L'OCTO-BASSE
AV- Yillaune luthier de Paris dont les éxellenls violons sont si recherchés, vient dènrichir la famille des instruments a archet dîme belle el puissante individualité, l'Orto-hsse.
Cel instrument, n'esl point ainsi que beaucoup de gens le .croient l'octave grave de la Contre-basse; il n'est que l'octave grn\e du Violoncelle seulement; il descend en conséquence plus lias d'une tierce que le Mi de la Contre-basse a quatre cordes.
Il n'a que trois cordes accordées en quinte et quarte.
Exemple. S — o —
{j?b:,ssil
Les doigts (le la main gauche de l'exécutant n'étant ni assez longs ni assez forts pour agir convenablement sur les cordes (car l'udo-basse el di.ne dimension colossale ) WYillaume a imaginé un système de touches mobiles.qui.pressant énergiquemeul les cordes, les applique.il surdos sillets places sur le marche pour produire les Ions el les demi Ions. Ces louches sont mues par des leviers que la main gauche saisit et lire de h; ut en bas derrière le manche de l'instrument el par sept autres touches Pédales sur les quelles agit l'un des pieds de lexéeuli'rl. .
C'est dire assez que l'oclo-basse ne peut exécuter aucune sucessien rapide el qu'il faut lui donner une partie spec.ale dit lerente sous beaucoup de rapporls de la pallie de Coi lre-l:asse. Son étendue est d'une nelave et d'une quinte seulement-
8" hass
Ce. ins.ru.neul a des sons d'une puissance el d'une beauté remarquables.pleins et forts sans rudesse. Il serai, d'un admirable effet dans un grand orchestre, e, tous les orchestres de Feslival.où le nombre des ins.rumenhs.es sYl.eve au des su- (I. ITiO devraient en avoir au moins trois.
Vu- ne combattrons point ici l'opinion qui tend a faire considère
les récentes inventions des facteurs d'instruments
,. ,ne fatales a l'art musical. Ces inventions exercent, dans leur s, hère.h, même iid'luélivè nue ..ai.es les «ulres conquêtes de I;
civilis:,iion;lM,us qu'on en peut faire, celui même qu'on en fait inconlcslabl.ement,nc pinuvenf ri. n contre leur valeur.
L ORCIIESTKL.
12 orchestre peut être considéré comme un grand instrument capable de l'a in» entendre » la l'ois ou successivement uni' nnilliludr de sons de diverses nul ures, el dont la puissance est médiocre ou colossale, selon qu'il réunit la lolalile ou une parlie seulement des movens dVxe'eutiun dont dispose la musique moderne, selon que ces moyens soiil bien ou mal choi.sis cl plaies d.uis des conditions d acoustique plus ou moins favorables.
Les exécutants de toule espèce dont la réunion le constitue, sembleraient alors en être les cordes, les tubes, les caisses, les plateaux. de bois ou de métal; machines devenues intelligentes, mais soumises à faction d un immense clavier louche par le chef d orchestre, sous la direction du compositeur.
.l'ai déjà dit, je crois, qu'il me semblait impossible d'indiquer comment on peut trouver de beaux effets d orchestre, et que relie farullé,dé\eloppee sans doute par l'exercice et des observations raisonnees, était comme les facultés de la mélodie, de 1 expression,el même de I harmonie, au nombre des dons précieux que le musicien -poêle, calculateur inspire, doit avoir reçus de la nature.
Mais on peut certes démontrer aisément et d'une manière à peu près exacte l'art Ae faire des orchestres propres a rendre fidèlement les compositions de toutes (ormes et de toutes dimensions.
Il faut distinguer 'es orchestres de théâtre des orchestres de concert. Les premiers sous certains rapports, sont, en gênerai, inférieurs aux seconds.
La place occupée par les musiciens, leur disposition sur un plan horisontal ou sur un plan incliiie,dans une enceinte fermée de trois cotés ou au centre même d'une salle, avec des réflecteurs formes de corps durs propres a renvoyer le son, ou de corps mous qui l'absorbent el brisent les vibrations, et plus ou moins rapprochés des exécutants, ont une grande importance. Les refl voleurs sont indispensables; on les trouve diversement disposés dans tout local ferme. Plus ils sont rapproches du point de départ des sons, plus leur action est puissante.
