chansons , qui ont été publiés sous ce titre : Recueil de quelques essais musicaux (Brunswick, 1760 et 1768), en allemand et en italien. Sa traduction du Paradis perdu de Milton, en vers hexamètres (Altona, 1760), est faible, infidèle et écrite dans un style complètement dépourvu d'harmonie. En revanche, on estime beaucoup ses Fables et récits à la manière de Burkard Waldis (Brunswick, 1771). Il chercha k ranimer le goût de l'étude des poètes allemands anciens en publiant un Choix de morceaux des meilleurs poètes allemands depuis Opitz jusqu'à, nos jours (Brunswick, 1766-1771, 2 vol.; tome III, publié par Eschenburg, 1778). Le premier recueil de ses Œuvres parut en

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9 volumes (Brunswick, 1763-1765); una seconde édition, améliorée et ne renfermant pas les traductions, fut publiée plus tard en 2 volumes (Brunswick, 1772). Enfin, après sa mort, Eschenburg édita ses Œuvres posthumes (Brunswick, 1781), auxquelles il joignit une biographie de l'auteur.

ZACHARIjE DE LINGENTIIAL (Charles- Salomon), une des gloires de la science du droit en Allemagne, né à Meissen (Snxe) le 14 septembre 1769, mort le 27 mais 1843. Zachariœ descendait d'une famille protestante originaire de Bohême ou d'Autriche et qui était venue s'établir en Saxe a la suite de la guerre de Trente ans. Son père, avocat distingué, était directeur de plusieurs juridictions seigneuriales. Un de ses oncles, Klaussing, professait avec un certain éclat k l'université de Leipzig. Fils et neveu de jurisconsultes,sa carrière était toute tracée. Après avoir terminé se3 humanités auprès de son père, Zachariœ se rendit, à dix-huit ans, à l'université de Leipzig. On était en 1787. L'Allemagne était parfaitement tranquille; c'était le moment des études approfondies ; c'était l'époque aussi des luttes scientifiques, Klaussing se chargea de développer les heureuses dispositions qu'il découvrit chez son neveu ; il lui fit consacrer deux années aux travaux qui, en fécondant l'esprit, le rendent apte aux études sérieuses. Pendant ces deux années, Zachariœ étudia particulièrement la philosophie, la philologie, l'histoire et les mathématiques. Ces travaux , souvent arides, avaient pour but d'assouplir et de fortifier l'intelligence de l'élève. Cette direction eut les meilleurs résultats et laissa une empreinte ineffaçable, qui se retrouve dans les œuvres de cet illustre jurisconsulte, dans ses écrits, comme dans son enseignement. Mais le jeune savant allait bientôt se voir dans l'obligation d'interrompre ses études. Son père n avait pas de fortune; il s'était impose de lourdes privations pour permettre à son fils de compléter son instruction. Zachariœ sentit que l'heure était venue de prendre sur lui ce fardeau. Il accepta l'offre qui lui fut faite d'accompagner comme instituteur un jeune comte de Lippe, qui allait suivre les leçons de l'université de Wittemberg. Cette nouvelle position, tout en lui assurant l'existence, lui laissait un temps assez considérable. Il avait perdu ses professeurs de Leipzig et la direction et les conseils de son oncle, Klaussing ; mais il était dès lors assez avancé pour continuer seul ses études. Il ne resta, du reste, que deux ans près de son élève et revint à Leipzig en 1793. En 1794, il subit devant l'université de cette ville l'examen appelé en Allemagne t examen de candidature. » Grâce à son diplôme, il pouvait désormais enseigner. Pendant son séjour à Wittemberg, il s'était lié avec divers professeurs, qui l'avaient encouragé à entrer dans l'enseignement et lui avaient promis leur appui. C'est dans cette ville qu'il inaugura son enseignement. Il débuta par des lectures publiques sur le droit ecclésiastique et sur le discours* de Cicéron Pro Quitte tio. Il avait adopté ce système de lectures pour s'habituer peu à peu k parler en public ; il eût eu beaucoup de peine, sans cela, à vaincre sa timidité en face d'un auditoire même très-bienveillant. Trente ans plus tard, quand son nom était célèbre dans toute l'Europe, il se rappelait avec plaisir ces premières émotions du début, qui donnent tant de charme aux premiers succès. Tout en professant, Zachariae travaillait avec une ardeur qui altéra sa santé. A la suite d'une longue maladie, il trouva son école déserte. Le découragement le prit. Il fut sur le point d'abandonner une carrière qui lui réservait une gloire impérissable. Un professeur de ses amis releva son courage en lui montrant le chemin qu'il avait déjà accompli. Sur les conseils de son ami, Zachariœ se présenta devant la Faculté de Wittemberg, qui, après un brillant examen, lui conféra le titre de docteur (1796). Par ce titre, Zachariœ rentrait dans l'enseignement officiel. Il pouvait dès lors espérer prendre place dans une université. En attendant, il s occupa de réorganiser son école et ouvrit un cours qui embrassait toutes les sciences qui se rapportent au droit. Deux ans après, l'université de Wittemberg s'attachait le savant jurisconsulte à titre de professeur extraordinaire, poste que Zachariae occupa durant quatre ans. Ce n'est qu'en 1802, et après une lutte assez vive, que ses amis lui firent donner une chaire comme titulaire ; dès lors, Sa position était assise. N'ayant plus à craindre pour le côté matériel de son existence, il se. livra tout entier à la science qu'il- chérissait et commença les beaux travaux qui devaient immortaliser son nom. Ses cours l'avaient fait vivre, mais sans l'enrichir. Sa réputation grandissait rapidement, et les fonctions les plus importantes lui étaient offertes. A la Faculté de droit de Wittemberg, on avait établi une commission composée de professeurs et devant laquelle les tribunaux inférieurs renvoyaient un certain nombre d'affaires. Zachariœ fut appelé à faire partie de ce tribunal arbitral, honneur fort recherché et très-envié. Il fut ensuite nommé assesseur de la cour des échevins et passa au même titre au présidial de Lûbben, qui était alors la plus haute juridiction du pays.

