‹ Grand Sympathique et corps thyroideChapitre 26 sur 32 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

La régression des noyaux secondaires du cancer thyroïdien après la mise à l'air de la Glande thyroïde dégénérée.

L'influence des opérations appliquées à une tumeur maligne sur les dépôts secondaires de cette tumeur est bien connue. Un cancer du sein par exemple, s'il est extirpé lorsqu'il a greffé au loin des germes partis de lui, voit ses noyaux de généralisation grossir et se développer comme si Tablation du néoplasme initial avait accéléré leur marche. Et, d'une façon génc'rale, il en est ainsi pour les productions malignes qui ne sont enlevées qu'incomplètement, c'est-à-dire S(»ulement dans leur siège premier. Elles agissent encore de la même façon, toutes les irritations de n'importe quelle nature qui leur sont appliquées.

Les cancers thyroïdiens s'accompagnent parfois de noyaux de généralisation dans les os. Nous avons observé deux cas où des cancers secondaires existaient dans les os du crâne et dans la poignée du sternum. Ces noyaux étaient très vasculaires et animés de pulsations synchrones au pouls. La dyspnée, le cornage nous avaient fait proposer et pratiquer aux d(»ux malades la mise à l'air de leur tumeur primitive pour dégager la trachée et amener un soulagement; qui ne pouvait qu'être transitoire.

Or, les noyaux de généralisation furent influencés par l'incision pratiquée sur la tumeur primitive, mais ils furent

influencés d'une façon inverse de la manière habituelle des noyaux cancéreux métasta tiques qui grossissent et progressent comme excités par un véritable coup de fouet; ils diminuèrent de volumo et s'affaissèrent : les battements furent moins forts, et devant cotte rétrocession, je pus croire un instant que j'avais affaire à un goitre métastatique au lieu d'un cancer thyroïdien secondaire, jusqu'à ee qu'une poussée de généralisation pulmonaire vint, dans les deux cas, donner la preuve anatomique qu'il s'agissait bien de néoplasme thyroïdien piimitif généralisé dans les os, puis dans les poumons.

Est-ce par l'intermédiaire d'une action sur l'appareil circulatoire? Est-ce par une action directe sur les noyaux disséminés, que la dénudation du néoplasme primitif a retenti sur des régions éloignées. Les incisions des téguments du cou, les opérations sur la glande thyroïde» sont bien connues pour produire des réflexes variés sur des appareils et organes divers. L'effet habituel des dénudations de la glande thyroïde hypertrophiée, la rétrocession, s'est fait sentir sur les greffes antérieurement parties de la tumeur ; mais la tumeur maligne n'a pas perdu ses propriétés de généralisation ultérieure sur d'autres organes. En d'autres termes, l'opération sur le néoplasme initial semble enrayer le développement de luimême et de ses produits de généralisation développés antérieurement à elle, mais elle n'empêche pas la pullulation dans de nouvelles régions ; loin de là, elle semble au contraire la favoriser comme pour les autres néoplasmes. Il ne faudrait donc pas croire que je conseilh? la mise à l'air du cancer thyroïdien pour faire rétrocéder ses noyaux secondaires. J'ai voulu simplement dire que cette opéiation portant sur une région qui est un centn? de réllex^^s importants fait affaisser ces noyaux très vasculaires lorsqu'ils siègent dans les os et diminuer par \e resserrement de leurs vaisseaux.

Cependant j'ai eu l'occasicm d'assister à latrophie d'une tumeur thyroïdienne qui simulait un cancer par ses adhérences

aux enveloppes du cou, par les douleurs irradiées à Tocciput qu'elle provoquait, et par l'envahissement des ganglions carolidiens. C'était chez un(? femme de cinquante-cinq ans qui suffoquait. Sans anesthésie j'ai dénudé la capsuh» d(î la tumeur thyroïdienne et insinué à sa surface. ])ar-dessous Taponévrose cervicale moyenne, de la ^aze. Celle-ci fut peu à peu retirée et la plaie se cicatrisa sans encombre. Trois semaines après la malade quittait l'hôpital améliorée. Je viens de la revoir plus d'un an après l'opération, et cette malade, que je croyais morte depuis longtemps, n'a plus qu'un petit goitre, moitié moins gros que celui pour lequel je l'avais opérée ; elle n'a plus de douleurs, mais a conservé du cornage. La cicatrice est linéaire et médiane. Une inflammation bâtarde survenant dans un goître peut-elle en imposer pour une tumeur, est-ce bien un néoplasme qui a rétrocédé, sous Tinfluence de la dénudation thyroïdienne? Cette dernière hypothèse est tellement contraire à toutes les idées actuelles qu'il seraft bien risqué de la soutenir, et qu'il vaut mieux conclure que les signes cliniques peuvent être quelquefois en défaut et que nous avons été en présence d'un de ces cas lares appelés st/uirnites cjivoniques.

Il convient de rapprocher ces faits de régression des noyaux cancéreux secondaires et de strumite cluonique de l'atrophie des gros goitres après leur simple d(Miudation et des goitres plongeants après l'exotliyropexie, et de ne i)as oublier que la thyroïdine a son analogue dans les opérations de l'exposition à l'air du corps thyroïde hypertrophié, cq^^ moyens simples devant être employés avant les interventions intra-thyroïdiennesdans les goitres dilTus.

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