‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 98 sur 1042 · V. Fossé · texte numérisé non relu

V. Fossé

THOMAS 1LLYK1QUE (frère), prédicateur italien, né, croit-on, à Usuno (Etats de l'Eglise) dans la seconde moitié du XVe siècle. Selon les uns, il s'appelait Esclavou ; selon d'autres, il appartenait à une famille d'origiue illyriemie, d'où son surnom u'IUjricu». Tout ce qu'on sait de sa vie, c'est qu'il entra dans l'ordre des Frères mineurs ou cordeliers et qu'il vint habiter Toulouse. Là, il enseigna la -théologie, se livra à la prédication, le plus

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Ëoiivent sur des places publiques, écrivit plusieurs lettres et composa des vers latins. On cite de lui : un recueil de lettres et de sermons, intitulé Thoms Illyrici, minorits verbi Dei prasconis opuscula qu&sdam (Turin, 1523, in-4°) ;Sermonesaurei (Toulouse, l52t,in-4<>) ; Dé voles oraisons en françoys, avec une chanson d'amour divin (Paris, 1528); Prophétie (aide par frère Thomas lllyric, translatée d'italien (in-4°).

THOMAS DE JÉSUS (le Père), théologien portugais, né à Lisbonne en 1529, mort à Maroc en 1532. Dès 1534, il entra dans l'ordre des ermites de Saint-Augustin, fit sa théologie à Coîmbre et devint directeur des novices de son couvent. Ayant suivi le roi dom Sébastien en Afrique, il fut blessé et fait prisonnier à la bataille d'Alcazar. Devenu 1 esclave d'un marabout, il eut à subir, de la part de celui-ci, les plus durs traitements et recouvra la liberté, grâce à l'ambassadeur portugais. Toutefois, il ne voulut point quitter l'Afrique, où il passa les dernières années de sa vie à donner des consolations aux chrétiens captifs. On a de lui un traité sur la passion de Jésus-Christ, qu'il écrivit pendant sa captivité et qui a été traduit en plusieurs langues, notamment en français, par le Père Alleaume, sous ce titre: Souffrances de Jésus- Christ (Paris, 1695, 2 vol. in-12).

THOMAS DE MEDZOPH, historien arménien, ne dans la seconde moitié du xive siècle, mort en 1448. Il devint supérieur du monastère de Medzoph, le plus célèbre des établissements conventuels de l'Arménie.

Pendant une invasion des hordes de Tiinbur, il dut fuir, et, de retour dans son couvent, il Se mit k écrire sur les événements de son temps. On lui doit une mtéressanie'CArom'gue, qui s'étend de la lin du xive siècle vers le milieu du xvo, et dont la partie politique offre un grand intérêt. La Bibliothèque nationale en possède un manuscrit. On attribue à cet écrivain divers autres écrits.

THOMAS DE VILLENEUVE (Thomas GarciaS, plus connu sous le nom de saint), prélat espagnol, né à Fuenllana (diocèse de Léon) en 1488, mort à Valence en 1555, Après avoir enseigné la philosophie aux universités d'Alcala et de Salamanque , il entra dans l'ordre de Saint-Augustin , se fit ordonner prêtre eu 1520 et se liviaà lapredicaiion avec Un succès qui lui Valut le surnom de Nouvel apôtre de l'Espagne. Thomas de Villeneuve rentra ensuite daus sou couvent, où il enseigna la théologie, remplit les fonctions de prieur, puis celles de provincial, devint prédicateur particulier dé Charles-Quint et fut contraint, malgré ses refus réitérés, d'accepter l'archevêché de Valence en 1545. Ce prélat s'attacha à réformer les abus et le relâchement de la discipline, fonda des écoles, apporta des améliorations dans les prisons, se signala par sa charité et fit distribuer au moment de sa mort tout ce qui lui restait aux malheureux. Alexandre VII le canonisa en 1658, et l'Eglise l'honore le 18 septembre. Ses sermons et son commentaire sur le livre des cantiques ont été publiés pour la première fois à Alcala (1581, 2 vol. iu-fol.) et plusieurs fois réédités depuis.

— Iconogr, Plusieurs peintres ont représenté Saine Thomas de Villeneuve distribuant des aumônes; un très-beau tableau do Murillo sur ce sujet fait partie de la collection de sir Richard Wallace (ancienne galerie Hertford) : on y voit le saint faisant l'aumône à un pauvre accroupi parterre, Je torse nu; une femme, debout et serrant son nourrisson contre sa poitrine, donne la main à un autre enfant. Une vigoureuse esquisse de cette importante composition figurait dans la collection donnée au roi Louis-Philippe par M. Staudish. Un autre petit tableau de Muriilo, où l'on remarque deux enfants comptant l'argent qu'ils ont reçu du saint archevêque de Valence, a fait partie de la galex-ie pu marquis de Las Marismus.La même scène a été peinte par P.-F. Uittadini (pinacothèque de Bologne), Gio-B. Caiione (église des Augustius, à Sestri-ds-Ponente, près de Gênes), Douienico Fiasella (église de Saiit'- Agostino, à Gênes), C. Maratte (grave par Guillaume Chasteau) , etc. Elle nous est offerte encore pur une gravure de L. Ciaroberlano et par un beau groupe de marbre d'Ercole Ferrata, qui appartient à l'église Sant'- Agostino, à Borne. Le musée de la Merced, à Saville, possède un tableau de Zurbaran représentant l'Apothéose de s saint Thomas de Villeneuve : le saint archevêque est vêtu de l'habit monacal, robe blanche et manteau noir; il tient une plume et regarde devant lui d'un air inspiré; à ses côtés deux docteurs de l'Eglise sont assis ; au-dessus de lui, dans le haut du ciel, apparaissent le Christ assis sur uu nuage et portant sa croix, la Vierge et deux saints; dans te bas de la composition, on voit un monarque couronné d'une espèce de mitre uoree et des seigneurs agenouilles. Cette composition , qui n'est pas sans analogie aveu le 'Triomphe de saint Thomas d'Aqmn de Gozzoli, que nous avons décrit ci-dessus, est peinte avec une remarquable énergie et passe pour être le chef-d'œuvre de Zurbaran. Elle a été gravée par M. Darodes.

D'autres tableaux relatifs à Saint Thomas de Villeneuve ont été peints par Scannavini (église des Augustins, à Ferrare), Agostino Veracini (église de Sau-Michelino, à Flo-

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rence), le Sarzane (église Santa-Maria-deUa- Consolazione , à Gênes), R. Varni (église ■ Sant'-Agostino, à Sienne), A .Cavazzoni (gravé par D. Cunego), J.-B. de Wael (gravé par C. Lauwers), etc.

THOMAS DB SAVOIE, premier prince delà branche de Carignan. V. Carignan.

THOMASEN (Jacques), en latin Tlioiunsiut, philologue et philosophe allemand, né à Leipzig- en 1622 , mort dans la même ville en 1684. Son père, un jurisconsulte distingué, dirigea sa première instruction, puis mourut. Le jeune Thomasen continua ses études à Leipzig, à Wittemberg, où il apprit les lettres, les sciences, la philosophie, la théologie, puis, de retour dans sa ville natale, il donna des leçons particulières. Nommé quelque temps après professeur à l'école Saint-Nicolas, il y enseigna pendant plus de quarante ans, avec un grand éclat, l'éloquence, la dialectique et la philosophie, et devint recteur de l'école Saint-Nicolas (1670), puis de l'école Saint-Thomas (1676). C'était un homme d'une grande érudition, d'une extrême modestie et d'un commerce des plus agréables. Il sut jeter une vive lumière sur les doctrines des philosophes de l'antiquité et introduisit dans la méthode scientifique alors acceptée des idées beaucoup plus rationnelles. Thomasen compta au nombre de ses élèves Leibniz et son tils Chrétien. Outre divers ouvrages estimés, on lui doit un grand nombre de dissertations pleines de recherches et écrites avec élégance et pureté. Nous citerons de lui : Origines historis philosophiez et ecclesiasticx (Leipzig, 1665; in-4°), ouvrage qui a été longtemps l'histoire la plus exacte de la philosophie ancienne et dont Brucker a beaucoup profité; De stoica mundi exustione cum dissertationibus XX ad historiam'p/ulosophis stoiciB (Leipzig, 1674, in-4») ; De plagio lîtterario et index centum playiorum (Leipzig, 1678, in-4°), traité sur le plagiat; Orationes XXII varii argumenli (Leipzig, 1683, in-8°) ; Dissertationes LXllI magnam partem ad historiam philosophicampertinenles (Halle, 1093, in-8°), recueil de mémoires remarquables et intéressants; Philosophia practica tabulis comprehensa (1702, in-fol.) et de nombreuses dissertations dans les Observaiiones Halensffs.

THOMASEN (Chrétien), en latin Tuouinaiua,

remarquable érudit et jurisconsulte allemand, fils du précédent, né à Leipzig en 1655, mort à Halle en 1728. Il se forma sous la direction de son père, qui l'initia de bonne heure k la connaissance de la philosophie et de l'histoire. A dix-sept ans, il prit le grade de maître es arts, puis il alla faire ses études de droit à Francfort sur-1'Odi-r (1675), où il se rit recevoir docteur en 1679. Après avoir fait un voyage dans les Pays-Bas, Thomasen retourna à Leipzig et y exerça la profession d'avocat. Doué d'un esprit plein de vigueur et d'originalité, fuyant les routes battues, ennemi de la routine, il montra comme avocat un extrême dédain des formes juridiques, auxquelles il s'attacha à substituer, dans les procès, les règles de la. justice et de la morale. Avec de pareilles idées, il ne pouvait rester longtemps attaché au barreau; aussi ne tarda-t-il point à l'abandonner pour se livrer à l'enseignement. Mais là aussi, et avec plus d'éclat encore, il se montra avec toute la hardiesse de ses. idées et se mit aussitôt à battre en brèche les procédés pédantesques et puérils qu'on employait alors pour enseigner la philosophie. Devant un auditoire nombreux, attiré par son éloquence, par sa verve caustique, par la nouveauté de ses aperçus, souvent lumineux, Thomasen attaqua avec une extrême vigueur les méthodes surannées, la scolastique, Aristote et sa philosophie, montra la nécessité de substituer au joug de la routine la raison et le droit naturel, et, le premier, substitua l'allemand au latin dans l'enseignement. Ces nouveautés firent grand bruit et lut attirèrent de nombreux ennemis. Le nombre de ses ennemis s'accrut encore lorsque, après la mort de son père, Thomasen, ne gardant plus aucun ménagement, prit à partie, non plus les vieilles méthodes, mais les érudits et les professeurs qui s'en servaient, et sur lesquels il versa à pleines mains le ridicule. Pour atteindre plus facilement ce but, il fonda en 1688 un journal mensuel, intitulé Pensées libres, sérieuses et amusantes, où il s'abandonna sans réserve à son humeur satirique jusqu'en 1690. Aux érudits qu'il attaquait se joignirent bientôt les théologiens, qui l'accusèreut d'impiété et de inépris pour la religion. Soit dans ses écrits, soit,dans son enseignement, Thomaseu avait émis, eu effet, diverses propositions qui causèrent uu grand scandale. Il avait avancé notamment que, d'après le droit naturel, le suicide et le divorce sont parfaitement légitimes, et qu'on ne saurait trouver nulle bonne raison pour condamner la fornication et la polygatnie.il parvint néanmoins, par ses explications, à conjurer l'orage; mais la protection qu'il donna peu après à Franck, chef des piétistes, et l'apologie qu'il fit des alliances entre les luthériens et les calvinistes, alliances regardées comme hérétiques, excitèrent contre lui de telles clameurs qu'il dut quitter sa vile natale, où il n'était plus en sûreté, et il se rendit à Berlin. L'électeur Frédéric III fit au savant un accueil des plus favorables et lui donna une chaire à l'Acadé-

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mie noble de Halle. Thomasen continua avec le même éclat son enseignement dans cette ville, contribua puissamment à la fondation d'une université (1694) , où il occupa une chaire de jurisprudence, et reçut, outre une pension de 500 thalers, le titre de conseiller intime.

Thomasen a exercé une grande influence sur les progrès de l'esprit humain en Allemagne, en appelant ses compatriotes à donner k la science une direction pratique, k se débarrasser des vaines subtilités de l'école, à travailler au -perfectionnement de l«ur langue. Cet éminent érudit s'est particulièrement attaché, en outre, à populariser la philosophie, a faire connaître le droit naturel fondé sur l'idée de la liberté et de la raison, à demander qu'on appliquât le plus souvent possible ce droit dans les tribunaux, à combattre les prétentions des théologiens exigeant des restrictions à la liberté de la presse, à battre en brèche, en un mot, tout ce qui lui paraissait un préjugé et une idée fausse, 11 a rendu d'incontestables services à ses compatriotes; toutefois, il a mérité quelquesuns des très-nombreux reproches qu'on lui a faits. C'est ainsi que, dans son amour de la nouveauté , dans son désir de se faire comprendre de la multitude, il s'est montré souvent superficiel, a trop sacrifié à l'effet et k l'originalité et est tombé fréquemment dans le trivial et le burlesque. Ecrivain facile et infatigable, il a laissé, en latin et en allemand, un nombre considérable d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons: De injusta Portai Pilati judicio (Leipzig, 1676, in-4°); De crimine bigamim (Leipzig, 1685, in-4°) ; Introductio in philosophiam aulicam (Leipzig, 16S8,in-8°); Introduction à la logique (Halle, 1691, in-8u), ouvrage fort remarquable; Introduction à la philosophie morale ou De l'art d'aimer conformément à la raison et à la vertu (Halle, 1692, in-80), le meilleur traité de ce genre qui eût été publié ; Y Art, nouvellemeut découvert, de pénétrer les sentiments des hommes, même malgré eux, par leur conduite ordinaire (Halle,' 1691, in-8°); Histoire de la sagesse et de la folie (Halle, 1693) ; De natura et essenlia spiritus sive principia naturalis et moralis doctrine (Halle, 1699, in-l°); De crimine magim (Huile, 1701), écrit dans lequel il proteste énergiquement contre les prétendus crimes de sorcellerie; De tortura ex forts christtanorum proscribenda (Halle, 1705, in-4°) ; Prima} Unes de jurisconsultorum prudentia consullatoria (Halle, 1705, in-40), traité où il expose ses idées sur le droit naturel; Spécimen prudentie'judicialis ex jure naturx et gentium exhibilum (1706, in-40), servant de complément à l'ouvrage précédent; Institution de jurisprudence divine (Halte, 1709, in-40); De concubinatu (Halle, 1713, in-4o); Autorité des premiers évangélistes dans les disputes religieuses (Halle, 1714, in-4°) ; Essai sur ta nature de l'esprit (Halle, 1718, in-8°) ; Fundantenta juris naturas et gentium (1718, in-40); paulo ylenior historia juris naturalis (Halle, 1719); Pensées raisonnables et chrétiennes et réflexions sur divers points de philosophie et de législation (1723-1726, 3 vol. in -8°); Historia contentionis inter imperium et sacerdotium usque ad sssculum XV t (1722, in-8°) ; la Philosophie morale mise en pratique (Halle, 1726, in-8u); Selecta feudalia (1728, 2 vol. in-8°) ; Cours complet de droit ecclésiastique (1740, 2 vol. in-S°); Delineatio historiéjuris romani et germanici (Erfurt, 1740, in-4°); De stoica mundi exuslione , cui accessere dissertationes XXI (Leipzig, 1753, in - 4°) ; Dissertationum academicarum vnrii argumenti (Huile, 1773-1780, i vol. in-80),etc. Citons encore de lui une Vie d'Aristote, dans laquelle il a fait entrer toutes les anecdotes par lesquelles Patrizzi a voulu noircir la mémoire de ce philosophe.

THOMASÏE s. f. (to-ma-'zî — de Thomas, botan. suisse). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des byttuériacées, tribu des lasiopétalées, comprenant trente espèces, qui croissent eu Australie.

THOMASIS (Joseph, chevalier de), homme politique italien, né en 1767, mort en 1830. Il lit ses études de droit k Naples, mais s'abstint de paraître au barreau et de prendre part aux affaires politiques jusqu'en J806, époque à laquelle U fut nommé sous-préfet de Sulmone. Appelé, peu après, à la préfecture de la Calabre Ultérieure, il fit preuve, en cette qualité, de talents administratifs qui lui valurent le litre de conseiller k la cour de cassation de Naples, puis de procureur général à la cour des comptes. Après la restauration de Ferdinand sur le trône de Naples, il fut maintenu dans ses fonctions et, après la révolution de Palerme (1820), reçut le portefeuille de la marine. Il fit l'usage le plus libéral du •pouvoir que ces fonctions lui conféraient et mérita le surnom de Minière ciioyeu. Après le 7 décembre 1820,il passa au ministère de l'intérieur; mais l'immixtion de l'Autriche dans les affaires intérieures du royaume de Naples et le triomphe des réactionnaires t'obligèrent à douner sa démission. U reprit alors ses fonctions à la cour des comptes ; mais le nouveau ministère était peu désireux de laisser en possession d'une position aussi influente un homme qui avait toute la confiance du souverain, et ce dernier n'eut pas l'énergie d'imposer sa volonté à sou entourage. Thomasis dut renoncer k tout emploi public et se retira à Rome, d'où il ne revint que quelques années

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plus tard. Il vécut, dès lors, à l'écart des affaires.

THOMASIUS (Godefroy), théologien allemand, né à Egenhausen (Franconie) en 1802. Il fit, de 1821 k 1826, ses études aux universités d'Erlangen, de Halle et de Berlin, devint en 1829 pasteur de Nuremberg et, l'année suivante, professeur de religion au gymnase de cette ville, et passa en 1842 à Erlangen, en qualité de professeur ordinaire de théologie et d'aumônier de l'université. M. Thomasius est l'un des représentants les plus influents de l'orthodoxie luthérienne, dont il cherche cependant à atténuer l'ancienne sévérité; il est en outre, avec son collègue Hoffmann, le chef le plus remarquable de l'école théologique d'Erlangen , répandue non-seulement en Bavière, mais dans toute l'Allemagne du Nord, et dont les principes théologiques, religieux et politiques ont leur organe dans la Bévue pour le protestantisme et l'Eglise, de laquelle M. Thomasius a été l'un des fondateurs. On a de lui : Origène, document pour l'histoire dogmatique du m« siècle (Nuremberg, 1837); Documents pour la christologie ecclésiastique (Erlangen, 1845); la Confession de l'Eglise évangétique luthérienne dans la conséquence de son principe (Nuremberg, 1848); la Confession de l'Eglise luthérienne sur la conciliation (Erlangen, 1857) ; la Personne et l'œuvre du Christ; Exposition de la dogmatique luthérienne au point de vue de la christologie (1856 et ann. suiv. , 3 parties, 2e édit.) ; enfin, plusieurs recueils de sermons.

THOMASIUS (Jacques et Chrétien), érudits allemands. V. Thomasen.

THOMASSIN (Philippe), graveur français, né à Troyes vers 1556, mort à Rome dans un âge avancé. Il se rendit tout jeune k Rome, se mit d'abord à graver des ornements, puis entra dans l'atelier du Hollandais Cort, qui lui apprit la taille-douce. Thomassin devint un de ses meilleurs élèves et ouvrit k Rouie, où il passa le reste de sa vie, une école, où se fonnèrent des artistes remarquables, entre autres Callot, Cochin et Dorigny. C'était un artiste de talent, dont le dessin n,'est pas irréprochable, mais dont le burin était plein de vigueur et de netteté. Parmi ses œuvres, qui comprennent plus de 200 planches sur cuivre et sur bois, on cite : la Purification, d'après le Barroche; une Sainte Famille et une Adoration des rois, d'après Znecharo ; une Nativité, d'après V. Salemheui, et surtout son Recueil de portraits des souverains et des capitaines les plus illustres (1600, in-4»), qu'il dédia à Henri IV et qui a eu de nombreuses éditions. Son élève Callot, qu'il avait accueilli avec une extrême bonté dans sa maison, y porta le trouble en nouant une intrigue amoureuse avec Mme Thomassin.

THOMASSIN (Simon), graveur français, neveu du précédent, né k Troyes vers 1652, mort à Paris en 1732. Il fut inilié aux premières notions de son art par son père, qui était graveur en cachets, et partit pour Paris, y suivit les leçons d'Etienne Picart, puis se rendit en Italie, où il passa plusieurs années. De retour en France, il devint membre de l'Académie de peinture et graveur du roi. Ses estampes se font remarquer par la correction et la fidélité du dessin. Les plus estimées sont : la Transfiguration, d'après Raphaël j V Enfant Jésus parmi les docteurs, d'après Lesueur ; Saint Benoit en contemplation, d'après Philippe de Champagne; le Bavissement de saint Paul, d'après Poussin, etc. On cite encore de lui ses portraits de Louis XIV, de Charles XII, du duc du Maine, du duc et de la duchesse de Bourgogne, du cardinal d'Ossat, exécutés d'après ses propres dessins, et un Mecueil dé statues, groupes, fontaines, vases, etc., du château et parc de Versailles (Paris, 1694, in-S°).