Les publications de Zachariœ, sur lesquelles nous reviendrons tout à l'heure, 8e répan-

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daient en Allemagne et partout étaient accueillies avec faveur. En 1S06, la Faculté de droit d'Heidelberg, une des pins célèbres de l'époque, lui offrit une chaire. Zachariœ, après avoir hésité quelque temps, accepta,

Zachariœ fut le premier à publier en Allemngno un ouvrage sur le droit civil français. La première édition n'était qu'une ébauche et comme le sommaire de ce que fu; plus tard ce grand ouvrage; mais on y remarquait une remarquable intelligence des principes d'où découle notre législation, une vue trèsnette de l'ensemble du droit français, une connaissance approfondie des sources et des origines. Loin de limiter son enseignement, chaque année Zachariœ en élargissait le cercle. A la Faculté de Heidelberg, il enseigna successivement le droit philosophique dans ses rapports avec le droit civil, le droit public et constitutionnel, le droit pénal, le droit public de la confédération du Rhin, la constitution du grand-duc de Bade, le droit ecclésiastique (catholique et protestant), le droit féodal, le droit criminel. De 1810 à 1821, il expliqua te droit civil français. Ses cours, qui n'étaient soumis à aucun programme officiel, révèlent une méthode, une science de classement tout à fait remarquables. C'est, en effet, cette qualité qui a fait en partie le succès de son cours de droit civil français. Zachariœ dictait sur un point de droit diverses propositions qui résumaient les principes de la matière, puis il développait ces propositions; autour de chacune devaient se grouper les prescriptions de la loi, les exceptions, les solutions diverses; tout le droit se trouvait ainsi résumé en un certain nombre de propositions principales, qui se classaient facilement dans l'esprit do 1 élève.

Esprit éminemment philosophique, Zachariœ avait accueilli avec enthousiasme les principes que la Révolution française répandait sur la vieille Europe ; un des premiers, il soutint dans les universités d'Allemagne ce droit social nouveau, qui allait devenir la règle politique de toutes les nations. En 1830, il fut chargé de représehter à la première Chambre des états du grand-duché de Bade l'université de Heidelberg. Il quitta ces fonelions en 1825 pour rentrer comme député k la deuxième Chambre. Il fut chargé, k cette époque, de la rédaction d'un projet de code pénal et d'une traduction officielle du code Napoléon. En 1824, il fut nommé conseiller intime. Zachariœ resta aux affaires jusqu'en 1829. Sa santé, altérée par un travail sans relâche , exigeait impérieusement le repos. Fidèle à sa maxime favorite, Bene vixit qui bene latuit, l'illustre savant rentra avec joie dans la vie privée, refusant tous les honneurs et toutes les dignités que lui offrait le grandduc. L'université de Leipzig, jalouse de posséder un professeur qu'elle regardait comme l'émule des Hugo et des Savigny, lui fit les offres les plus brillantes. Zachariœ refusa. A partir de ce moment, Zachariœ n'occupa plus aucune fonction officielle ; sa vie s'écoula entra l'éducation de son fils et les soins qu'il donna k ses publications.

Le grand-duc de Bade réservait à son savant ami une dernière faveur. Quand Zachariœ devint grand-père, le prince lui conféra la noblesse, avec transmissibilité du titre de mâle en mate, sous le nom de Lingentijal. Zachariœ fut sensible k ce nouveau témoignage d'affection, qui ouvrait une brillante carrière k son petit-fils. Le savant jurisconsulte mourut d'une attaque d'apoplexie.

Zachariœ a donné un nombre considérable d'articles aux principales revues d'Allemagne. Beaucoup ont été réunis et publiés en volumes; ils se distinguent par une exposition toujours claire et méthodique, une discussion vive, rapide, serrée, dégagée de détails inutiles. Parmi ses ouvrages , assez nombreux, nous citerons les principaux : Manuel du droit féodal de la Sexe électorale (Leipzig, 1796, 1 vol. in-8«); \ Unité de l'Etat et de l Eglise, avec des considérations sur ta constitution de l'empire germanique (1797, 1 vol. in-8°); Essai d'une herméneutique universelle du droit (Meissen, 1805, broch. in-8°); l'Etat et l'Eglise (Leipzig, 1821, 4 vol. in-8<>); Cours de droit civil français (îro édtt., Heidelberg, 1808, 2 vol. in-8<>). Zachariœ publia luimême trois autres éditions do cet important ouvrage, qui, dès la 2e édition, avait atteint déjà 4 volumes. Le Cours de droit civil français a été plusieurs fois traduit en français. Les traductions les plus estimées sont celles de MM. Aubry et Rau, et de MM. Massé et "Vergé. MM. Aubry et Ratt ont publié quatre éditions de leur traduction. Ce travail, auquel ils ont ajouté des notes critiques et doctrinales, a été accueilli avec une grande faveur par le inonde juridique. On reconnaît à ces jurisconsultes un sentiment très-net des qualités de l'ouvrage qu'ils ont annoté ; ils ont maintenu le plan de Zachariœ. On a reproché justement à MM. Massé et Vergé d'avoir anéanti la méthode de Zachariœ. Ces jurisconsultes ont pris, en effet, le contrepied du système de MM. Aubry et Rau ; ils ont extrait de l'œuvre de Zachariae ce ^ui se rapporte k chaque article du code et l'ont classé sous cet article. Peut-être ce système est-il plus commode pour préparer un examen, niais il est assurément moins bon pour l'étude sérieuse du droit. En tout cas, l'œuvre de Zachariœ reposant sur le plan qu'il avait créé, on peut dire que MM. Massé et Vergé ont reproduit les opinions de Zachariœ, mais

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non pas qu'ils en ont donné l'œuvre même. C'est aux savants professeurs de Strasbourg qu'appartient l'honneur d'avoir enrichi notre littérature juridique d'un des plus remarquables monuments du droit civil français.

