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CHAPITRE III

La section du sympathique cervical dans les goitres et la maladie de Basedow.

Parmi les cas où j'ai eu à couper le sympathique cervical, je ne retiendrai, pour le moment, que ceux où une maladie thyroïdienne était en cause.

La section du sympathique cervical fait rentrer Tœil dans l'orbite et resserrer les pupilles, diminuer le volume de la glande thyroïde et ralentir le cœur.

1*" Appliquée à la maladie de Basodow, cette opération est rationnelle puisque le goitre exophtalmique reproduit le syndrome de l'excitation permanente de ce nerf, et j'ajoute qu'elle peut être curative (1). Aux trois cas déjà signalés ou publiés par mon interne, M. Gayct (2), ou par moi-même*, il m'est aujourd'hui possible d'en ajouter trois autres ; l'un, qui concerne une malade de trente ans, atteinte do la triade depuis trois ans et qui fut guérie en quelques jours par notre opération ; un autre relatif à une femme de soixante-quatre ans, présentant en même temps qu'un gros goitre, delà tachycardie et du tremblement, de l'ostéoporose ayant déterminé successivement une fracture de côte et une fracture du col du fémur gauche, et chez laquelle le gonflement thyroïdien, la tachycardie et le tremblement rétrocédèrent immédiatement ; un troisième

(i) Lyon Médical i89<», mars-mai.

(i) Soc. de méd,, juillet d8%, el Lyon Médical. AliinedHusseïn, thùse Lyon, ^896.

enfin se rapportant à une femme de quarante-deux ans, malade depuis trois ans d'un goitre exoplitalmique sans goitre, mais avec arythmie cardiaque et râles bronchiques qui se déclarait, dès le lendemain de l'opération, bien améliorée et moins oppressée.

Ainsi, toutes les formes de goitre exophtalmique, primitive avecousans goitre, secondai re2L\ine hypertrophie thyroïdienne, nous ont donné des succès thérapeutiques. Nous pouvons donc dire : La méthode de choix dans le traitement de la maladie de Basedow, est et doit être la section du sympathique cervical. Sous cette dénomination, il faut comprendre aussi la résection d'une partie de ce nerf. C'est une opération facile, et qui est sans gravité dans ses phénomènes immédiats comme dans ses résultats éloignés. Témoin un jeune malade du professeur Lépine que j'ai opéré il y a trois ans ; il ne présente aujourd'hui aucun trouble trophique dans le territoire du sympathique, et cependant la continuité du nerf n'est pas rétablie, car les phénomènes oculo-pupillaires persistent toujours comme après l'intervention du côté de l'opération qui avait été unilatérale. Etant inoffensive, elle est, sans conteste, préférable aux opérations intrathyroïdiennes, énucléation ou thyroïdectomie partielle, comme aux opérations extrathyroîdiennes qui ont toutes des désastres à leur passif. On ignore ce qu'est au juste la maladie de Basedow ; d'ailleurs, les malades rangés dans cette catégorie diffèrent souvent entre eux et démontrent qu'il y a des « goitreux exophtalmiques » comme il y a des épileptiques ; mais un fait semble certain, c'est que le grand sympathique cervical est l'intermédiaire naturel et habituel entre l'élément ciiusal (qu'il soit dans les centres nerveux, dans une glande ou dans ce nerf lui-même) et les organes périphériques, œil, cœur, corps thyroïde, dont les modifications physiques ou fonctionnelles permettent au clinicien qui les a constatées d'aflîrmer la maladie en question. Cet intermédiaire étant supprimé, la cause est incapable de produire des symptômes périphériques, à moins cependant

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qu'un intermédiaire nouveau ne se produise et qui pourrait être le système sympathique annexé au trijumeau et au pneumogastrique.

2'' L'œil, le corps thyroïde, le cœur, sont donc influencés par la section du sympathique cervical qui peut encore retentir sur la circulation encéphalique et modifier le régime circulatoire de la partie la plus importante du système nerveux central. On l'avouera, peu d'interventions ont une action aussi étendue, aussi puissante, par l'importance et la variété de leurs effets. De ceux-ci, je ne ferai que signaler à nouveau les phénomènes cardiaques, en vertu desquels une circulation pulmonaire paraissant languissante et embarrassée se rétablit vite et se régularise comme dans notre dernière observation. Je veux maintenant insister sur la diminution du goitre réalisée par cette section. C'est une action immédiate dont les effets sont constatables dès le lendemain de l'opération et dont le mécanisme me paraît être le suivant. La circulation de la glande diminue et l'éréthisme vasculaire est supprimé: il ne reste pour ainsi dire que la trame plus ou moins desséchée de la glande et les noyaux goitreux préexistants, isolés pour ainsi dire dans leur capsule propre. C'est à ce point de vue (|ue doit être envisagée l'action de notre opération : elle est capable à elle seule de faire diminuer le goitre, et s'il restait dans celui-ci quelque noyau goitreux qui ne rétrocède pas, elle aurait préparé le terrain pour une opération ultérieure (jui sera plus facile et exempte d'hémorragie. Quant aux gros goitres diffus, quels que soient leur développement (*t I<*ur lieu de croissance, ils diminueraient de volume assez pour faire cesser toute gêne mécanique et rendre inoffensive une intervention intra ou extrathvroldienne consécutive si cette d(»rnière devait être prati(|uée.

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