THOMASSIN (Henri-Simon), graveur, fils, du précèdent, né k Paris en 1688, mort dans la même ville en 1741. Il reçut des leçons de son père et de Benoît Picart, avec qui il passa trois ans en Hollande. L'Académie de peinture l'admit en 1728 au nombre de ses membres. C'était un homme de beaucoup d'esprit et de tinesse, d'un caractère enjoué et du commerce le plus agréable. Comme artiste, il fut supérieur à son père et k son grand-oncle. On a de lui bon nombre d'œuvres excellentes par la pureté du dessin, la vigueur et l'élégance de la touche, l'exactitude merveilleuse de la reproduction. Parmi ses estampes les plus recherchées, nous citerons : la Mélancolie, d'après Féti, qui passe pour son chef-d'œuvre; les Disciples d'Emmaûs, d'après Paul Véronèse; la Femme du bain, d'après Rubens; le Magnificat, d'après Jouvenet; Coriolan, d'après La Fosse; la Peste de Marseille, d'après Troy ; le Betour du bat, d'après Watteau, etc. On lui doit,en outre, de très-bons portraits de Michel-Ange, du cardinal Fleury, du dauphin, du czar Pierre, de Thomas Corneille, etc.

THOMASSIN (Louis de), controversiste français, né à Aix (Provence) en 1619, mort k Paris en 1695. Son père était avocat à la cour des comptes de Provence. Il entra fort jeune dans la congrégation de l'Oratoire, professa la littérature et la philosophie dans divers collèges de province, puis fut chargé, de 1654 à 1666, d'enseigner la théologie positive, l'histoire et la discipline ecclésiastique

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au séminaire de Saint-Magloire, a Paris. Ce fut à cette époque que Loui3 de Thomassin résolut d'apporter la paix dans l'Eglise en s'efforçant de concilier les doctrines de* jansénistes, dont il avait été jusqu'alors partisan, avec celles des molinistes, et, dans ce but, il composa, sous le titre de Dissertationes in concilia generalia etparticularia (Paris, 1667, in-40), dix-sept dissertations qui, au lieu d'être bien accueillies, comme il l'espérait, excitèrent, au contraire, contre lui les clameurs de tous les partis, du clergé, du parlement, de l'archevêque de Paris et même du régent. Malgré son échec, il n'en continua pas moins k vouloir jouer le rôle si périlleux de médiateur entre deux opinions religieuses et écrivit des Mémoires sur la grâce, dont le chancelier Séguier empêcha l'impression , mais qui furent néanmoins publiés k Louvain en 1668 (3 vol. in-8°). Louis de Thomassin ne réussit pas mieux que dans sa première tentative, et le supérieur de l'Oratoire, craignant de voir sa congrégation regardée comme solidaire des écrits d un de ses membres, ordonna à Thomassin de quitter le séminaire de Saint-Magloire et de se retirer dans la maison des oratoriens. Ce fut dans cette retraite que le savant controversiste passa les dernières années de sa vie et qu'il composa les ouvrages auxquels il doit la plus grande partie de sa réputation. Les principaux sont : Ancienne et nouvelle discipline de l'Eglise touchant les bénéfices et les binéficiers (Paris, 1678-1679, 3 vol. in-fol.), que Thomassin traduisit en latin, à la demande du cardinal C'ibo, et dont Innocent XI fut si satisfait qu'il voulut attirer l'auteur à Rome, en lui promettant un chapeau de cardinal; Dogmuta théologien (Paris, 1680-1689, 3 vol. in-fol.) ; Traités historiques et dogmatiques sur divers points de la discipline de l'Eglise et de la morale chrétienne (Paris, 1681-1683, 2 vol. in-8"); Méthode d'étudier et d'enseigner les lettres humaines, par rapport aux lettres divines (Paris , 1681-1682 , in-8°) ; Méthode d'étudier et d'enseigner la philosophie (Paris, 1685, in-8°); Traité de l'unité de l'Eglise (Paris, 1686-1688, 2 vol. in-8»); Méthode d'enseigner la grammaire ou les langues par rapport à l'Ecriture sainte (Paris, 1690-1693, 2 vol. in-8°) ; Traité de la vérité et du mensonge (Paris, 1691, in-8°); Méthode d'étudier et d'enseigner les historiens profanes, par rapport à la religion chrétienne (Paris, 1693,

2 vol, in-8o) ; Traité de l'aumône (Paris, 1695, in-8°); Traité du négoce et de l'usure (Paris, 1697, in-8°); Traité des édits pour maintenir l'unité de l'Eglise catholique (Paris, 1703,

3 vol. in-8»).

THOMASSIN (Thomas-Antoine Vicentini, dit), acteur de l'ancienne Comédie-Italienne, fameux dans les rôles d'Arlequin, né à Vicence en 1682, mort à Paris en 1739. Il jouait depuis longtemps sur les différentes scènes de sa patrie et s'y était fait remarquer, ' lorsqu'on l'appela à se joindre à la troupe de comédiens italiens formée par ordre du Régent en 1716. Ses débuts eurent lieu sur le théâtre du Palais-Royal le 18 mai 1716, par le rôle d'Arlequin dans VBeureuse surprise, et quand ses camarades s'installèrent à L'hôtel de Bourgogne, il alla y briller dans un emploi que le souvenir de Dominique rendait difficile à tenir. Outre son talent, qui ne pouvait être aisément surpassé, Dominique avait accoutumé le public à certain défaut de la voix dont il avait eu l'adresse de se servir, si bien qu'on n'imaginait point depuis sa mort qu'un Arlequin put être supportable sans parler de la gorge et affecter un ton de perroquet. Le débutant, instruit de ce fait, n'en fut pas médiocrement alarmé, son organe, à lui, étant net et naturel. Afin d'habituer le parterre au nouvel Arlequin, on combina dans VBeureuse surprise plusieurs scènes de nuit. Lélio y appelait son valet Arlequin, qui d'abord ne répondait point et répondait ensuite par intervalle, paraissant se rendormir après chaque réponse, Lélio l'allait chercher, l'amenait sur le théâtre, dormant tout debout; il l'éveillait avec bien de la peine et lui purlait. Arlequin en lui parlant se laissait glisser a terre et se rendormait. Son maître le relevait et Arlequin ronflait sur son bras. Enfin, le public, favorablement disposé par cette scène, après avoir ri et applaudi peu-, dant un quart d'heure, sans que le nouvel Arlequin eût prononcé autre chose que quelques monosyllabes, ne songea plus à le chicaner sur la netteté de sa voix lorsqu'il vint à se faire entendre, et il lui fut permis d'être naturel sans risquer d'être sifflé. Thomassin avait d'ailleurs plus d'un tour de ce genre dans sa gibecière, et sa présence d'esprit rendit souvent son concours précieux sur une scène où les harangues au public se produisaient k tout propos. A ce sujet, on raconte de lui une anecdote qui rappelle l'aventure de son prédécesseur Dominique, obtenant de Louis XIV, par un bon mot, ue parler comme il voudrait. On donnait Arlequin, bouffon de cour, canevas en trois actes, qui avait fait beaucoup de plaisir. Après une représentation de cette pièce, Thomassin s'avança sur le bord de la scène, et s'adressant aux spectateurs, dans un jargon moitié italien, moitié français, tres-amusaiit dans sa bouche, il dit : « Messieurs, je veux vous dire unapicciola fable que j'ai lue ce matin ; car il me prend quelquefois envie de dioentar savant; mais la diro en italien, et ceux qui l'enten-

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deranno Yexplicheranno k ceux qui ne l'entendent pas. » Alors il raconta, de la manière la plus comique, la fable de La Fontaine, le Meunier, son Fils et l'Ane, s'accompagnant de tous les gestes qui lui étaient familiers, descendant de l'âne avec le meunier, y remontant avec le jeune homme, prenant le trot. Il ajouta en français : » Messieurs, venons k l'application : je suis le bonhomme, je suis son fils et je suis encore l'âne. Les uns me disent : Arlequin, il faut parler français, les dames ne vous entendent point, et bien des hommes ne vous entendent guère. Lorsque je les ai remerciés de leurs avis, je me tourne d'un autre côté; des seigneurs me disent : Arlequin, vous ne devez pas parler français; vous perdrez votre feu, etc. Je suis bien embarrassé- parlerai-je italien? parlerai-je français? je vous le demande, messieurs. » Alors quelqu'un se leva dan3 la salle et répondit : « Parlez comme il vous plaira; vous ferez toujours plaisir. » A quoi tout le parterre applaudit. Thomassin s'adressait ainsi du même coup et à ceux qui demandaient que les comédiens italiens traduisissent leurs bouffonneries en français, et à ceux qui, au contraire, voulaient qu'il leur fût interdit de jouer des pièces françaises, comme ils essayaient de le faire.

De tous les acteurs italiens venus à Paris en 1716, Thomassin est peut-être celui dont le succès fut le moins contesté. Il n'eut pas, comme Lélio, Mario, Flaminia et Silvia, de critiques à essuyer. Adopté immédiatement par le public, il régna sur lui avec un égal bonheur pendant vingt-trois ans et ne put être dignement remplacé que par Carlin. Dominique , Thomassin , Carlin 1 trinité joyeuse d'Arlequins incomparables , dont le souvenir est k jamais lié à celui de la Comédie-Italienne, eurent le même sort; ils firent école et inspirèrent beaucoup da mauvaises copies; que de pitoyables coups de balte et d'affreuses grimaces on vit autour de ces maîtres du genre, dont le dernier, en mourant, ne laissa pas d'héritier. Il est vrai que sa royauté s'en allait au moment où s'en allaient toutes les royautés. Est-ce à dire que nous n'avons plus d'Arlequins? Si, sans doute, et dans la politique et ailleurs il en est bon nombre qui jouent chaque jour, au naturel, Arljquin muet par crainte, Arlequinmaiire. et valet, Arlequin parvenu, Arlequin bouffon de cour, Arlequin roi par hasard, Arlequin valet de deux maitres, Arlequin voleur, prévât et juge, et autres canevas italiens qui se comprennent en toutes les langues. Mais revenons à Thomassin.

Thomassin avait beaucoup de souplesse; sa gaieté et la grâce de son jeu s'ajoutaient à de rares qualités qui faisaient de lui un.comédien accompli. U était vrai, naïf, original et pathétique ; au milieu de l'hilarité excitée par ses lazzi, un trait, une réflexion, un simple geste surprenait tout k coup l'auditoire; souvent même, après avoir commencé par rire de la façon dont le balourd exprimait son chagrin, on finissait par éprouver l'attendrissement dont il paraissait pénétré.

Mime parfait, il pouvait sans parler rendra les sentiments les plus divers et les faire partager k ceux qui l'entouraient. Comme la plupart des comédiens italiens, il avait de la religion et des mœurs patriarcales. Le lendemain de son début k Pans, il vint au café Gradot, pour captiver la bienveillance des gens de lettres qui s'y assemblaient alors, et comme on lui demandait s'il n'avait pas éprouvé quelque crainte en paraissant devant un public nouveau, Thomassiu répondit qu'en effet, ayant aperçu au travers de la toile une assemblée nombreuse et choisie, il avait tremblé bien fort; mais que,s'étant un peu remis, il s'était adressé à la Providence divine, qui avait béni son labeur. Aussi quand il mourut, après une longue maladie, pendant laquelle il avait renoncé au théâtre, k ses pompes et k ses oeuvres, il fut enterré k Saint- Laurent, sa paroisse, et l'eau bénite, qu'on avait refusée à Molière, inonda la face barbouillée de suie d'Arlequin. — La femme de Thomassin, Marguerite Rusca, connue sous le nom de Violette, jouait les rôles de suivantes aux côtés ue sou mari. — Son fils aîné, Vincent-Jean Vicentini, né en 1717, mort en 1769, et son paiii-tils, Gustave-Adrien, mort en 1807 , remplirent après lui les mêmes rôles. — Une de ses filles, Catlieriiie Vicentini, qui épousa son camarade Dehesse, fut reçue a ia Comédie-Italienne en 1727, pour les rôles d'amoureuses et de soubrettes. — Une autre y débuta le 15 octobre 1736, dans la Folle raisonnable, et ne futreçue qu'en 1740. Celle-ci s'appelait Sidonie.— Joachun Vicentini, son dernier enfant, débuta k la Comédie-Italienne, dès l'âge de dix-huit ans, par le personnage d'Arlequin, dans Timon misanthrope, le 26 août 1741 ; mais, comme les talents ne sont point héréditaires, il ne fut point reçu, et, moins heureux que le fils de Dominique, il dut aller végéter sur les théâtres de province.

THOMASSIN (Louis), ingénieur, né k Paris vers la fin du xvue siècle. On ne sait rien de lui, si ce n'est qu'il était parent par alliance de Mignard. 11 a laissé divers écrits, parmi lesquels nous citerons : Truite des fortifications (1 vol. in-4»); Lettres sur les canaux proposés pour former la jonction des mers par ta bourgogne (Dijon, 1726); Lettre sur la colonne de Cussy et sur d'autres sujets d'anti-

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qvités de Bourgogne (1725, in-S0} ; Histoire des antiquités d'Autun, etc.

TIIOMASSIN (Jean-François), chirurgien français, ne à Rochefort, près de Dôle, en 1750, mort en 1806, Il servit comme officier de santé dans les armées et fut médecin de l'hôpital de Besançon. Il obtint quatre fois des médailles dans les concours de l'Académie royale de chirurgie, pour des mémoires, dont deux sont restés inédits. Il fît longtemps des cours de chirurgie à Besançon. Parmi ses écrits, nous citerons : Dissertation sur le charbonou lapustulemaligne (Besançon, 1780, in-8<>) ; Observations sur quelques points de la structure de l'œil, relatives à l'extraction d'une cataracte membraneuse ( Francfort , in-8») ; Précis sur l'abus de la compression et l'avantage des conire-ouvertures dans le traitement des abcès et des ulcères caverneux (Strasbourg, 1786, in-8°); Dissertation sur l'extraction des corps étrangers des plaies et spécialement de celles faites par les ormes à feu (Strasbourg, 1788, in 8°) ; Description abrégée des muscles, avec deux nomenclatures (Besançon, 1800, in-8«).

THOMASSINDEJUILLY (Bernard-Joseph), littérateur français, né à Arc-en-Barrois, en 17Ï3, mort au même lieu en 179S. Il suivit la carrière des armes, devint mestre de camp de cavalerie, sous-lieutenant des gardes du corps et enfin gouverneur de Nogent-le-Roi. Pendant ses loisirs, il s'adonna à la poésie, aux lettres et devint membre de plusieurs Académies de province. Outre des pièces de vers publiées dans le Mercure, on lui doit une Vie du maréchal de Catinat (I717,in-12).

THOSIASS1N DE MONTBEL (Pierre), littérateur français, neveu du précédent, né à Arc-en-Barrois en 1779, mort en 1S10. Il fut pendant quelque temps inspecteur des vivres et devint membre de la Société académique des sciences de Paris. On lui doit quelques ouvrages médiocres : la Bataille d'Iéna, pottme (Paris, 1806, in-8°) ; les Délices de ta Pologne (1807, in-8<>) ; la Diligence philosophique (1808, 2 vol. in-8°); le Siège d'Alise (1809, in-8°), tragédie en cinq actes et envers.

THOMASSY (Marie Joseph-Raymond) , littérateur français, né à, Montpellier en 1810, ■mort en 1863. Il suivit les cours de l'école des chartes et prit part aux travaux exécutés sous la direction d'Augustin Thierry pour réunir la collection des monuments inédits du tiers état. Indépendamment de nombreux articles-dans la Revue maritime, \es Nouvelles annales des voyages, le Correspondant, l'Encyclopédie catholique, la Revue contemporaine, on doit à Thomassy : l'A bbaye Saint-Ouilhenir du-Désert .(1837); Essai sur les écrits politiques de Catherine de Pisan (1838, in-8°) ; De ta politique maritime de la France sous Louis Xt V (1841, in-8<>); Jean Gerson (1844, in-12); le Maroc et ses caravanes (1845, in-8") ; Missions et pêcheries (1853, in-8»), etc. — Son frère, Edouard Thomassy, a cultivé les let-" très. On lui doit, entre autres productions : le Jardin des plantes de Montpellier (1839), poème; Fillion ou l'Héroïne de la régence (1840), drame en cinq actes.

THOMASTON, ville des Etats-Unis (Maine), sur la rive O. de la baie de Penobscat, à l'embouchure de la rivière Saint-George, à 71 kilom. E.-N.-E. de Wiscasset; 7,000 hab. Fabrique et exportation de chaux. La rivière y est navigable pour des navires de 200 tonneaux. Les habitants sont très-industrieux et possèdent quelques bâtiments marchands.

THOMÉ (SAN), MAILAPOBAM OU MÉLIA- POUR, ville de l'indoustan anglais, présidence et à 9 kilom. S. de Madras, sur une petite baie, à l'extrémité d'une belle plaine. Evêehé catholique. Fabriques de toile de coton. « Elle fut bâtie, dit le Dictionnaire géographique universel, sur les ruines ce Mailaporam ou Méliapour, que les Portugais prirent en 1545 et dont ils tirent le chef-lieu de ieuis établissements sur Ja côte de Coromandel. Quoiqu'ils l'eussent fortifiée de bons remparts bastionnés, elle fut.prise en 1672 par les Français, qui la cédèrent, deux ans après, aux Hollandais; mais les Anglais l'enlevèrent à ces derniers en 1749. *

THOME (SAN-), lie de l'Afrique portugaise, dans le golfe de Guinée, à 200 kilom. N.-O. du cap Lopez, par ou 27' de latit. N., et 4» 44' de loiigit. E. ; 2,000 kilom. carrés environ ; 20,000 hab. Chef-lieu , San-Thomé (2,000 hab.), où réside un évêque. Découverte en 1471 par Vasconeellos.

THOMERY, village de France (Seine-et- Marne), canton de Moret, arrond. et à 5 ki- ,'oin. de Fontainebleau ; 840 hab. Il doit sa réputation à la culture du chasselas, qui rapporte de 400,000 à 500,000 francs par an. V. chasselas.

THOM1NES DU BOSC (Pierre), théologien protestant français. V. Bosc (du).

TIIO.M1RE (Pierre-Philippe), ciseleur et bronzier français, né à Pans en 1751, mort en 1843. Il a régénéré l'industrie des bronzes en substituant au genre maniéré du siècle de Louis XV les formes pures et harmonieuses de l'antique et l'exacte combinaison des proportions. De bonne heure, il apprit l'art de fabriquer les objets de bronze, travailla dans. les ateliers de Pajou et de Houdon, et fut

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chargé par ce dernier de surveiller la fonte de son Ecorché, puis de reproduire la statue de Voltaire assis pour l'impératrice de Russie. Employé quelque temps après dans les manufactures royales, Thomire y reproduisit les chefs-d'œuvre de Chaudet, de Pigalle,de Roland, etc. Ce fut lui qui exécuta le service commandé par Louis XVI en mémoire de la guerre d'Amérique. Pendant la Révolution, il dut renoncera travailler ; mais, sous l'Empire, il fut chargé de nombreux travaux, parmi lesquels on cite des Surtouts de table pour les Tuileries et pour la ville de Paris, une Psyché et une Toilette, offertes par les Parisiens à Marie-Louise; le Berceau du roi de Rome, etc. Tous ces ouvrages se recommandent par la pureté du dessin et par le fini de l'exécution.

THOMISE s. m. (to-mi-ze — du gr. thomissâ, je lie). Arachn. Genre d'aranéides, de la tribu des araignées, comprenant un grand nombre d'espèces, répandues dans toutes les parties du monde : Les affinités les plus intimes des THOMiSBSJonf avec le genre éripus. (H. Lucas.)

— Encycl. Les thomises ont pour caractères : huit yeux presque égaux, placés sur deux lignes en croissant au devant du céphalothorax; la lèvre grande, plus haute que large, triangulaire, arrondie à l'extrémité ; les mâchoires allongées, inclinées, conniventes; les mandibules courtes, cunéiformes ou cylindroïdes; les pattes étendues latéralement, très-inégales, les deux paires postérieures notablement plus courtes, ce qui les rend inhabiles à la course et au saut. Us présentent une ressemblance assez grande, mais pqjement extérieure, avec certains crustacés. Ce genre renferme de nombreuses espèces, dont plusieurs habitent nos contrées. Le thomise crête n'atteint pas 0™,01 de longueur; l'abdomen, aplati chez les mâles, renflé chez les femelles, ordinairement de couleur fauve, mais variant du brun au blanc, est surmonté d'une bande plus claire, bordée de brun, qui simule une sorte de crête ou de plumeau étage; les pattes, chez les mâles, sont plus allongées et de couleur plus foncée. On le trouve communément aux environs de Paris. « Cette espèce, dit M. H. Lucas, a les mouvements lourds et lents; elle se cache sous les pierres et les écorces et survit aux plus grands froids. La femelle se ren terme dans des feuilles et tend des fils isolés à l'entour, où elle se suspend quelquefois. Elle pond dans cette retraite des œufs dans un cocon aplati, de 3 lignes de diamètre, dont le tissu est gonflé par les œufs et présente des éminences arrondies. L'aranéide se place sur ce cocon et ne l'abandonne que lorsqu'on la touche. Quelquefois ce cocon renferme cent vingt œufs qui sont d'un blanc jaunâtre. » Les thomises tronqué et Diane se trouvent dans les mêmes localités.