Voila pourquoi la musique en plein air ii'ejris/e pas. Le plus terrible orchestre place au milieu d'un vaste jardin ouvert de toutes parts, comme celui des Tuileries, ne produira aucun effet. La reflexion même des murs du palais, si on 1 y adosse, est insuffisante, le son se perdant instantanément de tous les autres cotés. Un orchestre de mille instruments à vent, un (lueur de deux mille \<i\x placés dans une plaine,n'aurnnl pas la vingtième partie de l'action musicale d'un orchestre ordinaire de quatre vingts musiciens el d'un choeur de cent voix bien disposes dans la salle du Conservatoire. L effet brillant produit par les bandes militaires clans certaines rues clés grandes villes vient à l'appui de cette proposition qu'il semble contredire La musique alors n'est pas en plein air les murailles des hautes maisons qui bordent les rues adroite et a gauche, les allées ù arbres, les iaçades des grands palais,des monuments voisins, servent de réflecteurs; le son rebondit et circule activement dans l'espace circonscrit qui lui est assigne entre eux avant de- s'échapper par les points restes libres; mais que la bande militaire, en poursuivant sa marche et en continuant de jouer, débouche d'une grande rue ainsi retentissante dans une plaine dépourvue d arbres et d'habilalions.la dilfusioii des sons est instantanée, l'orchestre disparait, il n'\ a plus de musique.
La meilleure manière de disposer les exécutants, dans une salle dont les dimensions sont proportionnées a leur nombre,esl de les élever les uns au dessus de» autres par une série de gradins, combines de telle sorte que chaque rang puisse envoyei ses sons a I auditeur sans aucun obstacle intermédiaire.
Tout orchestre de concert bien ordonne- doit être ainsi échelonne. S'il a éle eleve sur un théâtre, la scène devra cire parfaitement close au fond, a droite el a gauche el en haut par une enceinte en boiseries.
S'il est dresse au contraire dans une salle spéciale- ou dans une église dont il occupe- lune des extrémités, cl si, comme il arrive souvent en pareil cas. le fond de celle enceinte forme depaisses construe lions renvoie avec trop de force et de dureté le son des instruments qui lavoisinenLon pe|i| diminuer facilement la force du rel lecteur, el par suite le rclenlissement,eii tendant un i ertain nombre de draperies et en rassemblant sur ce point des corps propres a briser le mouvement des ondes sonores
En égard à ht ro'nslruolion rie nos salles de spectacle el aux .-\ i^.iucs de la représentation dramatique, celle disposition en amphithéâtre n'est pa» |i< >~; -i i |j t •- pour les orchestres rli-sl iin's a l'exécution des opéras. Les instrumentistes ivl> gu. s. au run traire, dans II- point central le plus lins de l;i si\l lr, devant la rampe i'l sur mu plan horizontal, sont prives de la plnpai'l des avantages résultant di' la disposition que je viens d'indiipii'i' pour l'on hesli v de eonocrl : aussi combien d'cH'els perdus, de ni lui ces délicates inaperçues dans le orchestres d'opéras, malgré la plus excellente exécution. La différence est telle, ipie les compositeurs doivent presque forcément \ avoir égard et ne pas instrumenter leurs partitions dramatiques ahsnlumcul de la iné me manière ipie les s\ inphonies, les messes ou les oratorios destines aux salles de concerts et aux Eglises.
Les orchestres d'opéras étaient toujours autrefois composés d'un nombre d'instruments à cordes proportionné à la masse des autres instruments:, il n'en esl plus ainsi depuis plusieurs années. Un orcheslre d'opéra-comique dans lequel ne se faisaient enleudre que deux Flùles. ileux Haulhois. deux Clarinettes, deux Cors, deux Bassons, rarenienl deux Tromprl les cl presque ja mais le* Timhales, axaient assez alors de neuf premiers Violons, huit seconds, six Allos, sept Violoncelles et six Contre -Basses; mais quatre Cors, (rois Trombones, deux Trompettes, la grosse-Caisse et les Cvinhales v figurant maintenant, sans que le nom lue des instruments à cordes ail élé augmenté, l'équilibre esl détruit, les Violons s'enlendenl à peine, cl il en résulle un on-,m h!e de'leslahle. L'orchestre de grand opéra, ou l'on entend, outre, les instruments a venl déjà cites, deux Cornets à pistons et un 0phicléi'de, plus, les instruments à percussion, et quelquefois six ou huit Harpes, n'a pas assez, non plus de douze premiers Violon-, onze seconds, huit Altos, dix Violoncelles, et huit contre-Basses; il faudrait au moins quinze premiers Violons, quatorze seconds, dix Allô- et douze Violoncelles, qu'il serait bon de. ne pas employer tous dans les morceaux dont les accompagnements douent être Iris doux.