ZACHARIŒ DE LINGENTHAL (Charles- Edouard), jurisconsulte allemand, fils du précédent, né à Heidelberg en 1812. Après avoir étudié le droit aux universités de Leipzig, de Heidelberg et de Berlin, il fit, pendant les années 1837 et 1838, un voyage en Orient, devint, en 1842, professeur extraordinaire a l'université de Heidelberg et renonça, en 1845 , h la carrière de l'enseignement pour vivre en simple particulier dans une de Ses terres. De 1850 à 1853, il fut membre du parlement d'Erfurt, et, en 1866, il a été élu a la Chambre des députés de Prusse. Ses travaux ont porté sur le droit romain et sur son histoire, mais surtout au point de vue de ses progrès dans J'empire byzantin. On cite comme ses principaux ouvrages sur cette matière : Deliueatio hislorix juris gr&co-romani (Heidelberg, 1839); Histoire du droit privé gréco-romain (Leipzig, 1856-1864, 3 parties); Jus grxco-romanum (Leipzig, 1856-1868, tomes 1er à V), recueil des sources dit droit byzantin. 11 a, en outre, publié les Œuvres posthumes biographiques et juridiques de son père (Stuttgard, 1843).

ZÀCIIAHIJE (Henri-Albert), jurisconsulte allemand, né à Herbsleben (duché de Gotha) en 1806, mort en 1875. II étudia le droit à Gœttingue, y fut reçu docteur en 1829, puis agrégé l'année suivante, et, après avoir commencé par faire des cours sur le droit romain et sur son histoire, il s'occupa ensuite du droit criminel et du droit provincial du duché de Brunswick. Nommé, en 1835, professeur extraordinaire et, en 1842, professeur ordinaire de jurisprudence, il étendit successivement ses leçons au droit ecclésiastique, au droit public, à l'encyclopédie du droit et au droit international européen. Il s'était déjà fait connaître par divers ouvrages de jurisprudence et par plusieurs brochures politiques, lorsque éclatèrent les événements de 1848. Il y prit une part des plus actives, surtout k ceux qui avaient pour but la réiorme de la constitution allemande, représenta la ville de Gœttingue au Vor-Parlement, ainsi que dans la commission des Cinquante, devint, en avril 1848, plénipotentiaire de la couronne de Hanovre au collège dit « de confiance » de la diète germanique et eut une part importante k l'élaboration du premier projet d'une constitution de l'empire d'Allemagne. Elu ensuite membre de l'Assemblée nationale allemande, il fit partie des diverses commissions de cette assemblée, ainsi que de la députation envoyée k l'empereur (avril 1849), et de l'Assemblée de Gotha (juin 1849); mais ses efforts pour l'établissement d'un Etat confédéré allemand n'ayant à sa tête qu'un chef unique le firent tomber en disgrâce auprès du gouvernement hanovrien, et ce ne fut qu'on 1861 que la question de la succession de Brunswick l'en rapprocha de nouveau. Nommé , en 1863, membre du conseil d'Etat, il ne défendit cependant en aucune circonstance la politique tant intérieure qu'extérieure du Hanovre, mais n'en fut pas moins, pendant le congrès des princes (août 1863), le représentant des Etats allemands à Francfort. Elu, en février 1867, membre de la première diète de la Confédération germanique du Nord, il prit part aux débats relatifs k la constitution de cette confédération, et, vers la fin de la même année, il fut présenté par l'université de Gœttingue comme membre k vie de la Chambre des seigneurs de Prusse. Ce choix ayant été confirmé par le roi, il prit fréquemment part aux débats de cette assemblée et parla notamment sur la liberté de la tribune, sur les dotations et sur les fonds de la nouvelle province de Hanovre, etc. M. Zachariœ était l'un des premiers jurisconsultes de l'Allemagne. Indépendamment d'un grand nombre de mémoires sur différentes questions de droit public et privé allemand, qui ont été insérés dans différents journaux et ouvrages encyclopédiques, notamment dans les Archives de droit criminel, dont il a été l'un des fondateurs en 1838, on a de lui : Plan d'un cours sur le droit privé du Brunswick (Gœttingue, 1832); la Force rétroactive des nouvelles lois pénales (Gœttingue, 1834); la Théorie des tentalipes de crime (Gœttingue, 1836-1839, 2 vol.); Principes de la procédure criminelle commune allemande (Gœttingue, 1837); le Droit public et fédéral allemand (Gœttingue, 1841-1845, 3 vol.; 1855-1866, 2 vol., 3e édit.), l'un de ses ouvrages les plus remarquables, qu'il compléta plus tard par un recueil de documents, intitulé : les Lois constitutionnelles de l'Allemagne à notre époque (Gœttingue, 1855; 2 suppléments, 1858- 1863); les Vices et la réforme de la procédure criminelle allemande (Gœttingue, 1846). Mais son œuvre la plus remarquable, qui ne parut que beaucoup plus tard, est incontestablement le Manuel d*: ta procédure criminelle allemande (Gœttingue, 18G1-1868, 2 vol.); c'est le premier et, jusqu'à présent, le seul traité complet que Ion ait sur la procédure criminelle actuellement en vigueur en Allemagne. A côté de ces travaux, qui concernent exclusivement la jurisprudence, nous devons citer du même auteur un grand nombre de publications qui traitent des questions politiques du jour; telles sont, entre autres,

