‹ Grand Sympathique et corps thyroideChapitre 13 sur 32 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L'Électrisation du sympathique cervical

chez rhomme.

L'insuffisance de la paralysie artificielle du sympathique cervical dans certaines formes d'épilepsie et dans quelques troubles fonctionnels analogues nous a conduit à penser qu'une thérapeutique de sens inverse donnerait peut-être de meilleurs résultats. Dans ce but nous avons employé l'excitant le plus commode et le plus ellicace, rélcctricité. Nous avons ainsi faradisé le sympatliique cervical d'un épileptique essentiel, d'un hystéro-épileptique, d'un homme atteint d'une névralgie du trijumeau, et d'une goitreuse exophtalmique cachectique.

Le courant faradique, appliqué par les deux pointes de l'appareil usité en physiologie au niveau et au-dessous du ganglion cervical supérieur mis à nu et isolé comme pour son ablation, a passé pendant une minute environ à une dose presque insensible sur le dos de la main et pénible à la pointe de la langue.

Chez ces quatre malades les phénomènes immédiats ont été ceux qui sont bien connus : propulsion de l'œil, dilatation des pupilles, pâleur conjonctivale, abondante sueur dans la moitié correspondante de la face (sauf dans deux cas) et précipitation des battements du cceur constatée à la pulsation radiale, et puis

un phénomène inattendu : k contraction de certains muscles du cou, sur lequel nous reviendrons.

Deux minutes environ après lu faradisation, les phénomènes de paralysie du sympathique se sont montrés : resserrement de la fente palpébrale, vaso-dilatation conjonctivale, myosis (sauf dans un cas où ia mydriase a persisté vingt-quatre heures pour faire place ensuite au resserrement pupillaire). Cette paralysie du sympathique a été due, non pas à l'élongation et aux mameuvres de l'isolement de ce nerf simplement mis à découvert, non isolé et non chargé sur la sonde cannelée, mais bien il l'épuisement qui succède à une trop forte eicitation. C'est donc la paralysie du sympathique qui succède, du moins pour quelque temps, à tous les traumatismes, même aux excitants qui agissent sur lui : section, résection, broiement, élongation. électrisation.

Quant à l'efficacité de ce moyen, il nous a rappelé ce que nous avions obtenu à l'aide des autres moyens dont nous venons de parler et a dépendu de ia maladie à laquelle il s'adressait.

Cctteélectrisation, que nous avons faite seulement à la région cervicale du sympathique, peut être pratiquée aussi sur le plexus solaire pour les circonstances pathologiques que nous avons indiquées {Lijon Médical, mars 1899). Elle serait préférable à celle «|ui va exciter le cœur par des pressions digitales il travers un volet tlioracique dans les syncopes graves, car elle diffuse à la périphérie et dans les centres qu'elle peut ranimer.

abaissaient le larynx, et môme la langue fixée avec une pince dans deux cas a eu des mouvements de rétraction. Il s'agissait de phénomènes de diffusion électrique en dehors du sympathique, sur d autres nerfs. Cette diffusion se fait, à notre sens, non point par le contact du nerf excité avec d'autres nerfs : par exemple le spinal, ou la branche descendante interne du plexus cervical profond, car nous avons eu soin de nous garantir de ce voisinage autant que des muscles eux-mêmes, mais bien par la voie des anastomoses qui sont nombreuses. Ces anastomoses vont du sympathique cervical à toutes les branches antérieures cervicales qui forment le plexus cervical et le plexus brachial, sans compter celles qui passent dans plusieurs nerfs crâniens. Si Ton ajoute que le sympathique a des nerfs musculaires directs : le filet du grand droit antérieur, le filet du long du cou, on comprendra que son électrisation puisse donner des contractions dans les muscles striés.

Les spasmes obtenus de cette façon ressemblent, dès l'abord, à ceux du torticolis spasmodicjue, et la première pensée qui traverse l'esprit, c'est que cette affection relève d'un vice de fonctionnement du sympathique irrité par des excitations qui passent de son territoire dans les nerfs moteurs voisins.

Les mouvements du torticolis spasmodique, involontaires , cadrent bien avec une excitation d'un nerf ganglionnaire, c'est à-dire d'un nerf sur lequel la volonté n"a aucune influence. Ils se rapprochent des mouvements douloureux des anses intestinales, par exemple, qui sont soumis au sympathique. D'ailleurs les malades de cette catégorie ont parfois des signes d'excitation du sympathitjue cervical : crises de tachycardie, sueurs à la face, au moment des accès, sans compter de l'hypertrophie thyroïdienne et de l'exophtalmie.

La clinique démontre encore que le torticolis spasmodique est propre aux nerveux, et le sympathique est un siège d élection pour les perturbations de nervosisme. D'autre part les insuccès des opérations sur les nerfs blancs sont fréquents dans le torticolis spasmodique : nous-même avons eu deux

échecs, l'un en 1890, l'autre en 1893, pour les deux cas à qui nous avons appliqué la classique section du spinal.

La constatation de ce rôle moteur pour des muscles striés annexés au sympathique va bien avec la présence de fibres nerveuses blanches dans ce système, et permet de lui rattacher certains phénomènes moteurs involontaires des muscles de la vie de relation, tics ou contractures.

Pour nous en tenir au torticolis spasmodique, la cause provocatrice parait être dans le territoire du sympathique cervical, qui transmet à ses anastomoses les excitations qu'il reçoit. Aussi le traitement de cette affection parait devoir être une action sur ce nerf et ses anastomoses, paralysante ou épuisante, comme la faradisation ou un autre moyen, et non pas les opérations sur le spinal, ou sur les muscles et les nerfs du cou^ quelque étendues qu'elles soient.

TROISIKMIi: PARTIE

I,E SYMI'ATIIK^HE CEIIVICAL DANS I.A VISION

THOISIKME PARTI K

LE SYMPATIIl(,)rK CERVICAL DANS LA VISION

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