VESTA
Les registres do l'Hôtel de Ville de l'Olympe ayant
GRANDS MYTHOLOGIE TINT.Y.MAKKliSQUE 397
probablement été pétrolés par l.s Titans, l'état civil de Vesta parait assez douteux.
Les uns la considéraient comme la Terre et l'appelaient la mère cle Rhéa et de Saturne.
D'autres — les Romains, par exemple — la regardaient comme la déesse du Feu, et la reconnaissaient, au contraire, comme fille de ces mêmes Saturne et Rhéa.
Jamais — il faut bien en convenir — origine ne fut plus trouble.
Avoir quelqu'un dans sa famille dont on ne sait pas au juste si on est la mère ou la fille doit être un supplice mortel.
Et à part quelques-uns, et même pas mal, des princes du sang qui ont tour à tour régné sur la France pendant quatorze siècles, Vesta est certainement la créature dont l'état civil fut le plus ténébreux.
Cette cruelle incertitude dans laquelle la déesse était plongée apportait dans ses relations avec ses parents, qui étaient peut-être ses enfants, beaucoup de gêne et de contrainte.
Quand elle se trouvait seule avec Saturne, ignorant tout à fait lequel des deux devait le jour et le respect à l'autre, elle avait de ces phrases indécises et tourmentées qui peignaient l'état de son âme.
Ainsi, par exemple, elle lui disait :
— Mon cher papa, si lu te mouches encore sur ta manche, je te calotte.
Se trouvait-elle avec Rhéa, qui passait à la fois pour sa fille et pour sa mère, elle lui disait :
— Ma bonne petite mère, tu sais que je ne veux pas que tu causes avec les jeunes gens.
Quoi qu'il en soit, Yesta, malgré l'irrégularité de sa naissance, était une déesse fort bien vue.
On consacrait des jeunes filles à son culte.
Ces jeunes filles, on les prenait à l'âge de huit à dix ans, dans leur famille.
Et, sans leur demander si par hasard elles ne préfé-