TBOMlSIDEadj.(to-mi-zi-de — Ae thomise, et du gr. eidos, aspect). Arachn. Qui ressemble ou qui se rapporte au thomise.

— s. m. pi. Famille d'aranéides, ayant pour type le genre thomise.

THOMISME s. m. (to-mi-sme). Théol. Doctrine de saint Thomas d'Aquin théotogique et philosophique.

— Encycl. Philos. Nous exposerons successivement la méthode, la théodicée, la métaphysique, la psychologie et la morale du tnorm'sme.

— Méthode thomiste. La méthode peut être considérée sous deux points de vue, ou, ce qui revient au même, le mot de méthode peut être pris dans deux acceptions; il signifie : 1° l'ordre dans lequel nous rangeons nos pensées, nous disposons les questions à résoudre; 2° l'ensemble des procédés que nous employons pour les résoudre. Ces deux sens du mot sont, par la force même des choses, étroitement liés, et la pensée va si aisément de l'un à l'autre que c'est à peine si les philosophes prennent le soin de les distinguer. Disons quelle est, sous ce double point de vue, la méthode de saint Thomas.

Il part des questions les plus hautes, de celles qui concernent Dieu, son existence, ses attributs, ses rapports avec le monde. Il descend de Dieu à l'homme, et dans l'homme il considère la nature de l'âme et son union avec le corps, avant de parler de ses opérations, de ses penchants, de ses facultés. De même, en morale, il commence par traiter du souverain bien, de la fin dernière, et il n'arrive a parler des devoirs particuliers qu'après avoir épuisé la question générale de la doctrine et du devoir. Saint Thomas, en un mot, débute constamment par les questions métaphysiques et n'aborde qu'en dernier lieu le point de fait et de détail.

Quant au procédé de saint Thomas, il découle de l'ordre dans lequel il a rangé les parties de la science. Comme il se place d'abord sur les sommets les plus élevés pour descendre ensuite de ces hauteurs aux particularités et à l'application, il ne pouvait pas suivre et n'a pas suivi d'autre procédé que celui qui va du général au particulier, à savoir la déduction. Il l'a suivis sous la forme que la déduction avait alors, c'est-àdire la syllogisme, en posant des prémisses et en tirant des conclusions, sur la base desquelles il élève d'autres syllogismes, depuis la première question qui ouvre la Somme de théologie jusqu'à la fin de l'ouvrage.

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— Théodicée thomiste. Il y a trois points k i noter dans tout système de théodicée : 1° la démonstration de l'existence de Dieu; 2° les attributs divins ; 3» les rapports de Dieu et du monde. Sur le premier point, saint Thomas, s'inspirant à la fois d'Aristote et de saint Paul, démontre l'existence de Dieu par le mouvement et par les autres effets visibles de la puissance divine. Il n'admet pas, avec saint Anselme , que Dieu soit prouvé par l'idée qu'on en a. Contre cette preuve, qui a été reproduite par Descartes, il élève deux difficultés : 1° tous les hommes n'ont pas l'idée de Dieu ; 2° on peut penser k Dieu sans songer qu'il existe, puisqu'il n'est pas de soi évident qu'il existe un être plus grand que tous les autres.

Sur les attributs divins, saint Thomas établit les quatre points suivants : 1° il n'est pas impossible à un esprit créé de connaître les attributs essentiels de Dieu ; 2° l'esprit créé ne peut voir l'essence de Dieu ni dans cette vie, ni par ses seules forces et indépendamment du secours de la grâce; 3° eu cette vie, l'homme, avec ses facultés propres et naturelles, peut connaître Dieu par ses œuvres; 4° la connaissance de Dieu que nous acquérons par la vue de ses œuvres est certaine et positive; elle exprime fidèlement les perfections qui appartiennent à l'être divin. Cette doctrine écarte du même coup deux prétentions opposées : l'une, que la raison peut, dès cette terre, obtenir l'intuition immédiate de la divinité; l'autre, que les perfections divines sont inaccessibles, que nous sommes réduits à n'en rien savoir, que nos efforts pour pénétrer ce qu'elles sont en elles-mêmes aboutissent à des formules purement relatives et sans valeur scientifi-

Voici maintenant la doctrine thomiste surl'entendement et la volonté, la science et l'activité de Dieu. Dieu, selon saint Thomas, connaît premièrement son être et toutes ses perfections, mais aperçoit aussi les choses , créées et périssables. En ce second point, saint Thomas se sépare de son maître Aristote. Où Dieu aperçoit-il les êtres contingents? Dans son essence infinie. C'est la condition de l'homme de ne connaître les divers objets que par l'impression de leurs images sur l'esprit; mais il suffit à Dieu de considérer l'étendue de sa puissance. Source première de l'existence, tous les êtres sont renfermés en lui, comme l'effet dans la cause ; donc , en se voyant lui-même, il les voit; en se connaissant lui-même , il les connaît. Saint Thomas établit que cette connaissance que Dieu a de ses oeuvres n'est pas seulement générale , indéterminée et confuse , mais qu'elle est particulière et distincte." En effet, dit-il, comprendre une chose d'une manière générale, sans en avoir une notion particulière , c'est ne la connaître qu'imparfaitement. Donc, si Dieu ne connaissait les choses hors de lui que d'une manière générale, son intelligence ni par conséquent son être ne seraient pas absolument parfaits. » Poursuivant la définition de la science divine, saint Thomas affirme qu'elle n'est pas une science discursive comme celle de l'homme , mais immédiate et invariable; qu'elle embrasse toutes les vérités à la fois ; qu'elle comprend avec le présent le passé et l'avenir. L'esprit de l'homme aperçoit successivement dans le temps les choses que le temps voit naître; mais Dieu les aperçoit dans l'éternité qui est au-dessus du temps. Il suit de là que les futurs contingents ne nous sont pas connus avec certitude, tandis que Dieu les voit tous présents devant ses yeux. C'est ainsi que le voyageur qui marche dans un chemin ne voit pas ceux qui viennent après lui, au lieu qu'une personne qui est placée sur une hauteur, d'où elle embrasse toute la route, voi.t simultanément tous ceux qui passent.

-Passons à la volonté divine. Le premier •et nécessaire objet de la volonté de Dieu, d'après la doctrine thomiste, est sa propre essence. Dieu, étant le souverain bien, s'aime d'abord lui-mêmç d'un amour infini, qui se confond , comme la pensée , avec son être. Mais, de même que l'intelligence divine connaît ce qui existe hors d'elle, de même la divine volonté s'étend à toutes les choses créées. Pourquoi ? Parce que ces choses participent à la bonté de leur auteur et qu'elles sont coordonnées vers une fin dernière, qui est cette bonté suprême. Reste à savoir pourquoi, tandis que Dieu s'aime nécessairement lui-même, il n'est pas nécessité à vouloir ses créatures. Saint Thomas en dorme la raison : c'est que les créatures n'ajoutent rien à son être, qui est entier et parfait sans elles. Lorsque la volonté divine s'exerce au dehors, elle a donc pour caractère l'absence de la nécessité ou la liberté. Toutefois, saint Thomas fait cette réserve importante que, le rapport des choses avec la bonté divine étant ce qui détermine Dieu à les vouloir, sa volonté n'opère pas au hasard; mais elle a une raison, qui est la bonté. Pourquoi, par exemple, Dieu nous a-t-il donné l'intelligence? four que nous fassions hommes. Et pourquoi des hommes? Pour le bien de l'univers. Et pourquoi le bien de l'univers? Pour qu'il poriât la trace de la perfection de son auteur. En sorte qu'il faut repousser l'opinion

de ceux qui rapportent tout à la volonté arbitraire de Dieu , en ne donnant d'autre raison des œuvres divines, sinon que Dieu l'a

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-voulu ainsi, «doctrine, dit le Docleur angélique, condamnée même par la sainte Ecriture, où Dieu nous apprend par la bouche de son prophète qu'il fait toutes choses selon l'ordre de sa sagesse. •

Mais si la volonté en Dieu est réglée par la sagesse, comment n'en serait-il pas de même de la puissance ? Dieu, pour saint Thomas et ses disciples, est tout-puissant parce qu'il peut toutes les choses qui sont absolument possibles et que nul de ses effets ne l'épuisé; mais sa toute-puissance ne s'étend pas à ce qui est en dehors de toute possibilité, à ce qui implique contradiction. Ainsi, Dieu ne peut rien qui marque une altération ou un défaut de son être ; il ne peut ni s'accroître, ni faillir, ni se lasser, ni oublier, ni se repentir. Dieu ne peut faire que les choses passées n'aient pas existé, ni que celles qui sont ne soient pas au moment où elles sont, ni qu'elles soient en dehors des conditions de leur existence ; il ne peut faire, par exemple,- que l'homme ne possède pas une âme. Dieu ne peut agir contre les principes ou vérités premières, gravés de ses mains dans tous les esprits et qui sont comme le fonds de sa propre sagesse ;.il ne dépend pas de lui que le genre ne s'affirme pas de l'espèce; que les rayons du cercle ne soient pas égaux ; que la somme des angles d'un triangle ne soit pas égale à deux angles droits. Dieu enfin ne peut pas faire ce qu'il ne peut pas vouloir, et, comme il veut nécessairement sa béatitude et sa bonté, il s'ensuit qu'il ne peut faire le mal.

La puissance divine nous conduit naturellement aux rapports de Dieu avec le monde. Dieu créateur du monde, Dieu conservateur du monde, Dieu présent dans le inonde et cependant distinct du monde, voilà en quatre mots la doctrine de saint Thomas sur ces rapports. Il commence par poser la création de nihilo, dont il précise le sens en disant que le néant n'est pas la matière et la cause de l'être, mais que l'être succède au néant comme le jour succède à- l'aurore , fit post nittilum , sicut post mane fit meridies. La création est un acte éminemment libre. Elle n'est nécessitée ni par la nature de Dieu, ni par les lois de son intelligence, ni même absolument par sa justice. La justice consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû; or, Dieu n'est tenu d'aucune dette envers ses créatures. A quel motif a-t-il donc obéi en créant? Il a consulté sa sagesse et la suprême convenance, condecentia, de sa bonté. Toutefois, la détermination d'appeler le monde a l'existence avait pour résultat une obligation hypothétique, conditionalis, que saint Thomas expose de la manière suivante. Premièrement, obligation par rapport à l'ensemble de l'univers, qui, pour être parfait, a besoin de toutes ses parties. Ainsi, par là même que Dieu a voulu faire l'univers tel qu'il est, il n dû créer le soleil, l'eau et toutes tes autres choses sans lesquelles cet univers n'existerait pas. Secondement, obligation par rapport aux conditions diverses des créatures. Si , par exemple, Dieu a voulu l'existence des animaux et des plantes, il a dû faire les corps célestes qui les conservent. De même, s'il a voilu l'existence de l'homme, il lui a fallu créer les plantes, les animaux et les autres choses semblables qui nous sont nécessaires pour atteindre notre perfection. Troisièmement, obligation par rapport à chaque créature en particulier, pour tout ce qui concerne son organisation, ses propriétés et ses facultés. Ainsi , dès lors que Dieu voulait l'existence de l'homme, il devait, non pas à. nous ses créatures, mais à son propre dessein et à lui-même, d'unir une âme à un corps et de nous ménager, indépendamment des sens, soit en nous, soit hors de nous, tous les instruments, tous les ressorts nécessaires au complément de notre être. Dieu a multiplié ses œuvres. Pourquoi? Il pouvait ne créer qu'une seule espèce, dit saint Thomas, qui aurait renfermé tous les êtres; mais, dans ce cas, l'univers aurait reproduit trop imparfaitement l'image de son auteur ; car une espèce unique ne pouvaifêtre proportionnée à la nature immense de Dieu. Il ne fallait pas moins que la variété prodigieuse des choses créées et les rapports innombrables qui existent entre elles pour offrir un, reflet encore bien pâle de la puissance, de la sagesse et de la bonté suprêmes. Dieu a voulu cette variété et ces rapports comme la manifestation la moins incomplète de lui-même, et il a mis la dernière main à son ouvrage en créant au-dessus des êtres matériels les substances intelligentes , sans lesquelles l'univers n'aurait pas atteint le degré de perfection dont il était susceptible. « Ainsi, conclut l'Ange de l'école, il y a une justice naturelle qui préside à la création et à la propagation des , êtres, et c'est pourquoi nous disons que Dieu crée et gouverne tout selon les règles de la justice et de la raison, i

Outre la nécessité conditionnelle qui a pour principe la bonté de Dieu , saint Thomas va jusqu'à supposer dans certaines existences créées une nécessité absolue. En effet, quelles sont les choses qui n'existent pas nécessairement , c'est-à-dire qui peuvent ne pas exister? Ce sont les choses matérielles, parce que la matière qui est en elles peut se séparer de sa. forme et en revêtir une autre. Mais cet élément de contingence ne se retrouve pas dans les substances immatérielles, comme les anges, ni dans tes êtres dont

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l'existence n'est apte à recevoir qu'une forme unique. Donc, leur existence est simplement et absolument nécessaire, eas igitur simpliciler et absolute necesse est esse. Sans doute Dieu est libre de créer ou rie ne pas créer, mais il'n'en résulte pas qu'il ne puisse diversifier ses œuvres et rendre par un libre décret l'existence des Unes nécessaire, tandis que les autres sont contingentes, afin 3uo cette diversité même soit un témoignage e plus à ta gloire de ses perfections. Plus une chose s'éloigne de l'être qui existe par lui-même, c'est-à-dire de Dieu, plus elle est voisine du non-être; plus, au contraire, elle s'éloigne du non-être, plus elle se rapproche de l'infini. Donc, ce qui est très-près de Dieu , et par conséquent très - éloigné du non-être, doit se trouver dans de telles con-* diiions pour la perfection de l'ordre de l'univers, qu'il ne puisse pas ne pas exister, qu'il soit absolument nécessaire.

Ici se pose la question de la création éternelle. Puisque le décret divin peut communiquer aux choses. créées une existence nécessaire, pourquoi n'a-t-il pu les produire de toute éternité? La réponse de saint Thomas à cette question est curieuse. Après avoir réfuté les arguments invoqués en faveur de la création éternelle, il montre que le commencement de la création ne peut être l'objet d'une démonstration philosophique. 11 y voit un objet de foi. La philosophie, selon lui, peut détruire les argument» contraires au dogme; elle né peut pas établir directement le dogme; elle réfute à merveille ceux qui prétendent prouver que le monde est éternel; elle ne prouve pas elle-même que le monde n'est pas éternel. « En effsît, dit-il, le mouvement du monde ne résulte pas nécessairement de sa nature, dont la définition n'implique nulle idée de temps ou d'espace, et elle ne peut pas se prouver par des raisons tirées de la cause première, puisque la création dépend du libre décret de Dieu , dont les volontés nous sont cachées tant qu'il ne les a pas lui-même révélées. C'est donc par la foi seulement que nous pouvons la connaître. »

A propos de la conservation du monde, Saint Thomas s'élève contre un système qui était soutenu de son temps et qui a été repris au xvue siècle parMalebranche, et d'après lequel les créatures seraient dépouillées de toute réelle activité. « Selon quelques philosophes , dit-il , l'opération divine dans chaque être doit être entendue en ce sens que nulle vertu créée n'agit dans la réaliié et que toute action procède immédiatement de la puissance divine. Mais c'est là une thèse impossible, d'abord parce que, dans une pareille supposition, la causalité des créatures serait détruite, ce qui taxerait le Créateur d'impuissance, puisqu'il appartient à la cause première de donner aux effets qu'elle engendre la vertu d'en produire de nouveaux; secondement, parce que les pouvoirs actifs que nous remarquons dans les créatures leur seraient accordés en vain si elles ne les appliquaient pas à des actes réels. Que dis-jeî les créatures elles-mêmes, privées de toute opération propre, paraîtraient exister inutilement, puisque la fin de l'existence de chaque chose, c'est l'action. »

Dans la question générale des rapports de Dieu et du monde, du gouvernement providentiel du monde , se trouve comprise la question particulière des rapports de la toutepuissante action divine avec lu volonté humaine , de la grâce avec le libre arbitre. Saint Thomas la résout par le système de la « promotion physique, ■ lequel consiste à soutenir que l'impulsion souveraine et irrésistible de la volonté divine peut obtenir de la volonté humaine des actes qui n'en restent pas moins libres.! 11 appartient, dit-il, à la Providence, non pas de corrompre la nature des êtres, mais de la conserver. Ainsi, elle meut tous les êtres conformément à leur nature, de telle sorte que l'opération divine fait produire aux causes nécessaires des effets nécessaires et aux causes contingentes des effets contingents. Il répugnerait à l'opération divine que l'impulsion qu'elle donne a la volonté fût nécessaire contrairement à l'essence de la faculté de vouloir; il ne répugne pas qu'elle fasse mouvoir librement la volonté comme sa nature le demande. » Et ailleurs : « Dieu est la cause première qui meut à la fois et les causes naturelles et les causes volontaires. Et comme, lorsqu'il meut les causes naturelles, il n'empêche pas qua leurs actes ne soient naturels; de mémo, lorsqu'il agit sur les causes volontaires, il n'empêche pas leurs actions d'être volontaires; mais il leur donne plutôt ce caractère, car i! agit dans chaque être d'une manière conforme à sa nature propre. »

Dans la solution qu'il donne au problème du mal, saint Thomas se montre optimiste. ■ Dieu, dit-il, fait ce qu'il y a de mieux pour l'ensemble, mais non ce qu'il y a de mieux pour chaque partie, à moins que les parties ne soient considérées dans leur rapport avec le tout. Or, le tout, c'est-à-dire l'universalité des créatures, est meilleur et plus parfait s'il renferme des êtres qui puissent s'écarter du bien, et qui, en effet, s'en écartent avec la permission de Dieu, qui leur en laisse la liberté... Comme le dit saint Augustin, Dieu est si puissnnt que du mal il peut faire sortir le bien. Ainsi , il y aurait une foule de biens anéantis, si Dieu ne permettait pas au

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mal d'exister. La mort des animaux dévorés

résigne. •> Mais l'optimisme de saint Thomas n'est ni celui 'de Malebranche ni celui de Leibniz. La bonté de Dieu n'est pas liée, suivant lui, h la production du monde actuel; elle aurait pu en créer un autre, ou meilleur ou pire, et le soumettre à d'autres lois. La fin des œuvres de Dieu est Dieu lui-même. Or, la créature étant séparée de cette fin sublime par une distance infinie, elle ne peut recevoir un degré de perfection sans que la raison en conçoive un autre plus élevé que la sagesse du Créateur peut ou lui accorder ou lui refuser. Lorsqu'une œuvre est proportionnée à sa fin, c'est alors que l'ouvrier a devant soi un ordre déterminé d'où il est tenu de ne pas s'écarter; mais, quand cette proportion n'existe pas, il est chimérique de supposer un plan unique et inviolable qui détermine invinciblement la volonté de l'artisan suprême. L'optimisme , tel que saint Thomas le comprend et l'admet, consiste à dire que ce monde, pris dans son ensemble, est l'expression la plus fidèle des desseins du Créateur. Dieu pouvait changer ces desseins, il pouvait créer d'autres cieux et une autre terre qui aurait été peuplée d'autres êtres ; mais, étant données les choses que ,1a création comprend actuellement, Dieu les a soumises à 1 ordre qui convient le mieux à leur nature, et c'est précisément dans cet ordre que consiste la beauté de l'univers. Nulle main ne pourrait ajouter à la perfection d'un seul être sans troubler la perfection et l'harmonie de l'ensemble. C'est .comme une lyre dont on ne peut forcer une corde sans détruire la mélodie.