Les proportions de l'orchestre d'opéra- comique suffiraient pour un orchestre de concert destine à exécuter des symphonies de Haydn et de Mozart
Un plus grand nombre d'instruments à cordes sérail même, en mainte occasion, trop fort pour les effets délicats que cedeux inailrrs' ont confiés, pour l'ordinaire, aux Flùles, Haulhois et Bassons seulement.
Pour les symphonies de Beethoven, les ouvertures de Weber, et les compositions modernes conçues dans le si» le grandio-i el passionne', il faut absolument au contraire la masse de Violons, d'Altos et de Basses que j'indiquais tout à l'heure pour le grand Opéia.
Mais le plus bel orchestre de concert, pour une salle à peine plus grande que celle du Conservatoire, h' plus complet, le plus riche en nuances, en variétés de timbre, le plus majestueux, le plus fort, el le plus moelleux en même temps si rail un orchestre ainsi composé:
'Jl Premiers Violons, „ i Harpes, I Cnr de Basset ou une C!ar"e Basse, ,, I Grand Trombone Basse,
20 Seconds id. 2 Petites finies,
IS Altos, 0 Grandes finies,
S Premiers Violoncelles, !j 2 Hautbois,
7 Seconds id. I Cor Anglais,
10 Cuire -Basses, Il '2 Clarinettes,
\ Bassons,
i Cors a cylindres.
2 Trompettes a cylindres,
2 Cornets à Pistons. (»•■;, ■vi:„,ir,.s.
." Trombones '.; .).':''' i n..:, T,:„n,
1 Ophicléide en Sib t. n Ik>-~ ml.,'
2 Paires de Timbales e, 1 Tinihiilei- I Grosse Caisse,
I Paire de Cymbales.
S'il s'agissait d'exécuter une composition nièlee de choeurs, il faudrait pour un pareil orchcsl
Premiers
I Secoml-
il) Ténors )
I Seconds.
/ l'i'cmiercs 40 Basses S ,.|
' Secondes.
En doublant ou triplant dans les mêmes proportions et dans le même ordre celte masse d'exéciil mis, ou obtiendrait sans d, il le i\u magnifique orchestre de Festival. Mais c'est une erreur de croire que tous les orchestres doivent être composés d'après ce système, basé sur la prédominance des instruments à cordes, on peut obtenir de très beaux résultats du système contraire. Les instruments à cordes, trop faibles pour dominer des masses de Clarinettes et d'instruments de cuivre, servent alors de lien harmonieux aux sons stridents de l'orchestre d'instruments à vent, en adoucissent l'éclat dans certain i as, el en échauffent le mouvement dans certains autres, au moyen du trémolo qui musiealise même les roulements de tambours en se confondant avec eux.
Le bon sens indique que le compositeur, à moins qu'il ne soil forcé de subir telle ou telle forme d'orchestre, doit combiner sa masse d'exéciilanls d'après le style, le caractère de l'oeuvre qu'il traite, el d'après la nature des effets principaux que le sujet peut amener. Ainsi dans un Rtiqi/iem, et pour reproduire musicalement, les grandes images de la pru se i/i's mûris, j'ai employé quatre petits orchestres d'instruments de c-tiivre (Trompettes, Trombones, Cornets et Ophiclcides ) places à dislance les uns des autres, aux quatre angles du grand orchestre, forme' d'une niasse imposante d'inslru meiils a cordes, de ton- les autres instruments à \>n\ doublés et triples, et de dix Timbaliers jouant sur huit paiirs de Timbales accordées en différents Ions. Il esl bien certain que les effets spéciaux obtenus par celle nomelle forme d'orchestre étaient absolument impossibles axei toute autre.
