‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 986 sur 1042 · ANN · texte numérisé non relu

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blés, anatomiste public et médecin directeur de l'hôpital. Pendant ses loisirs, il cultiva les lettres, ainsi que l'attestent plusieurs de ses écrits. Nous citerons de lui : Sur les anévrismes internes spontanés (1814); Rapport» académiques (1816); Sur te meilleur moyen de rappeler les asphyxiés par submersion à la vie (1831): Description de l'île de Sainl-Servole (1838); Biographie de François Aglietti (Padoue, 1836).

ZANNONl (Giovanni -Baptista), archéologue italien, né h Florence en 1774, mort en 1832. Après avoir étudié la théologie dans sa ville natale, il obtint un emploi a la bibliothèque des Magliabechi et se lia avec Lanzi, qui lui inspira le goût des études archéologiques. Il se mit bientôt sur la même ligne que son maître, auquel il succéda, en 1811, en qualité de-conservateur des antiques de la galerie des Offices à Florence. U fut en outre nommé, en 1817, secrétaire de l'Académie de la Cruscu. En archéologie, il marcha dans la même voie que Lanzi, dont il continua les études sur les Etrusques et sur leur langue. Comme fruit de ses travaux en ce genre, il faut citer ses ouvrages intitulés : Degli Etruschi (Florence, 1812); lUustrazione di due urne etrusclœ (Florence, 1826); Saggio di tingua etrusca (Florence, 1829). Il n'a publié aucun ouvrage d'nne grande étendue ; mais on estime beaucoup, à cause de leur érudition et de leur autheuticité, ses documents pour la connaissance des monumentsde l'épigraphie et de la numismatique, qu'il a publiés sous différents titres, tels que ; Inscriptionum libri II (Florence, 1815-1822, 2 vol. in-8") ; Dei denarii consoiari et di famigtie romane (Florence, 1830), etc. En qualité de secrétaire de la Crusca, il écrivit l'histoire de cette Académie (Florence, 1818), ainsi que les panégyriques de plusieurs de ses membres, notamment de Lanzi (1824) et de E.-Quiriuio Yiseonii. Ses éditions du Tesoreito et du Favoletto de Brunetto Latini, maître de Dante (Florence, 1824), sont les premières qui soient exactes et publiées d'après les niauuscrits originaux. 11 publia, en outre, avec A. Ramirez de Montalvo et autres, un grand ouvrage : la Heate galeria di Firenze (1810 et années suiv., 13 vol.), dans lequel il a écrit toute la partie archéologique. Enfin, il avait aussi composé Ses poésies d'un caractère assez mélancolique et fourni da nombreuses dissertations k plusieurs journaux et recueils archéologiques et littéraires.

ZANNOW1CH (Stephano), aventurier et écrivain albanais, né a Pasuovicio (Albanie) on 1751, mort en 1785. Son père vint s'établir vers 1760 à Venise, où il ouvrit un ma gasin de chaussures, s'enrichit en jouant dans les tripots et fut expulsé de la ville comme escroc. De retour en Albanie, il acheta la seigneurie de Pastrovicio et fit donner à ses deux fils, Primislas et Stefano, une brillanta éducation. Lorsque les deux frères eurent achevé leurs éludes à Padoue, ils se rendirent à Venise, d'où Primislas fut bientôt chassé pour les mêmes motifs qui avaient amené 1 expulsion de son père. Stefano suivit successivement son lrère à Florence, en France, en Angleterre et en Hollande, où ils firent partout des dupes; toutefois, lus d'une existence aussi ignoble, il se sépara de Primislas en 1773 et résolut de vivre, non plus en escroc obscur, mais en aventurier du grand monde. S'étant rendu au Monténégro, il essaya sans succès de s'y faire passer pour le czar Pierre III, gagna ensuite la Pologne, ou il so donna pour le prince d'Albanie Castriuto, descendant de Scanderbeg, prétendit qu'il avait dans son pays de nombreux partisans prêts à se soulever en sa faveur, obtint de seigneurs trop crédules des sommes considérables et parcourut ensuite l'Allemagne, où, grâce à cet argent, il put mener grand train. La variété do ses connaissances, les grâces de son esprit, le charme de ses manières, sa taille avantageuse le firent partout bien accueillir, et partout il fit de nouvelles dupes. Cet état de choses ne pouvait toujours durer. Arrêta à Vienne par la police on 1778, il fut relâché par ordre de l'empereur et jugea prudent de quitter l'Allemagne. Il prit alors la route d'Italie sous le nom de Wa*i«, arriva à Rome, y entra en relation avec lu belle duchesse de Kingston, qu'il sut charmer, et il était sur le point de l'épouser, lorsqu'elle apprit son vrai nom. Expulsé d'Italie, il poursuivit le cours do sa vie aventureuse, erra sous différents noms en Allemagne, dans les Pays- Bas, fit, entre autres dupes, le prince de Ligna, puis se retira dans un ermitage près de Huiisbomie. Là, ayant appris que la guerre allait éclater entre la Hollande et l'Autriche, il offrit aux états généraux comme princa d'Albanie un corps auxiliaire de 10,000 à 20,000 Monténégrins et emprunta aux banquiers d'Augsbourg 80,000 florins qu'il dissipa rapidement. Arrêté sur les plaintes da ses créanciers et reconnu pour le fils de l'ancien marchand da chaussures da Venise, Zannowich prévint le supplice qui l'attendait en s'ouvrant les veines avec un morceau de verre. Cet aventurier a écrit plusieurs ouvrages curieux et peu connus en France. Nous citerons les suivants ; Opère diverse (Milan, 1773) ; Opère postume (Dresde, 1775, in-8u), recueil de lettres, de poésies, de morceaux divers, auquel il donna la titre da posthume parce qu'il avait alors fait répan-

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dro le bruit de sa mort; Lettres turques (Leipzig, 1777, S vol. in-8°) ; Epitres et chansonnettes amoureuses d'un Oriental (1779, in -g»); Y Horoscope politique de la Poloqne, de la Prusse, de l'Angleterre (Porto-Vecchio, 1779); le Grand Castrioto d'Albanie, histoire (Paris, 1779, in-8<>); la Poésie et la philosophie d'un Turc à huit queues, à trois plumes de héron, etc. (1775, in-8°), livre dans lequel on trouve des pensées philosophiques très-hardies et beaucoup d'imagination ; Fragment d'un chapitre du Diable boiteux envoyé de Vautre monde par Le Sage (1782); l'Aleoran des princes destinés au trône (Saint-Pétersbourg, 1782) ; le Fameux Pierre III, empereur de Russie, qui parut dans le duché de Monténégro (1784).

ZANOBI (Sostegno de'), poëte italien, né à Florence. Il vivait au xivo siècle. On ne sait rien de certain sur son existence. Il s'est fait connaître par un poSme épique en quarante chants qui parut d'abord sous le titre de Questa si e la Spagna historiata, puis sous celui de Libro chiamato la Spagna quai traita U gran fatti (Venise, U88; Milan, 1512-1519, in-8°), et qui a été souvent réimprimé. Le sujet de ce poëme, tiré en grande partie de la prétendue chronique de 1 archevêque Turpin, est la dernière expédition de Charlemagne en Espagne, la défaite de Roncevanx et la vengeance que tire l'empereur de la mort de Roland et de la trahison de Ganelon. « Zanobi, dit Parisot, n'est point pour son temps un poète méprisable. Dénué de goût, il ft parfois de l'imagination, et sa versification, inférieure a celle de Dante, ne manque ni de facilité ni d'une espèce d'harmonie. Plusieurs morceaux présentent des traits de force et captivent le lecteur. Tel est, entre autres, le chant où est raconté le désastre de Roncevaux. Peu de descriptions sont plus animées, plus vraies et plus énergiques que celle de ces 22,000 hommes enfermés dans les défilés des Pyrénées et attaqués subitement par trois armées de 100,000 hommes. Ce passage est digne d'Ossian et d'Homère. » Ajoutons que ce poëme abonde en invraisemblances et que le merveilleux en est puéril.

