VIII. À
« toute antiquité que le royaume d'Allemagne soit « comme le gage de l'empire ; la dignité qui doit « préceder l’autre et la prise de possession primitive. « Que votre seigneur l'illustre roi d’Espagne com- « mence douc d’abord par travailler prudemment «et puissamment à se faire élire régulièrement roi « d'Allemagne par le clergé et les nobles d’Alle- « inagne, à qui appartient le droit d'élection ; qu'il « soit consacré à Aix-la-Chapelle, comme c’est l’an- « cien usage, et qu'il soit couronné solennellement pour roi. Cela fait, nous nous montrerons fävo- «a rable et bienveillant, selon que uous pourrons le « faire en ayant Dieu devant les yeux, à la promotion « de votre seigneur l'illustre roi d'Espagne, qui est « digne des plus grands honneurs. » Les députés, pesant donc dans la balance de la raison la réponse tant du pape que'du roi, aunoncèrent à leur seigneur le roi d'Espagne la nécessité des démarches à faire,
et lui conseillèrent utilement de garder sagement son royaume contre les piéges des Särrasins. Quand cette nouvelle futannoncéeauxseigneursitaliens, beaucoup ” d’entre eux reconnurent le roi d'Allemagne, et se soumettant , lui jurèrent fidélité spontanée. Or, le roi les accueillant avec bonté, acquitta, en payant de grosses sommes d'argent, quelques villes d’Alleinagne, que ses prédécesseurs avaient mises en gage. Aussi le roi aurait gagné la faveur incomparable des grands d'Allemagne, s'il avait été aussi puissant dans les armes qu’il était prudent et circonspect dans les conseils. |
À la même époque, l'abbé de Saint-Edmond roi et martyr, après avoir prolongé à la cour romaine son séjour fâcheux et coûteux, revint dans son monastère, obéré de dettes et de dépenses non petites. De plus, les frères Mineurs, comme nous l'avons dit plus haut, s'étaient bâti une maison, malgré les réclamations de l'abbé et du couvent. Cependant l’abbé, pendant son récent séjour à Rome , avait obtenu un privilége qui défendait aux frères d’entre: prendre cela en aucune façon ; mais ceux-ci avaient fait infirmer le privilége obtenu au moyen de l’addition de la clause nonobstant, etc...