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!es suivantes î Sur la question du Slesvig- Holstein (Gœttingue, 1847); la Confédération helvétique, le Sonderbund et la révision de la Confédération (Gœttingue, 1848); Y Antithèse légale de l'essai fait pour remettre en viyueur la constitution de la diète germanique, abolie m 18^8 (Gœttingue, 1850); Vote sur les dernières propositions du gouvernement hanovrien, relatives à la transformation de la constitution de 1848 (Gœttingue, 1853); la Réforme xle la constitution de la Confédération gernanique, anonyme (Erlangen, 1859); le Droit ie succession dans la maison de Brunswick- Lunebourg et les prétentions exclusives du iïanovre au duché de Brunswick (Leipzig, 862), etc.

ZACIIARIASIEWICZ (Jean-Charles), rotiancier polonais, né en Galicie en 1825, Penlant qu'il était étudiant à Przemysl , il se »êla activement a la politique et fut à plu- .îeurs reprises emprisonné. Il suivit ensuite a. carrière des lettres, collabora à divers retueils périodiques, y donna des preuves d'un .are talent et ne tarda pas à se placer au premier rang des littérateurs polonais de ca lemps-ci. Cet écrivain étendit le cercle de ^es connaissances par des voyages à l'étranger. Pendant quelque temps, il habita la Saxe ist quitta Dresde en 1866 pour aller se fixera Varsovie. C'est surtout dans les récits historiques et politiques que M. Zachariasiewicz a montré une rare valeur littéraire. A beaucoup d'invention poétique, à une imagination brillante, il joint une verve puissante, un esprit plein de linesse, de mordant et de charme ; son style est élégant et d'une excessive pureté.. Outre des articles et des brochures, on lui doit : Un érudit (Léopol, 1855); VOrphelin (Léopol, 1856); les Voisins (Léopol, 1857); Reneta (Varsovie, 1S58); VJi'nfant de Dieu (Varsovie, 1858); Saint-Jur (Léopol , 1862); Nakresach (Léopol, lS50);Wprzedednin (Léopol, 1863); Marek poroj (1865), romans historiques, etc.

ZACHARIE, roi d'Israël, fils et successeur de Jéroboam II (767 av. J.-C). Il ne régna que six mois, et fut tué par Seilum, « a cause de ses impiétés, » Le meurtrier s'empara du trône.

ZACHARIE, onzième des petits prophètes, qui vivait au Vie siècle avant notre ère. Tout enfant, il fut emmené en captivité à Babylone, en revint avec Zorobabel et commença à prophétiser au commencement du règne de Darius, vers 520. Zacharie exhorta les Israélites à reconstruire le temple. Son langage est mêlé d'hébreu et de chaldéen et paraissait fort obscur à saint Jérôme lui-même. Ses prophéties sont contenues dans quatorze chapitres et peuvent être réduites à trois points principaux. La première renferme les événements qui se passèrent en Judée et dans les Etats voisins depuis le retour de Babylone jusqu'à la venue du Messie; la seconde annonce la naissance , le règne pacifique du Messie, l'établissement et l'étendue de son Eglise, composée de tous les peuples de la terre ; enfin là troisième est consacrée à exposer les crimes des Juifs, la prévarication des prêtres, les horreurs du dernier siège de Jérusalem et la dispersion du peuple hébreu. Zacharie est le plus fécond, le plus varié, mais le plus obscur des petits prophètes. 11 passe d'un sujet à un autre sans transition, mêle les événements se rapportant à des époques différentes et présente la plupart de ses prophéties sous forme de visions.

ZACHARIE, père de saint Jean-Baptiste, époux de sainte Elisabeth, cousine de la Vierge. Il était prêtre du temple de Jérusalem, parvenu a un âge avancé sans avoir eu d'enfant, il reçut la visite de l'ange Gabriel, qui lui annonça la naissance d'un fils, et, comme il témoignait quelque incrédulité, l'ange le frappa de mutité jusqu'à l'accomplissement de la prophétie. Suivant la tradition de l'Eglise orientale (rejetée, au reste, par saint Jérôme), il serait ce même Zacharie dont Jésus a reproché la mort aux Juifs et qui aurait été tué, par ordre d'Hérode, > entre le temple et l'autel. • D'autres ont pensé qu'il aurait été mis à mort pour avoir soustrait sou fils au prétendu massacre des Innocents.

ZACHARIE (saint), pape, né en Grèce, mort a Rome en 752. Il succéda, en 741, au pape Grégoire III, déploya toute sa sollicitude pour le peuple de Rome et son clergé, lors des troubles que souleva la révolte des ducs de Bénévent et de Spolète contre Luitprand, roi des Lombards, alla trouver ce dernier prince à Puvie, en 743, et obtint de lui la restitution à l'Eglise du territoire de Sabine et de quelques autres domaines. En 744, il parvint à déterminer Rachir, successeur de Luitprand, à lever le siège. de Pavie, puis à entrer dans un cloître, et amena, en 747, Carloman, duc d'Austrasie, à se faire moine et à entrer au monastère du Mont-Cassin. Plus tard, en 751, il s'occupa de régler la discipline et le dogme en Angleterre, convoqua dans ce but le concile de Clovehon et s'occupa activement de. rétablir la pureté des mœurs dans le clergé. Cette même année 751, Pépin le Bref lui ayant envoyé Burkliard, évêque de Wurtzbourg, et Fulrad, abbé de Saint-Denis, pour le consulter sur son projet d'enlever définitivement la couronne aux Mérovingiens, il répondit • qu'il fallait donner ie nom de roi à celui qui en avait le pouvoir. » C'était légitimer l'usurpa-

ZACH

tion ; car on sait que toute l'autorité était depuis longtemps entre les mains des maires du palais. L'année suivante, il sacra à Soissons Pépin et sa femme, Bertrade, et mourut peu après. Ce pontife se distingua par sa charité, par ses libéralités et empêcha des marchands vénitiens d'emmener des esclaves en Afrique, parce qu'ils étaient baptisés. Ce fut lui qui commença la fameuse bibliothèque du Vatican. On a de lui quelques lettres adressées à saint Boniface, apôtre de l'Allemagne, et une traduction en grec des Dialogues du pape Grégoire I". Etienne IV lui succéda.