ZAISOBl DA STBATA, littérateur italien, né à Sirata, près de Florence, en 1312, mort à Avignon en 1861. Il fit ses études sous la direction de son père, Giovanni de MnzzuoK, professa la grammaire et les belles-lettres à Florence, puis, grâce à la protection de Pétrarque, devint secrétaire du roi de Naples. Là, il acquit la faveur du grand sénéchal Acciajuoli, qui l'admit dans son intimité, remmena en 1355 à Pise, où se trouvait l'empereur Charles IV, et lui fit donner la couronne poétique. Cet honneur, que rien ne justifiait, fut vivement critiqué par les beaux esprits de l'Itiilie, notamment par Pétrarque. Après son retour à Naples, 2anobi fut envoyé en qualité de secrétaire apostolique a Avignon (1359), où il mourut deux ans plus tard de la peste. La plupart de ses écrits sont perdus. Nous citerons de lui : Imorali di san Gregorio volgarizsati ( Florence , i486 , 2 vol. in-fol.), traduction fort estimée au point de vue du style, et Registrum liiterarum apostolicarum Innocenta VI, inséré dans le The' saurus anecdotorum de Martène.

ZANOE s. m. (za-no-é). Ornith. Espèce de corbeau du Mexique.

ZANOJA (Joseph), littérateur italien, né en 1752, mort en 1817. 11 entra dans les ordres, acquit beaucoup de réputation comme prédicateur par le style, la méthode et l'onction de ses sermons et devint chanoine de là basilique Ambrosienne , à Milan. En même temps, il cultiva la poésie, attaqua avec vigueur dans ses vers les vices et les ridicules de son temps et composa des comédies. A ses talents oratoires et poétiques, Zanoja joignit ceux d'un habile architecte. Il donna, en 1785, les dessins de la chapelle du Crucifix dans l'église de l'Oméga, puis ceux de l'église paroissiale de Catagno, du sépulcre tétrartique de l'église de Maggiora, à Novarese. Ce fut également sur ses dessins que furent ornés le palais des Borroméo , 1 église d'Arona, l'auberge de la Belle Vénitienne, etc. En 1806, il fut nommé architecte du dôme' de Milan et justifia pleinement ce choix par le zèle qu'il mit à poursuivre les travaux d'achèvement de cet édifice. Enfin, il encouragea de tout son pouvoir le goût des arts et contribua à la prospérité de 1 institut de Breva, d'où sont sortis un grand nombre d'artistes distingués. Outre des oraisons funèbres, on a de lui : Sermons sur les dispositions pieuses dans les testaments; Sur la castration (Milan, l&Q9);\a.Rosalinde, l'Heureuse équivoque ou les Mariages raisonnables, les Ravissements, comédies; des Discours prononcés à l'Académie des beaux-arts de Milan (1806-1S17); des projets d'architecture, etc. Enfin, on lui ultribue un Traité des cinq ordres d'archileclure, avec tables.

ZANOLINI (Antoine), célèbre orientaliste italien, né a Padoue en 1693, mort en 1768, De bonne heure, il se fit remarquer par sa vive intelligence, son heureuse mémoire et ion désir do s'instruire. Zanolini étudia les langues orientales, la philosophie, la jurisprudence, prit le graûc lie docteur en droit civil et fil droit canon, puis s'adonna à l'enseignement du syriaque et de l'hébreu dans i>a ville natale jusqu'en 1759, époque OÙ il prit su retraite. Ce savant modeste ne vivait

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qu'avec ses livres et était presque étranger aux usages de la société. Il aimait à causer aveu des enfants ou avec des gens du peuple et prenait plaisir à se mêler aux jeux de ses élèves. Zanolini a composé un assez grand nombre d'ouvrages très-estirnés, parmi lesquels nous citerons les suivants : Qusestiones e sacra Scriptura ex linguarum orientalium usu artm (Padoue, 1725, in-8°); Dissertatiottes ad sacram Scripturam spectantes (Padoue, 1729) ; Lexicon hebraicum (Padoue , 1732, in-4u), dictionnaire fort estimé ; Grammatica lingue syriacs (Padoue, 1742, in-8<>); Lexicon syriacum (Padoue, 1747, in-4o); Lexicon chaldaico-rabbinicum cum rabbinorum abbreviatis (Padoue, 1747, 2 vol. in-4°) ; Dissertationes ad sacram Scripturam spectantes de festis et sectis Judxorum (Venise, 1753, in-4°), etc. On lui doit aussi de nombreuses pièces de vers latins et italiens, publiées dans les Raccolla.

ZANONI (Jacques), botaniste italien, né à Montecehio (Lombardie) en 1615, mort à Bologne en 1822. Fils d'un pharmacien, il s'adonna dès son enfance à 1 étude des plantes, se rendit à l'âge de vingt ans à Bologne, où il reçut les leçons d'Ambrosini, devint, en 1642, gardien du jardin botanique de cette ville et succéda comme professeur de botanique à Ambrosini en 1657. Zanoni enrichit de plantes nouvelles le jardin botanique de Bologne, fonda dans cette ville une pharmacie, réunit de riches collections d'animaux, de plantes, de minéraux, perfectionna la méthode de dissection des plantes et s'occupa de donner la description des richesses qu il avait amoncelées. On a de lui : Indice délie piaule portate nelï anno 1652 nel viaggio di Casliglione (Bologne, 1652, in-fol.) ; Descrisione di alcune plante nuove (Bologne, 1670, in-fol.); Bistoria botanica (Bologne, 1075, in-fol.). Citons encore de lui : Erbario miniato al naturale e ornato di [régi d'oro et Plantarum imagines quas frater Matthxus a S. Joseph extraxit ex libro Saladini in urbe Balsora.

ZANONI (Antoine), agronome italien, né à Udine en 1696, mort en 1770. Tout en se livrant au commerce, il s'occupa beaucoup d'agriculture, propagea dans le Frioul la plantation des mûriers, l'élève des vers à soie, la culture de la vigne et devint membre des sociétés d'économie rurale de Florence, de Cupo-d'Istria et de Rovigo. Ou lui doit un certain nombre d'ouvrages estimés : Lettres 'sur l'influence de l'agriculture, des arts et du commerce sur le bonheur des Etats (Venise, 1763, 7 vol. in-8°) ; De la formation et de l'usage de ta tourbe et autres fossiles combustibles (Venise, 1767, in-4o); De la culture et de l'usage des patates et autres plantes comestibles (Venise, 1767, in-4°) ; De la marne et des autres fossiles pour engraisser les terres (Venise, 1768, in-4<>) : Essai d'histoire de la médecine vétérinaire (Venise, 1770, in-S°); De l'utilité morale, économique et politique des Académies d'agriculture , arts et commerce (Udine, 1771, in-8°), ouvrage posthume.

ZANONI (Athanase), comédien italien, né à Ferrare, mort en 1792. Il entra dans la troupe du fameux A. Sacchi, dont il épousa la sœur, et devint un remarquable acteur. Zanoni joignait beaucoup d'instruction à de rares qualités du cœur. On lui doit un Recueil de mots ingénieux et satiriques à l'usage des théâtres (Venise, 1787).

Zanoni, roman par E.-L. Bulwer (Londres, 1840). Ce roman sort du cadre ordinaire des histoires qu'imaginent les auteurs de fictions. Il est difficile de définir le but que l'écrivain anglais s'est proposé et plus malaisé encore de dégager la moralité de son œuvre, où la fantasmagorie se mêle à la réalité. Dans un prologue, aussi énigmatique que le livre même, le romancier semble promettre au lecteur de l'initier aux mystères de la confrérie des rose-croix, association de mystiques et d'illuminés, qu'il rattache aux templiers, aux platoniciens, aux thaumaturges, aux pythagoriciens, aux mages chaldéens, aux gymnosophistes de l'Inde. Le surnaturel et le merveilleux ont toujours hanté les imaginations faibles ou vives et sont devenus des instruments de supercherie entre des mains habiles. A l'époque où commence le récit, il y avait de par le monde un Cagliostro, possesseur de la pierre philosophale, un comte de Saint-Germain, prétendu contemporain des personnages de Plutarque, des inesmèriens, des martinistes et autres visionnaires ou théosophistes qui ont perpétué le règne des sciences occultes et des maladies mentales. Cazotte et sa prédiction célèbre, faite après coup par Laharpe, figurent au début de l'histoire (vers 1788). Zanoni, l'un des auditeurs de Cazotte, quitte bientôt Paris, où sa prescience singulière lui a fait sauver un vieillard thésauriseur, empoisonné par son fils adoptif, le rapin Jean Nicot. A Naples, où l'on retrouve cet homme étrange, il exerce sur tout le inonde une sorte de ciomiiiiition prestigieuse; le savoir, l'esprit, la générosité, une fortune présumée sans limites, une beauté mâle, d une expression saisissante, un renom d'alchimiste, une origine mystérieuse, le don de l'ubiquité, car on le voit partout présent, et en temps opportun, l'ont rendu un sujet d'admiration bienveillante, ou de crainte superstitieuse. Il y avait k Naples un soigneur Pisani, violoniste et

