ZAÏRE
C'est moi que je viens d'accuser, Orosmane m'adore...., et j'allais l'épouser.
KÉttESTAN.
L'épouser! est-il vrai, ma sœur, est-ce vous-même? Vous, la 011e des rois!
zaIre.
Frappe, dis-je, je l'aime.
Nèrestan s'indigne, mais il ne frappera pas sa sœur :
... Je vais donc apprendre a, Lusignan trahi Qu'un Tartare est le Dieu que sa fil te a choisi ; Dans ce moment affreux, hélas! ton père expire En demandant a Dieu le salut de Zaïre.
L'innocente Zaïre pleure ses illusions perdues :
... Et ta sœur en ce jour Meurt de son repentir plus que de son amour... Pardonnez-moi, chrétiens ; qui ne l'aurait aimé ?
C'est là le cri du cœur. L'infortunée se laisse arracher la promesse de ne point se lier avant d'avoir consulté un prêtre. Orosmane se présente :
Paraissez, tout est prêt.
Tout est prêt : commencez le bonheur de ma vie,
Zaïre lui demande encore quelques heures. Orosmane les accorde ; mais, sur les insinuations de son confident Corasmin, le lago de la pièce, le soupçon se glisse dans son esprit ; son amour et son orgueil blessés l'amènent devant Zaïre pour lui annoncer qu'il va choisir une autre épouse, puisqu'elle ne l'aime pas. Les larmes s'échappent des yeux de la jeune fille au désespoir. Orosmane les voit :
. . . Zaïre, vous pleurez I
Ce mot abat ce qui reste de résolution dans l'âme de Zaïre, qui, voyant son amant k ses genoux, s'écrie d'un ton déchirant :
Me punisse à jamais ce ciel qui me condamne, Si je regrette rien que la cœur d'Orosmane 1
OI'.OSilANÏ.
Zaïre, vous m'aimea
ZAIR
ZAlRE.
Dieu 1 »1 je l'aime, hélas!
Et l'amant rassuré consent à laisser Zaïre maîtresse d'elle-même encore une journée» Tandis qu'il triomphe de se savoir aimé, Corasmin lui apporte un billet saisi sur un chrétien qui a voulu s'introduire dans le palais :
. . . « Chère Zaïre, il est temps de nous voir. Il est vers la mosquée une secrète issue, OU vous pouvez sans bruit et sans être aperçue Tromper vos surveillants et remplir notre espoir. Il faut tout hasarder ; vous connaissez mon zèle : Je vous attends; je meurs, si vous n'êtes fidèle. ■