ZACHARIE, patriarche de Jérusalem, né vers le milieu du ve siècle de notre ère. Il était trésorier de l'Eglise de Constantinople, lorsqu'il fut appelé au siège patriarcal de Jérusalem, en 609. Quelques années plus tard, en 614, les Perses envahirent la Palestine, prirent et pillèrent la ville sainte, emportèrent tout ce qu'ils y trouvèrent de précieux, et, suivant les légendes catholiques, la vraie croix, dont les Perses devaient cependant peu se soucier. Zacharie, emmené en captivité, recouvra la liberté lorsque l'empereur grec Héraclius eut fait la paix avec le roi de Perse Siroès, et obtint de remporter la prétendue vraie croix, qui, après avoir été portée à Constantinople, fut restituée à l'Eglise de Jérusalem en 629. L'Eglise latine a institué, en mémoire de cet événement, la fête de l'Exaltation de la sainte croix, qu'on célèbre le 12 septembre.

ZACHAKIE, dit le Scoiiniie, prélat grec, mort en 560 de notre ère. Il étudia la philo- Sophie à Alexandrie, sous Ammonius, devint évêque de Mitylène et prit part, en 536, au concile de Constantinople. On a de lui une dissertation contre les deux principes des ■manichéens, insérée dans les Antiques lectiones de Canisius (Ingolstadt, 1604), et un dialogue sur la création et sur la fin du monde, qui a été traduit en latin par Ginebrard et publié par Boissonade (Paris, 1836).

ZACHARIE, dit le Chrysnpnlïtnin, en latin

ZncliarlaH Cbrysopolitanus , écrivain ecclé-

siastique anglais, né à Goldsborough (ville d'or), dans ie comté d'York; il vivait au Xiie siècle. S'étant rendu fort jeune en France, il entra chez les chanoines de Prémontré, à l'abbaye Saint-Martin de Laon. On ne sait rien de plus sur sa vie. Il est l'auteur d'un commentaire sur la Concorde, d'Ammonius, intitulé : In unum ex quatuor sive de concordia Evangelistarum (1743, in-fol.). î Ce commentaire, dit Weiss, n'est guère qu'une espèce de centon composé de morceaux tirés d'ouvrages p]us anciens, mais le choix en est fait avec goût. Il est précédé de trois espèces de préfaces : la première traite de l'excellence de l'Evangile, la seconde contient les vies des évangélistes, et la troisième la notice des écrivains qui s'étaient occupés avant lui de montrer l'accord de leurs narrations. » Il existe, en outre, de cet écrivain des homélies, qui se trouvaient manuscrites, avant la Révolution, à l'abbaye d'Aine, dans le diocèse de Liège.

ZACHARIE (Lelio), prélat italien, né à Vicence vers 1450, mort en 1522. Il était avocat lorsque, à l'âge de trente ans, il entra dans la congrégation des chanoines de Latran. Les succès qu'il obtint par ses prédications à Rome lui gngnèrent la faveur du cardinal Julien de Médiois, qui, devenu pape sous le nom de Léon X., le nomma son camérier, puis évêque de Sébasté, en Arménie. On lui doit divers ouvrages : Orbis breviarium fide, compendio, ordineque, eaptu ac memoratu faaiilimum (Florence, 1492, in-4°), extrait des ouvrages des anciens géographes Pomponius Mêla, Solin, Strabon, etc.; De gtoria et gaudiis Leatorum (Venise, 150 1) ; De fugacitate rerum humanarum declamatio.

ZACHARIE (Pierre Firmian, dit le Pire), capucin français, né à Lisieux en 1582, mort à Lisieux en 1660. Poussé par le goût de la vie religieuse, il abandonna le monde pour se faire moine sous la règle de saint François, s'adonna à la prédication avec un grand succès dans les principales villes de France et a la cour de Louis XIII, puis fit partie pendant vingt uns de la misôion catholique en Angleterre et vint terminer ses jours dans un couvent d'Evreux. Ses principaux ouvrages sont : la Philosophie chrétienne (Paris, 1637, in-8°); la Monarchie du Verbe incarné (Paris, 1642-1646,2 vol. in-4<>); Gyges Gallus (Paris, 1659, in-12), trad. en français par le Père Antoine de Paris (1663, in- 12); Genius ssculi (Paris, 1659), écrit dans lequel il s'attache à combattre les vices du temps et surtout l'esprit d'indépendance et d'examen qui commençait alors à se manifester; la Relation du pays de Jansénie (Paris, 1660, in-8°), vive satire dirigée contre les jansénistes, publiée sous le nom de LouUFouiaiue et réimprimée sous le titre de : Antiphantôme du jansénisme (Paris, 1688) ; Chrisltts patiens, sive Tota Pauli scienlia (Paris, 1661, in-4») ; Sylva sacrorum varii argumenli muUiplicem theologiam continens (Paris, 1662, in-4°). Quelques-uns de ses ouvrages ont paru sous le pseudonyme de Pcirus Firmianua. On trouve dans ses écrits de l'érudition et un esprit mordant. Le plus curieux est son Gyges Gallus, où l'on trouve une description de la vie intérieure des Fiançais au xvii» siècle, dans laquelle l'auteur suppose qu'il pénètre à l'aide de l'anneau de Gygès,

