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CHAPITRE IV

Le traitement de quelques troubles trophiques du pied et de la jambe par la dènudation de l'artère fémorale et la distension des nerfs vasculaires.

Les troubles trophiques du membre inférieur qui se rapprochent des maux perforants plantaires sont justiciables, lorsqu'ils résistent à la thérapeutique ordinaire, de Topération suivante : dènudation de l'artère fémorale dans le triangle de Scarpa, comme pour une ligature, sur toute sa périphérie, et arrachement de filets nerveux (les nerfs vasculaires) qui passent sur elle à ce niveau.

Un homme do quarante-cinq ans, alcoolique et syphilitique, présentait des plaques sphacélées, sur le pied droit, depuis trois semaines; elles étaient noires, elles siégeaient Tune à la plante au point classiciuedes maux perforants, en face de la tète du 2*^ métatarsien, une autre sur la partie terminale et interne du gros orteil, une troisième enfin sur la région homologue du 2® orteil. Ces trois pla(|ues étaient survenues spontanément, s'accompagnant de douleurs dans tout le pi<'(l et surtout sur le dos du 2'' orteil. Un chirurgien avait réséqué le 3^ métatarsien trois mois avant, pensant qu'il était la cause de ces douleurs insolites. La sensibilité était p(mt-étre légèrement diminuée dans les téguments de ce pied, mais la motilité y était intacte et la circulation analogue à celle du pied gauche ; les urines ne contenaient rien d'anormal, la moelle épinière paraissait intacte dans ses fonctions ; la seule particularité à signaler

c'est que la peau de la jambe droite présentait en bas et en dedans une coloration noirâtre avec une sensation douloureuse analogue à celle perçue sur le dos du 2- orteil. La marche n'était possible qu'avec l'appui d'un bâton ; c'était une vraie claudication.

Le lendemain de l'opération, qui avait consisté dans la dénudation de l'artère fémorale et l'arrachement des deux nerfs qui vinrent sur une longueur de 15 centimètres environ, il s'était produit à la plante du pied une grosse phlyctène de 5 centimètres de diamètre; elle comblait toute la voûte et d'emblée avait atteint ses plus grandes dimensions ; c'est vers le huitième jour qu'elle a commencé à diminuer et le dixième qu'elle a éclaté au moment de la marche, montrant à découvert un tégument exulcéré. Et comme notre malade n'a jamais voulu garder de repos, l'exulcération a mis cinq semaines à se cicatriser.

Parallèlement, lesphénomènessuivantssesontmontrésducôté des plaques noires : le neuvième jour, la plaque de la plante était tombée, laissant au-dessous d'elle une surface lisse et cicatrisée ; le même jour, on aurait pu enlever les deux plaques noires qui recouvraient les extrémités des deux premiers orteils, car elles étaient détachées sur leurs bords et ne tenaient plus que par leur centre qui se séparait trois jours après. Cette séparation des parties momifiées et vivantes s'est faite sans qu'un pansement ait été mis à leur niveau.

Un mois et demi après l'intervention, le malade demandait sa sortie, ne souffrant plus que d'une légère douleur sur le dos du 2® orteil, et marchant sans appui et sans la boiterie de son entrée.

Faut-il attribuer au simple repos une grande part de cette rapide amélioration? mais le malade qui soutirait avant l'opération gardait une immobilité relative, et il se mit à marcher tout de suite après l'intervention qui l'avait soulagé.

Pour comprendre l'action de cette méthode thérapeutique, sans préciser la part qui revient à la dénudation artérielle et

celle qui relève de la distension nerv(Mise, et sans dire si Tune ou l'autre pourrait être employée seule, il faut songer à cette énorme phlyctène apparaissant (|uelques heures après elle. Elle indique qu'un tr()nl)le vaso-moteur intense a été apporté dans la grande voie circulatoire du mem})re inférieur, et que le régime de Tirrigation du pied et de la jambe a été modifié.

Il semble ([u'il se soit produit un afflux supplémentaire du sang dans un territoire mal irrigué, mal nourri, et que, grâce à lui, des tissus en instance de mort aient pu survivre, éliminer leurs plaques de sphacèle, et reconstituer au-dessous d'elles une cicatrice résistante*.

LIA Ki: TROISIÈME

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