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compositeur. Musicien novateur, on repoussait ses oeuvres; virtuose, il était estimé. Son instrument était pour lui un ami, un confident, un être doué de la parole et du sentiment; son opéra inédit et incompris, la Sirène, l'enfant chéri de ses longues veilles, était condamné par les préjugés des dilettanti à ne jamais obtenir une audition. Cependant un cardinal , zélé protecteur des beaux-arts, a favorisé les débuts au théâtre de la fille de Pisani. Jeune, belle et naïve, ignorante même, Viola n'a consenti qu'avec peine à devenir cantatrice; elle a obtenu en tout bien et tout honneur qu'elle débuterait dans la Sirène. Timide dans le premier acte, gâté par les bizarreries de l'imagination paternelle, elle a recouvré toutes ses facultés d'artiste sous les regards approbateurs d'un étranger. Zanoni est cet inconnu. Après la mort de son père, enseveli dans son triomphe, Viola a revu sur le seuil de sa demeure l'étranger. Reconnaissante, l'orpheline aime à son insu l'unique ami qui lui reste. Zanoni lui a voué une tendresse fraternelle, destinée k se traduire bientôt en un profond amour. Mais il ne pourrait donner à Viola le bonheur; sacrifiant le sien propre, il engage la jeune fille à épouser un jeune Anglais, peintre amateur, son rival. En même temps, il la défend au péril de sa vie, contre les entreprises d'un prince napolitain, peu scrupuleux quand il s'agit de poison ou de poignard. Le peintre anglais, fortement épris de la cantatrice, hésite à donner son nom à une femme de théâtre. Zanoni lui fait honte de sa pusillanimité ; il lui accorde un court délai pour se décider. Mais le dévouement de l'étranger, la noblesse de ses sentiments, la générosité de sa conduite, le mystère, en partie pénétré, qui couvre sa vie privée, sa naissance, sa doctrine, sa mission et même sa nature réelle, amènent le jeune homme à reconnaître dans le sphinx de Naples une créature extraordinaire, un esprit merveilleux, une force océulte. U demande l'initiation, et, apprenant que toute passion terrestre s'oppose à l'accès de la science suprême, il renonce à son amour pour Viola. Zanoni lui confie quelques secrets préparatoires, l'admission du néophite étant réservée à un aune dépositaire de l'antique sagesse. Quant k lui, il succombe...; il donnera le bonheur terrestre à l'enfant qui ne peut vivre sans lui. Déchu de son rang et de sa mission, il reprend sa condition mortelle; il rentre dans la destinée humaine ; il perd tout pouvoir surnaturel, mais sans être privé des connaissances supérieures acquises par lui dans une existence de plusieurs siècles. Zanoni épouse Viola. Le peintre anglais, soumis à diverses épreuves par Mejnour, le vieillard contemporain de Pythagore, disciple de Platon et chef actuel de la confrérie des rose-croix, réduite à deux membres, Mejnour et Zanoni, l'Anglais succombe par la faute d'une jeune et belle fille de la montagne, furie énamourée qui le poursuivra partout. Le récit ne s'arrête pas à ce dénoùment; les incidents, les épisodes se succèdent; les visions, les évocations se superposent aux faits du monde réel. Tous les personnages se retrouvent à Paris, en pleine Révolution ; ils coudoient les grands acteurs de l'époque ; ils sont succès» sivement entraînés dans les dernières péripéties de ce drame. La prédiction de Cazotte s'accomplit, et le mot de Vergniaud est devenu une vérité. La journée de thermidor va prononcer! Zanoni, destitué de tout pouvoir occulte, mais maître encore des fortes qualités intellectuelles et morales que le culte de l'idéal a développées en lui, Zanoni entrave les manœuvres dirigées contre les siens par certains agents terroristes ; il aide à la chute de Robespierre et, au moyen d'un diamant donné au geôlier de la Conciergerie, il se substitue à Viola, promise à l'echafaud, et rentre par celte immolation volontaire dans ses prérogatives d'esprit supérieur.

L'auteur semble avoir voulu opposer la philosophie platonicienne à la philosophie révolutionnaire, l'idéal au relatif et enseigner que le progrès social n'est rien, s'il n'a pas pour antécédent et pour garantie le progrès inoral de l'individu. Mais le symbolisme est obscurci dans son récit par le mysticisme et l'illuminisine. Tant qu'il reste sur le terrain solide de la réalité, il intéresse; par malheur, il a dépensé beaucoup de talent et d'érudition k vouloir animer des chimères.

ZANONIE s. f. (za-no-nt — de Zanoni, botan. ital.). Bot, Genre de plantes grimpantes, de la famille des nandhirobées, comprenant dix espèces, qui croissent dans l'Inde, y Syn. de campéluï;, genre de commêlynées.

ZANOtTl (Jean-Pierre), peintre et poète, né à Paris, d'une famille polonaise-, en 1674, mort à Bologne en 1767. Amené fort jeune à Bologne, il suivit les leçons de Pasmelli et orna les principales villes d'Italie de tableaux estimés pour la sagesse de la composition ec les qualités solides du coloris. Après la mort de Pa^inelli, dont il avait épousé la nièce (1695), il visita l'Allemagne, la France et l'Italie, puis se flxa à Bologne, où il devint secrétaire de l'Académie Clémentine et partagea son temps entre la peinture et la culture des lettres. Zanoni jouissaitd'une grande réputation, surtout à Bologne, et s'était fait estimer de tous par sa vie privée. Parmi ses tableaux, on cite : Sainte Catherine de JViyri, au Corpui-Doniini de Bologne; l'Incrédulité

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de saint Thomas, k Saint-Martin ; la Résurrection des morts, a la cathédrale ; une Ambassade des habitants de la Romagne aum Bolonais, au Palais public; une Madone entourée d'anges, à Modène. Comme écrivain, on lui doit : Vila di Pasinelli (Bologne, 1703); Didone, tragédie (Bologne, 1718); Storia detl' Accademia Clementina (Bologne, 1739, 2 vol. in-4"), ouvrage très-estimé; Poésie (Bologne, 1741-1745, 3 vol. in-80); Vita di Eust. Manfredi (Bologne, 1745, in-4°) ; Awertimenti per l'incamminamento di un giovane alla pittura (Bologne, 1756, iu-S°); Descrizione délie pitture di Pellegrino Tibaldi e Niccolo Abati (Venise, 1756, m- fol.), etc.

ZANOTTI (Hercule-Marie), littérateur et préd.iuateur italien, frère du précédent, né a, Paris en 1684, mort en 1763. Lorsqu'il eut achevé ses études à Bologne, il entra dans les ordres, devint docteur eu théologie (1714), chanoine de Saint- Pétrone, k Bologne, et se distingua par son talent pour la prédication. Outre des poésies, insérées dans divers recueils et des ouvrages manuscrits, nous citerons de lui : Storia di san Brunone (Bologne, 1741, in-4°); Storia di san Procolo (Bologne, 1742); Vita del B. Niccolo Albergati (Bologne, 1757), etc.

ZANOTTI (Eustache), astronome italien, neveu du précédent, fiis du peintre et poète Jean-Pierre Zauotti, né Bologne en 1709, mort dans la même ville en 17S2. Il reçut les premières leçons de mathématiques de son oncle François-Marie et étudia ensuite l'astronomie avec Manfredi. Ses progrès furent tels, qu'il fut choisi à vingt ans pour suppléer ce dernier dans sa chaire (1729). Dix ans plus tard, il venait d'être appelé à professer la mécanique au collège de sa ville natale, lorsque le sénat le choisit pour succéder à Manfredi dans sa chaire d'astronomie. Zanotti vérifia les observations que Lacaille avait faites au Cap de Bonne-Espérance pour déterminer la parallaxe de la lune. Les Académies de Berlin, de Londres, de Cassel l'admirent au nombre de leurs membres correspondants, et il devint, en 1777, président de l'Académie de Bologne. On a de lui : Ephemerides motuum coslestium ex anno 1751 ad annum 1786; Trattato teorico-prattico di prospettiva (1766) ; La meridiona del tempio di ■ San-Petrono rinuovata (1779) et des mémoires dans le recueil de l'Académie de Bologne, Fabroni a publié son éloge dans les Mémoires de la Société de Vérone. Ce fut lui qui restaura en 1779 la méridienne de San-Petrono que Cassani avait fait établir dans sa jeunesse et qui avait besoin d'une réparation, une des barres de fer qui soutenait l'extrémité du gnomon s'étant infléchie. Un tremblement de terre lui fit subir depuis une nouvelle variation. Ces appareils commençaient, au reste, déjà à être abandonnés partout.