— Métaphysique thomiste. La métaphysique du thomisme reproduit, en ses traits généraux, celle du péripatétisme. Nous la résumerons, brièvement. La philosophie proprement dite ou première a pour objet, selon saint Thomas, l'être en tant qu'être, ens in quantum ens. Dans le sens le plus général et le plus abstrait du mot être, il y a deux espèces d'êtres (entia) : les êtres existant réellement, comme nous disons aujourd'hui objectivement (esse in re), et les êtres qui no sont que des abstractions de la pensée ou des négations et des privations, tels, par exemple, que la pauvreté, la cécité, le défaut en général. La pauvreté, la cécité, la privation existent; ce sont des entia, mais ee ne sont pas des essentiœ. Les .essences, substances ou êtres véritables (essentis, substantif), se divisent à leur tour en essences simples ou pures et en essences composées. Il n'y a qu'une essence simple ou forme pure sans mélange de matière : c'est Dieu. Tout le resté se compose de forme et de matière. La matière et la forme sont toutes deux des êtres (entia) ; elles se distinguent l'une de l'autre en ce que ia forme est in actu, tandis que la matière n'est qu'in potentia. Dans un sens général, est matière tout ce qui peut être, tout ce qui existe en possibilité. Selon que la chose possible est une substance ou un accident, la métaphysique thomiste distingue entre materia ex qua aliquid fit (être substantiel en possibilité) et materia in qua aliquid fit (accident en possibilité), ha materia ex qua n'existe pas en soi, la materia in qua existe comme sujet relativement indépendant (subjectum). La forme est ce qui donne l'être à une chose. Selon que celte chose est une substance ou un accident, nous avons affaire à une forme substantielle ou à une forme accidentelle. L'union de la matière (esse in potentia) et de la forme (esse in actu) est la génération (generatio), qui est à son tour génération substantielle ou génération accidentelle. Toutes les formes s'unissent à Ja matière, s'y individualisent et constituent les genres, les espèces et les individus. La forme des formes seule, c'està-dire Dieu, ne s'unit h aucune matière et il n'y a en elle ni génération ni corruption. Plus une forme est imparfaite, plus elle tend à augmenter le nombre des individus qui la réalisent; plus une forme est parfaite, moins elle multiplie ses individuations; la forme des formes, Dieu, ne constitue plus une espèce, composée d'individus séparés les uns des autres, mais un être unique au sein duquel tes différences des personnes se confondent incessamment dans l'unité de l'essence. Dieu seul étant forme pure (ucttis parus), sans matière, est sans imperfection, la madère étant ce qui n'est pas encore, c'està-dire le défaut d'être.

Dans la question des universaux , saint Thomas prend une voie moyenne entre le réalisme et le nominalisme. Il repousse, comme les noininalistes , les universaux a parte rei. « L'universel, dit-il, ce qui est commun à plusieurs, n'existe que dans l'intelligence. Le genre animal, par exemple, en dehors de l'entendement, n'est rien autre que Platon, Socrate et les autres êtres animés. » Et ailleurs : ■ Les universaux ne sont pas des substances; ils ne Sa réalilent que dans le particulier. ■ Mais, pour lui, le genre n'est pas un vain mot, ni même une simple collection d'analogies éparses. que l'entendement abstrait et coordonne ; c'est une essence, qui ne subsiste, il est vrai, que dans les choses particulières, mais qui ne dépend pas de ces choses et qui a son fondement

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dans la pensée divine. Si les essences des choses étaient originairement individuelles, il serait impossible, d'après saint Thomas, de penser le général. Que sontrelles donc? Quelque chose, répond le savant docteur, qui peut recevoir indifféremment ou l'empreinte de l'universalité ou celle de l'individualité. Elles reçoivent la première dans l'entendement et par l'action de l'entendement, alors qu'ayant été dégagées de tous les accidents particuliers sous le voile desquels elles s'offrent à nos sens, l'esprit ne les aperçoit plus que comme des formes plus ou moins complexes qui ne conviennent pas à un être plutôt qu'à un autre, mais qui s'appliquent à tous indifféremment et qui se nomment, pour ce motif, générales ou universelles. Mais comment s accomplit, au sein de l'essence, la transformation opposée , l'individuation ? Cette question a beaucoup occupé les docteurs de la philosophie scolastique. Saint Thomas a trois théories sur le principe de l'individuation, selon qu'il s'agit des corps, des purs esprits ou de 1 âme de l'homme. L'individuation des corps a lieu par la matière; celle des purs esprits a sa raison dans leur nature même ; celle de l'âme dérive de son commerce réel ou possible, présent ou passé avec le corps auquel elle est unie.

— Psychologie thomiste. Il faut d'abord noter que cette psychologie est animiste. Saint Thomas n'admet qu'un seul principe pour lu pensée et la vie; il réfute les docteurs q>i' soutenaient la pluralité des âmes. < Ce qui constitue l'unité d'un être, dit-il , c'est sa forme. Supposez qu'il y eût une forme, l'âme végétative par exemple, qui rendît l'homme vivant, puis une autre, par exemple l'âme sensitive, qui le fit animal, et entin une troisième, l'âme raisonnable, qui le fit homme, il s'ensuivrait que l'homme ne serait pas un être absolument simple et un, pas plus, comme le dit Aristote argumentant contre Platon, que si l'idée d'animal différait de celie de bipède , un animal bipède ne serait, à proprement parler, un seul être. C'est par le même motif qu'Aristote demandait aux philosophes qui supposent dans un même corps plusieurs -âmes différentes : « Qu'est-ce qui maintient ■ ces âmes, c'est-à-dire qu'est-ce qui fait leur » unité? p 11 n'est pas possible de répondre queeette unité est la conséquence de celle du corps, car il paraîtrait bien plutôt que c'est le corps dont les différentes parties trouvent dans l'âme le lien qui les rapproche et les unit. « En même temps que ces raisons métaphysiques, saint Thomas invoque ce fait d'expérience, à savoir qu'une opération de l'âme, quand elle est très-intense, étouffe et empêche toutes les autres, ce qui n'aurait pas lieu si le principe de nos actions n'était pas essentiellement un.

Contre lepanthéisme averrhoïste qui paraît sortir assez logiquement de la métaphysique aristotélicienne, saint Thomas défend avec force la personnalité et l'activité propre et individuelle de l'entendement. Il se refuse k admettre un intellect impersonnel, qui serait commun h tous les hommes, sans appartenir à aucun d'eux, auquel tous participeraient, mais qui serait antérieur et supérieur et, à vrai dire, étranger à chaque nature individuelle. La pensée, dit-il, est étroitement liée à la volonté. Donc, si le principe do la pensée n'est pas partie intégrante de notre nature, si 1 intelligence ne fait qu'apparaître chez l'individu, sans lui appartenir en propre, le principe de notre volonté est nécessairement hors de nous ; nous cessons de vouloir, f omme nous cessons de connaître, c'està-dire nous ne sommes pas les maîtres de nos actes; nous ne pouvons ni mériter ni démériter; la responsabilité humaine devient une chimère. A entendre tes partisans d'Averrhoès, les adversaires de sa doctrine ne la rejetteraient que par déférence pour la foi. Sans doute elle est opposée à la foi, mais elle ne l'est pas moins au sens commun et k la vérité. Ici, saint Thomas s'applique à établir que la thèse de l'unité de l'entendement con. duit à confondre la pensée et les volontés de tous les hommes. En général, un même agent qui emploie des instruments divers peut produire des actions multiples; ainsi le même musicien produira plusieurs sons s'il touche à la fois une harpe et une lyre. La diversité des instruments sert, dans ce cas, à diversifier l'action. Mais l'intelligence est à elle-même son instrument; elle ne suppose pas d'organe extérieur; donc, si elle est une, son action est nécessairement une, et puisque les hommes, dans le système d'Averrhoès, ne forment qu'un seul être intelligent, de même ils ne sauraient avoir, par rapport aux mêmes intelligibles qu'une seule et même intellection. Vainement opposera-t-on que chacun de tous reçoit une impression, une espèce différent*». Entend-on parler des espèces sensibles ? Elles peuvent sans doute différer selon les individus; mais l'espèce sensible est particulière .aux sens et n'a rien a. voir avec l'entendement. La forme propre de l'entendement est l'espèce intelligible que l'abstraction dégage des données de la sensation, mais qui se retrouve la même dans toutes les intelligences, comme elle s'applique indistinctement à tous les objets de la même classe, et qui, dès lors, étant une et identique en soi, ne peut contribuer aux différences qui existent entre les individus. Donc, si l'entendement est un pour "tous les hommes, toutes les pensées humai-

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nés se trouveront ramenées à une opération unique : le genre humain tout entier pensera, voudra, agira de la même manière.

La théorie averrhoïste de l'im personnalité et de l'unité de l'intellect fournissait des arguments contre la vie future. Saint' Thomas réfute avec vigueur ces arguments. A ceux qui objectaient que le corps étant la cause de l'individuation de l'âme, elle doit perdre son individualité en quittant le corps, il oppose sa propre théorie de l'individuation. Il soutient que l'individualité, dépendît-elle du rapport des deux substances, ce rapport peut survivre à leur séparation et l'âme conserver, même après fa mort des organes, certaines dispositions, manières d'être, habitudes qui sont l'empreinte durable de son commerce avec la matière et qui suffisent à caractériser son être. Il tire un argument plus direct des penchants de l'homme, de ce besoin de prolonger son existence, de cette soif d'immortalité qu'on retrouve, dit-il, dans tous les cœurs et qui est, pour ainsi dire, l'élan de la nature humaine vers sa destinée. Enfin, comme exemple de l'activité propre du sujet intelligent et de sa vie distincte et indépendante, H invoque les rêves, l'extase et cette vivacité singulière que la pensée peut acquérir chez ceux qui savent commander à leurs passions.

A la suite et à l'exemple d'Aristote, saint Thomas distingue cinq facultés principales de l'âme : lu la faculté végétative, quia pour objet le corps et qui prend les noms de générative , d'augmentative ou de nutritive , selon qu'elle pourvoit à la génération, à l'accroissement ou à la conservation des corps; S" la sensibilité; 3° l'appétit; 40 la faculté motrice ; 5° l'entendement. Le point de départ de la connaissance humaine pour saint Thomas, comme pour Aristote, est la perception sensible. La perception a lieu au moyen de cinq facultés, les sens extérieurs, le sens commun, le jugement, l'imagination et la mémoire. Au-dessus de la perception sensible est l'entendement. La sensation est commune à tous les animaux , l'entendement est le propre ide l'homme : l'une ne saisit que les corps; l'autre conçoit l'incorporel , comme la sagesse, la vérité, les relations. L'entendement a pour objets essentiels : îo l'être en général, ce qui comprend sans exception tous les intelligibles, de même que les couleurs particulières sont toutes comprises dans l'idée générale de la couleur; ao les principes premiers ou axiomes, comme le principe de contradiction, « vérités que personne n'ignore, dit saint Thomas, mais que tous les hommes connaissent naturellement;» 3° les genres et les espèces. Comment s'opère le passage de la connaissance sensible à la connaissance intellectuelle? L'objet perçu par le sens dépose dans l'âme une image de lui-même qui est la condition du souvenir et de l'imagination. L'entendement actif (intellectus agens) s'empare de cette image ; en vertu de sa puissance propre, il en abstrait les conditions matérielles, tout ce que l'image renferme de particulier et de local; il dégage une espèce intelligible qui représente les points de vue généraux de l'objet, sa forme universelle, terme de la définition. L'espèce intelligible agit sur l'entendement possible (intellectus pussibilis), comme l'objet avait agi lui-même sur le sens; elle le pénètre, l'informe et détermine un nouvel acte de l'esprit qui est la connaissance intellectuelle.

La psychologie thomiste ne met pas une différence de nature entre la passion et la volonté. L'une et l'autre rentrent dans la faculté appétitive. Comme il y a chez l'homme deux ordres de connaissances, il possède deux Sortes d'appétits, l'un sensible et l'autre rationnel. L'appétit sensible est le mouvement de l'âme qui accompagne la perception des sens; il consiste tantôt à rechercher ce qui convient aux sens et k éviter ce qui leur est nuisible, tantôt à réagir contre les choses qui sont pour l'âme un obstacle dans la poursuite du bien et dans la fuite du mat. Delà dans le sein de l'appétit la distinction de ta partie concupiscible et de la partie irascible. A l'appétit se rapportent les passions qui sont, d'après saint Thomas, au nombre de onze : l'amour et la haine, le désir et l'aversion, la joie et la tristesse, l'espérance et le désespoir, la crainte et l'audace, enfin la colère. La volonté n'est pas autre chose que l'appétit éclairé par l'intelligence, l'appétit rationnel. Elle suppose, eu effet, deux conditions : 1° un principe d'action intérieur, qui est la faculté uppetitive prise d'une manière générale ; 2» la connaissance de la fia vers laquelle tend l'appéiit.

En vertu de l'impulsion première qu'elle reçoit de Dieu, la volonté tend vers Je bien général et universel qui est Dieu même ; elle y tend sans cesse; il est son objet propre et sa fin nécessaire, tout comme dans 1 ordre de la connaissance les premiers principes sont l'objet et la fin de 1 entendement. Mais de même que l'adhésion de l'entendement t'est nécessitée qu'à l'égard des premiers principes et des propositions connexes, et qu'eu dehors il y a un grand nombre de choses intelligibles qui n'ooligent pas l'assentiment, et que l'esprit peut également croire ou rejeter sans cesser d'admettre les vérités premières; de même, eu dehors du bien gagerai et des choses qui s'y rattachent immédiatement, il y a des biens particuliers qui, n'étant pas nécessairement compris dans la

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béatitude, ne nécessitent pas la volonté; elle

fieut, selon qu'il lui plaît, les rechercher ou es repousser. Cette puissance d'élection qui appartient à la volonté de l'homme est, selon saint Thomas, ce qui constitue le libre arbitre. La volonté et le libre arbitre ne sont pas, dans la psychologie thomiste, deux pouvoirs distincts, mais un seul et même pouvoir diversement appliqué. La volonté s attache au bien général ; la liberté aux biens particuliers ; l'une considère la fin dernière de l'homme; l'autre les moyens qui mènent à cette fin. Il y a entre elles la différence du raisonnement qui s'attache aux conséquences, à l'entendement quia pour objet les principes, quoique dans le fond l'entendement et le raisonnement soient une seule et même faculté.

— Morale thomiste. Nous nous bornerons à résumer ici, et c'est par là que nous terminerons cet article, la doctrine thomiste des lois. Saint Thomas, selon la méthode scolastique, cherche d'abord la définition de la loi, puis il donne la division des lois et examine chacune des espèces en particulier. Quelle est l'essence de la loi? Suivant saint Thomas, c'est la raison. La loi, dit-il, est une règle et une mesure des actes, selon laquelle chacun est obligé à agir ou à ne pas agir. Or, la règle et la mesure n'appartiennent qu'à la raison. On oppose la maxime du Digeste : Quod principi placuit legis habet rigorem, maxime qui semble donner à la loi pour principe la volonté ou le bon plaisir d'un homme. Sans doute, dit saint Thomas, il faut que la loi soit portée par une volonté; mais, pour que cette volonté elle-même ait force de loi, il faut qu'elle soit réglée par la raison. C'est dans ce sens que la volonté du prince a force de loi, sans quoi elle serait plutôt iniquité que loi. A ce premier caractère fondamental de la loi, saint Thomas en ajoute trois autres : 1° que la loi tende au bien commun ; 2° qu'elle soit portée par celui qui en a le droit ; 3° qu'elle soit promulguée. Et il conclut par cette définition générale : La loi est un ordre de la raison imposé pour le bien commun par celui qui est chargé du soin de la communauté et suffisamment promulgué.

Quant à la division des lois, saint Thomas en reconnaît de quatre espèces : 1<> la loi éternelle; 2» la loi naturelle; 3« la loi humaine; 4° la loi divine positive. La loi éternelle est la raison du gouvernement des choses préexistant en Dieu. La loi naturelle est l'inclination naturelle qui porte les créatures raisonnables vers leur "Véritable fin. Elie se résume en un seul précepte : faire le bien et éviter le mal. De ce précepte fondamental dérivent tous les autres. La loi naturelle ne fait qu'établir certains principes communs et indémontrables. Il est nécessaire que la raison humaine en tire des applications particulières. De -plus, pour arriver à la perfection de la vertu, il est impossible de s'en rapporter à l'homme lui-même; car, s'il y a des hommes bons, il y en a aussi de méchants et de corrompus, qui ne peuvent être détournés facilement du mal par des paroles. Il a donc fallu employer la force et la crainte, olin qu'au moins, en s'abstenant du mal, ils laissassent aux autres la vie tranquille, et qu'eux-mêmes fussent peu k peu amenés par l'habitude à faire volontairement ce qu'ils ont d'abord fait par force. Or, il vaut mieux tout décider par des lois que de s'en rapporter à l'arbitraire des juges, et cela pour trois raisons : d'abord, il est plus facile de trouver quelques sages qui fassent de bonnes lois qu'un grand nombre de juges habiles à juger dans les circonstances particulières; en second lieu, ceux qui font les lois ont le loisir de réfléchir longtemps, et ceux qui jugent jugent sur-le-champ; enfin les législateurs décident sur le genérul et sur l'avenir et ne sont pas influencés par les circonstances présentes. Quoique la loi humaine soit une application de la loi naturelle, cependant elle est insuffisante pour diverses raisons, et elle appelle une loi supérieure, -également positive, mais divine, qui corrige les imperfections de la loi naturelle et de la loi humaine. Cotte loi divine positive, ou loi révélée, est nécessaire pour quatre motifs : l° il faut une loi qui soit proportionnée à la fin de l'homme ; or, la lin de l'homme dépasse la portée de la nature; 2» les jugements humains sont obscurs et incertains; il faut une loi claire, exacte, infaillible, sur laquelle l'homme n'ait point à discuter et qu'il ne puisse ni altérer m améliorer; 3° la loi humaine n'ordonne que les actes extérieurs; 4° la loi humaine ne peut tout punir.

thomiste adj. (to-mi-ste). Théol. Qui appartient, qui a rapport au thomisme : Opinions THOMISTES.

— s. m. Partisan du thomisme, de la doctrine de saint Thomas d'Aquin : Ce n'est pas une hérésie, c'est une opinion orthodoxe, tous les thomistes la soutiennent. (Pasc.) La Sorbonne, eu générai, était thomiste. (Renan.)

THOMISTIQUE adj. (to-mi-sti-ke — rad.

thomiste). Theol. Qui a rapport k saint Thomas d'Aquin ou à sa doctrine.

TUOMON (Thomas-Jean Thomas db), architecte, né à Paris en 1759, mort en 1813. A vingt-six ans, il se rendit à Rome aux frais du gouvernement, et il se trouvait encore en Italie lorsque le comte d'Artois le nomma son architecte; mais, en ce moment (1791), le comte

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d'Artois avait émigré et Thomon ne voulut point revenir en France. Sur la demande du prince Esterhazy, il se rendit en Hongrie (1796), passa en 1798 en Russie et s'y fixa. Thtimon fut nommé professeur k l'Ecole d'application du génie et à l'Académie des beauxarts de Saint-Pétersbourg. Devenu architecte du czar, il fut chargé de construire un assez grand nombre de monuments, notamment le grand théâtre et la Bourse, k Saint- Pétersbourg, le théâtre et l'hôpital d'Odessa, la colonne eomniémorative de Pultava, le tombeau de Paul 1er, à Pavlosk, etc. Habile aquarelliste, il exécuta quelques beaux morceaux, dont on voit un certain nombre au palais de l'Ermitage.

THOMPSON (George), théologien d'origine écossaise , né dans la seconde moitié du xvie siècle. Il vint en France pour se soustraire au gouvernement épiscopal établi dans sa patrie par le roi Jacques et exerça les fonctions du ministère évangélique k La Châteigneraye vers le commencement du xvne siècle. On manque de renseignements sur sa vie, mais il est connu comme auteur de deux ouvrages, dont le second eut beaucoup de retentissement. En voici les titres : Ouverture de tous les secrets de ^'Apocalypse ou Bévélation de saint Jean, par J. Napier, .c'est-à-dire Nompareil, mise en français par G. Thompson (La Rochelle, 1602, in-4o); 2e édit., amplifiée d'annotations et de quatre harmonies sur /'Apocalypse par te translateur (1605, in-8°); la Chasse de la teste romaine, où est recherché et évidemment prouvé que le ■pape est l'Antéchrist (La Rochelle, 1608, in-8°). Ce livre fut condamné par le parlement de Paris, qui- en interdit la vente ou la réimpression par arrêt du 11 mars 1610; néanmoins, une nouvelle édition en fut donnée k La Rochelle l'année suivante (1611, in-8o) et uneautrekGenève (l612,in-8<>), aux frais de laquelle contribua pour une somme de 300 livres le synode national de Frivas.

THOMPSON (Guillaume), poète anglais, né vers 1718, mort vers 1766. Il était fils d'un pauvre vicaire du Westmoreland, qui l'envoya achever ses études à Oxford. Guillaume était encore sur les bancs du collège lors- ■ qu'il composa un poème, Stella sive Amores (1734) et six Pastorales (1736), œuvres de jeunesse, qu'il n'a pas mises dans le recueil de ses œuvres. Après avoir pris le grade de maître es arts, il entra dans les ordres, occupa diverses cures et devint en dernier lieu doyen de Raphol (Irlande), où il termina sa vie. Pendant ses loisirs, il continua à cultiver la poésie et imita fréquemment le mètre adopté par Spencer, pour qui il professait une grande admiration. Nous citerons, parmi ses œuvres : Poèmes sur divers sujets (Londres, 1757, 2 vol. in-80); la Maladie (Londres, 1757, 2 vol. in-8<>), son œuvre la plus remarquable; Gondibert et Bertka (Londres, 1751), tragédie, etc.

