‹ Grand Sympathique et corps thyroideChapitre 19 sur 32 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les arthrites et arthralgies du membre inférieur

d'origine sympathique

Une série d'atîeotions articulaires jusciu'ici encore mal déterminées doivent êtn» rattachées à des perturbations fonctionnelles du sympathique sacré.

Les trois grandes articulations peuvent être prises : l'articulation de la hanche, celle du genou, ou bien celle du cou-de-pied. On y observ<» tantôt de la sim])l(» raideur due sans doute à la contracture des muscles périarticulaires occasionnée elle-même par la douleur, tantôt une véritable hydarthrose. 1^1 même les tissus périarticulaires peuvent êtn» infiltrés au point de simuler, [)ar exemple pour larticulation du genou, une phlébite ou une thrombose de la veine fémoro-poplitée. J'ai vu Tépanchement se reproduire au moindre mouvement quelque peu brusque de la jaml)e ou du pied, a])rès un heurt qui prenait tout de suite les allures de l'entorse sérieuse. Un autre malade» conservait un peu d'hydaillirose même dans les moments où le genou paraissait h» plus dégagé.

Les mass(»s musculaires s'atrophient ou du moins diminuent il la longue. Quant aux douleurs, elles sont tantôt superlicielles et profondes, tantôt seulement profondes et localisées aux culs-de-sac articulain^s. Il n'y a donc pas (jue le tégument qui soit doué de Thyperesthésie.

L'exploration des parties constituantes de Tarticulation ne révèle d'ailleurs rien d'anormal, sauf parfois l'épandiement.

Cette variété d'arthrite, que Ton appelle dans le langage classique arthrite nerveuse ou arthralgie, peut survenir, soit après un traumatisme (et alors on peut l'observer aussi chez rhomme), soit spontanément chez la femme jeune. Dans le sexe féminin, elle nous a jusqu'ici toujours paru liée à des troubles do la menstruation et des organes génitaux internes. Chez deux' de mes malados, la menstruation avait disparu dès Tâge de vingt-deux ans et de vingt-cinq ans, et quelque temps après cette disparition chez Tune s'était déclaré de l'asthme d'abord, puis l'arthrite du genou avec atrophie d'un membre inférieur, chez l'autre immédiatement l'arthralgie du genou. Une autre malade avait dû subir la castration tubo-ovarienne un an avant l'apparition d'une arthrite tibio-tarsienne. Une autre enfin conservait des règles douloureuses avec des troubles vaso-moteurs du membre inférieur qui se traduisaient par de l'hydarthrose du genou et des douleurs depuis le sacrum jusqu'au cou-de-pied.

Cette catégorie de malades est justiciable du même traitement chirurgical si l'affection a résisté, comme cela est trop fréquent, aux moyens classiques, y compris l'électricité, de la discision du sympathique sacré, obtenu par le décollement du rectum ; on le fait du côté du membre douloureux et habituellement il n'y en a qu'un seul (j'ai cependant vu une jeune fille chez laquelle les deux genoux étaient pris simultanément, et une autre où ils avaient été atteints successivement).

Le décollement du rectum, fait en introduisant sur la face antérieure du sacrum, par l'incision parasacrée, une douzaine de petits tampons de gaze, déchire avec les ganglions sympathiques sacrés un grand nombre de filets nerveux sympathiques afférents ou etterents, dont quelques-uns viennent lorsqu'on retire une seconde série de tampons introduits après l'extiaction des premiers. Ils sont formés à la fois des branches qui vont des jiranglions sympathiques saciés au voisinage et en particulier aux branches d'origine du sciatique et de ces

ganglions au plexus liypogastriciue : il on est qui ont de 20 à 25centimêtn»>.

Quant à l'explication de la cessation des douleurs et de la récupération fonctionnelle dans h? membre inféric^ur après ces discisions, elleiéside dans la modification apportée au système du sciati(|ue par ia rupture de ses branches végétatives et de ses nervi nervorum.

Du côté des viscères pelviens, l'hyperesthésie génitale est diminuée, soit par ]c t'ait même de la suppression du sympathique, soit par les modifications cpii se produisent de ce chef dans l'irritabililé des branches efférentes du [)l(»xus sacré et de Tune d'elles en particulier, le nerf honteux interne.

L'intervention et la thérapeutique que nous proposons pour ces perturbations d'organes ou de jointures n^volutionnent quelque peu les idées en cours jus(ju'ici : elles nous paraissent devoir prendre le pas sur l'hypothèse des névromes ostéo-articulaires, et sur la pratique de la résection articulaire, de l'amputation ou de la désarticulation.

Ces considérations s'appliquent aussi aux névralgies des moignons d'amputation du membre inférieur. Et j'espère que |)Our elles la paralysie du sympathique sacré donnera la suppression des douleurs que j'ai obtenue ])Our les névralgies pelviennes et articulaires même les plus invétérées.

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