L'AFRIQUE AUSTRALE
Mais c’est l'Afrique £&leterre dans le courant des aventures militaires. Bismark a-t.i] vraiment prédit que l’Afrique-du-sud serait le tombeau de 1a Puissance britannique ? Il serait singulier que celui qui tailla, dans les chairs vives de l'Autriche et de la France, l'empire le plus césarien de l'Europe, depuis Napoléon, eût prévu le danger de l'Angleterre dans l’accroissement du militarisme, Il était certes assez Clairvoyant pour com-
Ce ne furent pas, je pense, des Considérations d'humanité et de probité internationale qui dictèrent cette prophétie à celui qui se moquait cyniquement du ‘‘professeur’’ Gladstone.
Je ne referai pas l'histoire de cette malheureuse contrée : les événements qui se déroulent vous l’ont rendue familière. Mais elle illustre trop fidèlement ma thèse pour je n’en détache pas quelques pages où les méthodes respectives des deux écoles anglaises et leurs résultats se peignent à merveille.
Le trait particulier de la naissance de la Colonie du Cap, c’est qu'elle est le seul fruit réel de l'impérialisme. La conquête des Indes et du Canada, l'acquisition des autres colonies, furent les
nord, et la naissance des deux petites républiques, qui, fidèles au mot du vieux président Kriger, l’un des derniers survivants du grand 77ek, étonnent aujourd’hui le monde.
Les Afrikanders des deux rives du Vaal et de l’Orange bénéficièrent comme nous du triomphe de l’école de Cobden et du passage de lord Grey au ministère des colonies, L'indépendance des deux républiques fut Téconnue, Au Cap, la population d’origine hollan- 1 en et civiques. Apaisés
ransvaal et de l’Orange, les Boers du Cap acceptèrent aussi loyalement que nous les institu-
aux vieux souvenirs, se Fâpprocha sensiblement de l'élément angloafricain. L’intimité fut plus rapide et plus complète qu'ici à cause,
sans doute, de l'absence d'enseignement supérieur ; les jeunes Boers allaient demander aux écoles et aux universités de la métropole la connaissance et les diplômes qu'ils ne trouvaient pas sur le pauvre sol natal ; ils en revenaient avec la langue et les usages de leurs voisins et surtout avec l'estime et la confiance qu'inspirent les Anglais de la classe intellectuelle à tous ceux qui ont joui de leur
Le réveil du vieil impérialisme, avec Disraéli et Carnarvon au ministère et Shepstone en Afrique, vint rompre l'harmonie et raviver i annexion injustifiable du Transvaal, en 1879, mit les Boers du nord en Campagne ; et depuis ce moment, s'ils n'eurent pas toujours l'artre au poing, la haine et la méfiance pénétrèrent dans leur cœur pour n’en plus sortir. La répercussion fut immédiate au Cap. Car telle est la règle infaillible de l’histoire de l'Afrique Australe : le respect de la Grande-Bretagne à 1: jurée aux Boers de l’Orange et du Transvaal est le baromè: :
La déroute de Majuba et le retour de Gladstone au pouvoir eurayèrent un instant les projets impérialistes. . La générosité et
d'Etat transcendants qui ont appelé avec fracas le ban et l’arrièreban de l'empire à l’écrasement des Boers. Un demi-milliard de livres
anglais affichée aux pe de l'univers, le Prestige militaire de la Grande-Bretagne anéanti (2) et un ennemi insaisissable rendu aux
soldats aux Compagnons de Botha et de Dewet : — tout ceci peut être très glorieux pour la Grande-Bretagne, très avantageux pour
l'empire, très profitable pour le Canada. Mais je persiste à croire que les résultats de la politique de Gladstone peuvent soutenir la
(G) Voir pièces Justificatives, chapitre IX, “ Bonne entente entre Anglais et Boers.’’ (2) Voir, aux pièces Justificatives, chapitre II (2. Interprétation en Angleterre) —}e discours de Rosebery 900.
lord » à Chatam, 23 janvier à
Comparaison avec les œuvres du génie de M. Chamberlain, aidé de l'éloquence de tous ses chambellans coloniaux.