THOMPSON (Edouard), littérateur anglais, né k Hull, dans le comté d'York, en 1727, mort en 1786. Entré fort jeune dans la marine marchande, il passa, en 1755, dans celle de l'Etat, où il obtint, deux ans plus tard, le grade de lieutenant. Le courage qu'il montra en diverses rencontres lui valut, en 1772, une commission de capitaine et le fit appeler par la suite au commandement des bâtiments tléna et le Grampits. Il avait débuté en 1761 dans les lettres par quelques pièces de vers, la Mérétriciade, entre autres, qui ne se recommandaient pas précisément par leur moralité. Un recueil de ces premiers essais parut en 1769 sous ce titre : la Cour de Cupidon (2 vol. in-8°). Dans l'intervalle, cependant, l'auteur avait paru revenir k un genre plus sérieux, et ses Lettres d'un matelot écrites à ses amis en Angleterre pendant ses voyages dans l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique de 1744 à 1759 (2 vol. in-12) ne renfermaient rien qui pût blesser les lecteurs pudibonds et ne manquaient pas d'intérêt, bien que le style, tout en étant facile et agréable, laissât un peu k désirer sous le rapport de la correction. On a encore de Thompson deux recueils littéraires : le Miroir des Muses et l'Hôpital des orphelins d'esprit; Echappé du Trinculo ou Jubilé, pièce en vers libres, écrite k l'occasion du pèlerinage fait en 1769 par Garrick k Stafford-sur-I'Avon, pour fêter le jubilé de Shakspeare ; plusieurs pièces de théâtre aujourd'hui oubliées; enfin des éditions des Œuvres de Jean Oldham (1770, 3 vol.), de Paul Whitehead (1777) et d'André Marwell (1777, 3 vol.)

THOMPSON (Gilbert), littérateur et médecin anglais, né en 172S, mort en 1804. Il exerça avec succès à Londres la pratique de l'art médical et devint membre du collège des médecins de la même ville. On' a de lui : Dissertatio de exercitatione (1753); Mémoire sur la vie et Tableau du caractère du docteur J. Fothergiil (1782, in-80); Traductions d'Homère et d'Horace . suivies de Poèmes originaux (in-8°) ; différents mémoires dans les Observations et recherches d'une société médicale, dont il était secrétaire, mais qui n'existe plus aujourd'hui, quoique ses travaux aient beaucoup contribué aux progrès de la médecine en Angleterre.

THOMPSON (Alexandre), littérateur anglais, né en 1762, mort en 1803. Il n'est guère connu que par ses œuvres , parmi lesquelles nous citerons : le Whist, poème eh deux

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chants, assez remarquable comme invention et comme style {1791, in-8°); le Paradis du goût ; Mélanges allemands, recueil de drames, contes et nouvelles, traduits de l'allemand; Essai sur les romans, suivi de six sonnets (1794, in-4°). Cet Essai est une épîrre adressée à un évêque ancien et k un évêque moderne ; l'évêque ancien est Héliodore, auteur des Amours de Théagène et de Chariclée, le premier roman que 1 on connaisse ; l'autre évêque est R. Hurd, qui, dans ses Lettres sur le roman et la chevalerie, avait condamné ces œuvres d'imagination. Thompson les place, au contraire, au rang des productions qui coûtent le plus au génie humain, et fait un éloge enthousiaste du Werther de Goethe, qu'il déclare un chef-d'œuvre inimitable.

THOMPSON (Thomas-Peyronnet) , économiste , homme politique et général anglais, né k Hull en 1783, mort en 1869. Il fit ses études k l'université de Cambridge. En 1803, il s'embarqua en qualité demidshipman, abord de VIsis, et, trois ans plus tard, quitta la marine pour entrer dans 1 armée de terre comme lieutenant. En 1808, Wilberforce le fit nommer gouverneur de Sierra-Leone. Dans ce poste, il s'efforça de s'opposera la traite des nègres ; mais 1 excès de son zèle déplut au ministère et il fut bientôt remplacé. En 1812, il rentra dans les cadres de l'armée active, combattit en Espagne et fut nommé capitaine en 1814. L'année suivante, il partit pour les Indes orientales et fut attaché comme ofricier interprète k l'expédition dirigée contre les tribus arabes révoltées des bords du golfe Persique. En 1825 , il était nommé major et bientôt après lieutenant-colonel. Revenu en Angleterre, le colonel Thompson se jeta dans la politique et devint bientôt l'ami des membres les plus distingués du parti radical, entre autres, Jérémie Bentham. Devenu propriétaire de la Bévue de Westminster, il y publia, en 1824, un article intitulé : Vlnstrument des échanges, qui fut très-remarque. Deux ans plus tard, sa Vraie théorie de la rente, où il soutint les doctrines d'Adam Smith contre Ricardo, obtint neuf éditions successives. L'un des premiers, il combattit les lois sur les céréales et publia, k cet effet, un Catéchisme sur le monopole des lois sur tes céréales, qui a été souvent réimprimé. Lors de l'organisation de la fameuse ligue de Cobden en 1839, M. Thompson vint prêter au célèbre économiste l'appui de son talent et d'une réputation populaire, et, jusqu'en 1846, on le vit parcourant les meetings et les banquets, et prenant la parole en toute occasion pour la défense de la ligue. Il est incontestable qu'il a été pour beaucoup dans le triomphe de cette ligue. M. Thompson avait siégé une première fois au Parlement, de 1835 k 1837, pour la ville de Hull. H n'y reparut qu'en 1847, comme représentant de Bradford, et, toujours fidèle k ses convictions, y défendit la réforme parlementaire, la sécularisation de l'enseignement et toutes les mesures qui pouvaient contribuer k amener 'une application pratique du principe de la liberté du commerce. Il ne fut pas réélu cependant en 1852. D'un autre côté," ses efforts en faveur de la cause du radicalisme avaient eu une fâcheuse influence sur sa carrière militaire et lui avaient fait refuser tout avancement par le gouvernement. Celui-ci dut k la fin donner satisfaction k l'opinion publique et il fut promu général en 1854. De 1857 à 1859, il siégea de nouveau au Parlement, toujours pour la ville de Bradford, et se signala surtout par l'ardeur avec laquelle il prit la défense de l'armée des cipayes et des populations de l'Inde. Depuis cette époque jusqu'à sa mort, il a vécu dans une retraite et iin éloignement des affaires que son grand âge rendait nécessaires. On cite encore de M. Thompson : une Théorie de l'harmonie musicale, une Géométrie sans axiomes, une Contre-enquête , destinée k combattre celle qui eut lieu en France en 1834, et le Catéchisme de la circulation monétaire. Il a publié, en 1843, une édition complète de ses Œuvres en 6 vol. in-8<>.

THOMPSON (Daniel-Pierce), écrivain américain, né k Charlestown (Massachusetts) en 1795. Il fut élevé dans une ferme, située dans la partie la plus sauvage du Vermont, et habitué dès l'enfance aux rudes travaux des champs. Il parvint k se donner, k force d'intelligence et de volonté, une instruction suffisante pour entrer au collège île Middtebury, dans le Vermont, où il termina ses études. Thompson devint ensuite professeur particulier en Virginie, où il étudia le droit, et revint à Montpellier, dans le Vermont, exercer la profession de jurisconsulte. En 1853, il a été nommé secrétaire de l'Etat de Vermont. C!est en 1835 que M. Thompson a commencé k publier des romans historiques, tous relatifs au pays qu'il habite et dont la plupart ont obtenu le succès le plus vif. Nous citerons, entre autres : May Martin ou les Chercheurs d'or (1835) ; les Fils du Vermont (1840) ; Locke Amsdem ou le Maître d'école (1847) ; les Rangers du Vermont ou la Fille du tory (1850), etc. On lui doit aussi un grand nombre d'articles littéraires et de nouvelles.

THOMPSON (Guillaume), naturaliste irlandais, né k Belfast en 1805, mort en 1852. Il venait d'embrasser la carrière commerciale, lorsque le hasard mit entre ses mains l'ouvrage de Bewick sur les Oiseaux de la Grande- Bretagne. Ce livre éveilla en lui un pen-

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chant décidé pour les recherches ornilhologiques, et, pendant longtemps, son unique préoccupation fut de recueillir des oiseaux de toute espèce. De là, il passa plus tard à l'étude de 1 histoire naturelle en général, et, à dater de 1832, il fournit au recueil de la Société zoologique de Londres différents travaux sur la zoologie de l'Irlande. Eu 1841, il suivit dans ses voyages le professeur Edouard Forbes et eut ainsi de nombreuses facilités pour faire de nouvelles observations. Son ouvrage le plus important est une Histoire naturelle spéciale de l'Irlande (1849-1851, tomes 1er -, III), dont sa mort arrêta la publication. Les volumes parus jusqu'à cette époque n'avaient trait qu'à l'ornithologie de cette lie ; il laissait en manuscrit un quatrième volume , qui fut publié en 1856 , par les soins de l'Académie royale irlandaise, de laquelle l'auteur était membre. Les autres travaux de Thompson ne consistent guère qu'en monographies, parmi lesquelles nous citerons .' De quelques oiseaux rares de l'Irlande; De l'histoire naturelle de l'Irlande; Tableau de la faune irlandaise; De quelques vertébrés à classer dans la faune irlandaise, etc. Il avait, en outre, de 184 1 k 1843, collaboré activement aux Annales d'histoire naturelle et fourni à différents recueils plus de soixante-dix mémoires sur l'histoire naturelle de son pays natal.

THOMPSON (Robert-Anchor), écrivain anglais, né à Durham en 1821. Il s'adonna d'abord plus particulièrement it l'étude des sciences dans sa ville natale et k l'université de Cambridge, obtint un emploi k l'observatoire de Durham (1848), puis il entra dans les ordres, et depuis lors il a rempli des fonctions pastorales. On lui doit : Observations astronomiques (1849); Becueil de sermons (1S53); Essai philosophique , ouvrage qui a obtenu le premier prix Burnett, d'une valeur de 45,000 francs.

THOMPSON (Benjamin), comte de Rumford, physicien et philanthrope anglais. V. Rumford.

thompsonie s. f. (tomra - pso-nt — de Thompson, botan. angl.). Bot. Genre d'arbustes grimpants, de la famille des passiflorées, dont l'espèce type croit k Madagascar.

THOMS (William-John), archéologue et littérateur anglais, nék Westminster en 1803. Après avoir reçu une excellente éducation, il entra dans la secrétairerie de l'hôpital de Chelsea, fut plus tard attaché.au département des imprimés dans la Chambre des lords et y devint, en 1863, bibliothécaire délégué (deputy librarian). On a de lui: Becueil d'anciens romans en prose (1828); Chansons et légendes de différentes nations (1834); le Livre de la cour (1838); Anecdotes et traditions (1839); Plan de Londres de Stow, avec des notes et une notice sur la vie et les écrits de Stow (1842) ; les Antiquités primitives du Danemark par Vorsaœ, traduites en anglais avec une préface et des notes qui ajoutent beaucoup à la valeur de l'ouvrage (1849, in-8°). M. Thoms, qui est membre des Sociétés d'antiquaires de Londres, d'Edimbourg et de Copenhague, publie depuis 1849 les Notes and queries (Notes et questions), recueil qui jouit d'un grand crédit parmi les antiquaires anglais, et qui, par l'abondance des curieux renseignements qu'il renferme, surpasse toutes les publications du même genre en Angleterre.

THOMSEN (Jean-Henri), poète slesvigeois, né en 1749, mort en 1777. Il s'éprit de la fille d'un riche fermier qui répondit k son amour et qui, forcée d'épouser un autre homme, en mou'ru t de chagrin. Ce fut la douleur que Thomsen éprouva de cette perte qui le créa poète. 11 composa alors des élégies, qui parurent dans ï'Almanach de Voss, puis donna, dans VAlmanach des Muses, dès poésies anacréontiques qui furent très-goûtées et qui lui assignent un rang distingué parmi les poètes allemands. Plusieurs de ces pièces ont été mises en musique. Ses poésies restées manuscrites ont été publiées, avec une notice sur sa vie, à Copenhague (1783).

THOMSEN (Christian-Jurgensen), archéologue danois, né k Copenhague en 1788. Il suivit la. carrière du commerce, qu'il abandonna presque aussitôt pour se livrer k son goût pour l'histoire, les antiquités et les beaux-arts. Des articles remarquables qu'il publia dans divers journaux et recueils danois, allemands, anglais et russes le firent avantageusement connaître et lui valurent de devenir, en 1816, membre de la Société royale d'histoire et de langue danoises. En 1827, Thomsen fit partie de la commission instituée pour la conservation des antiquités, puis il devint successivement directeur du musée fondé par cette commission, inspecteur du musée des beaux-arts (1839), conseiller de justice cette même année, directeur du cabinet royal des monnaies et médailles (1842) et inspecteur du nouveau musée ethnographique (1847). M. Thomsen est commandeur du Oanebrog et décoré de plusieurs autres ordres. Ses ouvrages les plus estimés sont : les Antiquités septentrionales (Copenhague, 1831, in-8»), qui ont été traduites en allemand et en anglais, et le Catalogue du muséum Mûnterianum (1835-1839, 3 part.).

THOMSON (James), l'un des poètes les plus célèbres de la Grande-Bretagne, né kEdnara

-THOM

(Ecosse) en 1700, mort en 1748.11 était fils d'un pauvre ministre presbytérien et ne reçut une éducation convenable que grâce à des secours généreux. Dès son enfance, il se livrait à la poésie; mais chaque année, au 1" janvier, il rangeait toutes ses pièces par ordre et les jetait au feu, en faisant précéder cette exécution d'un arrêt en vers dans lequel il examinait les fautes et exprimait les motifs de la condamnation. Après la mort de son père, il vint à Londres, où, raconte le docteur Johnson, « il passa le premier jour à flâner avec toute la curiosité d'un nouvel arrivant, faisant plus attention au premier objet venu qu'à ses poches. » Aussi lui volat-on son mouchoir, qui renfermait des lettres de recommandation pour diverses personnes influentes, et seul, sans appui dans cette ville immense, le poste sentit pour la première fois son manque d'expérience et sa pauvreté. Le premier besoin qu'il éprouva fut celui d'une paire de souliers, et le premier bien u'il posséda fut le manuscrit de son poème e l'Hiver. Il eut grand'peine à trouver un acheteur pour cette œuvre; enfin, le libraire Millet- consentit à en donner une faible somme et la publia en 1726. Elle fut peu lue jusqu'au jour où Whateley et Spence en parlèrent si favorablement, que l'attention publique s'émut ; le poSine eut aussitôt un grand succès et plusieurs éditions en furent publiées l'une après l'autre. De plus, ce succès valut à l'auteur de nombreux amis, dont l'un, le docteur Rundle, le présenta au chancelier Talbot, qui le choisit plus tard pour précepteur et compagnon de voyage de son fils aîné. Dons l'intervalle, la muse de Thomson n'était pas demeurée inactive. En 1727, il rit paraître l'Eté, un beau poëme sur la mort de Newton et une satire patriotique contre le ministre, Britannia; puis, en 1728, le Printemps; enfin, ayant achevé l'Automne en 1730, il publia 1 œuvre complète des Saisons. L'année précédente, il avait donné au théâtre la tragédie de Sophonisbe , pompeuse et froide composition qui ne fit pas oublier aux Anglais les drames irréguliers, mais sublimes de Shakspeare.

Après avoir suivi en Italie le fils de son protecteur, il obtint du prince de Galles une pension de 100 livres et plus tard la place d'intendant des lies Leeward, sinécure parfaitement appropriée à sa nature indolente et dont le salaire suffisait amplement à ses besoins.

La longue opposition faite à cette époque à sir Robert Walpole avait éveillé parmi les Anglais l'amour de la liberté, et ce besoin de la nation parut à Thomson à la fois un sujet de circonstance et une matière digne de sa muse. 11 écrivit alors son poëme intitulé la Liberté, auquel il consacra deux ans, et qu'il regardait comme la meilleure de ses œuvres, sans doute parce qu'elle lui avuit coûté le plus d'efforts. La postérité n'a pas complètement ratifié ce jugement, et, si la Liberté renferme de beaux vers, on y trouve, en revanche, beaucoup de froideur et de monotonie. Ce poëme se compose de cinq parties, qui furent publiées séparément , savoir : îo Comparaison de l'Italie ancienne et de l'Italie moderne (1735); 2» la Grèce (1735); 30 Home (1735) ; 40 la Grande-Bretagne (1730) ; 50 la Perspective (1736). Thomson écrivit encore successivement : la tragédie d'Agamemiioii ; celle de Tuncrède et Stgismond, imitée .deGiV Blas,la meilleure de ses compositions dramatiques; Coriolan; le Château de l'Indolence, pothne charmant, qui fut le dernier de ses ouvrages. Il succomba à un rhume violent, dans toute la force de son talent. Thomson n'a rien écrit en prose. Outre les ouvrages cités, on a de lui des hymnes, des odes et quelques poésies fugitives, qui sont des modèles de goût et de délicatesse, ainsi que le chant national Bule Britannia. Son poStne des Saisons est sans contredit son œuvre capitale; c'est aussi celle qui a été le plus souvent réimprimée. Il a été traduit en prose française par Mme Bontemps (1759), par M. Deleuze (1801 et 1806) ; en vers, par M. Poullin (1802); imité par plusieurs poëtes français, Saint-Lambert, Roucher, etc.

Voici le jugement porté par M. Taine sur l'auteur des Saisons : « Fils d'un ecclésiastique et très-pauvre, Thomson vécut, comme la plupart des écrivains du temps, de gratifications et de souscriptions littéraires, de sinécures et de pensions politiques, ne se maria point faute d'argent, fit des tragédies parce que les tragédies étaient lucratives, et, finit par s'établir dans une maison champêtre, restant au lit jusqu'à midi, indolent, contemplatif, mais bon homme et honnête homme, affectueux et aimé des autres. Il voyait et aimait la campagne jusque dans ses plus minces détails, non par grimace, comme Saint-Lambert, son imitateur; il en faisait sa joie, son divertissement, son occupation habituelle, jardinier de cœur, ravi de voir venir le printemps, heureux de pouvoir enclore un champ de plus dans son jardin, 11 peint toutes les pelites choses, il n'en a pas honte : elles l'intéressent; il prend plaisir « à l'odeur de la » laiterie ; < vous l'entendez parler des chenilles et « de la feuille qui se recroqueville, » empoisonnée par leur morsure; « des oiseaux qui, sentant venir la pluie, a lissent • d'huile leur plumage pour que l'eau lui- » santé puisse glisser sur leur corps. • Il sent si bien les objets, qu'il les fait voir ; on reconnaît le paysage anglais, vert et humide, à demi noyé de vapeurs mouvantes, taché

THOM

çà et la de nuages violacés qui fondent en ondées sur l'horizon qu'ils ternissent, mais où la lumière se distille, finement tamisée par la brume, et dont le ciel lavé reluit par instants avec une incomparable pureté. Là (Spring, 142-195), > le vent du sud amollissant » échauffe le large espace de l'air et, sur le » vide du ciel, souffle les lourdes nuées dis- 11 tendues par les pluies printanières. Tout » le long du jour, les nuages gonflés versent » leurs ondées bienfaisantes, et la terre arro- » sée se gorge profondément de vie végétale, » jusqu'à ce que, dans le ciel occideiual, le « soleil penché sorte resplendissant du milieu » de la pourpre des nuages qu'il a rompus. » Soudain, le rapide rayonnement frappe la j » montagne illuminée, ruisselle à travers la I

• forêt, ondoie sur les flots et dans un brouil- > lard jaunâtre qui fait fumer au loin l'inter- » minable plaine, allume dans les gouttes de

• rosée des myriades d'étincelles. » Voilà do l'emphase, mais voilà de l'opulence. Il y a dans cet air et dans cette végétation, dans cette imagination et dans ce style un entassement H comme un empâtement de teintes noyées ou éclatantes ; elles sont ici la robe chaulante et lustrée de la nature etde l'art. Il faut les voir dans Rubens, il est le peintre et le poète du climat plantureuï et humide; mais on les découvre aussi chez les autres, et dans celte magnificence de Thomson, dans ce coloris surchargé, luxuriant, grandiose, on retrouve quelquefois la grasse palette de Rubens. ■

THOMSON (William), écrivain anglais, né à Burnside, comté de Perth, en 1740, mort en 1818. Grâce aux heureuses dispositions dont il était doué, il fut admis à l'université de Saint-André, où ses succès le désignèrent à l'attention du comte de Kinnoul. (Je personnage devint son protecteur, le prit pour secrétaire, ie lit entrer dans les ordres, puis le plaça auprès d'un ministre protestant. Mais, à la suite de quelques aventures amoureuses, Thomson dut quitter l'Ecosse et se rendit à Londres avec une pension que lui donna son protecteur. Dans cette ville, il entra en relation avec les hommes les plus distingués et se voua à la carrière des lettres. Il revit et compléta l'Histoire de Philippe III, roi d'Espagne, par "Was'ton, rendit compte des débats du Parlement dans plusieurs journaux, compila pendant dix ans la partie historique de l'Annual Begister de Dodley, publia des traductions et des ouvrages et reçut de l'université de Glascow le titre de docteur es lois. Nous citerons, parmi ses écrits : l'Homme dans la lune (1782, 2 vol. in-12); Voyages en Europe, en Asie et en Afrique (1782,. in-8») ; Mémoires de la guerre en Asie de 1780 à 1784 (1788, 2 vol. in-8°); Manmuth ou la Nature humaine développée sur une grande échelle, dans un voyage avec les croyants dans tes parties centrales de l'Afrique (1789,

2 vol. in-12); Appel au peuple d'Angleterre au sujet de l'affaire Hastings (1788, in-8°); Histoire de la Grèce de Goldsmilh, avec une continuation depuis Alexandre le Grand jusqu'à la prise de Constantinople (2 vol. in-so); Voyage dans les Hébrides (1793, in-s°) ; Introduction à l'histoire du procès de M. Hastings (1796, in-8°) ; Mémoires militaires (1805, in-8°) ; Voyage à Surinam et dans l'intérieur de la Guyane, traduit par Henri (Paris, 1799,

3 vol. in-8°), etc. — Sa femme , mistress Thomson, cultiva également les lettres. Nous citerons d'elle : les Labyrinthes de la vie (in-12) ; Sensibilité excessive (in-12); Fatales folies (in-12); l'Orgueil des ancêtres (1804,

4 vol. in-12).

