CXXI
Le Times du 2 juillet 1901, où j'ai cueilli ces extraits, commenta ces discours dans un premier-Londres où je trouve ce passage :
Les colons ont prouvé qu'ils savent ce que gnifient un Empire et l’état social des citoyens d'un empire, Cette situation donne de grands privilèges ; mais elle comporte également, ainsi que M. Chamberlain l’a rappelé à ses auditeurs, des responsabilités et des obligations. Les colons n'ont pas failli sous ce double fardeau au moment de la lutte. ils ont été ardents dans l’accomplissement tout entier du devoir. Notre Correspondant de Toronto nous annonce aujourd’hui, dans un article très important, qu’un grand nombre d’entre eux se demandent très sérieusement s'ils ne doivent pas assumer, d’une façon permanente, Æwr part proportionnelle du fardeau de la défense de l'Empire. …....
Le 20 juillet 1901, le Globe, de Toronto, publiait également un article de commentaires sur le Dominion Day Dinner. Après s'être réjoui des sentiments impérialistes manifestés à cette occasion par les hommes d'Etat anglais et canadiens, le grand organe libéral accentuait les réserves de M. Chamberlain au sujet de l'organisation politique de l'Empire. Cet article se terminait ainsi :
Si cette organisation doit jamais s’accomplir, elle devra être la dernière phase plutôt que la première dans l’œuvre de l'unification impériale, Za Fa ses ou l’une des premières, ainsi que nous l’avons dit en d’autres occasions, es/ {4 préparation d'un plan quelconque de défense impériale, par lequel les grandes colonies commenceront à supporter une part du lourd fardeau qui jusqu'ici est retombé tout entier sur la mèrepatrie, Ce point important réglé, nous aborderons la mère-patrie sur un terrain plus égal lorsqu'il s'agira de traiter, dans des négociations subséquentes, d’une union plus intime.
Le Globe entre à merveille dans le mouvement : des soldats d'abord, ensuite... on verra.
Resistance des Australiens
Les journaux de septembre et d’octobre ont publié nombre d'articles et de lettres au sujet de la nouvelle confédération australienne. Plusieurs de ces articles soné écrits sur un ton très acerbe à l'endroit des colons. Il semble évident que les Australiens sont décidés à usser l'intervention du dans leur politique intérieure, même lo les intérêts du commerce et de:
le commerce, l'immi-
M. Chamberlain a envoyé à lord Hopetoun,
gouverneur-général du Commonwealth, une dépêche demandant
que le gouvernement fit certaines modifications à ces mesures législatives.
Le premier ministre, M. BARTON, ‘déclara qu'avec le concours de ses collègues
il avait Le répondre à cette dépéche, faisant savoir qu’il acquiesçait au principe de la
litique énoncée, et promettai:t que le gouvernement ne proposerait aucune mesure législative contraire au désir qu'on avait exprimé. ‘’
‘M. REID (ancien premier ministre de la Nouvelle ( salles du Sud et leader de l'opposition dans la nouvelle Chambre fédérale) dénonça violemment le cabinet Barton pour avoir fait cette promesse à M. Chamberlain, [1 déclara qu’il était inconstitutionnel et inconvenant que le gouvernement anglais fût renseigné sur la politique du ministère ataw’ que « parlement australien en Jüt saisi, Vi ajouta qu'il étudierait la question sérieusement, afin de voir si l’action du Cabinet ne devrait pas faire en elle-même le sujet d’un débat à la Chambre des représentants,”
(Voir dépêche au 7imes du 28 septembre 1901.)
D'autres dépêches annoncent qu'effrayé de l'attitude de M. Reid et des colères du parti ouvrier, le gouvernement va probablement revenir sur sa décision et repousser la demande de M. Chamberlain. C'est déjà fait quant à la question du travail des Jaunes et l’immigration des Asiatiques et des Européens pauvres et iliettrés — sans exception des fils de la mère-patrie,
M. Reid aurait fort à faire au Canada. Depuis quatre ans, toutes les négociations entre le gouvernement canadien et les autorités
impériales se sont faites secrètement. Le Parlement a fini par connaître le résultat de quelques-unes de ces négociations ; d'autres sont devenues publiques de la manière la plus inattendue et la plus irrégulière — comme la déclaration de Sir Louis Davies à la Ligue de l'Empire, au sujet de la réserve navale (1) : d'autres enfin sont encore dans l'ombre. Et le danger pour nous, c’est qu'il est parfaitement inutile de compter sur l'opposition tory pour jeter la lumière sur ces machinations ténébreuses qui lui conviennent à merveille. On a constaté au chapitre IV (2) qu’il y a eu correspondance entre les autorités impériales et le gouvernement d'Ottawa au sujet des commissions offertes aux officiers canadiens et du recrutement de simples soldats pour l’armée britannique. C'est cette correspondance que j'ai en vain essayé d'obtenir au cours de la session de 1901. Au moment de la prorogation, on m’a passé quelques lettres de M. Chamberlain et de lord Minto, fragments i de la correspondance officielle, enfouis sous un monceau de ments absolument inutiles. Je n’en reviendrai pas moins à la charge à la prochaine session.
{11 Voir page ex.
[2] Voir ARMÉR, page Lxt et suivantes.