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le morcellement des cultures est déjà très avancé (1) : Laveleye explique que, si les grands domaines ne se sont pas aussi développés en France qu’en Angleterre, cela tient, sans doute, à ce que les communautés agraires se sont conservées chez nous jusqu’au xvine siècle, tandis qu’elles ont disparu de bonne heure en Angleterre. Elles ont fait obstacle à l’extension du domaine seigneurial par leur existence assurée et leur permanence, elles ont résisté parce que la collectivité Ics rendait fortes et parce que leur nature les mettait à l'abri des morcellements en supprimant pour elles les partages de successions et les ventes. Quand les communiers se sont transformés en petits propriétaires, la noblesse, déjà affaiblie, n’a pas eu le temps d’user de sa suprématie pour agrandir ses domaines ; la Révolution a supprimé ses privilèges et garanti les droits des cultivateurs (2). — D'’autre part, en même temps que les latifundia ne peuvent se constituer, la terre arrive par parcelles aux mains des paysans qui en ont, sinon la propriété, du moins l’usage. Voici commentM. Karéiew pense que se répartissait le territoire entre les divers groupes de propriétaires (3) : un cinquième à l'État, un cinquième à la noblesse, un cinquième au clergé, les deux autres cinquièmes aux bourgeois et paysans. Ce dernier groupe comprenait les bourgeois qui faisaient cultiver leurs domaines par des salariés ou les donnaient à bail, les paysans propriétaires cultivant eux-mêmes, enfin la multitude des journaliers dont les propriétés
(4) Certains le font commencer au XIIT° siècle. (2) E. de Laveleye.— De la propriété et de ses formes primitives, pp. 242 et suiv.
(3) Karéiew,— Les paysans et la queslion paysanne.