THOMSON (James), publiciste anglais, né à Crieff en 1768, mort en 1856. Neveu d'un ministre protestant, il l'aida dans ses fonctions, puis devint, en 1795, un des collaborateurs de l'Encyclopédie britannique et fournit à ce recueil plusieurs articles remarquables. Thomson publia ensuite une édition du Spectateur, avec des notices biographiques ; Commencement, progrès et conséquences des nouveaux principes introduits en France (1799, in-8<>) et devint, en 1803, rédacteur du Journal littéraire de J. Mill, dans lequel il publia des articles philosophiques. Quelques années plus tard, Thomson remplit des fonctions pastorales, en dernier lieu à Edimbourg, où il vécut de 1847 à 1857, et reçut le titre de docteur de l'université de Saint-André.

• THOMSON (Thomas), chimiste et géologue écossais, né à Crieff en 1773, mort en 1852. A vingt-trois ans, il devint un des collaborateurs du supplément de l'Encyclopédie britannique, auquel il donna de nombreux articles de chimie, de physique, de minéralogie et commença à fonder sa réputation, en 1802, par la publication de son Système de chimie. Thomson introduisit dès lors dans la science les symboles chimiques admis depuis, défendit avec beaucoup d'ardeur la théorie des atomes et attacha son nom à un grand nombre d'expériences nouvelles.' Ce savant fit plusieurs voyages scientifiques en Suède, en France, en Italie, se rendit "en 1813 à Londres, où il fonda les Annales de philosophie ou Magasin de chimie, et devint, en 1817, professeur de chimie à Glasco-w. La Société royale de Londres l'admit au nombre de ses membres. Les ouvrages de ce savant, presque tous traduits en français , sont, aussi connus chez nous qu'en Angleterre. Nous citerons de lui : Système de chimie (Edimbourg, 1802, 4 vol. in-8''), trad. en français par liiffault, avec

THOM

une introduction de Berthollet (1809, 9 vol. | in-8<>); Eléments de chimie (1810); Essai de I chimie fondé sur l'expérience (Londres, 1825, \ 2 vol. m-8°), trad. en français la même an- : née; Eléments de minéralogie et de géologie (1836,2vol.); Esquisse de la science delà chaleur et de l'électricité (Londres, 1840, ! in-8°); Chimie des corps organiques végétaux (Edimbourg, 1843) ; la Botanique du droguiste, trad. en français par Pelouze (1827, in-12). On lui doit encore une Histoire de la Société royale, un Voyage en Suède pendant les années 1812 et 1813 et de nombreux mémoires insérés dans des recueils scientifiques anglais.

THOMSON (Anthony-Todd), médecin anglais, né à Edimbourg en 1778, mort en 1849. Il fit ses études médicales à l'université de sa ville natale , où il suivit les cours de Munro, de Gregory, de Black et de Dugald- Stewart, devint, en 1798, membre de la Société spéculative et, ayant été reçu docteur en 1799, alla exercer à Londres la pratique de son firt, dans laquelle il ne tarda pas à obtenir beaucoup de succès. Elu en 1826 membre du Collège royal des médecins de Londres, il fut nommé, en 1828, professeur de matière médicale à l'université de cette ville et y devint, en 1832, professeur de jurisprudence médicale. On a de lui ; Conspec^ tus pharmacopis (1810), ouvrage qui a eu quatorze éditions; Dispensaire de Londres (1811), tableau méthodique de tous les remèdes usités dans la Grande-Bretagne, traduit en plusieurs langues et parvenu à sa : 10e édition en Angleterre ; Leçons de botani- ! que (1821); Eléments de matière médicale (1832; 1849, 3» édit.) ; Recherches sur les af- ' fections cutanées (1839); Traité pratique sur ! les maladies qui affectent la peau, ouvrage que la mort l'empêcha de terminer et qui a '■ été publié depuis par le docteur Parkes. Il avait, en outre, traduit du français l'ouvrage de Salverte sur la magie, les augures et les miracles apparents, donné une édition des Saisons de Thomson, précédée d'une vie de l'auteur, et fourni de nombreux articles à l'Encyclopédie de médecine pratique; il fut lui-même, pendant plusieurs années, l'éditeur du Médical Repository, — Sa femme, mistress A.-T. Thomson, morte ces dernières années, s'est fait connaître en littérature par plusieurs ouvrages de biographie et d'histoire, ainsi que par des romans et des nouvelles. Nous citerons, entre autres : Mémoires de la cour de Henri VIII (182G, 2 vol. in-8°) ; Mémoires de Sarah, duchesse de Marlborough, et de la cour de la reine Anne (1839, 2 vol. in-8°) ; Mémoires des jacobites de 1715 et 1745 (1845, 3 vol. in-S"); Mémoires de la vicomtesse Sundaii, maîtresse de la garde-robe de la reine Caroline, épouse de George II, avec des lettres des personnages les plus remarquables du temps (1847, 2 vol. in-8") ; Souvenirs de caractères littéraires et d'endroits célèbres (2 vol. in-8°) , recueil des articles qu'elle avait fournis au Bentley's Miscellany et au Fraser's Magazine, où elle signait : Une femme de moyeu âge.

I THOMSONIE s. f. (tomm-so-nl — de Thom- ! son, chun. ungl.}. Bot. Syn, de pythonik, genre d'aroïdées.

I THOMYRIS, reine des Scythes, qui vivait

I au vi« siècle avant notre ère. Le roi des

I Perses, Cyrus, ayant fait prisonnier le prince

i de Scythie et 1 ayant ensuite fait mettre à

; mort, sa mère, la reine Thomyris, animée par

■ la passion de la vengeance, se mit à lu tête de son armée et présenta la bataille au rao-

' narque jusqu'alors invincible des Persans.

' Par des retraites habiles, des fuites simulées, elle l'attira dans une embuscade et se rendit

1 maîtresse de lui, ainsi que de 200,000 hommes de son armée. On raconte que, voulant, en reine barbare, jouir de la honte du meurtrier de son fils, Thomyris alla visiter son prisonnier; mais son ennemi, superbe après sa chute comme au temps de sa puissance, lui parla d'une façon hautaine, l'accabla de tout son mépris. C'est alors que Thomyris lit couper la tête de Cyrus et la jeta dans une outre pleine de sang en s'écriant ; • Bois à loisir, bois, cruel, d'une liqueur dont tu n'as pu te rassasier pendant ta vie et, puisque rien n'a pu contenter ta soif que le sang, savoure-

i t'en pour le inoins après ta mort. » Le fait

1 sanglant que nous venons de rapporter et dont la reine des Scythes serait l'héroïne est

I très-contesté. Hérodote, qui le raconte et qui

! se trouve ai souvent en contradiction avec Xénophon, avertit lui-même qu'il existait différentes versions Sur l'histoire de Cyrus, et il est permis de penser qu'il a préféré celle

■ qui lui a paru le plus capable de frapper ses lecteurs.

| TbOEuyria fui*nnl plonger dam le laug la «etc <to Cj-ru», tableau de Rubens, au Louvre. Vêtue d une magnifique robe de satin brodé d'or et d'un manteau doublé d'hermine, assise sur un trône exhaussé de cinq marches, sous un dais de velours rouge, et tenant à la main son sceptre, la reine des Scythes n'a ici de barbare que le sang-froid extrême avec lequel elle savoure sa vengeance en contemplant le soldat aux bras nus qui s'apprête à plonger la tête de Cyrus dans une cuvette d'or pleine de sang. Un seigneur, en robe de pourpre et en bonnet fourré, les mains derrière le dos, regarde dédaigneusement cette même tête qui, vivante, l'eût fait trembler.

THON

Un ministre se tient auprès de la relnn et deux soldats sont debout par derrière; au pied du trône, deux jeunes femmes et une vieille sont groupées. Un petit chien lèche le sang tombé sur le tapis. On est bien obligé de reconnaître que la couleur locale fait absolument défaut à ce tableau; mais la couleur... pittoresque est extrêmement riche^et puissante. Nous ne connaissons pas de gravure ancienne de cette composition; il y en a une belle copie par Largillière au musée de Toulouse.

Un autre tableau de Rubens sur le même sujet est passé de la galerie du duc d'Orléans dans celle du comte de Darnley et a été gravé par P. Pontius, Ragot, Ducnange et . Launay. « La Thomyris du Louvre, dit W. Bùrger {Trésors d'art exposés à Manchester), est assurément mi des meilleurs Rubens qu'on oit en France; la Thomyris du comte de Darnley est cependant encore bien supérieure comme qualité et comme composition. Le tableau du Louvre est un tableau d'apparat, la reine étant sur un trône, le sceptre à la main.. Dans le tableau du comte de Darnley, le peintre a pris le côté dramatique du sujet et engagé la reine directement dans l'action : elle est debout, en longue robe traînante de satin blanc broché d'or et doublé de jaune; elle touche presque du pied le vase d'or au-dessus duquel un jeune homme, deminu et agenouillé, égoutte la tète sanglante; elle se penche un peu pour mieux voir; mais ses nerfs de femme ont un frissonnement instinctif qui se trahit jusque dans le bout de ses doigts; sa main droite crispée est une merveille. Derrière elle, quatre de ses fem ■ mes qui regardent, avec des expressions très-vivantes, cette tête morte; parmi les femmes, deux gentils pages. Toute la droite est occupée par neuf figures d'hommes, dont un de face, en turban, longue barbe, gros ventre, robe violette ; un autre, de profil, longues moustaches pendantes à la chinoise, tout en rouge, avec un haut bonnet de fourrure formant deux cornes; il a les mains derrière le dos, à la manière des enfants et des vieillards quand ils contemplent quelque chose qui les intéresse vivement : personnage étrange, extrêmement original, le même à peu près que l'homme à la robe cramoisie dans la Thomyris du Louvre; d'autres sont casqués et armés ou drapés magnifiquement. Il y a aussi, au premier plan, un superbe lévrier. • Ce tableau a été payé 1,200 guinées à la vente de la galerie du duc d'Orléans, en 1798. •

THON s. m. (ton — latin thunnus, grec thunnos, mot qui vient sans doute de thuein, thunein, thuaein, thuosein, agiter, se précipiter, s'élancer, bondir avec fureur, d'où aussi thuias, bacchante, thunos, impétuosité, thuella, ouragan, tempête. Le grec thuein répond exactement à la racine sanscrite dhû, agiter, secouer). Ichthyol. Genre de poissons acunthoptérygiens, de la famille des scombéroïdes, type de la tribu des thynninés, comprenant plusieurs espèces répandues d'ans les diverses mers : La préparation du thon varie dans Us différents pays. (E. Baudement.) Le thon est un excellent poisson. (Cuv.) Toute la partie supérieure du thon est d'un noir bleuâtre. (A. Guichenot.)

— Chair de ce poisson : Un pâté de thon. Omelette au thon.

— Encycl. Ichthyol. Les thons, regardés autrefois comme une simple section des scombres, forment aujourd'hui un genre distinct, caractérisé par une sorte de corselet formé par de grandes écailles autour du thorax; un corps fusiforme, épais, entièrement couvert d'écaillés très-petites; deux nageoires dorsales, dont la première se prolonge jusque tout près de la seconde et la touche même souvent; une anale et une seconde dorsale, constamment divisées, séparées en fausses nageoires dans leur partie postérieure, et les côtés de la queue ayant entre deux crêtes une lame cartilagineuse. Les espèces de ce genre sont peu nombreuses ; mais elles se soin fait remarquer de très-bonne heure par leurs mœurs, leur taille, l'excellente qualité de leur chair et les ressources considérables qu'elles ott'rent à l'économie domestique. Il en est une surtout qui présente sous tous ces rapports le plus vit intérêt.

Le thon commun atteint ordinairement la longueur de 2 mètres ; mais il n'est pas rare de le voir dépasser cette dimension; on a péché en 1838, sur les côtes de Dieppe, un individu long de plus de 3 mètres, et le Père Cotti assure que sur les côtes de Sardaigna on a en pris qui mesuraient jusqu'à 5 mètres ; sa grosseur est à proportion. Son corps est arrondi, épais et va en s'amincissant vers la queue ; sa p"eau est couverte de très-petites écailles. Son nmseau est pointu et sa gueule très-grande; sa nageoire caudale, échancrée en croissant, est accompagnée de saillies latérales qui donnent à celte partie du corps une apparence prismatique. Le dos est d'une couleur noirâtre, qui paraît verdàtre 01 .izurôe suivant l'inclinaison des rayons kmineux ; lu ventre et la partie inférieure des flancs sont argentés. Les nageoires sont en général noires ; mais les dorsales sont Quelquefois teintées de jaune ou de rouge.

Ce poisson, qui se montre quelquefois dans l'Océan, abonde surtout dans la Méditerranée. A certaines époques, il longe les eûtes

THON

en troupes innombrables, dont l'arrivée est ordinairement annoncée par celle des sardines et des maquereaux. Le dauphin ]e poursuit souvent et le force en quelque sorte à se jeter dans les filets. Il n'en est pas de même de l'espadon, qui accompagne quelquefois les bandes de thons, mais qui cause de grands dommages en déchirant les filets et en ouvrant ainsi une issue par laquelle s'échappent les poissons. On a cru pendant longtemps que le thon était simplement de passage dans la Méditerranée. Grégory, s'appuyant sur les observations des marins, partage cette opinion : ■ Après avoir franchi, dit-il, le détroit de Gibraltar, les thons se divisent en deux bandes, dont l'une se dirige à droite vers l'Afrique, tandis que l'autre se porte à gauche, vers les côtes de l'Europe ; elles suivent la même direction jusqu'à la pointe de Byzance, que Pline nomma la Corne d'or. A l'automne, ils se répandent dans la mer Noire et dans la mer d'Azov. »

D'après Aristote et Strabon, le thon ne fraye que dans ces deux dernières mers; il y entre en suivant le rivage oriental et revient par le bord opposé. Mais M. Milne 'Edwards pense que les thons ne se livrent pas à d'aussi longs voyages ; nés dans la Méditerranée même, ils passent une partie de l'année dans ces eaux profondes, tandis qu'en d'autres saisons ils se rapprochent de la terre et la côtoient souvent. On trouvait autrefois le thon sur les côtes du Portugal; Grégory explique sa disparition parle tremblement de terre de 1755, qui, refoulant de l'Afrique contre l'Europe une immense quantité de sable , éleva considérablement le fond des mers d'Espagne et en rendit ainsi le séjour inhabitable pour ce poisson.

Le thon vit, en effet, à une profondeur de 30 à 40 mètres. Salvian avait sans doute bien peu observé ses mœurs, lorsqu'il lui attribue une prédilection marquée pour les endroits limoneux, d'où le nom de limonis qu'il lui donne. Il semble que l'immensité des mers convient seule a un aussi puissant nageur, qui accompagne les vaisseaux pendant des mois entiers et fait à leur suite de longs voyages. Quelques auteurs prétendent que ce poisson se nourrit de plantes marines; on a peine aies croire, en voyant l'avidité avec laquelle il se jette sur les matières animales. C'est probablement pour manger celles que jettent les matelots qu'il suit ainsi les navires à de grandes distances. Il nage avec une vitesse très-grande et soutenue, qu'il doit sans doute à la force de sa queue; aussi, lorsqu'il en frappe les flots, le bruit s'entend-il de très-loin. Cet organe est pour lui une arme et un moyen de défense des plus puissants.

Cet animal parait pourtant fort timide et le moindre bruit le fuit fuir; on recourt quelquefois au son du cor de chasse pour le pousser vers les filets. Il voyage par grandes troupes, dont la disposition affecte toujours un ordre assez régulier. « Dans de nombreuses localités, dit M. Milne Edwards, les bancs de thons se montrent au printemps et«e dirigent tous vers l'orient, tandis qu'à la fin de l'été et en automne ils suivent une direction opposée. Ainsi, à La Ciotat, on fait une pêche d'arrivée depuis mars jusqu'en juillet, et une seconde pèche, dite de retour, •depuis la mi-juillet jusqu'à fin octobre; mais, sur d'autres points, on voit les thons arriver en même temps, en suivant des directions très-dilfàrentes, et ailleurs encore c'est en hiver seulement qu'on en trouve. A Cassis, par exemple, cette pêche commence en novembre et se continue jusqu'à fin décembre. » Les thons fréquentent également, suivant Pennant, les côtes de la Grande-Bretagne, mais non pas en troupes nombreuses, comme dans la Méditerranée ; ils ne sont pas très-rares dans les golfes de l'Ecosse, où ils poursuivent les harengs et déchirent souvent les filets.

La pêche du thon remonte à la plus haute antiquité. Elle était, pour Byzance et pour les côtes d'Espagne, une grande source de richesses. Ce poisson est ligure sur des médailles byzantines, italiennes et espagnoles. Les Grecs l'avaient consacré a Diane. Sa chair était tenue en haute estime ; à Cartilage, il était d'usage d'en manger dans les noces. Galien place au premier rang le thon salé de Sardaigne. Le poëme d'Oppien sur la pêche de ce poisson fut magnifiquement récompensé par Caracalla. Cette industrie paraît avoir perdu de son importance au moyen âge; mais elle fut reprise avec activité au xvn° siècle. Aujourd nui, cette pêche s'est presque exclusivement concentrée dans la àléditerrauée ; c'est en Catalogne, en Provence, sur la côte de Gênes, en Sardaigne et en Sicile qu'elle est le plus active, et c'ett là aussi qu'elle donne les résultats les plus satisfaisants.

On fait cette pêche de diverses manières, dont les plus remarquables sont la madrague et la thouaire. Celle-ci se pratique pendant tout l'été sur les côtes du Languedoc et du Roussillon, notamment à Collioure. o Lathonaire, dit A. Dupuis, consiste en une enceinte de filets que les pêcheurs forment dans la mer pour arrêter les thons au passage. Lorsque la sentinelle, postée sur un lieu élevé, voit approcher les poissons attendus, elle fait un signal pour indiquer leur arrivée et la direction qu ils suivent. Alors, tous les pêcheurs montent dans leurs bateaux et partent sous le commandement d'un chef; arrivés à l'en-

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droit convenable, ils se rangent en demicerele, jettent leurs filets et en forment une enceinte qu'ils resserrent peu à peu, de manière à ramener les thtms vers la pla^e. Lorsqu'il n'y a plus que 2 ou 3 brasses d'eau, on jette un dernier filet de très-grande dimension et dont le fond est prolongé en cône ; on le tire vers la terre, et il ne reste plus qu'à prendre les thons. Les petits se prennent à bras ; mais les gros sont préalablement tués avec des crocs. Cette pêche produit souvent 3,000 quintaux de poissons. »

La madrague, appelée aussi tonara par les Italiens, constitue un engin beaucoup plus compliqué; c'est un immense édifice, un grand parc établi en pleine eau, dans lequel le poisson est conduit par une chasse ou cloison de filets qui s'étend jusqu'à la côte. Ce genre de pêche se pratique surtout en Sicile, en Sardaigne et en Provence. Tout ls mois d'avril est employé pour les préparatifs nécessaires à la formation et au rassemblement des filets. Le 3 mai, on trace la ma Iragua sur l'eau au moyen de deux cordes parallèles .(ùitilole), qui en représentent les deux grands côtés. Le lendemain, on plonge le file t, dont l'enceinte est divisée en plusieurs chambres à parois formées avec des joncs de mer, excepté celles de la dernière ou charr.bre de mort, qui sont faites d'un filet de chanvre à mailles solides et étroites, maintenu par de grosses et solides cordes.