C.esl i> i l< lieu de filin n m.i i-(|nt-r fimpoi tnm p <l< s di\< i ^ nui ut* •!<■ ttéfuirl ,/e.s sons. (1er laines parties «lui» on hoslre > mlili lilli-rs l'.il le compositeur a s'i ni (Trouer el a se répondre; m- relie iiilelilinn Ile (!■ v i< ni lllanilesle el lu- Ile (|iie si les grnupi s en Ire Ifs
. | ■ 1 ■ Is li il il lui; lie i -I el.'lllli r'nnt, -i i fl i - -, lliliunl éloignes les mis des nul l'es I i 11JJIISI IllIT doit d 'lll .il.ills sa partition, illdiqi e| |,,,.!f
fil \ Il dispo-il i'ill qil il |n^,e i ollWllable
I'.iiii II--' l'.iiiiliiiiirs.^i'nssi - < baisses, (!>, inhales < I Timbales, par exemple, s'ils son! emploies a frapper eerlains rhi llimi s luiis a la loi- «I 'ipi es h pria i'«le \ ulgaire,ils peuvent rester réunis, mais s'ils exci ulenl un rhvlluiie dialogueront un l'i n.gmi ni csl frappe par les gn,, se. s ( aisscs el (! mii lia li s. il l'autre par 1rs I imhales el Tambours, sans «un un dmile IcHcl de\ iendra incomparablement nu il leur, plu- inli res-MllI. plus lu au, en plai anl les deux niasses d'instruments a péri ussiull au\ <\<u\ exil «miles de I orchestre,**. Consequcinmcnl ,i ulu .i-.se/ grande ili-lani e I une de | au Ire. IVou il suit que la constante uniformité des niasses d exécution est lin des [dus grands obstacles a la prndiK ii .ai des i- mies monumentales e| vraiment nouvelles;, elle est imposée aux compositeurs plus encore par 1 usage, la routine,!, i p ires-i' il le d I ml de réflexion que par les raisons d économie; misons mal lieu rcuscmciil trop bonnes toependan I, en Iranre surtout, ou la musique est si loindeire dans les moeurs di la iintion,ou le gouvernement lait tout pour les thcalres,mais rien pour la musique proprement dile.uu lis -i ..mis capital isles,prels a donner cinquante mille francs et plus pour un tableau de grand m.ù\v>\jjii7're (/ut- cela representi- une rut fit/: in dépenseraient pas cinquante frans pour rendre possible,une lois 1 aii,quelque solennité digne <l une nation comme la noire. et propre a mettre en évidence les ressources musicales très nombreuses qu'elle possède réellement sans qu'on puisse les utiliser.
Il serait pourtant curieux dessnver une foisalans une composition écrite ad hoc, 1 emploi simultané de toutes les forces miisii aies qu'on peut réunir a Palis. In supposant qu'un mailre les eut a ses ordres,d,ins un \astc local dispose pour cet objet par un an liilei le a i iiislii ii n et musicien, il de\ rail, axai.1 decrire,drterminer avec précision le plan et Parrangeirieiil de cet immense orchestre,el lis a \nir i u-uile toujours présents a I esprit en écrivant . On pense bien qu'il doit être dune haute importance, dans I emploi d um aussi e norme masse musicalc,dc tenir compte de I c Iniquement ou du voisinage des diffère ni s groupes qui la compose!) Scelle condition est on ne peut plus essentielle pour arriver a en tirer toul le parti possible,el pour calculer avec certitude la portée des effets.. Jusqu'à présent d.uis lis y, sii\als,on n'a entendu que 1 orchestre et le dîneur ordinaires dont les parties elaicnl quadrupleesou quintupl es, selon le nom In e plus ou moins grand des oxeeulants,mais ici il s'agirail de tout autre chose,et le compositeur qui voudrait me lire en relief les ressoiu ^es prodigieuses el innombrables dun pareil instrument, aurait a coup sur a rcmplirune lâche nom elle.
