OROSMANE
Cours chez elle a l'instant, va, vole, Corasmin; Montre lui cet écrit, qu'elle tremble.., et soudain De cent coups de poignard que l'infidèle meure! Mais uvant de frapper... Ah! cher ami, demeure; Demeure, il n'est pas temps... Je veux que ce chrétien Devant elle amené... Non je ne veux plus rien. Je mo meurs, je succombe a l'excès de ma rage.
Le voilà donc connu ce secret plein d'horreur!
Corasmin conseille à son maître de faire tenir le billet à Zaïre, pour voir jusqu'à quel point elle osera pousser la perfidie. Orosmane y consent et soudain Zaïre se présente. Orosmane dissimule et l'interroge adroitement ; jamais Zaïre ne s'est montrée plus tendre ; aussi doute-t-il de nouveau et dit-il à son confident:
Corasmin, je l'adore encor plus que jamais.
Et il attend la réponse de Zaïre au billet
de Zaïre disant à sa suivante :
C'est ici le chemin; viens, soutiens mon courage.
Il va venir.
OSOSMANB.
Ce mot me rend toute ma rage.
Il marcha vers Zaïre, qui, trompée par l'obscurité, croit tendre lesbras à son frère : Est-ce vous, Nèrestan, que j'ai tant attendu ?
Au nom de Nèrestan, Orosmane plonge son poignard dans le sein de sa victime ; la punition est prompte et terrible. A l'instant, on amène Nèrestan enchaîné: » C'est toi qui m'arraches Zaïre, s'écrie Orosmane, que ton supplice commence avec le sien. »