ZANOTTI (François-Marie), philosophe et littérateur italien, né àBologneen 1692, mort en 1777. Il étudia la philosophie et les mathématiques dans sa ville natale, futreçu docteur en 1716 et, dès 1718, y fut appelé à une chaire de philosophie. Il devint, en outre, dans la suite, bibliothécaire (1720), secrétaire (1723) et président (1766) de l'institut des sciences de la même ville. Pendant un voyage qu'il fit à Rome en 1750, le pape Benoit XIV l'accueillit de la manière la plus flatteuse et Je chargea de prononcer un discours à l'occasion de la distribution des prix académiques au Capitole. Zanotti, que les Académies de Londres, de Berlin et de Montpellier comptaient au nombre de leurs membres, était fort instruit, particulièrement en philosophie et "en mathématiques. Le premier en Italie il substitua aux traditions surannées de l'école le libre examen, aux doctrines d'Aristote celles de Descartes, qu'il abandonna bientôt pour celles de Newton dès que ces dernières lui furent connues. Ecrivain remarquable, sachant cacher l'aridité des calculs sous l'agrément d'un style élégant et pur, vulgarisateur habile, ii contribua beaucoup à répandre les nouvelles doctrines de l'attraction, de la lumière, des couleurs et, en général, le goût des sciences, ce qui fit dire de lui qu'il fut pour l'Italie ce que Fontenelle était pour la France. On a de lui : Poésie volgari e latine (Florence, 1734); Délia forza attraiiva délie idée (Bologne, 1747) ; Tre orazioni sopra la pittura, ta scultura et l'architectura (Bologne, 1750); Délia forza dei corpi chiamano vivo (Bologne, 1752) ; Filosofia morale (Bologne, 1750); Deviribus centralibus (Bologne, 1764); Dell' arle poetica (Bologne 1768). Il avait, en outre, écrit dans les Commentaires de l'Académie une histoire de cette institution et une analyse de tous les travaux de mathématiques et de physique qui lui avaient été soumis. Le recueil de la même Académie renferme de lui un grand nombre de mémoires sur la géométrie, sur l'analyse, sur la physique et sur la musique. Tous ses écrits se distinguent par la richesse des pensées et par la pureté du style. Les Œuvres complètes de Zauotti furent publiées après sa mort par L. Palcani (Bologne, l779etann. suiv.,9"voi. in-4«). 11 a paru plus tard sous ce titre, Opère scelle (Milan, 1818, 2 vol. in-8"), un choix de celles qui sont écrites en italien.

ZANTE, anciennement Zacynthe, une des

îles Ioniennes, à 12 kilom. S.-E. de Céphalonie, à 20 kiloin. O. des côtes de la Aloree, par 37«47'l7"de latit. N. et 18» 34' 27" da

ZANT

longit. E.; 410 kilom. carrés ; 46,000 hab. La majeure partie de son sol consiste en une vaste plaine, couverte de plantations de vignes qui fournissent le raisin dit de Corinthe. Le climat, est doux et moins variable que dans les autres Iles Ioniennes ; mais cet avantage est contre-balancé par le fléau des tremblements de terre. Quant aux céréales, on n'en recueille guère que pour la consommation de la population pendant quatre mois; on tire le- surplus de laMorée, Les raisins de Zante servent à fabriquer une liqueur appelée iénorodi, qui passe pour ressembler au vin de Tokai et que l'on classe au-dessus de toutes les autres liqueurs du Levant et même au-dessus du muscat de Syracuse; cette liqueur est absolument inconnue en France ; elle s'expédie en Russie. Zante fournit aussi au commerce une grande quantité de raisins secs qui sont réputés supérieurs à ceux de Céphalonie et même k ceux de la Morée. Ces raisins sont égrappés, fort petits et rouges. Leur parfum tient du muscat et de la violette. On en récolte environ 8 millions de livres chaque année. Le vin ordinaire, fabriqué avec des raisins plus communs, est mélangé de plâtre pour sa conservation. On en exporte 4,000 barils environ.

Le costume des Zantiotes est à la fois italien et grec. La langue usuelle est le grec moderne ; mais l'italien est fort en usage k Zante. Fabriques de savon, soieries. Dans l'antiquité, elle portait le nom de Zacynthos. Elle fut successivement soumise aux Grecs, aux Romains, aux Napolitains et, depuis la fin du xrv© siècle, aux Vénitiens. En 1797, elle tomba, comme toutes les autre^ îles Ioniennes, au pouvoir des Français, k. qui les Russes l'enlevèrent en 1799. Elle passa alors sous le protectorat de la Turquie, redevint française en 1807, fut prise en 1809 par l'Angleterre, qui lui imposa son protectorat, et fut enfin réunie aveu les autres îles Ioniennes au royaume de Grèce en 1864.

ZANTE, ville forte, capitale de l'Ile de ce nom, au pied d'une montagne, sur la côte E.; 22,000 hab. Archevêché grec, évèché catholique, lycée ; arsenal, bourse. Fabriques de grosses cotonnades blanches et bleues pour vêtements d'hommes, d'étoffes de soie, mouchoirs et écharpes de différentes couleurs. On y fabrique, en outre, des ustensiles de ménage, des tuiles et des briques, ainsi que du savon très-commun. Les affaires commerciales y sont trés-animées. Le vaste port de Zante, le principal des sept Jles après celui de Corfou,est muni à l'entrée d'un beau môle terminé par un phare. Le commerce du raisin sec et de l'huile d'olive, ainsi que celui des articles manufacturés de provenance britannique, y occupe de riches maisons anglaises, tandis que le commerce des grains, nécessaire pour compléter l'approvisionnement des Jles Ioniennes, y est surtout entre les mains de maisons indigènes. *

ZANTÉDESCH1E s. f. (zan-té-dè-ski — de Zantedeschi, botan. ital.J, Bot. Syn. de Ri- CïiARpm, genre d'aroïdées. Il On dit aussi

ZANTÉDKSQUK.

ZANTEN (Jacob van), médecin hollandais, né vers le milieu du xvuo siècle, mort vers 1730. Il étudia la théologie et la médecine, se fit recevoir docteur, puis exerça la médecine à Harlem, où il fut h plusieurs reprises président du collège des médecins. Tout en se livrant à la pratique de son art, il remplit, k partir de 1707, les fonctions de pasteur des mennoiiites à Harlem. Ce savant n'a point laissé d'ouvrages originaux, mais il a traduit en hollandais un certain nombre d'écrits, parmi lesquels nous citerons : l'Jïisloire du Symbole des apôtres (Hurlem, 1707, in-12); les Causes de la décadence de la piété chré~ tienne (1718); Traité de la puissance de Dieu et de la liberté de l'homme (Amsterdam, in-12) ; Moyens de prévenir et de guérir la goutte avec du lait (Harlem, 1709).

ZANTÈNE ou Z&NTHÈNE S. m. (zan-tène). Iohthyol. Poisson du genre spare, qui habite les mers d'Amérique.

ZANTEUMIE s. f. (zan-teu-jnî — du gr:

xanthos , jaune). Entera. Genre d'insectes coléoptères pentaméres, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées phyllophages, formé aux dépens des hannetons, et ayant pour type le hanneton solstieial.

ZANTFUET (Corneille de), chroniqueur flamand, né k Zanttliet vers la nn du xivb siècle, mort vers 14G2. 11 embrassa la vie monastique et devint doyen de l'abbaye de Stable. Ce moine a laissé une Chronique qui va du commencement du monde jusqu'à 1401 et qui n'est intéressante que dans la partie où il peut s'appuyer de témoignages contemporains. Cette partie, qui s'éieud de 1230 à 1461 et a été publiée dans VAmplissima collectio de dom Martène, est écrite avec impartialité et exactitude.