ZACH AH IE (Auguste-Louis), théologien pro-

Te

ZACt

testant allemand, né à Neundorf, comté de Warmsdorf en 1710, mort en 1772. Lorsqu'il eut terminé ses études théologiques en Allemagne et en Hollande, il se fît recevoir ministre (1737) et devint archidiacre de Koethen en 1765. Nous citerons, parmi ses ouvrages : Dissertatio critico-epistoloris ad Rarkley de Bibliis americonis, ab ipso in BibL Brem, nova recensitis; Lessus memorix Christi Lud. Schlichteri, consecratus (Koethen, 1763, in-fol.).

ZACHARIE (Gotthilf-Traugott), théologien allemand, né a Tauchart (Thuringe) en 1729, mort à Kiel en 1777. Il professa successivement la théologie à Butzow, à Gœttingue et à Kiel. Très-versé dans la connaissance du syriaque, de l'arabe et du chaldéen, il avait u étudier avec soin dans le texte la Bible et e Coran. Zacharie s'attacha principalement dans ses écrits à réfuter la doctrine des sociniens. Outre plusieurs ouvrages restés manuscrits, on a de lui : Paraphrase et explication de l'épître aux Romains, des deux épitres aux Corinthiens, des épitres aux Galates, etc. (Gœttingue, 1768-1771, 4 vol. în-8°); Théologle biblique (Gœttingue, 1771-1777, 4 vol. in-8°); Doctrinal christians institutio, traité souvent réédité.

ZACH ARIE(Just-Frédéric-Guiilaume), poète allemand. V. ZachakIjE.

ZACHARVASZÉWICZ (Grégoire), prélat polonais de l'église de Gnesen, mort àVarsovie en 1812, dans un âge avancé. On lui doit un Recueil des anciens moralistes (Lowiez, 1784- 1787, 5 vol. in-s°), dans lequel on trouve un traité sur la philosophie stoïcienne, un autre sur la philosophie des Chinois, les pensées morales de Confucius et d'autres philosophes chinois, le manuel d'Epictète, les caractères de Théophraste, etc.

ZACHÉE s. m. (za-ché — nom d'un personnage de l'Evangile, de très-petite taille). Arachn. Genre d'arachnides, de l'ordre des phalangiens.

ZACHÉE, chef des publicains en Judée. Il se trouvait a Jéricho lorsque Jésus-Christ se rendit dans cette ville. D'après saint Luc, Zaohée, qui était très-petit, monta sur un sycomore pour mieux voir Jésus. Celui-ci

I ayant aperçu lui dit de descendre, ajoutant qu il allait loger chez lui. Zachée le reçut tout joyeux dans sa maison et lui donna la moitié de ses biens pour les distribuer aux pauvres.

ZACHÉE, sectaire qui vivait au ive siècle.

II se retira sur une montagne voisine de Jérusalem, où il passa son temps dans la prière. Zachée fut le chef d'une secte, dite des zachéens, qui soutint, entre autres propositions, que les prières ne sont agréables a. Dieu que faites en particulier, que tout individu a le droit de célébrer la messe et de toucher aux vases sacrés, etc. Cette secte, d'abord nombreuse, ne tarda pas à disparaître.

ZACHÉEN s. m. (za-ehé-ain). Hist. relig. Disciple du moine Zachée, sectaire qui enseignait, ou ive siècle, que la prière doit être faite dans la solitude.

ZACHL s. m. (zachll). Mamm. Mouton de Valachie.

ZACHOLE s. m. (za-ko-!e — du gr. zacholos, prompt à s'irriter). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, du groupe des couleuvres.

ZACHT-LEEVEN ou SAFT-LEEVEN (Herinann), peintre et graveur hollandais, né à Rotterdam en 1609, mort en 1085. Il fut élève de Van Goyen et se forma surtout en étudiant la nature, soit sur les rives du Rhin, soit aux environs d'Utrecht. Aucun peintre flamand n'a peint avec plus de légèreté les ciels et les lointains. On le cite aussi pour la douceur de son pinceau et la finesse de sa couleur. Ses dessins et ses gravures ne sont pas moins estimés que ses tableaux. Parmi ses compositions, qu'il a gravées, nous citerons : Paysage avec des caaumières et des vaches; Pays montagneux orné de figures ; Paysage avec des éléphants.

ZACHT-LEEVEN (Corneille), peintre hollandais, frère du précédent, né à Rotterdam en 1612, Il s'adonna à la peinture de genre et représenta les intérieurs rustiques, des corps de garde, des orgies de soldats, avec autant d'intelligence que de vérité. Il peignait toujours d'après nature et reproduisait les plus minutieux détails. Comme son frère, il a exécuté de fort beaux dessins et des gravures à l'eau-forte d'une remarquable netteté, entre autres : les Cinq sens, un Paysage avec des chèvres, des chiens, des chats, des volailles, etc.

ZACINTHE s. f. (za-sain-te — nom d'une île). Bot. Genre de plantes, de !a famille des composées, tribu des chicoracées, dont l'espèce type croit dans le midi de l'Europe.

