‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 990 sur 1042 · V. Zaïonczek · texte numérisé non relu

V. Zaïonczek

ZAZALÉ s, m. (za-za-lê). Bot. Nom vulgaire de la mentzélie hispide, plante qui croît au Mexique.

ZAZ1CIIOVEN ou ZETZENHOVEN (Ulric dk) , minnesinger allemand, qui vivait au commencement du xmo siècle. Il contribua aux progrès de la poésie en Allemagne, et traduisit dans le dialecte souabe le Roman de Lancelot du Lac, écrit en français par Arnauld Daniel. Cette traduction a été publiée dans les Conversations de Hambourg.

ZAZLACÉE, appelé souvent à tort Zezelme, général abyssin, mis à mort en lGOG. Issu d'une famille obscure, il s'éleva aux premiers emplois par ses talents et par son courage, et épousa une des parentes de l'empereur d'Abyssinie-, Malac-Saghed , qui lui donna la vice-royauté de Dembea. Après la mort de ce prince (159G), son iîUs naturel Jacob fut désigné par les grands pour lui succéder; mais ayant voulu gouverner par luimême, on le déposa et on le remplaça par son cousin Za-Denghel (1603). Bien qu'attaché a Jacob, Zazlacée s'empressa de reconnaître le nouvel empereur et le servit utilement dans la guerre qui survint entre les Abyssins et les Galles. Za-Denghel s'attacha à accroître les relations commerciales de son empire, accueillit les étrangers et se convertit au catholicisme. Les prêtres abyssins, irrités da sa conversion, appelèrent le peuple aux armes, et Za-Denghel trouva la mort en combattant les rebelles (1604). A cette nouvelle, Zazlacée résolut de rétablir Jacob sur le trône et l'envoya tirer de la prison où il était enfermé ; mais, pendant ce temps, un prince de la famille royale, Socinios ou Susnejos, se fit proclamer empereur, entra en campagne contre Zazlacée et Jacob et, après des alternatives de succès et de revers, parvint à surprendre dans son camp le vice-roi de Dembea, qu'il égorgea. Quelques mois plus tard, Jacob, attiré dans un défilé, trouva la mort dans un combat.

ZBARAWSKl (Jean, prince de), général polonais, descendant des Jagellons,né vers le milieu duxvie siècle, mort en 1608. Son père lui laissa en mourant le duché de Zbaraet lastarostie de Kirzemienecz. Il se signala par son courage pendant l'interrègne qui suivit la mort de Sigisinond-Augusto, particulièrement en 1572. et acquit toute la confiance du roi Etienne Bathori, qui lui donna le titre de sénateur, le palatinat de Braclaw et le commandement de l'armée pendant les guerres que la Pologne eut à soutenir contre Ivan IV, grandduc de Moscovie. Les succès qu'il obtint en prenant Sokol, Toropoez, etc., amenèrent la conclusion d'un traité tout à l'avantage de la Pologne (1582) et dontil fut un des négociateurs. Après la mort de Bathori (1592), il se

ZBI&

prononça pour l'archiduc Maximilien contre le fils du roi de Suède, Sigismond, qui fut élu roi de Pologne^ Il n'en conserva pas moins tout son crédit sous le nouveau prince, et accrut encore sa réputation militaire en combattant les Cosaques et les Tartares, qu'il poursuivit jusqu'à Zaslaw après leur avoir enlevé tout leur butin. — Son fils, le prince Christophe Zbarawski, mort en 1624, s'est fait connaître par la mission diplomatique qu'il remplit à Constantinople sous Sigismond III, en 1622 et en 1623. Pendant cette ambassade, qui avait pour objet de faire renouveler. les traités conclus entre Sigismond 1er et Soliman, Zbara*wski déploya une magnificence telle que, pendant fortîongtemps, lorsque les Turcs parlaient de quelque chose de grand, ils disaient : « Qu'est-ce que tout cela en comparaison de Zbarawskî? • Apres un long séjour à Constantinople, il parvint à conclure la paix, principal objet de sa mission, à obtenir la liberté des prisonnier polonais; fut comblé de présents par le grand vizir Bassa-Hussein , retourna à Varsovie rendre compte k Sigismond III du succès de sa mission et mourut peu après. Le journal de cette ambassade, qui contient des faits curieux, a été publié dans le Choix de mémoires historiques de l'ancienne Pologne (Varsovie, 1822).

ZBAItAZ, ville de l'empired'Autriche, dans la Galicie, cercle et k 26 kilom. N.-E. de Tainopol, sur l'Ikwa; 5,800 hab. dont 2,000 juifs. Gymnase. Elève de porcs et de bestiaux.