\oici comment avec le temps, les soins et les dépenses nécessaires on pourrait le créer a ParisXa disposition des groupes reslc la cul! al ne cl subordonnée aux i ni cillions du compositeur, les inslrumenls a percussion,donl 1 action sur le rhvthme esl irresislible.et qui re l.irdi ni I ou jours quand ils sont loin du chef dorehest recevraient en tout cas. je lai deja dit, et replaces assez près de lui pour pouvoir obéir iiisi uii.ua ment et rigoureusemenl aux moindres variations du mouvement et de la mesure 1211 \inlims dixises en deux o(i en Cois c! quatre parties ,
4d Vlli^ divises ou non en pi-Pim'ers et seconds, et dont dix
iiumeins joueraient dans l'occasion delà \io!e d'iimnur; 43 Violoncelles, divises ou non en premiers «I seconds; IX Canin l'.issi-s a 3 .unies nceorde'es en quintes. ( Si./, «e. t..i.)
quarte ( >" /-.i «" Sol.)
Kllile
. I li'.li s tiiTi-es( . n Wi llemol ) improprement appelées en Fit;
2 l'etiles flûtes octaves ;
2 l'etiles finies (eu Ile j ) improprement appelées en Mi\);
'i Hautbois,
(i Cors anglais ■
à Saxe;- on, .s i II.,-,.' us ,|- ail-" 112. Itass„„s:
\ Petites ( lariiielles ( en M, n'.'mi.i ) .
K Clarinettes (en II ou en .Si /'eiiiii., nu en L: ) ,
à f.larinetles liasses ( en Si ff.'i,i... ) :
Ifi Cors (.dont fi a Pistons ) .
H Trnmpelles ;
Il t omets a Visions .
1 Trombones - Mlos ;
(i Trombones - 'I enors .
2 Craint- Trombones- liasses;
1 Opliicleide en Cl
2 Ophicle'ides en Si l'.emol,
2 liass- Tuba .
ÛU Harpes,
âll Pianos.
1 Buffet d'Orgue 1res grive, pourvu au moins de jeux de Seize pieds.
s hures oV Timbales ( 10 Timbaliers ) ;
lj Tambours,
â Grosses Caisses;
. Paires de Cymbales;
li Triangles,
li Jeux de Timbres;
12 l'aires de Cymbales antiques ( en différents tons).
2 Grandes Cloches 1res graves; '.' Tain -Cous ;
\ Pavillons Chinois;
, r,7 Instrumentistes
io Soprani enfants ( Premiers et seconds. )
Ion Soplillli ('■■mines ( Premiers et seconds. )
|uu Tennis ( Premiers et seconds; )
I2U Passes ( Premières el secondes. )
On voit que dans tel ensemble de s'-'7 e>éeulanls,les choristes ne dominent pas, ew <>rr aurait-on beaucoup de peine à réunir a Paris trois mil soixante voi\ de quelque valeur, lanl I élude <lu clianl v est, a celle heure, peu répandue ou peu a viiii-e«".
Il faudrait évidemment adopter un sl\le d'une largeur extraordinaire toutes les l'ois que la masse entière serait mise en m ti'ii.ei) reser\anl les effets délicats, les mouvements légers et rapides, pour de petits orchestres que fauteur pourrait aisément cniiij)oscr,el l'aire dialoguer ensemble au milieu de ce peuple musical
Outre les chatoyantes couleurs que celle multitude de timbres différents ferait jaillir a chaque instants, il y aurait des effets harmoniques inouïs à tirer.
De la division en huit ou dix parties des cent vingt Violons aides des quarante Altos,a 1 aigu, pour l'accent angelique, aérien, cl ilnis la nuance pianissimo.
Ile la division des Moloncelles et contre-Basses au grave dans les mouvements lents, pour l'accent mclancolïqiie,religicux. cl la nuance mezzo fort? .
De la reunion en petit 07,chesfre des notes tre.s graves de la famille des Clarinettes, pour l'accent sombre et les nuances forte, et mezzo furie .
De la réunion en petit orchestre des notes graves des Hautbois,, (airs anglais et Bassons quintes, mêlées aux notes gra\es d> > grandes Flûtes, pour l'accent religieusement triste et la nuance piano.
De la réunion en petit orchestre des noies gra\es des Ophicleides,Bass-Tuba et Cors, mêlées aux pédales des Trombones ténors,aux derniers sons graves des Trombones basses, et aux seize pieds (Flûte ouverte) de l'Orgue,pour les accents profondément graves, religieux et calmes, et dans la nuance piano.
