‹ Grande mythologie tintamarresqueChapitre 43 sur 72 · ATÉ. — LES PRIÈRES · texte numérisé non relu

ATÉ. — LES PRIÈRES

Née de parents d'un caractère horriblement pointu, la Discorde, dont nous nous sommes occupé dans le chapitre précédent, eut à son tour des enfants.

On ne s'étonnera pas qu'une déesse aussi désagréable en société ait enfanté des créatures peu aimables.

Até fut un des échantillons de cette race. Elle reçut le titre de déesse de l'Injustice, et en cette qualité, aida les humains à faire tout le mal possible.

Comme sa mère la Discorde, elle exerça d'abord sa petite industrie dans l'Olympe, jouant chaque jour à ses camarades des tours pendables, faisant disgracier les uns par de faux rapports à Jupiter, introduisant les bottes à l'écuyère de Mars sous l'édredon de Vénus, pour la faire bourrer le soir par Vulcain son mari,

détournant les cartes postales pour faire manquer les rendez-vous et créer des malentendus, donnant des coups de pouce aux pendules pour mettre la cuisinière de Junon en retard et la faire renvoyer, etc., etc.

Elle ne savait qu'imaginer dans le but de faire chavirer la vertu et triompher le vice.

Un jour, elle eut une idée diabolique.

Un des dieux de l'Olympe — Apollon, croyons-nous — avait parlé un peu légèrement de Jupiter clans un café.

Mars, voulant faire du zèle, avait persuadé à Jupiter qu'Apollon devait être un personnage très dangereux, affilié à quelque société secrète, et qu'il serait bon d'ordonner une perquisition chez lui.

Até, apprenant que Mars avait obtenu le mandat sollicité, se creusa immédiatement la cervelle pour trouver un bon moyen de perdre ce pauvre Apollon, qu'elle savait, du reste, parfaitement innocent du crime dont on l'accusait.

Elle fit venir un de ses fidèles serviteurs, un drôle de coco, par parenthèse, et lui commanda une pièce fausse très compromettante en lui enjoignant de l'introduire clandestinement dans le portefeuille d'Apollon pendant que celui-ci dormirait.

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