ZAPiTH (Charles-Louis), célèbre architecte allemand, né à Bresiau en 1706, mort k Stuttgard en 1857. Son éducation tout entière s'est taite k Paris, où il vint s'établir dès l'àgo de quinze ans. Après s'être initié par des travaux sérieux a tous les secrets du métier, il alla visiter l'Italie, où il passa deux ou trois ans. A son retour, il traversa l'Allemagne et, rentré k Paris vers 1830, il exposa en 1831 l'Intérieur de la basilique de Monreale, en Sicile, aquarelle qui était un véritable tableau,

ZANZ

i remarquable par le soin, l'érudition et l'exactitude. Le roi du Wurtemberg confia à l'auteur la construction d'un château qu'il voulait faire bâtir dans le genre mauresque. Zanth en a exposé en France les principaux dessins. Les Détails du château de Wilhelma, qui parurent en 1837, ainsi que le Pare de ûosenstein, appartenant au même prince et que l'on admira à Paris en 1845, sont les deux morceaux qui ont eu le plus de succès parmi ceux qu'on a vus de lui soit à Londres, soit k Pans. Zanth s'y montra non-seulement architecte savant, mais peintre consommé. Les exigences de l'architecture la plus austère ne l'empêchaient point de voir dans un édifice, dans un intérieur le côté pittoresque et la mise en scène. De la, la saveur particulière de ses aquarelles, d'un ton chaud et transparent. Cette qualité n'excluait pas chez lui te côté grave de l'architecte savant, et le château de la Wilhelma, à Canstadt, près de Stuttgard, est l'une des constructions les plus intéressantes de notre époque. Zanth ne voulut pas faire une imitation de ce gothique fleuri qui est en faveur chez les Allemands; il remonta aux sources et s'inspira surtout des motifs de l'Alhambia. C'est la mosquée des Arabes, c'est ie palais des Maures au temps de la conquête. Il y a du soleil et de l'Orient dans ces silhouettes pittoresques et légères, accommodées cependant aux exigences du climat et au caractère du pays. Les diverses parties de cet édifice ont été souvent lithographiées ou photographiées.

L'auteur en envoya une partie au ïîalon de Paris en 1855, sous le titre de Quatre vues de la villa mauresque de la Wilhelma. Cette exposition lui valut la croix de la Légion d'honneur.

ZANTHOMIZE s. m. (zan-to-mi-ze — du gr. xanthos, jaune; muzô, je suce). Orntth. Syn. de mblliphaGB.

ZANTHORH1ZE, ZANTHOXYLE , ZAN- THOXYLÉ, ZANTHUHE. V. XANTHORHIZiS, XANTHOXYLii, XANTHOXYLÉ, XANTHUKB.

ZANTI (Jean), littérateur italien, né k Bologne vers le milieu du xvio siècle. Il professa avec distinction l'anatomie dans sa ville natale et publia, entre autres écrits : Discorso sopru la riforma dell' anno fatta da Gregorio XIII (Bologne, 1583, iii-4") ; Nomi e eognomi di lutte le strude , contracte e borghi di Dolngna (Bologne, 1583, iii-4°), ouvrage rempli de recherches curieuses; Vita di San liernardino da Sienna (Bologne, 1630).

ZANTIQTE s. et adj. (zan-ti-o-te). Géogr. Habitant de l'île ou de la ville de Zante; qui appartient k cette île, k cette ville ou à leurs habitants : Les Zantiotes. La population zan-

TtOTE.

ZANZALE (Jacob), moine syrien, surnommé UiiFutiui ou Barndée, parce qu'il portait un vêtement de diverses pièces, mort à Edesse en 578. Il fut élevé en 541 au siège épiscopal d'Edesse par le patriarche d'Antioche, Sévère, et d'autres prélats attachés à l'eutychianisme pour relever, k l'aide du zèle fanatique qu'ils lui connaissaient, cette secte à peu près éteinte sous les coups du concile de Ciialcédoine et des édits des empereurs. Zanzala répondit pleinement à leur attente. Couvert de haillons, il parcourut l'Arménie, la Mésopotamie et les pays voisins, réunit les membres épars de Ja secte, ordonna des prêtres, des évoques et remplit pendant son épiseoput, qui dura trente-sept ans, les principales chaires de l'Asie et de l'Afrique de ses disciples. Ses travaux et les services qu'il rendit à sa secte firent qu'on désigna sous le nom de jacobites les nouveaux eutychôens. Ces sectaires reconnaissaient la distinction des deux natures en Jésus-Christ avant l'incarnation; mais ils croyaient qu'à partir de ce moment elles s'étaient confondues. En certains lieux, ils joignaient au baptême la eireoncision, marquaient d'un fer chaud ceux qui se faisaient baptiser et se livraient k des austérités excessives et même incroyables,

ZANZIBAR ou SOCAYELU, île de l'Afrique orientale, près de ia côte de Zanguebar, dans la mer des Indes, par 6» 9' de latit. S. et 3flo 54" de longit. E, ; elle mesure 80 kilom. de longueur sur 25 de largeur; superficie, 1,425 kilom, carrés; 100,000 hab. environ, moitié Arabes de sang mêlé, moitié nègres ou banians. La côte orientale est escarpée, mais la côte occidentale présente un bon port. Le sol offre do belles forêts , des terrains bien cultivés et de bons pâturages. Les forêts sont généralement formées de bambous, de tecks, de cèdres, de caféiers et d'autres arbres qui produisent en abondance la gomme copal. Le cotonnier, la canne à sucre, l'indigo y viennent sans o.ultnr». A ceitaines époques de l'année, la chaleur et l'humidité font éclore des richesses précieuses. Le climat est agréable. Pendant une saison, l'île est arrosée par de grandes pluies tropicales, ce qui fait que la végétation est très-riche. Les principales productions consistent eu oranges, citrons, girofle, café, canne à sucre, ananas, cocos, bananes ' patates. On en exporte du riz, de là gomme et de l'antimoine.

ZANZIBAR, sur la côte occidentale de l'île du même nom, ville dont la population est évaluée à 25,000 hab. Comme toutes les villes orientales, elle se compose de maisons sans fenêtres extérieures et a toit plat. Son port

ZAOU

est commode et sûr, et les navires s'y ravitaillent facilement. Une ligne de paquebots, ouverte entre Aden et Natal, dessert Zanzibar et les ports de cette région. Cette ville est la capitale du royaume de Zanzibar. Il entre annuellement dans son port environ 80 navires, y compris les bâtiments de guerre, représentant ensemble 50,000 à 60,000 tonneaux. La part de la France est de 11 à 12 navires et de 7,000 à 8,000 tonneaux. Depuis le traité de 1844, les Français ont le droit d'entrer k Zanzibar, d'y résider, d'acheter, de vendre, de prendre k bail des terres, des maisons et des magasins. Il n'exista nulle prohibition commerciale soit à l'entrée, soit k la sortie. Les droits de douane sont de 5 pour 100 au maximum, et nos nationaux jouissent de divers privilèges judiciaires.

ZANZIBAR (royaumk db), comprenant, outre l'île de ce nom, les lies de Pemba et de Monfie^jeh ou Monfia et un vaste territoire do l'Afrique continentale sur la côte de Zanguebar, lequel s'étend de Makdisku (2° de latit. N.) au cap Delgado (10<>42' de latit. S.), Ce territoire, dont le chiffre de la population n'est pas connu, consiste dans une bande de terrain s'éteudant le long de la côte. Ses limites sont tout à fait indéterminées dans l'intérieur du pays parallèlement à la mer. Dans la partie septentrionale, les Arabes ont pénétré jusque dans la région des grands lacs et fondé une colonie sur le bord du lac Tanganika. Les revenus du royaume de Zanzibar, gouverné par un sultan musulman, sont d'environ 2 millions et demi. L'armée comprend 1,400 hommes, et la flotte se compose seulement d'une corvette à voiles et de deux yatchs à vapeur. Le commerce d'exportation était évalué en 1871 k lo millions et demi. Les principaux objets d'exportation sont, en commençant parles plus importants, l'ivoire, l'orseille, les peaux, le copal, le girolle, le sésame et l'huile de coco. Le Zanzibar commerce avec l'Inde, l'Arabie et la Perse, les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Angleterre et la France.