Il y a, en outre, une chasse, appelée queue et codarde^ formée d'un même filet qui se déploie depuis la madrague- jusqu'à terre, sur une longueur d'environ 400 mètres; elle sert à conduire dans l'appareil les thons qui passent entre celui-ci et la côte, i Tous leshlets qui forment la madrague, dit Grégory, sont assujettis au fond de l'eau par un poids énorme de lest de pierres et tenus verticalement au moyen de plusieurs nattes de liège de 1 pied carré. Les parois sont affermies par un grand nombre de cordes fixées d'un bout sur celle qui borde la tête des filets, et de l'autre amarrées à une ancre mouillée au fond de la mer. Tout ce grand établissement est assez solide pour résister à l'impétuosité des vents, aux courants de la mer et aux efforts des poissons qu'il renferme. ■

Les thons, qui suivent toujours la côte, passent entre elle et la madrague ; arrivés à l'extrémité de celle-ci, ils' trouvent la queue ou codarde, qui arrête leur marche et les force d'entrer dans une grande chambre dont la porte leur est toujours ouverte. Dès qu'ils y ont pénétré, on emploie divers moyens pour les contraindre à passer successivement par les diverses chambres jusqu'à la dernière, appelée corpou ou chambre de mort, dans laquelle un filet, tendu horizontalement à 100 pieds de profondeur, forme un immense plancher.

Le chef donne alors le signal'de la pêche ou mat tance ; on commence par soulever du fond de la mer le filet horizontal, qui emprisonne de toutes parts les poissons. Ce filet, à cause de son poids, monte très-lentement; mais enfin il arrive près de la surface, et les thons apparaissent, d'abord isolés, puis en masse. Les pêcheurs, armés de crocs, leur livrent un combat acharné; la mer est bientôt rouge da sang. Les poissons, en se débattant contre la mort, frappent l'eau, qui rejaillit bruyamment, et font souvent de tels bonds pour s'élancer hors des filets, qu'ils viennent tomber tout vivants dans les bateaux. Leur nombre s'accroît sans cesse, à mesure que le filet monte, et le combat finit par devenir une véritable boucherie. La mattance accomplie, les thons sont harponnés, chargés sur les bateaux et transportés à terre dans des sortes de grandes halles ou boucheries; là, on les dépèce; on coupe la chair en morceaux pour la préparer et la conserver de diverses manières; on sale les œufs à part; on jette les têtes et les os dans de grandes chaudières , pour en extraire l'huile; enfin, ces os, quand ils sont secs, sont jetés sous les chaudières et servent ainsi à entretenir le feu.

Il arrive souvent que les pêcheurs conservent des thons dans le corpou, ou mieux encore dans des enceintes ou parcs de filets établis près de la côte; ils les y conduisent par des sortes de canaux également formés de filets. Grâce à ces réservoirs, on peut attendre les circonstances les plus favorables à la vente du poisson. Les madragues, dont l'utilité a été diversement appréciée, constituent des propriétés importantes, quelquefois des concessions de l'Etat, protégées par les lois; dans certains pays, on fixe la distance qui doit se trouver entre elles, de telle sorte qu'elles ne puissent se nuire l'une à l'autre. La pêche est toujours une fête pour les populations du littoral, et les propriétaires des madragues offrent souvent une large hospitalité aux visiteurs, qui s'en retournent avec une bonne provision de poisson dont on leur a fait cadeau. Alors aussi arrivent les bâtiments qui viennent charger le thon salé, et la côte devient un véritable marché. On pêche annuellement, en Sardaigt.e, environ 30,000 thons; on assure que ce nombre s'élevait autrefois jusqu'à 50,000.

Sur les côtes de l'Asie Mineure et dans d'autres localités, la pêche du thon se fait au filet; le plus souvent, on emploie des courantilles volantes, grands filets très-forts et à larges mailles, appelés aussi tonmres et confondus quelquefois à tort avec les tho-

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naires. D'autres fois, on emploie un hameçon particulier, qu'on lance avec force et qui est vivement halé dès que le poisson a avalé l'amorce. C'est le moyen dont on se sert Sur les côtes de la Grande-Bretagne et surtout de l'Ecosse, en mettant un hareng pour appât. D'autres fois encore, on a recours aux lignes volantes amorcées, La sardine est pour le thon un appât tellement puissant, qu'il se laisse prendre par un leurre reproduisant tant bien que mal la forme de ce petit poisson. < Les pêches, dit V. de Bomare, dans lesquelles on emploie les htiims se font au doigt, à la canne, etc. » Mais les haims sont très-grands et les lignes très-fortes.

La chair du thon est ferme, grasse et d'un très-bon goût, qui rappelle un peu celui de la viande de boucherie; fraîchement coupée, elle a une couleur^rougeâtre qui passe au brun par la cuisson. Pour en faire des conserves, on la prépare ou on la confit de trois manières différentes, à l'huile, au sel ou au vinaigre, puis on la met en baril. On en expédie, de Marseille et de Cadix, dans presque toute l'Europe. La chair du veatre est la plus estimée pour les conserves et les salaisons; coupée en morceaux, cuite et confite à l'huile, elle constitue ce qu'on appelle la pause de thon. La chair du dos est salée pour servir à faire le thon marine', auquel on donne en Italie le nom de tarentilio, parce qu'il en vient beaucoup de Tarente. Les autres parties forment la thonine commune; dépourvues de graisse et ayant peu de saveur, elles sont généralement abandonnées aux basses classes.,L'huile de thon est utilisée dans la tannerie,

— Art culin. Ce poisson n'arrive presque jamais frais à Paris; mais nou3 le recevons en pâtés, ou mariné à l'huile vierge; on l'a surnommé le « veau des chartreux, » parce qu'il a le goût et la blancheur du quadrupède dont on lui a appliqué le nom. » Il est trèsprofitable, dit Grimod de La Reynière à la Faculté, comme la source de beaucoup de digestions pénibles. »

— Pâté de thon. Préparez 2 kilogr. de thon; retirez peau et arêtes ; préparez lUl,500 de farce de merlan ; foncez un moule; étendez une couche de farce au fond et mettez dessus des lames de thon de on»,04 d'épaisseur; saupoudrez de sel épicé; étendez couche de farce et couche de thon, en alternant, jusqu'à ce que le pâté soit rempli. Couvrez.

— Bateau de thon mariné. Coupez lo thon en lames que vous rangerez dans le bateau en chevalant les lames les unes sur les autres; mettez deux petits bouquets de câpres aux extrémités et deux au milieu ; arrosez d'huile et servez.

— Thon à la provençale. Choisissez un tronçon de thon d'une épaisseur de trois ou quatre doigts, de préférence dans la partie du ventre ; ratissez-le, enlevez le sang attaché à l'arête; lavez-le, essuyez-le avec soin, mettez- le mariner un instant dans un plat de terre, avec huile d'olive, sel, poivre, persil en branches, thym, laurier et oignons coupés ; pendant qu'il s'imprègne de cet assaisonnement, émincez sept ou huit oignons blancs, faites-les blanchir, égoutlez-les sur un tamis ; mettez-les dans une casserole sur le feu avec quelques cuillerées d'huile d'olive et un morceau de beurre frais. Quand ils commenceront à se colorer, mouillez-les de deux verres de vin blanc sec, ajoutez-y un bouquet garni, du thym, du laurier, du basilic, deux clous de girofle, un peu de sel, une gcusse d'ail hachée, recouvrez rapidement votre morceau de thon d'un papier huilé ou beurré, et mettez-le sur cette sauce; activez l'ébullition et, dès qu'elle a lieu, couvrez la casserole ; laissez mijoter une demiheure avec feu dessus et dessous. Lorsque, au bout de ce temps, la cuisson est achevée, retirez le tronçon de thon de la casserole, ainsi que les oignons et tenez-les chauds séparément; passez la sauce, dégraissez-la, faites- la réduire et ajoutez-y deux ou trois cuillerées de sauce espagnole ou. de sauce tomate , puis les oignons émincés et une cuillerée à bouche de câpres. Liez cette sauce, -versez-la sur le thon dressé dans le plat.

— Thon grillé. Préparez un morceau de thon, comme il est dit ci-dessus, faites-le griller et servez-le sur une sauce quelcon-. que, grasse ou maigre.

■ — Thon mariné. Le thon mariné, quoique indigeste, estd'une excellente ressource dans les moments où l'on est forcé d'improviser un repas. Voici par quel procédé on marine le thon dans les ménages : vous couperez le thon par tranches d'environ om,03 d'épaisseur, en choisissant de préférence les parties du corps de ce poisson qui sont comprises entre le ventre et la queue ; vous mettez ces tranches dans une casserole, avec de bonne huile d'olive, dans laquelle il doit baigner; vous faites chauffer lentement jusqu'à l'ébullition^ et dès les premiers bouillons vous jetez un peu de sel dans l'huile. Relirez aussitôt du fourneau et laissez refroidir le tout ensemble ; après quoi, vous retirez le poisson de l'huile, vous le mettez dans des vases de, verre et vous versez dessus de l'huile d'olive très-fine qui doit exactement recouvrir le poisson. Bouchez avec du liégé et recouvrez avec du parchemin.

Disons en terminant que le thon frais, as-

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sez peu estimé à Paris, se prépare comme l'esturgeon.

THONAIRE s. m. (to-nè-re — rad. thon).

Pêche. Enceinte de filets dont on se sert pour pêcher le thon : La pèche du thon se pratique de deux manières : à la thonairb ou à la madrague. (E, Baudement.) Il Thonaire de poste, Celui qui est à poste fixe, il Thonaire de courantille, Celui qu'on laisse dériver.

THÔNES, bourg de la Haute-Savoie, arrond. d'Annecy, à 625 mètres d'altit., au confluent du Nom et du Fier, au pied d'une montagne d'où l'on découvre une belle vue; pop. aggl., 1,057 hab. — pop. tôt., 2,770 hab. Marchés très-fréquentés.

THONIE s. m. (to-nl). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétraraères, de la tribu des éroty liens, dont l'espèce type habite ia Colombie ou Nouvelle-Grenade.

THONINE s. f. (to-ni-ne — rad. thon)- Ichthyol. Nom vulgaire de diverses espèces de thons.

— Comm. Chair de thon salé.

THON1SSËN (Georges-François), économiste belge, né à Hasselt en 1817. Il se fit recevoir avocat, remplit d'abord diverses fonctions dans la magistrature et l'administration et fut nommé , en 1847 , professeur de droit criminel à l'université catholique de Louvain. L'Académie des sciences morales et politiques l'a admis, en 1869, au nombre de ses membres correspondants. On lui doit les ouvrages suivants : le Socialisme et ses promesses (1850, 2 vol.); le Socialisme dans le passé (1851, 4 vol.); le Socialisme depuis l'antiquité jusqu'à la constitution française du 14 janvier 1852 (1852, 2 vol.); Principes d'économie politique (1854); Histoire de Léopold et de la Belgique sous son règne (1857 et suiv.); Léopold l«r (1860); De laprétendue nécessité de la peine de mort (Louvain, 1864, in-8°); Elude sur l'histoire du droit criminel des peuples anciens (Bruxelles, 18C9..2 vol. in-8"), etc.

THONON, ville de France (Haute-Savoie), ch.-l. d'arrond.; pop. aggl- 3,335 hab. — pop. tôt. 5,272 hab. Elle se divise en haute et basse ville. La basse ville est baignée par le lac. On remarque dans la haute ville : l'église, le collège et l'hôtel de ville. De la terrasse, qui forme lapins agréable promenade de Thonon, on jouit d'une vue charmante sur le Léman et sur sa rive droite.

THOPHA s. m. (to-fa). Entom. Genre.

d'insectes hémiptères, de la famille des cicadiens, formé aux dépens des cigales.

THOPHAIL (Abou-Bekr Ibn), philosophe arabe. V, IbN-Thoféil.

THOR (le), bourg et commune de France (Vaucluse), cant. de l'Isle, arrond. d'Avignon, sur la Sorgue; pop. aggl. 1,808 hab. — pop, tôt, 3,678 hab. Ses environs sont trèsfertiles ; on y cultive surtout le mûrier et la garance. Le baron des Adrets s'empara du Thor en 1562. « Son église paroissiale, Sainte-Marie-du-Lac , dit M. Joanne, doit son nom à une statue de la Vierge qu'un taureau, si l'on en croit la tradition, fit découvrir dans un étang. C'est un monument historique, du style romano-byzantin, et l'un des mieux conservés du Midi. L'ogive et le plein cintre s'y trouvent mêlés. Le toit, peu' incliné comme c'est l'usage dans le Midi, est formé de larges dalles juxtaposées ; la voûte de la nef est ogivale; l'abside, hexagone à l'extérieur, est semi-circulaire à l'intérieur. Elle est ornée d'une arcature que supportent des colonnes octogones de pierre ou de marbre à chapiteaux romans. « Tout cela, dit » M. Courtet, accuse au moins la fin du » xie siècle. » Sur le choeur, au centre de l'édifice, s'élève une lanterne octogone, achevée seulement en 1834. s

THOR, dieu Scandinave, fils aîné d'Odin et de Frigga. Il était surtout adoré en Norvège, où il avait plus de temples qu'Odin lui-même. C'est probablement le même dieu que le Taranis des Celtes et des Savons, et nous verrons plus loin l'analogie que présente son nom avec le Mithras persan. Sa fête se célébrait au mois de janvier ou vers le solstice d'hiver, et s'appelait Juel ou Joui. Il est assez curieux que la fête chrétienne de Noël se soit célébrée à la même époque. Tous les neuf ans on lui sacrifiait des chevaux, des chiens et des coqs, quelquefois des hommes, mais rarement. Thor, après Odin, est le plus illustre des dieux Scandinaves. On l'appelle Asa Thor, le seigneur Thor, ou A/ce Thor, l'agile Thor. C'est le plus fort des dieux et des hommes. La fonction de lancer la foudre le fait passer pour la plus belliqueuse et la plus redoutable de toutes les divinités. C'est lui qui règne sur les airs, distribue les saisons, excite et apaise les tempêtes. Ou le regarde en général comme une divinité favorable aux hommes, comme celle qui les défendait contre les attaques des géants et des mauvais génies. Il les combattait et lespoursuivait saus cesse, Comme il était le premier né du dieu suprême, la première et la principale intelligence issue de son union avec la matière, on en avait fait un médiateur entre Dieu et les hommes. Il est vraisemblable que plusieurs peuples l'ont aussi vénéré comme l'intelligence qui animait le soleil et le feu. Le culte des Perses avait à cet égard,

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comme à bien d'autres, la plus grande conformité avec celui des peuples Scandinaves. Les premiers disaient que la plus illustre des intelligences créées était celle qu'on servait sous le symbole du feu ou du soleil, dans lequel elle résidait. Ils l'appelaient Mithras, ou le seigneur médiateur (le mot as signifie encore seigneur en persan). Ils entretenaient, aussi bien que les Scandinaves, un feu sacré et perpétuel. Les Scythes, d'après Hérodote, adoraient cette divinité sous le nom de Gaëto-Syrus , lequel signifie bon astre. Le royaume de Thor s'appelle Trudwanger. Il y possède un palais, Bilskernir, dans lequel il y a 540 salles. Le char de Thor est tiré par deux boucs ; il possède en outre trois choses précieuses. La première est une massue , nommée Miolner, que les géants de la gelée et ceux des montagnes reconnaissent bien, car plus d'une fois le dieu a brisé, avec cet instrument redoutable, les têtes de Ieur3 pères et de leurs parents. Le second joyau est ce qu'on nomme le baudrier de vaillance ; lorsqu'il le ceint, ses forces s'augmentent de moitié. Le troisième enfin, ce sont ses gants de fer, dont il ne peut se passer quand il veut prendre le manche de sa massue. Les aventures de ce dieu pendant ses nombreuses excursions rempliraient un volume. Nous nous bornerons à en rapporter les plus curieuses et les plus répandues dans les traditions des peuples Scandinaves. Un jour, le dieu Thor partit avec Loke dans son char traîné par deux boucs, et, le soir étant venu, ils allèrent loger chez un paysan. Le dieu Thor tua aussitôt ses'deux boucs et, les ayant écorchcs, les mit cuire. Quand cela fut fait, il se mit à table pour souper et invita le paysan et ses enfants à manger avec lui ; le fils de son hôte se nommait Tialfe et sa tillo Raska. Thor leur recommanda de jeter tous les os dans les peaux de ces boucs, qu'il tenait étendues prés de la table ; mais le jeune Tialfe, pour avoir de la moelle, rompit avec Son couteau l'os d'une jambe d'un des boucs. Après avoir passé la nuit dans ce lieu, Thor se leva de grand matin, et, s'étant habillé, il brandit sa massue; il ne l'eut pas plus tôt fuit, que les deux boucs reprirentleur forme, mais l'un d'eux boitait d'une jambe de derrière. A. cette vue, le dieu ne douta pas que le paysan ou quelqu'un de sa maison n'eût manié trop rudement les os de ses boucs; irrité de cette imprudence, il fronce les sourcils, tourne les yeux, empoigne sa massue et la serre avec tant de force w que les jointures de ses doigts blanchissaient. » Le paysan tremblant craignait d'être terrassé d'un seul de ses regards; ses enfants se joignent à lui pour supplier Thor de leur pardonner, lui offrant tous leurs biens. Enfin, touché de leur repentir, il s'apaisa et se contenta d'emmener avec lui Tialfe et Raska. Il se mit en route pour le pays des géants et, étant arrivé au bord de la mer, il la traversa à la nage, accompagné de Tialfe, de Raska et de Loke. Le premier était un excellent coureur et portait la valise de Thor. Quand ils eurent fait quelques pas, ils trouvèrent une vaste plaine dans laquelle ils marchèrent tout le jour, quoique réduits à une grande disette de vivres. Comme la nuit s approchait, ils cherchèrent de tous côtés un endroit où ils pussent se reposer, et ils trouvèrent enfin dans les ténèbres la demeure d'un géant. Ce fut là qu'ils résolurent de passer la nuit; mais, vers le milieu de la nuit, ils sentirent un grand tremblement de terre qui secouait violemment toute la maison. Thor se levaetappela ses compagnons pour chercher avec eux quelque asile ; ils trouvèrent à main droite une chambre voisina, dans laquelle ilsentrèrent. Mais Thor, se tenant à la porte pendant que les autres, frappés de crainte, se cachaient au fond de leur retraite, s'arma de sa massue pour se défendre à tout événement. Cependant on entendait un terrible bruit, et le matin étant venu, Thor sortit et aperçut près de lui un homme qui était prodigieusement grand et rontlait de toutes ses forces. Thor comprit que c'était là. le bruit qu'il avait entendu pendant la nuit. Aussitôt il prit sa vaillante ceinture ; mais le géant s'étant éveillé, Thor effrayé n'osa plus lui lancer sa massue et se contenta de lui demander son nom : « Je m'appelle Skrymner, répondit l'autre ; pour moi, je n'ai pas besoin de te demander si tu es le dieu Thor et ai tu ne m'as pas pris mon gant. » En même temps il étendit sa main pour le reprendre, et Thor B'aperçut alors que cette maison où ils avaient passé la nuit était ce gant même et la chambre un des doigts du gant. Là-dessus, Skrymner lui demanda s'il ne voyageait pas en compagnie, et, sur la réponse affirmative de Thor, le géant prit sa valise et en tira de quoi manger. Thor eu ayant fait autant avec ses compagnous, Skrymner voulut joindre las deux valises, et, les mettant sur son épaule, il commença à marcher à grands pas. Le soir, quand ils furent arrivés, le géant alla se coucher sous un chêne, montrant à Thor le lieu où il voulait dormir et lui disant de prendre à manger dans la valise. En même temps, il se mit à ronfler fortement. Thor, ayant voulu ouvrir la valise, ne put jamais défaire un seul nœud ; aussi, prenant de dépit sa massue, il la lança à la tète du ^éant. Celui-ci s'éveillant demanda quelle feuille lui était tombée sur la tête et ce que cela pouvait être. Thor fit semblant de vouloir aller dormir sous un autro chêne; mais, vers mi-

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nuit, entendant ronfler de nouveau Skrymner, il prend sa massue et la lui enfonce par derrière dans la tête. Le géant s'éveille et demande à Thor s'il lui est tombé quelque grain de poussière sur la tête, et pourquoi il ne dort pas. Thor répond qu'il va s'endormir. Mais, un moment après, résolu de porter à son ennemi un troisième coup, il recueille toutes ses forces et lui lance sa massue dans la joue avec tant de violence qu'elle s'y enfonce jusqu'au manche. Skrymner se réveille de nouveau et, portant la main à sa joue, dit : « Y a-t-it des olstaux perchés sur cet arbre ? il me semble qu'il est tombé une plume sur moi ; » puis il ajouta : • Pourquoi veillestu, Thor? Je crois qu'il est temps de nou3 lever et de nous habiller. Vous n'avez pas beaucoup de chemin à faire encore pour arriver a la ville qu'on nomme Utgard ; jevous ai entendus vous dire à l'oreille les uns aux autres que j'étais d'une bien grande taille, mais vous en verrez là de bien plus grands que moi. C'est pourquoi je vous conseille, quand vous y serez arrivés, de ne pas trop vous vanter, car on ne souffre pas volontiers dans cet endroit-là de petits hommes comme vous ; je crois même que ce que vous auriez de mieux à faire serait de vous en retourner ; cependant, si vous persistez dans votre résolution, prenez votre route à l'Orient; pour moi, mon chemin me mène au Nord. • Làdessus, il mit la valise sur son dos et entra dans une forêt. Le dieu Thor continua sa route avec ses compagnons , et aperçut, comme il était près de midi, une ville située au milieu d'une vaste campagne. Cette ville était si élevée qu'il ne pouvait la voir sans renverser la tête sur les- épaules. La porte était fermée par une grille que Thor ne put jamais ouvrir, mais lui et ses compagnons passèrent à travers les barreaux. Etant entrés, ils virent un grand palais et des hommes d'une taille prodigieuse. On les mena devant le roi, Utgarda-Loke, qui, les ayant regardés, se mit à rire en tordant la bouche de fort mauvaise grâce, j II est trop tard, dit-il , pour vous interroger sur le long voyage que vous avez fait; cependant, si je me me trompe, ce petit homme que je vois là doit être Thor; peut-être est-il plus grand qu'il ne me paraît; mais, pour m'en assurer, voyons un peu quels tont les arts dans lesquels tu te distingues, toiettescompagnons ; car personne ne peut rester ici à moins qu'il n'entende quelque art et qu'il n'y excelle même par-dessus tous les autres hommes. » Loke dit alors que son art était de manger plus que personne au monde et qu'il était prêt à soutenir un défi dans ce genre d'escrime. Lu roi voulut le mettre à l'épreuve, et, ayant fait venir un de ses courtisans, appelé Loge (le feu), on plaça sur le parquet un baquet plein de viande, et les deux champions se mirent aussitôt à dévorer ces viandes avec tant de vitesse qu'ils se rencontrèrent bientôt au milieu du baquet et furent obligés de s'arrêter. Mais Loke n'avait mangé de sa portion que la chair seulement, tandis que l'autre avait dévoré et la chair et les os. Tout le monde jugea donc que Loke était vaincu. Le roi demanda alors quel tour savait faire ce jeune homme qui était avec Thor, Tialfe répondit qu'il disputerait avec n'importe qui le prix de la course en patins. Le roi dit que c'était là un très-beau talent, mais qu'il lui fallait user de diligence s'il voulait demeurer vainqueur. Il conduisit Tialfe dans une plaine et désigna un jeune homme appelé Hugo (l'esprit ou la pensée), pour disputer le prix de la course avec lui. Mais ce Hugo devança tellement Tialfe qu'en revenant, au but d'où ils étaient partis il le rencontra encore face à face. Ils tentèrent une seconde course, et Tialfe n'était plus qu'à une portée de trait du but quand Hugo y arriva. Ils coururent une troisième fois, mais IJugo avait déjà touché la borne lorsque Tialfe n'était pas encore à moitié chemin. Là-dessus, tous ceux qui étaient présents s'écrièrent que c'était assez S'essayer dans cet exercice-là.

