‹ Grand jeu de sociétéChapitre 45 sur 50 · LS À · texte numérisé non relu

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SIBYLLE ALBUNÉE DIXIÈME.

AUGURE III

Vous êtes un peu fat: parce qu'on vous parle agréablement et qu'on vous sourit par coquetterie, vous vous croyez aimé ; mais 1l est des femmes qui sourient ainsi à tout le monde, dans le seul but de montrer leurs dents blanches.

Oui, s’il vous fait oublier une femme qui jusqu'ici vous a spolié indignement,

Vous commencerez à réussir dans quelques mois, mais 1l faut des années pour arriver.

Oui, et cela vient d'une femme que vous affec-

tionnez et qui vous tend mille embüûches.

Il'est moins grand que vous ne pensez; votre imagination vous montre des fantômes.

Il'y a des gens, comme dit Beaumarchais, qui sont hommes de lettres comme des facteurs de la poste : n'êtes-vous pas de ce nombre ?

Oui, mais il vous arrivera par votre imprudence un échec que vous ne pouvez guère éviter ; défiezvous de votre entourage,

Pour en être assuré, mettez à l’épreuve celui que vous appelez votre ami, et vous jugerez par vous-même de son manque complet de cœur.

Retournezen province et à l'étranger, s’il le faut; car {oules vos connaissances ne veulent plus vous voir n1 vous aider.

On vous estime beaucoup, et contentez-vous de

l'estime qui peut durer loujours, tandis que l’a-

mour n'est que passager.

SIBYLLE ALBUNÉE DIXIÈME.

AUGURE IV

Oui, si Vous savez tirer parti de la position que vous occupez : pour cela, il vous faut beaucoup d'adresse , de prudence et de travail.

Oui, si vous ne vous laissez pas séduire par les amorces de l’industrialisme, qui cherche partout à faire des dupes, et qui a devoré bien des fortunes plus considérables que la vôtre.

Ce n’est pas un changement de gouvernement qui vous sera utile, mais bien un changement de conduite. Profitez de cet avis.

Oui, et sous peu, si vous continuez à les ourdir

au grand jour avec une pareille audace. En vérité,

vous êtes bien téméraire.

C’est un homme médiocre comme talents, mais il est laborieux et surtout très moral. Il vous convient.

Le dernier venu vous aime le mieux, c’est dans l'ordre, mais je crains bien que son amour ne soit que l'attrait passager des sens.

Oui, mais 1l a des vices cachés. C’est à vous à le surveiller attentivement, afin que vos enfants ne s’aperçoivent de rien.

Ce que vous ambitionnez est l’objet des convoises de bien des vivants capables : il faut une adresse incalculable pour réussir.

Oui, et vous serez la plus heureuse des épouses, du moins pendant quelques années, car tout s’use promptement 1ci-bas.

Elle ne se donne guère qu'aux caractères francs et ouverts dont le mobile des actes est l'honnêteté. Avez-vous un de ces caractères-là ?

SIBYLLE TIBURTINE ONZIÈME

AUGURE I

Non. Prêter de l'argent, même à des amis, c’est une imprudence qui, presque toujours, nous les fait perdre.

Dans l’incertitude de l'existence humaine, vous feriez bien mieux de moins en contracter , ear il peut vous arriver des créanciers implacabies.

Tellement vraies qu'il vous faut un très grand courage pour les supporter, mais elles ne nuiront que temporairement à votre fortune.

Oui, mais la première n'aura pas de dot, et vous

souffrirez avec elle la pauvreté ; la seconde aura de

l'argent et manquera de cœur.

DES SIBYLLES. 199 Un seul, qui dissipera votre bien et vous rendra

sr

très malheureuse ; mais vous vous vengerez de lui par jalousie.

Vous aurez un garçon qui deviendra un grand artiste et se fera une brillante réputation dans le monde des salons de Paris.

Si vous le désirez, faites connaître à vos persécuteurs, à vos créanciers intraitables, les services que vous avez rendus à tout le monde , et qu'on ignore par votre modestie.

Non, parce que vous visez trop haut. — Les fumées de l'ambition égarent votre esprit, et cependant vous n'êtes qu'une personne médiocre.

Il faudrait pour cela refaire toute votre instruction. Vous n'avez que la taille et la voix : ceci ne suffit jamais.

Oui, et la dot de votre charmante jeune femme vous aidera à monter à un poste brillant dans le service de l'État,

SIBYLLE TIBURTINE ONZIÈME

AUGURE II

Croyez-vous fermement en avoir ? S'ils l'ont prouvé par des actes, soyez confiant, sinon restez dans une prudence absolue.

L'occasion qui se présente pour vous est très favorable ; mais vous n'’arriverez à la fortune dans Îles pays lointains qu'après mille obstacles.

Oui, car vous avez de la prudence et des amis sûrs ; mais ne donnez jamais votre signature qu avec des assurances certaines.

La jeunesse et la vieillesse ne sont que des mots :

il y a des vieillards précoces à vingt-cinq ans et

des jeunes gens à soixante.

Cela est trop certain : vous avez des ennemis redoutables, et vous ne faites rien pour les apaiser. Voyez-les le sourire aux lèvres.

Vous y réussiriez pendant un temps assez long, mais un grand désastre vous rejetterait sur le pavé, et vous en mourriez de douleur.

Oui, et vous êtes entre les mains dangereuses de deux hommes qui en veulent à votre patrimoine et à votre réputation. Soyez actif.

Vous pouvez trouver bien mieux; vos talents sont connus. Mais je vous engage, en attendant, à voir deux femmes qui vous veulent du bien.

Vous voyez juste. N'ayez pas l’air de vous douter de quelque chose, et soyez sans cesse à l’'embuscade : vous découvrirez tout.

À votre place je lés accepterais; mais, pour fer-

mer la bouche à la médisance, je demanderais que

ces excuses fussent couchées sur le papier.

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