‹ Grand jeu de sociétéChapitre 42 sur 50 · VOUS · texte numérisé non relu

VOUS

SIBYLLE PERSIQUE HUITIEME

AUGURE TI

N'y croyez que médiocrement : sa vie se passe à écouter des cancans, des on dit, et les gens légers y ajoutent trop vite foi.

Non, parce qu'il y va de votre honneur ; vous devez amener une provocation en duel : vous ne serez pas atteint, et tout sera réparé.

Vous avez le malheur de posséder une femme stérile ; mais elle vous aime ardemment, et ceci doit quelque peu vous consoler.

Îl ne finira que par l'entremise de votre famille. Employez-la le plus tôt possible, car la solitude et

le délaissement vous sont fatals.

Vos fils seront pour vous ce que vous avez été pour votre père, c est-à-dire ils vous aimeront peu et dissiperont votre patrimoine.

Le

Prenez garde ; cette question est très sérieuse, Je vous engage surtout à ne pas épouser la famille de votre femme.

Non; car vos enfants, si vous continuez à les délaisser, seront pour vous une source de peines et de douleurs sans nombre.

cf

Oui, et malgré votre esprit et toute votre perspicacité, vous ne devineriez jamais par qui et dans quelles circonstances.

Vous en êtes déjà à la seconde période de l’amour, à celle du calme. Hélas ! celle de l’indiftérence va s'ouvrir.

Fa

Emmenez avec vous l’ami dans lequel vous avez

confiance, sinon, vous courez de grands risques. Ve 15

SIBYLLE PERSIQUE: HUITIÈME

AUGURE IT

Il y a des gens nés pour être presque toujours malheureux. Ne cherchez donc pas à connaître l'avenir.

Oui, et sans cesse, c’est parfaitement votre faute. Pourquoi êtes-vous aussi insouciant de vos propres intérêts ?

Oui, si vous consultez les deux seuls amis que vous ayez; mais vous êtes, trop, indiflérent pour cela.

Vous avez de l’organisation; mais. les femmes

et les plaisirs englobent trop vos instants.

Une brillante décoration récompensera dans peu un acte de dévoûment de votre part, et ce sera toute justice.

Oui, et les gens qui vous entourent et vous jettent dans les affaires n’ont qu’un but, celui de vous exploiter et de vous laisser là.

Vous ne devez plus compter sur la protection d'un personnage puissant; mais il vous reste votre conscience d'honnête homme trop facilement entraîné.

On vous trompe : vous avez eu grand tort de rejeter les soupirs de votre ancien prétendant; vous ne retrouverez pas aussi bien.

Vous pouvez engager votre parole, mais avancer des espèces, je ne vous le conseille pas; l’avenir vous dira que j'ai raison.

Non, si vous fréquentez sans cesse avec votre modique fortune des gens paresseux et dissipateurs qui vous perdront de plus en plus.

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SIBYLLE PERSIQUE HUITIÈME

AUGURE IN

Non, les apparences sont trompeuses : votre femme vous aime autant que sa vie; mais Sa COquetterie l'emporte et la montre criminelle.

Vous en aurez deux; mais la seconde vous fera

éternellement, regretter la première, et vous as-

pirerez secrètement à un deuxième veuvage.

Hélas! celui qui vons est destiné par le sort vous épousera sans amour, tandis que vous aurez dédaigné le meilleur et le plus passionné.

Vous n’en aurez pas dans le mariage, et ceci viendra sans doute de ce que vous aurez abusé trop jeune de votre sève et de votre amour pour les

femmes.

Oui, car toute peine comme tout bonheur est passager ici-bas; mais il faut attendre de meilleurs temps politiques.

Elle en aura un fort désagréable pour vous, parce qu'on étudiera les allures de votre vie passée, qui n’est pas sans erreurs.

Oui, si vous savez vous faire aimer d’un auteur dramatique qui vous veut du bien, et qui pourra vous créer des rôles pour vos moyens.

Oui, et vous aurez la douleur de ne pouvoir obtenir d'enfants de votre femme; ce qui vous fera adopter un enfant d’une famille pauvre.

Non, parce que le secret que vous voulez lui découvrir l'intéresse trop; il travaillerait pour lui en dessous : la vie est ainsi.

Un brillant mariage et une découverte importante vous attendent au delà des mers ; mettez ordre à vos affaires et partez incontinent.

SIBYLLE PERSIQUE HUITIÈME

AUGURE IY.

Vous êtes assez jolie et assez spirituelle pour cela; mais vous faites trop valoir votre beauté et votre esprit : on vous croit le cœur froid.

Celui que vous prenez à tâche d’humilier chaque jour, et que vous dédaignez ostensiblement. Cependant 1l songe à vous épouser.

Oui, et ceci est la douce récompense d'une vertu qui n’a jamais bronché; mais disons aussi que les occasions vous ont manqué.

Vous arriverez à un poste honorable et recher-

ché ; mais vous ne l’obtiendrez qu'à force de tra-

vail continu et de veilles fécondes.

Vous en avez déjà inspiré, et les feux de ce petit dieu brûlent un certain cœur à votre insu. Comment n'avez-vous rien vu ?

Vous en inspirez à tous ceux qui vous connaissent, par votre air honnête et candide, quoique vous soyez en dedans rusé comme un renard.

Vous; pensez leur laisser une grande fortune : vous êtes dans l'erreur : un échec considérable doit la diminuer des trois quarts.

Oui, il y a une femme qui vous y subjuguéra, et vous vous attellerez à son char, pour le traîner en esclave brillant et envié.

Vous ne vous en occupez pas assez ; vous faîtes l'élégant et le fläneur/ et vous perdez mille occasions de vente.

Après être arrivé à une fortune brillante, vous

tomberez: infailliblement, si vous continuez à ha-

sardez dans les jeux de bourse ce que vous possédez.

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