‹ Grande mythologie tintamarresqueChapitre 25 sur 72 · PLUTON · texte numérisé non relu

PLUTON

son trône d'ébcne, ou regardant rôtir, tenailler, larder ou cuire au bain-marie les humains qui lui avaient été amenés.

Il avait d'abord trois juges chargés d'examiner les dossiers des gens qui venaient de mourir, et de décider de leur sort.

Puis, Thémis, déesse de la justice, qui pesait les sentences des trois vieillards, pour s'assurer qu'il n'entrait dedans aucune matière inférieure, telle que sciures de vénalité, raclures de commissions mixtes, etc., etc.

Et enfin, Némésis, [appelée aussi la Vengeance, qui délivrait immédiatement aux coupables leurs bons de supplices.

On voyait aussi, dans un coin de l'Empire de Plutus,

trois femmes qui formaient un groupe assez mono tone.

C'étaient les trois Parques.

L'une d'elles, Clolho, s'amusait à filer les jours des mortels; la seconde, Lachésis, s'occupait à enrouler ces fils autour d'un fuseau, pendant que la troisième, Atrqpos, armée d'une paire de ciseaux, coupait les fils à tort et à travers, abrégeant ainsi ou laissant se prolonger, sans savoir pourquoi, certaines existences précieuses ou sans valeur.

On citerait par milliers les cascades insensées auxquelles se livrait cette Anastasie de la vie humaine.

Avec elle, il était impossible de compter sur quoi que ce fût.

Elle laissait vivre des abonnés de l' Union jusqu'à cinq cents ans et tuait de jeunes artistes d'avenir trois mois après leur prix de Rome.

Elle ne tenait compte ni du talent, ni du courage, ni de la valeur des hommes.

Les plus sots, les plus laids, les plus lâches devenaient souvent, grâce à elle, octogénaires; pendant que les plus vaillants, les plus généreux et les plus capables étaient fauchés à la fleur de l'âge.

Un jour, deux fils se présentèrent en même temps sous ses ciseaux.

Celui de Rossel Et celui de Bazaine.

Tous deux étaient également coupables, tous deux avaient été condamnés par les hommes à la môme peine.

Mais l'un était jeune et pouvait encore racheter une faute de laquelle il se repentait.

L'autre était vieux et portait sa trahison avec cynisme et insolence.

Avec son sourire d'idiote malfaisante, Atropos contempla un instant les deux fils.

Puis avança la main.

On crut qu'elle allait épargner le premier et trancher l'autre.

Pas du tout !... Elle coupa la...

Mais en voilà assez... elle nous dégoûte madame Atropos !

Le nombre des supplices auxquels Pluton présidait est incalculable.

Chaque jour, des ingénieurs attachés à sa cour en inventaient de nouveaux.

Et le soir cle la première on conviait les journalistes.

Nous avons pu retrouver un des billets de service adressé au rédacteur en chef du Tintamarre, à l'occasion de ces petites fêtes de l'intelligence.

Nous en reproduisons ici le fac-similé, à titre de curiosité historique :

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