Le roi demanda enfin à Thor dans quel art il voulait faire preuve de son habileté si renommée. Thor répondit qu'il voulait disputer avec quelqu'un de sa cour à qui boirait le mieux. Le roi y ayant consenti, il fit chercher une grande corne dans laquelle les courtisans étaient obligés de boire lorsqu'ils avaient commis quelque infraction au cérémonial de la cour. L'échanson la remplit et la présenta à Thor, pendant que le roi lui disait: • Lorsqu'un homme boit bien, il doit vider cette corne d'un seul coup ; quelquesuns le font en deux, m Si s il n'y a point de si petit buveur qui ne la vide en trois fois.» Thor considéra cette corne et ne fut étonné que de salongueur ; cependant, comme il avait extrêmement soif, il se mit à boire avec force et aussi longtemps qu'il le put sans reprendra son souffle, afin de n'être pas obligé d'y revenir une seconde fois ; mais quand il eut éloigné la coupe de sa bouche pour regarder dedans, à peine s'aperçut-il que la boisson eût diminué. S'étant remis à boire de toutes ses forces, il n'avança pas plus que la première fois; enfin, plein de colère, il approcha encore de ses lèvres la corne et fit les plus grands efforts pour la vider entièrement. Mais il trouva que la liqueur s'était à peine un peu abaissée ; aussi, ne voulant plus essayer, il rendit la corne, t On voit bien, lui dit le roi, que tu n'es pas si vaillant que nous

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l'avons cru ; mais veux-tu faire encore de nouvelles tentatives? — Certainement, dit Thor, des coups comme ceux que j'ai bus ne seraient pas réputés petits parmi les dieux ; mais quel jeu voulez-vous me proposer ? — Il y a ici un jeu de peu d'importance auquel nous exerçons les enfants, lui répondit le roi ; il consiste à lever de terre mon chat, et je ne t'en parlerais pas si je ne m'étais aperçu que tu n'es pas tel que l'on te disait être. » En même temps un grand chat, couleur de fer, sauta dans la salle. Thor s'approcha et lui passa la main sous le ventre en le soulevant de toutes ses forces, mais le chat courba le dos et ne leva jamais qu'une seule patte. « Le succès, dit le roi, a été tel que je le prévoyais ; le chat est grand, mais Thor est petit en comparaison des hommes d'ici. — Si je suis petit, répliqua Thor, faites paraître quelqu'un avec qui je puisse lutter. » Le roi regarda de tous les côtés et dit : « Je ne vois ici personne qui ne regarde au-dessous de lui d'entrer en lico avec toi, mais qu'on fasse venir ma nourrice Hela (la Mort) pour lutter avec le dieu Thor ; elle en a terrassé de plus forts que lui. » Au moment même, une vieille édentée entra dans la salle et lutta avec Thor; mais, après que de part et d'autre ils se furent porté de grands coups et qu'ils eurent longtemps et vigoureusement combattu, Thor tomba sur un Renoir, et le roi, s'approchant, leur ordonna de Unir, ajoutant qu'il n'y avait plus dans sa cour personne à qui on put honnêtement proposer de se battre avec lui. Thor passa la nuit dans ce lieu avec ses compagnons, puis le lendemain, de grand matin, il se prépara à partir ; mais le roi le fit appeler et lui donna un magnifique festin, après lequel il accompagna Thor hors de la ville. Comme ils étaient prêts à se dire adieu, le roi demanda à Thor ce qu'il pensait du succès de son voyage. Thor répondit qu'il sortait de chez lui honteux et mécontent, a II faut donc, dit le roi, que je vous découvre à présent la vérité, puisque vous êtes hors de notre ville, dans laquelle vous ne rentrerez jamais tant que je vivrai et que je régnerai. Je vous assure bien aussi que, si j'avais pu prévoir que vous eussiez tant de force, je ne vous y eusse point laissé entrer ; mais je vous ai enchanté par mes prestiges d'abord dans la forêt où je vins au-devant de vous, car vous ne pûtes défaire la valise parce que c'était moi qui l'avais fermée avec une chaîne magique. Ensuite vous voulûtes me frapper trois fois avec votre massue ; le premier coup, quoique léger, eût suffi p"our me terrasser; mais lorsque vous serez sorti d'ici, vous trouverez un très-grand rocher, dans lequel il y a trois vallées de forme carrée, et l'une d'elles extrêmement profonde : ce sont les endroits que votre massue a frappés, parce que je me cachais alors derrière un rocher que vous ne pouviez voir. J'ai usé des mêmes prestiges dans les combats que vous avez soutenus contre les gens de ma cour. Dans le premier, Loke a dévoré comme un affamé toute sa portion, mais Loge, son adversaire, était un feu dévorant qui eut bientôt consumé et les viandes et les os et le baquet même. Hugo, qui a disputé le prix de la course contre Tialfe, était mon esprit, et il n'était pas possible que Tialfe pût l'égaler en rapidité. Quand vous avez voulu vider la corne, vous avez fait, sur ma foi, une merveille que je no pourrais pas croire si je ne l'avais vue ; car un des bouts de la corne s'étendait jusqu'à la mer, ce dont vous ne vous êtes pas aperçu; et quand vous irez pour la première fois au bord de la mer, vous verrez combien elle a diminué. Vous n'avez pas fait un moindre miracle en soulevant le chat, et pour vous parler vrai, quand nous avons vu qu'une de ses pattes quittait la terre, nous avons tous été extrêmement surpris et effrayés, car ce qui vous paraissait un chat était en effet le grand serpent de Midgard, Iormoungoudour, qui environne toute la terre de ses replis, et un moment, tant votre main en l'élevant s'est approchée du ciel, il était à peine assez long pour que sa queue et sa tête touchassent encore la terre. A l'égard de votre lutte avec une vieille, il est bien étonnant qu'elle ne vous ait fait tomber que sur un genou, car c'est contre la Mort que vous avez combattu; et il n'y a personne qu'elle n'abatte à la fin. Mais à présent, puisque nous allons nous quitter, je vor.s déclare que, si vous voulez revenir vers moi, je me défendrai encore par d'autres prestiges, en sorte que vous ne pourrez jamais rien contre moi. » Comme il disait ces mots, Thor indigné prit sa massue et voulut la lancer sur le roi ; mais celui-ci disparut, et le dieu, ayant voulu retourner vers la ville pour la détruire, ne trouva plus que de vastes campagnes couvertes de verdure. Après cette aventure, il revint dans son palais.

On a voulu tenter un rapprochement entre Hercule et Thor à propos de ces luttes gigantesques et de ces travaux héroïques; mais il est plus simple de s'en rapporter à la religion persane, d où Odin et avec lui tous les Ases sont sortis, pour trouver la véritable origine de ces fictions. La mythologie grecque et la mythologie romaine n'out en général rien de commun avec les traditions religieuses du Nord. Dans toute la théodicée des peuples Scandinaves, tout aussi bien que dans les dogmes orientaux, domine le principe de l'éternelle lutte du bien et du mai. Chaque peuple y a ajouté sa couleur locale, on dirait presque le goût du terroir. C'est ainsi qu'on

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remarque dans l'histoire précédente un combat qui s'engage à qui mangera ou boira le plus, H qui courra le plus vitesurla glace, etc. Le patin et la corne dénotent tout aussitôt la latitude sous laqufllle l'histoire a été inventée, mais le fond oriental se retrouve dans cette lutte que Thor soutient avec la Mort, à laquelle il paye même un tribut passager en tombant sur un genou. A chaque instant, on raconte dans YEdda comment Thor brise la tête des géants, et l'une des plus marquantes p:irmi ses aventures est celle où, les géants ayant voulu lui voler son Mi51ner, il s'introduit chez eux sous les habits et la figure da Freya et détruit, dan3 un festin qu'on lui offre, Thryra et toute sa race. Dans toutes ses luttes, on trouve cette trace de l'antagonisme perpétuel du bien et du mal. La plus saillante de ces luttes est celle qu'il soutint avec le serpent Iormoungoudour.

Thor avait résolu d'attaquer lô grand serpent s'il en trouvait l'occasion. Il partit donc d'Asgard sous la forme d'un jeune garçon pour se rendra auprès du géant Hymer et pria celui-ci de lui permettre de monter avec lui sur sa barque quand il irait pêcher. Le géant lui répondit qu'un petit garçon ne pouvait lui servir da rien etquil mourrait de froid lorsque, suivant sa coutume, il aurait gagné la haute mer. Thor répondit qu'il ne craignait rien et lui demanda ce qu'il voulait employer pour amorce. Hymer lui dit de chercher lui-même quelque chose. Thor s'approcha alors d'un troupeau de bœufs qui appartenait au géant, et, prenant un de ces animaux, il lui arracha la tête de sa main, puis retournant à la barque où était Hymer, il se plaça au milieu, faisant mouvoir deux rames K ia fois. Hymor voyait avec surprise combien Thor faisait avancer rapidement lu bar- 3ue et lui lit observer que, s ils s'éloignaient avantage des côtes, ils ne seraient pas en sûreté contre le grand serpent. Thor s'obstina et ne voulut s'arrêter que bien au large ; alors tirant une ligne à pécher très-forte, il y attacha la tête du bœuf et la jetta dans la mer. L'appât ayant gagné le fond, le serpent se précipita sur cette proie, mais l'hameçon lui resta enfoncé dans le palais. Aussitôt la douleur l'ayant fait remuer avec force, Thor fut obligé de se cramponner des deux mains aux chevilles qui soutiennent les raines ; mais l'effort qu il fit de tout son corps fut cause que ses pieds percèrent la barque et allèrent jusqu'au fond de la mer, tandis que de ses mains il tirait avec violence le serpent sur son bord. Le dieu lançait des regards terribles, tandis que le monstre vomissait des Ilots de poison contre lui. Le géant Hymer voyant avec effroi que l'eau entrait de tous côtés dans sa barque, coupa de son couteau la corde de la ligne, pendant que Thor allait frapper le serpent avec sa massue. Le monstre retomba dans le fond de la mer, pour ne plus sortir qu'au Ragnarokr (v. ce mot), ou crépuscule des dieux, et Thor tua le géant d'un coup de poing et regagna la rive à la nage.

h'Edda raconte enfin comment Thor, quand la fin du monde arrive et que le serpent mat; che dans les rangs des ennemis des Ases, a côté du loup Fenris et du chien Garm, tue le monstre, mais tombe lui-même asphyxié par les flots de poison que la bête a vomis contre lui. De son épouse Sif, Thor avait eu un fils. De la géante larnsaxa, il en eut deux autres, Mode et Magour, qui survivent au grand Cataclysme et, après la régénération du monde, se retrouvent avec Balder et plusieurs autres élus dans les plaines verdoyantes d'Ida.

THORA s. f. (to-ra). Bot. Espèce de renoncule très-vénéneuse.

THORACANTHE s. m. (to-ra-kan-té — du gr. thorax, poitrine; akantha, épine). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la tribu des enaloidides, comprenant plusieurs espèces, toutes américaines.

THORACENTÈSB s. f. (to-ra-san-tè-ze — du gr. thorax, poilrine; kentein, , percer). Chir. Opération qui consiste à pratiquer une ouverture à travers les parois du thorax, pour donner issue à un épanchement séreux ou séro-purulent qui se trouve dans la cavité pleurale.

— Encycl. Quand un épanchement aigu emplit la totalité de la cavité pleurale et occasionne du côté de la respiration des accidents d'orthopnée,de &affocation, d'asphyxie tels que la vie du malade soit en danger, il faut pratiquer la thoracentèbe. Comme cette opération est grave, il ne faut l'entreprendre qu'avec une grande circonspection et après avoir soigneusement pesé les raisons déterminantes. La thoracentêse convient dans la pleurésie sans fièvre, appelée aussi hydrothorax aigu ; dans la seconde période de la pleurésie inflammatoire, quand tout l'appareil fébrile est tombé et qu'il ne reste plus que l'épanchement, et enfin dans tous les épanchements considérables de la plèvre. La lieu choisi pour pratiquer la ponction est eu général le septième espa.ee intercostal, en comptant de haut en bas et à 0<a,03ou o™,05 du bord externe du muscle grand pectoral. Le malade doit être penché sur le bord du lit et maintenu du côté opposé à celui où doit se faire la ponction par un aide qui l'empôche de fuir devant la pointe de l'instrument. Ce dernier est habituellement une canule dit volume d'une plume d'oie et pourvue d'un

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tube en baudruche. On pratique l'opération en deux temps. Dans le premier, on fait avecla lancette une incision à la peau, un peu audessous du point où l'on veut ponctionner. Cette incision préniable a pour but de rendre la ponction plus facile et plus régulière, car la pointe de l'instrument a ainsi moins de chance de dévier, et de plus, comme cette incision est seule douloureuse, on n'a plus à redouter de la part du malade un mouvement qui compromettrait l'opération. Dans le second temps, l'aide tire un peu la peau en haut, et l'opérateur, plaçant l'index de la main gauche sur le bord supérieur de la huitième côte, fait glisser sur ce doigt le trocart introduit dans la plaie, puis, rasant exactement le bord supérieur de la côte, il enfonce brusquement l'instrument dans la poitrine. Une sensation de résistance vaincue, une mobilité spéciale de l'instrument font savoir qu'il a bien pénétré au centre du foyer purulent. 11 importe d'opérer énergiquement, parce qu'autrement la pointe de l'instrument pourrait pousser une fausse membrane sans la percer et ne pas atteindre le but.

THORACH1QUE adj. (to-ra-chi-ke — rad.

thorax). Anat. Syn. de thoracique, d'après l'Académie. Mais personne ne se sert de cet étrange barbarisme.

THORACICO-ABDOM1NAL, ALE adj. (tora-si-ko-a-bdo-mi-nal — de thoracigue, et de abdominal}. Anat. Qui appartient au thorax et à l'abdomen.

THORACJDEs. m. (to-ra-si-de — rad. thorax). Crust. Partie antérieure du corps des crustacés.

THORACIQUE adj. (to-ra-si-ke — rad. thorax). Anat. Qui appartient, qui a rapport au thorax, à la poitrine : Cavité thoracique. Il Canal thoracigue, Tronc lymphatique formé par la réunion des vaisseaux lymphatiques d'une grande partie du corps. Il Membres thoracigues, Nom donné aux deux membres supérieurs, parce qu'ils s'articulent avec les parties supérieures et latérales du thorax. |] Viscères thoraciques, Ceux qui, comme le cœur, les poumons, le thymus et les gros vaisseaux, sont contenus dans le thorax.

— s. m. pi. Iehthyol. Classe de poissons osseux, caractérisés par des nageoires ventrales, placées bien au-dessous des pectorales.

— Encycl. Artères thoraciques. Elles sont au nombre de trois. La thoracigue supérieure, branche de l'acromio-Moraaçua, passe entre le grand et le petit pectoral, se distribue à ces deux muscles et fournit des rameaux a la mamelle et aux téguments. La thoracigue inférieure, encore nommée mammaire externe, nait de la sous-clavière, descend le long des parois latérales du thorax et se termine au niveau du sixième espace intercostal, après avoir envoyé des ramifications aux muscles grand et petit pectoral, au grand dentelé, au sous-scapulaire, aux intercostaux et aux téguments de cette région. La thoracigue interne est plus connue sous le nom de mammaire interne. Y. ce mot.

— Canal thoracigue. C'est un gros tronc lymphatique formé par la réunion successive de tous les vaisseaux lymphatiques des membres pelviens, de l'abdomen, du membre supérieur gauche, du coté gauche de la tête, du cou et du thorax. 11 s étend de la troisième vertèbre lombaire, où il commence, jusqu'au confluent des veines jugulaire et sous-clavière gauche, où il se termine. II présente immédiatement au-dessous du diaphragme une dilatation en ampoule, connue sous le nom de citerne ou réservoir de Pecquet. Dans tout le reste de son parcours, son Volume est presque le même. Dans l'abdomen, il est situé au devant de la colonne rachidienne ; dans le thorax, il est un peu à droite de la ligne médiane, entre la veine azygos et l'aorte. Avant de> s'aboucher avec la sous-clavicrc gauche, il' se recourbe en crosse et se bifurque quelquefois.

THORACOCENTÈSE s. f. (to-ra-ko-santè-ze). Chir. Forme régulière, mais peu usitée, (lu mot THORACENTESE.

THORACODIDYME s. m. (to-ra-ko-didi-me — du gr. thorax, poitrine; didumos, jumeau). Tératol. Monstre double, formé de deux individus soudés par le thorax.

THORACODYNIE S. f. (to-ra-ko-di-nî — du gr. thorax, poitrine; odunê, douleur), Méd. Douleur de poitrine.

THORACODYNIQUEarij. (to-ra-ko-dt-ni-ke — rad. thoracodynie). Méd. Qui se rapporte à la thoracodynie.

THORACOPHORE s. m. (to-ra-ko-fo-re — du gr. thorax, cuirasse; pkoros, qui porte). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la tribu des hélopiens ou des adéliades, comprenant une dizaine d'espèces, dont le type habite l'Australie.

THORACOSCOPIE s. f. (to-ra-ko-sko-pl — du gr. thorax, poitrine ; s/copeà, j'examine). Méd. Exploration de la cavité thoracique.

THORACOSCOPIQUE adj. (to-ra-ko-skopi-ke — rad. thoracoscopie). Méd. Qui appartient à la thoracoscopie : Procédés thoracoscopiques.

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THORACOSPERME s. m. (to-ra-ko-spèr-me — du gr. thàrax. cuirasse; sperma, graine). Bot. Syn. de simocheile, genre d'éricinées.

THORADELPHE s.m.(to-ra-dèl-fe-— du gr.

thàrax, poitrine ; adelphos, frère). Tératol. Monstre formé de deux corps soudés supérieurement en un seul, depuis l'ombilic.

T1I0I1A1SE , village du Doubs, cant. de Boussières, arrond. et à 13 kilom. de Besançon, sur la rive gauche du Doubs et sur le canal du Rhône au Rhin, au pied d'une colline. On y remarque la galerie souterraine percée dans la colline pour le passage du canal, longue de 165 mètres et entièrement voûtée en pierre.

THORALE adj. (to-ra-le). Anat. S'est dit de la ligne qui traverse la paume de la main et que l'on appelait aussi ligne mensale

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