De la reunion enpetit orchestre des notes sunii.i'iies des petites Clarinettes, Flûtes et petites Flûtes, pour l'accent strident et la nuance forte.
De la reunion en petit orchestre des ('ors, Trompettes, Cornets, Trombones et Ophicleides,pour l'accent pompeux, éclatant el dans la nuance forte.
De la reunion en arand orchestre des trenle Harpes avec la masse entière des instruments a archets jouant pizzicato^el formant ainsi dans leur ensemble, une autre Harpe gigantesque a. neuf cent trente-quatre cordes, pour les accents gracieux, brillants, voluptueux, et dans toutes les nuances.
De la reunion des trente Pianos avec les six jeux de timbres, les douze paires de Cymbales antiques, les six Triangles (qui pour raient cire accordes comme les Cymbales antiques, en différents tons,) el les quatre Pavillons chinois,constituant un orchestre a percussion, metallique^oar les accents joyeux et brillants, dans la nuance mezzo forte.
De la réunion des huit paires de Timbales avec les six Tambours et les trois grosses Caisses, formant un petit orchestre a perçus sion.et presque exclusivement rhythmique.po\xr l'accent menaçant et dans toutes les nuances.
Du mélange des deux Tam-Tams, des deux Cloches,et des trois grandes Cymbales a\ec certains accords de Trombones,pour l'accent lugubre, sinistre, et dans la nuance mezzo forte.
( uni ment enumerer tous les aspects harmoniques que prendrait ensuite chacun de ces différents groupes associe' aux groupes ,jui lui sont sympathiques oii antipathiques!
On pourrait établir: de. grands duos entre l'orchestre d instruments a vent et l'orchestre d'instruments à cordes.
Knlre I un de ces deux orchestres et le choeur. Filtre le choeur el les Harpes et Pianos seulement.
I n grand trio entre le choeur à l'unisson el à I octave, les instruments à vent à l'unisson et à Poctave,et les \ iolons, Altos et Violoncelles à l'unisson et à l'octave également.
(.e même trio accompagne par une forme rhylhmique dessinée par (ous les instruments à percussion, les contre- Basses, les Harpes et les Pianos.
l n choeur simple, douille ou triple, sans accompagnement.
l n (haut de Violons, Allos et Violoncelles «m /s, ou d'instruments à vent de bois n.nix,nu d'instruments de cuivre ««/^accompagne par un orchestre vocal. ....
In chant de Soprani,ou de Ténors, ou de Basses, ou de toutes les voix à l'octave, accompagné par un orchestre instrumental.
l n petit choeur chantant, accompagne par le grand choeur et par quelques instruments.
I n petit orchestre chaulant, accompagné par le ^raiid orchestre el par quelques voix . .
I n grand (haut grave,exe'culé par toutes les Basses à archet -el accompagné à l'aigu par des Violons divisés, el les Harpes et Pianos
I n grand chant grave, exeru le par I miles les Basses a vcnl i i i t trgue,el a< compagne a l'aigu par les Finies., Haut bois, Clarinettes,cl les Violons divises.
Ele, ele, ele
Le système de répétitions a établir pour eel. orchestre colossal ne saura il rire douteux : c'est celui qu'il faut adnplertoules lis luis qu'il s'agit do mouler un «n\ rage do grandes diniousions.,donl le plan esl complexe et dont certaines parties ou I ensemble ofl'renl des dil'l "n tilles d exécution: c'est le s\ sterne des rcpcii!ion»| a ri ici les .Voici donc comment le ebef d'orchestre procédera dans ce travail analytique.
,lc suppose qu'il connail a t'unit W jiwHesdtinssexinnituh'Pstlelails la parl.il.ion qu'il va faire exécuter. Il nommera dabord deux snuschefsqui devront,en marquant les temps d ■ la mesure dans les répétitions d'ensemble,avoir continuel lemenl les veux sur lu i,pour communiquer le mouvement aux masses trop éloignées du centre. Il choisira ensuite des répétiteurs pour chacun des groupes vocaux cl instrumentaux .
II les fora n peler eux-mêmes preliminairemenl pour les bien instruire de la manière dont ils doivent diriger la pari des ellldes qui leur esl confire..
