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SIBYLLE PHRYGIENNE NEUVIÈME
AUGURE I
Oui, si vous avez beaucoup de capitaux et que vous ne vous associez qu'avec des personnes aussi probes et aussi riches que vous.
Modérez vos désirs et vos appétits ; soyez le plus possible chaste et sobre, et ne vous inquiétez pas de l'avenir.
Non, parce que vous avez affaire à des gens plus puissants que vous, qui influenceront les juges et vous feront condamner.
Vous ne craignez donc pas les révolutions”? et
cependant elles sont respirables dans l'air ; du
reste, vous pouvez en tâter.
Mon Dieu, non ; vous vous forgez sans cesse des craintes mal fondées : vous vous défiez de tout le monde, et cependant personne ne vous trompe.
Oui, et un ami que vous négligez depuis quelque temps sans motif sera cause de ce retablissement si heureux pour vous et votre famille.
Vous êtes tout à fait dans l'erreur : la personne que vous croyez vous tromper est fidèle, La ruse et la perfidie viennent d’un autre côté.
Vous le devez par rapport à votre famille et à vos fonctions, d'autant plus que tout repose sur un mensonge.
Je ne puis vous le dire : votre ménage deviendrait un enfer insupportable. Il est des vérités qu'il faut savoir ignorer.
I vaut mieux ne pas y songer : des embarras
nouveaux d'argent surgiraient et susciteraient des
querelles sans fin.
SIBYLLE PHRYGIENNE NEUVIÈME
AUGURE II
Oui, si vous savez leur donner vous-même une éducation convenable. Les enfants ne sont très sou-
vent que ce que les font les parents.
Oui, mais, pour cela, il faut changer de conduite, et oublier vos trop faciles amours.
Non, car vous abusez du bonheur présent ; prenez garde, la lassitude et l'ennui vous prendront tôt ou tard.
Oui, parce que votre capacité reconnue et sur-
tout votre probité à l'épreuve doivent vous pousser à la fortune.
L'entreprise dont on vous parle est très belle sur les prospectus ,; mais ceux qui la, montent n’ont pas de ressources.
Oui, mais assez tard en obtenant une brillante position qui vous enrichira, et ceci vous viendra par l'entremise d’une femme.
Oui, vous êtes sur le point d'obtenir un brillant héritage, mais vous le dissiperez.
Non, au contraire, on veut votre bien, mais vous ne savez pas reconnaître les amis des indifférents.
Ne vous exposez pas, ét dans ce moment faites comme l'écrevisse : allez à reculons.
Ta Oui , et après bien des épreuves la gloire doit couronner yotre nom, mais travaillez sans re-
lâche.
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SIBYLLE PHRYGIENNE NEUVIÈME
AUGURE III
de
C’est infaillible, si vous ne vous détournez pas de vos devoirs ; mais vous êtes sur une mauvaise pente.
Oui, et c’est l'instinct de la conscience qui vous avertit ; obéissez à cette noble impulsion, ou sinon vous vous exposez à des dangers réels.
Repentez-voussincèrement et vous serez pardonné ; mais, si vous retombez dans la même faute, 1l vous arrivera un affreux malheur.
Vous profanez le mot sacré d'amour. Parce qu’on a pour vous certains égards et que vous êtes belle, vous croyez qu’on vous adore. On vous re-
marque.
Oui, mais enlevez la femme aimée aux séductions
de Paris, sinon vous courez de grands risques. ”
Ceci dépend de vous ; laissez de côté les per-
fides conseils qu’on vous donne.
Non : on veut vouséloigner d'amis fidèles en les calomniant, et si vous les perdez vous n’en trouverez jamais de pareils.
Vous n'en aurez qu’une, mais son inconduite, résultat de la vôtre, vous causera de vifs chagrins et vous obligera au divorce.
Vous mourrez vieille fille, et la religion vous consolera d’une solitude forcée , parce que vous aurez manqué, par coquetterie, une occasion unique.
Ce serait un très grand malheur pour vous, car vous manquez de fermeté et de tête pour bien les élever. Vous les gâteriez et en feriez des tyrans insupportables.
SIBYLLE PHRYGIENNE NEUVIÈME
AUGURE IV
Si elles l’étaient, vous seriez obligé de quitter toutes vos connaissances et de vous faire à Jamais oublier de votre famille et de vos amis.
Avez-vous mieux réussi depuis. 4830 ? Vous voyez donc bien que vous êtes trop bas pour que les bouleversements politiques vous profitent.
Non, c’est un marchand de mots et de latin. Je vous engage à le renvoyer poliment, ou il ferait de vos fils des pédants ignorants.
C’est le moins beau et le plus âgé : vous pouvez
vous confier à sa bourse toujours ouverte. Mais
ayez du cœur pour lui.
Non, et on en pleure de rage secrètement : mais on vous aime tant qu'on n'ose vous faire part d’une douleur qui tue.
Vous devriez bien auparavant vous demander si vous êtes en état de les supporter. Il faut toujours mésurer son fardeau à ses épaules.
Vous en avez inspiré à deux jeunes gens qui se haïssent en se trouvant rivaux, mais, par malheur, vous n'aimez ni l’un ni l’autre.
Il y a une personne qui a une foi entière en vous. Cultivez-la avec: persistance , elle fera votre bonheur et votre fortune.
Qu'est-ce que cela vous fait ? sachez user d'une fortune que vous avez gagnée à la sueur de votre front et honnêtement.
Les succès que vous y obtiendrez seront payés bien cher : vous y perdrez toutes vos belles illusions et la fleur de votre probité.
SIBYLLE ALBUNÉE DIXIÈME.
AUGURE T
Oui, et dans peu un personnage puissant et qui s'intéresse à vous, quoique vous ne le connaissiez pas, amènera votre sortie.
Oui, parce qu'une femme qui vous aime et que vous dédaignez s’emploiera dans votre affaire sans que vous le sachiez.
Oui, si, au lieu de courir les fêtes etles parties de plaisir, vous travaillez sérieusement et étudiez jour et nuit des chefs-d'œuvre dramatiques.
Oui, et la jeune fille que vous épouserez vous
rendra heureux mari et heureux père, malgré son
soùût exagéré pour la toilette.
Non ; car celui que vous appelez ami n’est lié avec vous que par des motifs d'intérêt qui finiront très vite.
Si vous vous expatriez, vous courez risque d’un naufrage ; vous y perdrez tous vos biens, mais il \ a espoir qu'avec votre talent vous arriverez à Ja fortune.
Je vois dans l'avenir une catastrophe qui vous disçréditera à jamais, après une belle position commerciale que vous vous serez faite.
Si vous n'y prénez garde, vous pouvez mourir de mort violente; défiez-vous d’une mauvaise compagnié qui vous accapare.
Vous pouvez le gagner, mais employez toutes les ressources, des visites, des condoléances, des pleurs au besoin, faites du bruit.
‘ssayer de la haute courtisannerie c’est un mélier qui, du reste, vous va, et où vous êtes passé maître depuis longtemps.
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