Le Zanzibar fut pendant longtemps partagé entre divers chefs indigènes. Des Arabes de l'Oman vinrent en grand nombre dans cette partie de l'Afrique soit pour commercer avec les indigènes, soit pour les piller, et ils y fondèrent des villes, notamment Meliude, Monbassa, Zanzibar. Au xvi» siècle, les Portugais s'emparèrent de Mascate et de Zanzibar. Par la suite, les Portugais furent chassés et les Persaus étendirent leur domination sur l'Oman et une partie du Zanzibar. Un chef arabe, Ahmed-ben-Saïd, étant parvenu k chasser les Persans, se fit proclamer, en 1741, imande Mascate. Son petit-fils, Si-Saïd, qui arriva au pouvoir en 1803, réunit l'Etat de Zanzibar k celui de Mascate. Il créa une marine militaire et marchande, mena de front le commerce et la guerre en Afrique, rétablit ou fonda dans les Iles et sur le continent des comptoirs fortifiés, gagna du terrain en pays nègre et favorisa duns ses Etats l'établissement d'Indous qui y développèrent l'esprit de commerce. Cet homme remarquable signa des traités de commerce avec l'Angleterre (1839), avec la Franco (1844); il s'engagea envers le gouvernement anglais k faire cesser l'exportation des nègres et refusa d'accepter 6,000 livres sterling, payables en trois ans, que l'Angleterre lui offrait en compensation de la traite des nègres et de ses profits. Il est vrai que la traite continua comme par le passé. A sa mort (1856), deux de ses nombreux fils se partagèrent ses Etats ; l'un, Thuwatni, devint sultan de Mascate; l'autre, Medjid, sultan de Zanzibar. Ils allaient en venir aux mains pour sa disputer là possession totale de l'empire paternel, lorsque l'Angleterre intervint et rendit indépendants l'un de l'autre les Etats de Mascate et de Zanzibar, mais obligea Zanzibar k payer un tribut annuel d'environ 200,000 francs. En 1870, Si-Bargasch-ben-Saïd succéda à son frère Medjid sur le trône de Zanzibar. En juin 1873, il signa avec le gouvernement anglais un traité supprimant la traite (v. traite) et fit, en 1875, un voyage k Londres et à Paris. A ia lin de la méjne année, le gouvernement égyptien envoya un corps expéditionnaire qui occupa la partie nord des Etats de Zanzibar, ainsi que Brawa et Kismayo, villes importantes au point de vue commercial.

ZAODDZI, forteresse du canal de Mozambique, sur une pointe de l'îlot de Pamanzi, près de l'île de Mayotte. La presqu'île de Zaoudzi forme deux rades : la première, au N., est exposée aux vents du N.-E. ; la seconde, au S., est mal abritée contre la mousson du S.-E., qui règne six mois. La langue de sable qui l'unit à Pamanzi est chaque jour couverte et découverte par le flux et le reflux. L'eau des puits suffit k peine ; on s'approvisionne aux sources de l'île Mayotte.

ZAOTJÏAs, f. (za-ou-ia). Nom que l'on donne k des mosquées qui ont droit d'asile. U On dit aussi zavonia.

— Encycl. La zaouïa est un établissement arabe dont les usages sont multiples. C'est à la fois une chapelle qui sert de sépulture k la famille du fondateur , une mosquée pour faire la prière en commun , une école où toutes les sciences sont enseignées, un lieu d'asile où tout homme poursuivi par la loi ou par un ennemi trouve un refuge inviolable, tin hôpital, une hôtellerio où les voyageurs et les

ZAPÀ

malades trouvent un gîte at des secours, un office de publicité où l'on raconte et où l'on écrit l'histoire du temps présent, enfin une bibliothèque où l'on conserve la tradition du temps passé. E. de Neveu a donné des détails intéressants, dans son livre intitulé les Khouan, sur ees établissements, dont l'analogue n'exista pas en Europe.

ZAPADLISKI s. f. (za-pa-dli-ski). Nymphe des lacs, dans la mythologie slave.

— Encycl. Suivant les traditions populaires, ces nymphes n'habitaient que les lacs formés sur l'emplacement da villes qui s'étaient englouties dans la terre, en punition des crimes da leurs habitants. Ces nymphes avaient l'aspect le plus séduisant. Elles se présentaient aux mortels, et, si elles parvenaient k leur inspirer de l'amour, elles leur faisaient jurer un engagement éternel, mais ensuite refusaient de les épouser avant un laps de douze années au moins. Malheur k celui de leurs fiancés qui devenait infidèle k son serment; il était sûr de périr dans une tempête.

ZAPANIE s. f. (za-pa-nl — de Zapani, botan. ital.). Bot. Syn. et section des uppies, genre de verbénacèes,

— Encycl. Les zapanies sont des plantes herbacées ou sous-frutescentes, très- voisines des verveines; elles en diffèrent néanmoins par leur port, par leurs fleurs groupées en épis terminaux, les divisions du calice, leur corolle tubuleuse, enfin par leur fruit composé de deux akènes plaus, oblongs, glabres et roussàtres. Les espèces peu nombreuses de ce genre habitent surtout les régions centrales de l'Amérique. La zopanie nodiflore est une plante à tiges rampantes et radicantes, portant des feuilles opposées, dentées, ovales lancéolées, et des fleurs d'un blanc jaunâtre. Cette plante croit dans les sols arides de la Jamaïque, où elle fleurit une grande partie de l'année. Le sno de ses tiges est vanté contre les affections catarrhales ; l'infusion de ses feuilles et de ses fleurs possède les propriétés digestives du thé.

ZAPARA, petite lie de l'Amérique du Sud, près de la cote septentrionale de la république de la Nouvelle-Grenade, dans le golfe de Maracaïbo. Elle s'étend da l'E. à l'O. sur une longueur de 22 kilom. C'est une dépendance de la province de Coro.

ZAPAI1D1EL, rivière à Espagne. Elle prend sa source au N.-O. d'Avila, baigne la province de Valladolid et se jette dans le Douro par la rive gauche, au S,~0. do Tordesillas, après un cours de 110 kilom.

ZAPATA s. f. (za-pa-ta — mot espagn. qui signif. soulier, et qui a la même racine que notre mot savate). Coutume espagnole qui consiste k mettre des présents dans les souliers des enfants et des domestiques, le jour de la Saint-Nicolas.

ZAPATA (Jean-Baptiste), médecin italien, né kRome, de parents espagnols, vers 1520, mort vers 1590. Sous la directfon du célèbre H. Salviani, il s'attacha particulièrement k l'étude des propriétés médicinales des plantes et de la chimie, prit le grade de docieur et pratiqua avec succès l'art médical k Rome. C'était un habile praticien, qui guérissait ses malades avec les remèdes les plus simples : le repos, une nourriture plus saine, des tisanes faites avee les plantes les plus communes. Il s'était voué d'une façon toute particulière au service des ouvriers et des pauvres. Zapata a laissé, sous le titre de Maravigliosi secreti di medicina e ceruf/ia (Rome, 1586, in-go), un recueil des remèdes qu'il employait le plus souvent. Cet ouvrage, divisé en deux parties, l'une relative k la médecine, l'autre k la chirurgie, a été réimprimé souvent, ce qui ne l'empêche pas d'être devenu très-rare. Le médecin Splessius l'a traduit on latin, avec des additions (Ulm, 1696, in-8").

ZAPATA (Antoine), cardinal espagnol, né à Madrid vers 1550 , mort en 1635. Son père était président du conseil suprême de Castille. Dès qu'il eut reçu l'ordre de la prêtrise, il devint chanoine da Tolède, puis fut successivement évéque de Cadix, de Pampetuna, archevêque de Burgos et reçut le chapeau de cardinal en 1603. Appelé en 1620 k remplacer le cardinal Borgia comme vice-roi k Naples, il s'attacha à l'aire disparaître les abus de l'administration et k adoucir le sort des malheureux. Mais une révolte ayant éclaté en 1621, par suite d'une disetto , il fit pértr dans tes tortures ou condamner aux galères les chefs des révoltés, se rendit par 'ces rigueurs odieux au peuple et fut rappelé peu après en Espagne. De retour k Madrid, Zapata entra duns la juute d'Etat, puis reçut la dignité de grand inquisiteur (1626). Il n'eut garde de modérer le cruel fanatisme du sombre tribunal qu'il présidait,et de nombreuses victimes de l'intolérance religieuse expirèrent au milieu des flammes dans des autoda-fé. S'étant démis de tous ses emplois en 1632, il se retira k Burgos, où il termina sa Vie. On lui doit un écrit intitulé : De obligatione conscientw et une nouvelle édition de l'Index librorum prohibitorum (Séville, 1631, in-fol.). *

ZAPATA ou ZAPPATA (François), célébra prédicateur italien, né en 1609, mon en 1672, A près avoir fait partie pendantqueique temps de l'ordre des jésuites, il s'adonna k )a prédication avec un éclatant succès. L'imiiéra-

ZAPH

trice Eléonore, l'ayant appelé à Vienne, la combla de faveurs et lui donna le titre de son

Ïirédicateur. Néanmoins, Zapata revint en Haie, se fit entendre à Rome et dans les principales villes de la Péninsule, devint chanoine de Saint-Laurent à Florence et se fixa dans cette ville, où le grand-duc Ferdinand II le nomma son prédicateur et son théologien. Outre des Panégyriques, on a de lui un recueil de Sermons (Venise, 1691, in-4°), qui attestent la vivacité de son imagination et de son esprit.