— Encycl. Ce genre, confondu par les«anciens auteurs tantôt avec les lampsanes,tantôt avec les rhagadioles, ne renferme guère qu'une espèce, la zaciathe verruqueuse. C'est une plante annuelle, glabre dans toutes ses parties, haute de 0m,40 environ, à rameaux dichotomes, à feuilles radicales oblongues et velues; les fleurs sont jaunes, groupées en capitules sessiles, entourées d'un involucre de huit folioles, qui deviennent coriaces à la maturité; les akènes ou fruits sont pourvus d'aigrettes sessiles, sur un réceptacle nu. Cette plante croît dans le midi de l'Europe, et tire son nom de l'Ile de Zacynthe, aujour-

ZACU

1 d'hui Zante. Elle croit sur les bords de la Méditerranée française. Ou la dit apéritive, détersive et vulnéraire; elle possède les propriétés générales des chicoracées.

ZACOMETO, type de la comédie italienne.

i Ce nom est une forme de Giacometto (petit Jacques). Zacometo s'appelait au siècle dernier Momalo, diminutif de Girolamo. C'est le Caratterista vénitien. Vêtu ordinairement de calicot blanc, il se blanchit la figure comme Pierrot, sauf une large tache d'un rouge sanglant posée brutalement sur une seulejoue, et un bas rouge, à la mode vénitienne du XV* siècle. Quelque costume qu'il prenne, il garde toujours sa 'chausse rouge. Ce personnage ainsi vêtu vient jeter à travers les pièces plus ou moins sérieuses ses plaisantes réflexions et ses fantastiques intermèdes. Il est éminemment vénitien et donne a son rôle une physionomie propre au peuple des lagunes; aussi ne quitte-t-il jamais Venise, et s'il s'absente parfois du théâtre de San-Samuel ou de celui de San-Gallo, c'est pour aller divertir, sous la forme de marionnette, les marchands et les pêcheurs sur le quai des Esclaves. Plus de friandise que de gloutonnerie, plus de babil que de galanterie avec les femmes, une paresse affectée qui n'exclut pas des allures très-vives, la pétulance et l'agilité, une alternative enfin de somnolence et de fièvre, tel est ce personnage. Zacometo participé du caractère distrait de Stentorello, disant des choses très-malicieuses dont il a l'air de ne ne point se douter, commençant une phrase qu'il achève dans ud autre acte ou qu'il n'achève pas du tout, et parlant au public sans avoir l'air de le voir. Lorsqu'il joue avec Brighello, qui est fin, rusé et grand diseur de bons mots, Zacometo est un niais, un simple badaud; c'est ainsi qu'il sert de bouffon dans les Baruffe Chiazotte de Goldoni. M. Maurice Sand l'ait remarquer qu'il y a du Scapin et de l'Arlequin à la fois dans ce personnage.

ZACORE s. m. (za-ko-re — gr. zakoros, de sa pour dia, par, et koreÔ, je nettoie). Antiq. gr. Sorte de sacristain chargé des soins de propreté dans un temple.

— Encycl. Les sacores participaient au caractère sacerdotal, bien qu'ils remplissent un emploi tout matériel. Quelques écrivains grecs leur donnent même le titre de prêtres. Dans certains temples considérables, il y avait plusieurs zacores, dont les uns étaient supérieurs aux autres. On peut voir par un passage d'Hérodote (VI, 134) que les femmes pouvaient être admises à cet office. A l'origine, les sacores paraissent avoir été confondus avec les néocores ; mais plus tard l'emploi de sacore fut laissé aux esclaves, et le nom de néocore s'appliqua, au contraire, à des officiers sacerdotaux, d'un rang élevé, qui avaient la surintendance des temples et de leurs trésors (v, néocore). Chez les Romains, le zacore leçut le nom d'ssdituus. Il vivait près du temple ou dans le temple même, qu'il était chargé de tenir en bon état, et il servait de guide aux personnes qui désiraient le visiter. Au commencement, les fonctions A'ssdituus n'étaient confiées qu'à des citoyens; sous l'empire, elles passèrent des citoyens aux affranchis.

ZACOSTA (Raymond), grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, né en Espagne, mort en 1467. Il succéda à Jacques de Milli en 1461, à une époque où l'Ile de Rhodes, devenue siège de l'ordre, était gravement menacée par les musulmans. Zacosta se rendit à Rome, représenta le péril de la situation au pape et tenta d'en obtenir des secours. Ayant repoussé en 1466 les propositions de paix que lui adressa le sultan, il fit la guerre aux Turcs, retourna cette même année à. Kome pour se justifier de plaintes portées contre lui par quelques chevaliers, y tint un chapitre de son ordre et y mourut peu après.

ZACUAtPA, ville du Mexique. V. Gtjixak.

ZACUTH (Abraham-ben-Samuel), savant juif, né à Salamanque dans la seconde moitié du xve siècle. Il occupait une chaire d'astronomie à Saragosse lorsque Ferdinand le Catholique ayant chassé les juifs d'Espagne, il se retira à Lisbonne, où il devint chroniqueur et astronome du roi Emmanuel. Son principal ouvrage, intitulé : Sepher juchasin {Livre des lignages), a été publie pour la première fois à Constantinople (1566, in-4°). On y trouve de curieux détails sur l'histoire religieuse de la nation israélite, sur les rabbins qui ont existé jusqu'en 1500 et de violentes attaques contre le christianisme. Il a été traduit en latin par le juif Aaron Margalilh. On doit encore à Zacuth un Atmanach perpétuel (Venise, 1502) ; le Fils de quarante ans pour ta prudence, traité de théologie, imprimé à Venise en 1607.