ZBIGNIEW l«, duc de Bohême, mort en 915. 11 succéda eu 910 à son père Borziwoy, parvint, l'année suivante, à éloigner de ses frontières une invasion de Hongrois, et profita des fâcheuses circonstances dans lesquelles se trouvait l'empereur Conrad pour refuser le tribut que ses prédécesseurs payaient à l'empire. C'était un prince trèspieux qui, à l'exemple de son père, propagea le christianisme. 11 multiplia les églises et fit construire à Rome, pour les pèlerins bohémiens, un hôpital que Charles IV fit réparer en 1357.

ZBIGNIEW II, duc de Bohême, mort en 1061. Après la mort de son père, Brzetislas Ier, à qui il succéda en 1055, il chassa les Allemands de ses Etats, siuis en excepter sa mère, Judith, fille de l'empereur Othon III, enleva à ses frères, Wratislas, Conrad et Oihon, la Moravie, qui leur avait été donnée en apanage, rendit toutefois, dans la crainte d'une guerre, le comté d'Alrautz à Wratislas, qui s'était réfugié en Hongrie et y avait épousé la sœur du roi de ce pays, et mourut sans laisser d'enfants.

ZBIGNIEW, duc de Masovie, mort vers 1116. Il était fils naturel du roi de Pologne, Wladislas Hermaun, qui le fit élever dans un couvent en Saxe. Ayant quitté ce pays, il fomenta deux révoltes, et son faible père, loin de le châtier, consentit à lui donner le duché de Masovie, formant environ un tiers de ses Etats. Après la mort de Wladislas (1102), Zbigniew accourut à Polsck, y fit main basse sur les trésors laissés par le roi, et ce ne fut que moyennant la cession de la Masovie à titre de lief, qu'il consentit à en rendre la moitié à Boleslas, l'héritier légitime. 11 continua snus le nouveau roi à fomenter des révoltes, s'allia avec les Bohémiens et les Poméraniens contre la Pologne, obtint une première fois son pardon de Boleslas, fut fait prisonnier dans une nouvelle révolte et exilé, bien que l'armée polonaise demandât sa mort, erra plusieurs années dans les pays étraugers, obtint encore une fois sa grâce et disparut enfin vers 1116. Ce prince méprisable et devenu odieux à ses compatriotes fut, selon les uns, mis à mort par ordre de son frère Boleslas pour s'être jeté dans de nouvelles intrigues ; selon d'autres, il eut les yeux crevés et mourut peu après en prison.

ZBIGNIEW, chancelier de Pologne, qui vivait au xive siècle. D'abord prévôt de Ja cathédrale de Cracovie, il devint ensuite chancelier de Casimir le Grand, qui lui accorda toute sa confiance. Un congrès ayant été réuni, en 1355, à Trenezyn pour y régler, sous l'abitrage do Charles-Robert, roi de Hongrie, ia prétention de Jean, roi da Bohême, sur la couronne de Pologne, Casimir le Grand envoya pour le représenter à celte assemblée Zbigniew, qui consentit à abandonner, au nom de son maître, au roi de Bohême la Silésie et une partie de la Masovie, pendant que, de son côté, ce prince renonçait à toute prétention sur la Pologne. Pendant son séjour à Trenezyn, le chancelier fut comblé de présents par le roi de Hongrie, qui désirait ardemment voir le trône de Pologue passer à son fils aîné à la mort de Casimir le Grand, son beau-frère, lequel n'avait pas d'héritier. mâle. De retour en Pologne, Zbigniew, gagné à cette cause, agit en ce sens près du roi et le fit entrer dans les idées duiroi de Hongrie. Une diète ayant été convoquée à Cracovie en 1339, le chancelier parvint à faire élire par cette assemblée le prince Louis de Bohême pour successeur de Casimir. Cette résolution ne fut point agréable à ia nation polonaise, et les historiens du temps ont traité avec uue grande sévérité Zbigniew pour la grande

ÎÉth 1463

part qu'il prit à l'élection d'un prince étranger.

ZBIGNIEW O'OLESCIINICZ, cardinal et prélat polonais, de la même famille que le précédent, mort à Sandomir en 1455. Lors de la bataille de Grùnswald, en 1410, il sauva la vie au roi Wladislas Jagellon, qui voulut le revêtir de ses propres armes; mais le jeune homme, qui voulait entrer dans les ordres, refusa cet honneur et jouit, à partir de ce moment, de la plus grande faveur auprès du roi. Après avoir rempli, en 1420 et 1421, deux missions diplomatiques auprès de l'empereur Sigismond, il fut appelé au siège épiscopal de Cracovie (1422) et entra au sénat. En 1439, il suivit Jagellon à l'assemblée do Lucko, décidace souverain à se prononcer contre le couronnement de Witold, comme roi de Lithuanie, fut envoyé à .plusieurs reprises vers ce dernier prince, qui menaçait de faire la guerre k la Pologne, se rendit, comme ambassadeur à, Bâle, en ,1433, .retourna à Cracovie dès qu'il apprit la mort de Jagellon et contribua à l'élection du jeune Wladislas Jagellon. En 1445, Zbigniew fut nommé cardinal par le pape Nicolas V et obtint h ce titre, en 1449, la présidence de la diète. Pendant le règne de Casimir, qui habitait le plus souvent la Lithuanie, l'évêque de Cracovie remplit en son absence les fonctions de vice-roi de Pologne et de président du. conseil royal. On trouve dans l'histoire de Duglagsz les sévères remontrances que Zbigniew adressait en plein sénat à Jagellon et aux deux rois ses successeurs.