ZAPATA (Antoine ou Lupian), historien espagnol, né à Segorbe, royaume de Valence. II vivait au xviie siècle, entra dans les ordres, passa plusieurs années à compulser les archives d'un couvent de bénédictins et devint historiographe du roi d'Espagne. Outre de nombreux ouvrages manuscrits, on a de lui : Epitome de la vida y muerte de la reyna doUa Bererwvela primogenita del rey don Alonso de Castitla acclamado el Noble (Madrid, 1665, in-8<>), livre qui atteste de l'érudition et de la critique.

ZAPATÉADO s. m. (za-pa-té-a-do — mot espagnol ; de zapata, soulier). Chorégr. Danse espagnole, analogue à la sabotière, et qui s'exécute sur un air k 3/8 : Il semble entendre claquer les castagnettes et gronder les tambours de Basque en regardant ces belles filles qui marquent de leur petit talon de satin le rhythme du zapatbado. (Th. Gaut.)

ZAPATÉRO s. m. (za-pa-té-ro). Bot. Nom que les colons, dans la Guyane espagnole, aux environs d'Angostura, donnent au courbaril fleuri. || On l'appelle aussi nazarkna.

ZAPF (Nicolas), théologien protestant allemand, né à Milwitz, bailliage de Zell, en 1600, mort en 1672. Son précoce savoir lui valut d'être nommé, tout jeune encore, surintendant provisoire de diverses Eglises protestantes de Wittemberg (1624), puis dWe appelé à professer la théologie k Erfurt (1633), où il se fit recevoir docteur l'année suivante. En 1637, Zapf devint professeur d'hébreu, puis fut appelé à la cour de Weiïnar (1642) et fut successivement nommé conseiller ecclésiastique, prédicateur aulique, surintendant, assesseur au consistoire général et pasteur des églises de Saint-Pierre et de Saint-Paul. Ce théologien avait acquis une grande réputation de sagesse et d'érudition, qui le fit à maintes reprises consulter pour des affaires politiques et ecclésiastiques. On a de lui un assez grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous nous bornerons à citer : Catena aurea ariiculorum fidei; Compendium locorum theologicorum; Philosophia wiiversa ; l'heoremata quxdam e praetica philosophie excerpta, etc. — Un philosophe allemand du même nom, Godefroi Zapf, ne à Erfurt en 1635, mort en 1664, professa la philosophie k léna et laissa de nombreux écrits, dont les plus remarquables sont : Aristoteles ad Cornsti appendicem rescribens.

ZAPF (Georges-Guillaume), érudit allemand, né à Nordlingen eu 1747, mort en îsio. 11 devint conseiller du prince de Hohenlolie- "Waldbourg, puis de l'électeur de Mayeuceet se retira ensuite des affaires publiques pour s'adonner entièrement à son goût pour l'érudition. Après avoir visité les archives et les bibliothèques de la Souabe, de la Bavière, de la Suisse pour y faire des recherches historiques et littéraires, il se retira dans une maison de campagne, près d'Augsbourg, et se servit des iinmeuses matériaux qu'il avait réunis pour écrire un grand nombre d'ouvrages intéressants en allemand et en latin. . Nous nous bornerons à citer les principaux : De studio antiquitatum in historia asque ac jurisprudentia utili et necessario (Augsbourg, 1774, in-8°); Caialogus librorum rarissimorum ab artis typographies inventoriais excusorum (Pappenheim, 1776, in-8o); Bibliographie magique (Augsbourg, 1776, S°) ; Annales typographies Augustans (Augsbourg, 1778, in-4»); Recherches sur l'histoire de la maison deÙohenlohe (Augsbourg, 1779, in-8°); Sur l'objet de mes voyages littéraires dans les couvents de la Souabe et de la Suisse (Augsbourg, 1781, 2 vol. in-8») ; Littérature de t ancienne et nouvelle histoire (Lemgo, 1781, in-8«) ; Voyage littéraire en Bavière, en Franconie, en Souabe, en Suisse pendant les années 1780-1782 (Augsbourg, 1783, in-8") ; Monumenta anecdota historiam Germaiiiœ illustrantia (Augsbourg, 1785, in-4<>); Voyage \ dans quelques couvents de la Souabe (Eriangen, 1786, in-40); Curiosités de ta bibliothèque de Zapf (Augsbourg, 1787, 2 vol. in-8»); Histoire de l'imprimerie à Augsbourg (Augsbourg, 1788-1791, 2 vol. in-8"); Histoire des commencements de l'imprimerie à Aluyeitce jusqu'en 1499 (Ulm, 1790, in-8t>); Histoire de ■ l'imprimerie en Souabe depuis l'origine jusqu'en 1500 (Ulm, 1791, in-S°) j Bibliographie I augsbourgeoise (Ulm, 1795, 2 vol. iu-8°); De '• quelques raretés typographiques (Nuremberg, i 1803, in-4°); Vies des plus célèbres savants et ! artistes de tous les temps (Augsbourg, 1806, I in-4»), etc. ï

ZAPHAR s. m. (za-far). Ornith. Espèce de faucon.

zaphara s. m. (za-fa-ra). Miner. Variété d'oxyde de cobalt impur.

ZAP11I DIARBEKIU, pseudonyme deTimotbée Cumouc, cvêque de Mardic. Il vivait au xvue siècle. Un a de lui, sous le titre de :

ZAPO

Zaphi Diarbechirensis theatrum arahico-latitium (Padoue, 1690), un recueil de poésies arabes sur des sujets pieux et moraux, avec une traduction latine. D'après Silvestre de Sacy, Timothée Carnouc est le même personnage que Timothée Agnelli, auteur des Proverbii utili e virtuosi in liugua araba (Padoue, 1688) et traducteur d'un abrégé de la morale chrétienne en arabe, qui a paru sous le titre de: Brève Compendio délia professione christiana (Padoue, 1688).

ZAPHNE s. m. (za-fne). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides,

ZAPHRENTIS s. m. (za-frain-tiss). Zooph.

Section des turbinolies, genre de polypiers.

ZAPOLY ou ZAPOLVA (Etienne dis), noble hongrois, un des lieutenants de Matthias Corvin, mort en 1499. Il avait été commandant supérieur de la haute Hongrie et avait succédé k son frère comme palatin lorsqu'il se prononça en faveur de Matthias Corvin, dont il fut un des plus braves lieutenants. Il parvint à chasser le fils de Casimir IV, roi de Pologne, qui voulait s'emparer du trône de Hongrie, combattit les Turcs qui avaient envahi son pays (1479-1485), remporta sur eux plusieurs victoires, puis contribua puissamment à la conquête de l'Autriche, dont il fut alors nommé gouverneur (1483). Après la mort de Corvin (1490), Zapoiy, de concert avec deux autres magnats, offrit la couronne hongroise à Wladislas Jagellon, à l'exclusion de Jean Corvin et de la reine Béatrix. Devenu un des plus puissants seigneurs de son pays, il déployait une magnificence toute royale et exerçait une influence considérable dans les diètes, où il se prononça à maintes reprises avec une grande énergie contre les ministres de Wladislas et la faiblesse de son gouvernement. I) se disposait k repousser une invasion des Turcs lorsqu'il mourut subitement. Zapoiy eut deux fils, Georges, qui périt à la bataille de Mohacs en 1526 ; Jean, qui monta sur le trône de Hongrie, et une tille, qui épousa Sigismond , roi de Pologne, en 15 12.