ZACUTUS LUS1TANCS (Abraham), médecin portugais, né à Lisbonne en 1575, mort en 1642. Il fit ses études médicales à Salamanque et à Coïmbre et fut reçu docteur en médecine à l'âge de dix-neuf ans. De retour à Lisbonne, il y acquit rapidement une grande réputation. Une loi ayant banni du Portugal tous ceux qui faisaient profession de judaïsme, Zacutus se retira a Amsterdam et partagea le reste de sa vie entre la pratique et les travaux de cabinet. Il entreprit un grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs restèrent inachevés, mais dont quelques autres futent me-

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nés & terme et sont d'une grande étendue. Ils renferment une multitude d'observations particulières, les unes empruntées aux anciens, les autres propres k l'auteur. Il s'en trouve parmi ces dernières de fort curieuses ; il y en a aussi d'étranges et dont l'autorité paraît suspecte. Son principal ouvrage a pour titre : De medicorum prineipum historia libri XII (Amsterdam, 1629-1642, 12 vol. in-S*'). Citons encore de lui : Praxis medica admiranda (Amsterdam, 1634, in-fol,).

ZACYNTIIE, en latin Zacinthus, itom ancien de l'île de Xante, dans la mer Ionienne. V. Xante.

ZAD s. m. (zadd). Granim. Dix-huitième lettre de l'alphabet turc, équivalant à peu près au th. anglais.

ZADDIKIMs. m. (za-di-kimm). Hist. relig.

Nom donné aux juifs qui, après le retour de la captivité, s'attachèrent à la loi de Moïse, et rejetèrent toutes les traditions et constitutions.

Ziidig ou la Dcaiiuco, roman philosophique de Voltaire (1747, in-12). La scène se passe à Babylone. Zadig, homme vertueux, religieux sans préjugés, profondément versé dans toutes les connaissances de son temps, te sage, en un mot, tel que pouvait le comprendre Voltaire, tombe de la prospérité dans un état déplorable de malheur *et d'abaissement, traverse des vicissitudes sans nombre où éclatent sa philosophie, la supériorité de sa raison, de son expérience et, il faut bien le dire, le scepticisme railleur du xvm<s siècle, pour remonter enfin à un degré plus brillant que celui d'où l'avait précipité l'inconstance de la fortune. L'objet de ce livre, où des idées profondes sont jetées au milieu de choses frivoles, est de démontrer que la Providence nous conduit par des voies dont le secret lui appartient. Cet enseignement ressort surtout du chapitre XX, dont les incidents ingénieux, empreints d'une haute signification philosophique et religieuse, sembientle produit d'une imagination orientale. Mais l'épisode qui a laissé le plus de traces dans notre littérature est celui où Zadig déploie cette sagacité qui est restée proverbiale et qu'il devait à sa longue habitude d'observation. Comme il se promenait dans la campagne de Babylone, il vit accourir un eunuque qui lui. demanda s'il n'avait point vu le chien de la reine. Zadig répondit « que c'était une chienne et non un chien, une épagneule très-petite, qui avait mis bas depuis peu de temps ; elle boitait du pied de devant et elle avait les oreilles trèslongues, > Un officier du roi parut ensuite, qui recherchait le cheval favori de son maître. < C'est, lui dit Zadig, le cheval qui galope le mieux; il a 5 pieds de haut, le sabot fort petit; il porte une queue de 3 pieds 1/2 de longueur ; les bossettes de son mors sont d'or à 23 carats; ses fers sont d'argent k 11 deniers. » On lui demande alors de quel côté ces deux animaux ont dirigé leur fuite, et Zadig répond qu'il ne les a jamais vus, mais il n'en justifie pas moins les indications précises qu'il a données, grâce aux déductions ingénieuses que lui a fournies la seule inspection des traces des fugitifs.

On reconnaît facilement dans cet ouvrago que Voltaire a voulu se peindre lui-mèmo sous les traits de Zadig. Les calomnies et les méchancetés des courtisans, la fausse interprétation donnée par ceux-ci k des demi-vers trouvés dans un buisson, la disgrâce du héros, sont autant d'allégories dont l'explication se présente natur«llement. C'est ainsi que Voltaire se vengea de ses ennemis. Dans le chapitre iv (VEnoieux) sont placés les demivers :

Pur les plus grands forfaits

Sur le troue affermi.

Bans ta publique paix

C'est lu seul ennemi.

L'envieux est plein de joie de pouvoir perdre un homme aimable, en 1 accusant d'avoir ainsi parlé du souverain. Mais on arrive k reformer les vers entiers; on lit les vers tels que Zadig les avait faits :

Par les plus grands forfaits j'ai vu troubler la terre ; Sur le trône affermi, le roi sait tout dompter. Danfl la publique paix, l'amour seul fait la guerre; C'est le seul ennemi qui soit à redouter.

Voltaire, dans Zadig, a tiré d'ouvrages connus le fond de plusieurs chapitres ; du Roland furieux, par exemple, celui de l'homino aux armes vertes; des Mille et un jours, celui de l'ermite, etc. Mais ce qu'il n'a emprunté k personne, c'est un fond de philosophie semée partoutdans un style rapide, ingénieux et piquant. Nul ne connaît mieux que lui l'art de tourner la raison en plaisanterie, nul ne sait mieux rendre les choses sensibles par des contrastes saillants et des rapprochements inattendus, qui semblent à la lois le secret et le jeu de son génie. Ce roman parut précédé d'une approbation, qui n'est qu'une plaisanterie : i Je soussigné, qui me suis fait passer pour un savant, et même pour homme d'esprit, ai lu ce manuscrit, que j'ai trouvé, malgré moi, curieux, amusant, moral, philosophique, digne de plaire à ceux mêmes qui haïssent les romans. Ainsi je l'ai décrié, et j'ai assuré M. le cadi-lesquier que c'est un ouvrage détestable. »

ZAD1T11, philosophe arabe qui vivait vers la &n du xuû siècle. Ce personnage, connu sous lo surnom de Fiu d'Hunuoi, a écrit un

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