ZBOROWSKI (Samuel), magnat polonais, décapité en 1584. Lors des fêtes qui eurent lieu à Cracovie, en 1574, à l'occasion du couronnement de Henri, due d'Anjou, il assomma un autre magnat, André Wapowski, fut banni k perpétuité du royaume, sans que cette sentence portât avec elle infamie, et se retira en Trunsylvanie. A l'avènement d'Etienne Bathori comme roi de Pologne, Zborowski demanda l'autorisation de revenir dans sa patrie, mais sa demande fut re^ poussée. Il entra alors à muin armée dans le palatinat de Cracovie, avec l'intention de s'emparer de la personne du chancelier Zamoyski afin de pouvoir, grâce à cet otage, dicter les conditions de son retour; mais le chancelier, averti de ses projets, les déjoua en faisant lui-même prisonnier Zborowski, qui fut conduit dans la prison de Cracovie. Bathori donna alors l'ordre défaire exécuter la sentence qui frappait de la peine capitale le meurtrier de Wapowski, dans le cas OÙ il remettrait les pieds en Poiogne, et le lendemain Samuel Zborowski fut décapité.

ZBOHOWSK1 (Christophe), magnat pololonais, frère du précédent, mort dans l'exil vers la fi» du xvie siècle. Il so retira à Vienne lorsque sou frère eut été condamné à l'exil (1574), et fit d'inutiles efforts dix ans plus tard pour empêcher l'empereur de reconnaître Etienne Bathori comme roi de Pologne. Une diète générale ayant été convoquée en 1585 pour prononcer sur les délits dont il s'était rendu, coupable, Zborowski refusa de se laisser juger par le sénat, se retira avec une troupe «ombreuse en Moravie, puisa Vienne, etfut pendant ce temps déclaré infâme, déchu de tout honneur comme ayant conspiré contre les jours du roi et entretenu des relations criminelles avec le czar de Moscovie. Bathori réclama l'extradition do Christophe près de l'empereur Rodolphe, qui se contenta d'ordonner à ce dernier de sortir de ses Etats. Zborowski retourna en Moravie, où il apprit la mort de Bathori. Sans attendre sa réhabilitation, il rentra en Pologne à maki armée, alla prendre part il la diète convoquée, le 30 juin 1587, pour élire un nouveau roi et vint augmenter les forces du parti qui voulait placer sur le trône l'archiduc Maximilien. Zauioyski étant parvenu à faire élire Sigismond III, les deux, partis opposés faillirent en venir aux mains. Bientôt après l'archiduc Maximilien fut battu et fait prisonnier; Zborowski dut quitter encore une fois la Pologne, etil termina sa vie dans l'exil.

ZBYLITOWSKl (Pierre), littérateur et poète polonais, né dans le palatinat de Lublin en 1634, mort à Varsovie en 1757. Après avoir terminé sos études à l'université de Varsovie, il devint un des chambellans de Stanislas-Auguste. Doué d'un esprit fin, humoristique, pprté vers la satire, plein d'une verve mordante qui jaillissait en traits acérés, il se fit denombieux ennemis àla cour et ne tarda point à tomber en disgrâce. Zbylitowski quitta alors ia Pologne, visita successivement l'Atir gleterre, l'Italie , la France, les Antilles, Y Amérique du Nord, et finitparrevenir danssa patrie, où il termina ses jours. Comme poète, il futle disciple de l'école française et, presque avec autant d'esprili que Voltaire, il sut manier le sarcasme etl'ironie. Ses vers sont écrits dans une langue pure, nerveuse, élégante, pleine de coloris, et ces* mêmas qualités se retouvent dans ses ouvrage»

en prose, où il se montre a la fois observateur sagace et critiquo profond, surtout lorsqu'il étudie les mœurs de son temps. Noua citerons de lui : Recueil de satires (1723, in-40); Porydia , poème (Varsovie, 1734, in-40} ; Mpigrammes (Varsovie, 1735, in-40); Esquisses de mœurs et tableaux littéraires (Varsovie, 1736) ; Etudes sur les œuvre* de

Page 1