ZAPOLY (Jean 1er), roi de Hongrie, fils du précédent, né en 1487, mort k Mùhlenbach (Saxe) en 1540.11 était vayvode de Transylvanie lorsque, le légat du pape ayant prêché en Hongrie la croisade contre les Turcs, les paysans profitèrent de cette circonstance pour se révolter contre leurs seigneurs. Etienne Bathori, que le roi Wladislas avait chargé de comprimer l'insurrection, ayant été battu par les révoltés, que commandait Tékéli , Zapoiy saisit cette occasion pour signaler sa valeur et ajouter k l'illustration de son nom. 11 secourut ce chef et écrasa les rebelles, mais déshonora sa victoire par des cruautés inouïes. « Cette révolte, dit Gley, coûta la vie à 70,000 individus et à 400 gentilshommes, qui avaient été mis à mort par les paysans. On assure que Zapoiy ressentit par la suite de violents remords quand il pensait à ce qui s'était fait par ses ordres. > Après la bataille de Mohacs, dans laquelle le roi de Hongrie, Louis II, fut vaincu par les Turcs et trouva la mort (1526), Jean Zapoiy réunit les débris de l'armée vaincue, inquiéta l'ennemi dans sa retraite et parvint alors k défendre les frontières du royaume. Comme il avait acquis une influence non moins grande que celle dont son père avait joui, il conçut la pensée de parvenir au trône, gagna par de brillantes promesses un certain nombre de magnats et se fit proclamer roi par la diète d'Albe-Royale (1526), pendant qu'un autre parti proclamait k Presbourg Ferdinand 1er d'Autriche. Reconnu par la Croatie et la Slavonie, ainsi que par ie roi de France, François I", Jean se préparait à combattre vigoureusement son compétiteur lorsque son beau-frère Sigismond, roi de Pologne, offrit sa médiation, qui fut acceptée. Mais le congrès tenu k cet effet à Olmutz n'ayant point abouti, l'archiduc d'Autriche, Ferdinand 1", entra en Hongrie, fit déclarer Jean 1er traître k la patrie, lui enleva ses principales places fortes et le battit k Cassovie. Zapoiy, impuissant k prolonger la résistance, se réfugia en Pologne, implora l'appui du pape Clément VII, qui lui lit une réponse évasive, puis se jeta dans les bras du sultan Soliman II, dont il se reconnut vassal et qui lui prurait de le rétablir sur son trône. En revenant du siège de Vienne, qu'il avait été forcé de lever, le sultan s'empara de Bude et remit lu couronne sur la tète de Jean. Muis, après son départ, la guerre continua entre les deux compétiteurs. Enfermé dans Bude avec 3,000 Turcs, Zapoiy s'y défendit héroïquement contre le baron Roggeudorf, général de Ferdinand, qui dut lever le siège (1531). Une trêve , conclue entre Ferdinand, Zapoiy et Soliman en 1533, rendit un peu de repos aux Hongrois. La diète ayant protesté contre une division du royaume, des négociations nouvelles furent entamées sous les auspices de Charles-Quint et de Sigismond, et enfin, en 1538, Jean I" finit par conclure k Weitzen avec son rival une paix qui lui assurait la couronne jusqu'à sa mort, à la condition qu'elle retournerait alors'k Ferdinand ou k ses enfant*. Le fils de Jean, dans le t'as où il en aurait un, devait hériter de la Transylvanie et des autres domaines de Zapoiy, sans toutefois prendre le titre de roi. Celte même année 1538, Jean 1er épousa sa nièce Isabelle, fille du roi Sigismond, et la fit cou •

ZAPP

ronner reine à Albe-Royale, I! était deux ans plus tard en Moldavie, et il venait d'apprendre la naissance de son fils Jean-Sigismond, lorsqu'il mourut tout à coup, âgé de cinquantetrois ans. C'était un prince brave, mais dépourvu de grandes qualités militaires et qui sacrifia à son ambition la tranquillité et le bonheur de sa patrie.

ZAPOLY (Jean II), prince de Transylvanie, né en 1540, mort en 1570. Il n'avait que queques jours à la mort de son père, qui lui donna pour tuteurs Martinuzzi et Pierre Petrovich, et, malgré le traité de Weitzen, conclu en 1538, il fut reconnu roi de Hongrie par le sultan Soliman II, qui saisissait toutes les occasions d'étendre son influence en Europe. La guerre ayant bientôt après éclaté entre Ferdinand et le jeune Zapoiy, et le général Roggendorf ayant mis le siège devant Bude (1541), le sultan en prit occasion pour envahir et ravager la Hongrie, battit les troupes autrichiennes, s'empara de la capitale et envoya en Transylvanie Jean II Zapoiy avec sa mère, la régente Isabelle, en , s'engageant k lui restituer la Hongrie dès qu'il aurait atteint sa majorité. Dépouillé de ses Etats, trahi par Martinuzzi, le roi enfant dut conclure un traité par lequel il renonçait au titre de roi et k la Transylvanie en faveur de Ferdinand I", moyennant une pension de 15,000 florins et les principautés d'Opola et de Rucibor, en Silésie.Il se retira alors avec sa mère auprès de son grand-père Sigismond, roi de Pologne, revint en Transylvanie en 1554, à l'appel de la diète de Maros-Vasarhely, n'y exerça qu'un pouvoir précaire, épousa Jeanne, fille de Ferdinand, et reprit le titre de roi en 1560. Avec l'appni du sultan, qui le mit en possession de quelques places de la Hongrie, Jean II fit la guerre à Maximilien. héritier des droits de Ferdinand. Mais une trêve de six ans ayant été conclue en 1563 entre le sultan et Maximilien, Jean Zapoiy entra en négociation avec ce dernier et signa avec lui un traité de paix par lequel il renonçait au titre de roi et gardait, outre la Transylvanie, son patrimoine, une partie de la basse Hongrie. Ce prince, qui fut le dernier membre de la famille Zapoiy, mourut d'apoplexie, après un règne plein de vicissitudes et sans avoir pu recouvrer d'autre portion de son royaume que la basse Hongrie jusqu'à la Theiss,

ZAPORNIE s. f. (za-por-nl — du gr. zaps, mor ; omis, oiseau). Ornith. Syn. de porzane.

ZAPOROGUES ou ZAPORAVIEN3, branche de Cosaques établis primitivement près des cataractes du Dnieper. Us furent successivement au service de la Pologne, de la Suède et de la Russie, et furent renommés

fiar leur valeur et leurs brigandages. Pierre e Grand, qui savait utiliser tous les éléments de puissance répandus sur son vaste territoire, organisa les Zaporogues et leur donna pour hetman Mazeppa. En 1775, Catlierine-II les transporta sur les rives du Kouban pour tenir en échec les Circassiens ; dès lors, ils prirent le nom de Cosaques de la mer Noire, qu'ils ont conservé depuis.

ZAPOTE s. f. (za-po-te). Bot. Syn. de sapote.

ZAPOTÈQUE s. m. (za-po-tè-ke). Linguist.

Idiome mexicain.

— Encycl. Le eapotèque est parlé dans toute la Zapoteca, partie de l'Etat d'Oaxaca, république mexicaine, habitée encore par les Zapotèques. Ce peuple se distinguait des autres nations américaines par ses progrès dans la civilisation, même avant d'avoir été soumis aux Mexicains. C'est k lui que, selon le baron de Humboldt, est due la construction du Mitla ou Mignitlan, désigné dans les environs d'Oaxaca, où' il se trouve, sous le nom de palais de Mitla. II est surtout remarquable par ses colonnes dépourvues de chapiteaux et par ses grecques, qui forment une sorte de mosaïque et qui ont beaucoup d'analogie avec celles des vases de la Grande- Grèce. L'architecture de ce palais, l'élégance des grecques et surtout le bas-relief trouvé vers la fin du xvme siècle près de la ville d'Oaxaca prouvent ,que la civilisation des Zapotèques était supérieure k celle des peuples de la vallée de Mexico.

Antonio del Pozzo et J. de Cordova ont composé chacun une grammaire zapotèque, et des dictionnaires de cette langue ont été publiés par Christophe Aquaro et par J. de Cordova. On trouve un vocabulaire zapotèque dans les Nouvelles annales des voyages (Paris, 1841, t. IV).

ZAPPALA (Sébastien), érudit italien, né à Catane en 1738, mort en 1820. 11 fit une étude approfondie des chefs-d'œuvre de l'antiquité, devint à vingt ans professeur d'humanités et ne fat pas moins estimé par l'aménité de son caractère que par son érudition. Nous citerons de lui : une traduction des Fables de l'affranchi d'Auguste (Phèdre); une Grammaire en cent leçons; Excerpta ex Luciana Samosatensi, cum notis; Grammatica etprscipue idioiismi lingus (jrs.es.

ZAPPATA (Jean-Baptiste), littérateur italien, né à Commachio en 1694, mort en 1753. Lorsqu'il eut fait ses études de droit k Ravenne, il revint dans sa ville natale, où il remplit les fonctions de podestat et celles de vice-gouverneur. Tout en remplissant ces emplois avec zèle, il cultiva les lettres et la

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