Le premier fera répéter isnli'-mimt les premiers Soprani,e.nsuite les seconds, puis les premiers cl les seconds ensemble .
I.e second répétiteur exercera de la menu- façon les Ténors premiers el seconds.
Il en scia ainsi du troisième pour les liasses. Après quoi on formera trois choeurs composes chacun d un liers de la masse totale: puis enfin le choeur sera exerce dans son entier.
On se servira pour accompagner ces éludes chorales, soit d'un Orgue, soit dun Piano aide de quelques instruments a cordes, A ioloiis et Basses.
Les sous-chefs el les répétiteurs de l'orchestre exciteront isolement d après la même méthode:
I". Les Violons premiers el seconds séparément, puis tous les Violons réunis .
'!',[ Les Altos, Violoncelles, et contre-Basses séparément, puis tous ensemble .
■"!. La masse entière des instruments a archet.
■\\\ Les Harpes seules.
Toi Les Pianos seuls.
(!'<' Les Harpes el Pianos reunis .
7° Les instruments a vent (de bois) seuls.
S« Les instruments a vent (de cuivre) seuls.
{)." Tous les instruments a vent reunis.
10u Les instruments à percussion seuls, en enseignant surtout aux Timbaliers à bien accorder leurs Timbales.
ll'.'c Les instruments à percussion reunis aux instruments a vent .
12.° Enfin toute la masse instrumentale et vocale réunie sous la direction du chef d'orchestre.
Ce procédé aura pour résultat d amener dabord une exécution excellente qu'on n'obtiendrait pas avec I ancien système d éludes collée liv.s.el de n'exiger de chaque, exécutant que quatre répétitions au plus. Qu'on ne néglige pas en pareilcas de répandre a profusion des diapasons dans iorchestre,r'esl le seul moyen de maintenir bien exactement l'accord de cet le foule d'instruments de nature et de tcmpcrammenls si di\crs.
Le préjugé vulgaire appelle bruyants les grands orchestres: s'ils soûl bien composés,bien exerces et bien diriges;el s'ils exécutent delà vraie. musique,e'est finissants qu'il faut dire: el.oerles,rien n'est plus dissemblable que le sens de ces deux expressions.! n petit mesquin orchestre de vaudeville peut elre b?ito/anl,<\uand une grande masse de musiciens convenablement employée sera d une douceur "ex - Ircme.el produira, même dans ses violent s éclats,lessons les plus beaux. Trois Trombones mal placés paraîtront Arf/^/f/.sviiisupporial.l.s, el l'instant d'après.daiis la même salle,douze Trombones étonneront le public par leur noble et puissante harmonie.
11 y a plus:les unissons n'acquièrent de valeur réelle qu'en se multipliant au delà dun certain nombre. Ainsi quatre \ ioluns de première force jouant ensemble la même partie produiront un effet assez disgracieux.peut être même detestable.la ou quinze\iolnisduii talent ordinaire seront excellents. Voilà pourquoi les petits orchestres, quelque soit le mérite des exécutants qui le < oniposenl./i9it si peu d action, cl consequemmen! si peu de valeur.
Mais dans les mille combinaisons praticables avec I orchestre monumental quejious venons de deorire.residcrai. ni une richesse harniom ■ que.ime variété de timhres.une succession de contrastes qu'on ne peut comparer à rien de re qui a été fait dans I art jusqu'à ce jour, et pal- dessus tout une incalculable puissance mélodique,expressiveetrhvthmique,une force pénétrante à nulle autre pareille,unr sensibilité jirudigiou
sep • les nuaiicesd'eiisemble.idedétail.Son repos serait majestueux comme Je sommeil de fooéan:sosagiialioiisrappelIeraionl l'ouragan des
lropiqui-s.sesc'plosi..iis.lese|-isdi'SVid(-ans:MiivrrMromerail les plain(es.les murmures, les bruilsmv si. ■rieuxd • -s forets vierges .les clameurs, les prières, les chanl s de triomphe ou de deuil dun peuple al âme e\puiisive,au coeur ardenl,aux fougueuses passioirs:son silence imposerai la crainte prfi sasoleiiiuie'.-ei les organisations les plus rebelles frémiraient à voir son ri-eseiWtigrniidircii rugissant.» •..mine un immense H sol. I un. incendie ! Ftv